Pas vraiment convaincue. Mais c'est quand même intéressant et je lirai sans doute d'autres livres de cet auteur.

RESUME

Partir à la découverte de soi-même peut nous mener sur d'étranges chemins. Lors d'une méditation, une vision s'impose à Stéphane Allix : un soldat de la Seconde Guerre mondiale meurt, touché à la gorge. Le nom de cet homme lui parvient également en pensée. Pourquoi ressent-il une telle intimité avec ce personnage ? Obnubilé, il se lance dans une enquête minutieuse et découvre avec stupeur que ce soldat a réellement existé. Commence alors une aventure bouleversante et impensable.

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L'AUTEUR

Stéphane Allix, né le 1er août 1968 à Boulogne-Billancourt, est un journaliste, reporter de guerre, réalisateur, et écrivain français.

Son père est professeur de géographie et artiste peintre, et sa mère, artiste sculpteur. 

Stéphane devient reporter de guerre quand il rejoint l'Afghanistan à l'âge de 19 ans (1988), un métier qu'il exerce pendant près de 15 ans, jusqu'en 2001. Le 6 avril 2000, il rencontre le 17e karmapa (religieux du bouddhisme tibétain) Orgyen Trinley Dorje alors âgé de 14 ans qui vient de fuir le Tibet pour rejoindre le dalaï-lama en Inde. Le karmapa évoque l'existence d'êtres intelligents ailleurs que sur la terre dans le cosmos, une réflexion qui conduira Stéphane Allix à explorer les hypothèses sur la vie extraterrestre.

Il cesse brusquement d'être reporter de guerre à la suite de la mort de son frère, Thomas, 30 ans, lors d'un accident de voiture en Afghanistan le 12 avril 2001. En 2007, il retourne voir le karmapa et s'entretient avec lui au monastère de Gyuto à Sidhbari où il réside7.

En juin 2007, il cofonde l'INREES (Institut de recherche sur les expériences extraordinaires).

En 2013, son père décède, ce qui amène Stéphane Allix à proposer une nouvelle enquête, dont le but est de prouver qu'il existe quelque chose après la mort. Il va alors placer dans le plus grand secret 5 objets dans le cercueil de son père et interroger 6 médiums à ce sujet. Cette enquête donnera lieu à un livre paru en octobre 2015 Le Test : une expérience inouïe, la preuve de l'après-vie ? où il relate ses entretiens avec les médiums et ses découvertes.

MON AVIS

La quatrième de couverture porte de grandes signatures (Emilie Nothomb, Boris Cyrulnik...) élogieuses, passionnées, enthousiastes. Evidemment, ça tente. Et puis les histoires de réincarnation, j'adore ça.

Au début pourtant, je n'ai pas été très passionnée. D'abord la tête de ce monsieur ne me revient pas... je me demande bien pourquoi ! C'est du grand n'importe quoi ; depuis quand juge-t-on sur l'apparence. Mais bon, j'éprouvais une sorte d'antipathie bizarre, quelque chose d'artificiel. Je ne me l'explique pas.

Puis, après la vision, l'auteur part mener l'enquête pour découvrir d'une part si cet homme qu'il a vu et qu'il "sent" en lui a réellement existé, et ça devient comme un bon polar. Je n'ai toutefois pas vraiment adhéré aux "signes" qu'Allix voit un peu partout. Ca me rappelle une interview de David Hallyday, que j'ai lu récemment, où il dit que son père lui envoie plein de signes : une télé qui s'éteint, un papillon qui se pose sur son assiette... Ah bon ? J'adore le paranormal, mais il va falloir que je sois plus attentive, parce que là, ça me donne plutôt envie de rigoler. Pas bien. 

