François Mauriac, né le 11 octobre 1885 à Bordeaux et mort le 1er septembre 1970 à Paris, est un écrivain français. Lauréat du Grand prix du roman de l'Académie française en 1926, il est élu membre de l'Académie française en 1933. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1952.

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Il est le fils de Jean-Paul Mauriac, marchand de bois et propriétaire terrien dans les Landes, et Claire Mauriac née Coiffard, héritière d'une famille du négoce bordelais. Dernier d'une fratrie composée d'une sœur aînée, Germaine, et de trois frères, Raymond, Jean et Pierre, François Mauriac est orphelin de père à vingt mois. Il vit toute son enfance très entouré par une mère très pratiquante, dont il est le fils préféré et celui qui gèrera toutes les affaires familiales, par sa grand-mère Irma Coiffard et sous le tutorat de son oncle Louis Mauriac, magistrat.

Outre les divers logements que la famille occupe à Bordeaux, son adolescence est marquée par plusieurs lieux girondins qui tous, marqueront profondément son œuvre : Gradignan où sa grand-mère Irma possède le Château-Lange, les Landes autour de Langon, Verdelais et surtout l'été à Saint-Symphorien, tous ces bourgs dominés par la bourgeoisie viticole ou ayant fait fortune dans l'exploitation forestière, aux climats lourds de secrets étouffés qu'il peindra dans la plupart de ses romans.

Après avoir écrit, dans son enfance, de petits textes et poèmes, il compose à treize ans sa première réelle œuvre, un mélodrame de jeunesse intitulé Va-t'en !

En 1902, la mort de sa grand-mère Irma est un profond choc pour l'adolescent qu'il est, constatant la profonde hypocrisie de sa famille religieuse et bourgeoise qui se partage déjà l'héritage à côté de l'agonisante. 

François Mauriac rate la seconde partie du baccalauréat de philosophie et doit redoubler. Il décide de quitter le lycée religieux et entre au public. Il a alors notamment pour professeur, Marcel Drouin, beau-frère d'André Gide, qui lui fait découvrir les textes de Paul Claudel, Francis Jammes, Henri de Régnier, Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, Colette et Gide bien sûr, tous proscrits dans sa famille, et chez les pères, finissant ainsi de constituer son corpus littéraire personnel. Il découvre également à cette époque les textes et idées de Maurice Barrès qui marqueront sa jeunesse.

Après son baccalauréat, il étudie la littérature à la faculté de Bordeaux. A partir de 1905, il fréquente les cercles bordelais du Sillon de Marc Sangnier, mouvement catholique « ouvriériste » dont il se sent proche mais qui le laisse insatisfait et dont il s'écarte définitivement en juin 1907.

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Sa famille l'envoie à Paris, où il s'installe le 16 septembre 1907, pour préparer l'École des chartes qu'il intègre mais abandonne presque aussitôt pour se consacrer entièrement à l'écriture en publiant des poèmes, à son compte, dans la Revue du temps présent.

Son premier volume de poèmes, Les Mains jointes, est publié en 1909. Bien que retenant l'attention des milieux littéraires et notamment, depuis 1910, de Maurice Barrès, auquel il voue un véritable culte, Mauriac ne sera connu du grand public qu'une dizaine d'années plus tard.

En 1913, il épouse Jeanne Lafon, rencontrée chez leur amie commune Jeanne Alleman, auteur qui publie sous le pseudonyme masculin de Jean Balde, et elle lui donne un premier fils, Claude, en 1914, année de la publication de La Robe prétexte. Ses autres enfants, Claire, Luce, et Jean naîtront respectivement en 1917, 1919 et 1924.

Sa carrière littéraire est interrompue par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il s'engage un temps, bien que réformé et de santé précaire, dans un hôpital de la Croix-Rouge à Salonique. Après la victoire de 1918, il reprend ses activités et publie, en 1921, Préséances, qui le brouille pour longtemps avec la bonne société bordelaise, puis, en 1922, Le Baiser au lépreux.

François éprouve à partir de 1924 une brûlante passion pour le jeune écrivain suisse Bernard Barbey, passion sans doute non réciproque eu égard à l'hétérosexualité de ce dernier. 

Dans une vie d'abord marquée par les mondanités littéraires, puis par des engagements politiques guidés notamment par un idéal chrétien socialisant, Mauriac est avant tout occupé par la composition d'une œuvre romanesque où il se révèle un analyste des passions de l'âme et un pourfendeur de la bourgeoisie provinciale. La plupart de ses romans évoquent le conflit entre la foi et la chair, et développent plusieurs images récurrentes comme le « désert » spirituel que ses personnages doivent traverser.

La qualité de ses romans et de sa poésie lui vaut d'être triomphalement élu à l'Académie française le 1er juin 1933.   

