L'Affaire Grégory

En juillet 1985, dans une tribune du journal Libération, Marguerite Duras prend position dans l’affaire Grégory contre la mère de l'enfant, Christine Villemin — la « sublime, forcément sublime Christine V. » selon ses mots, qui feront le titre de l'article — dont elle semble convaincue d'infanticide. L'article provoque de nombreuses polémiques et indignations, ainsi qu'une plainte pour diffamation de Christine Villemin (qui sera déboutée).

Marguerite Duras refusée par ses propres éditeurs

En 1992, après un dîner d'amis où Marguerite Duras a été consacrée auteur le plus surfait du moment, le journaliste Guillaume P. Jacquet (alias Étienne de Montety) recopie L'Après-Midi de M. Andesmas, un des livres célèbres de Marguerite Duras, en ne changeant dans le texte que les noms des personnages et en remplaçant le titre par Margot et l'important. Il envoie le résultat aux trois principaux éditeurs de Duras : Gallimard, POL et les Éditions de Minuit. Les Éditions de Minuit répondent à Guillaume P. Jacquet que « [son] manuscrit ne peut malheureusement pas entrer dans le cadre de [leurs] publications » ; Gallimard que « le verdict n'est pas favorable » ; POL que « [le] livre ne correspond pas à ce qu'[ils] cherchent pour leurs collections ». Le fac-similé des lettres de refus est publié dans le Figaro littéraire sous le titre Marguerite Duras refusée par ses propres éditeurs.

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La biographie romancée

En 1994, à la suite de la parution, chez Grasset, de Duras ou Le poids d'une plume, biographie romancée de Duras signée Frédérique Lebelley, Marguerite Duras poursuit l'auteure en justice.

Petites haines entre écrivains

La vie littéraire de Marguerite Duras est émaillée par de nombreuses confrontations avec d'autres « grands écrivains » de son époque. Ses propos sur ses « confrères » se font souvent radicaux. Pour illustration, à Bernard Pivot qui l'interroge, elle déclare :

« Des gens très très célèbres, pour moi, n’ont pas écrit. Sartre, il n’a pas écrit. Pour moi il n’a pas su ce que c’était, écrire. Il a toujours eu des soucis annexes, des soucis en second, de secondes mains. Il n’a jamais affronté l’écriture pure. C’est un moraliste, Sartre. Il a toujours puisé dans la société, dans une espèce d’environnement de lui. Un environnement politique, littéraire. Ce n’est pas quelqu’un de qui je dirais : « Il a écrit ». Je n’y penserais même pas. J’ai lu une chose de lui qui m’intéressait dans Situations, il parlait de la littérature américaine, oui. Sans ça, rien. Je dirais que Maurice Blanchot écrit, Georges Bataille a écrit… Mais vous savez ce n’est pas un jugement de valeur que je porte là. Il y a des gens qui croient écrire, et puis des gens qui écrivent. C'est rare, c'est très rare. »

Cherchant à distinguer les écrivains (qui écrivent au sens strict du terme) et ceux qui singent l'écriture (qui se contentent de publier des livres), Duras fustige publiquement ce qu'elle nomme « le faux de l'écrit », notamment chez Roland Barthes :

« Roland Barthes était un homme pour lequel j'avais de l'amitié mais que je n'ai jamais pu admirer. Il me semblait qu'il avait toujours la même démarche professorale, très surveillée, rigoureusement partisane [...] J'ai essayé de lire Fragments d'un discours amoureux mais je n'y suis pas parvenue. C'est très intelligent très évidemment. Bloc-notes amoureux, oui, c'est ça, amoureux, s'en tirant de la sorte en n'aimant pas, mais rien, il me semble, rien, charmant homme, charmant vraiment, de toute façon. Et écrivain, de toute façon. Voilà. Écrivain d'une certaine écriture, immobile, régulière. »

Dans Yann Andréa Steiner, Duras explique :

« Je vous ai dit aussi que je n'arrivais pas du tout à le lire, que Roland Barthes pour moi c'était le faux de l'écrit et que c'était de cette fausseté qu'il était mort. Je vous ai dit plus tard que Roland Barthes, un jour, chez moi, m'avait gentiment conseillé de « revenir » au genre de premiers romans « si simples et si charmants ». J'ai ri. »

Les prises de positions littéraires de Marguerite Duras lui vaudront, dans une certaine mesure, quelques inimitiés. Fâchée avec son éditeur Jérôme Lindon à la suite d'un désaccord sur le manuscrit de L'Amant de la Chine du Nord, brouillée avec Alain Resnais et Jean-Jacques Annaud à cause de divergences cinématographiques, elle sera, en retour, l'objet de sévères critiques. Si Angelo Rinaldi s'en est longtemps pris à elle dans ses chroniques littéraires, Jean-Edern Hallier écrira, dans Le Refus, que Marguerite Duras n’est qu’une « vieille dame indigne des lettres françaises ». Il argue alors que sa « littérature Tampax à l’usage des attachés de direction et des divorcées sur la quarantaine » et « l’indigence de sa prose » ont donné « l’illusion de mettre l’avant-garde à la portée des classes moyennes sans culture ». Avant de conclure : « Vieux corbeau littéraire. À jeter dans la Vologne. » L'humoriste Pierre Desproges la décrit quant à lui dans ses Chroniques de la haine ordinaire comme la « papesse gâteuse des caniveaux bouchés », une « apologiste sénile des infanticides ruraux » qui n’écrit que des « feuilletons de cul à l’alcool de rose » et, aussi, « Marguerite Duras, qui n'a pas écrit que des conneries. Elle en a aussi filmé. ».

Dans une lettre conservée à la Bibliothèque royale de Belgique, l'écrivaine belge Dominique Rolin écrit à Philippe Sollers « La Duras ne se gêne pas ! cette crapaudule rongée d’alcool ose t’attaquer d’une manière aussi vulgaire, aussi laide qu’elle ? La jalousie rageuse qu’elle montre ainsi finit presque par être innocente ».

La Cuisine de Marguerite : le livre interdit

En 1999, Jean Mascolo, le fils de Marguerite Duras, publie La Cuisine de Marguerite, par le biais de sa maison d'édition Benoît Jacob. Dès sa parution, le livre fait l'objet d'une demande d'interdiction d'exploitation de la part de Yann Andréa, exécuteur littéraire de Marguerite Duras.

D'après Wikipédia