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Une autre chose m'a dérangée. Dès le départ, Allix n'assume pas "ce qu'a pu faire" Alexander." Il semble lui chercher des excuses, des circonstances atténuantes... je n'ai pas bien compris pourquoi. Alexander était Alexander, quoi qu'il ait fait, volontairement, par conviction, ou sous le poids du devoir, peu importe, c'est le passé, c'était sa vie à lui. Si je me découvrais "habitée" par un serial-killer, je me lancerais sans doute dans les mêmes recherches mais ne ressentirais aucune culpabilité. Moi c'est moi ; lui c'est lui. Allix explique d'ailleurs à un moment que la réincarnation ne concernerait pas la personnalité toute entière, mais une "essence", une "âme" qui d'individu, tente à travers ces contacts à s'enrichir. Et c'est un concept qui m'a interpellée. Question : a-t-on déjà vu le cas d'une réincarnation d'un "saint homme"... dans un killer ? Ou celui-ci, déjà abruti par un mental très compliqué, est-il définitivement évité ou imperméable par les âmes errantes ? La notion du bien et du mal ne devrait pas trouver de place dans ce genre d'ouvrage : pour moi le "medium" doit rester "observateur". Le jugement moral, le bien, le mal, la culpabilité, renvoient immédiatement à la religion (toutes). Et pour moi, une démarche "scientifique" du paranormal passe par l'abandon des diktats de la religion en général...

J'ajouterais que ce monsieur a de la chance : il a de l'argent pour mener ses recherches. C'est agaçant. Vous vous imaginez, vous, citoyen lambda du petit peuple, entreprendre une année (sabbatique) d'enquête à travers toute l'Europe ? Les déplacements, les nuits d'hôtel et aucun revenu qui tombe pendant ce temps-là ? Je ne lui reproche pas d'être riche, mais c'est énervant : nous, s'il nous arrive un truc pareil, on ne pourra rien éclaircir...

L'affaire lui a permis de comprendre pourquoi il portait en lui toute cette violence, c'était Alexander et ses choix qui le "travaillaient" ; il se sent désormais délivré de ces pulsions qu'il n'arrivait pas à expliquer ; il pense qu'Alexander avait besoin qu'on le comprenne et qu'il est aussi lui aussi désormais en paix. 

Moi je pense être habitée par Anne Boleyn* (non, je ne rigole pas), et ce depuis très longtemps, depuis la toute première fois où j'ai entendu prononcer son nom. Curieusemement, alors que je venais de finir le livre de Patrick Allix hier soir, je me suis réveillée ce matin avec une boule d'angoisse au ventre et les deux bras entourant mon cou... comme pour protéger celui-ci.

Décidément... affaire à suivre.

LES DOSSIERS (merci Wiki)

La réincarnation

La réincarnation désigne un processus de survivance après la mort par lequel un certain principe immatériel et individuel (« âme », « substance vitale », « conscience individuelle », « énergie », voire « esprit ») accomplirait des passages de vies successives dans différents corps (humains, animaux ou végétaux, selon les théories). À la mort du corps physique, l'« âme » quitte ce dernier pour habiter, après une nouvelle naissance, un autre corps. On la retrouve dans diverses religions et philosophies depuis l'antiquité, sans qu'elle ne rencontre, dans aucune d'elles, une unanimité théologique ou dogmatique. A la fin du XIXe siècle, la réincarnation a été popularisée en Occident par divers courants ésotériques et spirites.

Le psychiatre canadien Ian Stevenson est internationalement connu pour avoir tenté de prouver scientifiquement la réincarnation, mais les résultats de ses travaux n'ont aucune valeur scientifique. Selon l'Observatoire zététique, « Stevenson semble être resté prudent, n'a jamais véritablement conclu à l'existence de la réincarnation et ne parlait que de preuves « suggestives ».

Origines antiques

Il existe des descriptions de la réincarnation à différentes époques et dans différentes civilisations, notamment dans la pensée grecque chez Pythagore, Empédocle, Platon et l'orphisme, dans l'Égypte antique, l'Afrique subsaharienne et en Extrême-Orient, où elle est au cœur de l'hindouisme, du jaïnisme, du bouddhisme, du sikhisme et du yézidisme. Un certain nombre de livres sacrés y font référence, elle est récusée par les courants majoritaires de deux religions monothéistes que sont l'islam et le christianisme (mais le judaïsme, le catharisme, les druzes et le rastafarisme adhèrent à la doctrine des réincarnations des âmes), pour lesquelles ce concept est incompatible avec la croyance au Jugement dernier et à la résurrection (donc une seule entité). 

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En Inde

L'idée de la réincarnation n'est pas issue de la période védique et existait déjà auparavant, au sein de l'Inde aborigène, c'est-à-dire d'avant les invasions des tribus originaires de l'actuel Iran et à qui l'on doit le védisme.

