Je n'avais encore jamais lu ce livre, seulement vu le film avec Léa Seydoux. Le roman est beaucoup plus riche ! Un incontournable de la littérature !

INCIPIT

Aujourd'hui, 14 septembre, à trois heures de l'après-midi, par un temps doux, gris et pluvieux, je suis entrée dans ma nouvelle place.

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RESUME

1900. Célestine, femme de chambre, arrive dans une nouvelle place. Elle raconte dans son journal ses impressions sur la maison, ses nouveaux maîtres, les autres domestiques, elle nous raconte aussi tous les souvenirs qu'elle a recueillis dans d'autres demeures.

MON AVIS

Un monument de la littérature et un personnage inoubliable ! Cette Célestine, quelle insolence, quelle drôlerie, on l'adore ! Et puis l'instant d'après on la déteste : aucune compassion (mais on peut la comprendre), une attirance pour le vice (Joseph)... Parfois on se demande (et elle aussi du reste), pourquoi elle ne se prostitue pas. Elle gagnerait plus d'argent ! Pourquoi n'épouse-t-elle pas un vieux riche ? Elle serait tranquille pour le restant de ses jours ! Mais elle l'explique : elle aime fréquenter ces milieux bourgeois, elle aime côtoyer le luxe, elle aime récupérer les robes de ses maîtresses... et elle aime sa liberté, son indépendance ! Quand elle en a assez, elle change de maison !

Le ton est extrêmement moderne. Le fait que ce soit Célestine qui nous raconte sa vie avec son propre langage, ses propres outrances, est très vivant et très amusant, car elle ne se refuse aucune moquerie et ne fait jamais dans la fausse pudeur. Le roman a certainement choqué son époque ! On trouve même des mots, que je n'avais jamais vus dans d'autres oeuvres du XIXe et qui sont encore aujourd'hui "à la mode" aujoud'hui : chouette, par exemple, qui n'est devenu ringard que très récemment (ma génération l'employait cent fois par jour) et rigolo...  

Le vocabulaire de Célestine exprime d'ailleurs, d'une façon générale, le caractère "hybride" de sa situation, comme elle le dit elle-même : elle est mi-chemin entre le peuple et les riches. Elle parle donc d'une façon à la fois populaire, mais riche en mots plus "savants" qu'elle a appris au contact de ses maîtres et de leurs invités. Sans éducation, elle met à profit tout ce qu'elle voit et tout ce qu'elle entend.

Mirbeau se met admirablement bien dans la peau d'une femme, il n'y a aucune fausse note. Célestine est femme jusqu'au bout des mots.

Etonnante aussi l'attitude de Joseph, lui-même "hybride" ; violeur, voleur... il respecte pourtant ses maîtres comme s'il s'agissait de sa propre famille !

Ce livre est formidable.

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Journal d'une femme de chambre, film 2015

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Le Journal d’une femme de chambre est paru chez Charpentier-Fasquelle en juillet 1900. Une première version a été publiée en feuilleton dans L'Écho de Paris, du 20 octobre 1891 au 26 avril 1892, alors que le romancier traverse une grave crise morale et littéraire et néglige de peaufiner ses feuilletons avant de les publier en volume. Une deuxième version, fortement remaniée, paraît dans la dreyfusarde Revue blanche en 1900.

La forme du journal, qui permet la juxtaposition des séquences, le passage constant du présent au passé au gré des souvenirs, et le mélange des tons et des genres, contribue à rompre avec la linéarité du roman traditionnel, avec la priorité de l’intrigue et surtout avec la prétendue objectivité des romans qui se veulent réalistes.

Mirbeau donne la parole à une soubrette, Célestine, ce qui est déjà subversif en soi, et, à travers son regard qui perçoit le monde par le trou de la serrure, il nous fait découvrir les nauséabonds dessous du « beau monde », les « bosses morales » des classes dominantes et les turpitudes de la société bourgeoise qu’il pourfend. Échouée dans un bourg normand, chez les Lanlaire, au patronyme grotesque, qui doivent leur richesse injustifiable aux filouteries de leurs « honorables » parents respectifs, Célestine évoque, au fil de ses souvenirs, toutes les places qu’elle a faites depuis des années, dans les maisons les plus huppées, et en tire une conclusion que le lecteur est invité à faire sienne : « Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens. »

