Je l'ai lu un nombre incalculable de fois, je l'adore...

INCIPIT

Toutes les familles heureuses se ressemblent. Chaque famille malheureuse, au contraire, l'est à sa façon.

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LE DEBUT

Moscou. Dolly Oblonsky vient de découvrir que son mari Stepan la trompe et le couple est en pleine crise. Stepan demande à sa soeur Anna, qui vit à Saint-Pétersbourg avec son mari et son fils, de venir l'aider à obtenir le pardon de sa femme. Pendant son temps, Constantin Levine, un ami de Stepan, propriétaire terrien et exploitant agricole, vient à Moscou pour demander la main de Kitty, la soeur cadette de Dolly, qu'il connaît depuis l'enfance. Il est éconduit et comprend vite pourquoi : la jeune fille est amoureuse d'Alexis Vronsky, un bel officier qui la courtise... mais sans aucune intention de l'épouser. Alors que ce dernier se trouve à la gare pour y accueillir sa mère, qui vient faire un séjour à Moscou, il rencontre Stepan qui lui vient chercher sa soeur. Entre Alexis et Anna, l'attirance est immédiate...

MON AVIS

1000 pages ! Qui se dévorent. Et qu'on peut lire et relire, car le roman est tellement tellement riche !

On retient généralement l'histoire d'amour adultère d'Anna et d'un officier, qui se terminera tragiquement : Anna se jette sous un train, et ce n'est pas spoiler que de l'évoquer ici ! Qui ne connaît la fin d'Anna Karénine ?

Mais au-delà du romanesque et de la tragédie, il existe une foule d'autres personnages et le roman présente toutes les couches de la société russe, dans une langue riche, une psychologie sans faille des principaux protagonistes et des analyses passionnantes qui laissent à réfléchir. 

Celles-ci sont principalement "l'oeuvre" de Lévine, le "gentleman farmer" si je puis me permettre cette expression pour un roman russe, qui pendant ces 1000 pages, cherchent le sens de la vie, constamment dans le doute, le découragement, l'abattement, malgré son amour pour Kitty, et pour sa terre. Il mûrit au fil des pages, il atteindra la sagesse à la fin. Tandis qu'Anna...

Anna et Vronsky sont des gens de la ville, des gens de la haute société, totalement à l'opposé de ce que vivent Lévine et Kitty. Ils sont superficiels, subissent leurs émotions, tourbillonnent de réceptions en récpetions, se perdent dans le paraître, dans le qu'en-dira-t-on, qui malgré leur passion, finira par avoir raison de leur amour. Anna est une héroïne magnifique, passionnée, mélancolique, c'est l'âme russe à elle toute seule ! Elle est inoubliable. Mais il ne faut jamais oublier, en parallèle, Lévine et Kitty, leur amour paisible, tranquille, leur recherche permanente de faire ce qui est juste, ce qui est bien, leur amour de la simplicité, de la vie à la campagne. Et autour de ces deux couples, gravitent tous ces autres prsonnages qui constituent la société russe du temps : mondains, aristocrates, fonctionnaires, paysans, ouvriers, avec la fracture qui peu à peu se devine entre ces deux mondes : les idées socialistes font leur chemin et Lévine, encore lui, est juste à ce carrefour et s'interroge.

Un roman fabuleux. S'il ne fallait en lire qu'un, parmi la littérature russe, pour moi ce serait celui-là. D'ailleurs je l'ai lu un nombre incalculable de fois, et cette lecture récente ne sera pas la dernière.

01

Film de 2012

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Anna Karénine est paru en 1877 en feuilleton dans Le Messager russe. Il est considéré comme un chef-d'œuvre de la littérature. L'auteur y oppose le calme bonheur d'un ménage honnête formé par Lévine et Kitty Stcherbatskï et la passion coupable d'Alexis Vronski et d'Anna Karénine ; les premiers brouillons étaient d'ailleurs intitulés Deux mariages, deux couples.