Mais avec le temps, les notions aborigènes pénètrent la société des conquérants d'origine iranienne, et les brahmanes cessent peu à peu de considérer comme supérieurs les dieux comme Indra, Varuna, etc., au profit de Shiva, Vishnou, etc. (seul Agni a conservé une place honorable), et amplifient leur théorie sur la réincarnation.  

Dans la Bhagavad-Gita — texte qui occupe une place importante dans toute la pensée indienne  — Krishna expose à Arjuna la réincarnation au cours de son enseignement.

En Afrique subsaharienne

La métaphysique liée à la réincarnation où une âme impersonnelle, indivisible et éternelle, quitte le corps et l'intellect à leur mort, pour retrouver un autre état d'être, une autre forme, en tant que végétal ou animal/humain, fait partie intégrante de la spiritualité originelle des religions traditionnelles africaines.

Dans l'Égypte antique

Le savant grec Hérodote, donne une origine égyptienne à la croyance en la métempsycose : « Ces peuples [les Égyptiens] sont aussi les premiers qui aient avancé que l'âme de l'homme est immortelle ; que, lorsque le corps vient à périr, elle entre toujours dans celui de quelque animal ; et qu'après avoir passé ainsi successivement dans toutes les espèces d'animaux terrestres, aquatiques, volatiles, elle rentre dans un corps d'homme qui naît alors ; et que ces différentes transmigrations se font dans l'espace de trois mille ans. »

Mais de nos jours, la recherche contemporaine est assez catégorique, expliquant que l'Égypte pharaonique ignorait cette perspective : les Égyptiens parlent de transformations des morts - surtout en oiseaux - ou de pérégrination des âmes - qui voguent avant le Jugement des morts - mais n'affirment ni réincarnation, ni la transmigration des âmes.  

Les premiers éléments du concept de réincarnation n'apparaissent en Égypte que lors de la période ptolémaïque quand des éléments orphiques grecs connaissent un certain succès dans les milieux gnostiques égyptiens. Il faut attendre les alentours du IVe siècle, dans une Égypte largement hellénisée et ouverte à l'influence des philosophes étrangers, pour trouver un traité gnostique rédigé en copte qui fait mention de la transmigration de l'âme, la Pistis Sophia.

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Chez les Grecs

C'est principalement dans le monde grec que fleurit la doctrine de la réincarnation et de la métempsycose. En grec, métempsycose signifie « transmigration des âmes ». Dans cette doctrine, l'âme poursuit son évolution d'existence en existence humaine (réincarnation), et peut éventuellement s'incarner dans un animal ou un végétal (métempsycose).

C'est vers le VIe siècle av. J.-C. que cette croyance apparaît dans le monde grec. Son origine n'est pas connue avec certitude. On n'en trouve pas trace chez Homère ou Hésiode, il est donc peu probable qu'elle provienne du passé mythique grec. Pour l'historien grec Hérodote, la croyance en la métempsycose serait d'origine égyptienne. Il est possible que la croyance en la réincarnation ait été en fait inspirée par l'hindouisme. Les contacts entre la Grèce et l'Inde ont cependant été longtemps compliqués par le fait que la Perse, ennemi héréditaire des Grecs, se trouvait entre les deux civilisations (c'est tard, avec les conquêtes d'Alexandre le Grand, en 326 av. J.-C., que le monde grec et le monde indien ont été en contact soutenu).

L'orphisme, attesté dès 560 av. J.-C., soutient que « les âmes passent d'une vie en l'autre selon certaines révolutions et souvent entrent dans des corps humains ». Il s'agit plutôt de palingénésie, d'un retour diversifié à la vie, plus que de réincarnation ou de métempsycose.
Phérécyde de Syros, qui est actif vers 540 av. J.-C., est le premier à soutenir que l'âme est immortelle et qu'elle retourne successivement s'incarner sur terre. Pythagore (vers 530 av. J.-C.) se souvient de ses existences antérieures. Xénophane raconte qu'il a arrêté le bras d'un homme en train de bastonner un chien en lui disant : « C'est l'âme d'un de mes amis. En entendant sa voix, j'ai reconnu cette âme ».  

Chez Platon, on trouve des discussions sur la réincarnation ou des allusions à celle-ci dans le Phédon, le Phèdre, le Gorgias, et tout particulièrement dans le mythe d'Er de La République. Pour Platon, 1000 ans s'écoulent entre une naissance et une re-naissance : existence de 100 ans suivie d'une purgation de 900 ans. 

