Pas emballée.

INCIPIT

Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en 194., à Oran. 

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LE DEBUT

Un jour d’avril à Oran, en Algérie, le docteur Rieux trouve un rat mort sur son palier. Très vite, le nombre de rats qui remontent à la surface pour mourir se multiplie et les rues de la ville sont bientôt submergées de tas informes de rats morts. Les autorités décident de les incinérer. Le concierge de l’immeuble du docteur Rieux tombe malade, et, malgré les soins du médecin, il meurt d’une maladie mystérieuse. Grand, un employé de mairie, vient voir le docteur Rieux car les rats meurent en très grand nombre. À la fin de la première partie, les autorités, après bien des hésitations, se décident à fermer la ville et l’isoler pour empêcher la maladie, qui semblerait être la peste, de se propager.

MON AVIS

Au début, j'ai abordé la chose comme un "livre-catastrophe", sachant pourtant pertinemment que ce n'était pas la bonne approche, vu l'âge du roman, écrit à une époque où ce concept n'existait pas. Cela dit, c'était plaisant : suspense, frisssons... Mais rapidement on entre en littérature. On comprend bien que cette maladie a des messages à nous faire passer. Passons aux choses sérieuses, que diable !

La peste est en fait un (excellent) prétexte pour... parler des hommes : gestion de crise (fermeture de la ville, quarantaine, espaces insuffisants pour les malades et les cadavres, séparations, mort, deuil, peur...). Camus s'exprime moins sur la maladie elle-même que sur ses conséquences sur les psychologies humaines, au travers des réactions et des sentiments de ses personnages. 

Or, j'avoue, je me suis parfois ennuyée. D'abord, il n'y a pas de femme... (à part, la mère du docteur, mais ça se résume à quelques lignes), et quand les femmes n'ont pas de place dans un roman, d'une part j'ai du mal à m'identifier, d'autre part ça me semble machiste ! Quant au "message", franchement il ne m'a frappée.

Il est en effet "de bon ton" de faire une analogie de la peste qui s'abat sur la ville avec le nazisme (et tout autre fléau). C'est d'ailleurs revendiqué par l'auteur (voir plus loin). Si je n'avais pas lu, avant, des critiques de l'oeuvre, je pense que n'aurais pas vu la métaphore. Disons plutôt, qu'elle me semble si évidente, et déjà si utilisée par d'autres (thème récurrent en philosophi) que notre cerveau la fait automatiquement.

Mal et maladie ont la même racine. Bien sûr que dans les deux cas, on lutte, on résiste, on est solidaire de l'autre. Il n'y a pas de leçon à tirer du roman ; finalement il reste très factuel. La peste, c'est le mal ; OK ; mais la peste, c'est la vie ; tout comme les autres fléaux qui peuvent s'abattre sur l'homme. Un des prsonnages dit d'ailleurs, très justement : "Les autres disent "C'est la peste, on a eu la peste." Pour un peu, ils demanderaient à être décorés. Mais qu'est-ce que ça veut dire, la peste ? C'est la vie et voilà tout." Et je comprends tout à fait ce sentiment, que j'éprouve moi-même. Quand je vois les journaux télévisés, devenus tellement médiocres, où l'on fait un buzz exorbitant après des accidents de la route, des épidémies, des tempêtes... Et les gens se lamentent, cherchent des réponsables, c'est la faute du gouvernement, c'est la faute d'un tel. Non. C'est la vie. C'est comme ça. On dirait que les gens oublient tout simplement que nous sommes mortels et que chercher des responsables est illusoire et ridicule. 

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On parle aussi dans les critiques littéraires que j'ai pu lire ici ou là de résistance et de solidarité. Désolée... ça ne m'a touchée non plus. Bien sûr ces comportements sont présents, mais, encore une fois, de façon très ordinaire, très normale, très évidente. En aucun cas, on ne peut en tirer - à mon humble avis - une quelconque leçon de courage ou d'héroïsme. Donc tout ça tombe un peu à plat. D'où mon ennui.

Sans doute, Camus était-il sous le coup de ce qu'il avait vécu pendant la montée du nazisme, pendant la guerre ; les fours où l'on brûle les cadavres évoquent sans conteste la Shoah. L'émotion et l'horreur devaient être grandes. Peut-être nous en sommes-nous un peu détachés... ou peut-être nous en a-t-on tellement parlé que nous sommes devenus quelque peu blasés. Non pas que nous soyons indifférents, mais quand on n'a pas vécu une chose, on ne peut se la figurer tout entière.

