Hans Christian Andersen, né le 2 avril 1805 à Odense et mort le 4 août 1875 à Copenhague, est un romancier, dramaturge, conteur et poète danois, célèbre pour ses nouvelles et ses « contes de fées ».

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Son père, Hans Andersen, un ouvrier cordonnier, appartient à la catégorie la plus humble des artisans. Sa mère, Anne-Marie, a été domestique. La tante de Hans Christian tient une maison de tolérance à Copenhague. Les conditions de vie du futur écrivain sont sordides dans un minuscule logement. Sa famille l'entoure de beaucoup d'affection, qu'il s'agisse de son père, sa mère, ou sa grand-mère.

Son père, qui s'est engagé dans l'armée de 1812 à 1814, revient malade et meurt en 1816. Sa mère se place comme blanchisseuse. Hans Christian, qui a été renvoyé de l'école gratuite, passe des journées solitaires. Il se construit un petit théâtre, taille des robes pour ses poupées et lit des œuvres dramatiques. Il lit William Shakespeare et commence à composer des pièces dont il fait la lecture à sa mère qui le croit fou.

Après de brèves tentatives de travail, dans une fabrique de draps, puis une manufacture de tabac, le garçon qui a alors treize ans, une jolie voix, et une immense envie de devenir célèbre, est admis au cours d'éducation religieuse du doyen Tetens, avec des enfants d'une classe sociale très supérieure à la sienne. Ses études terminées, il refuse d'entrer en apprentissage chez un tailleur. Seul le théâtre l'intéresse. En 1818, une troupe du Théâtre royal est venue à Odense, et l'année suivante, après avoir rencontré une comédienne, il part pour Copenhague avec ses maigres économies et une lettre d'introduction pour un membre du Théâtre royal. 

Après plusieurs visites infructueuses au Théâtre royal, il se souvient qu'on a admiré sa voix à Odense, et il se rend chez le ténor italien Giuseppe Siboni qui accepte de lui donner des leçons de chant gratuites. Andersen sera désormais très souvent pris en charge par des bienfaiteurs qui sont touchés par sa personnalité peu commune. Le musicien Christoph Weyse, le professeur Frederik Hoegh Guldberg, le ténor Siboni, J.M.Thiele (antiquaire), lui offrent soit des leçons, soit de l'argent. Hans Christian a l'habitude d'aller remercier chacun d'eux en leur récitant un de ses textes. Le garçon devient ainsi élève à l'école de danse de 1820 à 1821, l'acteur Ferdinand Lindgreen accepte également de lui donner des leçons d'art dramatique. En mai 1821, c'est au tour du maître de chant du Théâtre royal de le prendre comme élève. Andersen vit de subsides amicaux, et il a réussi à attendrir sa logeuse Madame Thorgeen en lui faisant la lecture. Il commence à écrire sa première pièce : La Chapelle dans la forêt en 1822, année où il se produit comme comédien au théâtre pour la première fois de sa vie.

Parmi les personnages influents qui ont aidé Andersen à cette époque, on compte Jonas Collin, membre du comité directeur du Théâtre Royal auquel le jeune écrivain a envoyé un petit poème en 1821. En 1822, Collin est inondé des pièces de théâtre d'Andersen et les refuse toutes. Mais Collin considère le garçon avec bienveillance. Il estime que son éducation est encore à faire et il demande pour lui une bourse d'études au roi Frédéric VI. Bourse qui est accordée. Andersen entre au collège de Slagelse le 26 octobre 1822. Andersen a près de dix-huit ans quand il entre dans une petite classe du collège avec des enfants de douze ans... De 1822 à 1827, tandis qu'il étudie, il écrit un nombre considérable de poèmes, pièces de théâtre, romans, nouvelles.

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Sa maison à Odense

Andersen rencontre le poète et auteur dramatique Johan Ludvig Heiberg qui fait à l'époque la pluie et le beau temps dans les milieux littéraires. Il s'intéresse au jeune homme et fait paraître quelques-uns de ses poèmes dans son journal Kjoebenhavns flyvende Post en 1827 et 1828. Andersen a aussi écrit le poème : L'Enfant mourant que le poète Ludolph Schley a traduit en allemand à Elseneur. Le texte paraît d'abord sans signature dans un journal allemand, puis avec le nom d'Andersen dans le journal d'Heiberg en 1828.

Andersen profite des trajets qu'il doit faire jusqu'à Christianshavn, dans l'île d'Amager, où il prend des cours chez le professeur Müller, pour écrire son premier récit de voyage : Voyage à pied à Amager publié dans le journal de Heiberg en 1828. Un éditeur lui offre l'année suivante de le publier mais Andersen refuse, et il fait éditer son texte à compte d'auteur. L'affaire se révèle un grand succès.

Encouragé par ce succès, Andersen rédige un vaudeville : L'Amour dans la Tour Saint-Nicolas qui est sifflé et ne reste à l'affiche que trois jours. Le théâtre sera presque toujours un échec pour l'écrivain.