Le récit, éminemment démythificateur, constitue une manière d’exploration pédagogique de l’enfer social, où règne la loi du plus fort, à peine camouflée par les grimaces des nantis. Forme moderne de l’esclavage, la condition des domestiques et « gens de maison », comme on disait, est dénoncée par la chambrière, que le romancier dote d’une lucidité impitoyable : « On prétend qu’il n’y a plus d’esclavage… Ah ! voilà une bonne blague, par exemple… Et les domestiques, que sont-ils donc, sinon des esclaves ?… Esclaves de fait, avec tout ce que l’esclavage comporte de vileté morale, d'inévitable corruption, de révolte engendreuse de haines. »

Le domestique est un être « disparate », « un monstrueux hybride humain », qui « n’est plus du peuple, d’où il sort », sans être pour autant « de la bourgeoisie où il vit et où il tend. » Si tous les serfs des temps modernes sont condamnés à l’instabilité, à la surexploitation et à de perpétuelles humiliations, les femmes de chambre sont de surcroît traitées comme des travailleuses du sexe à domicile, ce qui est souvent le premier pas vers la prostitution.

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Mais Mirbeau ne nourrit pour autant aucune illusion sur les capacités de révolte de la gent domestique, qui est aliénée idéologiquement et presque toujours corrompue par ses maîtres : après avoir refusé la place de servante-maîtresse que lui propose le grotesque capitaine Mauger, Célestine, malgré sa lucidité et son dégoût, finit par devenir maîtresse à son tour et par houspiller ses bonnes, dans le petit café de Cherbourg où elle a suivi le jardinier-cocher Joseph, antisémite et sadique, enrichi par le vol audacieux de l’argenterie des Lanlaire, et dont elle s’est persuadée qu’il a violé et assassiné une petite fille…

Au-delà de cette révolte, sans lendemain, contre un ordre social hypocrite et injuste, le journal de la chambrière témoigne d’un écœurement existentiel qui est celui du romancier. Mirbeau s’emploie en effet à susciter chez nous une véritable nausée et met en lumière le tragique de la condition humaine en peignant la vie quotidienne dans tout ce qu’elle a de vide, de vulgaire et de sordide.

Mais, par la magie du style et grâce au secours des mots, qui nous vengent de tous nos maux, le roman-exutoire se révèle paradoxalement tonique et jubilatoire et la nausée apparaît comme la condition d’une élévation.

MES EXTRAITS FAVORIS

C'est rose dessus, oui, et dedans, c'est pourri... Ca ne tient pas debout, ça ne marche pas, ça ne vit qu'au moyen de ceintures, de bandages hypogastriques, de pessaires, un tas d'horreurs secrètes et de mécanismes compliqués... Ce qui ne les empêche pas de faire leur poire dans le monde... Mais oui ! C'est coquet, s'il vous plaît... Ca flirte dans les coins, ça étale des chairs peintes, ça joue de la prunelle, ça se trémousse du derrières ; et ça n'est bon qu'à mettre dans des bocaux d'esprit de vin...

 

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- Vous habituez-vous ici, Célestine ?

Cette question ?... Si je m'habitue ici ?... Voilà trois heures que je suis ici... j'ai dû me mordre les lèvres pour ne pas pouffer... Il en a de drôles, le bonhomme... et vraiment il est un peu bête

***

J'adore servir à table. C'est là qu'on surprend ses maîtres dans toute la bassesse de leur nature intime. Prudents d'abord, et se surveillant l'un l'autre, ils en arrivent peu à peu, à se révéler, à s'étaler tels qu'ils sont, sans fard et sans voiles, oubliant qu'il y a autour d'eux quelqu'un qui rôde et qui écoute et qui note leurs tares, leurs bosses morales, les plaies secrètes de leur existance, tout ce que peut contenir d'infamies et de rêves ignobles le cerveau respectable des honnêtes gens. Ramasser ces aveux, les étiqueter dans notre mémoire, en attendant de s'en faire une arme terrible, au jour des comptes à rendre, c'est une des grandes et fortes joies du métier, et c'est la revanche la plus précieuse de nos humiliations.

