L'un des plus célèbres roman de la saga des Rougon-Macquart. Cette Nana est irrésitible... drôle et pitoyable à la fois. Ce n'est pas mon livre préféré parmi les RM, mais il est tout de même passionnant, en nous montrant tout ce petit monde des prostituées, des courtisanes, des "cocottes"... et la folie des hommes qui ne peuvent résister à leurs pulsions, quitte à ruiner leur famille.

INCIPIT

A neuf heures, la salle du théâtre des Variétés était vide.

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LE DEBUT

Née en 1852 dans la misère du monde ouvrier, Anna Coupeau dite Nana est la fille de Gervaise Macquart et de Coupeau dont l’histoire est narrée dans L'Assommoir. Le début du roman la montre dans la gêne, manquant d’argent pour élever son fils Louis qu’elle a eu à l’âge de seize ans d'un père inconnu. Elle fait ses débuts au théâtre, et se prostitue pour arrondir ses fins de mois. Ceci ne l’empêche pas d’habiter un riche appartement où l’un de ses amants, un riche marchand, l’a installée. Son ascension commence avec un rôle de Vénus qu’elle interprète dans un théâtre parisien : elle parle et chante mal, mais l'habit impudique qui cache si peu de son corps de déesse affole tous les hommes... Après avoir épuisé toutes ses économies, elle acceptera la manne financière proposée par le comte Muffat qui désire en faire sa maîtresse exclusive. Celui-ci met sa fortune à ses pieds, lui sacrifie son honneur et demande en retour la fidélité...

MON AVIS

J'aime beaucoup ce livre, parce que Nana est un personnage attendrissant. Elevée dans la misérable maison de ses parents alcooliques, qui ne se préoccupaient aucunement de son avenir, convoitée dès son plus jeune âge pour sa beauté... comment aurait-elle pu éviter un autre destin que la prostitution ? Mais elle est plus maline qu'il n'y paraît et arrivera à se hisser dans les rangs du "demi-monde" et vivre comme une princesse... qu'elle n'est pas. Un petit détail qu'on n'oubliera jamais ; Nana sort du ruisseau et doit y retourner. C'est une séductrice, et cela ne l'aidera pas à maintenir sa position : une femme ne peut revendiquer sa liberté. Elle doit rentrer dans le rang et se marier, sinon point de salut. C'est cela que Nana refusera toujours : rentrer dans le rang. C'est une héroïne moderne.

Le milieu des prostituées et des courtisanes est extrêmement bien décrit, avec plein de détails ; on sait que Zola a longuement étudié son sujet. On retrouve bien de nombreux passages de la vie des demi-mondaines dont il s'est inspiré (voir plus loin). 

Sans compter le contexte de l'époque : l'Empereur, de plus en plus désavoué, mais farouchement défendu par certains qui voient en lui la seule solution pour la stabilité du pays ; et puis le lourd désaccord qui grandit entre la France et la Prusse.

Bref, un très beau livre, fourni, riche, passionnant. Mais pas mon préféré. J'avoue avoir été plus émue par les déboires (sans mauvais jeu de mot) de la mère de Nana, Gervaise, dans L'assommoir. Il n'empêche que les deux figurent parmi les plus beaux de Zola.

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Film de 1955

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Nana est publié par Georges Charpentier en février 1880, c'est le neuvième de la série Les Rougon-Macquart, traitant du thème de la prostitution féminine à travers le parcours d’une jeune femme dont les charmes affolent les plus hauts dignitaires du Second Empire. Le récit est la suite de L'Assommoir, où l'on a vu Nana enfant puis adolescente.

L’histoire commence en 1867, peu avant la deuxième exposition universelle, et dépeint deux catégories sociales symboliques, celle des courtisanes et celle des noceurs. Zola, chef de file du mouvement naturaliste, prétend montrer la société telle qu’elle était mais choisit aussi ce sujet scandaleux car il fait vendre, 55 000 exemplaires du texte de Charpentier étant achetés dès le premier jour de sa publication. Le personnage de Nana a surtout été inspiré à Zola par Blanche D'Antigny et par Berthe son premier amour mais le romancier y a aussi mis des éléments de Valtesse de La Bigne, Delphine de Lizy, Anna Deslions, Hortense Schneider et Cora Pearl dont il a étudié la vie. 

Blanche d'Antigny

Marie-Ernestine Antigny, dite Blanche d'Antigny, (née à Martizay où son père est menuisier et sacristain, le 9 mai 1840, morte à Paris le 27 juin 1874), est une actrice française. Elle passe toutefois, à l'inverse de Sarah Bernhardt, pour une médiocre interprète. Fameuse demi-mondaine et courtisane de haute volée du Second Empire, elle inspire à Émile Zola son personnage de Nana.

