Bien que les deux premiers volumes ne m'aient pas vraiment enthousiasmée, la période décrite est très intéressante et je continue donc.

LE DEBUT

Le chambellan Bouville et Guccio partent de Naples avec Clémence de Hongrie, future épouse de Louis X, lequel pendant ce temps prouve encore une fois son incompétence en embourbant l'armée française en Flandre lors de « l’ost boueux » près de Bondues.

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Clémence apprend par une confidence de l'ancienne nourrice de Louis que Marguerite de Bourgogne est morte dans d'étranges circonstances quelques mois auparavant : l'ex-épouse aurait été assassinée.

Le mariage entre Louis et Clémence a lieu le 13 août 1315, quelques jours avant le couronnement de Louis à Reims. Louis X, devenu plus enclin à l’indulgence en raison de son mariage avec Clémence, gracie, à la demande de son frère Philippe, son épouse Jeanne de Bourgogne, emprisonnée depuis seize mois à Dourdan ; il refuse néanmoins fermement de gracier Blanche de Bourgogne, l'épouse de son frère cadet Charles. Tout le monde attend désormais un héritier à la couronne.

De son côté Mahaut d'Artois lutte contre une rébellion interne.

L'AUTEUR

Maurice Druon, né le 23 avril 1918 à Paris et mort le 14 avril 2009, est un écrivain et homme politique français.

Pendant la Seconde guerre mondiale, il s'engage dans la Résistance et rejoint Londres en janvier 1943. Attaché au programme « Honneur et Patrie » de la BBC, il écrit alors avec son oncle Joseph Kessel les paroles du Chant des Partisans, que met en musique Anna Marly.

Après la guerre, il devient un homme de lettres à succès avec Les Grandes Familles (Prix Goncourt 1948) et surtout la saga des Rois maudits, roman historique en sept tomes publiés entre 1955 et 1977 et que l'adaptation télévisée fera connaître à un très large public. Il est élu à l'Académie française en 1966 à quarante-huit ans, et en devient le secrétaire perpétuel de 1985 à 1999. Il a écrit d'autres œuvres — comme Tistou les pouces verts, en 1957, un conte pour la jeunesse —, mais aussi des pièces de théâtre et des essais.

Gaulliste et engagé dans l'action politique, Maurice Druon a été ministre des Affaires culturelles en 1973-1974.

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MON AVIS

Même avis que pour les deux tomes précédents. C'est très vite lu et pas assez développé. On a l'impression de courir un marathon avec des événements qui s'enchaînent et qui restent très factuels vu la rapidité avec laquelle ils sont décrits. On n'a vraiment pas le temps de connaître la psychologie des personnages. Autant lire les pages Wikipédia... elles sont gratuites !

A noter que l'auteur fait mourir Louis X d'empoisonnement (par Mahaut d'Artois), alors qu'a priori les historiens ont conclu à une mort naturelle.

FAITS HISTORIQUES REELS (merci Wiki)

Louis X le Hutin

Louis X, dit « le Hutin » (c'est-à-dire « l'entêté »), né le 4 octobre 1289 à Paris, mort le 5 juin 1316 à Vincennes, est roi de Navarre de 1305 à 1316 (sous le nom de Louis Ier) et roi de France de 1314 à 1316 (sous le nom de Louis X), douzième de la dynastie dite des Capétiens directs. Fils du roi de France, Philippe IV le Bel, et de la reine de Navarre, Jeanne Ire, Louis X ne laisse pas de descendance au trône de France ; son seul fils, Jean Ier le Posthume, né après sa mort, ne vécut que quelques jours.

En 1305, Louis X hérite de la couronne de Navarre au décès de sa mère, Jeanne de Champagne, reine de Navarre. Le royaume est administré localement par un gouverneur nommé par les souverains français. Philippe IV le Bel qui maintient ses fils sous sa dépendance et son strict contrôle selon les habitudes héritées de Philippe Auguste, ne l'autorise à se rendre en Navarre qu'en 1307 pour s'y faire couronner par l'assemblée des nobles, les Cortes.

