Remarquable. A tout point de vue. Sur le fond et sur la forme. Mais faut s'accrocher !

INCIPIT

Pour renaître, chantait Gibreel Farishta, en tombant des cieux, il faut d'abord mourir.

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RESUME

Deux Indiens, un acteur, Gibreel, et un doubleur voix, Saladin, tombent d'un avion qui explose après un attentat. Ils ne meurent pas, ils vont vivre une autre vie, différente. Ainsi lorsqu'ils arrivent, en douceur, sur une plage anglaise, Gibreel se découvre doté d'une auréole, et Saladin... de cornes. Le roman est fait de leurs rêves, de leurs hallucinations, de digressions poétiques, et ironiques, sur l'histoire de l'islam, des autres religions, et sur la société actuelle.

MON AVIS

Magnifique écriture ! Quelle richesse ! Les phrases sont longues (pas toutes ; ce qui allège le discours) et pleines de métaphores et de noms illustres... Au début, l'impression n'est pas forcément agréable. On a l'impression qu'on ne comprend rien. La part de fantastique et la langue luxuriante en décourageront plus d'un. Plein de gens m'ont dit "Oh, Les versets sataniques ? Je n'ai jamais réussi à le lire !". On est d'accord, il faut se forcer un peu, ne pas hésiter à revenir sur un paragraphe où l'on n'a rien compris. On passe d'un rêve éveillé à un flash-back puis à un récit fabuleux, il faut vraiment bien suivre chacun de ces récits entremêlés : Gibreel et Saladin qui se font une nouvelle vie en Angleterre ; l'histoire de l'islam avec la polémique sur les fameux versets ; le village en Inde qui suit une jeune prophétesse pour aller à La Mecque ; la pampa en Amérique du Sud... Tout cela donne naissance à une multitude personnages et on a du mal à les retenir ; on se pose sans cesse la question "C'est qui celui-là déjà ?". D'autant qu'il faut aussi avoir une connaissance minimum de l'islam et de l'hindouisme, sinon ce sera encore plus ardu ! On peut lâcher l'affaire... mais si on s'attarde, qu'on revient sans complexe en arrière pour relire un passage quand on se sent perdu, on entre peu à peu dans cet univers magique et très érudit.

C'est un livre qu'il faudrait lire au moins deux fois, peut-être même en prenant des notes pour placer les personnages dans leur contexte et pour la chronologie... et là, j'avoue que ça m'agace un peu. Ces livres "difficiles" gâchent le plaisir de la lecture qui, selon moi, doit rester relativement simple pour vous emmener rapidement ailleurs. C'est pour cette raison que malgré la beauté du texte et l'imagination fascinante de l'auteur, je n'ai mis que deux étoiles.

Voyez la tonne de vocabulaire que j'ai dû éclaircir ! Je ne suis pas obligée, vous me direz. Mais ça fait partie de mon "challenge". La littérature, c'est aussi le choix des mots, et si on ne les connaît pas, on finit forcément par perdre l'essence de l'oeuvre. C'est surtout du vocabulaire indien ou arabe ; il y a des mots que je n'ai même pas trouvés dans les dicos... et certains noms propres que j'ai laissé tomber car j'en avais parfois un peu marre.

Lecture mitigée, donc. Mais qui donne cependant envie de découvrir d'autres textes de Rushdie, et peut-être, un jour, revenir sur ces Versets sataniques. 

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Les Versets sataniques (titre original : The Satanic Verses) est le quatrième roman de Salman Rushdie, publié en 1988, pour lequel il reçoit la même année le prix Whitbread. Le 14 février 1989, l'ayatollah Khomeini publie une fatwa de mort contre lui en mettant en cause son œuvre et force l'auteur à entrer dans la clandestinité.

Le roman, d'environ 500 pages, est une œuvre complexe s'inspirant de faits réels (l'attentat contre un avion d'Air India en 1985, les émeutes de Brixton en 1981 et 1985, la ferveur populaire autour de l'acteur indien Amitabh Bachchan à la suite d'un accident de tournage en 1982, la noyade tragique en 1983 de plusieurs adeptes chiites d'un illuminé qui les avait convaincus que la mer allait s'ouvrir devant eux, la révolution iranienne de 1979), de références biographiques portant sur l'auteur lui-même ou son entourage, ainsi que de faits historiques inspirés de la vie du prophète Mahomet, légendaires (tel l'épisode dit des versets sataniques, expliqué plus bas, et qui donne son titre au livre) ou imaginaires. Il repose sur un thème central qu'on retrouve dans d'autres ouvrages de l'auteur : le déracinement de l'immigré, déchiré entre sa culture d'origine dont il s'éloigne et la culture de son pays d'accueil qu'il souhaite ardemment acquérir, et la difficulté de cette métamorphose. Le roman établit des ponts entre Inde et Grande-Bretagne, passé et présent, imaginaire et réalité, et aborde de nombreux autres thèmes, la foi, la tentation, le fanatisme religieux, le racisme, les brutalités policières, les provocations politiques, la maladie, la mort, la vengeance, le pardon…

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Il est constitué de neuf chapitres. Les chapitres impairs décrivent les pérégrinations des deux personnages principaux, Gibreel Farishta et Saladin Chamcha. Les chapitres pairs sont les narrations des rêves et cauchemars de Gibreel Farishta. Ce dernier, un acteur renommé du cinéma indien, perd la foi à la suite d'une maladie et s'enfuit en Angleterre à la recherche d'une jeune femme qu'il a connue peu de temps auparavant. Saladin Chamcha est également d'origine indienne, mais est doté d'un passeport britannique, et dans toute son âme se veut britannique. Sa couleur de peau le fait se heurter aux préjugés et il gagne sa vie par le talent qu'il a de contrefaire sa voix. Se retrouvant tous deux dans un vol à destination de Londres, ils sont les seuls survivants d'un attentat terroriste. Arrivant indemnes sur une plage, ils sont confrontés à la police qui les soupçonne d'être des immigrés clandestins, mais seul Saladin Chamcha, pourtant le plus « britannique » des deux, considéré comme le plus suspect, est arrêté sans ménagement, sans que Gibreel Farishta esquisse le moindre geste de solidarité. Les deux hommes, désormais séparés, et se vouant réciproquement une animosité certaine, vont évoluer chacun de leur côté au cours du roman, avant de se confronter l'un à l'autre.

Gibreel Farishta, objet d'hallucinations, fait plusieurs rêves. Ceux-ci font référence aux débuts des prédications d'un prophète monothéiste, Mahound, dans la ville de Jahiliya et les pressions auxquelles il est soumis, à un imam exilé d'un pays où il revient à la suite d'une révolution pour y dévorer son peuple (allusion à l'ayatollah Khomeini qui explique l'acharnement que l'Iran portera contre l'auteur), à une jeune fille qui convainc son village de se rendre à la Mecque en traversant à pied sec la mer d'Arabie. Ce sont certains passages de ces chapitres qui susciteront la colère d'une partie du monde musulman.

Le titre du roman fait référence à un épisode hypothétique de la vie de Mahomet, connu sous le nom de prédication des Versets sataniques. Au moment où Mahomet tenta d'établir le monothéisme à La Mecque, il se trouva en butte à l'hostilité des notables polythéistes de la ville. Selon cet épisode, raconté de manière fictive dans le chapitre II du roman, intitulé « Mahound », le prophète aurait d'abord énoncé des versets autorisant d'autres divinités que le seul Dieu et recommandé qu'on leur rendît un culte, avant de se rétracter.

Cité par de nombreuses sources de la tradition musulmane, cet épisode, perçu comme une concession au polythéisme et une remise en question de l'unicité divine et de la fiabilité de Mahomet, est fortement critiqué par certains courants de l'Islam qui ne reconnaissent pas son authenticité.

Les plus rigoristes des musulmans considèrent le livre comme blasphématoire du point de vue de l'islam, et ce de plusieurs façons :

  • en l'analysant comme une moquerie envers le Coran, et en l'accusant de présenter le Coran comme satanique en s'appuyant sur une tradition rapportée par al-Tabari, un commentateur du Xe siècle sur les trois déesses (versets 19-22).
  • en estimant que le portrait que fait le roman du monde musulman primitif et de Mahomet est parodique.

En outre, en publiant ce livre, l'auteur d'origine indienne et de parents musulmans se voit accusé :

  • d'athéisme en raison de son interview au journal India Weekly : « Je ne crois en aucune entité surnaturelle, qu'elle soit chrétienne, juive, musulmane ou hindoue. »
  • d'apostasie car né musulman, il ne refuserait pas un islam qu'il ne connaîtrait pas, mais rejetterait l'islam tel qu'il lui aurait été enseigné.
  • de conspiration contre l'islam, en diffusant, avec la complicité de non-musulmans, des textes contre l'islam, hostiles à la « Vraie Religion ».

Les partisans les plus radicaux d'une interprétation de la charia au sens le plus archaïque considèrent que ces faits sont des crimes punissables de mort.

Salman Rushdie s'est toujours défendu d'avoir écrit un livre blasphématoire, considérant que ses accusateurs n'avaient pas compris le sens du roman, ou n'avaient même pas pris la peine de lire le livre.  

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Mi-septembre 1988, quelques jours avant la sortie officielle du livre, le magazine de langue anglaise India Weekly publie quelques « bonnes feuilles » du roman accompagnées d'une interview de l'auteur. Un député musulman du Parlement de Delhi, Sayed Shahbuddin, intervient alors auprès du ministère des Finances indien, responsable en matière d'importation et de législation douanière, et obtient en quelques jours l'interdiction de l'ouvrage en Inde car « susceptible de provoquer des heurts entre communautés religieuses ».

Alors que des lectures publiques de certains passages du roman avaient lieu en début octobre 1988 à Londres sur Broad Street sans aucune réaction, la nouvelle de cette interdiction d'importation en Inde attire l'attention des groupements islamistes et des pays islamiques, tels l'Iran et le Pakistan, sur cette œuvre, vite considérée comme une « machine de guerre littéraire contre l'Islam ». Une première menace de mort est adressée aux bureaux de l'éditeur du livre Penguin le 9 octobre 1988. Une lecture publique à Cambridge est annulée. L'Afrique du Sud, alors sous apartheid, mais possédant une forte communauté d'origine indienne et musulmane, interdit également le livre, alors que Salman Rushdie avait été invité à participer à un congrès anti-apartheid. En Égypte, l'Université al-Azhar dénonce le livre et appelle les musulmans britanniques à intenter des actions en justice.

Les campagnes de réactions publiques contre Salman Rushdie prennent de l'ampleur en Grande-Bretagne en décembre 1988. Le 2 décembre, à Bolton, une banlieue de Manchester, près de 7 000 manifestants réclament l'interdiction de ce livre « pervers » et « blasphématoire envers l'Islam et envers la personne du Prophète » et brûlent un exemplaire du livre. Le 28 décembre 1988, une alerte à la bombe est adressée à l'éditeur. Le 14 janvier 1989 à Bradford, dans une ville industrielle du nord de l'Angleterre – où vivent plus de quarante mille musulmans – a lieu une nouvelle manifestation et un nouvel autodafé devant la presse. Le lendemain, la plus grande chaîne de librairie de Grande-Bretagne, W. H. Smith, retire le livre de ses 430 magasins. Deux semaines plus tard, près de dix mille personnes manifestent à Londres contre le groupe Viking-Penguin, éditeur du livre. Les réactions des milieux politiques ou intellectuels britanniques à ces manifestations sont partagées. Face à la défense de la liberté d'expression, se pose la question d'une éventuelle extension à toutes les religions du délit de blasphème, alors limité à l'Église anglicane, position défendue par Jack Straw ou John le Carré. À l'inverse, des personnalités telles que Robin Cook ou Graham Greene apportent rapidement leur soutien à Salman Rushdie.