Sa mère est lingère chez la marquise de Galliffet qui la fait entrer au couvent des Oiseaux. Au décès de la marquise en 1853, Marie-Ernestine Antigny devient demoiselle de magasin dans la rue du Bac, à Paris. Âgée de treize ans, elle y attire bientôt l'attention d'un Valaque, qu'elle suit à Bucarest. Avant son retour à Paris début 1856, elle côtoie des bohémiens et ceux-ci lui apprennent à monter à cheval ; c'est ainsi qu'elle trouve un emploi d'écuyère au Cirque Napoléon (devenu Cirque d'hiver). Elle a seize ans.

Au Bal Mabille, Marie-Ernestine rencontre Jeanne de Tourbay dont le protecteur, Marc Fournier, est alors directeur du théâtre de la Porte Saint Martin. Avec ses formes à la Rubens, elle est engagée pour jouer le rôle muet de la statue vivante d'Hélène, dans le Faust d'Adolphe d'Ennery, joué à la Porte Saint-Martin, le 27 septembre 1856. « Pour être muette, elle n'en parlait pas moins aux sens » écrivit Jules Janin. En 1857, elle pose pour Paul Baudry. Puis, elle s'intègre dans la vie des boulevards.

En 1862, toujours au Bal Mabille, elle fait la connaissance du prince Alexandre Gortchakov, chancelier de l'Empire russe, diplomate de 65 ans, qui la convainc de partir à Saint-Pétersbourg. Il l'introduit auprès d'hommes riches et puissants qu'elle séduit par le charme et le dynamisme de ses 22 ans. Parmi eux, le général Nicolas Mesentsoff, directeur du Cabinet noir du Tsar, préfet de police de l'Empire et épicurien qui en fait la femme la mieux entretenue de Russie. Trois années de fêtes au cours desquelles Marie-Ernestine devient Blanche et gagne une particule. Peu de temps après, la tsarine Maria Alexandrovna la fait expulser pour sa conduite peu orthodoxe. Couverte de fourrures, de roubles et de diamants, elle arrive à Paris vers la fin de l'automne 1865.

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Hortense Schneider

Après quelques jours, elle se rend chez Henry de Pène, journaliste émérite et vieux routier du Boulevard, mandaté pour lancer au théâtre, quel qu’en soit le coût, cette jolie blonde venue de Russie avec charmes et bijoux. On trouve rapidement un théâtre, on paye des comédiens pour la former, on prépare un plan presse, on orchestre un plan relations publiques avec le Tout-Boulevard, le Tout-Paris, le monde et le demi-monde. Blanche d'Antigny circule sur les Boulevards et au Bois dans une voiture à quatre roues attelée à deux trotteurs, conduite par un moujik en blouse de soie écarlate. Elle habite alors un appartement loué par Nicolas Mesentsoff, très attentif à ces préparatifs et à sa réussite. Elle y fait la connaissance du banquier Raphaël Bischoffsheim qui devient son protecteur régulier. Dix ans après Paul Baudry, Gustave Courbet apprécie la plastique de Blanche d'Antigny qui est le modèle de La Dame aux Bijoux en 1867.

Le 3 juillet 1868, Blanche d'Antigny fait ses débuts au théâtre du Palais Royal. Les costumes, un public choisi des premiers rangs, la claque, les attentions personnalisées assurent de bonnes critiques. Le 29 juillet 1868, Blanche d'Antigny remplace Hortense Schneider dans Les Mémoires de Mimi-Bamboche. Puis elle obtient le rôle de Frédégonde dans Chilpéric d'Hervé, qu'elle crée le 23 octobre 1868 ; la pièce fait plus de cent représentations. Le 23 avril 1869, elle est la Marguerite du Petit Faust d'Hervé.

Actrice de la Vie Parisienne, elle continue à jouer jusqu’à la guerre de 1870. Elle a acquis la célébrité, fait de la publicité pour les vélos Michaut, donné son nom à la coupe de glace Antigny. Elle tient salon rue Lord-Byron, conserve sa liaison avec Nicolas Mesentsoff, reste fidèle à son protecteur Raphaël Bischoffsheim et développe parallèlement une carrière de demi-mondaine aux services fort onéreux… ou gratuits.

Au début de la guerre, des journaux la montrent en infirmière au chevet de blessés. Mais, rapidement, son train de vie déplaît aux autorités ; elle se réfugie alors à Saint-Germain-en-Laye où ses fêtes, bombances et chants avec d'autres demi-mondaines scandalisent le voisinage.

L'armistice signé, Blanche d'Antigny réapparaît sur scène le 17 mars 1871 dans le rôle de la Femme à Barbe, représentation arrêtée par la proclamation de la Commune. Vers la mi-juillet 1871, elle reprend avec succès Le Petit Faust aux Folies dramatiques ; le 17 octobre 1871, Blanche d'Antigny se présente cuirassée en Minerve dans La Boîte de Pandore. Suivent créations et reprises jusqu'en juin 1872 où la troupe des Folies Dramatiques va se produire à Londres.

Blanche d'Antigny entretient une relation intermittente avec un comédien partenaire, Léopold Luce, qui meurt le 28 janvier 1873 d'une phtisie galopante. Au même moment, Raphaël Bischoffsheim la quitte.

