J'ai longtemps eu du mal avec Proust... et puis là, avec cette nouvelle tentative, ce fut la révélation et un immense bonheur. Pourtant je l'ai lu avec une sinusite (maux de tête incessants), et ça n'a pas toujours été facile... N'empêche que maintenant, il me tarde d'attaquer le volume 2.

INCIPIT

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. 

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RESUME

Dans ce premier tome de A la recherche du temps perdu, le narrateur raconte ses souvenirs d'enfance, sa maison, ses parents, les voisins, les amis, son premier amour... Mais le roman s'enrichit de multiples digressions et longues réflexions sur divers sujets, principalement la mémoire, le temps, l'art...

MON AVIS

700 pages. Et il faut s'accrocher ; Proust fait dans le détail (qu'il s'agisse de descriptions ou de recherches intellectuelles) et il arrive parfois qu'on se déconcentre un peu. Tant pis, il ne faut surtout pas renoncer, et revenir un peu en arrière ; peu à peu, toute la beauté de la "vraie" littérature vous submerge : une histoire, un style ultra soigné, une intense réflexion.

Dès le début, les souvenirs de ce petit garçon, qui veut être écrivain, m'ont happée. Tout est intéressant, ponctué d'humour, de sensibilité, de poésie... C'est comme si on entrait dans un univers enchanté, avec des jolies dames, de beaux messieurs, les fleurs, la campagne, les villages, la ville, de l'élégance et de l'érudition.

L'écriture est magnifique... la plus belle au monde je crois. Le choix du vocabulaire pour les descriptions est d'une précision incroyable et utilise constamment nos cinq sens. Forcément, l'émotion est toujours au bout ! Proust peut décrire une phrase musicale sur plusieurs pages, je n'avais encore jamais rien vu de tel !  

Un amour de Swann, la deuxième partie, peut-être lue seul, comme une nouvelle. Mais... ça servirait à quoi au fond ? Finalement, elle s'inscrit dans la continuité de cette vie, la sienne, que nous raconte le narrateur. Il n'est pas dans le souvenir pur, car il n'était pas là pour voir, et le "je" est rare, mais on peut penser qu'il a rassemblé ce qu'il a entendu pour en faire un roman dans le roman. C'est important dans la mesure où son premier amour... sera la fille de Swann et d'Odette, et que la jalousie de Swann, le narrateur l'éprouvera plus tard à son tour.  

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Marcel et son frère Robert

Ce tome Un n'est que le premier épisode des souvenirs de l'homme qui parle, il n'est ici qu'un petit garçon ; nous aurons ensuite dans les autres volumes sa jeunesse, ses amours, d'anciens et de nouveaux personnages, et toujours sa quête et ses doutes sur sa vocation : écrivain.

Evidemment, j'ai trouvé beaucoup de vocabulaire à étudier, ainsi que des références à des pièces classiques ou des personnages (mythiques ou pas) de l'Antiquité : on apprend beaucoup de choses en lisant la littérature du XIXe !

On est dans une sorte d'autofiction. Certes, le narrateur évolue dans les milieux que Proust a fréquentés, certes les personnages sont fictifs (parfois réels) mais inspirés d'hommes et de femmes de son temps ; certains souvenirs d'enfance se ressemblent, ainsi que la vocation d'écrivain, mais qui lit la biographie de Proust peut voir que la vie du narrateur et celle de l'auteur ne sont pas les mêmes tout le temps. Largement inspiré par sa vie, le roman reste une fiction.

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Du côté de chez Swann est le premier volume du roman de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Il est composé de trois parties, dont les titres sont : Combray - Un amour de Swann - Noms de pays : le nom.

Proust commence à rédiger Combray de façon suivie fin mai, début juin 1909. Une pré-publication des fragments de Combray paraît dans Le Figaro entre mars 1912 et mars 1913. Le premier tome de La Recherche est refusé par plusieurs éditeurs, dont Gallimard, avant d'être publié par Grasset à compte d'auteur le 14 novembre 1913.

Combray

Le narrateur raconte son enfance à Combray, sa relation avec sa mère dont il réclame la présence le soir avant de se coucher. Il évoque ses premières lectures, notamment François le Champi de George Sand. On voit se dessiner l'univers culturel et affectif d'un personnage dont on va suivre la vie et l'évolution pendant le reste de la Recherche. C'est aussi dans Combray qu'apparaît le personnage de Swann et surtout c'est là que naît la fascination du narrateur pour les Guermantes qui ne le quittera qu'une fois qu'il aura pénétré ce milieu qui lui semble si inaccessible et merveilleux.

Longtemps, je me suis couché de bonne heure, le célèbre incipit de la Recherche est énoncé par un narrateur insomniaque qui se remémore les différentes chambres à coucher de son existence. Il évoque ainsi les souvenirs de Combray, lieu de villégiature de son enfance. 

L'auteur se consacre au récit de la vie de la famille du narrateur, de ses domestiques et des habitants de Combray, donnant lieu à des peintures de personnages pleins d'humour (le snobisme de l'ingénieur Legrandin, la cruauté de Françoise envers la fille de cuisine...), les promenades quotidiennes effectuées du côté de Méséglise (ou de chez Swann) lorsque le temps est incertain, et du côté de Guermantes lorsque le beau temps le permet. Le côté de Méséglise est associé au mauvais temps. C'est le côté des odeurs, surtout celle des aubépines que le narrateur apprécie énormément jusqu'à verser des larmes en leur disant adieu ; du désir charnel, et de l'échec de l'intelligence. Le côté de Guermantes est associé au beau temps, au désir de vie mondaine (il rêve de pouvoir fréquenter un jour la duchesse de Guermantes) et à l'intelligence des sensations. C'est du côté de Guermantes que le héros réussira pour la première fois à écrire un court passage sur les clochers de Martinville, le plaisir d'écrire décuplant le plaisir de l'observation.  

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Illiers-Combray

A noter que Combray est un village imaginaire, fortement inspiré cependant du village de son enfance, Illiers, en Eure-et-Loir, par la suite rebaptisé Illiers-Combray en son honneur. Proust y passe ses vacances d'enfance entre 1877 et 1880. Ce lieu est une source d'inspiration majeure de son œuvre.

Un Amour de Swann

On peut le lire indépendamment des autres parties. Il s'agit en réalité d'un retour en arrière dans la vie de Charles Swann. Sa rencontre chez les Verdurin avec celle qui sera sa femme, Odette, et surtout sa jalousie maladive sont les thèmes de cette partie. Comme le reste de l'œuvre, la narration se fait à la première personne, mais puisque les évènements décrits se déroulent avant la naissance du narrateur, celui-ci raconte forcément le récit à la troisième personne. Et bien qu'à deux reprises, le narrateur utilise « je » en se rappelant les faits de ses relations avec Odette et Swann, cette partie du roman tient tout de même une place à part dans la Recherche. Il n'en reste pas moins que les thèmes (l'amour, la jalousie, l'art, la critique des milieux bourgeois et de la noblesse) et les personnages (les Verdurin, Swann, Odette) se retrouvent plus tard et qu'Un Amour de Swann est bien une des pierres de l'édifice et non pas seulement une pause dans la narration.

Noms de pays : le nom

Cette partie évoque les rêveries du narrateur, ses envies de voyage, lui à qui la maladie interdit jusqu'à une sortie au théâtre. C'est donc à travers les horaires des trains qu'il voit Balbec et surtout Venise. À cette partie fait écho la partie du même nom de À l'ombre des jeunes filles en fleurs. Ce parallélisme souligne la déception naissant de la confrontation du rêve à la réalité brute. Seul l'art est capable de réenchanter les paysages et de les rendre à la hauteur des espérances du narrateur.

C'est à partir de Noms de pays : le nom que la Recherche devient plus une esthétique qu'un roman pur.

MES EXTRAITS FAVORIS

J'appuyais tendrement mes joues contre les belles joues de l'oreiller qui, pleines et fraîches, sont comme les joues de notre enfance.

***

C'est que les soirs où des étrangers, ou seulement M. Swann, étaient là, maman ne montait pas dans ma chambre. Je dînais avant tout le monde et je venais ensuite m'asseoir à table, jusqu'à huit heures où il était convenu que je devais monter ; ce baiser précieux et fragile que maman me confiait d'habitude dans mon lit au moment de m'endormir, il me fallait le transporter de la salle à manger dans ma chambre et le garder pendant tout le temps que je me déshabillais, sans que se brisât sa douceur, sans que se répandît et s'évaporât sa vertu volatile, et, justement ces soirs-là où j'aurais eu besoin de le recevoir avec plus de précaution, il fallait que je le prisse, que je le dérobasse brusquement, publiquement, sans même avoir le temps et la liberté d'esprit nécessaire pour porter à ce que je faisais cette attention des maniaques qui s'efforcent de ne pas penser à autre chose pendant qu'ils ferment une porte, pour pouvoir, quand l'incertitude maladive leur revient, lui opposer victorieusement le souvenir du moment où ils l'ont fermée.

***

Ce que je reproche aux journaux, c'est de nous faire faire attention tous les jours à des choses insignifiantes tandis que nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie les lires où il y a des choses essentielles. Du moment que nous déchirons fiévreusement chaque matin la bande du journal, alors on devrait changer les choses et mettre dans le journal, moi je ne sais pas, les... Pensées de Pascal ! (il détacha ce mot d'un ton d'emphase ironique pour ne pas avoir l'air pédant). Et c'est dans le volume doré sur tranche que nous n'ouvrons qu'une fois tous les dix ans, ajouta-t-il en témoignant pour les choses mondaines ce dédain qu'affectent certains hommes du monde, que nous lirions que la reine de Grèce est allée à cannes ou que la princesse de Léon a donné un bal costumé. Comme cela, la juste proportion serait rétablie.

***

De même, quand elle lisait la prose de George Sand, qui respire toujours cette bonté, cette distinction morale que maman avait appris de ma grand-mère à tenir pour supérieures à tout dans la vie, et que je ne devais lui apprendre que bien plus tard à ne pas tenir également pour supérieures à tout dans les livres, attentive à bannir de sa voix toute petitesse, toute affectation qui eût pu empêcher le flot puissant d'y être reçu, elle fournissait toute la tendresse naturelle, toute l'ample douceur qu'elles réclamaient à ces phrases qui semblaient être écrites pour sa voix et qui pour ainsi dire tenaient tout entières dans le registre de sa sensibilité.

***

...l'attente d'un cataclysme domestique, limité à la durée d'un moment, mais qui la forcerait d'accomplir une fois pour toutes un de ces changements dont elle reconnaissait qu'ils lui seraient salutaires et auxquels elle ne pouvait d'elle-même se décider. Elle nous aimait véritablement, elle aurait eu plaisir à nous pleurer ; survenant à un moment où elle se sentait bien et n'était pas ens sueur, la nouvelle que la maison était la proie d'un incendie où nous avions déjà tous péri et qui n'allait plus bientôt laisser subsister une seule pierre des murs, mais auquel elle aurait eu tout le temps d'échapper sans se presser, à condition de se lever tout de suite, a dû souvent hanter ses espérances comme unissant aux avantages secondaires de lui faire savourer dans un long regret toute sa tendresse pour nous et d'être la stupéfaction du village en conduisant notre deuil, courageuse, et accablée, moribonde debout...

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Marcel à quinze ans

La madeleine

Et bientôt, machinalement accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièvete illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de la même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m'apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m'arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas en lui, mais en moi.

***

Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.

J'ai connu ça quand j'étais enfant, je ne l'ai jamais revu depuis...

Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables...

Les descriptions merveilleuses

...mon ravissement était devant les asperges, trempées d'outremer et de rose et dont l'épi, finement pignoché de mauve et d'azur, se dégrade insensiblement jusqu'au pied - encore souillé pourtant du sol de leur plant - par des irisations qui ne sont pas de la terre.

