Ca faisait un moment que j'avais envie de lire ce livre qui a remporté un gros succès, l'un de premiers, voire le premier, à vulgariser le fonctionnement de ce que l'on appelle aujourd'hui "notre deuxième cerveau".

RESUME

Giulia Enders nous fait découvrir les secrets d'un organe oublié : le système digestif, clé de toutes sortes de problèmes, de la dépression au surpoids, en passant par la maladie de Parkinson et les allergies. La soeur de l'auteur illustre ce livre avec humour et permet d'aborder un sujet "délicat" avec le sourire. 

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L'AUTEUR

Giulia Enders est une étudiante en médecine allemande, née en 1990 à Mannheim, lorsqu'elle écrit son livre à succès Darm mit Charme traduit en français par Le Charme discret de l'intestin, publié en 2014.

Atteinte d'une maladie de la peau lors de son enfance, elle en vient à s’intéresser aux aspects méconnus de l'intestin.

Etudiante en doctorat en gastroentérologie de l'Université de Francfort sur le Main. En 2012, elle remporte le premier prix à un Science Slam, où les jeunes doctorants viennent présenter leur sujet de thèse devant un public de non-spécialistes. Son sujet : l'intestin et le microbiote intestinal. La vidéo de son intervention est diffusée sur YouTube, et rencontre un succès non négligeable, en raison de l'approche pédagogique suivie par Enders.

À la suite de son intervention, et après avoir démocratisé la connaissance de l'appareil digestif, elle décide de publier un livre sur ce sujet : Darm mit Charme, illustré par sa propre sœur, Jill Enders. Le livre est publié en mars 2014 chez Ullstein-Verlag, et dépasse le seuil du million d'exemplaires au bout d'un an. Il a été traduit en 18 langues.

MON AVIS

La langue est simple, et non rébarbative ; quand il est indispensable d'employer un mot médical un peu compliqué, l'auteure en donne aussitôt une explication claire, imagée, souvent très amusante. D'ailleurs tout le livre est bourré d'humour et on lit ça avec un plaisir immense, tout en apprenant plein de choses.

Ah si seulement tous les scientifiques du monde se mettaient au style Enders... nous deviendrions drôlement calés !

Quelques pages - je l'avoue - m'ont un peu ennuyée, trop de redite, et la partie sur les bactéries parfois trop longue. J'aurais préféré que l'auteure nous donne davantage de conseils et d'explication sur la relation intestin-cerveau ; les raccourcis sur les effets menant à Parkinson ou à la dépression sont un peu survolés. Mais Enders le dit elle-même dans un chapitre supplémentaire par rapport à l'édition originale : elle n'avait pas encore, à l'époque, bien "digéré" (si je puis me permettre) certains de ses cours, et par ailleurs la science a depuis évolué. Sauf qu'elle ne nous apporte rien de nouveau dans ce rajout... Je me suis sentie un peu frustrée voire circonspecte : faut-il se fier aveuglément à tout ce qu'elle nous apprend ? L'avenir nous le dira sans doute.

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CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

L'intestin est une partie du tube digestif, qui contribue à la digestion des aliments et au passage des nutriments vers le sang et le reste de l'organisme chez les bilatériens. Cette partie de l'appareil digestif s'étend de la sortie de l'estomac à l'anus. Chez les humains et la plupart des mammifères, il est divisé en deux parties appelées l’intestin grêle et le gros intestin. Chez les animaux à système circulatoire, c'est la partie du corps qui assure l'assimilation dans le sang des nutriments provenant des aliments. L'intestin en bonne santé est une barrière contre certains microbes, mais perméable aux nutriments. Il est le lieu d'une intense vie microbienne (microbiote intestinal, microbiote intestinal humain). Toute altération anormale de sa perméabilité peut affecter l'organisme entier.

Le tube digestif est la dernière partie du canal alimentaire, avec la cavité buccale à l'entrée et l'anus à la sortie.  

L'intestin humain mesure de 7 à 8 mètres. La surface de contact de la muqueuse intestinale avec le chyme* est de 300 à 400 m2 (environ deux terrains de tennis), ce qui constitue la surface d'échange la plus grande du corps humain devant le poumon (80 m2) et la peau (1,73 m2).

Alors que l'estomac « casse » principalement les molécules constituant les aliments en plus petites molécules, la digestion se poursuit dans l'intestin grêle, où un certain nombre de molécules sont réduites à l'état de nutriments, assimilables par l'organisme. La fine membrane de l'intestin grêle est recouverte de plis et de villosités afin d'augmenter la surface d'échange avec le réseau sanguin. La plupart des protéines sont ainsi assimilées dans l'intestin grêle, ainsi que les glucides et lipides. Chez les humains, il mesure entre 3 et 6 mètres et est composé du duodénum, du jéjunum et de l'iléon.

Le gros intestin mesure entre 1 et 1,5 mètre et comporte trois parties : le cæcum, le côlon et le rectum. Il héberge des bactéries vivant en symbiose avec leur hôte, qui peuvent décomposer des molécules que le corps humain n'est pas capable d’assimiler. Cette flore intestinale (ou microbiote intestinal) est indispensable au bon fonctionnement du processus de la digestion.

Chez tous les Mammifères dont l'Homme, l'intestin grêle est constitué d'une muqueuse enrobée ; premièrement de couches circulaires de fibres musculaires (internes), capables de constriction, et deuxièmement d'un manchon de fibres musculaires orientées longitudinalement. Ce double système musculaire est contrôlé d'une part par le système parasympathique qui les stimule, et par le système sympathique qui au contraire les détend. En complément, l'épithélium, abrite les neurones sensitifs de trois types de récepteurs de la muqueuse (chémorécepteurs, mécanorécepteurs et tensorécepteurs). Ceux-ci ont des afférences vers le tronc cérébral, la moelle épinière, le plexus myentérique et le plexus sous-muqueux.

Dans l'intestin lui-même, les villosités et leurs microvillosités sont également animées de lents mouvements permettant un brassage du contenu, et permettant d'augmenter le contact entre la muqueuse et les éléments du bol alimentaire.

Le jeu combiné des fibres musculaires permet des mouvements pendulaires (via la musculature longitudinale), des mouvements de segmentation (via les muscles circulaires constricteurs) et des mouvements péristaltiques (poussée du chyme vers le gros intestin ou l'anus). Le péristaltisme (force et rythme) est réglé par les tensorécepteurs qui resserrent le diamètre du tube intestinal derrière le bol alimentaire et qui l'ouvrent devant ; ce péristaltisme est actif entre les périodes de prise d'aliments, mais s'interrompt la nuit vers 22 h 30. Durant la digestion, ce sont les mouvements de brassage qui dominent. Au moment de l'excrétion ou de l'élimination des gaz (méthane, CO2) ce sont les mouvements péristaltiques d'expulsion qui sont activés, consciemment cette fois. 

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Dessin simplifié du système digestif (manuscrit persan du XVIIe écrit par Mansur ibn Muhammad Ahmad)

* Chymeliquide qui se trouve dans l'estomac avant le passage de la valve du pylore et l'entrée du duodénum. Il a la consistance d'une colle et est constitué de nourriture partiellement digérée, d'eau, d'acide chlorhydrique, et de diverses enzymes de la digestion. Le chyme franchit lentement la valve du pylore et le duodénum où l'extraction des nutriments commence. En fonction de la quantité et du contenu (acide ou alcalin) du repas, l'estomac digèrera la nourriture en chyme dans une durée comprise entre 40 minutes et quelques heures.