Mon premier Alexandre Dumas... il serait temps !

INCIPIT

Le dimanche gras de l'année 1578, après la fête du populaire, et tandis que s'éteignaient dans les rues les rumeurs de la joyeuse journée, commençait une fête splendide dans le magnifique hôtel que venait de se faire bâtir, de l'autre côté de l'eau et presque en face du Louvre, cette illustre famille de Montmorency qui, alliée à la royauté de France, marchait l'égale des familles princières.

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LE DEBUT

L'histoire se déroule en 1578, alors qu'Henri III a 27 ans et ne règne que depuis 4 ans. Il doit faire face à de nombreux complots dirigés par son propre frère, jaloux, qui se range auprès d’Henri de Navarre, protestant.

Le comte de Clermont, Bussy d'Amboise, ami du duc d’Anjou, est victime d’une embuscade tendue par des gentilshommes appartenant à Henri III. Il met en fuite ses adversaires mais reçoit un coup d'épée. Il s’évanouit et se réveille dans une chambre inconnue, ses blessures pansées. Il ne se souvient de rien, sauf du visage d’une très belle jeune femme penchée sur lui. Il n'a de cesse de retrouver le médecin qui l’a soigné et grâce à lui retrouve la jeune femme, Diane de Méridor, épouse du comte de Monsoreau. Elle a dû l'épouser pour se protéger du Duc d'Anjou qui voulait en faire sa maîtresse. Bussy tombe éperdûment amoureux de Diane.

MON AVIS

Ventre de biche ! (expression favorite de l'un des personnages principaux, Chicot). J'ai été déçue car je m'attendais à un beau roman d'amour ! Or, finalement l'histoire entre Bussy et Diane est très accessoire, contrairement à ce qu'annonce le titre, et au "feuilleton" des années 1970 qui m'avait enchantée. On parle bien davantage de Henri III et de ceux qui conspirent contre lui, à commencer par son frère, le duc d'Anjou et les Guise ; et de Chicot, le "fou du roi" qui de son côté tente de déjouer les manigances des ennemis du roi. L'histoire d'amour n'est qu'un intermède (qui ne fait pas rêver du tout) entre moult batailles à l'épée, très détaillées. Cela dit, le roman fait partie de la "Trilogie des Valois", Dumas ayant également écrit sur cette époque La reine Margot et Les Quarante-Cinq ; cela aurait dû m'interpeller.

C'est en tout cas un véritable roman historique, comme la majorité des oeuvres de Dumas. Mais certains noms sont modifiés : Montsoreau devient Monsoreau, Françoise devient Diane, Maridor devient Méridor, Caylus devient Quélus, etc.  On se demande pourquoi car d'autres restent identiques à la réalité. 

A noter que le château de Méridor n'existe pas (Françoise de Maridor est née au château de la Freslonnière), et il n'est jamais question du château de Montsoreau. L'abdication forcée (déjouée par Chicot qui se fait passer pour le roi) n'a a priori pas eu lieu. Et le guet-apens de Monsoreau se termine avec la mort des deux protagonistes, alors que Montsoreau a survécu. Mais, à part ça, tout se tient à peu près et c'est plutôt sympa vu que j'adore l'Histoire.

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Série télé, 1971

Pour rendre son affaire vivante, Dumas utilise beaucoup de dialogues et ils sont savoureux, voire drôles ! Les descriptions sont très scéniques : mouvements, gestes, décors, tout est là, bien cadré, dans un style rapide mais efficace... C'est cinématographique, scénaristes et réalisateurs ne doivent pas trop avoir à se creuser la cervelle pour adapter un Dumas.

J'ai été surprise par le nombre de locutions latines (je n'ai pas fait de latin...) et l'importance d'un vocabulaire peu usité aujourd'hui... Dumas est pourtant contemporain de Balzac et de Victor Hugo, qui n'offrent pas de difficulté de lecture. Là, il y avait un mot toutes les trois pages que je ne connaissais pas ! Ca plus le latin, et d'innombrables allusions à des personnages de l'Antiquité ou de la mythologie, rendent la lecture parfois, non pas ardue, mais agaçante dans la mesure où, je ne peux pas m'en empêcher, il faut que j'aille chercher ce que les mots veulent dire ! Et il y en a certains que je n'ai même pas trouvés.  

Au final, c'est parfois longuet pour les raisons évoquées plus haut : trop de batailles et de conspirations, pas assez de romanesque.

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

La Dame de Monsoreau est un roman historique d'Alexandre Dumas, publié en 1846 qui fait suite à La Reine Margot et précède Les Quarante-cinq

Henri III

Né le 19 septembre 1551 à Fontainebleau et mort assassiné le 2 août 1589 à Saint-Cloud, il est roi de Pologne de 1573 à 1575 et roi de France de 1574 à 1589. Il est le dernier roi de la dynastie des Valois.

Quatrième fils du roi Henri II et de la reine Catherine de Médicis, Henri n'est pas destiné à la couronne. Sous le règne de son frère Charles IX, il s'illustre comme chef de l'armée royale en remportant sur les protestants les batailles de Jarnac et de Moncontour. À l'âge de 21 ans, il se porte candidat pour le trône vacant de Pologne et le 11 mai 1573, il est élu sous le nom d'Henryk Walezy, roi de Pologne et grand-duc de Lituanie. Son règne ne dure pas plus d'un an, puisqu'à l'annonce de la mort de son frère Charles, décédé sans descendant mâle, il abandonne son royaume pour lui succéder sur le trône de France.

Son règne se marque de sérieux problèmes religieux, politiques et économiques. Quatre guerres de religion se déroulent sous son règne. Henri III doit faire face à des partis politiques et religieux soutenus par des puissances étrangères, qui finissent par venir à bout de son autorité, le parti des Malcontents, le parti des protestants et pour finir celui de la Ligue qui parvient à le faire assassiner. Il meurt à Saint-Cloud le 2 août 1589 après avoir été poignardé par le moine Jacques Clément.

