Théophile Gautier, né à Tarbes le 30 août 1811 et mort à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872, est un poète, romancier et critique d'art français. Il laisse l'image d'un témoin de la vie littéraire et artistique de son temps dont les conceptions artistiques ont compté et dont l'œuvre diverse est toujours reconnue.

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Il a trois ans lorsque sa famille s'installe à Paris. Malgré son jeune âge, il s'habitue mal à son nouvel environnement. Étonnamment précoce, il n'a que cinq ans quand il commence à lire. Ses premières grandes passions sont Robinson Crusoé ou Paul et Virginie, qui lui font une vive impression ; il rêve alors de devenir marin, avant de se passionner pour le théâtre, notamment pour la peinture des décors.

Au lycée, il commence à manifester un goût particulier pour les poètes latins tardifs dont la langue étrange le fascine. Il est en première lorsqu'il commence à fréquenter l'atelier du peintre Louis-Édouard Rioult et découvre à cette occasion qu'il souffre de myopie.

Le 27 juin 1829, Gautier rencontre celui qui va devenir son « maître » en littérature, Victor Hugo. Cet évènement précipite sa carrière d'écrivain. Le 25 février 1830, il participe à la fameuse bataille d'Hernani, vêtu d'un gilet rouge qui marquera durablement les esprits. Le soir même, cet hernaniste acharné quitte l'atelier de Rioult. Il mène toutes les grandes campagnes romantiques contre le classicisme, « toutes ces larves du passé et de la routine, tous ces ennemis de l’art, de l’idéal, de la liberté et de la poésie, qui cherchent de leurs débiles mains tremblotantes à tenir fermée la porte de l’avenir. » Dans le même temps, il écrit un premier recueil de vers, dont son père finance la publication. L'œuvre sort en 1830 et passe totalement inaperçue. Ces premières poésies montrent pourtant un jeune poète fort habile, ayant déjà acquis la manière de ses illustres prédécesseurs. Gautier y fait cependant preuve d'une originalité réelle par un sens inné de la forme et une expression nette et précise.

Il continue à fréquenter Victor Hugo et ses proches. C'est dans ce cénacle qu'il rencontre entre autres l'éditeur romantique Eugène Renduel. À sa demande il écrit en 1833 Les Jeunes-France, qui rendent compte avec truculence de la vie des artistes qui forment le Cénacle. Deux ans plus tard, il publie également chez Renduel Mademoiselle de Maupin (1835), qui fait un véritable scandale.

Honoré de Balzac, qui apprécie les jeunes talents, envoie Jules Sandeau leur proposer de contribuer au journal La Chronique de Paris en 1836. Gautier y publie des nouvelles comme La Morte amoureuse et La Chaîne d'or et des critiques d'art. Il sera fort impressionné par le « maître » et plus tard, il contribuera à sa légende avec des portraits biographiques d'Honoré de Balzac.

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Il travaille également pour le magazine La France littéraire, et pour le quotidien La Presse. On évalue à plus de deux mille le nombre des feuilletons et articles qu'il aurait rédigés pour ce journal. Tous ses articles sont allègrement écrits dans une langue nette, souple, impeccable et brillante. Gautier invente à sa manière une écriture de critique d'art qui ne vise pas seulement au jugement, à l'analyse, mais aussi à recréer la justesse du sentiment esthétique. Il cherche à rendre, au moyen de mots, la sensation visuelle, musicale produite par la perception directe de l'œuvre d'art. Cette tâche de chroniqueur l'occupe toute sa vie. Cette besogne quotidienne ne l'empêche pas de faire du sport (de la boxe et du canotage) et de continuer à créer des œuvres poétiques et dramatiques. Ainsi en 1838 paraît La Comédie de la Mort, un recueil de poèmes assez différent des précédents où, sous l'influence de Shakespeare, Goethe et Dante, Gautier sculpte avec vigueur le spectre de la Mort. En 1839, Gautier cède à la tentation du théâtre qu'il admire depuis toujours et écrit Une larme du diable puis Le Tricorne Enchanté et Pierrot Posthume. Ce sont des fantaisies, des pastorales féeriques, un théâtre lyrique, impossible et imaginaire qu'il fait vivre encore dans les livrets de plusieurs ballets, dont le plus célèbre est celui de Giselle, dansé à l'Opéra le 28 juin 1841, avec un succès prodigieux.