Il n'empêche que mon esprit "fataliste" me fait envisager toute catastrophe comme un coup de colère de notre planète ou comme un marqueur de la bêtise incommensurable de l'homme.

Pour l'anecdote, j'ai lu ce livre dans une édition spéciale lycée. Outre des dossiers d'analyse, chaque bas de page donne la définition de mots sans doute jugés "compliqués". Or on y trouve : éloquent, fâcheux, wagonnet, génuflexion, calfeutré, rauque, solennel, conversion, brinquebalant, corniche, germe, brimade, poudreux, morne, torpeur, etc. etc. Je suis STUPEFAITE. Les mômes de première/terminale sont-ils donc à ce point incultes ? A cet âge-là, n'ont-ils donc jamais rencontré ces mots ? C'est effrayant... 

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

La Peste est un roman d’Albert Camus publié en 1947 et ayant reçu le prix des Critiques la même année. Il appartient au cycle de la révolte rassemblant trois œuvres de Camus, La Peste, L'Homme révolté et Les Justes qui ont permis en partie à son auteur de remporter le prix Nobel de littérature en 1957.

L’histoire se déroule dans les années 1940. Elle a pour théâtre Oran durant la période de l’Algérie française. Le roman raconte sous forme de chronique la vie quotidienne des habitants pendant une épidémie de peste qui frappe la ville et la coupe du monde extérieur. Camus semble s'être documenté sur une petite épidémie de peste bubonique, survenue à Oran en 1945, succédant à une épidémie plus sérieuse qui avait eu lieu à Alger en 1944, mais son projet est antérieur à l'apparition de ces épidémies, puisqu'il y réfléchit depuis avril 1941, comme en témoignent ses Carnets. Le 13 mars 1942, il informe André Malraux qu'il est occupé à l'écriture d'« un roman sur la peste ». 

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Les archives des hôpitaux, des mairies, de la préfecture d'Oran ne font aucune mention d'une quelconque peste survenue au XXe siècle. La dernière fois que la maladie a frappé Oran, c'était au cours du XVIIIe siècle, lors de l'occupation espagnole. Plutôt qu'une réinterprétation d'un fait historique et compte tenu du contexte politique de publication, l'histoire serait davantage une forme d'analogie au nazisme.

En février 1955, Roland Barthes (critique littéraire) rédige un article sur La Peste où il qualifie la référence au contexte de la Seconde Guerre mondiale comme un « malentendu ». Camus lui répond dans une lettre ouverte en ces termes : « La Peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. La preuve en est que cet ennemi qui n’est pas nommé, tout le monde l’a reconnu, et dans tous les pays d’Europe. Ajoutons qu'un long passage de La Peste a été publié sous l'Occupation dans un recueil de Combat et que cette circonstance à elle seule justifierait la transposition que j'ai opérée. La Peste, dans un sens, est plus qu’une chronique de la résistance. Mais assurément, elle n’est pas moins. ».

La peste

La peste est une zoonose, c'est-à-dire une maladie commune à l'homme et à l'animal. Elle est causée par le bacille Yersinia pestis, découvert par Alexandre Yersin de l'Institut Pasteur en 1894. Ce bacille est aussi responsable de pathologies pulmonaires de moindre gravité chez certains petits mammifères et animaux de compagnie (on parle dans ce cas de peste sauvage).

En raison des ravages qu’elle a causés, surtout pendant le Moyen Âge, la peste a eu de nombreux impacts sur l'économie, la religion et les arts. Ainsi la peste noire de 1347-1352 a profondément marqué l'Europe en exterminant 25 % à 50 % de sa population. Cependant plusieurs épidémies de maladies inconnues à forte mortalité ont pu être qualifiées de peste par les chroniqueurs de l'époque. Par analogie, d'autres maladies à forte morbidité pour d'autres espèces sont également nommées peste, comme la peste aviaire, celle du canard, celle du porc. Elles n'ont pour la plupart rien à voir avec la peste humaine.

Le rat noir (Rattus rattus) en zone tropicale et le rat gris (Rattus norvegicus) en Europe, sont le premier réservoir à proximité immédiate de l'homme. Cependant, le rat gris est un vecteur de contamination de l'homme moins efficace : contrairement au rat noir, il ne sort pas de son trou pour mourir, ce qui limite les cas de contact. Le remplacement du rat noir par le rat gris à partir du XVIIIe siècle serait l'un des facteurs expliquant le déclin des épidémies en Europe pendant cette période.