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Henri III

Henri III s'affirme comme un homme de contrastes, présentant plusieurs facettes. Fier, il se distingue par des manières distinguées et solennelles mais, homme extravagant, il prise les divertissements et les plaisirs. Son dégoût de la chasse et des activités guerrières, privilèges des nobles, et son goût pour l'élégance, la propreté et l'hygiène, lui valent des critiques acerbes de la part de ses contemporains qui le considèrent comme un roi efféminé. 

Homme pieux, profondément catholique, sa piété se développe encore avec l'âge. Les malheurs qui l'accablent à la fin de son règne exacerbent le goût qu'il porte au macabre, ainsi, il s'adonne de manière ostentatoire aux processions des pénitents. Le roi croit que ses maux, l'absence d'héritier, de même que les afflictions de son royaume sont causés par ses péchés. Il passe, donc, son temps à se mortifier dans des monastères où il prend des retraites spirituelles.

Contrairement à la légende qui le dit homosexuel, les contemporains d'Henri III nous ont décrit le roi comme un homme appréciant beaucoup les femmes. Si celles-ci sont assez peu connues, c'est qu’Henri III ne leur a jamais conféré le titre de maîtresse officielle. En 1582, l'ambassadeur italien Lorenzo Priuli dit : « Le roi a aussi eu quelques maladies pour avoir fréquenté dans sa jeunesse trop familièrement les femmes. » Michelet attribue la dégénérescence des trois derniers Valois à la syphilis de François Ier.

Après son mariage avec Louise de Lorraine, les aventures d’Henri III paraissent plus discrètes. Par respect pour son épouse qu’il aime, il organise ses rendez-vous avec les dames galantes, à l’écart du palais, dans des hôtels particuliers parisiens. Fait exceptionnel, Henri III a choisi Louise de Lorraine pour sa beauté et son esprit et non pas pour des raisons politiques, comme c’est le cas pour la plupart des mariages royaux. Louise de Lorraine tient une place très importante dans sa vie.  

L'image véhiculée d'Henri III a été indissociable de celle de ses favoris plus couramment appelés "mignons", terme en vogue dès le XVe siècle. Au XIXe siècle, ce thème est à la mode et Henri III est alors décrit de manière caricaturale, représenté en compagnie d'éphèbes efféminés, aux costumes excentriques et aux passe-temps frivoles comme le jeu du bilboquet.

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Le duc d'Anjou

Mais l'homosexualité du roi a été remise en cause par des historiens. Une source importante qui évoque des aventures masculines s'avère une source partisane, celle du diplomate savoyard Lucinge. Les autres textes allusifs à l'homosexualité sont issus des pamphlets rédigés par des ligueurs radicaux, des calvinistes intransigeants ou encore par des membres du parti des Malcontents dans l'entourage du frère du roi François d'Angoulême ayant perdu la faveur royale. Les écrivains comme L'Estoile ou Brantôme n'accordent aucun crédit à ces rumeurs et mettent en exergue, quant à eux, la passion du roi pour les femmes.   

L'ambiguïté de l'image d’Henri III trouve probablement son explication dans la propagande, particulièrement violente, suscitée contre lui par la Ligue. L'appel au soulèvement s'accompagne dans les derniers mois de son règne, d'une violente vague de calomnies destinées à pervertir l'image du roi dans l'esprit des Français. Le changement de dynastie n'a pas vraiment permis d'établir le portrait le plus impartial de ce roi attaqué et l'image trouble d'Henri III a continué de se perpétuer. En dépit des efforts de la reine Louise et de la duchesse d'Angoulème pour obtenir un soutien en faveur du défunt roi, ni Henri IV, trop soucieux de ménager les Guise, ni l'Église n’ont examiné objectivement la vie privée de ce roi, ni cherché même à punir les coupables de son assassinat.

En l'état actuel des recherches, il est donc impossible de conclure à la seule homosexualité du roi, de même qu'à sa stricte hétérosexualité au sens moderne de ces termes. 

François de France, duc d'Anjou

François de France (né le 18 mars 1555, mort le 10 juin 1584 (à 29 ans), duc d'Alençon, d'Anjou, de Touraine, de Brabant et de Château-Thierry, est le dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.

À la tête du parti des Malcontents, François joue un rôle politique particulièrement important dans la France des années 1570. Il provoque des troubles à la cour de son frère Henri III et participe aux sixième et septième guerres de religion. Dans le cadre de la guerre d'indépendance contre l'Espagne, il est appelé à devenir le nouveau souverain des Pays-Bas. Prétendant de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre de 1572 à sa mort, il ne se mariera pourtant jamais.

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Catherine de Médicis

Il meurt de la tuberculose le 10 juin 1584 à Château-Thierry. Sa mort a d'importantes répercussions politiques : le roi Henri III demeurant toujours sans descendance à cette date, la disparition du duc d'Anjou permet au protestant Henri de Navarre (futur Henri IV) de devenir l'héritier direct de la couronne de France. La perspective d'un roi huguenot favorise dès lors un renouveau du radicalisme catholique (la seconde Ligue) et finit par déclencher la huitième guerre de religion.

Catherine de Médicis

Elle est née le 13 avril 1519 à Florence (République florentine) et morte le 5 janvier 1589 à Blois (France). Fille de Laurent II de Médicis, duc d'Urbino, et de Madeleine de la Tour d'Auvergne, elle grandit en Italie. À la mort de ses parents, elle hérite du titre de duchesse d'Urbino, puis de celui de comtesse d'Auvergne à la mort de sa tante Anne d'Auvergne en 1524.