Chez les Romains

La religion romaine est multiforme et en constante évolution, influencée notamment par les croyances religieuses des territoires conquis (en particulier les divinités de l'Orient méditerranéen). Cependant, des courants d'inspiration orphique et pythagoricienne ont toujours existé à Rome, en particulier parmi les classes aisées, les philosophes et les artistes - et donc la croyance en la métempsycose. On trouve par exemple des allusions à la transmigration des âmes dans l'Énéide de Virgile.

Chez les gnostiques

Un certain nombre de mouvements gnostiques, chrétiens et non-chrétiens, ont accepté la doctrine de la réincarnation. Ils utilisent un système de pensée qui regroupe des doctrines variées du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient qui se caractérisent généralement par l'affirmation que les êtres humains sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un démiurge mauvais ou imparfait. Le gnosticisme a connu son apogée au cours du IIe siècle, et a influencé d'autres courants religieux tels que l'elkasaïsme qui a lui-même donné naissance au manichéisme. Seule la gnose (du grec gnôsis, connaissance) peut permettre à l'âme de se libérer de cet emprisonnement dans la matière et des renaissances multiples.  

Chez les elkasaïtes, mouvement religieux judéo-chrétien syncrétique de tendance gnostique, le Christ a transmigré de corps en corps et, en dernier lieu, dans celui du Christ.  

Religions

Dans l'hindouisme

La réincarnation est une des croyances centrales de l'hindouisme. Selon toute vraisemblance, c'est dans cette religion (ou culture composée de différents courants religieux : vaishnava, shivaïsme, shaktisme, etc., eux-mêmes subdivisés) que s'est établi un consensus théorique et philosophique sur la question.

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Selon l'indianiste Jan Gonda : « La doctrine du dharma et de la pureté est rattachée de la façon la plus étroite au principe de la réincarnation — principe que l'Hindou ne saurait mettre en doute — à l'idée qu'il est indispensable pour tous ceux qui n'ont pas atteint la délivrance de revenir sans cesse dans une existence déterminée par le karman. »

La réincarnation peut s'interpréter différemment selon divers textes et courants.

Dans le bouddhisme

La réincarnation (punarbhava, renaissance) est une des caractéristiques du bouddhisme. Cependant, le bouddhisme en général, à l'exception notable des adeptes de la doctrine du pudgala (pudgalavādin), ne croit pas en l'existence d'une individualité propre, d'une âme, ni d'un esprit, car ce qu'il appelle citta, « esprit, cœur », n'est pas une âme immortelle ; en effet, au concept hindouiste d'ātman, le Soi, le bouddhisme a opposé l'idée d'anātman, le non-soi, l'impersonnalité dont il fait une caractéristique de toute chose : il n'y a pas de soi qui se réincarne mais « chaque chose est sans soi ».

Bien que l'expression « réincarnation » puisse figurer dans quelques traductions et soit devenue populaire en Occident , le terme le plus employé est celui de « renaissance ». Il y a bien, en effet, une continuité - la mort ne signifie pas que le conditionnement cesse. Le samsâra forme ainsi un cycle de vies qui s'enchaînent les unes après les autres selon la loi de causalité. La souffrance ainsi se perpétue de vie en vie. Le karma est responsable de cette perpétuation. L'analogie de la mangue l'illustre ainsi : un noyau de mangue donne naissance à un nouveau manguier qui manifeste les caractères de la mangue d'origine sans que pour autant qu'un seul atome de cette mangue précédente ait été transmis. Le karma serait donc comparable au code génétique : une information transmise n'est pas une entité durable qui transmigre de corps en corps.

Pour le bouddhisme chinois, l'ici-bas comme l'au-delà constituent deux formes d'illusion, d'irréalité, et même si cette vision de la réalité reste irréelle, elle aussi, c'est la seule base d'expérience que nous avons.  

Quelle que soit l'interprétation de la « renaissance », le bouddhisme ne l'enseigne que dans un but, et l'enseignement n'a de sens que dans l'objectif de mettre un terme à la souffrance. La renaissance en tant qu'être humain se présente alors comme une belle occasion de sortir du cycle des existences, là où les basses existences ne le permettent pas et où les dieux ne sont pas conscients de la souffrance.