Paru en France pour la première fois en 1885, Anna Karénine marque l'entrée triomphale de la littérature russe dans la culture européenne.

Tolstoï entre en conflit avec le rédacteur en chef à propos du contenu du dernier épisode. Le roman ne paraît donc dans son intégralité qu'à sa publication sous forme de livre. Le feuilleton connaît néanmoins un grand succès, certaines femmes du monde allant jusqu'à envoyer leurs domestiques à l'imprimerie afin de connaître la teneur des prochains épisodes.

Anna Karénine met en scène la noblesse russe, sur laquelle Tolstoï porte un regard critique. Le personnage d'Anna Karénine aurait été en partie inspiré de Maria Hartung (1832–1919), la fille aînée du poète Alexandre Pouchkine. Pour la fin tragique du roman, l’auteur s'est inspiré d’un fait divers : la maîtresse de son voisin Bibikov s’est jetée sous un train en janvier 1872 ; il est allé voir le corps de la malheureuse.

En mars 1873, Tolstoï commence l'écriture d'Anna Karénine. La rédaction en est achevée en février 1874 ; cependant, Tolstoï écrit l'épilogue en avril 1877 seulement. 

Guerres de Serbie

La Serbie est sous occupation ottomane. Une première révolte des Serbes a lieu entre 1804 et 1813. Elle est dirigée par Georges Petrović, surnommé Karageorges (« Georges le Noir »). Une seconde révolte a lieu en 1815, sous la conduite de Miloš Obrenović, qui aboutit à l’autonomie de la Principauté de Serbie, officiellement reconnue par la Sublime Porte le 12 décembre 1830. Mais les Turcs continuent cependant de persécuter les Serbes dans les territoires qu’ils gardent sous leur contrôle. Les massacres des Ottomans sur les Serbes ont inspiré à Victor Hugo, grand défenseur du peuple serbe, un célèbre discours, Pour la Serbie, écrit en 1876. Ce discours est aujourd’hui considéré comme l’un des actes fondateurs de l’idée européenne. L'année 1876 voit aussi, dès janvier, l'identité des Serbes, alliés des Russes (les frères slaves), se cristalliser lors d'une insurrection bosniaque, qui débouche un conflit militaire entre la Russie et l'Empire ottoman, remporté par la première. En 1878, le Congrès de Berlin accorde son indépendance à la Serbie et, en 1882, le prince Milan IV Obrenović devient roi de Serbie sous le nom de Milan Ier.

02

MES EXTRAITS FAVORIS

Campagne

...je trouve bizarre qu'alors que les habitants de la campagne s'efforcent de manger le plus vite possible, afin de se remettre à leur besogne, toi et moi nous tâchions de rester à table le plus longtemps possible sans nous rassasier. N'est-ce pas pour cela que nous mangeons des huîtres ?

- Certes. Mais tel est justement le but de la civilisation : transformer tout en plaisir.

- Et bien, si c'est là le but de la civilisation, je préfère être un sauvage.

***

Lévine, déjà gai dans la cour du bétail, se sentit encore plus gai dans les champs. Balancé régulièrement sur son bon cheval, respirant l'odeur chaude et fraîche de l'air et de la neige, il traversa ensuite la forêt, sur la neige qui restait encore en certaines places ; et il se réjouissait devant chaque arbre couvert de mousse et de bourgeons. Au sortir de la forêt, s'étendait un vaste espace, un tapis de verdure uni et velouté, sans une tache, sauf celles que, par-ci, par-là, dans les creux, faisaient des restes de neige fondue. [...] Plus le cavalier avançait, plus il devenait gai ; et des projets d'exploitation, tous meilleurs les uns que les autres, se présentaient à lui. Il faudrait planter une haie tout autour du champ, afin que la neige n'y puisse rester longtemps ; diviser les terres labourables en neuf parties, dont six seraient fumées et trois concentrées à la culture fourragère ; construire une cour pour le bétail à l'extrémité du champ ; creuser un étang ; avoir des clôtures portatives pour le bétail afin d'utiliser l'engrais dans les prairies. Et alors il y aurait trois déciatines de blé, cent de pommes de terre, cent cinquante de trèfle, et pas une seule diécatine ne serait épuisée.