Par son mariage avec le futur Henri II, elle devient Dauphine et duchesse de Bretagne de 1536 à 1547, puis reine de France de 1547 à 1559. Mère des rois François II, Charles IX, Henri III, des reines Élisabeth (reine d'Espagne) et Marguerite (dite « la reine Margot », épouse du futur Henri IV), elle gouverne la France en tant que reine-mère et régente de 1560 à 1563.

Catherine de Médicis est une grande figure du XVIe siècle. Son nom est irrémédiablement attaché aux guerres de Religion opposant catholiques et protestants. Une légende noire persistante la dépeint comme une personne acariâtre, jalouse du pouvoir, ne reculant devant aucun crime pour conserver son influence. Aujourd'hui, la tendance historiographique tend à réhabiliter le rôle de cette reine qui usa de son influence lors d'une période historique complexe et très troublée.

Partisane d'une politique de conciliation, elle est l'instauratrice en France de la liberté de conscience pour les protestants, et a de nombreuses fois tenté de faire accepter le concept de tolérance civile. Avec l'édit de janvier 1562, elle tente d'instaurer la liberté de culte, mais ne parvient pas à empêcher le déclenchement des hostilités. Après la surprise de Meaux en 1567, sa fermeté et sa méfiance envers les protestants se renforcent. Son rôle supposé dans le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572 contribue à en faire une figure controversée de l'histoire de France.

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Louis de Clermont, Bussy d'Amboise

Louis de Clermont d'Amboise, seigneur de Bussy

Le seigneur de Bussy (1549-1579) dit Bussy d'Amboise est un gentilhomme et un épéiste réputé de la cour d'Henri III. Il était le favori de François d'Anjou, frère du roi, et un des amants de Marguerite de Valois, soeur du roi.

Louis embrasse de bonne heure la carrière des armes dans laquelle il ne tarde pas à se distinguer par sa bravoure et son intrépidité. Il se fait très rapidement connaître à la cour où il s'impose et devient l'amant de Marguerite, la sœur du roi. En 1576, François d'Alençon reçoit l'Anjou en apanage. Monsieur, désormais duc d'Anjou, nomme Bussy gouverneur de son duché et commandant du château d'Angers.

Par son attitude méprisante et provocatrice à l'égard des partisans du roi, Bussy participe aux tensions qui règnent à la cour entre le roi et son frère. Bussy se moque ouvertement des mignons du roi avec qui il se bat fréquemment en duel. 

Bussy est finalement victime de son arrogance. Le 19 août 1579, alors qu'il tente de séduire Françoise de Maridor, il est tué lors d'un guet-apens tendu par Charles de Chambes, comte de Montsoreau et mari de la dame.

Dans le roman d'Alexandre Dumas, très idéalisé, Bussy est dépeint comme un « héros antique (...) qui, fort de sa puissance, parle haut à son prince et lui dispute la dame de ses pensées. » Le romancier fait mourir Bussy à Paris avec un an d'avance (8 juin 1578).

Françoise de Maridor (et non Diane de Méridor)

Françoise de Maridor, femme de Charles de Chambes, dame d'honneur de Catherine de Médicis (entre 1576 et 1578). Elle naît au château de la Freslonnière vers 1558 et meurt le 29 septembre 1620.

Elle épouse lors d'un premier mariage en 1573 Jean de Coësmes, seigneur de Lucé, un des plus riches seigneurs de la Sarthe. Il meurt face aux huguenots, lors du siège de Luzignan en décembre 15742. Alors veuve, elle est courtisée par Charles de la Rochefoucauld et Jean III de Beaumanoir, qui finissent par se battre pour elle. Elle se remarie finalement le 10 janvier 1576 avec Charles de Chambes, Comte de Montsoreau, Chambellan et Grand-Veneur du Duc d'Anjou. Elle donne naissance à trois filles et deux fils. 

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Château de Montsoreau

Charles de Chambes, comte de Monsoreau

Né au château de Chalain le 28 novembre 1549, mort en 1621, il est gentilhomme ordinaire de la chambre, chambellan et grand-veneur de François, duc d’Alençon et d’Anjou, nommé chevalier de l'ordre de Saint-Michel le 23 février 1568.

Sa charge auprès du duc l'oblige à vivre à Paris où sa femme, qu'il épouse le 10 janvier 1576, Françoise de Maridor, est dame d'honneur de la reine-mère. Pendant les absences de son mari, elle vit au château de la Coutancière près de Saumur, ainsi qu'au château de Montsoreau.

En 1579, Bussy vient lui rendre visite et al'imprudence de faire état de ses succès auprès de la dame dans une lettre qui arrive dans les mains du roi et que celui-ci remet au mari. Rentré à Saumur, le comte de Montsoreau s'assure de la complicité de son épouse pour donner rendez-vous à son présumé amant. Le 19 août 1579, il le fait assassiner à Brain-sur-Allonnes.

En 1585, il est nommé conseiller d'État et obtient l'abbaye de Saint-Georges près d'Angers. Le 5 juin 1589, il suit le duc de Montpensier comme maréchal de camp en Bretagne pour réduire une insurrection. En 1592, il participe à la défaite de Craon devant les troupes du duc de Mercœur. En 1596, il sert au siège de Tigné. En 1619, à 70 ans, il reçoit à Angers la reine Marie de Médicis à la tête des représentants de la noblesse angevine.

Le personnage est noirci à souhait par Alexandre Dumas. Il aurait forcé Françoise à un mariage secret et serait mort dans l'assassinat qu'il aurait prémédité à Paris avec la complicité du duc d'Anjou, contre l'amant Bussy. Après La Dame de Monsoreau, il imagine dans Les Quarante-cinq Françoise de Monsoreau qui venge son ancien amant.