La renaissance n'est pas un « article de foi » du bouddhisme. À la différence des concepts essentiels de libération (nirvāna) et d'anātman, qui sont caractéristiques du bouddhisme, le thème de la renaissance ou de la vie future peut être ignoré.

Dans le judaïsme

Absente du judaïsme du second Temple, tant du Tanakh, que de la Mishna, que du Talmud ou encore des 13 principes de foi juive de Maïmonide, la doctrine de la réincarnation fait son apparition dans le judaïsme avec Anan ben David, réformateur karaïte perse du VIIIe siècle qui théorise la transmigration des âmes. La plupart des commentateurs juifs médiévaux rejettent la doctrine ou l'ignorent. Par contre, l'idée apparait dans la Kabbale - la tradition mystique et ésotérique juive - dès ses premières expressions en Europe avec le Sefer HaBahir à la fin du XIIe siècle.

Le concept utilisé en hébreu est celui de « Guilgoul haneshamot » , plus simplement appelé « guilgoul », un terme qui peut désigner la transmigration des âmes, la métempsycose ou la réincarnation. Selon ce concept, les âmes effectuent un « cycle » à travers les vies ou « incarnations », étant attachées à différents corps au cours du temps. Le corps auquel elles s'associent dépend de leur tâche particulière dans le monde physique, du niveau de spiritualité de la ou des précédentes incarnations.

L'idée du « guilgoul » semble avoir été présente depuis dans les croyances populaires juives. Par ailleurs, les commentaires kabbalistiques sur la Bible expliquent le « guilgoul » comme une transmigration des âmes de certains personnages pour réparer les dégâts causés durant leur vie : ainsi, Moïse et Jethro sont considérés comme des réincarnations d'Abel et Caïn, David, Bethsabée et Urie comme celles d'Adam, Ève et le serpent ou encore Job, celle de Terah, père d'Abraham. De nombreux kabbalistes se sont particulièrement intéressés aux réincarnations de l'âme d'Adam. 

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L'ouvrage qui traite le plus directement du sujet est le Sha'ar Ha'Gilgulim (La porte des réincarnations), basé sur l'enseignement de Isaac Louria, ou « Ari », à la fin du XVIe siècle, dont la kabbale lourianique influencera durablement les communautés juives du Proche-Orient et d’Europe. Il décrit les lois complexes et profondes de la réincarnation. L'un des concepts de ce livre est l'idée que le « guilgoul » est physiquement réalisé en parallèle avec la grossesse.

De nos jours, le concept de « guilgoul » est toujours présent dans le judaïsme populaire traditionnel et orthodoxe, tandis que les rabbins qui le défendent expliquent qu'il ne contredit en rien la notion de résurrection telle qu'elle est conçue dans le judaïsme. Pour ces courants, l'âme d'un humain peut ainsi se réincarner dans un corps minéral, végétal ou animal. Néanmoins, le « guilgoul » reste un concept dont la pertinence reste débattue au sein du judaïsme.

Dans le christianisme

Certains groupes ésotériques, spirites ou théosophiques, nés aux alentours du XIXe siècle en parallèle d'un intérêt grandissant pour l'occultisme, décrivent la réincarnation en affirmant s'appuyer sur divers éléments de doctrines religieuses et spirituelles à travers les âges et les lieux, au nombre desquels ils incluent des courants chrétiens antiques.

Dans cette optique, Origène - un Père de l'Église dont la doctrine à ce sujet a été condamnée trois siècles après sa mort au Concile de Constantinople - a souvent été présenté comme « réincarnationniste » au prétexte qu'il admettait la préexistence des âmes dans une sorte de monde supérieur, voire dans la pensée de Dieu. Il n'a cependant jamais enseigné la transmigration des corps, ni humains, ni animaux : c'est l'idée de la préexistence de l'âme au corps, et donc la dissociation des deux, que le concile entendait condamner.

S'il est vraisemblable que, parmi les courants du christianisme ancien, certains, à la marge, et particulièrement chez les gnostiques, ont dû être influencés par la métempsycose platonicienne ou pythagoricienne, les chrétiens - qui se singularisent dans le monde grec dans la mesure où leur doctrine relève de la tradition de la transcendance - refusent la croyance en des existences successives, un enseignement qui ruinerait les fondements de leur croyances, notamment la résurrection, ainsi qu'en témoigne l'apparition dès le IIe siècle de traités sur la résurrection. 