Succédant à Philippe le Bel sur le trône de France, de 1314 à 1316, il doit faire face aux révoltes suscitées par la politique de son prédécesseur et menées par les barons qu'il calme par des concessions.

Une ordonnance de Louis X, du 2 juillet 1315, « portant affranchisement des serfs du domaine du roi, moyennant finance », pose le principe que « selon le droit de nature, chacun doit naistre franc », et donc, « nous considerants que nostre royaume est dit, et nommé le royaume des francs, et voullants que la chose en verité soit accordant au nom », dispose que par tout le royaume « telles servitudes soient ramenées à franchise », c'est-à-dire peuvent toujours être rachetées, contre juste dédommagement des ayant droit.

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Pièces d'or époque Louis X

Isolé dans un conseil étroit, Louis X doit rechercher l'appui de ses frères Philippe de Poitiers et Charles de la Marche. Les trois frères, dont la descendance est douteuse depuis l'affaire de la tour de Nesle, n'ont pas d'héritier mâle. Leurs épouses sont en prison. Le comte de Valois, leur oncle, est tout puissant et il a trois fils ; il est un de ceux qui mènent la révolte des seigneurs.

Ne pouvant briser la résistance des nobles, Louis X choisit de négocier. Diverses ordonnances redonnent un certain pouvoir aux nobles et à l'aristocratie ainsi que les droits et prérogatives qu'ils ont perdu sous Philippe IV le Bel, mais elles contribuent à affaiblir le pouvoir royal au détriment de l'idée d'unité souveraine.

La fronde menée par les nobles est soutenue par le peuple opprimé par les taxes et impôts et par les ligues nobiliaires. Elle fait de nombreuses victimes, notamment Enguerrand de Marigny qui est pendu, Pierre de Latilly ou encore Raoul de Presles qui sont torturés. Louis X renonce à les défendre, tant la parole du roi est devenue inaudible. La monarchie subit un véritable recul pendant ces deux années de règne, surtout dans le domaine fiscal. Le roi ne peut plus lever d'impôts indirects puisque la noblesse veut battre sa monnaie. Les provinces restent fidèles à la Couronne, mais rebelles à de nouveaux impôts.

En 1305, il épouse en premières noces Marguerite de Bourgogne, fille de Robert II, duc de Bourgogne, et d'Agnès de France. Convaincue d'adultère avec la complicité de ses belles-sœurs (scandale de la Tour de Nesle), Marguerite est condamnée à l'enfermement à Château-Gaillard et la rumeur veut qu'elle y ait été étouffée (ou étranglée) à l'instigation de son royal époux. De cette union est issue la future Jeanne II, reine de Navarre de 1328 à 1349.

Le 19 août 1315, Louis X épouse en secondes noces Clémence de Hongrie, fille de Charles d'Anjou, dit Charles-Martel de Hongrie, roi titulaire de Hongrie, et de Clémence de Habsbourg. De cette union est issu un unique enfant, qui ne vit que quelques jours : Jean Ier le Posthume, roi de France et de Navarre. Avant son premier mariage, Louis X a eu une fille illégitime nommée Eudeline qui fut nonne, puis abbesse du Couvent des Cordeliers à Paris.

A sa mort, la question d'une éventuelle illégitimité de la princesse Jeanne, issue de la première union, à la succession au trône de France, se pose à la noblesse française. En effet, l'absence d'héritier mâle direct ne s'est encore jamais produite. La succession à la couronne française se fait au travers de l'enfant aîné, peu importe son sexe. Mais, selon le principe de la masculinité (dit aussi « loi salique ») qui régit les fiefs, la noblesse française préfère offrir le trône au frère de Louis X, Philippe V le Long, qui est déjà régent depuis la mort de Louis X.