Chicot

Jean-Antoine d'Anglerais surnommé Chicot (v. 1540—1592), fut le bouffon du roi Henri III, puis celui d'Henri IV. Il est décrit comme acerbe, particulièrement rusé et s'entretenant avec son souverain sans formalités. Sa famille n'était pas noble, néanmoins il poursuit des études à Paris. Plus attiré par les armes que par les lettres, il sert comme soldat sous Honorat II de Savoie où il devient courrier de Villars, et rencontre Charles IX qui en fait son messager officiel. Il est ensuite le fou du roi Henri III puis celui d'Henri IV. C'est le connu qui ait eu une activité politique et militaire ; il est autorisé à porter une rapière, et est connu pour être une fine lame.

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Henri III

François Ier d'Espinay de Saint-Luc

Homme de guerre français (1554-1597), il est dans sa jeunesse l’un des mignons du roi Henri III. Issu d'une ancienne famille normande, il est élevé à la cour des Valois et devient l'un des favoris d'Henri III. Il épouse en février 1578 Jeanne de Cossé avec qui il aura quatre enfants. Il est nommé en 1579 gouverneur de Saintonge et Brouage, où il est relégué en disgrâce. Lieutenant général de Bretagne sous Henri IV, il pacifie le pays. Il est fait grand maître de l'artillerie en 1596. Il est tué le 8 septembre 1597, d'une arquebusade à la tête, au siège d'Amiens. Il est fait Chevalier des Ordres du Roi.

La Sainte Ligue

La Ligue catholique, la Sainte Ligue ou la Sainte Union est le nom donné pendant les guerres de Religion à un parti de catholiques, mené par la famille de Guise, qui s'est donné pour but la défense de la religion catholique contre le protestantisme et la royauté, jugée trop tolérante. Son succès est tel qu'elle devient un danger pour la monarchie. En 1588, elle parvient à chasser le roi Henri III de la capitale. La Ligue décline petit à petit devant les victoires du roi Henri IV. Elle constitua un des plus grands dangers que connut la monarchie française, avec la Fronde, au siècle suivant, dont les acteurs gardèrent présente à l'esprit la Ligue, comme modèle ou comme repoussoir.

Les Guise

La maison de Guise est une famille illustre de la noblesse française. Branche cadette de la maison de Lorraine, elle marqua l'histoire de France pendant les guerres de religion. L'origine de la maison de Lorraine est une question étudiée par les historiens depuis le Moyen Âge. Au cours des siècles plusieurs hypothèses ont été proposées, dont l'une fait remonter l'origine de la famille à Charlemagne.

La Maison de Guise est fondée par Claude de Lorraine, second fils du duc René II de Lorraine qui lui lègue toutes les possessions "françaises" de la Maison de Lorraine, dont Guise. Claude de Guise est naturalisé français et créé duc et pair par François Ier, il est le premier duc de Guise. Sa fille Marie de Guise épouse le roi Jacques V d'Écosse, et est régente d'Écosse durant la minorité de leur fille Marie Stuart.

La puissance des Guise s'agrandit à l'avènement du roi Henri II en 1547. Proche du roi depuis l'enfance, François de Guise use de ses faveurs et en fait bénéficier toute sa famille. Le prestigieux archevêché de Reims, associé à un titre de prince du Saint-Empire et un titre de duc et pair de France, se passe d'oncle en neveu, tout comme la pourpre cardinalice. A l'avènement du roi François II, les Guise tirent profit de leur parenté avec Marie Stuart, épouse du roi, pour accroître leur influence.

Devant la faiblesse du pouvoir du dernier Valois, Henri III, et parce que quelques princes de sang ont embrassé la religion protestante, la maison de Guise paraît en championne de la cause catholique et romaine. Elle s'implique dans les guerres de religion, prenant la tête du parti ultra-catholique et de la Sainte Ligue. Leurs ambitions frôlent la démesure, tant et si bien que le roi Henri III de France donne l'ordre de faire exécuter Henri Ier dit le Balafré ainsi que son frère le cardinal-archevêque de Reims en 1588. Cet événement provoque le soulèvement d'une partie du peuple contre Henri III qui mourra, quelques mois plus tard, sous les coups meurtriers du moine Jacques Clément.

La famille de Guise devra faire amende honorable après l'entrée d'Henri IV dans Paris mais conserve suffisamment de prestige pour rester dans le premier cercle de la Cour. Le dernier duc meurt sans descendance en 1675.  

A noter : Guise doit se prononcer "güiz" (ui comme dans huit).

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Le duc Henri de Guise

Le fou du roi

Le bouffon, fou du roi, ou fou, est un personnage comique, dont la profession est de faire rire les gens. Les plus connus sont les fous des rois et des seigneurs. Il y a aussi des femmes « fous » ou « folles ». Ils divertissent, utilisent l'insolence et sont parfois conseillers. Sous François Ier, on connaît même une école de fous.

Les rois ont leur bouffon attitré, seul personnage pouvant sans conséquence se moquer du souverain, quoique la satire constitue toujours un risque voire un péril pour l’artiste... Les spectacles ont souvent lieu lors de grands banquets où plusieurs vassaux festoient au côté de leurs seigneurs. La Cour a son opérette de bouffons dont le comique reste souvent trivial, proche de la commedia dell'arte.

Dans la mythologie, Momos est le bouffon des dieux de l'Olympe. Attila a à son service un fou pour distraire les convives. C'est la première fois qu'on parle d'un fou du roi — bien qu'on puisse soupçonner qu'il en existait déjà bien avant —, mais aucune preuve n'en atteste jusqu'au XIVe siècle, où les comptes d'argenterie des rois de France mentionnent régulièrement les dépenses, parfois élevées du ou des bouffons de la cour. 