***

Le soleil était déjà levé, bien qu'on ne le vît pas à cause des nuages. La lune avait perdu toute sa clarté, ce n'était plus qu'un petit nuage blanc dans le ciel ; et toutes les étoiles avaient disparu. Les flaques d'eau, argentées auparavant par la rosée, portaient maintenant des reflets d'or ; la rouille, des teintes d'ambre. Le bleu des herbes se transformait en un vert jaunâtre ; les oiseaux des marais s'agitaient dans les buissons, brillants de rosée, qui projetaient leur ombre près de l'étang. Un épervier était perché sur une meule, regardant les marais de côté et d'autre ; les choucas voletaient dans les champs ; des gamins pieds nus amenaient les chevaux près d'un vieillard qui venait de se soulever de dessus son caftan et se grattait. 

Mariage

Mais comment se mariait-on maintenant ? La princesse ne pouvait l'apprendre de personne. La coutume française - qui veut que les parents décident du sort de leurs enfants - n'était plus admise, on la condamnait formellement. La coutume anglaise, qui laisse aux jeunes filles une entière liberté de choix, était réprouvée, comme impossible dans la société russe. L'usage russe de faire intervenir des intermédiaires était considérée comme quelque chose de monstrueux ; tout le monde s'en moquait, et la princesse la première. Alors comment faire pour se marier ? Nul ne le savait. Tous ceux à qui en parlait la princesse lui répondaient la même chose : "De nos jours, il est temps d'abandonner la vieille coutume. En somme, ce sont les jeunes gens qui se marient, non les parents ; dès lors, il vaut mieux laisser ces enfants s'arranger comme ils l'entendent." Parler ainsi était commode, pour ceux qui n'avaient pas de filles ; mais la princesse se disait que de cette manière sa fille pouvait devenir amoureuse d'un homme qui ne voudrait pas d'elle, ou qui serait indigne d'être son mari. On avait beau répéter devant elle que "de notre temps les jeunes gens doivent arranger eux-mêmes leur vie", il lui semblait qu'il fallait être aussi insensé pour émettre une opinion semblable que pour prétendre que des pistolets chargés sont les meilleurs jouets pour un enfant de cinq ans.

Les idées socialistes progressent

Chez nous, les ouvriers, les paysans portent tout le fardeau du travail et sont placés dans une situation telle que, malgré tous leurs efforts, ils ne peuvent s'élever au-dessus de l'état animal. Tous les gains avec lesquels ils pourraient améliorer leur situation, se donner des loisirs et s'instruire, toute la plus-value du salaire, leur est enlevée par les capitalistes. Et la société est ainsi formée que plus les gens du peuple travaillent, plus leur patron s'enrichit, tandis qu'eux restent pour toujours des bêtes de somme. Il faut changer cet état de choses !

***

...si le communisme est prématuré, il a du moins le mérite d'être logique. Quand à moi, je crois en son avenir. C'est comme le christianisme des premiers siècles.

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La maladie, la mort

Tous savaient la fin inévitable, voyaient le malade mort à moitié ; et tous en étaient arrivés à souhaiter la fin aussi prompte que possible ; mais en dépit de ce sentiment, on continuait à lui donner des potions, des remèdes, à faire chercher le médecin, à se tromper et à le tromper lui-même. Ils vivaient dans une atmosphère de dissimulation, au sein d'un mensonge pénible, vilain, sacrilège ; et Lévine, en raison de sa nature et de l'affection qui le liait au mourant, sentait cela plus vivement que les autres.

