Marcel Pagnol est un écrivain, dramaturge, cinéaste et producteur français, né le 28 février 1895 à Aubagne (Bouches-du-Rhône), et mort à Paris le 18 avril 1974 (à 79 ans).

01

Son père, Joseph, est instituteur à Aubagne, laïc et républicain, et sa mère, Augustine, couturière, à la santé fragile, de confession catholique. Marcel est l'aîné de trois autres enfants : Paul, Germaine et René. Un frère aîné, Maurice, né le 2 avril 1894 et mort le 18 août de la même année, ne sera jamais mentionné dans l'histoire familiale.

Lorsqu'elle va au marché, sa mère laisse Marcel dans la classe de son père, qui a un jour la surprise de le voir lire couramment, alors qu'il n'a que trois ans.

A la rentrée 1900, Joseph étant nommé à l'école du Chemin des Chartreux, la plus grande école communale de Marseille, la famille emménage dans la grande ville.

À partir de 1904, soucieux de la santé fragile d'Augustine, Joseph décide de louer pour les vacances une villa dans la colline. Cette bastide, située à la sortie du village de La Treille, et ses collines constitueront ce paradis de l'enfance heureuse où se déroulent les plus beaux épisodes de ses fameux Souvenirs d'enfance.

Marcel entre au lycée Thiers en 1905 où il poursuit de brillantes études. C'est là qu'il commence à écrire des poèmes qui paraîtront à partir de 1910 dans la revue Massilia.  

Il n'a que 15 ans lorsqu'il perd sa mère, avec qui il entretenait une relation fusionnelle, à l'âge de 36 ans., en 1910. Joseph se remarie le 30 juillet 1912 avec Madeleine Julien, veuve qu'il avait engagée pour s'occuper du ménage et qui n'a que huit ans de plus que Marcel. Ce dernier l'accepte très mal, au point de se brouiller avec son père.

z01

Tournage de Marius

En 1913, à 18 ans, il obtient son baccalauréat de philosophie et commence ses études de lettres à l'Université d'Aix-en-Provence. Le 10 février 1914, il fonde, avec quelques copains de khâgne, la revue littéraire Fortunio (qui deviendra ensuite Les Cahiers du Sud), dans laquelle il publie quelques poèmes et son premier roman, Le Mariage de Peluque. Puis, la Première Guerre mondiale éclatant, il est mobilisé au 163e régiment d'infanterie de Nice. Il est réformé en janvier 1915 pour faiblesse de constitution.

Le 2 mars 1916, il épouse Simone Collin. En novembre de la même année, il obtient sa licence de lettres et littératures vivantes (anglais). Il devient enseignant. Il écrit deux drames en vers : Catulle puis, en collaboration avec Arno-Charles Brun, Ulysse chez les Phéaciens.

En 1927, il décide de « prendre congé de l'Éducation nationale pour cause de littérature ». Dès son arrivée dans la capitale en 1922, Pagnol retrouve son ami Paul Nivoix, rédacteur à Comœdia, grâce à qui il pénètre le milieu des jeunes écrivains et du théâtre moderne, et se risque à signer en 1924, sous le pseudonyme de Castro, un vaudeville composé avec Nivoix, Tonton (ou Joseph veut rester pur), qui à son grand étonnement remporte un petit succès au théâtre des Variétés, ce qui encourage les deux novices à persister et écrire leur première pièce de théâtre, Les Marchands de gloire. Représentée en 1925 au théâtre de la Madeleine, cette brillante satire du patriotisme est cependant boudée par le public, de même que sa deuxième pièce, Jazz, donnée en 1926 au théâtre des Arts. Mais Topaze, satire de l'arrivisme jouée au théâtre des Variétés en 1928, connaît un grand succès (plus de huit cents représentations à Paris).

La nostalgie de Marseille qu'il éprouve à Paris l'incite à écrire une pièce marseillaise, et son entourage l'en dissuade aussitôt. Le 9 mars 1929, Marius, pièce en quatre actes et six tableaux, est créée au théâtre de Paris avec Raimu dans le rôle de César. C'est le triomphe universel pour les deux provençaux exilés qui, tout en s'apportant mutuellement la gloire et la célébrité, se lieront à vie d'une amitié aussi orageuse que sincère.

Séparé de Simone Collin depuis 1926, il rencontre la jeune danseuse anglaise Kitty Murphy. De leur union naît Jacques Pagnol en 1930, qui deviendra son assistant après la guerre, puis caméraman pour France 3 Marseille.