Le 12 février 1989, à Islamabad, capitale du Pakistan, une foule en colère d'une dizaine de milliers de personnes tente de prendre d'assaut et d'incendier le Centre culturel américain, pour faire pression sur le groupe Viking-Penguin dont la filiale américaine s'apprête à publier le livre sur le territoire américain le 22 février. Lors de cette attaque, cinq personnes sont tuées et une centaine d'autres sont blessées. Un des gardiens du centre culturel est lynché. Dans les jours qui suivent, d'autres émeutes ont lieu dans plusieurs villes pakistanaises et au Cachemire, province indienne à majorité musulmane, mais aussi à Djakarta et à Karachi, aux cris de « Dieu est grand » et de « À mort Rushdie ».

Le 14 février, à Téhéran, l'ayatollah Rouhollah Khomeini, guide spirituel de la Révolution islamique et du monde chiite iranien publie une fatwa (décret religieux musulman) lançant un appel à tous les musulmans d'exécuter l'écrivain britannique, d'origine indienne, Salman Rushdie, pour des « propos blasphématoires » envers l'Islam contenus dans le livre des Versets sataniques, ainsi que ses éditeurs et toute personne ayant connaissance du livre. Selon la Constitution iranienne, le décret est immédiatement exécutoire et le gouvernement annonce une récompense de 200 millions de rials (21 500 dollars USD) pour tout Iranien exécutant la sentence de mort – 70 millions de rials (7 500 dollars) pour un musulman d'une autre nationalité. Le ministre de l'Intérieur, Ali Akbar Mohtashemi, et le commandant en chef des gardiens de la Révolution, Mohsen Rezaï, donnent l'ordre aux groupes islamistes qu'ils contrôlent de rechercher et de « liquider Rushdie ». L'Ambassadeur de l'Iran auprès du Vatican déclare lui aussi être prêt « à tuer Rushdie de ses propres mains ». Le jour même, la Grande-Bretagne, prenant très au sérieux les menaces iraniennes, met Salman Rushdie sous protection policière. Il le restera pendant dix ans, vivant sous une fausse identité. Peu de temps après, l'Iran rompt ses relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne.

C'est cette fatwa publiée cinq mois avant sa mort qui va assurer désormais pour la postérité à l'ayatollah Khomeini une image de serviteur intransigeant de l'Islam, chez les chiites mais aussi chez les sunnites. Dorénavant, dans toutes les écoles religieuses musulmanes, Salman Rushdie est dépeint comme coupable de blasphème et certains courants durs considèrent que la mission de le châtier, par n'importe quel moyen et n'importe où, est juste. Le 17 février 1989, le président iranien, Ali Khamenei avait indiqué que « le peuple islamique accorderait son pardon si l'auteur revenait sur ses erreurs ». Salman Rushdie répondit « qu'il regrettait le choc moral qu'il avait fait subir aux adeptes sincères de l'islam ». Cependant, sous la pression, le 19 février, Ali Khamenei fit un rappel de la loi : « Même si Salman Rushdie se repent au point de devenir l'homme le plus pieux de notre temps, l'obligation subsiste, pour chaque musulman, de l'envoyer en enfer, à n'importe quel prix, et même en faisant le sacrifice de sa vie. »

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Isabelle Adjani - Césars 1989

Les éditeurs du livre, également menacés par la fatwa, ont des attitudes diverses. L'éditeur allemand rompt son contrat avec Rushdie. L'éditeur français Christian Bourgois repousse plusieurs fois la date de publication. L'éditeur italien publie le livre quelques jours après la fatwa. Le 22 février 1989, le livre parait aux États-Unis, soutenu par l'Association des éditeurs américains, l'Association des libraires américains, et l'Association des bibliothécaires américains. Une librairie de Berkeley est victime d'un attentat à la bombe. Salman Rushdie reçoit le soutien de personnalités comme Susan Sontag ou Carlos Fuentes. Des pétitions de soutien sont lancées, signées par des milliers d'écrivains. Mais Rushdie reçoit également des critiques de la part de membres du gouvernement Thatcher, tel le secrétaire d'État aux Affaires étrangères Geoffrey Howe, l'archevêque de Cantorbéry Robert Runcie ou le sociologue Paul Gilroy. À l'opposé, le 12 mars 1989, Jacques Gaillot, alors évêque catholique d'Évreux, déclare au Club de la presse, au sujet de l'affaire des Versets sataniques mais aussi au sujet du film La Dernière tentation du Christ : « Il y a un droit au blasphème. Le sacré, c'est l'Homme ». Lors de la réception de son César de la meilleure actrice en 1989, Isabelle Adjani fait sensation en lisant un extrait des Versets sataniques.

Le 16 mars 1989, l'Organisation de la conférence islamique, réunissant les ministres des Affaires étrangères des quarante-quatre pays membres, condamnent à leur tour les « Versets sataniques », mais se bornent à exiger l'interdiction du livre, à recommander l'adoption « de législation nécessaire à la protection des idées religieuses d'autrui » et à affirmer que l'auteur « est considéré comme hérétique ». Cette position qui semble plus modérée, reconnaît de fait que la loi de l'Islam ne peut s'appliquer dans les États non-musulmans et marque leur désaccord sur le fait que Salman Rushdie soit passible d'une sentence de mort. De nouvelles manifestations ont lieu à Bombay (10 morts), à Karachi, à Londres, à Paris, à New York, où l'on brûle des effigies de Rushdie. L'immense majorité des imams vivant dans les pays occidentaux prennent parti contre Rushdie, la plupart approuvent, plus ou moins, la fatwa de l'ayatollah Khomeini que certains soutiennent sans réserve. Rares sont ceux qui plaident pour une certaine tolérance, voire le respect des principes de la laïcité ; parmi eux l'imam Abdullah al-Ahdal, recteur du Centre islamique de Bruxelles, qui a eu une attitude particulièrement modérée au sujet de Salman Rushdie, est assassiné le 29 mars 1989 en compagnie de son bibliothécaire, Salem el Bahri. Des comités s'organisent pour mener une campagne internationale de soutien à Salman Rushdie, même si le monde littéraire cède parfois aux pressions. L'Académie des beaux-arts de Berlin-Ouest refuse qu'un rassemblement de soutien se tienne dans ses locaux, malgré les protestations de Günter Grass et de Günther Anders, qui démissionnent tous deux de cette académie. De même, Kerstin Ekman et Lars Gyllensten quittent l'Académie suédoise en raison de son refus de dénoncer la fatwa. Des librairies subissent des attaques à la bombe à Londres et Sydney. Salman Rushdie a beaucoup de difficulté à faire publier son livre en édition de poche, comme il est pourtant d'usage dans l'édition d'une œuvre littéraire. Le 15 décembre 1989, quatre Iraniens sont arrêtés à Manchester, soupçonnés de préparer des attentats.

En 1990 sort un film pakistanais, International Guerillas, dont le scénario met en scène Salman Rushdie comme chef d'une organisation criminelle internationale, attachée à la destruction de l'islam dans le monde. Le roman est finalement interdit dans tous les États musulmans et dans certains États à majorité musulmane de l'Inde, mais aussi au Kenya, en Thaïlande, en Tanzanie. Le traducteur japonais, Hitoshi Igarashi, est assassiné en juillet 1991, alors que le traducteur italien, Ettore Capriolo, subit une attaque comparable mais survit. L'éditeur norvégien, William Nygaard, survit lui aussi à une tentative de meurtre à Oslo en octobre 1991. Le 2 juillet 1993, des islamistes radicaux incendient un hôtel, à Sivas en Turquie, où séjournent des membres d'un festival culturel, parmi lesquels Aziz Nesin, traducteur des Versets sataniques. Ce dernier survit à l'attaque, alors que trente-sept personnes périssent dans l'incendie.

Dans les années qui suivent, les menaces se font de plus en plus rares. En 1999, à l'issue de négociations entre l'Iran et la Grande-Bretagne, l'État iranien annonce qu'il renonce à appliquer la fatwa. Les mesures de sécurité entourant Salman Rushdie sont peu à peu levées. Ce dernier peut désormais vivre librement aux États-Unis.

En juin 2007, la reine Élisabeth II décerne le titre de chevalier à Salman Rushdie. Cette distinction provoque la colère du Pakistan. Une résolution est votée par le parlement pakistanais exigeant le retrait de ce titre. Le ministre des affaires étrangères, Ijaz Ul-Haq, estime que cette décoration pourrait justifier des attentats-suicides. Ces protestations officielles sont accompagnées de manifestations au Pakistan où des effigies de la reine et de Salman Rushdie sont brûlées. L'Iran condamne également cette distinction, et des voix politiques et religieuses rappellent que la fatwa contre l'écrivain est toujours en vigueur. D'autres réactions ont lieu en Égypte, en Malaisie, en Afghanistan et en Inde.

En septembre 2012, la fondation religieuse iranienne du 15 Khordad, proche du pouvoir, augmente la prime pour l'assassinat de Salman Rushdie de 500 000 dollars après les troubles suscités dans le monde musulman à la suite de la diffusion du film L'innocence des musulmans. Elle se monte désormais à 3,3 millions de dollars. L'ayatollah Hassan Sanei déclare : « Tant que l'ordre historique de Khomeiny de tuer l'apostat Salman Rushdie (…) n'aura pas été exécuté, les attaques (contre l'islam) comme celle de ce film offensant le prophète se poursuivront ».

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Le 30 mars 2008 a eu lieu au théâtre Hans Otto à Potsdam en Allemagne la première mondiale sur scène des Versets sataniques. La mise en scène est de Uwe Laufenberg et la pièce dure près de quatre heures. En 2012, Salman Rushdie relatera les événements qui ont bouleversé sa vie dans une autobiographie, Joseph Anton.

Islam

L'islam (arabe : Alʾislām, la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu) est une religion abrahamique s'appuyant sur le dogme du monothéisme absolu et prenant sa source dans le Coran, considéré comme le réceptacle de la parole de Dieu (Allah) révélée à Mahomet, proclamé par les adhérents de l'islam comme étant le dernier prophète de Dieu, au VIIe siècle en Arabie. Un adepte de l'islam est appelé un musulman ; il a des devoirs cultuels, souvent appelés les « piliers de l'islam ».

En 2015, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,8 milliard, soit 24 % de la population mondiale, ce qui fait de l'islam la deuxième religion du monde après le christianisme et devant l'hindouisme. C’est, chronologiquement parlant, le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques, après le judaïsme et le christianisme, avec lesquels il possède des éléments communs.

L’islam se répartit en différents courants, dont les principaux sont le sunnisme, qui représente 90 % des musulmans, le chiisme et le kharidjisme.

Les musulmans croient que Dieu est indivisible et inimaginable (donc non représentable) et que l'islam est la religion naturelle au sens où elle n'a pas besoin de la foi en l'unicité divine pour constater l'existence de Dieu, cette vérité étant donnée tout entière dès le premier jour et dès le premier Homme (soit Adam). Ainsi, elle se présente comme un retour sur les pas d'Abraham (appelé, en arabe, Ibrahim par les musulmans) du point de vue de la croyance, et de la soumission exclusive à la volonté d'Allah.

Le Coran reconnaît l'origine divine de l'ensemble des livres sacrés du judaïsme et du christianisme, tout en estimant qu'ils seraient, dans leurs interprétations actuelles, le résultat d'une falsification partielle : le Suhuf-i-Ibrahim (les Feuillets d'Abraham), la Tawrat (le Livre de Moïse identifié à la Torah), le Zabur de David et Salomon (identifié au Livre des Psaumes) et l'Injil (l'Évangile de Jésus).

