Le romantisme de F. Scott Fitzgerald...

INCIPIT

Quand j'étais plus jeune, ce qui veut dire plus vulnérable, mon père me donna un conseil que je ne cesse de retourner dans mon esprit : "Quand tu auras envie de critiquer quelqu'un, songe que tout le monde n'a pas joui des mêmes avantages que toi."

27

LE DEBUT

Nick Carraway, un jeune homme du Midwest, se rend à New York pour travailler dans la finance comme agent de change. Il trouve à louer une petite maison à Long Island, zone résidentielle très huppée et snob de la banlieue new-yorkaise. Sa demeure est située entre deux énormes et luxueuses villas. De là, la vue est imprenable sur East Egg, l'endroit le plus cossu et sélect de toute la zone. C'est là qu'habitent Daisy, sa cousine germaine, et le mari de celle-ci, Tom Buchanan.

Nick se rend un soir chez les Buchanan, sur invitation de Daisy. Tom, beau et riche, mais quelque peu bourru, paraît végéter auprès de Daisy, laquelle semble tout autant s'ennuyer avec son mari. Elle passe le plus clair de son temps avec son amie Jordan Baker, joueuse de golf professionnelle. Celle-ci s'étonne que Nick ne connaisse pas Gatsby, son voisin, à la richesse fabuleuse.

Gatsby donne fréquemment des réceptions somptueuses qui accueillent des centaines de convives. Mais qui est Jay Gatsby ? D'où vient-il ? Que fait-il ? Les rumeurs les plus folles circulent sur son passé et sa fortune. Nick reçoit une invitation pour passer la soirée chez Gatsby. Une incroyable histoire va lier Nick, Gatsby et Daisy pendant cet été 1922…

MON AVIS

Un roman plein de charme (celui des années 1920 et leur douce langueur, entre deux guerres...), une histoire d'amour belle et tragique et ce si séduisant et énigmatique Jay Gatsby ! Cet homme pauvre, qui réussit à faire fortune juste pour reconquérir son amour de jeunesse... et que l'ironie du sort (le destin ?) va détruire.

Ambiances délicates, feutrées, Gatsby et Daisy flottent sur le récit comme des créatures éthérées. Le film de Jack Clayton (1974), avec Robert Redford et Mia Farrow, sublimes, est absolument magnifique, celui de Baz Luhrmann (2013), bien que très original et splendide esthétiquement, ne rend pas vraiment hommage à la suavité, la cruauté diffuse, qui existent dans le roman.

28

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Gatsby le Magnifique (titre en anglais : The Great Gatsby) est le troisième roman de Francis Scott Fitzgerald et il a été publié en 1925 aux États-Unis. Il a souvent été décrit comme le reflet des années folles dans la littérature américaine.

Il est édité à 75 000 exemplaires, mais il atteint difficilement les 25 000 exemplaires vendus. Dès 1925, le livre est retiré des librairies pour défaut de lecteurs... Le 25 avril 1925, Maxwell Perkins, directeur littéraire aux Éditions Charles Scribner’s Sons, écrit à Fitzgerald : « Quoi qu'il en soit, je crois que nous pouvons être sûrs que sitôt le tumulte et les vociférations de la foule des critiques et des échotiers apaisés, Gatsby le Magnifique s'imposera comme un livre tout à fait extraordinaire. »

Le livre est réédité en 1934, et le tirage de 6 000 exemplaires rencontre le même insuccès. Pendant la crise des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale, il tombe pratiquement dans l'oubli. Dans les années 1950, il est à nouveau réédité, et trouve alors, rapidement, un grand cercle de lecteurs. Durant les décennies suivantes, il devient un texte couramment étudié dans les lycées et les universités du monde entier.

Dans une lettre destinée à Maxwell Perkins en juin 1925, F. Scott Fitzgerald indique qu'une de ses nouvelles, Rêves d'hiver, écrite en 1922, à 26 ans, est comme « une sorte de première esquisse » de son roman, notamment par les thèmes abordés. Un passage de cette nouvelle est d'ailleurs repris dans Gabsy le Magnifique, celui de la description de la maison de l'héroïne.

