Le XIXe siècle voit un déclin relatif de la puissance danoise. Allié forcé de Napoléon Ier pendant les guerres napoléoniennes, le Danemark est bombardé par l'Angleterre en 1807 et encerclé par un blocus portuaire par la flotte britannique ; l'économie danoise en souffre énormément, jusqu'à ce que l'État danois entre en faillite en 1814. La Suède de Charles-Jean en profite pour attaquer le Danemark, forçant Frédéric VI à signer le traité de Kiel le 14 janvier 1814 transférant le royaume de Norvège à la Suède, à l'exception du Groenland, de l'Islande et des îles Féroé, qui sont laissées au Danemark.

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Frédéric VI

Exsangue de ces revers militaires et économiques, la royauté est contrainte de délivrer des concessions au peuple : en 1831, Frédéric VI instaure des assemblées d'État provinciaux. Mais le mouvement nationaliste du Danemark devient de plus en plus puissant tout au long du XIXe siècle. Dans le sillage des révolutions européennes de 1848, le Danemark devient une monarchie constitutionnelle par la signature d'une première Constitution parlementaire le 5 juin 1849 : la diète se compose de deux assemblées, le Folketing (Chambre du peuple) et le Landsting (Chambre des grands propriétaires).

Le règlement de la future succession au trône donne lieu en 1848 à de troubles entre nationalistes danois et activistes allemands, le Sleswig, le Holstein et le Lauenbourg ayant tenté à cette occasion de se séparer du Danemark, avec l'appui de la Prusse. Toutefois, à la mort de Frédéric VII de Danemark (1863), l'Allemagne réunie à Francfort réclame l'indépendance du Holstein et du Sleswig, ce qui donne lieu à deux guerres des Duchés dont la seconde en 1864 est désastreuse pour le Danemark : il est contraint de céder ces trois duchés.

De 1815 à 1914, plus de trois cent mille danois émigrent définitivement, la plupart vers les États-Unis. En 1901, le régime parlementaire est instauré de facto. Durant les premières décennies du XXe siècle, le nouveau Parti radical et le plus ancien Parti libéral se partagent le pouvoir. Les femmes obtiennent le droit de vote en 1915 et quelques-unes des colonies danoises sont vendues aux États-Unis. Durant cette période, le Danemark inaugure d'importantes réformes sociales et du marché du travail, jetant les bases de l'état-providence actuel.

Resté neutre pendant la Première Guerre mondiale, le conflit global affecte néanmoins considérablement le pays : le commerce a été largement interrompu, suivi par l'instabilité financière en Europe. Néanmoins, le Danemark a repris en 1920 une partie du Schleswig-Holstein, le Nord-Schleswig à l'issue de deux plébiscites organisés par le Traité de Versailles.

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Copenhague, 1900

Malgré une déclaration de neutralité au début de la Seconde guerre mondiale, le 9 avril 1940, la Wehrmacht envahit le Danemark, sans rencontrer de résistance, le roi Christian X étant conscient de la supériorité militaire du Troisième Reich. Le roi propose en vain à Adolf Hitler le régime du protectorat. Le pays est occupé pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Pendant cette occupation, une résistance danoise se développe. Néanmoins, l'occupation du Danemark s'opère dans des conditions très douces comparées à celles du reste de l'Europe ; le Parlement peut maintenir ses sessions et la police reste sous contrôle danois. Cette occupation n'a pas empêché que la population devienne de plus en plus hostile aux Allemands, les actes violents de résistance, et l'organisation du sauvetage des Juifs ayant permis de protéger quelque 93 % de la population juive, ayant conduit l'Allemagne nazie à considérer le Danemark comme territoire ennemi dès 1942 et à dissoudre le gouvernement danois en 1943. Le pays est libéré en mai 1945.

En 1944, l'Islande rompt l'union personnelle avec le Danemark, qui reconnait la séparation au terme immédiat de la Seconde guerre mondiale.

D'après Wikipédia