Le Coran établit l'importance de la Sunna de Mahomet qui est connue par des transmissions de ses paroles, faits et gestes, approbations (y compris silencieuses) récits appelés hadîths, auxquels se réfèrent la majorité des musulmans pour l'établissement de règles juridiques (fiqh) permettant la compréhension et l'accomplissement des adorations du musulman au quotidien. Les différentes branches de l'islam ne s'accordent pas sur les compilations de hadiths à retenir comme authentiques. Le Coran et les hadiths dits « recevables » sont deux des quatre sources de la loi islamique, la charia, les deux autres étant le consensus (ijma’) et l'analogie (qiyas). Il établit également le devoir d'aimer la famille de Mahomet (ahl al-bayt).

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La Kaaba à La Mecque

Mahomet

Mahomet, de son nom complet Abū al-Qāsim Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, est un chef religieux, politique et militaire arabe issu de la tribu de Quraych. Fondateur de l'islam, il en est considéré comme le prophète majeur. Selon la tradition islamique, il serait né à La Mecque vers 570 et mort à Médine en 632.

Les musulmans le considèrent comme le dernier des prophètes du monothéisme, au sens où il termine et scelle le cycle de la révélation monothéique abrahamique. Ses biographies religieuses rapportent qu'il enseignait à ses premiers compagnons (sahabas) les versets du Coran, qu'il présentait comme la parole même de Dieu (Allah), transmise à lui par l'archange Gabriel. Le Coran aurait été compilé après la mort de Mahomet, à partir de transcriptions sur des supports divers, par ses disciples. Par ailleurs, ses actions et ses paroles forment la sunna, qui est la seconde source à la base du droit musulman.

La fondation de l'islam et l'importance de la culture islamique ont influencé différentes cultures et civilisations au cours de l'histoire, faisant de Mahomet une figure de premier plan de l'histoire. Néanmoins, son historicité fait débat. En raison de la rareté des sources historiques et du biais religieux des sources traditionnelles, il est très difficile d'écrire une biographie historique du personnage devenu au fil du temps un chef religieux.

Biographie de Mahomet selon les sources musulmanes

Mahomet, selon la tradition musulmane, est né à fin du VIe siècle à La Mecque, cité caravanière vivant du commerce de marchandises transitant de l'Inde vers l'Occident via Aden puis la Syrie, en traversant le désert de la péninsule Arabique. La tradition musulmane - à l'instar de Tabari - retient pour date de naissance de Mahomet 570.

Il est issu du mariage de bdullâh ibn Abd al-Muttalib et d'Amina bint Wahb. Abdullah est le fils d'Abd Al-Muttalib, lui-même fils de Hâchim, prince des Quraychites, gouverneur de La Mecque et intendant de la Ka`ba. La tribu de Quraych est une ancienne tribu arabe et descend de Ghâlib, fils de Fihr, surnommé Quraych, guerrier puissant et redouté. Amina est la fille de Whab ibn Abd Al-Manaf, chef du clan médinois des Banu Zuhrah. La famille de Mahomet est hachémite par référence à son arrière-grand-père Hâchim ibn Abd Manaf. Son clan a cependant perdu de sa splendeur et c'est la tribu des Banu Umayyah (« le clan d’Umayyah ibn Abd Šams », grand-oncle de Mahomet) qui contrôle La Mecque. Les Quraychites se réclament de la descendance d'Ismaël, fils d'Abraham, et ont la garde de la Ka'ba, sanctuaire qu'auraient reconstruit Abraham et son fils Ismaël, selon la tradition musulmane, et désigné par le père des trois monothéismes comme un lieu de pèlerinage.

La mort de son père Abdullâh survient avant la naissance de Mahomet à Yathrib (qui prendra plus tard le nom de Médine), en tombant gravement malade, alors qu'il revient du Cham et veut rendre visite à ses parents avant de retourner à La Mecque. D'après l'historien médiéval Tabari, c'est le grand-père de Mahomet, Abd Al-Muttalib, qui lui donne ce nom, qui est totalement inconnu à l'époque, après que la mère du Prophète lui a raconté un songe. Amina accouche à La Mecque dans la maison de son oncle paternel Abû Tâlib, du clan des Banû Hâchim et frère d'Abullah.  

L'année de naissance de Mahomet est appelée traditionnellement « l'année de l’éléphant », en référence aux évènements qui s'y seraient déroulés. Le général chrétien éthiopien et vice-roi du Yémen, Abraha, aurait attaqué en vain La Mecque avec une troupe d’éléphants pour démolir le sanctuaire vénéré par les Arabes (la Ka'ba). Le Coran rapporte ce récit et il est dit que l'attaque fut repoussée par la riposte miraculeuse d'oiseaux jetant des pierres brûlantes. La tradition musulmane dit que des témoins oculaires de cette attaque étaient encore en vie lors de la révélation de cette sourate. D'après Ikrima ibn abî Jahl, un des compagnons de Mahomet, les oiseaux avaient la tête comme celles des oiseaux voraces, et personne n'aurait plus jamais observé d'oiseaux de cette espèce dans la région, ni avant ni après l'évènement. Toujours d'après le récit d'Ikrima, les chroniqueurs rapportent que ces oiseaux n'auraient occasionné aux soldats que des blessures superficielles mais auraient été achevés par la vérole.

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Mosquée à Bombay

Se trouvant dans une situation précaire, sa mère Amina le confie à une nourrice, d'abord à Thuwaybah, servante d'Abu Lahab, un autre de ses oncles, puis à Halimah bint Abi Dhuayb as-Sa`diyyah (de la tribu des Sa`dites, Banû Sa`d), et dont le mari est Harith, fils d'Abd al-Ouzza, fils de Rifa. Tous deux font partie du clan des Banu Sa`d et sont pauvres. À cette époque, la coutume des familles nobles de Quraych veut que les enfants soient élevés à la campagne. Celle-ci emporte le nourrisson dans le désert où son mari vit avec la tribu des Sa`dites à l'écart du reste de la population. La vie dans le désert, au milieu des Bédouins réputés pour la pureté de leur langue, est censée prodiguer aux enfants santé et force d'expression.

La tradition islamique raconte qu'alors que Mahomet et l'un de ses frères de lait ont la garde de quelques bêtes à proximité des habitations, Halîma et son mari Abû Kabchah (surnom donné à son mari) sont alertés par leur fils de lait qu'il aurait vu deux hommes vêtus de blanc coucher Mahomet sur le sol et lui ouvrir la poitrine. Accourant sur les lieux, Halîma et son mari trouvent Mahomet debout mais tout pâle. Il leur aurait donné la même version que celle du fils de lait. Les deux hommes vêtus de blanc seraient deux anges, envoyés pour purifier le cœur de l'enfant, destiné à être prophète de l'islam, et pour apposer le sceau de la prophétie entre ses épaules. 

Craignant pour la santé de l'enfant, Halîma s'empresse de rendre l'enfant à sa mère Amina mais celle-ci meurt trois ans plus tard. Mahomet n'a alors que six ans. Son grand-père paternel Abd Al-Muttalib le prend alors dans sa maison. Deux ans après, sur son lit de mort, Abd al-Muttalib charge Abû Tâlib, l'aîné de ses enfants, de prendre soin de Mahomet. Il l'élève comme ses propres enfants.

Alors que Mahomet a douze ans, Abu Talib décide de tenter sa chance dans le commerce caravanier avec la Syrie, son neveu insiste pour l'accompagner. La tradition veut que, lors d'un voyage, un moine reconnaisse sur lui le signe de la vocation prophétique.

À La Mecque, d'après les deux biographies (Sîra Ibn Hichâm et Sîra Ibn Kathir), Mahomet se distingue des gens de son âge. Il est fort, judicieux dans ses propos, énergique dans ses expressions, fidèle à ses amis et plus encore à ses promesses. Il évite avec un soin extrême tout ce qui peut faire soupçonner en lui quelque goût pour le vice.

Vers 590, les Quraychites ayant déclaré la guerre aux Tribus de Kénan et de Hawazan, ils marchent contre elles commandés par Abu Talib. Mahomet, âgé de vingt ans (ou de quatorze ans...) se distingue par son intrépidité. Les deux Tribus sont battues et dispersées.

Quelque temps plus tard, les fondations de la Kaaba sont gravement touchées par des pluies torrentielles. Menaçant de s'effondrer, le sanctuaire doit être démoli et reconstruit par les Quraychites. Quand il s'agit d'y reloger la Pierre noire, une météorite vénérée par les Arabes depuis le temps d'Abraham, les tribus ne s'accordent pas sur le choix de celui qui aura l'honneur de replacer la pierre sacrée. Elles conviennent qu'il reviendra au premier qui se présentera le lendemain à la porte du temple. C'est Mahomet. Pour ménager les susceptibilités, il enlève sa cape et y place la pierre, qu'il fait élever ensuite par deux Arabes de chaque tribu, puis la prenant alors, il la place lui-même, sous le regard approbateur de tous les habitants de La Mecque, enchantés de la noblesse de cette action. 

Il entre au service d'une riche veuve du nom de Khadîja qui lui confie ses affaires et qui l'épouse bientôt. De cette union, il a plusieurs enfants dont seules survivent quatre filles, Zeynab, Umm Kulthûm, Fâtima et Ruqayya. Les années suivantes de sa vie sont peu documentées et l'on ignore précisément les influences extérieures qui ont pu s'exercer sur lui durant cette période.

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Mahomet effectue de nombreuses retraites spirituelles, à l'instar de ce que font les hunafâ, des ascètes de tendance monothéiste qui annoncent la fin des temps. La tradition musulmane affirme que c'est en 610 que, pour la première fois, l'archange Gabriel (Jibril) lui apparaît dans la grotte de Hira où il a coutume de se recueillir et lui transmet la révélation, la parole de Dieu. Mahomet, qui a alors 40 ans, commence à transcrire les versets qu'il déclare révélés par Allah et dictés en arabe par Gabriel ; cette dictée a duré vingt-trois ans. Les révélations se sont accomplies ponctuellement ou régulièrement. Selon le dogme musulman, c'est là l'origine du Coran, que Mahomet a pris soin d'enseigner oralement dès le début.

La tradition rapporte que, effrayé par la première visite de Gabriel, Mahomet se réfugie auprès de son épouse et lui raconte cette vision. Khadija recouvre d'un drap Mahomet, à sa demande, et avertit son cousin, Waraqa ibn Nawfal, qui est un chrétien nestorien et à qui elle a fait part des dons prophétiques de son époux. Khadija retourne voir son cousin, en compagnie de Mahomet. Waraqa lui affirme qu'il est bien un prophète de Dieu et que l'apparition de la grotte de Hira est l'archange Gabriel.

Il annonce à Mahomet les difficultés qu'il aura dans l'accomplissement de sa mission, notamment un bannissement de sa tribu. D'emblée, Khadija croit en son époux et lui apporte un soutien inconditionnel ; elle est, de ce fait, considérée par les musulmans comme la première croyante. Mahomet fait part secrètement de son message d'abord à ses proches, et avec eux il fonde, une sorte de « secte », un groupe de croyants qui se feront appeler plus tard les musulmans. Puis, la prédication devient publique et s'étend à l'ensemble de la population mecquoise.

Au départ, les compagnons de Mahomet sont trente-sept et gardent le secret sur leur confession. Bien que ses contemporains acceptent difficilement d'abandonner leurs croyances et leurs pratiques ancestrales, qu'ils voient d'un mauvais œil le monothéisme prêché par Mahomet ainsi que ses attaques contre les divinités traditionnelles, au bout de cinq ans, ils sont une centaine autour de Mahomet. Mahomet dérange les autorités établies car ses croyances risquent de saper la prospérité économique de la cité, liée aux foires et aux pèlerinages, tandis que le rejet des cultes ancestraux risque de fragiliser le statut social des grandes familles.