Poursuivie par des créanciers, Blanche d'Antigny est saisie, continue à jouer et part, pleine d'espoir, le 15 octobre 1873 pour Alexandrie où elle débute le 13 novembre. À cette première, on doit baisser le rideau devant le charivari et les sifflets d'une partie du public.

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Valtesse de la Bigne

Après un séjour au Caire et une dernière représentation à Alexandrie, elle quitte, déçue et malade, l’Égypte le 2 mai 1874, arrive à Marseille le 28 mai. Elle est à Paris le 31 mai, s'installe à l’Hôtel du Louvre, méconnaissable, semi-comateuse.

L'agonie de Blanche d'Antigny inspirera Émile Zola pour mettre en scène la mort de Nana. Si elle n'a pas été atteinte par la tuberculose dont Léopold Luce est mort, elle a contracté la variole noire (ou plus vraisemblablement la fièvre typhoïde). Son amie Caroline Letessier vient à son secours, la fait conduire chez elle où Blanche meurt le 27 juin 1874 à l'âge de 34 ans. Une foule de célébrités et curieux se presseront à ses obsèques.

Elle repose au cimetière du Père-Lachaise (36e division) dans une chapelle que Caroline Le Tessier, décédée en 1903, a fait construire à son nom.  

Hortense Schneider

Catherine Jeanne Schneider, dite Hortense Schneider, est une cantatrice française, née le 30 avril 1833 à Bordeaux et morte le 5 mai 1920 à Paris, qui connut un énorme succès sous le Second Empire.

Fille d'un tailleur strasbourgeois installé à Bordeaux et mort alcoolique, Hortense commence à chanter dès l'âge de trois ans, monte sur scène à douze, tout en prenant des leçons de chant, puis se joint à une petite troupe de province. Elle s'installe à Paris en 1855. C'est vers cette époque qu'elle abandonne son prénom originel pour celui d'« Hortense », qui est celui de la mère de l'empereur.

Elle devient la maîtresse du chanteur Jean Berthelier, qui la présente au compositeur Jacques Offenbach. Celui-ci l'engage immédiatement aux Bouffes-Parisiens. Sa « grâce » et son « élégance » lui valent les louanges du journal Le Figaro. Elle est ensuite embauchée aux Variétés puis au Palais-Royal.

En 1858, de sa liaison avec le duc de Gramont-Caderousse naît un fils infirme. En 1865 le duc meurt, lui léguant une partie de sa fortune afin de subvenir aux besoins de leur fils.

Toutes les têtes couronnées du monde se pressent dans sa loge, l'empereur Napoléon III et le prince de Galles, l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, le tsar Alexandre II de Russie, mais aussi le khédive d'Égypte Ismaïl Pacha, avec qui elle entretient une liaison. Elle passe quelques mois en Égypte auprès du khédive.

La défaite de 1871, la chute de l'Empire et l'épisode tragique de la Commune de Paris mettent un terme à l'insouciance de l'Empire et la Troisième République naît dans cette atmosphère de crises majeures et difficilement surmontées. La carrière d'Hortense, qui a près de quarante ans, décline en France. Cependant, toujours appréciée à l'étranger, elle est invitée par les cours d'Europe qui dépensent des fortunes pour la faire venir, notamment en Russie.

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Le lit de Valtesse de la Bigne, qui a inspiré Zola pour celui de Nana

Elle se retire définitivement en 1880 pour se consacrer à son fils. En 1881, âgée de quarante-huit ans, elle épouse un Italien qui se prétend « comte de Bionne » mais qui, en réalité, n'a aucun titre et qui est sans doute plus motivé par la fortune de l'actrice que par l'amour. La séparation a lieu très peu de temps après le mariage.

Elle meurt à Paris en 1920.

Cora Pearl

Cora Pearl est le pseudonyme d'Emma Élizabeth Crouch, née à Londres en 1835 et morte à Paris le 8 juillet 1886. Célèbre demi-mondaine, elle a séduit la plus haute aristocratie au cours du Second Empire, notamment le prince Napoléon et le duc de Morny.

Son père est le violoncelliste Frederick Nicholls Crouch et sa mère Lydia Pearson est professeur de chant. Frederick Crouch abandonne sa famille en 1847, très certainement pour fuir ses créanciers, et part à New York pour exercer sa profession de musicien. Lydia Pearson décide d'envoyer Emma dans une école religieuse en France.

Elle est placée dans un pensionnat à Boulogne-sur-Mer pendant deux ans puis dans une autre institution à Calais où elle reste sept ans. Par la suite, Emma séjourne deux ans chez sa grand-mère à Jersey, qui la place chez un modiste réputé à Londres. Dans cette maison, elle fait la connaissance du baron Oelsen et vit un an avec lui, avant de devenir la maitresse d'un propriétaire de cabaret londonien, Robert Bignell, de dix ans son aîné. En mars 1858, Robert Bignell emmène Emma à Paris et lui fait connaître les hauts lieux touristiques. Après un séjour d'un mois, Robert veut rentrer en Angleterre, mais Emma décide de rester en France car elle a bien d'autres projets.