Les pensées de Lévine

Autrefois (cela avait commencé presque dans l'enfance et avait augmenté sans cesse jusqu'à l'âge mûr), quand il avait essayé de faire quelque chose qui fût un bien pour tous, pour l'humanité, pour la Russie, pour tout un village, il avait remarqué que la pensée lui en était agréable, mais que l'acte même lui laissait une incertitude. Il n'était jamais sûr que l'acte fût vraiment nécessaire, et l'utilité de cet acte, qui lui paraissait d'abord très grande, diminuait peu à peu et se réduisait à zéro. Depuis son mariage, il vivait d'une façon beaucoup plus égoïste ; s'il n'éprouvait aucune joie à la pensée de l'activité qu'il menait, en revanche, il la sentait nécessaire, il constatait que tout allait mieux et devenait de plus en plus parfait. [...] Pour sa famille, il lui était nécessaire de vivre comme avaient vécu son père et son grand-père ; les enfants devaient bénéficier des mêmes conditions d'instruction et d'éducation. C'était aussi nécessaire que de dîner quand on a faim ; pour cela, il fallait que le dîner fût préparé ; il fallait donc faire valoir Prokrovskoié de façon à en tirer un revenu. De même qu'il était indiscutable qu'il fallait payer ses dettes, il fallait conserver son patrimoine dans le même état pour que le fils de Lévine, le recevant en héritage, pût dire merci à son père, comme Lévine l'avait dit à son grand-père pour tout ce que celui-ci avait planté et bâti. Pour obtenir ce résultat, il ne fallait pas louer la terre, mais la faire valoir soi-même, s'occuper du bétail, fumer les champs, planter les forêts.

***

Agissait-il bien ou mal, il l'ignorait ; et non seulement il n'essayait pas de se le prouver mais évitait toute conversation ou discussion sur ce point. Les raisonnements l'induisaient à douter de tout, et l'empêchaient de voir ce qu'il fallait faire ou non. Au contraire, quand il ne pensait pas, mais vivait, il sentait son âme en présence d'un juge infaillible qui décidait lequel de deux actes, était possible ou souhaitable ; et aussitôt qu'il agissait comme il fallait, il en était intimement averti.

***

Si le bien a une raison, il cesse d'être le bien. S'il a pour conséquence la récompennse, ce n'est pas non plus le bien. Le bien n'existe qu'en dehors de la chaîne des causes et des conséquences.

***

La soumission du peuple, un mal nécessaire, voire "confortable" ? Le droit à la décision, un cadeau empoisonné ? : Possédez et gouvernez-nous ; avec joie nous vous promettons soumission entière. Tout le travail, toutes les humiliations, tous les sacrifices, nous incomberont. Mais nous n'aurons pas à juger ni à décider.

***

La seule manifestation évidemment indiscutable de la divinité réside dans les lois du bien, données au monde par la révélation, et que je sens en moi, que je reconnais, m'unissant ainsi, bon gré mal gré, aux autres hommes, dans cette société de croyants qu'on appelle l'Eglise. Et bien, et les juifs ? Les mahométans, les confucianistes, les bouddhistes ? [...] A la question des autres croyances et de leur rapport envers la divité, je n'ai le droit ni de la poser, ni de la résoudre.

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

RurikPrince varègue de la Rus' de Kiev (né aux environs de 830 et mort en 879) qui règne de 862 à 879. Il est le premier prince de Novgorod et fondateur de la dynastie riourikide qui règne sur la Rus' de Kiev jusqu'en 1240. Il serait ainsi le fondateur de la Russie en général.

Zmestvo : Un zemstvo est un type d'assemblée provinciale de l'Empire russe créé en 1864. Ces assemblées, élues avec un suffrage censitaire (il fallait pouvoir payer l'impôt pour voter), représentaient la noblesse locale et les riches artisans et commerçants. Ils furent dissous en 1918 par le nouveau pouvoir soviétique au profit des Soviets locaux.