 L'année 1929 est décisive pour sa carrière : il assiste à Londres à la projection d'un des premiers films parlants, Broadway Melody et en est si bouleversé qu'il décide de se consacrer au cinéma. 

z02

Académicien

Pagnol fait la connaissance du directeur de la succursale française de la firme Paramount, Bob Kane, qui lui propose d'acheter les droits de sa pièce Marius. Pagnol refuse, mais accepte de se contenter d'un simple pourcentage sur les recettes à condition que le film soit tourné avec tous les comédiens de la troupe théâtrale et sous sa direction. Kane finit par accepter au début de 1931 mais exige un réalisateur américain. Ce sera Alexander Korda. Sorti le 10 octobre 1931, Marius est l'un des premiers films à succès du cinéma parlant français. Les recettes sont colossales, y compris à l'étranger. Pressé par le public d'en écrire la suite, Fanny, pièce en trois actes et quatre tableaux, est créée sur scène en décembre 1931 au théâtre de Paris. C'est le deuxième volet de ce qui deviendra la célèbre trilogie marseillaise, dont l'action se passe dans l'ambiance légendaire du Bar de la Marine, sur le vieux port de Marseille. L'adaptation cinématographique, réalisée par Marc Allégret, sort le 2 novembre 1932.

Le 28 juillet 1932, son frère Paul meurt à l'âge de 34 ans (il était épileptique). 

Devant le succès de Marius, la Paramount a fait l'acquisition début 1932 des droits d'adaptation de sa pièce Topaze, confiés au réalisateur Louis Gasnier. Pagnol réussit à participer au tournage mais s'estime dépossédé de son œuvre (il tournera plus tard lui-même deux autres versions de Topaze en 1936 et en 1950). Désormais devenu très riche, il décide de devenir producteur et fonde au printemps 1932 à Paris sa propre société de production. Il installe ses studios à Boulogne-Billancourt au bord de la Seine et à Marseille.

En 1934, il achète, dans les collines au-dessus du village de La Treille où, enfant, il passait ses vacances, un domaine de vingt-quatre hectares (plus tard agrandi à quarante), dans l'idée d'en faire son « Hollywood provençal ». Il y tourne désormais lui-même ses films. Son premier film en tant que réalisateur est Le Gendre de Monsieur Poirier en 1933, suivi de Jofroi en 1933, etc. Il fait jouer les plus grands acteurs français de l'époque Raimu, Pierre Fresnay, Fernandel, amis avec qui il joue à la pétanque entre deux scènes.

Il vit désormais avec Orane Demazis, actrice, ils ont un fils en 1933, Jean-Pierre Burgart, car Pagnol ne le reconnaît pas. Puis, en 1936, Yvonne Pouperon, sa nouvelle collaboratrice des bureaux de la rue Fortuny à Paris, met au monde une fille, Francine Pagnol. C'est l'année où il fonde la revue Les Cahiers du film, avant de diriger sa propre maison d'édition en 1937.

En 1941, pour réaliser son « ambition de construire, sous le ciel de Provence, la Cité du Cinéma », il fait, sans l'avoir vu, l'acquisition du château de la Buzine avec quelques hectares de prairies au bord du canal. C'est en visitant son domaine huit jours plus tard, qu'il reconnaît « l'affreux château, celui de la peur de ma mère » (Le Château de ma mère) : sa mère s’était évanouie lorsque la famille traversait clandestinement la propriété pour rejoindre la Bastide neuve, un garde les avait surpris et leur avait fait faire demi-tour.

Mais la Seconde Guerre mondiale fait rage ; Pagnol doit interrompre ses tournages et vendre ses studios à la Gaumont, tout en restant directeur de production. Ceci lui permet de se dérober aux pressions d'Alfred Greven, président de la Continentale (société de production française à capitaux allemands), qui veut lui faire réaliser du cinéma de propagande nazie. En tant que directeur de production des Films Marcel Pagnol il produit, en novembre-décembre 1941, le documentaire Français, vous avez la mémoire courte !, apologie du maréchal Pétain, commandé par le Secrétariat général à l'Information et à la Propagande du régime de Vichy.  

z03

Avec Jacqueline

Le divorce d'avec Simone Collin à peine prononcé, Marcel vit avec l'actrice Josette Day, rencontrée en janvier 1939. Leur liaison ne dure que le temps de leur refuge en zone libre, jusqu'à la fin de la guerre.  

Il acquiert en 1942 le Domaine de l'Étoile à La Gaude, où il réemploie le personnel de ses studios comme ouvriers horticoles pour la culture d'œillets, afin de leur éviter le Service du travail obligatoire en Allemagne.   

En 1945, il épouse l'actrice Jacqueline Bouvier, rencontrée en août 1938, qui sera jusqu'à sa mort son « brin de poésie et de tendresse ». Elle tourne dans cinq de ses films et ils auront deux enfants, Frédéric en 1946 et Estelle en 1951.

Âgé de 51 ans, il est l’une des six personnes élues le 4 avril 1946 à l'Académie française lors de la deuxième élection groupée de cette année visant à combler les très nombreuses places vacantes laissées par la période de l'Occupation. Il devient le premier cinéaste reçu sous la coupole. 

