Je m'attendais à mieux.

INCIPIT

Derrière le four de terre, dans la cuisine d'une petite ferme au toit de chaume, la mère, assise sur un tabouret de bambou, alimentait d'herbes le trou du foyer où le feu brûlait sous un chaudron de fer.

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LE DEBUT

Dans un hameau chinois au début du XXe siècle, une paysanne vit avec son mari, ses enfants, sa belle-mère. Le sol est en terre battue, la famille dort dans le même lit ; le buffle, le cochon et les poules dorment aussi dans la maison. 

La mère travaille aux champs avec son mari. Un jour, ce dernier part en ville et ne revient pas. C'est une honte pour elle de se voir abandonnée. Elle fait croire aux autres qu'il a trouvé un travail en ville... Mais il lui faut désormais assumer le double de travail, trouver de l'argent pour justifier le salaire qu'il "gagne" en ville, et réprimer ses désirs de femme et ses envies d'être mère à nouveau...

MON AVIS

La mère ne sera jamais nommée, ni aucun des personnages. C'est une histoire universelle, une mère universelle. Nous suivons sa vie de sa plénitude (désir et maternité) jusqu'à la vieillesse. Le tout dans le contexte des traditions chinoises ancestrales : lorsque le fils aîné se marie (avec la femme que sa mère lui a choisie), la belle-fille devient la maîtresse de maison et la mère - bien que très respectée et dorlotée - entre dans le grand âge et s'efface au profit des jeunes.

Cette mère ne m'a pas particulièrement émue. J'ai même été agacée par le rapport à la maternité, le désir d'enfant et la grossesse étant des concepts absolument incontournables. La femme n'est pas femme si elle n'est pas mère. J'ai entendu ça si souvent, moi qui n'ait pas eu d'enfant. Comme quoi... les diktats ont la vie dure.

J'ai moins apprécié ce roman que Pavillon de femmes, où il y a plus de personnages, donc plus de péripéties et beaucoup de détails sur la vie quotidienne, côté riches. Et le personnage principal m'a davantage touchée : sa "vieillesse" à elle, elle veut la gérer comme elle l'entend. Mais elle est éduquée, cultivée, c'est une intellectuelle, qui réfléchit et ne se plie pas aveuglément aux traditions et aux croyances. A croire que la vie paysanne, la vie des pauvres... est moins intéressante ! Ne nous leurrons pas : le monde est ainsi fait, non ? Les riches nous font rêver... Cependant, il existe des auteurs qui racontent le monde rural et pauvre jusqu'à la misère d'une autre façon, comme Steinbeck, par exemple, et son effroyable Raisins de la colère, passionnant de bout en bout. Finalement tout est bien dans le talent de l'écrivain. Et je dois admettre que là, Buck ne vaut pas Steinbeck. Je me suis parfois ennuyée.

Par contre l'apparition des premiers communistes, vus comme des voleurs et des brigands, m'a amusée (à part les condamnations à mort, bien sûr...) La révolution n'est plus très loin et personne ne le sait.

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Paru en 1935.

MES EXTRAITS FAVORIS

Je n'ai pas entendu parler de brigands dans les environs, ces temps-ci, en dehors de cette nouvelle sorte de gens en ville qu'on appelle communistes, mais on prétend qu'ils n'en vulent pas aux pauvres.

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Elle savait que le ciel ordonne qui sera riche ou pauvre, et que les hommes n'ont rien à dire ; ils doivent accepter leur destin et le supporter.