Oscar Wilde, dont le nom complet est Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, est un écrivain irlandais, né à Dublin le 16 octobre 1854 et mort à Paris le 30 novembre 1900.

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Il est le second des trois enfants de Sir William Wilde et de son épouse Jane Francesca.  

Sa mère ne s'est jamais départie sa vie durant de son soutien à la cause nationaliste irlandaise, bien qu'elle soit restée fidèle à la tradition anglicane de ses grands-pères, tous deux pasteurs. Elle s'enorgueillit de ses poésies nationalistes. Publiées sous le pseudonyme de Speranza dans le journal The Nation, ces textes jouissent d'une certaine estime dans le milieu littéraire irlandais. W. B. Yeats lui-même ne manque pas d'en faire l'éloge.

Les poèmes que leur mère leur lit régulièrement, font, dès le plus jeune âge, partie intégrante de l'univers culturel dans lequel baignent les enfants Wilde. L'influence de Jane sur Oscar ne se limite pas au cadre culturel dans lequel grandit son fils : elle ne cesse, dès qu'elle a perçu chez lui les prémices d'une vocation littéraire, de l'encourager et de la nourrir.

William Wilde est un médecin oculiste éminent (il soigne notamment la reine Victoria elle-même, Napoléon III ou le roi de Suède Oscar II qui tient à le remercier en devenant le parrain d'Oscar Wilde, d'où le prénom original donné à celui-ci). William Wilde anobli, devient « chevalier » en 1864 pour les services rendus comme conseiller médical et commissaire adjoint au recensement de l'Irlande. Il verse par ailleurs dans l'érudition locale et écrit plusieurs ouvrages traitant de l'archéologie et du folklore irlandais. Philanthrope reconnu, il ouvre un dispensaire à l'intention des pauvres de Dublin.

En 1855, la famille Wilde emménage au 1 Merrion Square, où leur fille Isola voit le jour deux ans plus tard. La nouvelle résidence, à la hauteur de la notoriété grandissante du couple, lui permet de tenir un salon pour recevoir l'élite culturelle et médicale de la ville. Ces réunions des samedis après-midis réunissent parfois jusqu'à cent invités.

Jane Francesca aurait préféré une fille à la naissance d'Oscar, elle l'élève comme tel jusqu'à l'âge de sept ans : toute sa vie Oscar Wilde restera dans sa tête ce jeune garçon ambigu, transformé par sa mère en petite idole hindoue. Jusqu'à l'âge de neuf ans, il est éduqué à domicile, sous la garde d'une bonne française et d'une gouvernante allemande. Il fréquente ensuite la Portora Royal School à Enniskillen, dans le comté de Fermanagh, établissement qui se targue d'être l'« Eton irlandais ». Pendant son adolescence, il passe l'essentiel de ses étés dans la villa familiale de Moytora, dans le comté de Mayo. Sa jeune sœur Isola meurt à 11 ans d'une méningite. 

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A Oxford

Wilde quitte Portora avec une bourse royale pour le prestigieux Trinity College de Dublin qu'il fréquente de 1871 à 1874, en compagnie de son frère, dont il partage la chambre. Il reçoit entre autres l'enseignement du révérend J.P. Mahaffy, vieil érudit qui éveille son intérêt pour la culture grecque antique et la passion des questions nobiliaires. Malgré des réserves tardives, Wilde tiendra encore, en 1893, Mahaffy pour son « premier et meilleur maître », celui qui « [lui] apprit à aimer les œuvres grecques ». De son côté Mahaffy se vantera dans un premier temps d'avoir créé Wilde, puis dans un second temps, après les revers de fortune de son élève, déplorera qu'il soit « la seule tache de [son] tutorat ». 

Cette découverte de l'hellénisme va, pour Wilde, de pair avec un approfondissement de ses conceptions esthétiques, qui commencent à se préciser. Outre les enseignements de Mahaffy, il subit pendant cette période l'influence des poètes et des peintres préraphaélites. Sous l'effet de ces théories esthétiques, inséparables d'une conception plus générale et assez exigeante des rapports entre l'art et la vie, il commence à modeler le personnage d'esthète qui va faire sa réputation. 