Il commence à avoir une certaine notoriété. Il publie encore un recueil de poèmes et travaille en même temps à l'écriture de Le Nain de Christian II, roman historique. Il tombe amoureux d'une jeune fille, Riborg Voigt, mais qui malheureusement a déjà un fiancé, et il laisse tomber son roman historique pour se lancer dans l'écriture de nouveaux poèmes un peu mélodramatiques. 

Dans la période 1830-1833, il est beaucoup plus estimé par le public qu'il ne le dit dans ses autobiographies, même s'il subit effectivement des attaques. Mais il reconnaît lui-même qu'il est trop susceptible et qu'il a besoin de prendre du recul. Il se lance alors dans son premier grand voyage : Hambourg, Brunswick, les montagnes du Harz, Dresde, Leipzig et Berlin. Ce qui fournira le sujet d'un récit de voyage Skyggebilleder publié en 1831. La production d'Andersen devient alors très abondante si l'on excepte le roman historique qu'il ne terminera jamais. En 1832, il publie un nouveau recueil de poésies Les Douze mois et l'année suivante Poésies complètes.

À cette époque, Andersen est considéré comme membre de la famille Collin, Jonas Collin lui servant de père, son fils Edvard, tenant lieu de frère raisonnable. Mais graduellement Andersen tombe amoureux de la fille cadette de Collin, Louise.

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Autoportrait

Le 10 mai, l'écrivain danois est à Paris. Il y rencontre le tout-Paris littéraire, mais aussi le compositeur Luigi Cherubini et Heinrich Heine qui aura tant d'influence sur ses écrits. Il part ensuite pour la Suisse, puis l'Italie. Il en revient ébloui et publie ses impressions sous forme d'un roman : L'Improvisateur (1834-1835), deux volumes écrits. Ce roman va lui apporter une gloire internationale, avec des traductions en français, anglais, russe, suédois, néerlandais etc.

En 1835 il donne la deuxième livraison de ses contes de fées, puis la troisième en 1837, et le Livre d'images sans images en 1839.

La critique danoise est aussi agressive qu'anonyme pour les contes auxquels elle reproche tout et n'importe quoi. Pourtant, malgré les réticences de ses compatriotes, ces contes vont connaître, deux ans plus tard, le succès fulgurant que l'on sait, avec une première traduction illustrée en Allemagne, puis dans le monde entier.

Dans ces années-là, Andersen continue à voyager, à écrire des récits, et alimente encore la série des contes de fées régulièrement. En 1843, il est à Paris, fêté par les meilleures plumes françaises, les sculpteurs, les artistes, les peintres. C'est d'ailleurs là qu'il fête son anniversaire, personne au pays n'a pensé à le lui souhaiter, ce qui le rend fou de rage.

Pendant l'été 1844, Andersen est à Weimar dans la demeure de Freiherr von Beaulieu-Marconnay, grand chambellan du duc de Weimar, en 1846 il est chez le prince Radziwiłł. Mais ce qui le touche le plus, c'est qu'on lui remet cette année-là, dans son pays même, l'importante décoration du Dannebrog, ordre de chevalerie qui remonte au XIIe siècle.

Après une visite inoubliable en Grande-Bretagne (1847) et un accueil merveilleux, notamment de Charles Dickens, il est reçu au Danemark en héros. Malheureusement, le soulèvement du Schleswig-Holstein (qui aboutira à la guerre des Duchés en 1864) assombrit son bonheur. 

Du coup, Andersen reprend ses pérégrinations, ses récits : d'abord en Suède, puis en Espagne, et de nouveau à Paris pour l'exposition universelle de 1867. Et il poursuit l'écriture de ses contes, jusqu'en 1872.

Le 6 décembre 1867, il est nommé citoyen d'honneur de la ville d'Odense, ce qui dépasse de loin tous les honneurs dont il a été couvert à l'étranger. Il estime que cette récompense est la plus honorable et la plus diverse. 

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Silhouette en papier découpé

Les hommages dans son pays se succèdent ainsi jusqu'à sa mort. Dès 1868, le jeune critique littéraire Georg Brandes vient lui rendre visite et s'intéresse à ses travaux. Rasmus Nielsen, un des enseignants les plus importants de l'Université de Copenhague, commence une série de conférences sur ses contes de fées en 1869. Andersen est maintenant l'homme le plus fêté et le plus choyé du Danemark.

Il écrit qu'il ne s'embarquera plus jamais seul désormais. Le globe-trotter est fatigué. En 1870, il écrit ce qui devrait être son dernier roman : Peer Le Chanceux

Heureux chez lui, Andersen ne vit pourtant pas dans l'aisance, malgré sa notoriété internationale. Les éditeurs étrangers ne lui versent pas d'argent puisqu'il n'y a pas d'accord international sur les droits d'auteur. Andersen n'est payé que s'il publie son manuscrit directement dans un pays, avant d'être édité au Danemark. 

Andersen ne voyage plus seul désormais. Il refuse d'aller en Amérique. Mais il rend visite à Ibsen à Dresde, il va ensuite à Vienne, puis à Venise, et il tombe malade pendant l'hiver 1873 auquel il pense qu'il ne survivra pas. Pourtant en mai, il entreprend son dernier voyage en Allemagne et en Suisse en compagnie d'un jeune écrivain danois Nicolaj Boegh. 