***

On n'a même pas le temps de s'asseoir dans la lingerie et de souffler un peu que... drinn ! drinn ! drinn ! il faut se lever et repartir... Cela ne fait rien qu'on soit indisposée... drinn ! drinn ! drinn ! Moi, dans ces moments-là, j'ai aux reins des douleurs qui me plient en deux, qui me tordent le ventre, et me feraient presque crier... drinn ! drinn ! drinn ! Ca ne compte pas... On n'a pas le temps d'être malade, on n'a pas le droit de souffrir... La souffrance c'est un luxe de maître... Nous, nous devons marcher, et vite, et toujours marcher... au risque de tomber... drinn ! drinn ! drinn ! Et si, au coup de sonnette, l'on tarde un peu à venir, alors ce sont des reproches, des colères, des scènes. [...] J'ai les reins rompus, les genoux presque ankylosés, je n'en puis plus... [...] Et dire qu'il existe une société pour la protection des animaux...

***

Monsieur ne me plairait pas pour coucher avec... Mais un de plus ou de moins, au fond, qu'est-ce que cela ferait ? Je pourrais lui donner du bonheur au pauvre gros père qui en est si privé, et j'en aurais de la joie aussi, car, en amour, donner du bonheur aux autres, c'est peut-être meilleur que d'en recevoir, ds autres... Même lorsque notre chair reste insensible à ses caresses, quelle sensation délicieuse et pure de voir un pauvre bougre dont les yeux se tournent, et qui se pâme dans nos bras !

***

Un domestique, ce n'est pas un être normal, un être social... C'est quelqu'un de disparate, fabriqué de pièces et de morceaux qui ne peuvent s'ajuster l'un dans l'autre... C'est quelque chose de pire : un monstrueux hybride humain... Il n'est plus du peuple d'où il sort ; il n'est pas non plus de la bourgeoisie où il vit et où il tend... Du peuple qu'il a renié, il a perdu le sang généreux et la force naïve... De la bourgeoisie, il a gagné les vices honteux, sans avoir pu acquérir les moyens de les satisfaire... et les sentiments vils, les lâches peurs, les criminels appétits, sans le décor, et, par conséquent, sans l'excuse de la richesse... L'âme toute salie, il traverse cet honnête monde bourgeois et rien que d'avoir respiré l'odeur mortelle qui monte de ces putrides cloaques, il perd, à jamais, la sécurité de son esprit, et jusqu'à la forme même de son moi... Au fond de tous ces souvenirs, parmi ce peuple de figures où il erre, fantôme de lui-même, il ne trouve à remuer que de l'ordure, c'est-à-dire de la souffrance... Il rit souvent, mais son rire est forcé. Ce rire ne vient pas de la joie rencontrée, de l'espoir réalisé, et il garde l'amère grimace de la révolte, le pli dur et crispé du sarcasme. Rien n'est plus douloureux et laid que ce rire ; il brûle et dessèche...

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Après les secousses de la volupté, j'ai besoin - un besoin immense, impérieux - de cette détente chaste, de cette pure étreinte, de ce baiser qui n'est plus la morsure sauvage de la chair, mais la caresse idéale de l'âme... J'ai besoin de monter de l'enfer de l'amour, de la frénésie du spasme, dans le paradis de l'extase... dans la plénitude, dans le silence silencieux et candide de l'extase.

***

Le lendemain, il ne fut pas question de me rendre l'argent, et je ne voulus pas le réclamer. Ca me faisait plaisir qu'il eût quelque chose de moi... Et je comprends qu'il y ait des femmes qui se tuent de travail, des femmes qui se vendent aux passants, la nuit, sur les trottoirs, des femmes qui volent, des femmes qui tuent... afin de rapporter un peu d'argent et de procurer des gâteries au petit homme qu'elles aiment.

***

Madame eut le toupet d'enlever le poêle de ma chambre pour l'installer dans la pièce où couchaient le singe et les chats.

***

Les pauvres sont l'engrais humain où poussent les moissons de vie, les moissons de joie que récoltent les riches, et dont ils mésusent si cruellement contre nous...

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

DroguetÉtoffe grossière de laine ou généralement de serge moitié fil et moitié laine, formant une sorte de drap mince et étroit.

Montant (avoir du) : Caractère entraînant, charmant d'une personne, agrément très vif que l'on prend à une chose. 