Emma choisit de devenir une femme galante. Elle aime les plaisirs charnels mais c'est avant tout, comme pour la plupart des demi-mondaines, le meilleur moyen de s'enrichir rapidement. Elle devient une femme entretenue au service d'un proxénète du nom de Roubise, qui lui procure de nombreuses relations. Elle prend l'habitude de tenir un registre de ses clients avec leurs noms, des détails intimes de leur vie privée et même des commentaires parfois assez crus sur leurs performances. Six ans après, Roubise meurt et Emma se retrouve libre. Elle s'installe rue de Ponthieu dans un appartement qu'elle partage avec une amie, Carole Hassé.

Emma Crouch prend alors le pseudonyme de Cora Pearl. Elle rencontre par la suite le duc de Rivoli, Victor Masséna. Celui-ci lui présente au cours d'une soirée à l'Opéra, le prince Achille Murat. Cora entretient une relation avec les deux hommes jusqu’en 1865, lorsque le prince doit partir pour l'Afrique sur l'ordre de l'empereur, pour rejoindre son nouveau régiment. Cora qui se lasse du duc, poursuit néanmoins leur relation. Elle fait la connaissance du duc de Morny, le demi-frère de Napoléon III, en décembre 1864. Elle devient sa maîtresse, mais aussi son amie ainsi que celle de son épouse, la princesse Sophie. Grâce aux générosités d'Auguste de Morny, Cora est la locataire à la fin de l’année 1864, du château de Beauséjour à Olivet, dans le Loiret, dont elle sera la propriétaire de 1875 à 1885. Elle organise dans son nouveau domaine des fêtes somptueuses et dépense des sommes astronomiques dans les travaux. 

Les extravagances de Cora ne se comptent plus. Elle prend par exemple un bain de champagne ou elle fait teindre son caniche en bleu pour qu'il soit assorti à sa robe. Elle introduit également la mode du maquillage. Cora Pearl est surnommée « la grande horizontale », ou « le plat du jour ». Elle fréquente les restaurants à la mode dont le Café Anglais qui offre à sa clientèle des cabinets particuliers. La renommée de Cora est telle que le tout Paris raconte : « à une occasion, elle s'était fait servir elle-même, étendue nue sur un immense plat d'argent, dans le célèbre cabinet numéro seize, dit le Grand Seize, au Café Anglais. Elle y aurait également dévoilé ses seins, lors d'un dîner entre femmes, ce qui laisse entendre qu'elle aimait à se mettre en avant pour le plaisir, et non pas nécessairement pour appâter le client ».

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Cora Pearl

Dix jours après la disparition du duc de Morny, le 10 mars 1865, Cora est abordée par le duc Emmanuel de Gramont-Caderousse avec qui elle a une relation purement « professionnelle », jusqu’au 25 septembre 1865, date de son décès à Paris. Cette même année 1865, Cora rencontre le prince Napoléon, cousin de l’empereur. Il sera plusieurs années durant, l'amant de Cora. Le prince en tant que bienfaiteur et protecteur, n'hésite pas à lui offrir deux splendides hôtels particuliers.

Les années 1865 à 1870 consacrent la période faste et l'apogée de Cora. Sa fortune s’accroît considérablement et comme la plupart des demi-mondaines, elle dilapide des sommes folles. Au cours de cette période, elle achète plus de soixante chevaux. Elle justifie son appât du gain uniquement pour assurer le même train de vie imposé par la fréquentation des hommes les plus riches et les plus influents de l'Empire. Cora Pearl se produit au théâtre dans une production de 1867 d'Orphée aux Enfers de Jacques Offenbach. Elle a hérité d'assez de talent musical pour interpréter le rôle de Cupidon et apparaît sur scène seulement vêtue de ses diamants. Chaque soir, un diamant tombe et roule, jamais elle ne le ramasse : c'est le pourboire des machinistes. 

La guerre franco-allemande éclate le 19 juillet 1870. Cora est présente au moment du siège de Paris. Elle transforme son hôtel rue de Chaillot en hôpital et s'improvise infirmière. L'effondrement de l'Empire amorce son déclin. Elle finit par quitter Paris et rentre finalement en Angleterre. Elle revient en France, au moment de la Commune en 1871. Cora est dans une situation précaire. Le reste de sa fortune a financé les travaux de son hôtel particulier en hôpital et elle se retrouve sans protecteur depuis son retour à Paris.

Cora rencontre en 1872, Alexandre Duval, riche propriétaire, à la tête de douze restaurants dans la capitale. Âgé de vingt-cinq ans, alors que Cora a environ trente-sept ans, Alexandre devient son amant. Cora ne met pas longtemps à ruiner le jeune restaurateur. Il paye l'entretien de son hôtel rue de Chaillot et d'une maison de campagne à Maisons-Laffitte. Alexandre lui offre également des cadeaux : voitures, attelages... Inexorablement, les finances viennent à manquer et la famille d'Alexandre décide de lui couper les vivres. Cette nouvelle situation n'arrange pas les affaires de Cora qui, sans le moindre remords, met un terme à cette liaison et refuse de revoir Alexandre. Désespéré, il réussit à forcer la porte de Cora le 19 décembre 1872, malgré l'opposition des domestiques. Armé d'un révolver, il se dirige vers la chambre de Cora et suppose qu'elle se trouve avec un autre homme. Alexandre tire une première fois dans cette direction et ne blesse personne. Face à son échec, il retourne alors l'arme contre lui et se tire une balle dans le côté, devant sa maîtresse. La tentative de suicide échoue, la blessure n'est pas mortelle. Cette histoire inspire Émile Zola pour le suicide de Georges Hugon dans Nana.