En 1948, il tourne, avec Tino Rossi, La Belle Meunière, « premier film français en couleur réalisé en France par des Français avec un procédé français » (le Rouxcolor). C'est un échec retentissant et une perte financière de cinquante millions de francs pour Pagnol. En 1950, il écrit le scénario d'une version modernisée de la nouvelle de Maupassant, Le Rosier de Mme Husson, avec Bourvil, acteur alors débutant, dans le rôle d’Isidore. Le film, mis en scène par Jean Boyer, très mal accueilli par la critique, connaît cependant un succès commercial.

z04

Jacqueline et Fernandel dans Manon des Sources

Pagnol prend sa vraie revanche deux ans plus tard, en 1951, avec la troisième version de Topaze, un grand succès unanimement salué par la critique.

En 1951, poursuivi par le fisc, il s'installe à Monte-Carlo dans une somptueuse villa du XIXe siècle en bord de mer, La Lestra, auprès de son admirateur et ami le prince Rainier III. À la mort de sa fille Estelle, âgée de trois ans, il fuit l'endroit en 1954, pour revenir à Paris dans un hôtel particulier sur l'avenue Foch, se rapprochant de ses bureaux de la rue Fortuny.

Toujours en 1951, Pagnol achève le scénario de Manon des sources. Le film, qu'il tourne à La Treille, sort en janvier 1953 avec un accueil mitigé. Toujours très actif dans le domaine du cinéma, il signe la même année l'adaptation et les dialogues du vaudeville Carnaval, mis en scène par Henri Verneuil, et se lance dans ce qui sera sa dernière œuvre pour le cinéma, Les Lettres de mon moulin.  

En 1955, à 60 ans, il préside le 8e Festival du Film de Cannes. Il fait également jouer au festival d'Angers sa traduction d’Hamlet de William Shakespeare avec Jacqueline Pagnol et Serge Reggiani. Puis, le 6 octobre, il fait donner au théâtre de Paris sa tragédie en cinq actes Judas. L'éclairage nouveau, voire d'avant-garde, du personnage, tant il se rapproche de l’Évangile de Judas, est mal perçu par l'ensemble des confessions. L'accueil tout aussi froid réservé à Fabien, comédie en quatre actes qui sort quelques mois plus tard, inciteront Pagnol à mettre un terme à son activité d'auteur dramatique, comme il l'avait déjà fait pour sa carrière de cinéaste.

Naissance du romancier

En 1957, il commence la rédaction de ses Souvenirs d'enfance avec La Gloire de mon père, premier tome qui connaît un immense succès. Le deuxième tome, Le Château de ma mère, en 1958, s'inscrit en tête du classement des meilleures ventes de l'année.

Suivent en 1960, Le Temps des secrets (Le Temps des amours, inachevé, sera publié en 1977 après sa mort), puis en 1962, L'Eau des collines, une version romancée en deux tomes, Jean de Florette et Manon des Sources, de son film de 1951. En 1965, passionné par cette énigme historique, il publie à son compte Le Masque de fer, remanié en 1973 sous le titre Le Secret du masque de fer.

En 1967, il tourne pour la télévision un conte d’Alphonse Daudet, Le Curé de Cucugnan, qui sera diffusé le jour de Noël 1968.

Marcel Pagnol meurt le 18 avril 1974, à l'âge de 79 ans, dans sa maison de l'avenue Foch à Paris. 

Romans, nouvelles et essais

  • 1921 : La Petite Fille aux yeux sombres, roman 
  • 1921 : Le Mariage de Peluque, roman 
  • 1922 : L'Infâme Truc, nouvelle 
  • 1932 : Le Mariage de Peluque, roman
  • 1947 : Notes sur le Rire, essai
  • 1949 : Critique des Critiques, essai
  • 1957 : La Gloire de mon père, roman autobiographique
  • 1958 : Le Château de ma mère, roman autobiographique
  • 1960 : Le Temps des secrets, roman
  • 1961 : Ambrogiani (l'homme et le peintre)
  • 1963 : L'Eau des collines, roman en deux parties : Jean de Florette, Manon des sources,
  • 1965 : Le Masque de fer, essai historique
  • 1968 : Les Sermons de Marcel Pagnol, recueil 
  • 1977 : Le Temps des amours (Souvenirs d'enfance inachevé IV), roman autobiographique
  • 1977 : Les Secrets de Dieu, nouvelle
  • 1981 : Confidences, essai et préfaces sur le théâtre et le cinéma, 
  • 1984 : L'Infâme Truc et autres nouvelles, recueil d'œuvres posthumes
  • 1986 : Les Inédits de Marcel Pagnol, textes divers écrits entre 1940 et 1960, rassemblés par son fils Frédéric.

Il a aussi écrit de nombreuses pièces de théâtre.

D'après Wikipédia