Wilde devient également un membre actif de l'University Philosophical Society, une société de débats qui publie un journal. Remarqué pour ses activités parascolaires, il brille également sur le terrain plus proprement académique : premier de sa classe lors de sa première année, récipiendaire d'une bourse par concours la seconde, il remporte finalement la médaille d'or de Berkeley, la récompense suprême en grec de l'université, pour clore son cursus. Il est dans la logique du système universitaire britannique qu'un élève aussi brillant intégre l'une des prestigieuses universités anglaises. Encouragé par Mahaffy, il postule pour une bourse spéciale du Magdalene College de l'université d'Oxford, qu'il remporte aisément.

Pendant sa scolarité à Oxford, Wilde gagne rapidement une certaine renommée parmi ses condisciples pour son esthétisme affiché et son rôle dans le mouvement décadent. Il porte les cheveux longs et méprise ouvertement les sports virils, qui jouent un rôle central dans la vie sociale des étudiants, bien qu'il pratique occasionnellement la boxe. Dans sa chambre, les plumes de paon, les fleurs de lys ou de tournesol côtoient des porcelaines de Chine bleues, des photographies du pape et des gravures de peintres préraphaélites. Il confie un jour à des amis qu'il lui est « chaque jour plus difficile de se montrer digne de [sa] porcelaine bleue » ; la phrase fait rapidement le tour du campus, reprise comme un slogan par les esthètes et utilisés contre eux par ceux qui l'érigent en symbole de leur vacuité. L'hostilité de certains étudiants contre ces excentriques qui se distinguent par leurs poses languides et leurs costumes tape-à-l'œil peut parfois tourner à la provocation physique. Attaqué par un groupe de quatre jeunes gens, Wilde désarçonne un jour tous ces critiques en répondant seul du tac au tac à l'aide de ses poings.

Dès sa troisième année à Oxford, il a définitivement posé les bases de son personnage de dandy et assis sa notoriété, qui repose pour partie sur la distance désinvolte qu'il adopte avec l'imposante institution qu'est l'université d'Oxford. Il est ainsi exclu provisoirement, après avoir manqué le début des cours à l'issue d'un voyage en Grèce en compagnie du Professeur Mahaffy.

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Il sort diplômé en ayant obtenu les mentions les plus hautes dans ses deux matières principales après avoir remporté le prix de poésie de l'université d'Oxford, le Newdigate Prize, exercice de style dont le thème imposé est cette année-là Ravenne. Ce prix assez prestigieux, doté d'une somme confortable assure une petite notoriété dans le monde des lettres. 

Son diplôme en poche, Wilde retourne à Dublin où il rencontre Florence Balcombe, dont il s'amourache, mais la jeune femme se fiance à l'écrivain Bram Stoker. Il repart pour Londres.

Incertain de la marche à suivre pour lancer sa carrière, il s'enquiert d'abord auprès de plusieurs connaissances à Oxbridge. Puis, profitant de la part d'héritage qu'il a reçu de son père, il s'installe dans le quartier de Chelsea. La capitale paraît être la rampe de lancement idéale pour un apprenti artiste ambitieux. Wilde devient proche des comédiennes Lillie Langtry, Ellen Terry, avant de devenir un intime de Sarah Bernhardt.

Bien qu'il se destine avant tout à une carrière de critique d'art, c'est par le biais de la poésie qu'il parvient à se faire un nom dans le monde littéraire de la capitale britannique. Dès son entrée à Trinity College, Wilde avait publié de la poésie dans de petites revues. Inspiré par ses voyages en Grèce et en Italie, il n'avait depuis jamais cessé d'écrire, publiant occasionnellement dans des magazines. En 1881, un recueil titré Poems, publié « quasiment à compte d'auteur », réunit ses premières compositions et des œuvres jusqu'alors inédites. Il reçoit un bon accueil et l'écoulement rapide des 750 premiers exemplaires rend nécessaire une nouvelle édition l'année suivante.

Wilde profite pleinement de la notoriété de son cercle d'amis pour faire valoir ses qualités mondaines ; il est déjà une figure suffisamment célèbre pour que son style hors norme fasse l'objet de caricatures dans la presse. Cette notoriété prend une nouvelle ampleur en 1881 lorsque Gilbert et Sullivan, deux compositeurs en vogue, s'inspirent directement de lui pour l'un des personnages de leur nouvel opéra intitulé Patience. Lorsque la pièce est produite aux États-Unis, on lui propose une série de conférences visant à familiariser le public américain aux ressorts de l'esthétisme britannique. Wilde arrive aux États-Unis le 3 janvier 1882 et s'empresse de confirmer cette réputation devant la foule venue l'accueillir dès sa descente de bateau en répondant à un douanier qu'il n'avait rien d'autre à déclarer que son génie...