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Varègues : Nom donné dans l'Empire byzantin et par les Slaves orientaux aux Vikings de Suède qui, entre le IXe et le XIe siècles, ont fondé et gouverné l’État médiéval de la Rus’ et, par la suite, forment la garde varègue des empereurs byzantins.

PoudLe poud est une ancienne unité de masse utilisée en Russie valant 16,38 kg. Il a été aboli en URSS en 1918, en même temps que d'autres unités de poids du système de mesure de la Russie impériale.

DéciatineLa déciatine est une ancienne unité mesure de surface russe. Elle correspondait à 1,0925 hectare. Elle se divisait en sagène carrées et équivalait à 2 400 sagènes carrées.

TatarsLes Tatars (ou Tatares) sont un peuple turc, parlant le tatar. Il ne faut pas les confondre avec ce que l'on appelait en Occident les Tartares, terme qui désigne les locuteurs de différentes langues turques autres que le tatar.  

Chtchi (ou stchi)Le chtchi est une soupe très répandue en Europe de l’Est et, plus particulièrement, en Russie, dont le principal ingrédient est le chou. C'est l'entrée traditionnelle des repas russes depuis plus de mille ans. Le chou utilisé est généralement celui de la choucroute, auquel on ajoute de la viande, il est alors appelé chtchi aigre. La variante la plus riche comprend du chou, de la viande (de manière plus rare, du poisson, ou des champignons), des carottes, des condiments, des composants acidulés (pomme, crème fraiche épaisse), cornichons. Elle est mangée avec du pain de seigle.

Gruau : Le gruau est une préparation de grains de céréales, tels que l'avoine à gruau, le blé ou l'orge perlé, dépouillés de leur enveloppe corticale par une mouture incomplète. Par extension, le terme désigne une tisane ou une bouillie faite avec du gruau. C'était, sous le nom de kacha, l'alimentation de base des paysans russes d'autrefois (généralement à base de sarrasin grillé, appelé aussi blé noir en France).

LaptisChaussures traditionnelles russes fabriquées avec des lanières d’écorce de tilleul, de bouleau ou d’orme. Elles sont portées depuis la préhistoire. On trouvait les laptis principalement chez les habitants des forêts du nord de l’Europe. Elles étaient portées par les plus pauvres chez les peuples finnois, baltes et slaves orientaux. Elles étaient facile à fabriquer mais d’une durée de vie courte. Les laptis ont été portés en Russie jusque dans les années 1930. Aujourd’hui elles sont vendues comme souvenir ou accompagnent des démonstrations en costume traditionnel.

Damavoï : Démon familier qui, selon la superstition populaire, fait partie de la maison.

Furet (jeu du)Jeu de société dans lequel un joueur, placé au centre du cercle formé par l'ensemble des autres, doit découvrir un objet quelconque qui passe rapidement de main en main, en glissant généralement le long d'une ficelle. La chanson "Il court, il court, le furet..." est chantée pendant ce jeu.

Tapeur : Personne qui joue mal du piano.

Bésigue : Jeu de cartes du type brisque, mariage, cinq-cents, se jouant le plus souvent à deux personnes.

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Tender : Wagon auxiliaire placé à la suite d'une locomotive à vapeur et qui contient la réserve d'eau et de combustible nécessaire à l'approvisionnement de celle-ci.

Berthe : Garniture en forme de petite pèlerine généralement de dentelle posée sur le décolleté d'une robe ou d'un corsage :

Starosta : Les Starosty (sing.: starosta) sont les présidents des powiats polonais.

CénobiteMoine vivant en communauté (notamment dans les premiers temps de l'Église). Personne vivant de façon austère, comme retirée du monde.

Lévite : Redingote d'homme ample et descendant jusqu'à mi-mollet. 

