Pour mon premier Mauriac, c'est une déception.

INCIPIT

Pendant des années, Raymond Courrèges avait nourri l'espoir de retrouver sur sa route cette Maria Cross dont il souhaitait ardemment de tirer vengeance.

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LE DEBUT

Alors qu'il entre dans un club de Paris où il a ses habitudes, Raymond Courrèges aperçoit une femme qu'il a connue dix-sept ans auparavant durant son adolescence à Bordeaux. Il la rencontrait alors régulièrement dans le tramway et constatait qu'elle n'était pas indifférente à ses regards appuyés. Lorsqu'ils entament enfin la conversation, il comprend rapidement qu'elle n'est autre qu'une patiente de son père, médecin, dont il parle beaucoup, un peu trop même...

MON AVIS

Je n'ai pas vraiment aimé. Le style d'abord : des allers-retours parfois sans transition entre présent et passé ; l'intervention, parfois bizarre, de la conjugaison au présent dans un texte rédigé au passé (un truc qui m'exaspère). Sinon les phrases sont belles et fluides. Et puis le fond. Il n'y a pas vraiment d'histoire là-dedans : un fils, un père, amoureux d'une femme qui se refusent à eux ; le portrait d'une femme, pas vraiment sympathique, une "allumeuse" dirait-on aujourd'hui, qui séduit mais n'éprouve pas de désir et ne consomme pas. Les deux hommes semblent lui en faire un vif reproche. Comme s'il allait de soi qu'une femme doit se donner, et avec enthousiasme, s'il vous plaît ! Ce qui m'agace davantage dans le personnage de Maria, plus que sa froideur, c'est son vide, sa vacuité, sa bêtise en somme...

Désabusé, assez misogyne, le roman semble dire que l'amour est une illusion, un fiasco programmé. Mais j'ai plutôt eu l'impression d'avoir affaire à deux handicapés du sentiment, effectivement imperméables à l'amour. Le père se réfugie dans le "confort" du "bonheur conjugal", pas si mal après tout ; et le fils devient un serial séducteur. Et puis tous les deux en font des tonnes (= un roman), juste pour une rencontre, une femme qui ne s'est pas pliée à leur désir, une femme qu'ils ont à peine connue ! Peut-on qualifier de tels "non-événements" d'amour-passion ? Il faut passer à autre chose, il faut oublier. Quels rancuniers ! En fait aucun des trois personnages n'éveille votre intérêt ou votre compassion. Et moi j'ai besoin d'aimer ! 

Les histoires d'amour finissent mal en général, comme dit la chanson. Surtout pour ceux qui n'ouvrent pas leur coeur.

Et ce roman ne m'a rien apporté.

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Le Désert de l'amour est un roman de François Mauriac publié en 1925 aux éditions Grasset et ayant reçu l'année suivante le Grand prix du roman de l'Académie française.

Mauriac écrit ce roman du début de l'année 1924 à septembre 1924. Il est tout d'abord publié sous forme de feuilleton dans La Revue de Paris. Il reprend certains personnages aperçus dans Le Fleuve de feu et Le Baiser au lépreux et en développe l'histoire et les personnalités.

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MES EXTRAITS FAVORIS

Mais que ce fût la main de sa mère ou celle de sa femme sur son front, le docteur retrouvait cette sécurité de quand il était un enfant malade ; il se réjouissait de ce qu'il ne mourrait pas seul ; il pensait que la mort devait être ce qu'il y a de plus simple au monde dans la chambre d'un acajou familier où notre mère, notre femme se forcent à sourire ; et le goût du dernier moment est masqué par elles comme celui de tout autre remède amer. Oui, s'en aller tout enveloppé de ce mensonge, savoir être dupe...