Les voitures du XIXe sont encore tirées par les chevaux. La traction hippomobile, plus rarement appelée traction chevaline ou traction équestre, est l'utilisation de chevaux comme force de traction des véhicules. Un cheval, comme tout animal à quatre pattes, peut tirer sur de longues distances un objet lourd s'il glisse (un traineau sur la neige), s'il roule (wagon par exemple) et bien plus lourd encore s'il est flottant (péniche).

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La traction animale (boeufs) est sans doute utilisée depuis la préhistoire, et pour de charges lourdes notamment depuis l'invention de la roue.

Le chariot médiéval typique est une voiture à quatre roues, avec une couverture sur arceau pour le protéger de la pluie ou du soleil le cas échéant. La forme traditionnelle des roues et châssis a peu évolué depuis l'âge du bronze et il est très probable que le pivotement de l'essieu avant soit rudimentaire. Les chariots ont été largement utilisés par l'aristocratie (dont pour transporter les femmes), et pourraient avoir parfois été minutieusement décorés puis dorés. Ces voitures étaient souvent à quatre roues et tirées par un attelage de 2 à 4 chevaux. Le bois et le fer en sont les principaux matériaux ainsi que parfois le cuir brut.

L'établissement des relais de poste est un progrès : les diligences peuvent remplacer, à intervalles réguliers, leurs chevaux fatigués par des chevaux frais. Cela leur permet d'assurer une vitesse moyenne allant jusqu'à 120 kilomètres par jour. Ce mode de transport connaît son apogée vers 1850 (mais les Romains l'utilisaient déjà sur certaines voies romaines).

Les routes sont longtemps en terre, et peu utilisables l'hiver par temps pluvieux ; le transport par la voie d'eau est donc développé parallèlement quand il est possible, permettant de faire tirer une charge importante (péniche de 30 à 40 m parfois) par un même animal.

Au début de la révolution industrielle, le cheval est encore très présent, par exemple pour les omnibus (transportant une dizaine de passagers à environ 8 à 9 km/h), la traction hippomobile sur rail et sur chemins de halage, ainsi que dans les transports publics urbains (parisiens notamment), puis l'invention du moteur et de l'automobile rend les solutions hippomobiles apparemment caduques.

De nos jours, ce mode de traction a fortement régressé dans les pays dits « développés » où son utilisation principale se cantonne aux loisirs, au tourisme, à certaines courses hippiques ou encore aux cérémonies monarchiques, la lenteur des chevaux permettant au peuple de voir ses princes et princesses. Elle est cependant encore beaucoup utilisée dans le tiers monde, y compris en ville dont au Sénégal où l'on comptait encore environ 434 000 chevaux en 1993 (dont près de 80 % dans le bassin arachidier).

Elle connait un regain d'intérêt dans certaines villes souhaitant se passer de véhicules motorisés pour le transport de personnes ou de biens.

Les besoins de la traction hippomobile ont donné lieu au développement de races de « chevaux de traits » sélectionnées pour cette utilisation, avec des animaux utilisés en mer (pour collecte du goémon par exemple) ou sous terre (chevaux de mines).

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En français, il n’existe pas, dans le langage courant actuel, de terme pouvant désigner la voiture hippomobile en général, équivalent à l’anglais carriage. La tendance actuelle est d’employer le mot calèche, souvent appliqué indifféremment à tout objet à roues tiré par un cheval, alors qu’une calèche est en réalité un type bien précis de voiture. Le nom voiture se réfère presque automatiquement à l’automobile. Les mots coche, puis carrosse ont été ainsi utilisés de manière générique, donc au prix d’une certaine imprécision, comme peuvent l’être les mots char ou carriole ou encore attelage. Dans l'usage récent, le mot hippomobile est parfois utilisé comme un nom, par opposition à automobile, comme synonyme de voiture hippomobile.

Un peu de mécanique

Si les voitures destinées au transport des marchandises, lourdes et lentes, n’ont pas de suspensions destinées à amortir les chocs dus aux accidents du terrain, en revanche la question se pose dès qu’il s’agit de transporter des personnes. Les premières solutions résident dans l’élasticité relative de la caisse, fabriquée dans une sorte de treillis d’osier. Certaines voitures jouent sur l’élasticité des montants qui supportent la caisse, en bois et très longs, les roues étant placées à l’extrémité de ces montants et non directement sous la caisse, comme dans les voitures russes, tarantass ou télègue, ainsi que quelques chaises européennes. Les suspensions proprement dites apparaissent avec le coche, dont la caisse est littéralement « suspendue » à quatre barres de métal, et non posée directement sur les essieux. L’évolution de cette suspension se fait progressivement : la caisse est reliée par des soupentes en cuir à des moutons, sortes de piliers en bois reposant sur les essieux. Peu à peu, pour ajouter de l’élasticité, viennent les ressorts à lames. Les ressorts adoptent différentes formes, d’abord droits, placés verticalement, se courbent en C. Puis, assemblés par deux dans une forme elliptique, ils constituent la suspension définitive des voitures du XIXe siècle, comme celle des premières automobiles. Les voitures d’attelage modernes bénéficient aujourd’hui de suspensions et d’amortisseurs issus de l’automobile.

Afin d’assurer la traction par les animaux, la voiture comprend des pièces spécifiques d’attelage : les limons, ou brancards, au nombre de deux, parfois de trois, sont des pièces de bois dont la longueur est supérieure à la longueur d’un cheval. L’animal est attelé entre les deux limons. S’il y a trois limons, on attelle deux chevaux. Les limons sont courbés de manière que, partant de l’essieu avant, ils atteignent la hauteur du corps du cheval. Solidaires de l’essieu, ils jouent le rôle d’un levier pour lui permettre de tourner autour de l’axe constitué par la cheville ouvrière. L’ensemble des limons et de leur jonction s’appelle limonière.

Dans le cas d’un attelage à plusieurs chevaux côte à côte, on utilise le timon, qui est un limon central. Dans les attelages à plus de deux chevaux, ou les attelages en flèche ou en tandem, les chevaux attelés aux limons ou au timon sont les limoniers ou les timoniers, ceux de devant, qui tirent la charge par les bricoles, sont les chevaux de volée.

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D’autre part, la traction des chevaux se fait par les traits, courroies de cuir qui passent sur le poitrail de l’animal et dont les extrémités sont fixées à une barre de bois ou de fer, le palonnier, lui-même attaché par son milieu au châssis de la voiture. Le palonnier permet aux traits de tirer alternativement à droite et à gauche suivant la marche du cheval, et de ne pas le blesser au poitrail. Lorsque deux chevaux sont attelés, leurs palonniers respectifs sont reliés à un maître palonnier ou balance. Une balance réglable permet de décaler d’un côté ou de l’autre la fixation centrale, afin d’équilibrer les efforts lorsque les chevaux sont de forces inégales.

La troïka russe est un attelage particulier, à trois chevaux. Le cheval placé au centre, le limonier, entre les brancards reliés par un arceau caractéristique, est un trotteur, tandis que les chevaux latéraux, les bricoliers, plus petits, sont des galopeurs.

Une typologie précise est difficile à établir, étant donné le grand nombre de modèles différents et de leurs hybridations, ainsi que les différentes appellations suivant les lieux géographiques.  

D'après Wikipédia