Artel : Coopérative de production et de redistribution des produits dans l'agriculture, l'artisanat ou l'industrie. Tout type d'association à l'intérieur d'une profession.

Touloupe : Peau d'agneau ou de mouton traitée. Pelisse en peau d'agneau ou de mouton retournée que portent les paysans russes pour se protéger du froid.

Seltz (eau de)On appelle couramment eau de Seltz une eau gazeuse faite d'eau pure, chargée d'acide carbonique sous forte pression. Elle est conservée dans une bouteille spécifique, appelée « siphon », généralement métallique, munie d'une valve, qui permet de servir l'eau en jet, grâce à la pression intérieure. L'eau de Seltz est une eau semblable aux eaux gazeuses traditionnelles, mais on en fait un usage particulier pour la réalisation de cocktails (le Spritz, par exemple), auxquels on donne « un coup de siphon ». Elle n'a rien à voir avec la commune de Seltz, en Alsace. Son nom vient de la ville allemande de Selters. L'eau de Seltz est appelée en allemand Selterswasser.

Sneering : De l'anglais to sneer, ricaner, mépriser, railler.

Ukase : Édit promulgué par un tsar en vertu de son pouvoir autocratique. Le terme a été repris sous le régime communiste en Union soviétique, et demeure en usage concernant un acte exécutif pris par le président de la Fédération de Russie.

DérayureDernier sillon d'un champ servant à le séparer d'un champ contigu et à permettre l'écoulement des eaux.

Osminik : Un demi-hectare (Russie).

Cafetan/caftanRiche vêtement oriental en forme de longue pelisse fourrée que les souverains offraient, les jours de cérémonie, aux personnages de rang élevé.

Ossian Barde écossais du IIIe siècle, qui serait l’auteur d’une série de poèmes dits « gaéliques » traduits et publiés en anglais entre 1760 et 1763 par le poète James Macpherson, et qui eurent un énorme retentissement dans toute l'Europe.

ArcturusArcturus (Bootis selon la désignation de Bayer) est une étoile rouge, en fin de vie, la plus brillante de la constellation du Bouvier.

SagèneLa sagène est une ancienne unité de mesure russe. Elle équivalait à 3 archines, ou encore à 12 tchetvertis. Elle équivalait à 7 pieds anglais (6 pieds français), soit sensiblement 2,1336 mètres. Avec les autres unités traditionnelles russe la sagène est abolie en 1918.

Paletot : Vêtement d'homme, moins souvent de femme ou d'enfant, boutonné par devant, à poches plaquées, généralement assez court, que l'on porte sur les autres vêtements.

Troïka : En Russie, véhicule (grand traîneau ou landau) tiré par trois chevaux attelés de front ; ensemble de trois chevaux attelés de front.

Alezan : Dont la robe et les crins sont de couleur fauve tirant sur le roux. 

Pluck : Energie, audace.

Verste : Ancienne mesure itinéraire usitée en Russie et valant 1 067 m.

Archine : Un tiers de sagène (mesure russe).

EugubineLes Tables eugubines sont des tablettes de bronze trouvées à Gubbio (l'ancienne Iguvium), en Ombrie, une région d'Italie centrale.Rédigés dans la langue ombrienne, soit en caractères ombriens (l'alphabet ombrien s'écrit de droite à gauche, comme l'étrusque, dont il dérive, de même que les autres alphabets italiques), soit en caractères latins (mais pas en langue latine), ces documents détaillent les rites particuliers des cérémonies religieuses accompagnant des fêtes, les Bimestriels et les Céréales. Les tablettes en caractères ombriens seraient du IIIe siècle av. J.-C., celles en caractères latins du Ier siècle av. J.-C.. Avec le Liber linteus Zagrabiensis, les tables engubines constituent les seuls textes authentiques livrant un rituel complet de l'Italie centrale de l'antiquité.

Allogène : Se dit d'un groupe ethnique installé depuis relativement peu de temps sur un territoire et présentant encore des caractères raciaux ou ethniques qui le distinguent de la population autochtone.

