J'ai adoré ce roman quand j'étais ado mais curieusement je ne l'ai jamais relu. Voilà qui est chose faite !

INCIPIT

Rue Neuve-Saint-Augustin, un embarras de voitures arrêta le fiacre chargé de trois malles, qui amenait Octave de la gare de Lyon.

00h

RESUME

Le héros est Octave Mouret (déjà aperçu dans La Conquête de Plassans). Il a 22 ans, est très soigné. Il arrive à Paris pour trouver un poste dans la vente de tissu, beaucoup plus florissante à Paris. Il est logé dans un immeuble, dans une chambre de bonne, par les Campardon, monsieur Campardon lui ayant trouvé un emploi chez les Hédouin, qui dirigent Au Bonheur des Dames, un petit magasin qui n’a alors pas vraiment pignon sur rue. Octave, qui est arrivé avec la ferme idée de conquérir une belle Parisienne, fait déjà son choix parmi les femmes du coin. Dans son immeuble, aux étages bourgeois, vivent plusieurs couples ou familles...

MON AVIS

Pas si emballée que ça. C'est bien, mais sans plus. Au fond, il ne se passe pas grand-chose (à part le terrible accouchement d'Adèle) : un immeuble, des gens qui vont qui viennent, des femmes qui s'ennuient qui prennent des amants, des hommes qui troussent les bonnes et les bourgeoises désoeuvrées... j'ai trouvé ça un peu répétitif !

Cet Octave Mouret est détestable ; plusieurs fois, il "prend" de force. La façon dont sont traitées les femmes est méprisable. Même si certaines sont de nature "légère" (mais elles ont bien le droit), c'est l'homme qui reste maître du jeu. C'est particulièrment choquant à notre époque, mais on peut remercier Zola de son réalisme, car au travers de ces scènes et de ces personnages, il montre que cette attitude masculine est totalement irrespectueuse.

Il n'y a aucune femme heureuse dans ce roman, et c'est vachement triste...

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Pot-Bouille est publié en 1882, dixième de la série Les Rougon-Macquart. Le mot « pot-bouille » désignait au XIXe siècle, en langage familier, la cuisine ordinaire des ménages, en gros synonyme de popote. Mais il n’est pas question de cuisine, sinon au sens figuré : Zola veut en effet montrer l’envers du décor d’un grand immeuble parisien où, derrière un luxe de façade, vivent des familles bourgeoises dont le comportement quotidien est aussi peu ragoûtant qu’un médiocre brouet, un pot-bouille.

Pot-Bouille paraît d'abord sous forme de feuilleton dans Le Gaulois entre le 23 janvier 1882 et le 14 avril 1882. La publication en un volume a lieu le 15 avril 1882, au moment où le feuilleton se termine.

02

Film de 1957

 

A noter : j'ai lu ce roman sur liseuse ; le texte ne comportait aucun accent ! Franchement, ceux qui gèrent les oeuvres sur informatique se fichent vraiment du lecteur ! Une fois, c'est la mise en page qui est bâclée, d'autre fois c'est émaillé de fautes de frappe... là, c'était les accents. La lecture est beaucoup moins agréable car on se heurte souvent à des mots qui semblent ne vouloir rien dire ou prêtent à confusion ; et puis on se rend compte qu'en mettant mentalement des accents là où il faut, tout s'éclaire...

MES EXTRAITS FAVORIS

Un silence de mort tomba [dans la cour intérieure de l'immeuble, où les bonnes lancent des détritus depuis leurs fenêtres et s'invectivent les unes les autres]. Toutes, brusquement, avaient replongé dans leur cuisine ; et il ne montait plus, du boyau noir de l'étroite cour, que la puanteur d'évier mal tenu, comme l'exhalaison même des ordures cachées des familles, remuées là par la rancune de la domesticité. C'était l'égoût de la maison, qui en charriait les hontes, tandis que les maîtres traînaient encore leurs pantoufles, et que le grand escalier déroulait la solennité des étages, dans l'étouffement muet du calorifère.

***

On meurt un peu tous les jours, il faut s'habituer.

***

La petite bonne, Adèle : Quel péché avait-elle donc pu commettre, pour que le bon Dieu laissât les hommes s'acharner sur elle ? Après celui-là, un autre ; ça ne finissait pas. Elle ne les agaçait guère cependant, leurs bêtises lui causaient si peu de plaisir, qu'elle restait sale exprès, afin de ne pas leur donner des idées. Ah ouiche ! Ils s'enrageaient davantage, et continuellement, c'était de l'ouvrage en plus. Elle en crevait, elle avait assez de madame Josserand sur le dos, à vouloir qu'on lavât la cuisine chaque matin.

- Vous autres, bégayait-elle en sanglotant, vous dormez tant que vous voulez, après. Mais moi faut que je trime... Non, il n'y a pas de justice ! Je suis trop malheureuse.

- Allons dors ! Je ne te tourmente pas, finit par dire Trublot, bonhomme, pris d'un apitoiement paternel. Va, il y en a, des femmes, qui voudraient être à ta place... Puisqu'on t'aime, grosse bête, laisse-toi aimer !

***

On n'aime bien que les femmes qu'on n'a pas eues.

***

- Voyons mon garçon, vous qui êtes un homme, décidez-la, parlez-lui de son honneur... Ca ne changera rien dans votre vie. Mariez-vous.

Le domestique riait d'un rire farceur et embarrassé. Enfin, il déclara, en regardant la pointe de ses chaussons :

- Bien sûr, je ne dis pas, mais je suis marié.

Cette réponse coupa net la morale du prêtre. Sans ajouter une paroles, il replia ses arguments, il remit en poche Dieu, inutile, désolé de l'avoir risqué dans une telle avanie.

***

Quand ils se sont craché à la figure, ils se débarbouillent avec pour faire croire qu'ils sont propres.

03