ResserreEndroit où l'on met à l'abri, où l'on range certaines choses (provisions, outils). 

Pessaire : Dispositif introduit dans le vagin pour maintenir l'utérus dans sa position normale. Dispositif introduit dans le vagin servant de préservatif anticonceptionnel pour la femme (ancêtre du diaphragme).

Esprit de vin : Alcool.

Poire (faire sa) : Prendre un air dédaigneux. 

Pignocher : Manger sans appétit, du bout des dents, par petits morceaux. Peindre à petits coups de pinceaux et avec minutie.

Pécore : Jeune fille ou femme sotte, prétentieuse et impertinente.

Crasserie : Avarice sordide; comportement, action d'avare.  Bassesse morale. Vilenie, méchant tour.

Dourlans : Bal populaire qui se tenait là où est aujourd'hui la salle Wagram à Paris.

Mâtiche : Interjection pour marquer l'étonnement. Aujourd'hui on dirait waouh ou nom d'un chien !

Tapé :  Bien fait, dit à propos, bien réussi, bien envoyé.

TorchéQui est bien ou mal vêtu. 

Pulmonique : Atteint d'une affection du poumon, en particulier de tuberculose pulmonaire.

PlacetÉcrit adressé à une personne détenant un pouvoir pour lui demander justice, obtenir une grâce, une faveur. 

Catarrhe Inflammation et hypersécrétion des muqueuses, particulièrement des voies respiratoires. Gros rhume.

Piaffe (faire de la)Faire de l'épate, se donner des grands airs. 

Pique : Brouille, désaccord entre des personnes qui se sont vexées réciproquement.

Coule (être à la)Avoir ou procurer une vie aisée, facile ; avoir bon caractère, être indulgent. Être au courant, savoir tirer avantage d'une situation particulière. Apprendre à quelqu'un la façon de se procurer de petits profits. 

Fouiller (se) : Attendre en vain ce qu'on croyait pouvoir obtenir. 

NonceEcclésiastique ambassadeur du Saint-Siège auprès d'un gouvernement étranger. 

Drumont Edouard : Né à Paris le 3 mai 1844 où il est mort le 3 février 1917, journaliste, écrivain, polémiste et homme politique français, fondateur du journal La Libre Parole, antidreyfusard, nationaliste et antisémite. Il est également le créateur de la Ligue nationale antisémitique de France. Édouard Drumont est l'une des principales figures historiques de l'antisémitisme en France.

Coulage : Chapardage.

MoxaSubstance (telle que la poudre d'armoise) à laquelle on a donné le plus souvent la forme d'un cône, qu'on fait brûler lentement sur la peau ou à une faible distance du corps; p. méton., l'application de cette substance sur la peau.

Poule et au gibier (jouer à la) : Partie où l'enjeu est une pièce de gibier. 

Mêlé-cassis : Mélange d'eau-de-vie et de cassis. 

Bréviaire : Livre contenant l'ensemble des prières que les prêtres, les religieux de l'Église catholique ont l'obligation de dire chaque jour, à certaines heures.

GrelinGros cordage composé d'aussières commises ensemble et, par conséquent, très fort.

Bronzé : Endurci.

Reviviscence :  Fait de reprendre vie, retour à la vie.

GrisetteÉtoffe commune de teinte grise; p. ext. vêtement fait de cette étoffe que portaient les hommes et les femmes du commun. Jeune fille ou jeune femme de médiocre condition, ouvrière ou employée de maison de couture, de modes, etc...  Jeune ouvrière coquette et se laissant facilement courtiser.

Lilial : Qui rappelle le lis par sa blancheur, son parfum ou sa pureté.

AntiphonaireRecueil où sont inscrits des antiennes et autres parties de l'office, avec leur(s) notation(s) en plain-chant

Fucus : Grande algue marine généralement brune, à frondes rubanées dichotomes et utilisée pour sa richesse en mucilage, iode, potassium, etc.

Platine : Verve, faconde, bagout.

Théologal : Qui se rapporte à la théologie, qui a Dieu pour objet.

PrôneInstruction, accompagnée d'avis, qu'un prêtre fait aux fidèles à la messe paroissiale du dimanche.

GorgerettePièce de vêtement féminin couvrant une partie de la poitrine.