CartelLettre, avis de provocation en duel, de défi ; la provocation elle-même. Cartouche entourant une inscription, une devise, des armoiries. 

DécembristeMembre de la la conspiration organisée à Saint-Pétersbourg au début du règne de Nicolas Ier. 

VaguemestreOfficier chargé de veiller à la bonne marche des convois militaires. Sous-officier ou officier marinier chargé du service de la poste dans un régiment ou dans un établissement militaire marinier ou un navire de guerre.

Faneuse : Personne ou machine pour faire les foins.

Fenaison : Fauchage et récolte du foin. 

Hongre : Châtré.

Tarantass : Voiture campagnarde utilisée autrefois en Russie, à deux places, montée sur quatre roues et tirée par deux chevaux.

Apanage : Fief concédé à un prince du sang, en compensation de ce que l'aîné seul succédait à la couronne. 

IsbaMaison en bois de sapin des paysans du nord de l'Europe et de l'Asie et plus particulièrement de la Russie du Nord.

Tchetvert : Mesure russe, un peu plus de 2 L.

Synode : Assemblée d'ecclésiastiques.

Sterlet : Esturgeon de petite taille, vivant principalement dans les fleuves russes et les mers intérieures d'Europe centrale et d'Asie occidentale, très estimé pour sa chair et ses œufs qui entrent dans la préparation du caviar.

Rotonde : Au XIXe siècle, manteau sans manches, molletonné ou ouaté.

Iconostase : Cloison à trois portes décorée d'icônes fermant le chœur où officie le prêtre à la consécration (orthodoxe).

Métropolite : Titre donné à un archevêque, intermédiaire entre celui de patriarche et celui d'évêque ; dignitaire portant ce titre (religion orthodoxe).

AiguilletteOrnement sur des costumes civils ou militaires, ou sur les chevaux.

CavatineAir d'opéra, généralement sans reprise ni seconde partie, d'inspiration lyrique et d'une grande douceur. Œuvre d'inspiration douce.

Break : Voiture découverte, à quatre roues (le "cabriolet" du XIXe)

Ligule : Corolle en forme de languette chez de nombreuses composées.

Fuss : Mot anglais. Agitation, tapage.

Automédon : Cocher. Chef, guide.

Monomaque (couronne de) : La couronne de Monomaque ou bonnet de Monomaque est l'un des symboles de l'autocratie russe et l'une des plus anciennes couronnes exposées au Palais des Armures de Moscou. Elle a été la couronne de tous les grands-princes moscovites et des tsars de Dimitri Donskoï à Pierre le Grand. Le nom Monomaque vient d'une très ancienne famille byzantine, dont fut issu par exemple Vladimir II Monomaque, de la Rus' de Kiev.

Tilbury : Petite voiture hippomobile très légère, biplace, à deux roues, le plus souvent découverte, sans emplacement spécial pour les bagages.

CobCheval trapu de taille peu élevée. Chien de chasse à courre aux formes ramassées.

BotviniaLa botvinia est une des soupes les plus typiques de Russie mais n'est presque plus consommée car elle est difficile à réaliser. Elle se consomme surtout en été. Elle est faite avec des feuilles de betteraves, des betteraves, de l'oseille, des oignons verts, de l'aneth, de l'ortie, des concombres, du kvass, moutarde, jus de citron, raifort et épices. Du saumon ou de l'esturgeon bouilli ou des crustacés sont servis à part ainsi que de la glace pilée pour refroidir la soupe.

Oukha : L'oukha est une soupe de poisson. On y rajoute du poireau, des pommes de terre, du laurier, de l'aneth, de l'estragon et du persil vert. On l'épice avec du poivre noir, du safran, des noix de muscade, et des graines de fenouil.

Variags : Les Variags sont un peuple fictif du légendaire de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien.