La Hongrie est sous la domination des Habsbourg. Au XVIIIe siècle, François II Rakoczi, jeune noble, conspire très jeune contre leur autorité. Il est proclamé régent de Hongrie en septembre 1705 et recherche l'alliance française en faisant déclarer les Habsbourg déchus de leur droits sur le royaume de Hongrie. Battu à Trencsén en 1708, il perd son titre de prince de Transylvanie en février 1711. Lui et les autres insurgés sont amnistiés s'ils prêtent serment au nouvel empereur Charles VI de Habsbourg. François Rákóczi refuse de souscrire à ce traité et recherche en vain l'alliance du tsar Pierre Ier le Grand. Il plaide encore pour l'indépendance de la Hongrie en 1713 lors des négociations des traités d'Utrecht. Puis passe le reste de sa vie en exil en Prusse, en France et en Turquie. 

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François II Rakoczi

La Révolution française de 1789 crée une union sacrée de la noblesse hongroise autour de la maison impériale, mais les idées libérales et nationales se diffusent malgré tout en Hongrie et donnent naissance à un courant réformiste important, revendiquant l'égalité devant la loi et devant l'impôt et la fin des privilèges.

Ce courant est incarné par Ferenc Kölcsey, Ferenc Deák et Lajos Kossuth, révolutionnaires qui proclament en 1848 l'unification de la Hongrie, comprenant la Hongrie royale, la Croatie et la Transylvanie, et revendiquant l'indépendance face à l'Empire d'Autriche. Mais, en Croatie et Transylvanie, les révolutionnaires locaux réclament leur propre indépendance, que Kossuth leur refuse. Alors que l'indépendance de la Hongrie est proclamée, l'Autriche fait appel au tsar Nicolas Ier de Russie pour mater le gouvernement révolutionnaire. Les Habsbourg organisent alors une répression implacable et imposent leur pouvoir par la force. En 1866, l'affaiblissement de l'empire sur le front italien et surtout la défaite contre la Prusse à la Bataille de Sadowa, les incitent à apaiser les tensions internes. C'est ce long processus qui aboutit au Compromis austro-hongrois de 1867 et à la naissance de l'Autriche-Hongrie.

François-Joseph Ier cumule les couronnes d'empereur d'Autriche et de roi de Hongrie. La Première Guerre mondiale entraîne en 1918 la fin de l'Empire et la séparation des deux états. 

Le 16 novembre 1918 est proclamée la République Hongroise. L'âme du nouveau régime démocratique est personnifiée par le comte Mihály Károlyi. Il remplit pour quelques mois les fonctions de premier ministre et de président.

En mars 1919, les communistes renversent le gouvernement et, en avril, Béla Kun proclame la République des conseils. Ce gouvernement ne dure pas longtemps ; soutenue par la mission militaire française du général Henri Berthelot, l'armée du Royaume de Roumanie entre en Hongrie et occupe Budapest : les forces communistes sont vaincues et le régime soviétique est renversé le 6 août 1919. Les Alliés de la Première Guerre mondiale remettent le pouvoir aux forces légitimistes, menées par l'amiral Miklós Horthy. L'archiduc Joseph-Auguste de Habsbourg-Lorraine redevient brièvement régent du pays. Entre août et novembre 1919, Budapest est sous occupation roumaine.

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En janvier 1920, des élections sont tenues pour élire une assemblée monocamérale. Le 1er mars, l'amiral Miklós Horthy est élu régent. Il établit un régime dictatorial de type officiellement monarchique.

Le 4 juin, le Traité de Trianon est signé : il officialise les frontières de la nouvelle Hongrie. En comparaison du royaume d'avant-guerre, la Hongrie sera amputée de 72 % de son territoire et d'un tiers de sa population magyare et perd son accès à la mer... La totalité des minorités roumaine, slovaque, croate, serbe font le choix d'appartenir à d'autres états, selon le principe du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Mais plusieurs millions de Hongrois se retrouvent ainsi minoritaires dans de nouveaux pays et la Hongrie réclame une révision des frontières, rejetée par les vainqueurs. Les conséquences du traité de Trianon entraîneront des problèmes politiques, notamment en Slovaquie, se manifestant jusqu'à nos jours.

Miklós Horthy installe un régime nationaliste et dictatorial dans une Hongrie repliée sur le souvenir du grand royaume d'avant-guerre. Des politiques répressives, d'une intensité variable, sont appliquées contre les communistes, les Juifs ou les Roms.

Horthy s'allie avec l'Allemagne nazie dans les années 1930, dans l'espoir de revenir sur les pertes territoriales qui ont suivi la Première Guerre mondiale. La Hongrie est récompensée par Hitler par des territoires appartenant à la Tchécoslovaquie, à la Yougoslavie et à la Roumanie, puis prend une part active à la Seconde Guerre mondiale. Cependant, en octobre 1944, alarmé par le retour de la Roumanie dans le camp allié, Hitler remplace Horthy par le collaborateur hongrois Ferenc Szálasi et son Parti des Croix fléchées de type nazi, afin d'éviter que la Hongrie ne rejoigne elle aussi les Alliés. Un gouvernement fasciste hongrois est mis en place, alors que les troupes de l'Union soviétique avancent sur le territoire du pays.

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Miklos Horthy

Plus de 450 000 Juifs et plusieurs centaines de Roms périssent sous le régime de Horthy – à l'instigation des Allemands et malgré les tentatives du régent pour y mettre fin – et sous le régime de Szálasi.

L'alliance de Horthy avec l'Allemagne nazie conduit la Hongrie à une nouvelle défaite, le pays est occupé par les troupes soviétiques et roumaines après la Bataille de Budapest.

La République de Hongrie (Deuxième République) est le régime politique de la Hongrie au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans les années qui suivent la fin du Royaume de Hongrie et qui précèdent l'avènement de la République populaire de Hongrie. L'existence de cette république est marquée par la montée en puissance du Parti communiste hongrois, qui élimine progressivement ses adversaires avant de prendre le pouvoir sous les traits du Parti des travailleurs hongrois.

D'après Wikipédia