La mort en 619 de son oncle Abû Ṭâlibet et de sa femme Khadîja lui fait perdre tous ses appuis. La croissance du groupe inquiète les Mecquois et les persécutions contre Mahomet et les siens se font de plus en plus vives. Il est exclu du clan par le nouveau chef, son oncle Abû Lahab. Il est contraint de chercher des soutiens hors d'une ville qui le rejette. Mahomet cherche vainement à toucher la population de la ville voisine de Tâ'if, avant de trouver un accord avec la ville plus septentrionale de Yathrib où, en 621, plusieurs de ses disciples se sont déjà installés. Selon la sunna, les habitants lui demandent de trancher un conflit entre les deux tribus principales. Le succès de cette médiation gagne à sa cause une partie des habitants de la ville qui reconnaissent son autorité, renoncent aux idoles et lui promettent lors d'une rencontre à Aqaba de l'accueillir et de le protéger. 622 marque traditionnellement la « migration » — hijra ou « hégire » — des partisans mecquois de Mahomet qui abandonnent La Mecque pour Yathrib. Yathrib devient Madînat al-nabî — la « ville du Prophète » — ou Médine. Mahomet est le dernier à partir, en compagnie de son fidèle ami et futur calife, Abou Bakr. Le 24 septembre 622 marque le début du calendrier musulman.

De nombreux miracles sont attribués à Mahomet par le Coran ou les hadiths. Pour boire et pour permettre les ablutions de ses compagnons, Mahomet fait jaillir comme des fontaines l'eau entre ses doigts. De même, de l'eau jaillir de la source de Tabuk ainsi que du puits d'al Hudhaybiyya grâce à l'invocation du Prophète. À d'autres occasions, Mahomet multiplie la nourriture. Différents malades sont guéris. 

Fort de son nouveau pouvoir, Mahomet réorganise Yathrib, où il est en même temps chef religieux, politique et militaire. Il s'appuie à la fois sur les deux tribus arabes et les trois tribus juives qui y vivent. Puis il devient chef unificateur d'un État théocratique monothéiste qui dépasse les divisions tribales traditionnelles, commençant par former une communauté unique entre les Muhâjirûn — les « Émigrants » mecquois — et les Ansâr — les Auxiliaires convertis de Médine. Cette communauté supra-tribale réunie sous l'autorité de Mahomet se concrétise à travers un ensemble de documents, connu sous le nom de « Constitution de Médine ». Cette nouvelle communauté — l’Umma — est ouverte à chacun par la conversion, indépendamment de son origine tribale ou ethnique.  

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L'Hégire

Si Mahomet semble avoir voulu gagner la reconnaissance, voire l'adhésion des tribus juives de Yathrib par l'adoption ou l'adaptation de certaines de leurs pratiques — jeûne, prière de midi, institution de l'Achoura, à l'imitation du Yom Kippour… —, les réticences de ces dernières poussent le prophète à prendre ses distances avec le judaïsme. La rupture se marque, selon la tradition, vers 623, à la suite d'une vision du prophète qui invite les fidèles à ne plus prier vers Jérusalem mais désormais tournés vers La Mecque, marquant l'« arabisation » de l'islam. Le sanctuaire mecquois dont la fondation est attribuée à Ibrahim devient le centre spirituel de la nouvelle religion tandis que le Coran s'affirme comme la seule révélation authentique, le judaïsme et le christianisme n’ayant su conserver l'intégrité des Écritures.

Ceux qui ne s'accordent pas avec les projets de Mahomet se retrouvent écartés et l'opposition interne à Médine est matée : deux tribus juives sont chassées de la ville en 624 puis 625 et la troisième est décimée en avril 627.

Après la bataille de Badr contre les Quraychites, Mahomet définit une véritable doctrine de la guerre, du djihad. Il fixe notamment les règles pour la répartition du butin. Le mois de jeûne, Ramadan, est par la suite fixé le mois anniversaire où aurait commencé la révélation du Coran ou, selon une autre version, pour commémorer la bataille de Badr. Mahomet a participé à de nombreuses bataille.

En 628, Mahomet part en pèlerinage à La Mecque à la tête d'un convoi de 1 400 pèlerins et multiplie les signes de ses intentions pacifiques. Les Mecquois leur refusent l'accès au sanctuaire, mais concluent avec les musulmans la trêve dite d'Al-Hudaybiyya. Cette islamisation du rite païen garantit la perpétuation des pèlerinages et leurs retombées économiques à La Mecque, levant les préventions des élites mecquoises des Quraysh, dont plusieurs notables se rallient à Mahomet. Prévue pour durer dix ans, la trêve permet dans les deux premières années de plus que doubler le nombre de musulmans. En l'an 630, la trêve est rompue lorsqu’une tribu alliée de La Mecque agresse une tribu alliée de Médine. Mahomet marche secrètement sur La Mecque à la tête de dix mille soldats. Aux portes de la ville, il garantit la sécurité de toute personne non combattante et déclare une amnistie générale. La Mecque se rend alors sans opposition. La plupart des habitants se convertissent à l'islam et la Kaaba, débarrassée de ses idoles, conserve sa place éminente dans la culture arabe en voie d'islamisation. 

Mahomet, établi à Médine, poursuit l'élaboration de son réseau d'influence : plusieurs expéditions assurent la domination au nord de la Péninsule, notamment à Khaybar, une riche cité juive. Il assure la « protection » des habitants exigeant de leur part une taxe au profit des musulmans. Ainsi naît la djizîa, l'impôt annuel collecté sur les hommes pubères non-musulmans (dhimmis). Les autres villes juives d'Arabie tombent rapidement et sont soumises au même statut. Mahomet, qui domine alors une bonne partie de l'Arabie, semble s'engager dans des relations diplomatiques avec les souverains des empires voisins de l'Arabie mais également dans des entreprises à visées expansionnistes. 

À partir de l'hégire, il aura fallu neuf ans pour que toute l'Arabie embrasse l'islam. 

À la fin de sa vie, Mahomet connait une période d’abattement psychologique à la suite, en partie, de plusieurs défaites, de tentatives d’assassinat et de la mort de son fils. Il meurt à Médine le 8 juin 632 âgé de soixante-trois ans après une courte maladie. Selon une tradition chiite, il serait mort pendant qu'il respirait une pomme donnée par Azraël, l'ange de la mort, sur le modèle des légendes juives liées à la mort de Moïse. Selon la tradition musulmane, il est enterré à Médine dans sa maison-mosquée qui devient un lieu de pèlerinage où sont enterrés ses deux successeurs Abû Bakr et 'Umar. Un agrandissement de la mosquée de Médine sous la dynastie omeyyade se fait autour de son tombeau, dorénavant à l'intérieur de la mosquée, isolé par un triple mur.

Il ne donne aucune instruction concernant sa succession. Selon la tradition chiite, il aurait, avant de mourir, désigné Ali comme héritier et premier calife. Par la suite, ses disciples continueront de se transmettre oralement et sous forme d'écrits les sourates, avant qu'elles ne soient rassemblées définitivement en un seul livre, le Coran, par le troisième calife Uthman moins de vingt ans après la disparition de Mahomet.

Mahomet aurait eu en tout quinze épouses tout au long de sa vie. Peu de temps après la mort de Khadija (619), il épouse Sawda bint Zama (555-644) déjà âgée de 65 ans et donc de quinze ans son aînée. Puis, la jeune Aïcha (605/610-678), fille d'Abu Bakr.

L'âge d'Aïcha lors de son mariage est depuis plusieurs années sujet à débat.  

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À partir de 625 et conséquemment aux batailles menées contre les Mecquois, Mahomet conclut une série de mariages auprès de plusieurs femmes devenues veuves sinon proposées en gage d'alliance inter-tribale. Le traité de paix enfin contracté entre Mecquois et Médinois (628) contiendra encore une nouvelle promesse de mariage pour le Prophète en la personne de Ramla bint Abi Sufyan (589-666). Dans la même logique d'alliance politique, il acceptera d'épouser Maria bint Sham'ûn (?-637) en 629. Une chrétienne d'Égypte que le gouverneur byzantin Al-Muqawqis lui présente et que l'on surnommera plus tard Maria la Copte. La même année, il se lie à Safiya bint Houyay (610-670), avant d'accepter la demande de Maymouna bint al-Harith (594-674), en dernières noces (630).

Mahomet limite à quatre le nombre d'épouses que chaque fidèle peut avoir. Il fait exception, sur indication de l'ange Gabriel.  

Après la mort de Mahomet, de nombreux musulmans se réclament de sa descendance. Ils sont alors qualifiés de chérif, littéralement « noble » ou sayyid « seigneur ». Leur lignée remonte à Mahomet par l'intermédiaire d'al-Hasan ou d'Al-Husayn, les enfants de Ali ibn Abi Talib et de Fatima Az-Zahra, la fille de Mahomet. Ces considérations généalogiques peuvent revêtir une dimension politique importante lorsque certaines familles régnantes la font valoir pour asseoir leur légitimité, à l'instar des Hachémites en Jordanie et de la famille royale du Maroc, les Alaouites. Néanmoins il n'y a rien à ce sujet dans le Coran ; le fait d'être descendant de Mahomet ne donne aucun privilège particulier.  

Biographie selon les autres sources

Le Coran n'apporte que peu d'éléments biographiques et contextuels concernant Mahomet. 

Dans le Coran, Mahomet est qualifié d'« ummî », c'est-à-dire d'illettré ne sachant ni lire, ni écrire. Néanmoins, pour certains, la qualité d'ummî n'exclut pas la maîtrise rudimentaire de la lecture et de l'écriture. Dans une autre acception, le terme ummî peut aussi vouloir dire qu'il appartenait à un peuple ne sachant ni lire ni écrire ou encore un peuple sans Écritures saintes. Enfin, selon l'historien Mohamed Talbi, il maîtrisait parfaitement la lecture et l'écriture et était d'une grande culture.

Les sources premières de la vie de Mahomet résident principalement dans des textes d'hagiographes et d'historiens musulmans, de rédaction relativement tardive, aux IXe et Xe siècles. Il s'agit essentiellement d'Ibn Ishâm, d'Ibn S'ad et de Tabari, qui proposent une histoire aspirant à répondre aux questionnements religieux, politiques, juridiques ou sociaux de leur époque, offrant par conséquent une image dogmatique et décalée dont l'historicité est sujette à caution, sans toutefois affecter l'importance historique de cette façon de voir des débuts de l'islam.

Jusqu'à l'âge de 40 ans, on ne sait pas grand-chose de sa vie. Elle est reconstituée d'après la tradition orale, mise par écrit 140 ans après sa mort, grâce aux témoignages indirects de ceux qui avaient connu ses premiers compagnons. « C'est dire combien l'imagination a pu travailler pendant ce laps de temps », explique l'historien Maxime Rodinson.

Cependant, selon les sources écrites disponibles, des biographies de Mahomet auraient déjà été écrites par des descendants de compagnons de Mahomet. La première biographie écrite sur Mahomet aurait été celle d'Urwah ibn al-Zubayr (mort en 713) petit-fils d'Abu Bakr, fils d'Asmaa bint Abu Bakr et de Zubayr ibn al-Awwam, deux compagnons de Mahomet. Il aurait rédigé cette biographie en se basant sur les témoignages de plusieurs autres compagnons de Mahomet. Son ouvrage, dont nous ne disposons plus, aurait inspiré les biographes tels que Tabari, Al-Waqidi et Ibn Ishaq. De même, le fils du troisième calife, Abân ibn `Othmân (mort en 724) compterait parmi les premiers auteurs de sîra chez qui auraient puisé les biographes ultérieurs. Le manuscrit décrivant les batailles de Mahomet et qui se trouve à Heidelberg en Allemagne, écrit par Wahb ibn Munabbih (mort en 728), fils d'un autre compagnon de Mahomet nommé Munabbih ibn Kamil, peut être évoqué comme autre source primitive en la matière. Il aurait encore existé des biographies selon Churahbîl ibn Sa`d (mort en 741), Âsim ibn Umar ibn Qatida (mort en 738) et Abdallah ibn abi Bakr ibn Hazm (mort en 753) aujourd'hui disparues, mais qui auraient toutes servi de sources écrites aux biographies rédigées après 758 et dont nous disposons encore.