Les conséquences de ce fait divers tragique ne se sont pas fait attendre. Les autorités ordonnent l'expulsion du territoire de Cora. Deux jours après le drame, elle reçoit la visite d'un commissaire de police qui lui intime l'ordre de quitter la France sans délai. Cora loge d'abord chez une amie à Monte-Carlo, puis part pour Nice et enfin, Milan. Son expatriation est de courte durée mais sa réputation ne se remet pas de cette frasque trop publique. Ses meubles et effets mobiliers de son hôtel rue de Chaillot sont saisis à la demande de ses créanciers. Cora porte plainte et reprend possession de ses biens dès 1873. Elle vend néanmoins sa propriété de Maisons-Laffitte.

Cora Pearl réussit à revenir à Paris, après son exil forcé et reprend les activités de ses débuts, la prostitution. Elle ne retrouvera jamais plus sa position dans la haute société et son existence de luxe. Cora met en vente à Drouot toute son argenterie en 1877, afin de s'acquitter de ses dettes. Elle se sépare également de son château de Beauséjour en 1885, déjà fortement hypothéqué.

Peu de temps après la publication de ses mémoires, Cora devient gravement malade d'un cancer à l'estomac. Elle meurt oubliée, au premier étage de son domicile parisien rue de Bassano. 

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Cora Pearl et le prince Achille Murat

Valtesse de la Bigne

Émilie-Louise Delabigne, dite Valtesse de La Bigne, est une demi-mondaine née le 13 juillet 1848 à Paris et morte le 29 juillet 1910 à Ville-d'Avray.

Elle est la fille illégitime d'un père violent et alcoolique, professeur dans une institution. Émilie Louise travaille dès l'âge de 10 ans dans un atelier de confection de la capitale. À 13 ans, elle est violée dans la rue par un vieil homme. Elle pose pour le peintre Corot, dont l'atelier se situe dans son quartier et qui apprécie de peindre des jeunes gens. Elle commence à se prostituer très jeune, faisant partie des « lorettes ».  

Visant rapidement des clients fortunés, elle traîne au bal Mabille le dimanche et travaille dans une brasserie à filles du Champ-de-Mars, fréquentée par des militaires gradés, ce qui lui permet de rêver à une ascension sociale. Elle rencontre alors un jeune homme de 20 ans, Richard Fossey, dont elle tombe amoureuse et qui lui fait deux enfants ; mais elle continue sa vie de débauche en parallèle et celui-ci la quitte deux ans plus tard sans l'avoir épousée. Elle confie alors ses deux filles à la garde de sa mère.

Elle prend le pseudonyme de « Valtesse » pour sa proximité sémantique avec « Votre Altesse » et se jure de sortir de son milieu social. 

Jacques Offenbach repère Valtesse alors qu’elle incarne un petit rôle aux Bouffes-Parisiens et lui propose de jouer dans ses pièces. Elle débute sur scène en jouant le rôle d'Hébé dans Orphée aux EnfersMaîtresse du compositeur, elle sera nommée comtesse par Napoléon III. Valtesse ne tarde pas à se lancer dans la courtisanerie de haut vol. Elle quitte Offenbach et jette son dévolu sur le prince Lubomirski, obtient qu’il l’installe dans un appartement rue Saint-Georges, le ruine, le quitte, et enchaîne les amants riches qu'elle plume les uns après les autres.

Surnommée « Rayon d'or », elle est raffinée, s'intéresse aux arts et à la littérature. Elle s'achète un carrosse avec lequel elle circule dans Paris. Elle acquiert une somptueuse maison à Ville-d'Avray dans laquelle elle reçoit, où sont accrochés des tableaux commandés au peintre Édouard Detaille figurant les membres fictifs de la « famille de la Bigne » qu'elle s'est inventée. En 1876, Valtesse publie chez Dentu, son roman autobiographique, Isola mais il n'obtient pas un grand succès.

Elle obtient en 1882 que l'orthographe de son état civil soit rectifié en "de la Bigne".

Sur la demande de Léon Hennique, elle consent à montrer son hôtel particulier à Émile Zola. La chambre de Valtesse, et en particulier son lit, l'inspire pour décrire la chambre de Nana. À la lecture du roman, Valtesse est indignée de trouver une telle description de son décor : « quelques traces de bêtise tendre et de splendeur criarde. » Quant au personnage de Nana, elle qui a cru servir d’inspiratrice à l’écrivain,  elle le qualifie ainsi : « Nana est une vulgaire catin, sotte, grossière ! »

Henri Gervex la prend pour modèle pour la courtisane dans son tableau Le Mariage civil, qui décore la salle des mariages de la mairie du 19e arrondissement de Paris. Elle aurait également inspiré l'héroïne du roman d'Hugues Rebell, La Nichina. Elle fut aussi le personnage d'Altesse du roman Idylle saphique de son amie Liane de Pougy.