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Maroufle : homme grossier

Génovéfain : habitant de Sainte-Geneviève (quel que soit l'endroit)

Icoglan : page de grand seigneur (ottoman)

Héliogabale : Empereur romain de 218 à 222 sous le nom de Marcus Aurelius Antoninus. Il est à quatorze ans le seul maître de tout l'Empire romain. Héliogabale laisse les rênes du gouvernement à sa grand-mère et à sa mère. Cette emprise féminine, plus que la superstition de l'empereur, ses caprices puérils, ses dépenses inconsidérées, horripilent les « vieux Romains » et précipitent sa chute. Il enlève la grande Vestale Aquilia Severa pour l'épouser. Mais, peu porté sur la gent féminine, Héliogabale ne consomme pas le mariage et s'en sépare rapidement. Ensuite, ses « mariages » homosexuels, scandalisent un peu plus les Romains. Prodigue et démagogue, il offre des fêtes au cirque et des combats d'animaux, il jette au peuple des objets précieux. Il meurt assassiné. Promoteur d'un culte unique – en l'occurrence le culte solaire – il laisse néanmoins les Chrétiens en paix. 

Hippogriffe :  Animal fabuleux mi-cheval, mi-aigle ou mi-cheval, mi-griffon.

Bélître : Homme de rien, négligeable - gueux, mendiant, coquin.

Estortuaire : Bâton utilisé dans la forêt pour écarter les branches qui gênent le passage.

Haquenée : Cheval ou jument d'allure douce.

Piqueur : A la chasse, valet qui poursuit la bête à cheval.

Corbillon : Diminutif de corbeille.

Pasquil : Satire, pamphlet.

Etrivière : Sangle qui suspend l'étrier.

SardanapaleAssurbanipal ou Sardanapale fut roi d'Assyrie de 669 av. J.-C. à 631 av. J.-C. ou 626 av. J.-C. Il est le dernier grand souverain de l'Assyrie antique. Ce personnage est connu comme l'un des rares souverains de son temps sachant lire et écrire. La sculpture assyrienne atteint son apogée sous son règne. Pour les Grecs, il est le symbole d'un homme puissant menant une vie luxueuse et dissolue, d'où le sens de « débauché » pris en français par ce terme.

Nabuchodonosor : Il y en a eu plusieurs ! Le plus célèbre est Nabuchodonosor II,. Roi de l'Empire néo-babylonien entre 605 et 562 av. J.-C. Il a régné sur le plus vaste empire qu'ait dominé Babylone, ville où il a fait ériger de nombreux monuments. On lui a imputé quelque temps les jardins suspendus de Babylone. Il est mentionné dans la Bible hébraïque/l'Ancien Testament, notamment comme destructeur du temple de Salomon.

Teston : Ancienne monnaie, de François Ier à Louis XIII.

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Testons François Ier

Quartenier, dizenier : Officier de ville préposé à la surveillance d’un quartier. Le dizenier est à la tête d'un groupe de dix personnes.  

Pertuisane : Sorte de hallebarde.

Myrmidon : Les Myrmidons (en grec ancien mýrmex qui veut dire « fourmi ») sont un peuple mythique de Grèce. Dans l’Iliade d'Homère ils participent à la guerre de Troie sous les ordres d'Achille. Leur ancêtre éponyme est Myrmidon, un roi de Phthie, fils de Zeus et Euryméduse, princesse de Phthie. Elle fut séduite par Zeus alors qu'il avait pris la forme d'une fourmi. 

Sainte AmpouleLa Sainte Ampoule est une fiole contenant une huile sacrée qui, selon la légende, aurait servi lors du baptême de Clovis. Une portion de ce baume était mélangée à du saint chrême pour servir à l'onction des rois de France lors de la cérémonie du sacre. Elle était conservée à l'abbaye Saint-Remi de Reims. Bien que la Sainte Ampoule et une grande partie de son contenu aient été détruits à la Révolution, l'archevêque de Reims conserve aujourd'hui un infime reste de cette relique qui aurait été sauvée des révolutionnaires et conservée dans une ampoule de substitution, utilisée notamment pour le sacre de Charles X en 1825 et précieusement conservée jusqu'à nos jours par la ville de Reims.

Saint Chrême : Le saint chrême est un mélange d'huile végétale naturelle et de parfums, destiné à l'onction et utilisé dans le baptême, la confirmation et l'ordination. Le saint chrême est l'une des trois sortes d'huile sainte utilisées dans la liturgie de plusieurs Églises chrétiennes ; les autres étant l'huile des catéchumènes, la dernière l'huile des malades.

EcrouellesLes écrouelles, ou plus scientifiquement, l'adénopathie cervicale tuberculeuse chronique, est le nom d’une maladie d’origine tuberculeuse provoquant des fistules purulentes localisées sur les ganglions lymphatiques du cou. Du Moyen Âge au XIXe siècle, les rois de France et d'Angleterre sont réputés détenir le pouvoir de guérir les écrouelles par simple contact.  

Astrée : Déesse mineure de la mythologie grecque, déesse de la justice.

Phlégéthon : Dans la mythologie grecque, le Phlégéthon est un fleuve de feu qui coule dans les Enfers. C'est un affluent de l'Achéron, circulant du royaume d'Hadès au Tartare ; son feu liquide maintient les damnés suffisamment en vie pour subir les supplices des Champs du Châtiment.

PirithoosDans la mythologie grecque, Pirithoos ou Pirithoüs, fils de Zeus selon Homère ou d'Ixion selon d'autres auteurs, et de Dia, est roi des Lapithes. Il tente d'envahir l'Attique mais est repoussé par Thésée. Une franche amitié se noue ensuite entre les deux héros. Lors de son mariage avec Hippodamie, les centaures ivres, menés par Eurytion, enlèvent et abusent de la jeune épousée. Pirithoos leur fait la guerre, assisté par Thésée, et les vainc. À la mort d'Hippodamie, Thésée enlève Hélène de Sparte avec l'aide de Pirithoos. Ce dernier quant à lui projette d'enlever Perséphone elle-même, épouse d'Hadès. Les deux amis descendent aux Enfers mais sont capturés par Hadès et entravés par un rocher. Héraclès parvient ensuite à délivrer Thésée, mais échoue à aider Pirithoos, qui reste à jamais scellé à la pierre.