Il en revient perclus de douleurs. Et malgré le cadeau d'anniversaire du roi qui lui décerne un titre honorifique : conseiller privé, l'écrivain tombe dans un état de mélancolie.  

Alors qu'il séjourne au manoir de Bregentved, chez le comte Helmuth Karl Bernhard von Moltke, Andersen reçoit une lettre d'une petite Américaine. Le pli contient un dollar et une coupure de presse où on lance un appel aux enfants d'Amérique pour aider le vieil écrivain à vivre correctement. On y explique que les droits d'auteur qu'on lui verse sont insuffisants. Andersen est très embarrassé, d'autant plus que l'Amérique est le seul pays qui le rémunère. Il cherche à arrêter cette collecte. Mais les lettres d'admiration pleuvent et c'est un véritable raz de marée qui est déclenché aux États-Unis en sa faveur. Andersen, très ému, en perd le sommeil : il veut expliquer qu'il n'est pas dans le besoin, mais ses amis lui conseillent d'attendre. Une souscription nationale est lancée en sa faveur. Finalement l'auteur des contes de fée envoie un message au rédacteur en chef du Philadelphia Evening News pour dissiper le malentendu, mais l'opération dette des enfants a pris une telle ampleur que rien ne l'arrête. L'épisode se termine par un envoi à Andersen d'une somme de deux cents dollars accompagnée d'un luxueux ouvrage en deux volumes illustrés : Picturesque America.

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Portrait par Christian Albrecht Jensen

En cette dernière année de sa vie, Andersen est contrarié par des tracasseries. Voulant imiter l'Amérique, le Danemark tente de lancer la même opération en faveur de l'écrivain. Mais ses ennemis s'empressent de tourner l'opération en dérision. Il y a aussi la collecte d'argent pour ériger sa statue, les ébauches du sculpteur August Saabye qui ne lui conviennent pas.

Son seul plaisir est d'être invité régulièrement à la table de la famille royale avec les enfants du roi. Le vieil homme est épuisé, il tombe malade le 22 mai, et il ne se relèvera pas.  

Les contes

Tous ses biographes s'accordent à dire que la renommée d'Andersen repose entièrement sur ses histoires et contes de fées. Ce phénomène de conteur est très nouveau à l'époque en littérature, et si Andersen s'attire la sympathie des cercles intellectuels dans tous les pays, c'est parce qu'il vient d'inventer un genre qui se confond avec la poésie.

Andersen lui-même ne considère cependant pas le conte comme un genre littéraire. Pourtant il a bel et bien créé un genre, car, contrairement à Jacob et Wilhelm Grimm, il n'est pas un compilateur de contes populaires, mais un créateur. Le conte est pour lui un mode naturel d'expression, un talent. 

Son inspiration provient de trois sources principales :

  • Les récits qu'il a entendus dans son enfance ainsi que les contes traditionnels scandinaves.
  • L'observation de la vie quotidienne, les histoires vraies et les choses vues. 
  • Sa propre vie : Le Vilain Petit Canard en est un exemple.

Des trois sources, il tire un récit qu'il enrichit d'éléments féériques ou fantastiques.

Andersen avait un don de dessinateur qui reste peu connu du grand public. Bien qu'il n'ait jamais pris de cours de dessins, il faisait de nombreux croquis au crayon ou à la plume. Surtout pendant ses voyages à l'étranger. Les esquisses tenaient lieu de souvenir et lui permettaient de se rappeler les paysages qu'il avait vus. Il reste 70 esquisses au crayon et 250 dessins à la plume sur l'ensemble de ses dessins.

Un autre talent d'Andersen, plus connu, est son habileté à produire des découpages en papier, notamment des silhouettes dont 1 500 ont été conservées par Sir Henry Dickens (1849-1933) qui avait huit ans en 1857, quand Andersen a séjourné chez son père Charles Dickens. Les motifs extrêmement raffinés et fantaisistes sont souvent repris au Danemark. 

Œuvres

Romans

  • L'Improvisateur 
  • O. T. 
  • Rien qu'un violoneux
  • Les Deux Baronnes 
  • Conte de ma vie (autobiographie)
  • Être ou ne pas être 

Contes les plus connus

  • Le Vilain Petit Canard
  • Les Habits neufs de l'empereur  
  • Le Stoïque Soldat de plomb  
  • La Bergère et le Ramoneur  
  • La Reine des neiges
  • La Princesse au petit pois  
  • Les Cygnes sauvages
  • La Malle volante  
  • La Petite Fille aux allumettes
  • La Petite Poucette
  • La Petite Sirène
  • Le Briquet
  • Grand Claus et Petit Claus
  • Le Crapaud
  • L'Heureuse Famille
  • La Grosse Aiguille
  • Les Fleurs de la petite Ida
  • Une semaine du petit elfe Ferme-l'Œil
  • Le Compagnon de voyage
  • Les Chaussons rouges
  • La Pâquerette
  • Le Rossignol et l'Empereur de Chine

D'après Wikipédia