Au Moyen Âge, les cathares, influencés par le gnosticisme, entendent renouer avec la pureté originelle du christianisme et remporte un certain succès avant d'être combattus par l'orthodoxie dominante. Certains cathares en viennent, dans une optique théologique qui cherche à innocenter Dieu du mal jusqu'au refus total du concept d'Enfer, à envisager une transmigration des âmes. Le catharisme se distingue du reste des courants chrétiens par la valeur absolue qu'il donne à la prohibition du meurtre, et donc par le fait qu'il l'étend aux animaux susceptibles d'avoir reçu une âme céleste.

Dans l'islam

La réincarnation ne figure pas non plus dans l'islam orthodoxe. Mais quelques courants chiites minoritaires tels que l'ismaélisme, influencés par le néo-platonisme, croient en la réincarnation (tanasukh). De même pour certains courants soufis.

À l'époque contemporaine

Ésotérisme

C'est vers la fin du XIXe siècle que la réincarnation est redécouverte en Occident, sous l'influence, d'une part, d'un regain d'intérêt pour l'occultisme et l'ésotérisme, et d'autre part, grâce à l'étude plus systématique des religions venues d'Inde (hindouisme et bouddhisme) par les anthropologues et philosophes occidentaux (notamment Schopenhauer).

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Plusieurs groupes ésotériques placent la réincarnation (ou en tout cas une version occidentale de la réincarnation) au cœur de leurs enseignements. Parmi ceux-ci, on peut citer la Société théosophique fondée par Helena Blavatsky en 1875, ou la Société anthroposophique fondée par Rudolf Steiner en 1913.

Par ailleurs, la doctrine spirite, codifiée par Allan Kardec dans Le livre des Esprits en 1857, est en partie fondée sur la croyance en la réincarnation. Le culte antoiniste, dont le fondateur Louis Antoine s'est intéressé aux ouvrages de Kardec, enseigne aussi la réincarnation après la mort dans un corps humain uniquement, censée refléter le degré d'élévation spirituelle d'un individu. Celui-ci ne se souvient pas de ses vies passées mais peut faire des progrès spirituels afin d'atteindre l'état divin qui le délivrera du cycle des réincarnations.

Aujourd'hui, la continuation de cette tradition se retrouve également en partie dans le mouvement New Age.

Travaux du psychiatre Ian Stevenson

Le psychiatre canadien Ian Stevenson est connu pour avoir recherché et analysé des cas suggérant la réincarnation - plus que ne la prouvant formellement selon ses propres termes - concernant des enfants en bas âge encore susceptibles d'avoir le souvenir de leur vie passée dont 210 cas d'enfants qui prétendent se rappeler leur vie antérieure et qui ont un défaut de naissance dont le chercheur affirme qu'il existe une corrélation avec une blessure de personnes décédées. Un de ses traducteurs en Inde, H.N. Banerjee, docteur dans le département de parapsychologie de l'université de Rajasthan, invente l'expression de « mémoire extra-cérébrale » pour désigner les souvenirs (réels ou supposés) de vies antérieures, dans la mesure où ces souvenirs ne peuvent être logiquement reliés au cerveau du sujet qui prétend les avoir, ou bien sont reliés au cerveau d'un défunt.

Ces travaux sont largement rejetés par la communauté scientifique parce qu'il se base sur des témoignages et qu'il a pu être trompé par des familles, l'influence des traducteurs et leurs croyances, sur les parti pris des membres de son équipe, sa propension au biais de confirmation - Stevenson n'a pas publié les résultats contradictoires à son hypothèse -, voire sa crédulité. Ses études de cas de xénoglossie (faculté de parler une langue qu'on n'a pas apprise) ont été critiqués par des linguistes car manquant de preuves suffisamment solides : les sujets étudiés (en état d'hypnose) n'ont qu'un faible vocabulaire (une centaine de mots) et ne font pas de phrases complexes en guise de réponse aux questions qu'on leur pose, se limitant à quelques mots.