De très nombreux rongeurs sauvages représentent le réservoir naturel de la maladie. Plus de 200 espèces ont été recensées, dont une quarantaine sont des réservoirs permanents, surtout les marmottes et les gerbilles. Aux États-Unis, ce sont les écureuils. Les lagomorphes (lapin, lièvre) et carnivores peuvent aussi infecter l'humain par contact (si peau lésée) avec un animal infecté ou morsure par ce dernier.

Il existe une peste tellurique, où la bactérie peut se conserver par le froid et se multiplier dans le sol. C'est particulièrement le cas dans les terriers de rongeurs après une épizootie de peste. Lorsqu'une région se repeuple de rongeurs, ils réoccupent les terriers vides et contractent à nouveau la maladie, ce qui pourrait expliquer le caractère cyclique de la peste.

Le vecteur est la puce du rat. Quand l'homme est touché par une puce du rat (par exemple en manipulant un rat mort), il contracte la maladie. La puce de l'homme prend alors le relais pour la transmission d'homme à homme. Une puce infectée le reste toute sa vie. Elle transmet la bactérie par piqûre, et accessoirement par ses déjections qui se retrouvent sur la peau humaine ou dans la poussière des habitations.

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Epidémie de peste, Madagascar, 2017

Après la morsure de la puce infectée, le germe se multiplie au point d'inoculation laissant une vésico-pustule puis gagne le système lymphatique et colonise le ou les ganglions satellites du point d'inoculation (le bubon). Une ou plusieurs inflammations localisées et suppurées apparaissent. L'évolution de la dissémination par voie hématogène permet au germe d'atteindre l'ensemble des organes et les poumons où il développera une localisation pulmonaire secondaire. Le bacille se multiplie dans les macrophages (globules blancs) et libère une toxine qui les détruit. 

La peste s'exprime sous trois formes cliniques principales différentes, pouvant parfois se succéder dans le temps :

Peste bubonique

Forme la plus fréquente, la peste bubonique fait suite à la piqûre de la puce. La peste peut se déclarer d'abord chez les rongeurs qui meurent en grand nombre. Les puces perdant leur hôte recherchent d'autres sources de sang, et contaminent l'homme et les animaux domestiques par piqûre. Après une incubation de moins d’une semaine, apparaît brutalement un état septique avec fièvre élevée sans dissociation de pouls, frissons, vertiges, sensation de malaise. Le bubon apparaît vers le 2e jour (visible à l'œil nu) après le début fébrile. Les aires ganglionnaires le plus souvent touchées sont l’aire inguinale (pli de l'aine) ou crurale (haut de la cuisse), plus rarement axillaire voire cervicale. Il est d'abord sensible, inflammatoire, puis de plus en plus douloureux à mesure qu'il grossit. Des signes de déshydratation et de défaillance neurologique vont accélérer l'évolution de la maladie vers une mort en moins de sept jours en l'absence de traitement efficace. On estime entre 20 et 40 % le nombre de malades qui vont guérir spontanément après un temps de convalescence assez long.

Peste septicémique

Cette forme constitue 10 à 20 % des pestes. C'est la plupart du temps une complication de la peste bubonique, due à une multiplication très importante des bacilles dans la circulation sanguine. Cette variété de peste apparaît quand les défenses des ganglions lymphatiques et les autres types de défense sont dépassés. Le bubon peut être absent, le germe se multipliant immédiatement dans le sang. Il s'agit d’une forme mortelle sans traitement, mais non contagieuse.

Peste pneumonique ou pulmonaire

Forme plus rare que la peste bubonique, c'est la forme la plus dangereuse car extrêmement contagieuse. La peste pneumonique ou pulmonaire survient lorsque le bacille pénètre directement dans l'organisme par les poumons ou par complication pulmonaire d'une peste septicémique. Les humains sont contaminés, et contaminent, par les crachats (expectorations purulentes) et les projections microscopiques (toux, postillons) contenant le germe. Après une période d'incubation de quelques heures à deux jours, s’installe une pneumopathie aiguë sévère avec état septique. Même avec un traitement antibiotique approprié, cette forme de peste est souvent mortelle en quelques jours par œdème pulmonaire aigu et défaillance respiratoire.