CharybdeDans la mythologie grecque, Charybde est la fille de Poséidon et de Gaïa. Pour avoir volé à Héraclès une partie du troupeau de Géryon, elle est foudroyée par Zeus et changée en un gouffre marin. Là, trois fois par jour, elle avale puis régurgite de grandes quantités d'eau, incluant navires et poissons. Elle peut également être représentée sous la forme d'un tourbillon marin. Charybde est souvent associée à Scylla, autre monstre marin en face de qui elle réside. Ces deux figures constituent une métaphore des dangers guettant les marins grecs.  

Scylla : Dans la mythologie grecque, Scylla est une nymphe changée en monstre marin par Circé. 

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SilèneDans la mythologie grecque, Silène (ou Papposilène) est un satyre, père adoptif et précepteur du dieu Dionysos, qui l'accompagne sans cesse. Il est en outre le dieu personnifiant l'Ivresse.

Fièvre tierce, fièvre quartaine : Appelées aujourd'hui fièvres intermittentes elles désignaient autrefois toutes les maladies caractérisées par des accès fébriles répétés et séparés par des périodes sans fièvre (dite « périodes d'apyrexie ») de plusieurs jours. Hippocrate les divise en 3 types : febris tertiana (tous les trois jours, dite « fièvre tierce »), quartana (tous les quatre jours, dite « fièvre quarte »), et quotidiana ou continua (maintenant appelée tropica).

ReîtreLes reîtres sont une cavalerie légère d'origine germanique apparue dans les années 1540. 

Anacréon : Né vers -550 à Téos, en Ionie, mort vers -464, c'est l'un des plus grands poètes lyriques grecs. Il est surnommé « Le chantre de Téos » et « Le vieillard de Téos ».

Contempteur : Personne qui méprise, qui dénigre.

Souliers pont-levis : Au XVIe, le soulier adopte une forme plus robuste ; il est attaché sur le dessus du pied d'abord par un noeud, puis par une boucle, il a un bout arrondi puis plus long et carré, et il est relevé par un talon, ce qui lui vaut le nom de chaussure à cric ou à pont-levis.

PoternePetite porte qui était intégrée aux murailles d'une fortification, de façon discrète et qui permettait aux habitants du château de sortir ou rentrer à l’insu de l'assiégeant. 

Tambour : Partie basse, polygonale, soutenant une coupole ou un dôme.

DédaleDédale est un personnage de la mythologie grecque. Il est principalement connu pour être un inventeur, un sculpteur, un architecte, un forgeron dont le talent était exceptionnel. Il est loué par beaucoup d’auteurs, latins et grecs pour son génie esthétique et ingéniosité technique. Son œuvre la plus célèbre est le labyrinthe qui a abrité le Minotaure et le nom commun « dédale » en est issu.

Mugueter : Faire le galant auprès des dames.

Rémora : Petit poisson type pilote.

Sycophante : Fourbe, menteur, délateur.

Antiochus : Il y en a plusieurs... soit des rois, soit des héros de la mythologie...

AntéeDans la mythologie grecque, Antée est le fils de Gaïa qu'elle engendre seule ou avec Poséidon. Il défie à la lutte tous les voyageurs ; il utilise ensuite leurs dépouilles pour couvrir le toit du temple de son père. Il est vaincu par Héraclès, alors que celui-ci était à la recherche des pommes d'or du jardin des Hespérides : le héros le soulève de terre puis l'étouffe.

RavenelleLa ravenelle est une espèce de plantes annuelles communes, de la famille des radis. Envahissant, il se propage rapidement et on le trouve souvent au bord des routes. C'est une mauvaise herbe très répandue dans les grandes cultures (céréales, colza, etc.), qui s'est montrée résistante à plusieurs type d'herbicides.

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PalamèdePalamède est l'un des princes grecs qui prirent part à la guerre de Troie. Il fut en butte à la haine redoutable d'Ulysse, pour plusieurs motifs. Ulysse, pour s'en venger, accusa Palamède de trahison et ce dernier fut condamné à mort par le Conseil, et injustement lapidé. Palamède est l’inventeur mythique du jeu d’échecs, de l’arithmétique, des jeux de dés et des signaux de feu servant à transmettre un message. 

Matamore : Hâbleur, vantard.

Philologie : La philologie consiste en l'étude d'un langage à partir de documents écrits. C'est une combinaison de critique littéraire, historique et linguistique. Elle vise à rétablir le contenu original de textes connus par plusieurs sources, c’est-à-dire à sélectionner le texte le plus authentique possible, à partir de manuscrits, d'éditions imprimées ou d'autres sources disponibles (citations par d’autres auteurs, voire graffiti anciens), en comparant les versions conservées de ces textes, ou à rétablir le meilleur texte en corrigeant les sources existantes.

PrébendeUne prébende désigne le bénéfice ecclésiastique attaché à la charge de chanoine. Par extension, le terme s'est peu à peu appliqué à tout revenu découlant d'une charge ou fonction rémunérée de façon forfaitaire. "Prébende" a parfois désigné les distributions de nourriture payées sur le trésor impérial à Rome durant l'Antiquité tardive, et qui cessèrent alors que le trésor s'amenuisait.