Selon ces biographies, Mahomet est d'abord berger puis caravanier avant d'entrer au service de Khadija, une riche veuve à la tête d'un commerce caravanier. Au moment de leur mariage la tradition rapporte qu'il avait 25 ans et elle 40 ans (ou 28 selon ibn Habîb et al-Balâdhurî). Ils eurent deux fils (ou trois, selon les sources) qui mourront en bas âge : Al-Qâsim et `Abdullah, parfois appelé Al-Tayyib (le bon) ou At-Tâhir (le pur), ainsi que quatre filles, Zaynab, Ruqayyah, Oumm Koulthoum et Fatima, la future épouse d'Ali, un des fils d'Abû Tâlib.

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Pour le reste de sa vie, on dispose de quelques sources écrites. Des enseignements de Mahomet, ainsi que certains de ses faits et gestes, ses attitudes lors de telle ou telle bataille, furent mis par écrit très tôt. Néanmoins, plusieurs chercheurs ont démontré que certains hadiths sont composés d'éléments plus récents qui lui ont été attribués postérieurement. Les hadiths ne sont donc pas une source historique fiable pour étudier la vie de Mahomet mais transmettent aussi des informations sur les deux premiers siècles de l'islam.

Selon les traditions musulmanes, des ouvrages ont été rédigés du vivant de Mahomet ou par ses compagnons : Abu Bakr, premier calife, aurait compilé 500 hadiths qu’il aurait détruits par crainte d’insérer des fautes. Amr bin Hazm, gouverneur du Yémen du temps de Mahomet, a compilé tout un opuscule qui nous est parvenu intégralement. Jabir ibn Abdullah al-Ansari a rédigé plusieurs ouvrages. Samurah bin Jundab composa également un grand volume de hadiths. Sa'd ibn Ubadah rédigea également un important ouvrage de hadiths que sa descendance conserva. Abdullah ibn Abbas, fils de l’oncle de Mahomet, a laissé de nombreux livres de hadiths à sa mort. Abu Huraira rédigea la Sahifah as-Sahihah avec son disciple Hammam ibn Munabbih. Il avait mis par écrit de nombreux rouleaux remplissant un grand coffre en bois qu'il consultait fréquemment. Salmân al-Fârisî (Salman le Perse, mort en 644/32H) a rédigé des hadiths qu'il communiqua à Abu Darda. Abu Ayyub al-Ansari rédigea un manuscrit contenant 122 hadiths qu'il transmit à ses enfants.

Des ouvrages consacrés en entier à la collection des Hadiths ont été compilés des générations après sa mort par des individus notables tel Mouhammad al-Boukhârî, Muslim ibn al-Hajjaj, Muhammad ibn Isa Al-Tirmidhî, Abd ar-Rahman An-Nasa'i, Abou Dawoud, Ibn Majah, Mâlik ibn Anas, al-Daraqutni etc.

Si l'existence historique de Mahomet fait globalement consensus, le degré d'authenticité historique de ces récits est discuté par les historiens et exégètes contemporains, certains comme les historiens Mathieu Tillier et Thierry Bianquis considérant que les sources traditionnelles musulmanes sont trop contradictoires pour pouvoir être réconciliées dans une biographie satisfaisante, d'autres allant jusqu'à les rejeter au profit de sources non musulmanes plus anciennes. Cette représentation conditionne les élaborations doctrinales qui se développent notamment au sein des madhahib, les écoles juridiques.

Selon les termes d'Harald Motzki, traduisant la difficulté à atteindre l'historicité du fondateur de l'islam sous la forme d'une biographie classique, « d'un côté, il n'est pas possible d'écrire une biographie historique du Prophète sans être accusé de faire un usage non critique des sources ; tandis que, d'un autre côté, lorsqu'on fait un usage critique des sources, il est simplement impossible d'écrire une telle biographie. ». Parmi d'autres biographes, Alfred-Louis de Prémare cite ces propos afin de souligner la difficulté à laquelle sont confrontés les historiens qui tentent d'établir la biographie de Mahomet : il existe à son sujet peu de sources fiables du point de vue de l'historien, ce qui fait, selon lui, que « toute biographie du prophète de l'islam n'a de valeur que celle d'un roman que l'on espère historique ».

La biographie traditionnelle doit être, pour de nombreux chercheurs, nuancée. En effet, de nombreux éléments sont en contradiction avec certaines recherches actuelles. La Mecque n'est mentionnée dans aucun texte avant les textes islamiques, ce qui conduit certains critiques à douter de son existence à l'époque en l'absence de traces archéologiques. Pour d'autres, l'islam est née en Arabie pétrée, actuelle Jordanie.

Un ensemble de textes juifs, chrétiens et samaritains, indépendants et datant du VIIe siècle, indiquent que Mahomet est encore vivant lors de la conquête musulmane du Proche-Orient. Pour cette raison, Stephen J. Shoemaker propose de réviser sa date de mort plutôt vers 634 ou 635. Il est ainsi possible que la tradition musulmane ait fixé sa mort en 632 pour s'inspirer de celle de son modèle Moïse qui meurt avant d'entrer en Terre promise, laissant son successeur Josué mener la conquête du pays de Canaan, à l'instar du successeur de Mahomet Abou Bakr qui lance ses troupes à la conquête des pays du Cham (Syrie et Palestine).

L'évolution qui aboutit à la Sîra (biographie sacrée du prophète) s'est en fait effectuée du matériau de base à l'élaboration littéraire fondée sur un certain nombre de critères, lesquels ne sont pas seulement littéraires, mais aussi doctrinaux et idéologiques. Pour Uri Rubin, la vie de Moïse décrite dans la Bible et qui se découpe en trois parties de quarante ans (valeurs mythiques, le nombre 120 étant symbole de perfection) aurait servi de modèle à la vie de Mahomet (vocation à 40 ans pour Mahomet, à 80 ans pour Moïse, durée de vie de 60 ans pour Mahomet, le double pour Moïse, toutes ces valeurs étant symboliques).

Mahomet est une figure historique qui prend forme et acquiert ses caractéristiques actuelles entre le VIIe siècle et le XIe siècle. Sa vie, transmise par la sîra et les hadiths, est canonisée entre le IXe et le XIe siècle par des écrivains vivant parfois plusieurs siècles après sa vie dont certains ont reconstruit des chaînes de transmission fictives. La fiabilité de ces sources est donc réinterrogée par les historiens. Ces vies de Mahomet présentent une vision tardive de cette figure et participent donc à la mise en place d'une figure de prophète qui s'inscrit dans la continuité des prophètes du judaïsme.

La recherche sur les origines de l'islam s'est penché sur la question de l'apparition du nom de Mahomet. Dans L'Islam en débats, Françoise Micheau précise qu'« Il faut attendre la fin du VIIe siècle pour trouver le nom de Muhammed ». Au début du XXIe siècle, des fouilles en Arabie Saoudite ont mis au jour des graffitis islamiques — probablement contemporains de la révélation coranique — gravés sur des « murs du pardon », dans des sites de type sanctuaires oratoires ou sur des objets épigraphiques porteurs de professions de foi et de demandes de pardon ne mentionnant pas le nom de Mahomet. La plus ancienne mention du prophète en Arabie, dans un graffiti daté, remonte à 697-698 dans un texte qui évoque la reconstruction de la mosquée sacrée où apparaît la shahada complète. En outre, si la réorganisation de ces graffitis, d'origine essentiellement religieuse, propose la première partie de la profession de foi coranique (« Il n'est de Dieu que Dieu »), elle ignore cependant la seconde partie qui mentionne Mahomet. A contrario, la mention d'un proche de « Muḥammad » selon la tradition, Omar ibn al-Khattâb, figure à plusieurs reprises dans cette série de graffitis, associée à des dates plus anciennes mais sans titre particulier bien que la tradition en fasse un calife.

Hors-Arabie, les plus anciennes données matérielles qui mentionnent « Muḥammad » remontaient à une cinquantaine d'années après la mort de Mahomet : en 685 (66 de l'hégire) sur une drachme arabo-sassanide, en 691, sur une pierre tombale égyptienne et en 692, sur une inscription figurant sur le Dôme du Rocher de Jérusalem. Selon V. Popp, en comparaison d'autres pièces similaires portant ces lettres et des représentations chrétiennes, le terme Mhmd de la pièce de monnaie arabo-sassanide ne désigne pas Mahomet mais se traduit par « le béni », terme utilisé pour désigner Jésus. De même, certaines inscriptions du Dôme du rocher serait issues de la phrase biblique : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », le béni signifiant Jésus.

Des chercheurs ont daté le manuscrit M a VI 165 d'un Coran qui se trouve à l'université de Tübingen en Allemagne. La datation au carbone 14 du manuscrit donne une fourchette entre 649 et 675 apr. J.-C. avec une probabilité de 95,4 %, soit vingt à quarante ans après la mort du Prophète. Cette datation ne concerne toutefois pas l'encre qui pourrait être ultérieure mais le manuscrit. Si l'écriture est contemporaine du manuscrit, cela en ferait la plus ancienne mention écrite du prophète Mahomet jamais trouvée à ce jour. En effet, dans ce manuscrit contient la sourate 17, verset 37 jusqu'à la sourate 36, verset 57. On trouve dans ce manuscrit la sourate 33, verset 40 où il est écrit : « Muhammad n'a jamais été le père de l'un de vos hommes, mais le messager d'Allah et le dernier des prophètes. Allah est Omniscient. ».

L'extrême rareté de ces mentions pose question : certains chercheurs ont adopté une démarche de révisionnisme historique remettant largement en cause la vision historiographique classique, tels Yehuda Nevo qui parle d'un islam pré-muhammadien. Pour ce chercheur israélien, qui exploite des centaines de graffitis du Néguev, le nom de Mahomet apparaît tardivement lorsque les autorités décidèrent à la fin du VIIe siècle de « créer un prophète arabe pour asseoir leur pouvoir ». Cette thèse trouve deux recensions du même auteur, Mehdi Azaiez, dont l'une très critique et l'autre plus descriptive. Frédéric Imbert qui exploite les mêmes sources est plus réservé sur cette question ; il considère que cette apparition tardive témoigne d'une évolution dans l'expression de la foi. Le nom de Mahomet commence à être utilisé seulement à partir du califat de l’umayyade ʿAbd al-Malik b. Marwân (qui débute en 65 de l'hégire) et ne sera vraiment intégré que peu à peu.

Dans une interview intitulée Mahomet, le prophète posthume, l'historienne Jacqueline Chabbi explique cette mise en place ainsi : « Parmi les convertis, dans les villes, la masse de la population veut un modèle pratique. La tradition prophétique s’invente à ce moment-là, à travers ce qu’on appelle les hadiths, c’est-à-dire les paroles et les actes prêtés au prophète sur lesquels on veut calquer sa conduite. Mais c’est une figure complètement reconstruite ».

Massacre de Nellie 

Le massacre de Nellie a eu lieu dans le centre de l'Assam (nord-est de l'Inde) au cours d'une période de six heures le 18 février 1983 au matin. Il a coûté la vie à 2 191 personnes (des chiffres non officiels dépassent les 10 000) de 14 villages. Les victimes étaient des descendants de musulmans venus à Assam sur le patronage direct du gouvernement britannique d'Assam, dans la première décennie du XXe siècle. 

Il serait la conséquence de la décision d'organiser des élections législatives controversées, souhaitées par Indira Gandhi, pour accorder le droit de vote à 4 millions d'immigrants du Bangladesh. Il a été décrit comme l'un des pogroms les plus graves depuis la Seconde Guerre mondiale. 

MES EXTRAITS FAVORIS

Nos descriptions fausses, pour contrecarrer les mensonges inventés à notre sujet, cachent pour des raisons de sécurité nos moi secrets.