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Gisant de Clémence de Hongrie, à Saint-Denis

Clémence de Hongrie

Clémence de Hongrie (1293-1328), reine de France et reine consort de Navarre, est la fille de Charles-Martel d'Anjou, roi de Hongrie, et de Clémence de Habsbourg, fille de l’empereur Rodolphe Ier. Surnommée Clémence l'orpheline, car ses parents sont morts de la peste alors qu'elle avait deux ans, elle est élevée par sa grand-mère Marie de Hongrie, fille du roi Étienne V de Hongrie. Elle est la nièce du comte Charles de Valois, époux de Marguerite d'Anjou-Sicile, sœur de son père.

Alors que son épouse Marguerite de Bourgogne est décédée à la prison de Château-Gaillard où elle était enfermée pour adultère, le roi de France, Louis X le Hutin, la choisit comme nouvelle épouse. Hugues de Bouville, chambellan de Philippe IV, se charge d'aller la chercher à Naples, à la cour de Robert Ier de Naples, oncle de Clémence de Hongrie.

Le 19 août 1315, elle épouse le roi Louis X et est couronnée avec lui à Reims, le 24 du même mois.

Veuve en juin 1316, elle met au monde en novembre 1316 un fils, Jean Ier le Posthume, qui ne vit que cinq jours. Après le décès de son époux et la perte de son enfant, ses facultés mentales sont atteintes ; elle devint prodigue, dilapide la fortune accordée par Louis X, s'endette... Elle quitte la cour pour Avignon, puis en 1318 elle entre au couvent des dominicaines d'Aix-en-Provence. Quelques années plus tard, elle rentre à Paris où elle meurt, le 12 octobre 1328, à l’âge de trente-cinq ans.

Charles de Valois

Charles de Valois (né à Vincennes le 12 mars 1270, mort au Perray le 16 décembre 1325), est le fils du roi Philippe le Hardi et d'Isabelle d'Aragon. Son frère deviendra le roi Philippe IV le Bel. Charles est comte de Valois et d'Alençon en 1285. En 1290, il est fait comte de Chartres et du Perche et la même année, son beau-père Charles II d'Anjou lui cède les comtés d'Anjou et du Maine. Il est également roi titulaire d'Aragon et empereur titulaire de Constantinople.

Jeanne de Bourgogne

Jeanne II de Bourgogne (vers 1291 - 21 janvier 1330 à Roye) est la fille aînée d'Othon IV de Bourgogne, comte de Bourgogne.

Le 21 janvier 1307, à Corbeil, elle épouse le futur Philippe V de France.

En 1314, lors du procès dit de la tour de Nesle, où sa sœur Blanche de Bourgogne et sa belle-sœur Marguerite de Bourgogne, sont reconnues coupables d'adultère, elle n'est accusée que de connivence. Elle est enfermée dans la forteresse de Dourdan. Ne cessant de crier son innocence, elle échappe à l'accusation d'adultère, mais elle est toutefois poursuivie pour ne pas avoir dénoncé la conduite de ses soeur et belle-soeur. Acquittée par arrêt du Parlement, elle est libérée entre le 24 et le 31 décembre 1314 et retrouve sa place auprès de son époux à la cour de France.

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L'influence de sa mère est certainement pour beaucoup dans son retour en faveur, Mahaut d'Artois ne souhaitant pas perdre le rôle que peut lui procurer l'avènement de son gendre, Philippe le Long.

En novembre 1316, à la mort de son neveu, l'héritier du trône de France, Jean le Posthume, son époux est proclamé roi de France, elle devient reine.

Jeanne garde une attention constante pour son comté de Bourgogne dont elle est issue ; elle fait venir de Paris dès 1318 des tisserands et des drapiers pour y faire prospérer une nouvelle bourgeoisie à Marnay et à Gray. Au décès du roi, elle revient en comté de Bourgogne.

Elle meurt à 39 ans, à Roye le 21 janvier 1330. De son union avec Philippe V le Long, elle a eu cinq enfants.