Alumnat : Maison d'enseignement au moyen duquel certaines Congrégations préparent leur recrutement.

Harengère : Marchande de poisson, et de harengs en particulier. Femme aux manières et au langage grossiers. 

Accouflé : Accroupi, comme une poule en train de couver ses oeufs.

Turne : Maison mal tenue, logement sale et misérable. Chambre, pièce exiguë et sans confort.

RogatonReligieux d'un ordre mendiant qui portait des reliques, des indulgences. Petit écrit sans valeur. Objet de rebut; objet sans valeur. Restes de viandes, de pain, ou d'un plat qui a déjà été servi.

PapelardFaux, hypocrite, sous une apparence doucereuse et affable. Faux dévot.

AssomptionnisteReligieux appartenant à la congrégation des Augustins de l'Assomption fondée à Nîmes en 1847.

Tintenelle : Clochette.

LustrineÉtoffe de soie. Étoffe de coton fortement apprêtée et glacée sur une face. 

Déroulède PaulPaul Déroulède, né à Paris le 2 septembre 1846 et mort à Nice, sur le mont Boron, le 31 janvier 1914 (à 67 ans), est un poète, auteur dramatique1, romancier et militant politique français. Son rôle de fondateur de la Ligue des patriotes et son revanchisme en font un acteur important de la droite nationaliste en France.

Mercier Auguste, général : Auguste Mercier (né à Arras le 8 décembre 1833, mort à Paris le 3 mars 1921) est un général français, ministre de la Guerre au moment de l'Affaire Dreyfus.

Serge : Étoffe présentant de fines côtes obliques.

Monthyon (prix)Le prix Montyon est un ensemble de prix créés à l'initiative de Jean-Baptiste Auget de Montyon (1733-1820) et décernés par l'Académie française et par l'Académie des sciences.Jean-Baptiste de Montyon avait fondé trois prix, tous trois appelés prix Montyon. Les deux premiers sont décernés par l'Académie française : le premier sous la dénomination de prix de vertu, était remis à des personnes méritantes (n'existe plus depuis 1936), le second, prix pour l'ouvrage littéraire le plus utile aux mœurs, fut remis pour la première fois en 1782 (existe toujours). Le troisième est un prix scientifique remis par l'Académie des sciences (aujourd'hui décerné tous les cinq ans).

Rosière : Jeune fille à laquelle on décerne solennellement, dans certaines localités, un prix de vertu symbolisé par une couronne de roses, et une récompense.

Minium : Pigment rouge à rouge orangé constitué par un oxyde de plomb. Les femmes s'en servaient comme fard.

Filoselle : Résidu des cocons de vers à soie qui, mélangé à du coton, était autrefois utilisé dans la confection de rideaux, de tentures ou d'objets de bonneterie. Etoffe fabriquée avec la filoselle.

Voiture de grande remise : Voiture louée pour une course (ancêtre des taxis, comme les fiacres).

Galbeux : Qui a du galbe, joli, élégant, notamment en parlant du visage.

PiqueurDomestique qui précédait les carrosses, les voitures des nobles ou des riches bourgeois. Employé qui était chargé de soigner et de dresser les chevaux dans un manège, une écurie.

ExostoseExcroissance de tissu osseux, d'origine traumatique, inflammatoire ou congénitale, qui se développe à la surface d'un os.

SteepleCourse d'obstacles au cours de laquelle les chevaux doivent franchir des haies, des murs, des fossés.

Pierreuse : Prostituée de bas étage.

Factage : Transport et livraison de marchandises.

CapillaireFougère à pétioles longs, ressemblant à des cheveux.

Poulet : Billet doux.

Coaltar : Goudron minéral extrait de la houille utilisé pour prévenir la pourriture des bois (bois injecté de coaltar, peinture au coaltar) et en thérapeutique comme puissant désinfectant (émulsion, poudre de coaltar ; poudre au coaltar). Gros vin rouge.

Trois-six : Alcool plus fort que la fine, à trois mesures d’alcool pour six mesures de mélange, à l’origine.

Fine : Eau-de-vie de raisin, principalement de Cognac, de grande qualité.

Prieuré : Un prieuré est un monastère, le plus souvent subordonné à une abbaye plus importante ; il est placé sous l'autorité d'un prieur, lui-même dépendant d'un abbé plus important.