Sans traitement moderne, la peste bubonique évolue vers le décès par septicémie dans 60 % des cas, les formes septicémiques et pulmonaires étant presque toujours mortelles. Un traitement réel contre la peste n’a été disponible qu’après la découverte du bacille par Alexandre Yersin en 1894. Il s'agissait de la sérothérapie par sérum antipesteux de Yersin (1896), un sérum obtenu par immunisation du cheval. Un autre traitement historique a été la phagothérapie, dans les années 1920-1930.

Le traitement par antibiotiques est le seul véritablement efficace (guérison en quelques jours).  L’antibiothérapie doit être prescrite au stade précoce (8 à 24 heures après le début de la peste pulmonaire) pour obtenir un maximum d’efficacité. L'incision du bubon et son drainage ne sont plus guère recommandés.

La peste est une maladie à potentiel épidémique qui justifie un diagnostic précoce et exige une déclaration aux autorités sanitaires nationales et internationales. En France, la peste fait partie des maladies infectieuses à déclaration obligatoire auprès des agences régionales de santé.

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D’après le plan Biotox de la Direction générale de la Santé française, les mesures de protection à prendre consistent à :

  • porter un diagnostic précoce ;
  • déclarer très rapidement aux autorités sanitaires la suspicion d'un cas de peste ;
  • lancer une enquête épidémiologique pour identifier la source et les personnes exposées ;
  • hospitaliser tout malade symptomatique dans une structure médicalisée, particulièrement ceux qui sont atteints de formes respiratoires ;
  • limiter les déplacements pour éviter l'extension de l'épidémie ;
  • administrer une antibioprophylaxie par cyclines, rifampicine ou streptomycine aux sujets en contact.

La désinsectisation et la lutte contre les réservoirs animaux (dératisation obligatoire des navires) sont déterminantes dans la prévention d’une épidémie. Dans les parcs naturels aux États-Unis, des panneaux préviennent les promeneurs d'éviter tout contact avec les rongeurs.

Il existe un vaccin dit KWC (Killed Whole-Cell) d'origine australienne (le KWC américain n'est plus produit depuis 1999). Ce vaccin est uniquement utilisé pour protéger les personnes à très haut risque, comme les militaires en opération dans des zones endémiques de peste, ou celles qui travaillent sur la peste (microbiologistes et chercheurs sur la bactérie, les puces ou les rats infectés). Ses inconvénients sont sa faible durée de protection (de l'ordre de 6 mois), ce qui peut nécessiter des injections de rappel, avec un risque d'effets secondaires plus important. De plus, il ne protège pas de la peste pulmonaire primaire. Il n'est pas disponible au public.

De nouveaux essais de vaccins sont en cours depuis 2005 au Canada. Le but est de trouver un vaccin efficace contre toutes les formes de pestes, y compris la forme pulmonaire.

Waldemar Haffkine met au point le premier vaccin le 10 janvier 1897. Appelé aussi lymphe d’Haffkine, ce vaccin était composé de germes tués. En 1921, un vaccin aqueux est mis au point dans l'Institut Pasteur. Des vaccins vivants atténués ont été utilisés en Union soviétique et dans les colonies françaises. En 1932, Girard et Robic mettent au point un vaccin vivant atténué dit EV. En France, avec le sérum antipesteux, il restera le seul traitement possible contre la peste jusqu'au traitement de la maladie par les sulfamides puis par les antibiotiques (seuls ces derniers étant véritablement efficaces). Ce vaccin n'est plus fabriqué : très douloureux, il n'a pas démontré son efficacité.

La peste est considérée par l’OMS comme une maladie réémergente. C'est une maladie de la pauvreté en Afrique, en Amérique du Sud et en Inde. Ailleurs, dans les autres régions endémiques (Asie centrale, Ouest des États-Unis), c'est une maladie sporadique liée aux activités professionnelles ou touristiques de pleine nature.

De 2010 à 2015, 3 248 cas de peste humaine ayant causé 584 décès ont été répertoriés à travers le monde. Cela correspond à une baisse sensible, probablement liée à une évolution naturelle cyclique, comme il en a déjà été observé dans le passé24.