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Englué dans la gélatine de sa langue d'adoption, il avait commencé à etendre, dans le Babel de l'Inde, un avertissement menaçant : ne reviens jamais. Quand on a traversé le miroir, on ne revient qu'à ses risques et périls. Le miroir peut te couper en morceaux.

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Le créationniste prétendait que les scientifiques eux-mêmes ne faisaient que réinventer Dieu, que lorsqu'ils auraient prouvé l'existence d'une force unique et unifiée, dont l'électro-magnétisme, la gravitation et les forces fortes et faibles de la nouvelle physique n'étaient que de simples aspects visibles, des avatars, pourrait-on dire, ou des anges, alors qu'aurions-nous sinon la chose la plus ancienne de toutes, une entité suprême contrôlant toute la création...

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Les putains de rêve, cause de tous les ennuis de l'espèce humaine, le cinéma aussi, si j'étais Dieu, j'enlèverais toute imagination aux gens et peut-être que les pauvres types comme moi pourraient se payer une bonne nuit de repos.

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Là où il n'y a pas de croyance, il n'y a pas de blasphème.

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Impromtu : Composition musicale libre, semblable à une improvisation, et généralement écrite pour un seul instrument.

BeediLa bidi ou biri, parfois beedi, est un type de cigarettes indiennes en forme de cône, constituée d'une enveloppe de tendu ou kendu couleur sépia (arbuste tropical qui croît naturellement dans les forêts indiennes, en particulier dans l'Orissa) contenant des brins de tabac hachés, séchés et non traités. Elles ont l'autre particularité d'être maintenues par un fil de coton dont la couleur varie en fonction de la marque mais également en fonction de la saveur de la bidi. Ainsi, les bidies maintenues par un fil noir/bleu-marine sont généralement plus fortes que celles maintenues par un fil rose, plus répandues. L'odeur de la bidi rappelle celle de l'eucalyptus mais l'arbre dont elle est issue est d'une espèce différente.

Gopi : Gardienne de vaches (Inde).

DabbawallahLe dabbawallah — de dabba, boîte et wallah, celui qui fait — est un livreur de repas faisant partie d'un système sans équivalent, basé à Mumbai en Inde. La logistique appliquée dans cette entreprise est complexe et précise. Les boîtes sont préparées par les épouses (au foyer) et destinées à être livrées à leur mari à son travail pour le déjeuner. Les boîtes regroupées sont mises dans le train, marquées avec les inscriptions appropriées de façon à identifier leur destination. Les inscriptions indiquent ainsi la gare de débarquement et l'adresse de livraison. À chaque gare, les boîtes correctes sont débarquées et remises à un dabbawallah local, qui les livre aussitôt à l'adresse correspondante. Les boîtes vides sont rassemblées après le déjeuner et renvoyées de nouveau dans leur maison respective. Tout ceci se fait pour une somme minimale et avec la plus grande ponctualité. Les boîtes sont distribuées avec une telle précision que le taux d'erreur est estimé à 1 pour 16 millions. Le service continue à fonctionner au plus fort de la mousson lorsque l'activité économique est désorganisée du fait des conditions climatiques contraires. Les dabbawallahs locaux aux extrémités de la chaîne, envoi et réception, sont connus personnellement par les clients, ce qui entraîne un fort climat de confiance. En outre, ils connaissent parfaitement leur secteur et maîtrisent les routes alternatives, ce qui leur permet d'accéder sans difficulté à n'importe quelle destination. La raison principale de la popularité du système des dabbawallahs est l'aversion des Indiens à utiliser les systèmes de restauration rapide et à consommer des plats qui ne sont pas faits maison. En effet, seule la consommation d'un plat préparé par son épouse garantit à l'employé indien que sa nourriture respecte les prescriptions alimentaires de sa caste. On estime que les dabbawallahs approvisionnent jusqu'à 175 000 clients par jour et ce depuis plus d'un siècle. 

Muqaddam : Muqaddam est un titre arabe, adopté dans certaines cultures islamiques, pour l’un des divers responsables civils ou religieux.

Purana : Un purana est un texte appartenant à un vaste genre de la littérature indienne, traitant d'une grande gamme de sujets.

Chhatri : Les chhatris sont des structures en forme de pavillon ou de kiosque carré coiffés de dômes, typiques de l'architecture indienne. Ce sont des symboles de fierté, d'honneur et de commémoration dans l'architecture Rajput au Rajasthan.

Haramzada : En Inde, scélérat, bon à rien.

Salah : Prière islamique.

Pasanda : Le Pasanda est un plat de viande populaire du sous-continent indien, notamment de l'Inde du Nord, de Hyderabadi et du Pakistan, dérivé d'un repas servi dans la cour des empereurs moghols.

Parsis : Peuple asiatique, sectateur de Zoroastre, descendant des anciens Perses qui émigrèrent en Inde pour se soustraire aux persécutions mulsulmanes.

Jaquier : Arbre des régions tropicales, de la famille des Moracées, très proche de l'arbre à pain, qui porte des fruits volumineux le long de son tronc.

Langue de feuAnthurium est un genre de plantes de la famille des Araceae comportant de 600 à 800 espèces, voire 1 000 espèces : c'est un des genres les plus importants et les plus complexes de la famille. De nouvelles espèces sont décrites chaque année. Les espèces ont une distribution néotropicale : la plupart croissent dans les forêts tropicales humides d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud mais quelques-unes poussent dans des milieux semi-arides.

Adda : Café, bar.

Kurta : Vêtement traditionnel porté en Afghanistan, au Pakistan, au Népal, en Inde, au Bangladesh et au Sri Lanka. C'est une chemise ample descendant jusqu'aux genoux ou à mi-cuisse, portée aussi bien par les femmes que par les hommes. Elle était portée usuellement avec un pantalon ample appelé kurta-paijama, un shalwar (pantalon large de la taille aux genoux, puis moulant jusqu'aux chevilles) ou une dhotî (large pièce de tissu noué à la taille dont l'un des pans passe par l'entre-jambe), mais s'accommode de nos jours d'un jean. Le Kurta se porte aussi bien au quotidien que dans des tenues habillées.

HijraHijra désigne dans la culture indienne un individu considéré comme n'étant ni un homme ni une femme.

Dhaba : Restaurant.

Nikah : Mariage en Inde.

ProtéenQui peut prendre les formes les plus variées, qui se présente sous des aspects très divers. 

Bégum Princesse et plus particulièrement femme de souverain (Inde).

Pooja : La puja ou pooja est un rite d'offrande et d'adoration de l'hindouisme du bouddhisme et du jaïnisme. Sa signification et son déroulement est différent dans ces trois traditions.

Padyatra : Voyage ou pélerinage (à pied).

Natyam : Danse (Inde).

BalsamierL'arbre à myrrhe ou balsamier est un arbre originaire de l'Afrique de l'Est et de la péninsule Arabique. L'arbre à myrrhe était, dans la Grèce antique, consacré à Aphrodite. Il a de nombreuses branches écailleuses, noueuses et hérissées d'épines. À la fin de l'été, l'arbuste se couvre de fleurs rouge-orangé, tandis que son tronc se boursoufle de nœuds. C'est de ces boursouflures que s'écoule la myrrhe, en petites larmes jaunes que l'on recueille une fois qu'elles ont séché.

Séné : Plante arbustive, de la famille des Légumineuses dont les diverses variétés croissent naturellement dans certaines régions d'Afrique et du Moyen-Orient et en Inde orientale. Substance constituée par la pulpe des gousses ou par les folioles desséchées de séné, utilisée pour ses propriétés laxatives ou purgatives.

Casse : Longue gousse de légumineuse (cassier), dont la pulpe a des propriétés laxatives douces.

Afeem : Opium.

AmalécitesLes Amalécites étaient une tribu de nomades mentionnée dans la Bible, descendants d'Amalek, et qui occupaient un territoire correspondant au sud de la Judée, entre l'Idumée et le désert du Sinaï en Égypte. Selon la Bible, ils furent toujours acharnés contre les Hébreux, qui à leur tour les regardaient comme une race maudite. Dieu ordonna à Saül de les exterminer. Ce roi leur déclara la guerre et les défit. Mais, contre la défense de Dieu, il pardonna à Agag, leur roi : cette désobéissance lui fit perdre sa couronne, qui fut transférée à David. Par la suite, ainsi que le raconte le livre d'Esther, les exilés du premier Temple auront à pâtir des volontés génocidaires d'Haman, fils de Hamedata, descendant d'Agag, roi des Amalécites. Dans le judaïsme, les Amalécites représentent l'ennemi archétypal des Juifs.

Nabatéens : Les Nabatéens sont un peuple arabe commerçant de l'Antiquité vivant au sud de la Jordanie et de Canaan, et dans le nord de l'Arabie actuelle. Après la chute de l'Empire séleucide, ils purent étendre leur territoire vers le nord, jusqu'à la région de Damas. Les auteurs gréco-latins mentionnent leur royaume sous le nom d'Arabie, alors que Flavius Josèphe utilise aussi celui de Nabatène. 

Kahin : Détenteur d’une fonction et de prérogatives au nom d’une collectivité, auprès d'une divinité (Islam).  

Poucettes : Corde ou chaînette à cadenas servant à attacher ensemble les pouces d'un prisonnier, pour le réduire à l'impuissance.

Hénothéisme : L'hénothéisme décrit le culte prédominant rendu à un dieu particulier, tout en ne niant pas l'existence d'autres divinités, qui peuvent, selon le cas, bénéficier d'un culte de moindre importance ou non.

Comcombre de mer : Les Holothuries sont une classe d'animaux marins de l'embranchement des échinodermes au corps mou et oblong, et possédant un cercle de tentacules autour de la bouche. Elles sont aussi appelées concombres de mer ou bêches de mer, et possèdent une grande diversité de sobriquets sur les différentes côtes. 

Manticore : La manticore est une créature légendaire d'origine persane, ayant corps de lion, visage d'homme, et queue de scorpion, pourvu d'une triple rangée de dents. 

Simurgh : Le Simurgh, Simorgh ou Sênmurw est un oiseau fabuleux de la mythologie perse.

Bernacle : Oiseau migrateur palmipède, espèce d'oie sauvage encore appelée oie marine. Coquillage à cinq valves, qui a la forme d'un bec spatulé, comme celui de l'anatife.

Anatife :  Crustacé cirripède, famille des Lepadidae, muni d'un pédoncule qui lui permet de se fixer sur les objets flottant en mer. 

Bolas : Lasso composé de trois cordes à l'extrémité desquelles sont fixés des sacs de cuir lestés de pierres rondes et dont se servaient les Indiens pour capturer l'adversaire ou l'animal.

Rhomboïde : Parallélépipède.

Ombu : Arbre originaire d'Amérique du Sud, fréquemment planté dans le sud de l'Europe. 

Kamichi : Oiseaux à l'allure d'échassiers, grands, aux pattes longues et robustes. Ils ne possèdent pas de palmure interdigitale bien développée ; la tête et le bec sont petits et crochus. 

Ibis vanduria : L'Ibis mandore, ou Ibis à cou blanc est une espèce d'oiseaux aquatiques d'Amérique du Sud. Il est communément appelé bandurria dans les pays hispanophones et curicaca dans les pays lusophones.

Pampero : Le pampero est un vent froid accompagné de fortes rafales, de sud à sud-ouest, sur les pampas de l'Argentine et de l'Uruguay.

Dharma : Terme polymorphe et important dans les spiritualités et religions indiennes. Selon le contexte, la définition diffère et recouvre une grande variété de sens théoriquement dérivés de la racine dhṛ, porter, soutenir. De façon générale, dharma désigne donc l'ensemble des normes et lois, sociales, politiques, familiales, personnelles, naturelles ou cosmiques. Le terme traduit parfois « religion » en Occident, sans pour autant que les croyances originellement indiennes, nommément l'hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme et le sikhisme lui attribuent une signification équivalente au concept occidental. Dans la mythologie hindoue, c'est un sage (rishi) personnifiant la justice et l'ordre naturel.