Programmée initialement pour quatre mois, la tournée dure finalement plus d'un an, avec un crochet final par le Canada. Le séjour américain de Wilde lui est extrêmement profitable. Il se pare d'une aura plus grande encore qui affermit considérablement sa position en Angleterre. D'un point de vue intellectuel, l'exercice difficile de la conférence publique et la diversité des auditoires auxquels il est confronté, se produisant aussi bien dans les salons de la grande bourgeoisie que face à des parterres d'ouvriers, lui ont permis d'affuter sa pensée dans le domaine de l'esthétique.  

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Alfred Douglas, dit "Bosie"

À peine revenu à Londres, Wilde s'embarque pour Paris où il séjourne de février à la mi-mai 1883. Il fait peu de temps après son arrivée la connaissance du jeune poète Robert Sherard, arrière-petit-fils du poète William Wordsworth, qui lui ouvre les portes des plus illustres écrivains. Dans son sillage, Wilde dîne chez Victor Hugo.

Son étape parisienne marque un changement notable dans le style de Wilde. Troquant ses tenues extravagantes contre des costumes toujours aussi soignés, mais plus sobres, il fait également couper ses fameux cheveux longs, qui lui valent maints commentaires sarcastiques de la presse. Les soirées organisées par le peintre Giuseppe De Nittis sont également l'occasion pour Wilde de côtoyer les peintres impressionnistes Edgar Degas et Camille Pissarro.

Dès son retour en Angleterre, Wilde épouse en 1883 Constance Lloyd, la fille d'Horace Lloyd, un riche conseil de la Reine. L'entreprise de séduction, savamment orchestrée, tombe à point nommé pour mettre fin aux rumeurs sur son homosexualité, qui se sont accentuées lors de son séjour français... De cette union naîtront deux enfants, Cyril et Vyvyan. Le conférencier ne tarit pas d'éloges sur sa femme qui incarne à ses yeux l'essence même du modèle préraphaélite, et dont le caractère est trempé aux nouvelles idées féministes. Le 9 mai 1884, Oscar se rend, avec son frère et sa mère, chez Charles Carleton Massey, pour assister à la première réunion de la loge théosophique de l'Hermetic Society.

Il devient rédacteur en chef de The Womans' World. En 1886, il rencontre Robert Ross qui devient son amant et sera plus tard son exécuteur testamentaire.

Publié dans sa première version le 20 juin 1890, Le Portrait de Dorian Gray est le produit d'une commande de l'éditeur américain J.M Stoddart pour sa revue, le Lippincotts Monthly Magazine. Il parait en volume, augmenté de six chapitres, l'année suivante aux États-Unis et en Angleterre et déclenche une tempête de protestations parmi les critiques anglais. La qualité littéraire du texte n'est certes pas mise en cause. On lui reproche en revanche de compromettre ses qualités en illustrant des thèmes qui portent atteinte à la morale publique. 

Il ne se dérobe pas face aux critiques et choisit de répondre avec vigueur à chacune des objections de ses détracteurs. Sa défense est pour lui l'occasion de mettre en lumière, et parfois même de préciser, les lignes du programme qu'il vient de développer dans son essai Le Critique comme artiste (1891). Elle tient dans l'affirmation de l'indépendance que l'art doit maintenir vis-à-vis de la morale, et plus généralement dans la supériorité de l'Esthétique sur l’Éthique.

En 1891, il rencontre Lord Alfred Douglas de Queensberry, s'en éprend et tous deux mènent une vie débridée en affichant en public leur homosexualité. Le père d'Alfred, John Douglas, 9e Marquis de Queensberry, désapprouve cette relation et provoque Wilde à plusieurs reprises. Le marquis demande à Wilde de s'éloigner de son fils. Début 1895, il remet au portier du club Albermarle, l’un des clubs d’Oscar Wilde, sa carte de visite où il écrit : « Pour Oscar Wilde, s’affichant comme Somdomite [sic]. » Wilde décide alors de lui intenter un procès pour diffamation. Wilde joue tout d'abord de son charme habituel, de son inégalable sens de la répartie, déclenchant l'hilarité du public, transformant par moment le tribunal en salle de théâtre. Mais il finit par se faire « piéger » et perd son procès.