L'Afrique est le continent le plus touché avec 90 % des cas de pestes répertoriés, répartis dans 4 pays. Madagascar, avec plus de 300 cas par an, reste le pays le plus touché au monde. On y observe une baisse de l'incidence, mais avec une augmentation de la mortalité (plus grande fréquence des formes pulmonaires). Cette augmentation des formes graves est liée à la dégradation du système de santé (crise socio-politique de ces dernières années). Les autres pays sont la République démocratique du Congo, l'Ouganda et la Tanzanie.

L'Asie centrale reste le plus vaste foyer naturel de la maladie (considéré comme le berceau historique de la peste). Toutefois la population à risque se limite aux éleveurs et chasseurs des steppes et des montagnes. Quelques cas sporadiques sont signalés au Kirghizistan, en Russie, en Mongolie et en Chine.

En Amérique du Sud, des cas surviennent régulièrement au Pérou (Nord-Ouest du pays), liés à l'activité agricole, beaucoup plus rarement en Bolivie.

MES EXTRAITS FAVORIS

Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l'ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n'est pas éclairée. Les hommes sont plutôt bons que mauvais, et en vérité ce n'est pas la question. Mais ils ignorent plus ou moins, et c'est ce qu'on appelle vertu ou vice, le vice le plus désespérant étant celui de l'ignorance qui croit tout savoir et qui s'autorise alors à tuer.

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Les autres disent "C'est la peste, on a eu la peste." Pour un peu, ils demanderaient à être décorés. Mais qu'est-ce que ça veut dire, la peste ? C'est la vie et voilà tout."

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Abcès de fixation : Amas de pus provoqué artificiellement pour localiser une infection générale.

Eau crésylée : Eau qui contient du crésyl, hautement désinfectant.

Epigraphe : En littérature, une épigraphe est une phrase en prose ou en vers placée en tête d'un livre, d'un ouvrage ou d'un chapitre, pour en annoncer ou résumer le contenu, ou pour éclairer sur les intentions de l'auteur. En architecture, une épigraphe est une phrase inscrite au fronton d'un édifice (à ne pas confondre avec une épitaphe, inscription placée sur une pierre tombale ou un monument funéraire).

Fongosité : Grosseur, excroissance, qui ressemble à des champignons.

Inguinal : Lié à la région de l'aine.

LucrèceLucrèce est un poète philosophe latin du Ier siècle av. J.-C. (peut-être 98-55), auteur d'un seul ouvrage en six parties, le De rerum natura (De la nature des choses, qu’on traduit le plus souvent par De la nature), un long poème passionné qui décrit le monde selon les principes d'Épicure. C’est essentiellement grâce à lui que nous connaissons l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité, l'épicurisme, car des ouvrages d’Épicure, qui fut beaucoup lu et célébré dans toute l’Antiquité tardive, il ne reste pratiquement rien, sauf trois lettres et quelques sentences. Il vit dans une époque troublée. De là, les pages sombres du De rerum natura sur la mort, le dégoût de la vie, la peste d’Athènes, de là aussi sa passion anti-religieuse qui s’en prend avec acharnement aux dieux, aux cultes et aux prêtres, passion que l’on ne retrouve pas dans les textes conservés d’Épicure, même si celui-ci critique la superstition et même la religion populaire. Contre les positions du monde clérical, il propose de se soustraire aux craintes induites par la sphère religieuse, à laquelle il oppose la dimension rationnelle. Ainsi, il explique de façon matérielle les objets et le vivant, qui prennent forme via des combinaisons d'atomes. Surtout, Lucrèce unit à la science épicurienne, souvent difficile, la douceur et la dimension visionnaire de la poésie.

Mésentérique : Relatif à une partie de l'abdomen.

OrphéonFondé par Wilhem en 1833, le mouvement des orphéons, appelés également Sociétés chorales ou Sociétés orphéoniques, était un mouvement festif et musical de masses. Il rassemblait, en France, puis aussi dans d'autres pays, des milliers de chorales masculines le plus souvent subventionnées par des entreprises ou des municipalités. Elles étaient constituées de chanteurs issus des classes moyennes ou populaires. Par la suite, des femmes purent également y participer. Quantité de grands concerts et défilés furent organisés. Ils pouvaient rassembler jusqu'à des milliers de choristes devant des dizaines de milliers d'auditeurs. Largement oublié en France, sauf au pays basque et dans le sud-ouest, ce mouvement est toujours très important en Catalogne.