Matines : En Occident, l'office de matines ou des vigiles est le premier office du cursus de l'office divin, destiné à sanctifier le temps de la nuit. Il est caractérisé par une psalmodie prolongée, entrecoupée de lectures longues et du chant de répons destinés à l'intériorisation des lectures.

Fionn Mac Cumhaill : Légendaire guerrier de la mythologie celtique irlandaise, également connu en Écosse et dans l'île de Man. Les histoires de Finn et de ses compagnons, les Fianna, s'intègrent au Cycle Fenian. Elles seraient principalement narrées par le fils de Finn, le guerrier et poète Ossian. 

Pista barfi : Dessert indien à base d'amandes et pistaches.

Jalebi : Spécialité frite de la cuisine orientale traditionnelle, intermédiaire entre un gâteau et une confiserie, également appelée zlabia au Maghreb.

RishiRishi signifie « chantre-auteur des hymnes védiques, poète, voyant ; démiurge, géniteur ; patriarche, sage, ascète, ermite ». Un Rishi védique est un témoin primordial de toutes les régularités à l'œuvre en ce monde qui manifestent pour lui le Véda au sens premier de « découverte » de l'ordre cosmique. Il est celui qui a vu les vérités éternelles. Après la période védique de la culture indienne, le brahmanisme conçoit les sept Rishi (saptarṣi) comme d'anciens sages qui auraient « entendu » le Véda primordial. L'hindouisme considère les Rishi comme des yogi qui, en méditation profonde, entendirent les « hymnes » du Véda émanés du Brahman.

Pir : Rang de chef spirituel et de maître, dans l'alévisme et dans le soufisme. Le terme vient du persan et signifie « vieillard, ancien ».

Logorrhée : Une logorrhée (de logo-, la « parole » et de -rrhée, tiré du grec rheî, « couler ») est un flux de paroles. En effet la logorrhée désigne un écoulement de parole, plus fréquemment utilisé dans le théâtre de l'absurde avec un débit monotone. 

Quadri : Abréviation pour quadrichromie.

Nemesis : Déesse grecque de la vengeance, plus particulièrement la vengeance divine.

Gori : Femme à la peau blanche.

Zamindar : Un zamindar était un membre de l'aristocratie issue de la noblesse terrienne du sous-continent indien. Il contrôlait souvent de larges territoires et collectait les impôts auprès des paysans.

Chappal : Sandale, originellement en cuir.

Zenana : Partie de la maison réservée aux femmes dans différents pays d'Asie, notamment en Inde. Étoffe cloquée, de soie ou de coton, utilisée pour la confection de vêtements d'intérieur en Inde.

Panchayat : En Inde, le Panchayati raj ou système de gouvernement des panchayats est le système d'administration territoriale des zones rurales.

PunkahUn panka, punka ou ponka est un grand éventail originaire d'Orient consistant en un écran de toile que l'on suspend à un plafond et que l'on actionne ensuite au moyen d'une corde et d'une poulie. 

Hadj : Le hadj ou hajj est le pèlerinage que font les musulmans aux lieux saints de la ville de La Mecque, en Arabie saoudite. C’est entre les 8 et 13 du mois lunaire de Dhou al-hijja, douzième mois de l'année musulmane, qu’a lieu le grand pèlerinage à La Mecque, qui constitue le cinquième pilier de l’islam.

Wallah : Employé.

Omra : La omra ou umra est une forme de pèlerinage à la ville sainte de La Mecque (Arabie saoudite).

Hadji : Titre honorifique donné à un musulman qui a accompli le pèlerinage à La Mecque, le hajj.

Apulée : Apulée né vers 123 à Madaure, actuelle M'daourouch au nord-est de l'Algérie, décédé probablement après 170 est un écrivain, orateur et philosophe médio-platonicien. Sa renommée vient de son chef-d'œuvre, le roman latin Métamorphoses, également connu sous le nom de L'Âne d'or.

Yakhni : Plat de viande, souvent au poulet (Inde).

Dosa : Le dosa est une crêpe à base de farine de lentilles noires, pois chiches ou de riz, typique du sud de l'Inde. C'est un mets très populaire consommé à toute heure, même au petit déjeuner.

UttapamUttapam est un plat ressemblant aux dosa, préparé en faisant cuire des ingrédients dans une pâte (Inde).

Chaat :  Le chaat est un terme désignant un type d'en-cas salé, habituellement servi aux abords des routes sur des stands ou des chariots ambulants en Inde, au Pakistan, au Népal et au Bangladesh.  

Gulab jamunLe gulab jamun est un dessert originaire d'Inde. Il est présenté sous la forme de boulettes de pâte, cuites dans l'huile et servies avec un sirop épais. Il est parfumé de cardamome. 

SharifUn chérif, ou sharif, ou chorfa, est un descendant de Mahomet par sa fille Fatima via l'un de ses deux petits-fils, Hassan et Hussayn.

Sarpanch : En Inde, un sarpanch est le représentant, élu démocratiquement, d'un Panchayat ; il est en quelque sorte le président du conseil local ou le maire d'un village.

Tamarinier : Le tamarinier est un arbre d'Afrique de l'Est, naturalisé en Asie du Sud-Est. Il est surtout apprécié pour la saveur de ses gousses et son ombrage. Sa pulpe douce et acidulée est consommée sucrée ou transformée en boisson.

Thalidomide : Le thalidomide est un médicament utilisé durant les années 1950 et 1960 comme sédatif et anti-nauséeux, notamment chez les femmes enceintes. Or on découvrit qu'il provoquait de graves malformations congénitales.  

TablaLe tabla est un instrument de musique à percussion de l'Inde du Nord, joué également au Pakistan, au Bangladesh, au Népal et en Afghanistan. Il se présente sous forme d'une paire de fûts, composée du dayan qui produit divers sons aigus, et du Bayan qui sert aux sons de basse.

Masala dosa : Variante du dosa indien. Il est fait de riz, de lentilles, de pommes de terre, de methi et de feuilles de curry, et servi avec des chutneys et du sambar.

PhilistinsLes Philistins ou Peleset sont un peuple de l'Antiquité. Ils apparaissent dans des sources égyptiennes au XIIe siècle av. J.-C. et sont présentés comme des ennemis de l'Égypte venus du nord, mélangés à d'autres populations hostiles connues collectivement sous le nom de peuples de la mer. Après leurs affrontements avec les Égyptiens, les Philistins se sont fixés sur la bande côtière du sud-ouest de la terre de Canaan, c'est-à-dire dans une région longeant la Méditerranée depuis l'actuelle bande de Gaza jusqu'à Jaffa. Leurs cités ont dominé la région jusqu'à la conquête assyrienne de Teglath-Phalasar III en -732. Ils sont par la suite soumis aux empires régionaux, et semblent progressivement s'y assimiler. Les dernières mentions des Philistins datent du IIe siècle av. J.-C.

Clavicorde : Le clavicorde est un instrument de musique qui remonte au tympanon médiéval. Il est le prédécesseur du piano-forte, qui lui-même engendra le piano moderne. Le plan s'apparente à celui du virginal. Les instruments à claviers, jusqu'à la pratique du piano-forte, furent les clavecins, l'orgue et le clavicorde.

Choli : Petit corsage moulant que l'on porte sous le sari.

Salwar : Le Salwar est un pantalon ample. Les jambes sont souvent larges dans la partie supérieure, et étroites au niveau de la cheville. Il se porte avec une tunique longue, le kameez (Inde).

Kourous et Pandavas : Mythologie indienne ; la dynastie des Kourous, première grande puissance sur les bords du Gange, combat une autre dynastie, les Pandavas, lors d'une guerre qui se termina par l’anéantissement des Kourous et la victoire des Pandavas, continuant la dynastie lunaire, aryenne.

Bhangra : Le bhangra est un style de danse et de musique indienne provenant de la région du Pendjab.

StaseArrêt ou ralentissement considérable de la circulation ou de l'écoulement d'un liquide organique. Synonyme de congestion.

Saturnien : Triste, mélancolique (s'oppose à jovial, de Jupiter).

Kreplach : Les Kreplach sont de petites boulettes (sorte de ravioles) remplies de viande hachée, de purée de pommes de terre ou d'une autre garniture, généralement bouillie et servie dans de la soupe au poulet, mais elles peuvent aussi être servies frites (culture juive).

Tsimmis : Un plat porte-bonheur de la cuisine juive du monde traditionnellement cuisiné pour le seder du Nouvel An Juif ou encore pour Souccot. Ce plat de carottes (et/ou autres légumes) aromatisé à l'orange, au gingembre frais, au miel et à la coriandre est une délicieuse garniture de viande et de poisson.

Gurdjieff  Georges : Date de naissance inconnue, né à Alexandropol, en Arménie alors dans l'empire russe et mort le 29 octobre 1949, mystique, philosophe, professeur spirituel et compositeur influent au début du XXe siècle.

Bashevis Singer (Isaac) : Ecrivain juif polonais naturalisé américain, né le 21 novembre 1902 à Leoncin dans le Royaume du Congrès et décédé le 24 juillet 1991 à Surfside près de Miami, en Floride.

Trope : Un trope est une figure de style ou figure de rhétorique destinée à embellir un texte ou à le rendre plus vivant, et qui consiste à employer un mot ou une expression dans un sens détourné de son sens propre (exemple : voiles pour « vaisseaux »). Les tropes sont donc le fruit d’associations mentales qui conduisent au changement de sens des mots ; ainsi, le mot « flamme » symbolise également la passion amoureuse, dans une relation métaphorique.

Knickerbockers : En français, on les appelle plus simplement knickers.

LocusLocalisation précise d'un gène sur un chromosome.

Semjaza : Ou Samyaza, est un Veilleur, une forme particulière d'ange déchu de la littérature apocryphe juive et chrétienne. Dans le livre d'Hénoch, daté au moins du IIIe siècle av. J.-C., Samyaza est décrit comme l'ange à la tête des Veilleurs et l'instigateur de leur descente sur terre. Parmi les hommes, ces Veilleurs leurs enseignèrent des sciences interdites (metallurgie, astrologie, médecine, artifices de séduction) et eurent des relations sexuelles avec des femmes humaines. Ces femmes donnèrent ensuite naissance aux Nephilim. Samyaza et ceux qui l'ont suivi furent par la suite chassés par Dieu, qui décida de dépeupler la Terre des Nephilim en lançant un Déluge.  

AzazelAzazel est un terme énigmatique que l'on trouve dans le Tanakh (texte sacré hébreu faisant partie de la Torah) ainsi que dans certains apocryphes. Il ferait référence à un antique démon que les anciens Cananéens croyaient habiter le désert. 

Papaji : H. W. L. Poonja, également appelé Papaji ou Poonjaji, est un guru de l’Advaita Vedānta principalement connu à travers la diffusion de ses disciples en Occident.

Iblis : Dans l'Islam, Iblis, ou Éblis, est le nom du diable. Il est l'ange ou le djinn qui a refusé de se mettre à genoux devant Adam. Pour certains exégètes, il est un djinn.

PandémoniumLe Pandémonium désigne la capitale imaginaire des Enfers où Satan invoque le conseil des démons. Depuis sa création en tant que mot, un néologisme est également utilisé pour désigner un lieu où règnent corruption, chaos et décadence, voire de confusion ou de vacarme.

Bachcha : Enfant, bébé.

Gazal (ou gazhel) : Dans la poésie turque et persane, court poème lyrique de forme rigoureuse.

Malak : Ange (arabe).

Bhel puri : Collation salée, originaire du sous-continent indien, et est également un type de chaat. Il est fait de riz soufflé, de légumes et d'une sauce acidulée au tamarin. 

