Une nouvelle, ou court roman, que je ne connaissais et que j'ai beaucoup appréciée.

INCIPIT

Après les désastres de la Révolution de juillt qui détruisit plusieurs fortunes aristocratiques, madame la princesse de Cadignan eut l'habileté de mettre sur le compte des événements politiques la ruine complète due à ses prodigalités.

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RESUME

1833. Retirée du monde à trente-six ans (un "grand âge" pour la femme à cette époque...), la princesse Diane de Cadignan était auparavant une croqueuse de fortunes et d’hommes. La liste de ses amants est interminable. Avec la marquise d’Espard, seule personne avec qui elle a des relations franches, elles s’avouent mutuellement n’avoir jamais rencontré un amour véritable, celui qui conviendrait à leur « innocence » fondamentale. La marquise d’Espard propose alors à la princesse de lui faire rencontrer un phénomène : Daniel d'Arthez. L’écrivain est sérieux et timide. Diane décide de le séduire... une dernière preuve qu'elle a encore du charme.

MON AVIS

Longue nouvelle ou petit roman, c'est comme on veut. Portrait attachant d'une femme libre, séductrice, mais bien plus fraîche d'esprit qu'il n'y paraît. Elle l'explique très bien elle-même : ces jeunes femmes, mariées très jeunes et sans aucune expérience, à des hommes pas forcément intéressants, ne trouvent de plaisir dans la vie qu'à charmer les hommes et à les soumettre à leur tour. Ce juste "retour" des choses est pourtant sévèrement jugé par la société. Alors que, depuis le début, elles ne rêvent que d'amour...

Toute une époque, toute une vie de femme - universelle -, la séductrice, minutieusement décrite. 

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Les Secrets de la princesse de Cadignan est paru dans le journal La Presse en 1839, sous le titre Une princesse parisienne, puis publiée en volume dans le tome XI de l’édition Furne de La Comédie humaine. Elle fait partie de Scènes de la vie parisienne.

C’est une des plus intéressantes Études de femmes. On y retrouve des figures importantes du monde balzacien, notamment deux éternels dandys, Eugène de Rastignac et Maxime de Trailles, ainsi que la marquise d’Espard. Mais ce monde-là joue un jeu beaucoup plus subtil que celui des salons aux intrigues mesquines. Il s’agit d’un jeu de séduction particulièrement raffiné. À travers les amours de la princesse se découvre aussi, sous un jour nouveau, le très sérieux Daniel d'Arthez, sage conseiller du Cénacle qui entourait Lucien de Rubempré dans Illusions perdues et le poussait à travailler pour devenir un véritable écrivain. Ici, le miséreux d’Arthez, qui vivait dans une chambre de bonne, est devenu un écrivain estimable. S’il n’a pas encore atteint la gloire, il est déjà reconnu, fréquente le meilleur monde, et il a une position politique.

Dans une lettre à Évelyne Hańska en date du 15 juillet 1839, Balzac résume ainsi sa nouvelle : « C’est la plus grande comédie morale qui existe. C’est l’amas de mensonges par lequel une femme de trente-sept ans, la duchesse de Maufrigneuse, devenue princesse de Cadignan par succession, parvient à se faire prendre pour une sainte, une vertueuse, une pudique jeune fille par son quatorzième adorateur. […] Le chef-d’œuvre est d’avoir fait voir les mensonges comme justes, nécessaires, et de les justifier par l’amour. » Balzac disait de ce texte qu'il était un diamant. Il met en scène un personnage qui se veut le romancier de sa propre histoire, et c'est la capacité de d'Arthez à reconnaître ces « mensonges vrais » qui lui donnera l'amour de Diane. Il est à remarquer qu'il s'agit de la seule œuvre de La Comédie humaine qui se termine sur une note résolument optimiste. Ses personnages réalisent en fait un fantasme balzacien, celui du couple de la grande dame et de l'artiste. Son dénouement explique la pirouette de la dernière phrase : « Est-ce un dénouement ? Oui, pour les gens d’esprit ; non, pour ceux qui veulent tout savoir. » On a vu là une allusion aux amours de Cordélia de Castellane avec Chateaubriand (D’Arthez est aussi homme d’État).

Révolution de juillet

La révolution de Juillet est la deuxième révolution française après la Révolution française de 1789. Elle porte sur le trône un nouveau roi, Louis-Philippe Ier, à la tête d'un nouveau régime, la monarchie de Juillet, qui succède à la Seconde Restauration. Cette révolution se déroule sur trois journées, les 27, 28 et 29 juillet 1830, dites « Trois Glorieuses ».

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Téléfilm de 1982

Après une longue période d’agitation ministérielle, parlementaire et journalistique, le roi Charles X avait tenté par un coup de force constitutionnel de freiner les ardeurs des députés libéraux par ses ordonnances de Saint-Cloud du 25 juillet 1830. En réponse, des Parisiens se soulèvent, dressent des barricades dans les rues, et affrontent les forces armées, commandées par le maréchal Marmont, au cours de combats qui font environ 200 morts chez les soldats et près de 800 chez les insurgés. L'émeute se transforme rapidement en insurrection révolutionnaire.

