Le bovarysme ou bovarisme est un état ou sentiment d'insatisfaction, caractéristique du personnage d'Emma Bovary, héroïne du roman de Flaubert, Madame BovaryIl est introduit par Jules de Gaultier en 1892 dans son premier essai, Le Bovarysme, la psychologie dans l’œuvre de Flaubert.

Le terme « bovaryser » fait son entrée dans le dictionnaire Le Grand Robert 2014, où il est défini comme le fait de « rêver à un autre destin, plus satisfaisant ».

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Flaubert présente dans son roman une jeune femme qui a beaucoup lu durant sa jeunesse, en particulier des ouvrages romantiques. Or, sa vie conjugale, loin de se conformer à ses rêves, ne lui apporte que frustrations et désillusions, son mari Charles Bovary étant juste un homme d'une honnête moyenne. Ses rencontres avec Rodolphe Boulanger, gentilhomme de campagne, et Léon Dupuis, stéréotype du jeune homme romantique, avec lesquels elle aura une aventure, se terminent aussi par des échecs. Ils ne sont en effet qu'une vague copie des personnages de roman qu'elle aimerait rencontrer. Rodolphe est le substitut pédant et lâche d'un aristocrate ; quant à Léon, s'il a aimé Emma Bovary au début à la façon craintive et respectueuse des romantiques, la fin révèle que leur liaison n'est pas fondée sur la passion. Léon ne peut en plus pas être l'homme parfait des romans d'Emma car il est trop jeune pour être un homme. Finalement, la déception d'Emma par rapport à sa vie se solde par son suicide.

Le bovarysme est un état d’insatisfaction, sur les plans affectifs et sociaux, qui se rencontre en particulier chez certaines jeunes personnes névrosées, et qui se traduit par des ambitions vaines et démesurées, une fuite dans l’imaginaire et le romanesque. « Affection dont est atteinte l'héroïne du roman de Flaubert, Emma Bovary, et qui consiste à construire sa vision du monde à partir de la lecture de romans. L'invalidité des univers romanesques à servir de modèles au monde réel entraîne une série de désillusions. Par extension, le terme désigne une pathologie de la lecture. » (Christine Montalbetti, La fiction)

Selon Flaubert, le bovarysme est « la rencontre des idéaux romantiques face à la petitesse des choses de la réalité » qualifié par le même auteur du terme de « mélancolie ».

De façon plus générale, le bovarysme peut être vu comme le pouvoir départi à l’homme de se concevoir autre qu’il n’est. En ce sens, l'héroïne de Flaubert est proche du héros de Cervantès, Don Quichotte. Dans les deux cas, le roman traduit la désillusion, le désabusement du lecteur dans son rapport à la fiction. »

Honoré de Balzac avait déjà décrit cet état dans La Femme de trente ans, dont Flaubert s'est inspiré. Selon Pierre Barbéris, c'est Balzac qui a inventé le bovarysme...

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Flaubert est aussi influencé par le Don Quichotte de Cervantès, qu'il a beaucoup lu et dont il reprend le thème d'un lecteur qui consume ses nuits à lire des livres extravagants. Dans Madame Bovary, Madame Bovary mère s'écrie contre sa bru, dans un moment de colère : « Ah ! Elle s'occupe ! À quoi donc ? À lire des romans, de mauvais livres ». Dès lors, l'acte d'accusation est lancé. Le bovarysme, déjà apparu dans La Femme de trente ans de Balzac, apparaît alors ici clairement comme né du romantisme et de son écrasement face à une réalité très éloignée de fantasmes et d'idéaux féminins. Flaubert fait ainsi de Madame Bovary un regard sur la littérature romantique, qui s'est développée au XIXe siècle.

Dans son livre Comme un roman, Daniel Pennac promulgue le bovarysme, qu'il qualifie de « maladie textuellement transmissible », comme l'un des droits imprescriptibles du lecteur.

Le thème a été repris à la télévision avec Desperate Housewives, au cinéma César et Rosalie de Claude Sautet, La Rose pourpre du Caire de Woody Allen, et aussi dans Gemma Bovery, roman graphique de Posy Simmonds dont Anne Fontaine a tiré le film éponyme. Entre autres.

D'après Wikipédia