En juillet 1839, Gautier propose un feuilleton au journal La Presse : La Toison d'Or, une belle histoire d'amour romantique. Un récit paraîtra également dans le volume de 1865 : Loin de Paris.

Le 5 mai 1840, il part en compagnie d'Eugène Piot, son colocataire, pour l'Espagne. Son Voyage en Espagne, sorte de carnets d'impressions vigoureux, est marqué par la fraîcheur du regard, l'étonnement de la vision et le souci toujours exacerbé de la justesse du dire. Ces visions donnent lieu à de nouveaux vers, España, qui paraissent dans le recueil des Poésies complètes en 1845. Ce premier voyage en amène bien vite d'autres. En 1845 c'est l'Algérie, en 1850 l'Italie, en 1852 la Grèce et la Turquie, en 1858 la Russie et en 1869 l'Égypte (envoyé par le Journal Officiel pour l'inauguration du canal de Suez). Chacun de ces voyages donne lieu à des publications et nourrissent ses œuvres littéraires, romans, nouvelles ou poésies.

Très intéressé par la photographie, il devient membre en 1851 de la Société héliographique.

À côté de son travail de critique, qu'il poursuit au Moniteur universel, Gautier garde toujours une prédilection pour la poésie : elle demeure sa passion, sa distraction, son exercice quotidien. 

En 1857, Gautier s'installe avec sa compagne, Ernesta Grisi (sœur de la danseuse Carlotta Grisi dont il sera l'amant), ses filles, Judith et Estelle ainsi que ses deux vieilles sœurs, à Neuilly-sur-Seine, dans une petite maison où il se plaît à recevoir ses amis : Baudelaire qu'il rencontre régulièrement, Dumas fils, Ernest Feydeau, Gustave Flaubert, Puvis de Chavannes ou encore Gustave Doré.

De sa liaison avec Eugénie Fort, une très belle femme, plus jeune que lui et d'origine espagnole, il a eu un fils, Théophile Gautier fils, né le 29 novembre 1836, qui suppléera son père plusieurs fois au Moniteur universel.

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En 1844 Théophile Gautier fonde le club des Hashischins avec Jacques-Joseph Moreau, club voué à l'étude du cannabis. Ce club sera fréquenté par de nombreux artistes de l'époque, dont Charles Baudelaire.

Élu en 1862 président de la Société nationale des Beaux-Arts, il est entouré d'un comité composé des peintres les plus prestigieux : Eugène Delacroix, Pierre Puvis de Chavannes, Édouard Manet, Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Gustave Doré. Cette élection à un poste en vue provoque l'envie d'une partie des littérateurs moins connus et il échoue à être admis à l'Académie française, malgré quatre candidatures (en 1856, 1867, 1868 et 186913).

Profondément ému par les événements militaires de 1870, Gautier revient à Paris, où il finit ses jours, rongé par la maladie, mais conscient du devoir d'enseignement et d'exemple dont il est investi auprès des jeunes générations. Il est invité par Victor Hugo dans sa maison de Guernesey mais il est trop tard et le 23 octobre 1872 dans la nuit, son cœur cesse de battre. 

Œuvre

Romans

  • Mademoiselle de Maupin. Double amour (1835).
  • L'Eldorado, devenu, très vite, Fortunio (1837-1838).
  • Militona (1847).
  • Les Roués innocents (1847).
  • Les Deux étoiles (1848), devenu Partie carrée (1851), et, enfin, La Belle Jenny (1865).
  • Jean et Jeannette (1850).
  • Le Roman de la momie (1858).
  • Le Capitaine Fracasse (1863).

En outre, Th. Gautier est l'un des quatre auteurs du roman par lettres La Croix de Berny (1845).

Il a aussi écrit une trentaine de contes et nouvelles, pour la plupart de nature fantastique, des récits et essais, de la poésie, du théâtre, du ballet et, bien sûr, de nombreux articles de presse.

D'après Wikipédia