Zora Neale Hurston (7 janvier 1891 – 28 janvier 1960) était une écrivaine d'origine afro-américaine qui participa au mouvement de la Renaissance de Harlem, notamment avec son roman Their Eyes Were Watching God (traduit en français sous le titre Une femme noire).

Hurston a toujours fait en sorte de donner des dates de naissance contradictoires durant sa vie. Pendant longtemps, on a cru qu'elle était née à Eatonville en Floride en 1901. Dans les années 90, un cinéaste apporte la preuve qu'elle est née à Notasulga en Alabama, a déménagé à Eatonville quand elle n'était encore qu'une petite fille et y a passé son enfance. C'est Eatonville qui est sa source d'inspiration.

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Quand elle a 13 ans, sa mère meurt et son père l'envoie dans une école privée de Jacksonville. Hurston parle de son enfance à Eatonville dans sa nouvelle Drenched in light, publiée dans le magazine Opportunity.

Zora débute ses études à l'université Howard mais doit les arrêter après quelques années, faute d'argent. Durant son passage à Howard, elle devient membre d'une des premières formations du club d'étudiantes Zeta Phi Beta. Elle reçoit plus tard une bourse d'études pour rentrer à l'université Barnard d'où elle sort diplômée en anthropologie en 1928. Elle y conduit des recherches ethnographiques sous la direction du grand anthropologue Franz Boas de l'université Columbia. Elle collabore également avec Ruth Benedict ainsi qu'une autre étudiante en anthropologie, Margaret Mead.

En 1926, peu de temps après avoir reçu son diplôme, elle devient une des têtes de file de la renaissance littéraire de Harlem et prend part à la création du magazine littéraire Fire ! aux côtés de Langston Hugues et Wallace Thurman.  

Elle met en pratique ses connaissances en ethnographie pour illustrer le folklore afro-américain dans son livre Mules and men (1935) ainsi que dans le roman Their Eyes Were Watching God  et dans la danse : elle crée en effet un groupe de danse folklorique qui met en scène la culture du Sud des États-Unis et qui donnera une représentation à Broadway. En 1937, Zora reçoit une bourse Guggenheim pour aller en Haïti afin d'y conduire des recherches sur la culture locale. Ses travaux ont eu une importance majeure car elle a réussi à infiltrer les sociétés secrètes et ainsi porter au grand jour l'utilisation des drogues durant les cérémonies Vaudou pour entrer en transe, un sujet qui intéressait également sa consœur anthropologue et danseuse Katherine Dunham de l'université de Chicago.

En 1954, Zora n'arrive pas à vendre ses livres de fiction mais elle est envoyée par le Pittsburgh Courier couvrir le procès pour meurtre de Ruby McCollum, la femme noire d'un gangster local qui a tué un médecin raciste. Elle participe également à la rédaction de Woman in the Suwannee Jail, un livre du journaliste et défenseur des droits civiques William Bradford Huie.

Elle passe les dix dernières années de sa vie à faire de la pige pour différents journaux et magazines. Elle travaille dans une bibliothèque à Cape Canaveral en Floride, puis est professeur remplaçante à Fort Pierce où elle meurt d'une crise cardiaque et est enterrée dans une tombe anonyme. En 1973, la romancière afro-américaine Alice Walker et l'étudiante en littérature Charlotte Hunt trouvent sa sépulture et la marquent de son nom. La parution de l'article de Walker À la recherche de Zora Neale Hurston dans le numéro de mars 1975 du magazine Ms. Magazine est à l'origine d'un regain d'intérêt pour son œuvre.

La maison de Hurston à Fort Pierce est aujourd'hui classée au patrimoine national des États-Unis. Fort Pierce célèbre l'écrivain chaque année à travers divers événements tels que Hattitudes ou la Zora Fest, un festival s'étalant sur plusieurs jours à la fin avril. Sa vie et son œuvre sont également mis à l'honneur tous les ans à Eatonville pendant le Zora Neale Hurston Festival of the Arts and Humanities.

Oeuvres traduites en français

  • Une femme noire (parfois publié sous le titre Mais leurs yeux dardaient sur Dieu)
  • Des pas dans la poussière
  • Spunk