Valtesse fut l'amie, et parfois davantage, d'Édouard Manet, Henri Gervex, Édouard Detaille, Gustave Courbet, Eugène Boudin, Alphonse de Neuville, ce qui lui valut le surnom de « l'Union des Peintres » ou « Altesse de la Guigne ». Elle pose pour Manet, Gervex ou Forain et Detaille. Elle fréquente aussi les écrivains, comme Octave Mirbeau, Arsène Houssaye, Pierre Louÿs, Théophile Gautier ou encore Edmond de Goncourt.

Décomplexée, elle affiche une liberté d'esprit et prend pour amante une autre courtisane, Liane de Pougy.

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Voisine de Léon Gambetta à Ville-d'Avray, elle demande à le rencontrer. Bien que bonapartiste, elle milite auprès de lui pour que la France garde le Tonkin. Elle connaît la géopolitique du lieu, entretenant une correspondance avec un ancien amant, Alexandre de Kergaradec, devenu consul de France à Hanoï et qui lui avait envoyé de nombreux cadeaux, dont une gigantesque pagode. Le 9 juin 1885, la France reconnaît le protectorat français sur l'Annam et le Tonkin.

Elle amasse une vaste collection d'art dont une bonne partie est vendue aux enchères à l'hôtel Drouot du 2 au 7 juin 1902. Elle ne lègue au musée des arts décoratifs de Paris que son remarquable lit de parade en bronze créé en 1877 par Édouard Lièvre et toujours visible au musée depuis 1911.

Elle roule en voiture, fait construire la villa des Aigles à Monte-Carlo, vend son hôtel particulier boulevard Malesherbes et vit principalement à Ville-d'Avray, où elle forme de jeunes filles souhaitant suivre son chemin. À 62 ans, une de ses veines éclate et elle meurt peu de temps après.  

MES EXTRAITS FAVORIS

On citait des sommes. A deux reprises, son furieux appétit des femmes l'avait ruiné. Comme disait Vandeuvres, les filles vengeaient la morale en nettoyant sa caisse.

***

Alors il leva les yeux. Nana s'était absorbée dans son ravissement d'elle-même. Elle pliait le cou, regardant avec attention dans la glace un petit signe brun qu'elle avait au-dessus de la hanche droit ; et elle le touchait du bout du doigt, elle le faisait saillir en se renversant davantage, le trouvant sans doute drôle et joli, à cette place. Puis elle étudia d'autres parties de son corps, amusée, reprise de ses curiosités vicieuses d'enfant. Ca la surprenait toujours de se voir ; elle avait l'air étonné et séduit d'une jeune fille qui découvre sa puberté. Lentement elle ouvrit les bras pour développer son torse de Vénus grasse, elle ploya la taille, s'examinant de dos et de face, s'arrêtant au profil de sa gorge, aux rondeurs fuyantes de ses cuisses. Et elle finit par se plaire au singulier jeu de se balancer, à droite, à gauche, les genoux écartés, la taille roulant sur les reins, avec le frémissement continu d'une almée dansant la danse du ventre. Muffat la contemplait. Elle lui faisait peur. Le journal était tombé de ses mains. Dans cette minute de vision nette, il se méprisait. C'était cela : en trois mois, elle avait corrompu sa vie, il se sentait déjà gâté jsuqu'aux moelles par des ordures qu'il n'aurait pas soupçonnées. Tout allait pourrir en lui, à cette heure. Il eut un instant conscience des accidents du mal, il vit la désorganisation apportée par ce ferment, lui empoisonné, sa famille détruite, un coin de société qui craquait et s'effondrait. Et, ne pouvant détourner les yeux, il la regardait fixement, il tâchait de s'emplir du dégoût de sa nudité.

***

Très gaie, par métier et par nature, elle devenait alors lugubre, résumant sa vie dans ce cri qui revenait sans cesse entre deux bâillements : Oh que les hommes m'embêtent !