Sivayyan : Dessert indien à base de vermicelle, cardamome, pistache, amande.

Khir : Le khir ou kheer est une douceur de riz, de boulghour ou de vermicelle sucré, originaire du sous-continent indien. L’ingrédient principal est cuit dans du lait sucré et parfumé avec de la cardamome, des raisins secs, du safran, des noix de cajou, des pistaches, des amandes et tout autres fruits. 

Nécromancie : La nécromancie désigne l’interrogation, dans un but de divination, des personnes décédées qui survivent et communiquent avec les vivants. Le nécromancien obtiendrait des pouvoirs sur la vie et la mort, dans le sens le plus large.

HashashinLes Hashashins ou Assassins est un nom utilisé pour se référer à la secte ismaélienne des Nizârites, entre le XIe siècle et le XIIIe siècle. Leur Grand maitre Hassan ibn al-Sabbah avait tendance à appeler ses disciples Asāsīyūn, qui signifie « ceux qui sont fidèles au (assas) fondement [de la foi] »), mais certains voyageurs et conteurs auraient mal interprété et compris le mot comme un dérivé de haschich. Le terme pourrait aussi provenir du nom d'Hassan ; Hassanjins signifiant « les djins de Hassan ». Les Nizârites ont été redoutés par les Croisés qui les ont désignés collectivement comme « Assassins ». En 1967, Bernard Lewis, a qualifié les Assassins de secte radicale de l'islam. 

DémotiqueSe dit de la langue parlée et de l'écriture cursive vulgaire des anciens Égyptiens (simplification de l'écriture hiératique). Relatif au grec moderne courant, parlé.

Takht : Un takht ou takhat est littéralement un siège, un trône. Ce terme est utilisé dans le sikhisme et notamment dans le Livre saint le Guru Granth Sahib, pour désigner le trône de Dieu. Guru Nanak le gourou fondateur du sikhisme a écrit entre autres: sachcha takht: le véritable trône.

Circassien : La Circassie est une région historique située au nord du Caucase sur la côte de la mer Noire. Elle comprenait la côte et la majeure partie du territoire de l'actuel kraï de Krasnodar.

Mughlai : Cuisine traditionnelle indienne née sous la période moghole.

Skinnérien : Relatif à la technique éducative dite de l'enseignement programmé inventée par B.F. Skinner, psychologue américain, adepte du béhaviorisme.

BéhaviorismeLe béhaviorisme, behaviorisme ou comportementalisme est un paradigme de la psychologie scientifique selon lequel le comportement observable est essentiellement conditionné soit par les mécanismes de réponse réflexe à un stimulus donné, soit par l'histoire des interactions de l'individu avec son environnement, notamment les punitions et renforcements par le passé. L'approche béhavioriste vise à mettre au jour des relations statistiquement significatives entre les variables de l'environnement et les mesures du comportement étudié sans faire appel au psychisme comme mécanisme explicatif. Le béhaviorisme a en effet émergé à la fin du XIXe siècle et au début du XXe s. en réaction à la difficulté des courants mentalistes, subjectivistes et introspectifs, à produire des énoncés scientifiques empiriquement testables. Après avoir exercé une influence très forte sur la recherche en psychologie en Amérique du Nord et en Europe, le béhaviorisme, en particulier dans sa forme « radicale » défendue par des chercheurs comme B. F. Skinner qui cherchait à rendre compte aussi des processus mentaux selon les mêmes lois, régressa au profit des approches cognitivistes. Le béhaviorisme trouve son application aujourd'hui dans l'analyse appliquée du comportement ou ABA (Applied Behavioral Analysis) et, plus généralement sous une forme largement transformée, dans les psychothérapies cognitivo-comportementales. Les méthodologies d'interventions de type ABA sont utilisés pour divers troubles mentaux et avec les personnes atteintes de troubles envahissants du développement, dont l'autisme, ou les addictions mais elles peuvent avoir des applications dans d'autres domaines tels que la sécurité industrielle, le management, etc. Certaines méthodes de dressage animal sont aussi directement inspirées des théories béhavioristes.

ProcusteDans la mythologie grecque, Procuste est le surnom d'un brigand de l'Attique nommé Polypémon, « le très nuisible »). Il a pour autre surnom Damastès (« le dompteur »). Fils de Poséidon, il est marié à Sillée et est le père nourricier de Sinis, lui aussi fils de Poséidon. Selon la légende, Procuste contraignait les voyageurs à se jeter sur un lit ; il leur coupait les membres trop grands et qui dépassaient du lit ; et étirait les pieds de ceux qui étaient trop petits. Procuste est devenu le symbole du conformisme et de l'uniformisation. On parle couramment de « lit de Procuste » pour désigner toute tentative de réduire les hommes à un seul modèle, une seule façon de penser ou d'agir, et de « Procuste » pour leur auteur. Le « lit de Procuste » désigne également une position sexuelle, qui doit son nom au fait que les jambes d'un des partenaires dépassent du lit. L'utilisation du nom de Procuste dans une métaphore sexuelle était déjà attestée sous l'Antiquité. En mathématiques, l'analyse procustéenne est une technique pour l'étude de la distribution statistique des formes. Elle est utilisée en biologie pour comparer des formes vivantes. Le nom de « Procuste » vient de la nécessité de donner la même taille à tous les spécimens avant de faire les calculs pour éviter un biais. En informatique, on donne parfois le nom de « procuste » ou « procruste » à une affectation de variable formatée, qui consiste à écrêter les éléments excédentaires (troncature) ou à compléter avec des éléments considérés comme neutres (padding) en cas de déficit. Lorsqu'il s'agit de remplir certains formulaires, ce problème est régulièrement vécu par les personnes ayant un prénom ou un patronyme long. Un autre exemple connu de ce type de traitement se rencontre dans l'impression des chèques aux caisses des magasins, où les nombres sont « procustés » par des étoiles (protection contre les falsifications).

Exégète : Personne qui s'occupe d'exégèse. L'exégèse est, en philologie, une étude approfondie et critique d'un texte. On pratique donc l'exégèse comme un travail préalable à l'édition sur les travaux de tous les auteurs, anciens comme contemporains. Les exégèses les plus connues sont celles des auteurs de l'Antiquité, tels Platon, Origène ou Aristote. Synonyme : commentateur.

Furies : Les Furies sont les divinités des Enfers chez les Romains, l'équivalent des Erinnyes ou Euménides, chez les Grecs. Ce sont des divinités infernales chargées d'exécuter sur les coupables la sentence des juges. 

Shabash : Bravo, félicitations.

Rhéostat : Résistance variable qui, placée dans un circuit électrique, permet de régler l'intensité du courant.

Rakshasa : Divinités indiennes, au service du mal ou du bien.

Bhai : Frère (hindi).

Sikh kabab : Le sikh kabab ou kebab seekh est un type de kebab, populaire dans le sous-continent indien, fabriqué avec de la viande hachée ou hachée épicée, façonnée en cylindres sur des brochettes et grillée. Il est généralement cuit sur un mangal ou un barbecue, ou dans un tandoor.

Mangal : Barbecue (Inde).

Khatputli : Le kathputli est une forme théâtrale originaire du Rajasthan mettant en scène des marionnettes à fils manipulées par une communauté Bhatt, les Nat Bhatt. Il signifie "poupée de bois dansante", et serait à l'origine un divertissement princier, transmis de génération en génération dans le cercle familial.

Dithyrambe : Poème lyrique exprimant l'enthousiasme. Éloge enthousiaste, souvent excessif, pompeux et emphatique. 

Sannyasa : Mot sanskrit généralement traduit par « renonciation ». C'est le renoncement à l’ego, aux notions de « je » et de « mien ». Le sannyāsa désigne, dans la tradition du sanātana dharma, le renoncement au monde.

Sébile : Petite coupe de bois (notamment pour mendier, recueillir les aumônes).

Bhurta : Le plat nommé bhurta, ou bharta, est un mélange de légumes en purée, légèrement frit, dans la cuisine de l'Inde, du Bangladesh et du Pakistan. Une de ses versions les plus connues est le baingal ka bhurta à base d’aubergines.

Paratha : Un paratha, parantha ou parauntha est un pain plat indien qui contient de la graisse végétale. C'est l'un des pains les plus populaires des cuisines indienne et pakistanaise, entre autres. Le paratha peut être fourré de légumes ou simplement dégusté accompagné d'un chutney ou de yaourt.

Lakshmi :  Lakshmi ou Laxmi est la déesse hindoue de la richesse, de la prospérité (matérielle et spirituelle), la fortune et l'incarnation de la beauté.

Sethji : Seth, marchand ou banquier. Le ji s'ajoute quand on s'adresse à quelqu'un (hindi).

Shakti : Shakti est dans l'hindouisme l'énergie féminine divine, et la consort de Shiva.

Yatri : Voyageur.

Pugri : Turban.

Bibiji : Bibi, grand-mère ; ji, quand on s'adresse à quelqu'un (hindi).

Bhangi : Font partie des Intouchables. Balayeur, nettoyeur de latrines...

Chaprassi : Fonctionnaire, messager officiel.

Dupatta : Le dupatta est une écharpe longue qui fait partie du code vestimentaire des femmes en Asie du Sud et s'accorde à leurs vêtements. Le dupatta est souvent porté avec le salwar kameez et le kurta, mais est aussi porté avec le choli ou le gharara. Le dupatta a longtemps été un symbole de modestie dans l'habillage sud-asiatique.

Dholki : Le Dholki est un tambour à deux têtes sud-asiatique. Il est également connu sous le nom de Nal. Il est tendu des deux côtés. 

Gana : Assemblée, troupe. Chanson.

Shangri-La : Shangri-La est un lieu imaginaire décrit dans le roman Lost Horizon (Les Horizons perdus), écrit par James Hilton en 1933, et adapté au cinéma par Frank Capra en 1937.

Thela : Petite charrette où des vendeurs disposent de la nourriture à vendre.

Myélome : Le myélome est un type de cancer qui débute dans la moelle osseuse et qui affecte les plasmocytes, un type de globules blancs. 

Gulistan : Le Golistan, ou Gulistan (en persan : « Jardin des roses ») est un recueil de poèmes et d'histoires écrit par le poète persan Saadi au XIIIe siècle.  

BostanLe Bustan, ou Bostan (en persan : « Jardin des fruits », ou « Verger ») est un recueil de poèmes et d'histoires écrit par le poète persan Saadi au XIIIe siècle. C'est son autre grande œuvre avec le Golistan (Jardin des roses).

Continuum : Ensemble d'éléments homogènes. Phénomène progressif dont on ne peut considérer une partie que par abstraction.

Gahara : Un gharara est un costume traditionnellement porté par les femmes musulmanes de l'Hindi Belt. Il se compose d'un kurta (une tunique descendant jusqu'à la mi-cuisse), un dupatta (large étole ou voile), et surtout, un pantalon froncé au niveau du genou afin qu'ils élargissent considérablement.  

Bandh : Bandh est une forme de protestation utilisée par des militants politiques dans des pays d’Asie du Sud tels que l’Inde et le Népal. Cela ressemble à une grève générale. Pendant un bandh, un parti politique ou une communauté déclare une grève générale.

Goule : Vampire femelle des légendes orientales.

Achkan : Achkan, également connu sous le nom de Baghal bandi, est une veste longue portée par les hommes dans le sous-continent indien, en particulier en Inde, au Népal, au Bangladesh et au Pakistan.

Ghat : En Inde, un ghat est un ensemble de marches ou de gradins qui recouvrent les rives des cours d'eau ou les berges des bassins ou tanks. Ils permettent de descendre au contact de l'eau, le plus souvent d'un fleuve sacré, par exemple le Gange à Haridwar et Varanasi (Bénarès).

Funtoosh : Interjection (hindi ?) pour "fini, terminé" ou "bien sûr !".