***

Il y a dans les nuages ce soir des violets et des bleus bien beaux, n'est-ce pas, mon compagnon, dit-il à mon père, un bleu surtout plus floral qu'aérien, un bleu de cinéraires, qui surprend dans le ciel. Et ce petit nuage rose n'a-t-il pas aussi un teint de fleur, d'oeillet ou d'hydrangéa.

***

C'est ainsi qu'au pied de l'allée qui dominait l'étang artificiel, s'était composée sur deux rangs, tressés de fleurs de myosotis et de pervenches, la couronne naturelle, délicate et bleue qui ceint le front clair-obscur des eaux, et que le glaïeul, laissant fléchir ses glaives avec un abandon royal, étendait sur l'eupatoire et la grenouillette au pied mouillé les fleurs de lis en lambeaux, violettes et jaunes, de son sceptre lacustre.

***

[Les boutons d'or] étaient fort nombreux à cet endroit qu'ils avaient choisi pour leurs jeux sur l'herbe, isolés, par couples, par troupes, jaunes comme un jaune d'oeuf, brillants d'autant plus, me semblait-il, que ne pouvant dériver vers aucune velléité de dégustation le plaisir que leur vue me causait, je l'accumulais dans leur surface dorée, jusqu'à ce qu'il devînt assez puissant pour produire de l'inutile beauté ; et cela dès ma plus petite enfance, quand du sentier de halage, je tendais les bras vers eux sans pouvoir épeler complètement leur joli nom de princes de contes de fées français, venus peut-être il y a bien des siècles d'Asie, mais apatriés pour toujours au village, contents du modeste horizon, aimant le soleil et le bord de l'eau, fidèles à la petite vue de la gare, gardant encore pourtant comme certaines de nos vieilles toiles peintes, dans leur simplicité populaire, un poétique éclat d'orient.

La beauté et le pouvoir de la musique

Swann n'osait pas bouger et aurait voulu faire tenir tranquilles aussi les autres personnes, comme si le moindre mouvement avait pu compromettre le prestige surnaturel, délicieux et fragile qui était si près de s'évanouir. Personne à dire vrai, ne songeait à parler. La parole ineffable d'un seul absent, peut-être d'un mort (Swann ne savait pas si Vinteuil vivait encore), s'exhlant au-dessus des rites de ces officiants suffisait à tenir en échec l'attention de trois cents personnes, et faisait de cette estrade où une âme était ainsi évoquée un des plus nobles autels où pût s'accomplir une cérémonie surnaturelle. De sorte que quand la phrase [musicale] se fut enfin défaite, flottant en lambeaux dans les motifs suivants qui déjà avaient pris sa place, si Swann au premier instant fut irrité de voir la comtesse de Monteriender, célèbre par ses naïvetés, se pencher vers lui pour lui confier ses impressions avant même que la sonate fût finie, il ne put s'empêcher de sourire, et peut-être de trouver aussi un sens profond qu'elle n'y voyait pas, dans les mots dont elle se servit.  

La jalousie

Pour lui, à qui il était arrivé en causant avec des indifférents qu'il écoutait à peine, d'entendre certaines phrases (celle-ci par exemple : "J'ai vu hier Mme de Crécy, elle était avec un monsieur que je ne connais pas"), phrases qui aussitôt dans le coeur de Swann passaient à l'état solide, s'y durcissaient comme une incrustation, le déchiraient, n'en bougeaient plus...

Le pouvoir d'un nom

Le nom de Parme, une des villes où je désirais le plus aller, depuis que j'avais lu la Chartreuse, m'apparaissant compact, lisse, mauve et doux, si on me parlait d'une maison quelconque de Parme dans laquelle je serais reçu, on me causait le plaisir de penser que j'habiterais une demeure lisse, compacte, mauve et douce, qui n'avait de rapport avec les demeures d'aucune ville d'Italie, puisque je l'imaginais seulement à l'aide de cette syllabe lourde du nom de Parme, où ne circule aucun air, et de tout ce que je lui avais fait absorber de douceur stendhalienne et du reflet des violettes.

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Les catleyas d'Odette

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Kinétoscope : Appareil d'Edison, fondé sur la persistance des images sur la rétine, qui restitue la sensation d'un mouvement dans sa totalité grâce au déroulement accéléré des photographies successives qui le composent et que les spectateurs regardent individuellement au moyen d'une lentille.

Transvertébration : Néologisme de Proust. Changement de système vertébral, d’ossature. Chez Proust, il s’agissait d’un effet d’optique produit par la projection à l’aide d’une lanterne magique de l'image d'un personnage sur le décor environnant, tantôt sur un mur plan, tantôt sur un bouton de porte.

Bressant (coiffé à la) : Prosper Bressant, acteur français (1815-1886) introduit une nouvelle coupe de cheveux, en brosse sur le devant et longs derrière, que l'on peut considérer comme le prototype de la coupe mulet ! On parle alors de coiffure "à la Bressant".

Aristée : Dans la mythologie grecque, Aristée est un héros, fils d'Apollon et de la nymphe Cyrène, associé à l'activité pastorale et à l'agriculture.

Thétis : Dans la mythologie grecque, Thétis est une Néréide (nymphe marine), fille de Nérée et de Doris. Elle ne doit pas être confondue avec sa grand-mère Téthys, une divinité marine primordiale. Elle est la mère du héros Achille.

Molé : Les Molé sont une illustre famille de parlementaires originaires de Troyes, fixés à Paris au XVIe siècle. Celui dont parle Proust à plusieurs reprises est probablement Mathieu Louis Molé (1781-1855), Grand-Juge et ministre de la Justice sous Napoléon Ier et Président du Conseil sous Louis-Philippe Ier.

Duc Pasquier : Étienne-Denis, baron puis duc (1844) Pasquier, dit le chancelier Pasquier, est un homme politique français né à Paris le 21 avril 1767 et mort dans la même ville le 5 juillet 1862. Préfet de police sous l'Empire, il fut plusieurs fois ministre (Justice, Affaires étrangères) et Président de la Chambre des députés des départements sous la Restauration puis président de la Chambre des pairs sous la monarchie de Juillet. Il fut également le dernier chancelier de France en 1837.

Duc de Broglie : La maison de Broglie est une famille noble française d’origine piémontaise, installée en France depuis le XVIIe siècle à la suite de Mazarin. Ils sont nombreux à avoir marqué l'histoire. Ici, il s'agit sans doute d'Albert, 4e duc de Broglie (1821-1901), historien et homme d'État, président du Conseil sous la IIIe République, garde des Sceaux, membre de l'Académie française.

Aliéniste : Médecin spécialiste du traitement des maladies mentales. Terme du XIXe pour psychiatre.

Saint-Simon : Il en existe plusieurs dans l'histoire. Il s'agit probablement ici de Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon (1760-1825), philosophe français, fondateur du saint-simonisme. Pensée fondatrice de l'industrialisme, le saint-simonisme est un courant idéologique résumée selon Saint-Simon dans le Nouveau christianisme (ouvrage inachevé publié en 1825 à la mort de Saint-Simon), elle a été souvent reformulée par ses disciples après sa mort, pour exercer finalement une influence tout à fait déterminante en France au moment de la révolution industrielle, et du développement de la société industrielle dans ce pays. Il s'agirait d'en finir avec les révolutions et de passer de l'âge théologique et féodal à l'âge positif et industriel. Il propose un changement de société et préconise une société fraternelle dont les membres les plus compétents (industriels, scientifiques, artistes, intellectuels, ingénieurs…) auraient pour tâche d'administrer la France le plus utilement possible, afin d'en faire un pays prospère, où régneraient l'esprit d'entreprise, l'intérêt général, la liberté et la paix.

Redoute : Endroit où l'on donne des fêtes, des bals.

Contingent : Qualifie une chose sur laquelle il ne faut pas compter, qui peut être ou ne pas être. Qualifie un être qui pourrait ne pas être.

Motilité : Faculté physiologique d’une partie d’un être vivant (pattes, ailes, muscles, cellules…) à se mouvoir.

Pepsine : Ferment contenu dans le suc gastrique et agissant au cours de la digestion sur les protéines. Médicament aidant à la digestion utilisant cette enzyme.

Infrangible : Qui ne peut être brisé.

Esther : Esther, personnage de la Bible et du Tanakh, femme du roi perse Assuérus (traditionnellement assimilé à Xerxès Ier ou Artaxerxes II) au Ve siècle av. J.-C.. 

Assuérus : Roi de Perse au Ve siècle avant J.C. Traditionnellement assimilé à Xerxès Ier.

Balsamine : Genre (Impatiens) de plantes sauvages ou ornementales, dont les capsules, quand on en froisse l’extrémité, lancent les graines qu’elles renferment.

Porphyre : Nom donné au granite contenant de grands cristaux d’orthose, formés en profondeur. Le plus souvent associé à la couleur pourpre.

Sigebert : Nom de plusieurs princes francs...

Casuel : Revenu aléatoire d'un emploi, d'un office, qui peut s'ajouter à un revenu régulier.

Massepain : Pâtisserie faite d'amandes pilées, de sucre et de blancs d'oeufs, colorée, parfumée et façonnée de diverses manières.

Vaulabelle : Éléonore Tenaille de Vaulabelle est un écrivain et dramaturge français né le 20 vendémiaire an X1 à Châtel-Censoir (Yonne) et mort le 12 octobre 1859 à Paris. Il publiait ses romans sous le pseudonyme d'Ernest Desprez et toutes ses pièces sous celui de Jules Cordier.

Physiognomonie : Étude du caractère à partir des traits du visage.

Camire : Aujourd'hui on dit Camiros. Site archéologique de Rhodes, situé sur la côte nord-ouest de l'île. Selon la tradition, c'est l'une des trois cités rhodiennes fondées par les Doriens, avec Lindos et Ialysos. Toutes trois sont mentionnées par Homère dans le Catalogue des vaisseaux. 

Minos : Dans la mythologie grecque, Minos, fils de Zeus et d'Europe, est un roi légendaire de Crète. Son nom a été donné à la civilisation minoenne, qui fleurit en Crète au cours du IIe millénaire av. J.-C.

Pasiphaé : Dans la mythologie grecque, Pasiphaé, fille d'Hélios et de Persé, sœur d’Éétès et de Circé, est l'épouse de Minos (roi de Crète), et notamment la mère du Minotaure, d'Ariane et de Phèdre.

Coulissier : Courtier négociant des valeurs mobilières non cotées en Bourse, en dehors du parquet des agents de change officiels.

Rogations :  Prières publiques accompagnées de processions, que l’Église fait pour obtenir de bonnes récoltes, pendant les trois jours qui précèdent la fête de l’Ascension.

Joas : Dans la Bible, deux rois portent ce nom : Joas, roi de Juda, fils de Joram ; Joas, roi d'Israël, fils et successeur de Joachaz.

Pignoché : Peint soigneusement.

Ciboire : Baldaquin à colonnes élevé au-dessus du maître-autel d'une basilique chrétienne. Vase sacré en forme de calice couvert, fait de métal précieux, où sont déposées les hosties consacrées destinées à la communion des fidèles.

Cinéraire : Plante à petites fleurs groupées en capitules et à feuillage argenté.

Andromède : Dans la mythologie grecque, Andromède est une princesse éthiopienne. Fille du roi Céphée, elle est victime de l'orgueil de sa mère Cassiopée. Exposée nue sur un rocher pour y être dévorée par un monstre marin, elle est sauvée de justesse par Persée dont elle deviendra l'épouse.

CimmériensLes Cimmériens sont un peuple de l'Antiquité, supposé d'origine indo-européenne, peut-être apparenté aux peuples iraniens, installé en Tauride et sur le pourtour de la mer d'Azov avant de se disséminer aux VIIIe et VIIe siècles av. J.-C. sur tout le pourtour du Pont Euxin en Asie mineure ainsi que dans les Balkans.

Palimpseste : Manuscrit sur parchemin d'auteurs anciens que les copistes du Moyen Âge ont effacé pour le recouvrir d'un second texte. Support sur lequel on écrit, susceptible d'être effacé après usage. 

EupatoirePlante herbacée commune de la famille des Composées qui croît dans les lieux humides et dont certaines espèces étaient autrefois employées en médecine.

Grenouillette : Renoncule d'eau à fleurs blanches. 

Koufin : Panier, aujourd'hui orthographié couffin.

JubéTribune élevée formant une sorte de galerie séparant le chœur de la nef de certaines églises anciennes, à laquelle on accède par deux escaliers latéraux pour y chanter, lire les textes liturgiques, faire certaines lectures publiques ou des prédications.

CalfatOuvrier chargé de calfater un navire.

Calfater : Rendre étanche, au moyen d'étoupe goudronnée, les points et les interstices des bordages du pont d'un navire.

SainfoinPlante fourragère annuelle ou bisannuelle qui constitue un des meilleurs fourrages secs pour le bétail et qui était aussi cultivée autrefois comme plante ornementale.

GuillocherOrner de traits gravés en creux et entrelacés.

Ostensoir : Pièce d'orfèvrerie souvent en forme de soleil, reposant sur un pied, destinée à recevoir dans sa lunule une hostie consacrée qui est ainsi exposée à l'adoration des fidèles.

Cuirs (faire des) : Défaut de prononciation qui consiste à lier les mots sans raison (plus particulièrement en faisant entendre un « s » pour un « t » à la fin d'un mot, et vice-versa).

Patapon (à petit) : (Tout) doucement.

InanitiéQui souffre d'inanition.

Julienne : Plante ayant pour variétés principales la julienne des dames ou des jardins à fleurs odorantes, violettes ou blanches et la julienne ou giroflée de Mahon ou julienne maritime, cultivée en bordures, à tige rampante et à fleurs purpurines.

LohengrinLohengrin est un personnage de la littérature médiévale germanique, appartenant à la légende arthurienne. Son histoire, variante de la légende du chevalier au cygne, apparaît pour la première fois au tout début du XIIIe siècle dans le roman Parzival de Wolfram von Eschenbach, qui en fait le fils de Perceval et le rattache à la quête du Graal. Lohengrin a inspiré à Richard Wagner l’opéra du même nom.

Etre réduit à quiaN'avoir rien à répondre.

Quart d'heure de Rabelais : Le moment où il faut payer une consommation.

Graillonnement : Action de parler d'une voix rauque et enrouée en se raclant la gorge.

Beauvais : Siège recouvert de tapisserie de Beauvais.

Valétudinaire(Personne) dont la santé est chancelante, délicate, qui est souvent malade.

CatleyaOrchidée épiphyte, originaire d'Amérique tropicale, et dont l'espèce la plus connue est très recherchée pour l'élégance de ses fleurs mauves à grand labelle en cornet onduleux.

Nielle : Maladie des céréales et notamment du blé, d'origine cryptogamique, qui convertit l'épi en une poussière noirâtre.

Zéphora : Séphora, Sephora ou Tsippora est une femme d'une beauté exceptionnelle, elle est la plus belle épouse de Moïse et fille de Jethro, le prêtre des Madianites.

JethroBeau-père de Moïse. Il est aussi appelé Réuel, Qéni ou Hobab. Le Coran le nomme Shu`ayb, il y apparaît comme le prophète des Madianites. D'où son surnom d’Abu Madian ("le père, ou l'homme, des Madianites"). Il quitte tout pour rejoindre les Enfants d'Israël.

Fanchon :  Fichu, mouchoir de paysanne qui se porte sur la tête, les pointes nouées sous le menton. Petite coiffure féminine en chenille ou en dentelle.

Skunk : Variété de mouffette, petit mammifère omnivore américain qui peut projeter un liquide malodorant sécrété par ses glandes anales.

Pschutt : Prétention à l'élégance et au bon ton, qui se manifeste surtout par une mise tapageuse. Société élégante et raffinée.

Zist et le zest (entre le) : Dans un état ni bon, ni mauvais; ni bien, ni mal. Dans l'indécision, l'incertitude. Zist ou zest : caractère piquant, entrain, vivacité.

Claubauder : Crier à tort et à travers. Critiquer injustement une personne, médire.

Stercoraire : Qui a rapport aux excréments; qui concerne les matières fécales.  Qui inspire le dégoût ; qui est répugnant, ignoble. Qui croît, qui vit sur les excréments, le fumier. 

Tabellion : Officier public chargé de la rédaction des contrats et des actes publics, dans l'Antiquité. Associé ensuite au notaire.

Hausse-col : Pièce d'armure qui protégeait le cou et la poitrine. Croissant de métal doré porté au-dessous du cou par les officiers d'infanterie jusqu'en 1881, lorsqu'ils étaient en service. Appareil pour l'immobilisation partielle de la colonne vertébrale cervicale.

Euphonie : Agréable et harmonieuse combinaison des sons. 

Maison Dorée : La Domus aurea ou Maison dorée est un immense palais impérial de la Rome antique, que Néron fit construire, qui couvrait une partie importante de Rome intra muros. Elle comportait plusieurs bâtiments distincts, de vastes jardins, un lac artificiel, mais aussi une salle de banquet dont le plafond en forme de voûte céleste tournait sur lui-même. Après la mort de Néron, l'espace occupé fut rendu aux Romains et le Colisée fut édifié sur l'emplacement du lac. Ensevelie pendant des siècles, la Domus aurea fut en partie redécouverte à la Renaissance.

Ninive (désolation de) : Ninive fut pendant bien des siècles une grande et populeuse cité, capitale de l'empire d'Assyrie. Dans la tradition biblique, Ninive était pleine de corruption et trois prophètes prédirent sa destruction si elle ne changeait pas. Ninive sera changée en désolation, en un lieu aride comme un désert. L'histoire nous dit qu'en 614 av. J.-C., les Mèdes mènent une campagne en Assyrie, campagne qui voit la chute d'Assur et un premier assaut vers Ninive, qui échoue cependant. Une seconde campagne est menée en 612. Le siège dure trois mois, au cours de l'été, et la ville tombe le 10 août 612 ; le roi assyrien Sîn-shar-ishkun meurt durant ces combats. La ville est pillée et est détruite, événement qui marque la fin de l'empire assyrien.

En-tout-cas : En patois angevin, désigne un vêtement qui ne craint ni la pluie ni la salissure, tout en étant portable à la ville. En français, mot vieilli, espèce de parapluie servant à abriter de la pluie ou du soleil.

Baller : Être animé d'un mouvement de balancement qui semble généralement être soumis à l'action de la pesanteur. Danser, sauter.

Interpoler : Modifier un texte en plusieurs endroits au point qu'il s'en trouve dénaturé.

PariétairePlante dicotylédone herbacée, de la famille des Urticacées, qui croît particulièrement sur les vieux murs et que l'on utilise comme diurétique. Qui croît sur les murs.

Polonaise : Robe dont le dos est ajusté et cambré et dont les pièces de dos, très étroites à la taille, s'épanouissent sur une tournure en demi-panier.

Lophophore : Oiseau des montagnes de Chine et de l'Himalaya, dont le mâle a la tête surmontée d'une aigrette, une queue courte rousse, le dessous du corps noir, les plumes du dos et des ailes à reflets métalliques de diverses couleurs : vert, bleu, pourpre.

Dryade : Divinité féminine protectrice des arbres et des forêts. 

Virgilien : Qui a un charme, un agrément champêtre, qui évoque la vie rurale, simple et paisible.

Elysée : Région des enfers où séjournaient après leur mort les héros et les hommes vertueux. Lieu agréable, où il fait bon séjourner. 

Dodonéen : Qui rappelle les chênes sacrés de Dodone, célèbres dans la Grèce antique par les oracles de Zeus, tirés du bruit du vent dans leur ramure.