Stevenson trouve cependant des défenseurs, voire des admirateurs, à l'instar du religieux bouddhiste Ajahn Brahm ou de l'historien bouddhiste Dominique Lormier. Selon le chercheur J. Gordon Melton, les recherches de Stevenson sur la xénoglossie apportent des preuves substantielles en faveur de la réincarnation et selon lui personne jusqu'ici (en 2007) n'a produit une réfutation convaincante de son travail.

Augmentation radicale de l'espérance de vie et réincarnation artificielle

Il a été suggéré qu'une forme de réincarnation artificielle (sans mort réelle) pourrait être créée. C'est l'une des idées visant à nuancer celle qui dit qu'une espérance de vie grandement augmentée (ou même l'immortalité) serait synonyme d'ennui. Cette idée s'inscrit dans le courant transhumaniste. Les souvenirs d'un être vivant pourraient être totalement ou en partie effacés. Il pourrait alors découvrir à nouveau ce qu'il a oublié volontairement, peut-être même depuis le stade de la naissance. Il pourrait alors vivre une nouvelle « vie ».

Des scientifiques s'intéressent déjà à des traitements permettant d'oublier des expériences spécifiques (des évènements traumatisants), et les recherches actuelles sur l'amnésie révèlent progressivement les mécanismes de l'oubli.

Dans le contexte plus futuriste du transfert de l'esprit sur ordinateur, l'effacement de souvenirs sélectionnés serait vraisemblablement une simple formalité. Tout cela relève bien sûr, pour l'instant, du domaine de la science-fiction et de la pure spéculation...

Critiques

D'autres auteurs dénoncent la réincarnation comme une doctrine non-orthodoxe ou non-traditionnelle, issue d'une mauvaise compréhension de textes anciens par des auteurs ayant confondu le symbole avec la chose symbolisée.

Arthur Schopenhauer

Dans une approche philosophique marquée d'un pessimisme existentiel radical , Arthur Schopenhauer voit dans la réincarnation une métaphore pour expliquer l'identification nécessaire de l'individu avec toute créature, avec tout ce qui vit, car doté du même « vouloir-vivre » qui seul se transmet, à la différence de l'âme ou de l'intellect. Se démarquant ainsi des spirites et « des absurdités qui accompagnent la doctrine de la métempsycose », il ne croit pas en une réincarnation personnelle, mais, à la suite du « bouddhisme ésotérique », il développe l'idée de palingénésie, non sans reprocher au passage au judaïsme et au christianisme d'avoir rejeté la réincarnation, « cette conviction primitive et consolante pour l'humanité ».

Ramana Maharshi

Maharshi : « La réincarnation n'existe que dans les limites de votre ignorance. Il n'y a pas de réincarnation, il n'y en a jamais eu et il n'y en aura jamais. Voilà la vérité. »

René Guénon

En 1923, René Guénon affirme dans son ouvrage L'Erreur Spirite que la réincarnation est une impossibilité contraire à tous les enseignements des doctrines traditionnelles orthodoxes : « Le terme de « réincarnation » doit être distingué de deux autres termes au moins, qui ont une signification totalement différente, et qui sont ceux de « métempsycose » et de la « transmigration » ; il s’agit là de choses qui étaient fort bien connues des anciens, comme elles le sont encore des Orientaux, mais que les Occidentaux modernes, inventeurs de la réincarnation, ignorent absolument. [...] Les anciens, en réalité, n’ont jamais envisagé une telle transmigration (de l'homme dans des animaux ou l'inverse), pas plus que celle de l’homme dans d’autres hommes, comme on pourrait définir la réincarnation ».

Guénon explique que notre monde n'est qu'un état parmi une indéfinité d'autres mondes actuellement inaccessibles. La modalité corporelle (celle que saisissent nos sens et qu'étudie la science) dans toute son extension possible, incluant entièrement le temps et l'espace, n'est qu'un plan de réalité dans une succession indéfinie d'autres mondes que doit traverser notre personnalité supérieure. À la mort tout ce qui est soumis à ce monde et qui caractérise un individu est dissous (y compris la mémoire et la force vitale ou psychique) et l'esprit passe dans un autre monde, sans souvenir du précédent. Dans cette chaîne interminable repasser par le même état (le même monde) est une impossibilité métaphysique. Pour cet auteur, la transmigration et les « renaissances » innombrables dont parlent les texte sacrés ne s'effectuent jamais deux fois dans le même monde. Lors de la dissolution qui suit la mort, certains complexes psychiques abandonnés par le mort peuvent être captés par de nouveaux individus naissants. Tels certains souvenirs ou certaines aptitudes physiques ou intellectuelles, cela expliquant aussi tous les phénomènes exceptionnels que les tenants de la réincarnation, quand ils sont de bonne foi, proposent comme preuve de leur théorie.