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Tombe au Père Lachaise

Il est arrêté le 6 avril 1895, puis, après deux autres procès, il est condamné le 25 mai 1895, en vertu d'une loi datant de 1885 interdisant l'homosexualité, à la peine maximale de deux ans de travaux forcés en 1895. Ses biens sont confisqués pour payer les frais de justice. Constance, sa femme, se réfugie avec ses fils en Suisse où un hôtelier la met dehors en raison de son nom scandaleux. Elle substitue alors au patronyme de ses fils celui de « Holland », qui correspond au deuxième prénom de son frère, Otho Holland Lloyd.

Après quatorze mois de travaux forcés et à la suite de son transfert de la prison de Reading, Wilde se voit accorder le privilège exceptionnel de la part du directeur de la prison de posséder un petit matériel d’écriture et reçoit la permission d’écrire à condition de remettre tous les soirs ses écrits, son papier et son stylo aux autorités pénitentiaires. Il n'écrira en prison que de la correspondance, et en particulier une longue lettre adressée à Alfred Douglas qui sera, après sa mort, publiée sous le nom de De Profundis. Les travaux forcés et l'enfermement l'affecteront au point qu'il ne produira qu'une seule œuvre après sa libération, elle-même sur le thème de la prison : La Ballade de la geôle de Reading. Alfred Douglas est, quant à lui, poussé à l'exil en France et en Italie pendant plus de trois ans.

Sa libération, en 1897, est un grand moment de joie, mais ses amis lui conseillent de se faire discret. Il souhaite épouser le catholicisme, à la suite de sa conversion spirituelle et désire se retirer un an dans un cloître. Les Jésuites qu'il sollicite refusent d'accueillir un tel membre et lui conseillent d'attendre encore un an ou deux. Il quitte alors l'Angleterre pour la France, où il demeure quelque temps à Berneval, près de Dieppe en Normandie, sous le nom de Sébastien Melmoth, en référence au roman Melmoth, l'homme errant de Charles Robert Maturin, un des romans fondateurs du courant gothique en littérature, et du martyr Sébastien, personnage qui le fascine. Maturin est par ailleurs le grand-oncle de Wilde.

Il vit sous la tutelle de son ami/amant Robert Ross, qui s'étonne de le voir se comporter tel un enfant. En effet, Wilde est très dispendieux alors même que ses ressources se sont taries. Traumatisé par son expérience de la prison, il semble avoir plus que besoin d'une présence à ses côtés, alors que Ross doit retourner à Londres pour affaires. Il s'étonne des réticences de Constance à le rejoindre. Or cette dernière est, non seulement très éprouvée, mais combat en plus la maladie. Extrêmement déçu, Wilde reçoit un billet de Lord Alfred Douglas et désire ardemment le retrouver malgré les avertissements de Ross et les menaces de Constance de lui couper les vivres.

Ils se revoient à Rouen, le 28 août et se remettent à vivre ensemble. Les deux amants partent pour Naples en septembre 97. Ils mènent un train de vie très confortable. Toutefois, lorsque Constance apprend la situation, elle met sa menace à exécution, et le couple s'enfonce alors dans le besoin.

Oisif, de retour à Paris, Wilde sort avec ses amis ou fréquente de jeunes prostitués à Paris. Commence alors une période de déchéance dont il ne sortira pas. Malgré l'aide de ses amis qui lui prêtent de l'argent (ses revenus littéraires étant devenus insuffisants), notamment André Gide et Robert Ross, il finit ses jours dans la solitude et la misère. Oscar Wilde meurt probablement d'une méningite, âgé de 46 ans.  

Après un enterrement de « sixième classe » (le dernier avant la fosse commune) et une inhumation au cimetière de Bagneux, ses restes sont transférés, en 1909, au cimetière du Père-Lachaise. Son tombeau surmonté d’un monument s'inspirant d'un taureau ailé assyrien, conservé au British Museum et dont le visage est celui du dramaturge (allusion au poème La Sphinx de Wilde), a été sculpté par l'artiste expressionniste Sir Jacob Epstein de 1911 à 1914.

Romans et nouvelles

  • Le Fantôme de Canterville 
  • Le Crime de Lord Arthur Savile 
  • Le Modèle millionnaire
  • Un Sphinx sans secret 
  • Le Prince heureux et autres contes
  • Le Portrait de Mr. W. H. 
  • Le Portrait de Dorian Gray
  • Une maison de grenades 
  • Teleny Étude physiologique

Il a également écrit du théâtre, de la poésie et des essais.

D'après Wikipédia