Colette arrive à se démarquer de ses contemporains (André Gide, Romain Rolland ou encore Jean Giraudoux) grâce aux sujets qu'elle aborde. Elle montre un style épuré mais élevé. Elle trouve sa place parmi les romanciers régionalistes qui se sont imposés durant l'entre-deux-guerres, à travers, entre autres, les descriptions de sa région natale, la Bourgogne.

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Une attention croissante à la justesse des mots, notamment lorsqu'ils sont chargés d'exprimer l'effusion dans la nature, une sensualité librement épanouie pour revendiquer les droits de la chair sur l'esprit et ceux de la femme sur l'homme, voilà quelles sont les lignes de force de cette écriture.

Par ailleurs, l'écriture de Colette est plus complexe et moderne qu'elle ne semble le laisser supposer au premier abord.

En 1999, Serge Doubrovsky, inventeur du terme moderne d'autofiction, une variante de l'autobiographie, considère Colette comme une pionnière illustrant sa conception :

« On découvre quand même, chez Colette, un livre qui s'appelle La Naissance du jour qui a paru en 1928 et qui, à l'origine, portait sur son péritexte le sous-titre roman. Et dans le roman de Colette, La Naissance du Jour, on trouve un personnage de femme âgée qui s'appelle Colette. Ensuite, on apprend qu'elle a écrit les Claudine. Bref, elle s'est mise en scène comme le personnage d'un roman écrit par Colette sur Colette. »

Relations avec la Belgique

Les liens entre Colette et la Belgique sont étroits. Son grand-père combat à la bataille de Waterloo, son oncle est directeur des casinos d'Ostende et sa mère, Sidonie Landoy, dite « Sido », a passé une partie de sa jeunesse en Belgique. Elle a notamment vécu de longues années à Bruxelles, où ses frères étaient journalistes. 

Sido a découvert et partagé la vie d'artistes en vue : peintres, écrivains et musiciens. Mais sans dot ni métier, elle s'est résignée au mariage et est partie dans l'Yonne, en France. Cependant elle n'oublie pas la Belgique et conte ses charmes à sa fille, Colette. Dans les Lettres à Missy, Colette fait plusieurs fois mention de ses passages à Liège ou à Bruxelles où elle se rend lors de ses tournées. Le 14 mai 1909, lors d'une étape de sa tournée Claudine à Liège, Colette se laisse séduire par la ville, la trouvant « la plus française des villes belges » — par allusion aux grands magasins qui s'y développent, comme à Paris.

Elle séjourne aussi plusieurs fois à Bruxelles, notamment du 4 au 17 février 1910, où elle présente La Chair — pièce de Georges Wague — qui fera scandale car elle y paraît dévêtue.   

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En 1922, Georges Simenon, alors rédacteur au journal liégeois La Gazette de Liège, se rend à Paris et rencontre Colette, alors directrice littéraire du journal Matin. Il travaille comme secrétaire chez l'écrivain Binet-Valmer et commence à lui envoyer des textes. Dans un premier temps, Colette les refuse tous. Elle le juge trop littéraire. Simenon essaie une écriture plus simple. Le 27 septembre 1923, la romancière accepte finalement de le publier.  

L'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique élit Colette en remplacement de la comtesse de Noailles. La décision est approuvée par le roi Léopold III malgré les reproches de son commerce esthétique et sa relation avec Mathilde de Morny, dite Missy. 

Colette rencontre la reine Élisabeth de Bavière (mère de Léopold III) en novembre 1931. Elle rapporte cette rencontre dans Paris-Soir, le 13 octobre 1938. Elle décrit la beauté de la jeunesse persistante de cette reine-artiste. Leur amitié a duré jusqu'à la mort de la romancière. Colette accueille la reine chez elle le 2 avril 1946, après son élection à l'académie Goncourt. Alors qu'elle commence à avoir certaines difficultés à marcher dues à son arthrite, la reine se rend à plusieurs reprises à son chevet. Quand elle ne peut pas rendre visite à Colette, elle lui envoie des lettres, des présents. Colette décrit la reine Élisabeth dans Les Lettres aux Petites Fermières : « C'est une des rares créatures qui inspirent le dévouement, tant elle est prodigue d'elle-même. »  

Le 14 novembre 1954 un hommage est rendu à Colette au Palais des beaux-arts de Bruxelles, en présence de Maurice Goudeket, son mari et de la reine Élisabeth.  

Bisexualité

La bisexualité tient un rôle primordial dans la vie de Colette, autant dans son existence personnelle que dans son œuvre artistique.

Si son mari Henry Gauthier-Villars exige d'elle une fidélité hétérosexuelle (que lui-même ne respecte pas), il n'a aucune objection à ce que Colette expérimente une vie extra-maritale avec des femmes. En 1906, Colette quitte son mari et s'engage plus ou moins publiquement dans une relation amoureuse avec la marquise de Belbeuf. Un soir, Colette et la Marquise choquent l'audience durant une représentation au Moulin Rouge aux tonalités ouvertement homoérotiques : une scène de baiser entre les deux femmes cause un énorme scandale.

Après cet épisode lesbien, Colette se marie avec Henry de Jouvenel en 1912, dont elle est tombée éperdument amoureuse lors de sa première rencontre quelques mois auparavant. De ce mariage est issue une fille, Colette de Jouvenel. Après une liaison avec le jeune fils du premier mariage de son mari, Bertrand de Jouvenel, âgé de 17 ans, Colette se marie finalement une troisième et dernière fois, à Maurice Goudeket en 1935.

Du côté de sa production littéraire, la bisexualité est également un élément récurrent de son œuvre, à commencer par sa série de romans Claudine, ses tout premiers romans, qui dépeignent, outre la protagoniste, de nombreuses femmes bisexuelles. Ainsi, une partie des thèmes abordés dans sa littérature est autobiographique. Colette est également l'auteur d'un ouvrage de réflexion sur l'Amour et la sexualité, Le Pur et l'Impur, qui puise dans des exemples d'expériences hétérosexuelles comme homosexuelles.

D'après Wikipédia