***

Nana était enceinte de trois mois. Longtemps elle avait cru à une indisposition ; le docteur Boutarel lui-même doutait. Puis, quand il se prononça nettement, elle éprouva un tel ennui qu'elle fit tout au monde pour dissimuler sa grossesse. Ses peurs nerveuses, ses humeurs noires venaient un peu de cette aventure, dont elle gardait le secret, avec une honte de fille mère forcée de cacher son état. cela lui semblait un accident ridicule, quelque chose qui la diminuait et dont on l'aurait plaisantée. Hein ? la mauvaise blague, pas de veine, vraiment ! Il fallait qu'elle fût pincée, quand elle croyait que c'était fini. Et elle avait une continuelle surprise, comme dérangée dans son sexe : ça faisait donc des enfants, même lorsqu'on ne voulait plus et qu'on employait ça à d'autres affaires ? La nature l'exaspérait, cette maternité grave qui se levait dans son plaisir, cette vie donnée au milieu de toutes les morts qu'elle semait autour d'elle. Est-ce qu'on aurait pas dû disposer de soi à sa fantaisie, sans tant d'histoires ? Ainsi, d'où tombait-il, ce mioche ? Elle ne pouvait seulement le dire. Ah ! Dieu ! celui qui l'avait fait aurait une une riche idée en le gardant pour lui, car personne ne le réclamait, il gênait tout le monde, et il n'aurait bien sûr pas beaucoup de bonheur dans l'existence.

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Seringue : Péjoratif pour quelqu'un qui chante mal.

Greluchon : Amant de coeur d'une prostituée.

Iris : Iris est une déesse, messagère des dieux (en particulier d'Héra), associée à l'arc-en-ciel.

Ganymède : Dans la mythologie grecque, Ganymède est un amant de Zeus et l'échanson des dieux. Sa beauté est devenue proverbiale, successeur de la déesse Hébé dans la fonction.

Courtille : Enclos avec buvette et distractions.

Vinaigré : Pour une voix, aiguë.

Bourrelet (d'osier) : Protection en osier matelassé qui évitait aux très jeunes enfants de se faire mal en tombant.

Mirliton : Sorte de flûte très simple, formée d’un roseau bouché par les deux bouts avec une pelure d’oignon, un morceau de baudruche, du papier etc. En chantonnant dans le tube, on fait vibrer cette membrane qui transforme la voix en sons nasillards. Accessoire de cotillon consistant en un sifflet encastré dans un tube de carton décoré dans lequel on souffle et au bout duquel se déroule alors d'un coup et avec un couinement une partie supplémentaire ; également appelé langue de belle-mère. Coiffure militaire rigide et conique en feutre, avec une bande de tissus eroulée autours en spirale, légèrement différente du shako, portée autrefois par certaines unités de hussards. Ancienne coiffure en vogue au XVIIIe siècle, où les cheveux courts étaient enroulés autours de la tête.

MoleskineÉtoffe de coton, lustrée, qui sert à doubler les vêtements. Toile vernie imitant le cuir.

Baisse : de la Bourse. Et le déficit financier qui va avec.

Anglaise : Type d'écriture manuscrite, penchée à droite et liée.

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Puce : De couleur marron, la nuance variant quelque peu selon les fabricants et les époques. On trouve « puce foncé », « puce-gris ».  

Tirette : Dispositif (cordon, languette métallique ou plastique) servant à ouvrir ou à fermer quelque chose (comme des rideaux, un gant, un vêtement, un lavabo, ou ouvrir une boite de conserve, etc.).

Balancer : Hésiter.

Marguillier :  Membre du conseil d'entretien/réparation d’une paroisse.

Collage : Liaison irrégulière, "à la colle".

Foulard : Étoffe de soie, de soie et coton ou de fibres artificielles, très légère et dont on fait des mouchoirs, des cravates, des fichus, des robes, etc.

Gober (se) : Etre prétentieux, se prendre au sérieux.

Sécot : Sec, maigre.

Joseph (faire son) : Expression familière qui fait référence au personnage biblique de Joseph, le fils de Jacob ; captif en Egypte, il refuse les avances de la reine Putiphar.

Bêcher (se faire) : Avoir un comportement distant voire hautain avec quelqu’un. Aujourd'hui on dirait : se faire snober par quelqu'un.

Paquet  (lui lâcher son paquet) : Propos désobligeants, désagréables.

Costière : Vide pratiqué dans le plancher d’un théâtre pour le passage des portants, des décors.

Patte-de-lièvre : Gros pinceau souple pour le maquillage des comédiens.

Manteau d'Arlequin : Décor encadrant la scène figurant les rideaux de théâtre relevés, image symbolique du théâtre. A l'origine, le personnage d'Arlequin surgissait traditionnellement de ces rideaux.

Rue : Dans un plateau de théâtre classique « à l'italienne » bande parallèle à l'ouverture de scène, large de 1,14 m environ et composée de panneaux mobiles.

DécouverteEspace entre deux décors qui laisse voir les coulisses ; perspective ouverte dans un décor par une porte, une baie, une fenêtre ; fond de décor.

Praticable : Théâtre : décor où l'on peut passer, sur lequel on peut marcher.

Galetas : Logement situé directement sous les toits et éclairé par une lucarne ou par un châssis à tabatière. Logement misérable, sordide et manquant de confort.

ParoissienLivre de prières dont on se sert principalement pour suivre la messe.

Cavale : Jument.

BimbeloterieFabrique, commerce des bimbelots. Ensemble d'articles, objets de ce commerce; ensemble de bibelots réunis en collection.

Battre : Arpenter, parcourir.

Bedeau : Employé chargé de l'entretien de l'église.

Faune : Personnage de la mythologie antique ; ses jambes velues et ses oreilles pointues le désignent aussi comme le symbole de la joie de vivre paillarde.

Empaumer : Vulgaire et argotique pour racoler.

Talma François-Joseph : François-Joseph Talma (Paris, 15 janvier 1763 − † 19 octobre 1826) fut l'acteur français le plus prestigieux de son époque, suivant en cela Lekain.

Tonneau : Jeu champêtre qui consiste à viser avec des palets de fer des ouvertures pratiquées, à l'origine, sur le fond plat d'un tonneau.

Carte (en) : La prostitution ne constituait pas un délit, mais elle était réglementée et les filles devaient être enregistrées ("en carte") ; elles étaient alors dites "filles soumises" ; celles qui travaillaient dans une maison étaient dites "à numéro" ; celles qui travaillaient chez elles, "en cartes".

Saint-Lazare : Célèbre prison pour femmes ; il s'y trouvait un hôpital pour les filles reconnues malades lors de la visite médicale faite à l'occasion de rafles, pour dépister les maladies sexuellement transmissibles.

Boutet Anne : Dite Mademoiselle Mars (1779-1847), la plus célèbre des actrices de l'époque romantique ; elle créa le rôle de Dona Sol dans Hernani, de Victor Hugo.

Passade : Dans la langue des acteurs, le fait de passer sur scène devant un autre acteur.

Panne : Dans l'argot du théâtre, un rôle insignifiant.

Déjeté : Déformé, avec une connotation d'objet au rebut.

CarotteurPersonne qui joue d'une manière mesquine, en ne hasardant que très peu. Personne qui a pour habitude de soutirer habilement à son entourage quelque chose, en particulier des sommes d'argent relativement modestes. Personne qui se livre à des petites manœuvres malhonnêtes, en particulier dans le domaine commercial, financier.

Maison : L'ensemble des domestiques.

DressoirArmoire sans portes destinée à exposer de la vaisselle, généralement précieuse, ou à disposer les plats avant de les servir. 

Mabille : Nom d'un célèbre bal populaire près des Champs-Elysées.

LoretteJeune femme du demi-monde, aux mœurs faciles et qui habitait au milieu du XIXe siècle principalement dans le quartier de Notre-Dame-de-Lorette, à Paris.

Pomaré : Pōmare IV ou Pomaré la Grande (1813-1877), appartenait à la dynastie tahitienne des Pomare, et fut reine de Tahiti, Moorea et dépendances de 1827 à 1877, d'abord sous l'influence des missionnaires britanniques, puis sous le protectorat français. Elle fut la seule reine régnante de Tahiti ; elle régna pendant 50 ans, le plus long règne de toute l'histoire de l'île.

Daumont (attelé à la)À quatre chevaux, par paries, dont deux (ceux de gauche) sont montés par des postillons. Il n'y a pas de cocher.

Flèche (attelé en) : Les chevaux sont les uns derrière les autres.

Dog-cartPetite voiture à cheval, de fabrication anglaise, découverte, à deux roues très élevées, et munie d'un panier pour loger des chiens de chasse.

VictoriaAncienne voiture hippomobile découverte à quatre roues. 

Tipster : Dansle monde des courses, celui qui donne des "tuyaux".

CalècheVoiture légère, munie à l'arrière d'une capote mobile.

Fiacre : Voiture de louage tirée par un cheval et conduite par un cocher, que l'on utilise à la course ou à l'heure (le taxi d'autrefois).

Mail-coachBerline attelée de quatre chevaux, avec plusieurs rangées de banquettes sur le dessus de la voiture.

Huit-ressorts : Inventée par l’anglais Windus, en 1818, la double suspension, dite à huit ressorts, offre un confort incomparable qui la fera utiliser dans les versions les plus luxueuses des berlines, des coupés et, bien évidemment, des calèches.

BaiDont la robe est alezane, généralement foncée, les crins et les extrémités des membres étant noirs.

Chaillot (envoyer à) : Envoyer promener. Chaillot fut le dernier quartier à être intégré à la capitale et restait la promenade la plus proche du centre de Paris.

Tranchées : Coliques ou autres incidents de santé redoutés dans les écuries.

Four-in-hand : Voiture à quatre chevaux, et art de les mener (pour le cocher).

Venette : Diarrhée et/ou la peur qui peut la provoquer.

Quinconce : Promenade dans un parc, où les arbres sont plantés en quinconce.

Pouf : Coussin rembourré avec du crin, jadis utilisé par les femmes pour faire bouffer leur jupe, leur robe au niveau des fesses.

Saxe : Porcelaine. C'est en Saxe, dans la ville de Meissen, que fut fabriquée en 1709 la première porcelaine utilisant du kaolin européen : pendant tout le XVIII siècle les figurines et statuettes de Saxe furent très recherchées.

Serrer : Ranger.

Guignon : Malchance persistante.

Grenouille (manger la) : La grenouille était une tirelire. Donc manger la grenouille : dilapider l'argent.

CarrickRedingote ample à pèlerines étagées. 

Persil (aller au) : Racoler.