Selon Ananda Kentish Coomaraswamy

Pour Ananda Coomaraswamy la réincarnation vient d'une incompréhension populaire de la doctrine de la transmigration et ne fait pas partie des doctrines de l'hindouisme : « bien que les écrits anciens et récents ainsi que les pratiques rituelles de l’Hindouisme aient été étudiés par des érudits européens depuis plus d’un siècle, il serait à peine exagéré de dire que l'on pourrait parfaitement donner un exposé fidèle de l’Hindouisme sous la forme d’un démenti catégorique à la plupart des énoncés qui en ont été faits, tant par les savants européens que par les Hindous formés aux modernes façons de penser sceptiques et évolutionnistes. Par exemple... La notion de « réincarnation », au sens ordinaire d’une renaissance sur la terre d’individus défunts, représente seulement une erreur de compréhension des doctrines de l’hérédité, de la transmigration et de la régénération. ».

« Il est tout à fait contraire au Bouddhisme, aussi bien qu'au Vêdânta, de penser à « nous-mêmes » comme à des êtres errant au hasard dans le tourbillon fatal du flot du monde (samsâra). Notre Soi immortel est tout, sauf une « individualité qui survit ». Ce n'est pas cet homme, un tel ou un tel qui réintègre sa demeure et disparaît à la vue, mais le Soi prodigue qui se souvient de lui-même. »

QUELQUES EXTRAITS QUI M'ONT MARQUEE

Parler de phénomène sortant de l'ordinaire avec des gens qui ne s'y sont jamais intéressés est toujours délicat, j'ai tendance à l'oublier, moi qui suis plongé dedans depuis tant d'années. Nous vivons dans une société à l'esprit très très réduit et où seul cheminement personnel permet à certains de découvrir une réalité plus vaste. Ce questionnement, qui conduit à remettre en qustion une vision du monde acquise depuis l'enfance, st provoqué en général par un "accident". Un événement inattendu de la vie qui rend soudain insatisfaisant le modèle dans lequel l'existence coulait tout simplement jusqu'alors. La perte d'un proche qui nous impose soudain de nous interroger sur la mort et le sens de la vie ; une maladie grave affectant un membre de notre famille ou nous-même et qui conduit aux mêmes interrogations. Se poser des questions, c'est prendre le risque d'avoir des réponses. Et ces réponses sont susceptibles de nous conduire parfois à remettre en question notre façon de vivre. Aussi la plupart des gens s'abstiennnt de le faire. Ou seulement lorsqu'ils y sont contraints et forcés. L'immense majorité parcourt la vie sans faire de vague, repoussant sans cesse à plus tard l'examen des grandes énigmes existentielles. C'est stupéfiant, quand on y pense, mais c'est le fruit du conditionnement dans lequel nous avons tous été élevés. Nous sommes des êtres craintifs, effrayés par la liberté.

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Les vies sont des fragments d'existence individuelle et unique, mais elles sont animées par une conscience éternelle. Par cette expérience bouleversante, il m'est donné de vivre la réalité de la réincarnation et d'en saisir la nature profonde. Non pas la réalité de "quelqu'un qui revient", mais celle d'un souffle immortel qui passe dans des corps autonomes, dans des identités mortelles. S'en nourrit, apprend, guérit.

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Tandis que nos vies successives se déroulent les unes après les autres sur Terre, une part éternelle de nous observe ces existences en même temps depuis ailleurs. Et peut avoir accès à tous les temps et tous les lieux. Nous ne sommes, vous et moi, que l'une des manifestations de notre âme. Une seule, parmi les nombreuses facettes qu'elle possède. Nos proches décédés vivent de nouvelles vies sur Terre, alors qu'une dimension d'eux se trouve encore et éternellement accessible dans l'au-delà. L'amour que nous leur portons et qu'ils éprouvent pour nous est la passerelle qui maintient le lien.

 

* Anne Boleyn : reine d'Angleterre, deuxième épouse du roi Henry VIII, qui la fit décapiter.