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Fourbisseur : Artisan qui fourbissait, montait et réparait les armes blanches. Fourbir :  Nettoyer en frottant.

Epigramme : Inscription en vers ou en prose gravée sur un monument.  Trait satirique, mot spirituel.

Cinéraire : Qui contient ou peut contenir les cendres d'un mort. Qui évoque l'idée de la mort.

Prestesse : Agilité et vivacité.

29

Rompre les chiens : Détourner, interrompre des propos.

CaponFlatteur, flagorneur. Personne lâche et peureuse. Élève qui dénonce ses camarades. Joueur rusé et filou.

Adventice : Qui est à l'origine extérieur de soi, étranger à la personnalité

Pasquinade : Pamphlet, satire grossière. Ensemble de gestes spectaculaires, facéties du bouffon.

Ulster : Pardessus d'hiver très long et ressemblant à une robe de chambre.

MES EXTRAITS FAVORIS

Une fois au moins par quinzaine, un détachement de décorateurs arrivait avec plusieurs centaines de mètres de toile et une quantité de lumières de couleur suffisante pour transformer le parc de Gatsby en un gigantesque arbre de Noël. Sur des tables, garnies de hors-d'oeuvre luisants, s'entassaient des jambons épicés et cuits au four parmi des salades multicolores comme des manteaux d'arlequin, des pâtés de porc et des dindes qu'un sortilège avait teintes de brun doré. Dans la galerie principale, on installait un bar muni de son appuie-pied en cuivre et garni de gin, de liqueurs et de cordiaux depuis si longtemps oubliés, que la plupart des invités étaient trop jeunes pour les distinguer les uns des autres. Vers sept heures arrive l'orchestre, non pas un petit orchestre de cinq exécutants, mais une pleine fosse de hautbois, trombones et saxophones, de violes, de clarinettes et de piccolos, de tambours altos et bassos. Les derniers nageurs sont rentrés de la plage et s'habillent dans les chambres ; les autos de New York sont garées, cinq de front, dans l'allée, et déjà les galeries, les salons et les vérandas s'égaient de couleurs, de cheveux coupés suivant d'étranges modes et de châles qui éclipsent tous les rêves de Castille. Le bar fonctionne à plein rendement et les cocktails flottent sur des plateaux dans le parc qu'ils imprègnent de leurs parfums, si bien que bientôt l'air se met à vibrer de bavardages et de rires, d'insinuations nonchalantes, de présentations sitôt oubliées que faites et d'enthousiastes rencontres entre femmes qui n'ont jamais connu leurs noms respectifs.

***

On dansait maintenant sur le parquet de toile ; des hommes âgés poussaient devant eux des jeunes filles en traçant d'éternels cercles dépourvus de grâce ; des couples orgueilleux s'étraignaient tortueusement, suivant les rites de la mode, et tournaient dans les coins. [...] La lune était plus haute et, flottant dans le détroit, il y avait un triangle d'écailles d'argent, qui tremblait un peu au sec friselis en fer-blanc des banjos installés sur la pelouse.

***

Je me demandai si le fait même qu'il s'abstenait de boire ne contribuait pas à le distinguer à ce point de cses hôtes, car il semblait que sa correction augmentait à mesure que croissait l'hilarité générale. L'histoire universelle racontée par le jazz n'était pas terminée, que des filles posaient leurs têtes sur des épaules masculines avec une câlinerie de petits chiens, que d'autres filles, feignant de s'évanouir, se laissaient tomber entre des bras d'hommes, voire au milieu de groupes, sachant bien que quelqu'un arrêterait leur chute - mais personne ne s'évanouissait sur Gatsby, nulle nuque taillée à la française ne touchait l'épaule de Gatsby, nul quatuor ne se formait dont un des chaînons fut la tête de Gatsby.

***

Il saisit la main de Daisy, et comme celle-ci lui disait quelque chose tout bas, il se tourna vers elle avec une poussée d'émotion. Je crois que c'est cette voix surtout qui le tenait, par sa chaleur changeante eet fiévreuse, parce que nul rêve ne pouvait lui être supérieur - cette voix était un chant immortel.