Etéocle et PolyniceDans la mythologie grecque, Étéocle est le fils du mariage incestueux d'Œdipe et Jocaste, et le frère de Polynice, Ismène et Antigone. À la suite de la révélation de l'inceste d'Oedipe, Etéocle et Polynice chassent leur père de Thèbes. Ce dernier maudit alors ses deux fils et leur prédit qu'ils se diviseront et mourront de la main l'un de l'autre. Pour conjurer cette malédiction, Étéocle et Polynice décident alors de régner sur Thèbes un an chacun en alternance. Mais Étéocle refuse de laisser le pouvoir à Polynice lorsque son tour arrive. Polynice lève par conséquent une armée en s'alliant à d'autres cités afin de reprendre le pouvoir, et les deux frères s'entretuent. Créon, leur oncle et successeur, rend hommage à Étéocle en lui offrant de grandes funérailles, mais laisse le corps de Polynice sans sépulture, l'accusant de trahison et d'avoir attaqué Thèbes, lui interdisant ainsi l'accès aux Enfers et laissant son âme errante. C'est en bravant cet interdit qu'Antigone sera condamnée à être emmurée.

ThéocriteThéocrite, né vers 315, mort vers 250 av. J.-C., est un poète grec. Il était considéré comme l'un des sept poètes de la Pléiade poétique.

Houssine : Verge ou baguette flexible de houx ou d’autre arbre dont on se sert pour aiguillonner des animaux au labour et au débardage ou pour battre des habits, des meubles, etc.

Sophisme :  Raisonnement qui n’est logique ou vrai qu’en apparence, mais qui est délibérément conçu pour tromper ou faire illusion.

Atalante : Dans la mythologie grecque, Atalante est une héroïne. Deux traditions existent à son sujet, toutes les deux mettant l'accent sur son refus initial du mariage et des performances physiques hors du commun pour une femme. Dans la tradition de Béotie, Atalante prend part à des quêtes collectives importantes : la chasse au sanglier de Calydon et parfois le voyage des Argonautes. Atalante a régulièrement inspiré les artistes depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque actuelle. C'est aussi un papillon, nommé plus communément Vulcain aujourd'hui.

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Féal : Loyal, fidèle.

Irréfragable : Qu’on ne peut contredire, qu’on ne peut récuser.

Boulingrin : Rectangle allongé, entouré de bordures et de pentes artificielles, qui peut, par exemple, servir pour jouer aux boules.

Aman : Haman, parfois écrit Aman, est un personnage du livre d'Esther, l'un des livres constituant la Bible. Il est vizir de l'empire perse sous le règne d'Assuérus (Xerxès Ier). Dans la tradition juive, Haman est perçu comme l'archétype du mal et de l'antisémitisme.

MardochéeMardochée est un personnage du livre d'Esther dans la Bible. Il est un fils de Jaïr et est issu de la tribu de Benjamin, l'une des deux tribus qui constituèrent le royaume de Juda avant sa destruction par les Babyloniens et les déportations de l'élite du royaume vers les provinces de l'Empire perse.

Lycurgue : Il y en a plusieurs, personnalités (législateurs, orateurs) de la Grèce antique, ou rois.

CadmusDans la mythologie grecque, Cadmus est l'un des fils d'Agénor, roi de Tyr, en Phénicie et de Téléphassa, et frère de Phénix, Cilix, Europe, Thasos et Phinée, fondateur de Thèbes.  

Rama : Diverses personnalités ou lieux...

Provende : La provende est le mélange alimentaire destiné aux animaux d'élevage. 

Gruger :  Briser quelque chose de dur ou de sec avec les dents.

Muid :  Mesure pour les liquides, pour les grains et pour plusieurs autres matières, comme le sel, le charbon, le plâtre, la chaux, etc., de différente grandeur, selon les différents pays et la nature des marchandises à mesurer.

Gourmé : Qui affecte un maintien grave et compassé.

MithridateLe nom Mithridate dérive du dieu-soleil Mithra de la mythologie iranienne. Ce nom a été porté par un grand nombre de rois, soldats et hommes d’État d’Asie Mineure, dont le plus célèbre est Mithridate VI. Mithridate VI Eupator, plus connu sous le nom de Mithridate le Grand, est né vers 132 av. J.-C., et mort en 63 av. J.-C. Personnage complexe, courageux, intrépide, inflexible aussi, amateur d'art, Mithridate est souvent comparé à Hannibal pour sa haine de Rome. Il échoue cependant dans sa tentative de renverser la domination romaine en Asie et en Grèce, confronté à la supériorité militaire de celle-ci, mais aussi à l'épuisement des ressources en or, hommes et ravitaillement de son pays. Il est également connu pour être à l'origine du concept de mithridatisation, qui consiste à consommer régulièrement de faibles doses de poison pour y accoutumer l'organisme et y développer une résistance.

Estoc : Epée.

Fourrier : Celui qui est chargé de pourvoir au logement des soldats quand ils passent dans une ville, et de répartir entre les escouades les vivres, les effets d’équipement, etc. - Messager.

Fatum : Fatalité.

MantoDans la mythologie grecque, Manto est la fille du célèbre devin de Thèbes Tirésias qu'Ulysse alla consulter dans l'au-delà de la vie. Lorsque Thèbes capitula devant les Épigones, elle fut emmenée à Delphes auprès d'Apollon. Certain qu'elle avait hérité des dons exceptionnels de son père, le dieu lui confia un de ses propres oracles, à Claros, en Asie Mineure. Elle conçut Mopsos de sa liaison avec le dieu.

Tertullien : Tertullien, né entre 150 et 160 à Carthage (actuelle Tunisie) et décédé vers 220 à Carthage, est un écrivain de langue latine issu d'une famille berbère romanisée et païenne. Il se convertit au christianisme à la fin du IIe siècle et devient le plus éminent théologien de Carthage. Auteur prolifique, son influence fut grande dans l'Occident chrétien. En effet, il est le premier auteur latin à utiliser le terme de Trinité, dont il développe une théologie précise. Il est ainsi considéré comme le plus grand théologien chrétien de son temps. C’est également un polémiste qui lutte activement contre les cultes païens. Sa figure est toutefois controversée, car il rejoint le mouvement hérétique montaniste à la fin de sa vie.  