Mahaut d'Artois

Mahaut d'Artois, parfois aussi dite Mathilde d'Artois (vers 1269/1270 – Paris, 27 novembre 1329), est une princesse de la maison capétienne d'Artois, comtesse d'Artois et pair de France, comtesse de Bourgogne par son mariage avec le comte Othon IV de Bourgogne.

Mahaut est la fille du comte Robert II d'Artois et de sa première épouse Amicie de Courtenay. En 1285, elle se marie avec le comte Othon IV de Bourgogne de la maison d'Ivrée, dont elle a deux filles et un fils Robert, mort à l'âge de 15 ans

Le 11 juillet 1302 son père meurt à la bataille de Courtrai, contre les Flamands, bataille qu'il mène pour le compte de son suzerain, le roi Philippe IV de France. Elle lui succède comme comtesse d'Artois en écartant son neveu Robert III d'Artois, alors âgé de 16 ans, fils de son frère cadet Philippe d'Artois, mort le 11 septembre 1298. En 1303 son mari le comte Othon IV de Bourgogne meurt à son tour des blessures reçues à la bataille de Courtrai contre les Flamands. Elle devient veuve et son fils Robert de Bourgogne, âgé de 3 ans, succède à son père sous la régence de sa mère.

Elle marie ses deux filles aux deux fils puînés du roi Philippe IV de France : l'aînée, Jeanne épouse en 1307 Philippe, second fils du roi, alors que la cadette, Blanche est mariée l'année suivante au troisième fils du roi Charles.

En 1309 son neveu Robert III d'Artois lui fait un premier procès, qu'il perd, pour essayer de récupérer son héritage du comté d'Artois.

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Mahaut d'Artois dans la série télé de 2005

En 1314, les filles de Mahaut sont compromises dans une affaire d'adultère dans laquelle les trois brus du roi sont impliquées, le scandale de la tour de Nesle. Blanche est reconnue coupable d'adultère et est enfermée à Château-Gaillard. Jeanne, accusée de complicité dans l'adultère de ses belles-soeurs, est enfermée au château de Dourdan. Par la suite reconnue innocente par le parlement de Paris, elle est libérée entre le 24 et le 31 décembre 1314 et retrouve sa place auprès de son époux à la cour de France. Le fils de Mahaut, Robert, meurt à l'âge de 15 ans en 1315, et sa fille Jeanne hérite du comté de Bourgogne.

En 1316, Robert III d'Artois organise une insurrection du comté d'Artois contre Mahaut, qui fait face.

À la mort de Louis X de France (fils aîné de Philippe IV de France) et de Jean Ier de France (Jean le Posthume), son seul héritier, âgé de 5 jours, Philippe V de France et son épouse Jeanne sont sacrés roi et reine de France en 1317.

Robert III d'Artois fait un second procès à Mahaut en 1318. Il est débouté. Lors d'un nouveau procès intenté dix ans plus tard, la mise en évidence d'un faux fait à nouveau perdre à Robert son procès. Il est dépossédé de tous ses biens et banni en 1332.

Philippe V de France meurt le 3 janvier 1322, sans héritier mâle. Son frère Charles IV de France lui succède. Blanche, fille de Mahaut, devient reine de France tout en étant en prison pour adultère, et son mariage est annulé le 19 mai par le pape Jean XXII. Elle finit sa vie dans l'abbaye de Maubuisson près de Pontoise, où elle meurt en avril 1326.

Le 1er février 1328, Charles IV de France, meurt sans héritier mâle à Vincennes, ce qui marque la fin de la dynastie des Capétiens (au profit des Valois).

Le 25 novembre 1329, Mahaut d'Artois tombe subitement malade ; elle meurt le 27 novembre à Paris. Sa fille aînée, Jeanne, lui succède dans le comté d'Artois.

