Je m'amuse au fil de mes lectures à noter des formules, des mots, qui reviennent souvent dans la littérature du XIXe. Je les noterai ici et en ajouterai d'autres au fur et à mesure.

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Tiens, voilà une chaise qui est gentille, si le bois n'était pas si doré. (Zola, Une page d'amour)

C'est très gentil, ces dîners-là (Maupassant, Bel-Ami)

N'est-ce pas que nous causons gentiment ? (Proust, Du côté de chez swann)

Aujourd'hui, gentil a un usage relativement restreint. Au XIXe, son sens est plus large, il est très souvent utilisé, en adjectif ou en adverbe. Il correspondrait aujourd'hui à nos "sympa", "charmant". Voyez : Tiens voilà une chaise qui est sympa - C'est très sympa, ces dîners-là - Nous bavardons de façon charmante, non ? -

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Même, elles paraissaient joliment contentes toutes les deux. (Zola, Une page d'amour)

Odette a l'air de préférer joliment le Forcheville et je lui donne raison. (Proust, Du côté de chez swann)

Il a eu joliment son compte. (Anthony Trollope, Le docteur Thorne - traduction)

Il fait joliment chaud ! (Zola, Nana)

Aujourd'hui on dirait : "drôlement", "franchement", "largement". Voyez : Elles paraissent drôlement contentes toutes les deux - Odette a l'air de préférer largement le Forcheville - Il a franchement eu son compte - Il fait super chaud !

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Je ne t'aurais pas cru si nigaud, par exemple ! (Maupassant, Bel-Ami)

Ce qu'on devait s'ennuyer ferme, là-dedans, par exemple ! (Mirbeau, Journal d'une femme de chambre)

Si je m'attendais à celle-là, par exemple ! (Mirbeau, Journal d'une femme de chambre)

Aujourd'hui, on remplcarait par "ça alors" ou "punaise" ou "ben dis donc" : - Ca alors ! Je ne t'aurais jamais cru aussi bête ! - Ben dis donc, on devait s'ennuyer ferme là-dedans ! - Ca alors, si je m'attendais à ça !

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Qu'est-ce que ce particulier-là peut bien faire ici ? (Maupassant, Bel-Ami)

Je sais bien qu'il y a des particuliers qui s'en servent d'une drôle façon... (Mirbeau, Le journal d'une femme de chambre)

Aujourd'hui on utiliserait le mot individu, ou personne. "Particulier" est d'un usage fréquent au XIXe.

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Mon fourneau n'est seulement pas éclairé et j'ai encore à plumer mes asperges. (Proust, Du côté de chez Swann)

Je n'ai seulement pas vu le bout de leur nez. (Maupassant, Bel-Ami)

Aujourd'hui, on dirait "même". Mon fourneau n'est même pas éclairé - Je n'ai même pas vu le bout de leur nez.

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Est-ce bien dessiné ? (Proust, Du côté de chez Swann)

La comprend-il assez bien sa sonate, le petit misérable ! (Proust, Du côté de chez Swann)

Est-ce assez drôle ? (Maupassant, Bel-Ami)

Sont-ils fagotés, ces petits ! (Zola, Nana)

Cette façon de tourner la phrase, sous forme interrogative, correspondrait aujourd'hui à l'utilisation du comme (exclamatif) : Comme c'est bien dessiné ! - Comme il comprend bien sa sonate ! - Comme c'est drôle ! - Mais comments ils sont mal habillés, ces enfants !

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N'est-ce pas que nous causons gentiment ? (Proust, Du côté de chez swann)

Le n'est-ce pas du XIXe n'est plus vraiment utilisé de nos jours. On lui préfère le "non" interrogatif : Nous bavardons de façon charmante, non ? 

 

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La comprend-il assez sa sonate, le petit misérable ? (Proust, Du côté de chez Swann)

Le possédez-vous assez, l'esprit des Guermantes ! (Proust, Du côté de chez Swann)

Aujourd'hui, le mot assez est plus restrictif, et on lui préfèrera l'association comme + vraiment quand on veut appuyer sur quelque chose : Il comprend vraiment bien sa sonate - Vous possédez vraiment l'esprit des Guermantes.