Procope de Césarée :  Procope de Césarée (né vers 500, mort vers 565) est un rhéteur (avocat) et historien byzantin dont l’œuvre est consacrée au règne de l’empereur Justinien. Secrétaire du général Bélisaire, il accompagna celui-ci dans ses campagnes jusqu’en 540, année où il revint à Constantinople pour se consacrer définitivement à l’écriture. Si ses emprunts à Thucydide, Hérodote et Polybe peuvent agacer aujourd’hui, son style vivant et alerte fait de lui le principal historien du VIe siècle et probablement l’un des plus importants historiens de l’Antiquité tardive avec Ammien Marcellin.

Saint Roch : Saint Roch (né à Montpellier vers 1350, mort à Voghera, Italie, vers 1378/1379), est un pèlerin et thaumaturge français, honoré le 16 août. Il est le patron des pèlerins et de nombreuses confréries ou corporations : chirurgiens, dermatologues, apothicaires, paveurs de rues, fourreurs, pelletiers, fripiers, cardeurs, et aussi le protecteur des animaux (SPA, refuges pour animaux). Son culte, s'il est surtout développé en France et en Italie, est devenu très populaire et s'est répandu dans le monde entier. On l'invoque aussi contre les épidémies de peste, choléra, typhus, grippe espagnole... ; contre la silicose des tailleurs de pierre, des paveurs et des carriers (Roch = roc).

Thaumaturgie : La thaumaturgie est, dans le domaine religieux, le fait de faire un miracle, notamment un miracle de guérison. Les saints sont réputés thaumaturges, ainsi que, traditionnellement, les rois de France et les rois d'Angleterre, qui pouvaient guérir les écrouelles (scrofule) dès leur sacre.

Vin probe : Vin de bonne qualité.

Ariette : Court air musical.

Encenser : Secouer la tête de bas en haut (cheval).

Lentisque : L’Arbre au mastic, ou Pistachier lentisque est un arbuste poussant dans les garrigues et les maquis des climats méditerranéens. A feuillage persistant, il donne des fruits, d'abord rouges, puis noirs. On en extrait une résine, le mastic, qui a de nombreux usages, y compris médicinaux ; les fruits sont utilisés comme les autres pistaches ; on obtient également une huile.

Longanimité : Patience face à la douleur morale.

Saint-Just, Louis Antoine deLouis Antoine Léon de Saint-Just, né le 25 août 1767 à Decize (Nièvre) et mort guillotiné le 10 thermidor an II (28 juillet 1794) à Paris, est un homme politique français de la Révolution française. Plus jeune élu à la Convention nationale, Saint-Just était membre du groupe des Montagnards. Soutien indéfectible de Robespierre, il est emporté dans sa chute, le 9 thermidor. D'une éloquence remarquée, il se distingue par l'intransigeance de ses principes prônant l'égalité et la vertu, ainsi que par l'efficacité de ses missions au cours desquelles il redresse la situation de l'armée du Rhin et participe à la victoire des armées républicaines à Fleurus. Combattant politiquement les Girondins, les Hébertistes puis les Indulgents, il fait voter la confiscation des biens des ennemis de la République au profit des patriotes pauvres. Il est notamment l'inspirateur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793.

Discorde : sans harmonie (adjectif).

Embrocation : Application sur le corps d'un liquide huileux et calmant produisant de la chaleur. Huile, baume. 

Sainte OdileOdile de Hohenbourg, ou sainte Odile, née vers 6621,2 peut-être à Obernai (Bas-Rhin), morte vers 720 à Hohenbourg, est une dame de l'époque mérovingienne, fille du duc Etichon-Adalric d'Alsace, fondatrice et abbesse du monastère de Hohenbourg, sur l'actuel mont Sainte-Odile. Née aveugle, son père la fait placer immédiatement dans un monastère pour s'en débarrasser. Elle est baptisée par le moine irlandais Erhard ; au moment où l'huile sainte touche les yeux de l'enfant, celle-ci retrouve la vue. C'est à ce moment qu'elle reçoit le nom d'Odile, qui signifie « fille de la lumière ». Son père finira par se repentir et donnera à Odile son château de Hohenbourg, qu'elle transforme en monastère. Les bâtiments étant construits sur une montagne, beaucoup de fidèles, notamment les malades, ont du mal à y accéder. Aussi Odile fait-elle construire pour eux un second établissement appelé Niedermünster, c'est-à-dire le « monastère d'en bas ». Elle a été canonisée au XIe siècle et est considérée comme la sainte patronne de l'Alsace.