Soupçonné de l'avoir empoisonnée, son neveu Robert III d'Artois s'enfuit et se réfugie en Angleterre, où il soutient les prétentions du roi Édouard III à la couronne de France, d'où découlera la guerre de Cent Ans...

Robert III d'Artois

Robert III d’Artois (né en 1287 - mort en 1342 à Londres) était seigneur de Conches-en-Ouche, de Domfront, et de Mehun-sur-Yèvre ; il est l'un des éléments déclencheurs de la guerre de Cent Ans, par son exil en Angleterre et sa détermination à entraîner le roi d'Angleterre dans un conflit contre le roi de France.

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Robert d'Artois, série de 2005

Fils de Philippe d’Artois, Robert n'a que onze ans quand son père meurt. Après la mort de son grand-père Robert II d'Artois à la bataille de Courtrai en 1302, la fille de ce dernier, Mahaut hérite du titre. En raison de son jeune âge, Robert III ne peut s'opposer à sa tante et faire valoir les droits hérités de son père : si son père, Philippe, n'était pas mort prématurément, il aurait, en tant qu'aîné, disposé du comté d'Artois au détriment de Mahaut, et lui Robert III, naturellement, lui aurait succédé.

Les historiens considèrent que Mahaut at le droit pour elle. En effet, il est établi que la coutume du comté d'Artois ne considère pas que le petit-fils puisse représenter le fils héritier naturel mais décédé : le titre doit revenir aux enfants survivants, garçon ou fille. Le roi et les pairs sont d'autant plus enclins à favoriser Mahaut que cette dernière a épousé un prince d'Empire, Othon IV de Bourgogne, dont on espère beaucoup (en l'occurrence, le rattachement du comté de Bourgogne au royaume de France). Ce prince à ménager fait de Mahaut une femme puissante face à un adolescent de quinze ans dont personne ne se soucie à la cour.

Persuadé d'avoir été floué, Robert bataille perpétuellement pour évincer sa tante. Deux jugements devant la cour des Pairs, en 1309 et en mai 1318 donnent pourtant raison à Mahaut.

Lorsque le dernier fils de Philippe le Bel, Charles IV, meurt sans descendance, le nouveau-roi, Philippe de Valois, son beau-frère, doit lutter contre les prétentions d'Édouard III d'Angleterre et Robert l'aide. Philippe lui en est reconnaissant : il le fait pair de France et lui accorde de nombreuses pensions.

En 1329, Mahaut meurt et Robert réclame à nouveau ce qu'il considère comme son dû, en engageant une nouvelle action judiciaire, et il s'assure des alliés importants. Tout laisse à penser que la sentence de la Cour assemblée sous la direction royale sera favorable à Robert. C'est d'autant plus vrai que l'héritière de Mahaut, Jeanne, meurt le 21 janvier 1330. Pour justifier le réexamen de sa demande, Robert exhibe de nouveaux documents qui semblent justifier ses prétentions. Le moyen le plus sûr d'obtenir gain de cause consiste à démontrer que son grand-père avait explicitement marqué sa volonté de privilégier la descendance de son fils Philippe plutôt que celle de sa fille Mahaut. Les documents sont examinés par les juristes du parlement de Paris, qui démontrent le 14 décembre 1330 qu'ils sont des faux grossiers. La supercherie découverte, tous les soutiens de Robert l'abandonnent. Robert est débouté pour la troisième fois. Dépossédé de tous ses biens et banni du royaume en avril 1332, car il a commis un crime de lèse majesté.

Robert, après quelques détours, part en Angleterre. Admis à la cour anglaise, il incite Édouard III à engager une guerre (qui deviendra la guerre de Cent Ans) pour conquérir la France. Il fournit au roi anglais de nombreux renseignements sur la cour française et participe activement aux combats. C'est toujours en combattant au service du roi d'Angleterre qu'il est gravement blessé en octobre 1342. Afin de se faire soigner, il retourne en Angleterre et meurt de dysenterie à Londres peu après.