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Domaine de Malagar

Tout en poursuivant son œuvre, il prend part à de nouveaux combats politiques, notamment au moment de la guerre d'Espagne, d'abord en faveur des Nationalistes avant de se ranger, dès le bombardement de Guernica connu, avec les chrétiens de gauche, aux côtés des Républicains espagnols. Cet engagement provoquera une première rupture avec sa famille politique. 

Sous l'Occupation, il publie en 1941 La Pharisienne, qui peut se lire en creux comme une critique du régime de Vichy et qui lui vaut d'être désigné comme « agent de désagrégation » de la conscience française par les thuriféraires de l'Ordre nouveau. Au sein de l'Académie française, il fait partie avec quelques autres du petit groupe tenant tête à la fraction pétainiste de l'institution. Il adhère au Front national des écrivains et participe à l'œuvre de Résistance à travers la presse clandestine. Il fait paraître en 1943, aux Éditions de Minuit, sous le pseudonyme de « Forez », Le Cahier noir, qui est diffusé sous le manteau.

Au moment de l'épuration, il intervient en faveur de l'écrivain Henri Béraud, accusé de collaboration. Il signe la pétition des écrivains en faveur de la grâce de Robert Brasillach, qui est condamné à mort et qui sera malgré cela exécuté. Cet engagement lui vaut le surnom de « Saint-François-des-Assises ». Il rompt peu après avec le Comité national des écrivains en raison de l'orientation communiste du comité et participe à la revue des Cahiers de La Table ronde, où de jeunes écrivains de droite, qu'on appellera plus tard les Hussards, feront leurs débuts. Entre 1946 et 1953, éditorialiste au Figaro, Mauriac s'illustre par la virulence de son anticommunisme dans le contexte de la Guerre froide. 

En 1952, l'année où paraît son roman Galigaï, Mauriac reçoit le prix Nobel de littérature.

Polémiste vigoureux, d'abord absent du débat sur la guerre d'Indochine (Vercors lui reprochera son silence), il prend ensuite position en faveur de l'indépendance du Maroc et de la Tunisie, puis de l'Algérie, et condamne l'usage de la torture par l'armée française. Il préside aussi le Comité de soutien aux chrétiens d'URSS.

Il soutient un temps Pierre Mendès France sous la IVe République, mais le putsch des généraux à Alger précipite son ralliement sans faille au général de Gaulle sous la Ve République. Au cours des années 1960, il donne une suite à ses Mémoires intérieurs (1959), avec les Nouveaux mémoires intérieurs (1965), et publie ses Mémoires politiques (1967), ainsi qu'une hagiographie du Général, De Gaulle (1964), auquel il demeurera fidèle jusqu'au bout.

Son dernier roman, Un adolescent d'autrefois reçoit un accueil enthousiaste de la critique en 1969. Une suite, Maltaverne, demeure inachevée et sera publiée de manière posthume en 1972.

François Mauriac meurt à Paris le 1er septembre 1970.

Claude Mauriac et Jean Mauriac, ses fils, et Anne Wiazemsky, sa petite-fille, sont aussi écrivains. Luce Mauriac, sa fille, a publié un roman en 2008.

Le domaine de Malagar, à Saint-Maixant, qui fut le lieu de la fin de l'adolescence et que l'écrivain reçut en 1927 à la suite d'un partage familial, est aujourd'hui propriété du Conseil régional d'Aquitaine. Cette maison d'écrivain, transformée en centre culturel, est désormais ouverte à la visite.

Romans, nouvelles, récits

  • 1913 : L'Enfant chargé de chaînes
  • 1914 : La Robe prétexte
  • 1920 : La Chair et le Sang
  • 1921 : Préséances
  • 1921 : Dialogue d'un soir d'hiver (nouvelle)
  • 1922 : Le Baiser au lépreux
  • 1923 : Le Fleuve de feu
  • 1923 : Genitrix
  • 1924 : Le Mal
  • 1925 : Le Désert de l'amour 
  • 1927 : Thérèse Desqueyroux
  • 1928 : Destins
  • 1929 : Trois récits : Coups de couteau, 1926 ; Un homme de lettres, 1926 ; Le Démon de la connaissance, 1928
  • 1930 : Ce qui était perdu
  • 1932 : Le Nœud de vipères
  • 1933 : Le Drôle (conte pour enfant)
  • 1933 : Le Mystère Frontenac
  • 1935 : La Fin de la nuit
  • 1936 : Les Anges noirs
  • 1938 : Plongées comprenant Thérèse chez le docteur, 1933 ; Thérèse à l'hôtel, 1933 ; Le Rang ; Insomnie ; Conte de Noël
  • 1939 : Les Chemins de la mer
  • 1941 : La Pharisienne
  • 1944 : Les Arbres et les Pierres
  • 1951 : Le Sagouin
  • 1952 : Galigaï
  • 1954 : L'Agneau
  • 1969 : Un adolescent d'autrefois
  • 1972 : Maltaverne (posthume)

Il a aussi écrit du théâtre, de la poésie, des essais, des articles, des mémoires, des discours...

D'après Wikipédia