Charles X et la famille royale fuient alors Paris. Les députés libéraux, majoritairement monarchistes, prennent en main la révolution populaire. Au terme de l’« hésitation de 1830 », ils optent finalement pour une monarchie constitutionnelle plus libérale à l'aide d'un changement de dynastie. La maison d’Orléans, branche cadette de la maison de Bourbon, succède ainsi à la branche aînée ; le duc d'Orléans est proclamé « roi des Français » et non plus « roi de France », sous le nom de Louis-Philippe Ier.

Madame

Madame, sans aucune autre précision, est citée plusieurs fois. Il s'agit en fait de Madame Royale, la fille aînée de Louis XVI et Marie-Antoinette, qui avait échappée à la guillotine. 

"Madame" est le titre donné, sous l'Ancien Régime, à la fille aînée du roi ou du dauphin, ou la femme de Monsieur, frère du roi.

Marie-Thérèse Charlotte de France, surnommée « Madame Royale » (pour la distinguer de la soeur du roi), née le 19 décembre 1778 à Versailles et morte le 19 octobre 1851 à Frohsdorf en Autriche, est le premier enfant de Louis XVI et Marie-Antoinette. Après une enfance passée à la Cour, elle est la seule des enfants royaux à survivre à la Révolution française. Condamnée par les insurgés puis réduite à l’exil, Marie-Thérèse Charlotte, devenue Dauphine de France en 1824, et qui aurait pu devenir reine de France lors des journées de 1830, reste attachée à la monarchie jusqu’à la fin de sa vie. Elle est duchesse d'Angoulême par son mariage en 1799.  

Parce qu'elle reste le dernier enfant survivant de Louis XVI et Marie-Antoinette, « Madame » a profondément marqué certains esprits. Chateaubriand a écrit d'elle : « Ses souffrances sont montées si haut qu’elles sont devenues une des gloires de la France ». De même, la duchesse de Dino affirmait : « Jamais une femme dans l’histoire ne fut plus poursuivie par le malheur ».

MES EXTRAITS FAVORIS

Nous n'aimons jamais les hommes qui se font nos instituteurs, ils froissent trop nos petites vanités.

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Nous pouvons aimer sans être heureuses, nous pouvons être heureuses et de ne pas aimer ; mais aimer et avoir du bonheur, réunir ces deux immenses jouissances humaines, est un prodige.

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L'une des gloires de la Société, c'est d'avoir créé la femme là où la Nature a fait une femelle ; d'avoir créé la perpétuité du désir là où la Nature n'a pensé qu'à la perpétuité de l'espèce ; d'avoir enfin inventé l'amour, la plus belle religion humaine.

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Si j'avais à opter, je préférerais encore être femme. Le beau plaisir de devoir ses triomphes à la force, à toutes les puissancs que vous donnent des lois faites par vous ! Mais quand nous vous voyons à nos pieds disant et faisant des sottises, n'est-ce donc pas un enivrant bonheur que de sentir en soi la faiblesse qui triomphe ?

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Fusée : En forme de losange (héraldique).

FascePièce honorable simple de l'écu qui traverse le champ d'un flanc à l'autre (horizontalement et en son milieu) (héraldique).

Bezan, besanPièce ronde toujours de métal (or ou argent) posée sur couleur (héraldique).

TenantÊtre humain, ange ou sirène tenant latéralement l'écu (héraldique).

TourteauMeuble d'armoirie rond et plat de couleur ou de fourrure (héraldique).

Badiner : Flotter, voltiger.

AntinoüsAntinoüs est un jeune homme originaire de Bithynie ayant vécu au IIe siècle apr. J.-C., plus connu comme favori et amant de l'empereur romain Hadrien. Il meurt âgé de 20 ans environ, noyé dans le Nil, dans des circonstances qui restent mystérieuses. Divinisé par Hadrien, Antinoüs est représenté par un grand nombre d'œuvres d'art qui en font l'un des visages les plus célèbres de l'Antiquité.

TigrePetit groom.

EpictèteÉpictète, qui signifie « homme acheté, serviteur », était un philosophe de l’école stoïcienne. Sa vie est relativement peu connue, et il ne laisse aucune œuvre écrite de sa main. Son disciple Arrien assurera la transmission de son œuvre en publiant les notes prises lors des leçons de son maître, en huit livres, dont la moitié sont aujourd'hui perdus, ainsi qu'un condensé de doctrine morale, le Manuel, textes qui eurent une influence certaine sur Marc Aurèle. Épictète met fortement en avant la partie éthique de la philosophie. Bien qu'il enseigne également la logique stoïcienne, il insiste fortement sur la prépondérance de l'action, et sa philosophie est avant tout pratique. Fidèle aux conceptions traditionnelles de l'école du portique, il présente l'Homme comme soumis à un destin rationnel (fatum stoicum) et inexorable, ordonné par les lois de la nature. Son enseignement se veut une méthode pour atteindre le bonheur en se concentrant uniquement sur ce qui dépend de nous et en acceptant tout décret du destin (dans le sens stoïcien) . L'Homme doit donc accomplir son devoir en dépit des circonstances, en tenant compte de sa nature sociale et en considérant les autres de manière rationnelle et bienveillante.

Capilotade : Ragoût fait de restes de volailles ou de viandes déjà cuites. Mise en pièces de manière à produire une impression de mélange confus, de gâchis. Mise en pièces, produite par des coups et blessures.

Paraphernal : Biens paraphernaux, biens qui sont la possession d'une femme mariée sans faire partie de sa dot et qu'elle peut administrer à sa convenance.