De son mariage avec Jeanne de Valois, fille de Charles de Valois et de Catherine de Courtenay, il a eu six enfants.

Jeanne de Divion (Béatrice d'Hirson)

Née vers 1293, elle est brûlée vive le dimanche 6 octobre 1331 à Paris. Elle est la fille et héritière d’Havet de Divion, gentilhomme de la châtellenie de Béthune, héritier d’une des plus illustres familles d’Artois, mais complètement ruinée. Pour renflouer sa fortune, celui-ci a épousé Sara Louchard, fille d’un riche banquier juif d’Arras.

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Béatrice d'Hirson avec Mahaut, série de 2005 - A noter que les costumes étaient très fantaisistes...

Havet se joint en 1315 à la ligue des barons dirigée par Robert III d'Artois, en révolte contre la comtesse Mahaut d'Artois. Il s’empare des biens que possède, à Houdain, Thierry Larchier d'Hirson (chancelier de la comtesse Mahaut d’Artois et évêque d’Arras).

D’une grande beauté et d’une vive intelligence, Jeanne hérite de son père un esprit d’intrigue et de sa mère un don de prescience. Elle épouse le représentant d'un des plus anciens lignages nobles de Champagne, le chevalier artésien Pierre de Broyes. Très versée en astrologie, elle mène une vie dissolue et devient à partir de 1316, la concubine de l’évêque Thierry Larchier d’Hirson.

À la mort de l'évêque en 1328, la comtesse Mahaut est exécutrice testamentaire de son ancien conseiller ; elle fait délivrer à Jeanne de Divion la somme de 3 000 livres qu’il lui a léguée, mais attaque le testament comme étant fondé sur une liaison adultère avec un évêque, et obtient la restitution. Jeanne est alors arrêtée et mise sous la garde de Martin de Neufport, sergent de la prévôté de Beauquesne, qu’elle parvient à convaincre de la conduire à Paris pour implorer la protection de Mahaut. Elle parvient alors à s’échapper et à rencontrer Robert d'Artois auquel elle fournit de faux titres lui permettant de revendiquer le comté d’Artois dont il estime avoir été dépossédé au profit de Mahaut. Mais cette dernière meurt subitement, suivie l'année suivante par sa fille Jeanne II de Bourgogne ; la rumeur accuse Jeanne et Robert de les avoir empoisonnées.

Les faux en écriture étant découverts, le roi Philippe VI de Valois fait arrêter en 1331 Jeanne. Elle est condamnée et brûlée vive, sur la Place aux Pourceaux, à Paris.

Jeanne de Divion apparaît dans le 6e tome des Rois mauditsDruon s’éloigne de la réalité historique en faisant de Jeanne, un personnage secondaire de comparse. Elle est décrite comme une intrigante de petite bourgeoisie, sotte, bavarde et sans réelle personnalité.

Or, en réalité, tous les témoins de son temps lui reconnaissent un esprit supérieur mis au service d’une bien mauvaise cause. Robert d’Artois l’a traitée en égale : elle est noble et il ne l’aurait jamais tutoyée ou menacée comme une vulgaire faussaire. Ils reconnaissent également la beauté de Jeanne et sa grande perversité. Curieusement le personnage de Béatrice d'Hirson est un condensé de celui de Jeanne de Divion.

L'armée au Moyen-Age (Ost)

Le terme ost désigne l'armée en campagne à l'époque féodale et le service militaire que les vassaux doivent à leur suzerain.

Le mot « ost », apparu vers 1050 dans la langue d'oïl, trouve son origine dans le mot latin « hostis » (ennemi, qui donna « hostile »), puis, par extension, « armée ennemie », et enfin « armée », terme qui le remplacera progressivement, le faisant tomber en désuétude. 

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La chute de Rome en 476 a entraîné de profonds bouleversements dans l'organisation militaire des nouveaux États qui se sont constitués sur ses ruines, à la suite des grandes invasions. Aux légions romaines, armée permanente sous les ordres de l'empereur va succéder un nouveau type d'armée, non permanente, l'armée médiévale (ou ost).

La tradition germanique est de convoquer tous les hommes libres pour une campagne ; en contrepartie il ne reçoit pas de solde, car la compensation est espérée dans le butin. Charlemagne tente de codifier les modalités de convocation à l'ost et la composition de cette armée. Ceux qui ne viennent pas payent une forte taxe, le hériban. S'il ne peut payer, celui qui n'a pas répondu est réduit en esclavage.

Les guerriers sont convoqués par l'intermédiaire des suzerains ou des grands ecclésiastiques. Il va en résulter à l'époque féodale, avec l'affaiblissement de l'autorité royale, une multitude de petites armées seigneuriales — chaque seigneur disposant librement de ses propres forces, recrutées parmi ses vassaux — qui se regroupent à l'appel du roi pour former l'« ost royal » (armée royale) lorsque celui-ci veut mener une guerre.

Les hommes d'armes servent pour un temps déterminé (de quarante à soixante jours). Le seigneur pourvoit sa troupe en armes, en munitions et en vivres.  

Ce type d'armée connaît son apogée avec l'apparition, dans le dernier tiers du Xe siècle, de la chevalerie — qui distingue le noble chevalier combattant à cheval, du paysan, soldat d'infanterie ou artilleur — et son développement à partir du XIe siècle. L'institution des dignités de maréchal de France et de connétable, destinées à récompenser les actions de bravoure des plus fidèles compagnons du roi au cours de ses campagnes militaires, viendront parachever cette organisation militaire médiévale.

On doit à Charles VII la constitution de la première armée de métier permanente en Europe, par la grande ordonnance de 1445 qui crée les compagnies d'ordonnance pour former la cavalerie de l'armée de campagne. Sont alors créées 15 compagnies. L'innovation est non seulement d'avoir des troupes permanentes en lieu et place d'une armée mobilisée à la demande ou de mercenaires, mais également que celles-ci sont directement sous l'autorité du roi et pas de ses vassaux, ce qui modifie totalement le rapport de force avec ceux-ci.

Il faut toutefois noter que ces changements ne marquent pas la fin de l'emploi de mercenaires, lequel va même encore s'amplifier étant donné la tendance à avoir des effectifs plus grands de part et d'autre lors des batailles.

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La chevalerie

La chevalerie désigne une forme de force militaire qui combat à cheval d'abord au corps à corps à l'épée puis en s'alourdissant à la lance. Le terme sous-entend une distinction entre les chevaliers, combattants professionnels d'élite montés à cheval, et la « piétaille » qui fournit la masse de l'infanterie et, plus tard, de l'artillerie. 

La chevalerie a peu à peu développé ses valeurs et ses coutumes propres, sous l'influence notamment de l'Église et de l'amour courtois des troubadours et trouvères. Elle devient une fraternité, puis un groupe social, enfin une institution, plus qu'un simple service militaire dû au suzerain. Certaines traditions sont particulières à celle-ci, notamment la cérémonie de l'adoubement. Les vertus traditionnelles de la chevalerie, vues par le prisme de la littérature, sont de nobles sentiments tels la piété, l'humilité, la bravoure, la courtoisie, la largesse, la foi et l'honneur.

Certainss chevaliers chrétiens se battent pour la foi et participe aux croisades, sous l'ordre du roi, ou d'un ordre religieux.

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Kermès : Espèce de cochenille qui vit sur un petit chêne vert et qui donne une belle teinture écarlate. Par extension : couleur rouge.

Papegai : Le papegai ou papegault, selon les régions, est un mot en ancien français qui désigne un oiseau apparenté au perroquet. Le terme fut ensuite utilisé pour désigner une cible faite d'un oiseau de bois ou de carton placé au haut d'une perche ou d'un mât, pour des tireurs à l'arc ou à l'arbalète et plus tard à l'arquebuse.