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PanurgePanurge est l'un des personnages de François Rabelais, ami du géant Pantagruel. Panurge réclame la charité en quatorze langues (dont trois imaginaires), avant de s'exprimer en français. Au Tiers Livre, Panurge décide de se marier. Il est partagé entre son désir charnel et la peur d'être cocu... Un de ses hauts faits le plus célèbre est d'avoir jeté un mouton d'un bateau, afin que le reste du troupeau se jette à la mer. De là est issue l'expression « mouton de Panurge ».

AristophaneAristophane est un poète comique grec du Ve siècle av. J.-C., né vers -445 et mort entre -385 et -375. Son œuvre coïncide avec les années glorieuses d'Athènes sous l'administration de Périclès et la longue et sombre période de la Guerre du Péloponnèse. Aristophane cloue au pilori par de grands éclats de rire les politiciens démagogues et va-t-en-guerre, les citoyens en proie à une "judicardite aiguë", cette pernicieuse manie des procès, ou les maîtres d'incivisme et de décadence.

SamsonSamson est le fils de Manoach, de la tribu de Dan. Son histoire comporte des aspects extraordinaires. Sa naissance même est un miracle : un ange annonce à sa mère qu'elle enfantera, alors qu'elle est stérile. Devenu adulte, il déploie une force extraordinaire. La Bible rapporte qu'elle est liée à la longueur de ses cheveux, c'est-à-dire le respect de son vœu de naziréat (les nazirs ne se coupaient ni les cheveux ni la barbe pour soigner leur aspect physique, en signe de préférence et de consécration pour Dieu).

AnnibalHannibal Barca, généralement appelé Annibal ou Hannibal, né en 247 av. J.-C. à Carthage (Tunisie) et mort entre 183 av. J.-C. et 181 av. J.-C., est un général et homme politique, généralement considéré comme l’un des plus grands tacticiens militaires de l’histoire. Élevé, selon la tradition historiographique latine, dans la haine de Rome, il est, selon ses ennemis, à l’origine de la deuxième guerre punique que les Anciens appelaient d’ailleurs « guerre d’Hannibal ». À la fin de l’année 218 av. J.-C., il quitte l’Espagne avec son armée et traverse les Pyrénées, puis les Alpes pour gagner le Nord de l’Italie. Pourtant, il ne parvient pas à prendre Rome. Néanmoins, il réussit à maintenir une armée en Italie durant plus d’une décennie sans toutefois parvenir à imposer ses conditions aux Romains. Une contre-attaque de ces derniers le force à retourner à Carthage où il est finalement défait à la bataille de Zama, en 202 av. J.-C.

AlcibiadeAlcibiade est un homme d'État, un orateur et un général athénien, né en -450 et mort en -404. Personnalité haute en couleurs qui a fasciné ses contemporains, il réunit une naissance aristocratique, un patrimoine important de grand propriétaire foncier, une intelligence reconnue et une beauté enviée. Adopté par Périclès dont il est le neveu par sa mère, il est, dans la seconde moitié du Ve siècle av. J.-C., l'une des personnalités politiques les plus importantes du monde grec. Sa vie adulte se confond avec la guerre du Péloponnèse, conflit majeur qui oppose Athènes à Sparte de -431 à -404 et voit la ruine finale de l'empire athénien : au cours de ces années, Alcibiade combat alternativement dans l'armée athénienne, dans le camp spartiate et chez les satrapes de Perse. 

ArmagnacsLes Armagnacs sont le parti qui s'opposa au XVe siècle, en France, dans une guerre civile, aux « Bourguignons ». À l'origine, le conflit opposait le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, à Louis, duc d'Orléans. En 1435, le traité d'Arras met fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons et le parti armagnac, n’ayant plus de raison d’être, disparaît. Les mercenaires engagés continuent néanmoins de ravager villes et campagne. On les appelle généralement écorcheurs, mais aussi « Armagnacs », dans l'Est de la France.

Hart : Corde avec laquelle on étranglait les criminels.

HoracesLes trois Horaces et les trois Curiaces sont des héros qui, d'après la légende rapportée par Tite-Live, se seraient battus en duel pendant la guerre entre Rome et Albe-la-Longue, durant le règne de Tullus Hostilius (selon la tradition, troisième roi de Rome entre 673 et 641 avant Jésus-Christ). Les deux villes décidèrent d'un commun accord de régler leur conflit en désignant trois champions de chaque côté. Tite-Live considère, sans en être certain, que les Horaces étaient les champions de Rome et les Curiaces ceux d'Albe. D'après la légende, les Albains furent tous les trois blessés rapidement et deux des Romains tués. L'Horace survivant, Publius Horatius prit la fuite, poursuivi par les Curiaces blessés. Mais ceux-ci ne le rattrapèrent pas en même temps, ce qui permit à l'Horace de les tuer l'un après l'autre. À son retour à Rome, il tua sa propre sœur qui pleurait son fiancé, un des trois Curiaces. Condamné à mort, il fut acquitté devant l'Assemblée du Peuple mais dut passer sous le joug, symbole de la soumission à la loi romaine. La gens Horatia est alors soumise à des cérémonies purificatrices.

Exorde :  Commencement d’une entreprise, d’une démonstration ou d’un raisonnement.

Sectateur : Celui qui fait profession de suivre l’opinion de quelque philosophe, de quelque docteur, de quelque chef d’église, de quelque hérésiarque.

Capucinade : Plat discours ou acte de dévotion qui paraît ridicule et peu sincère.

Apophtegme : Parole mémorable de quelque personne illustre ayant valeur de maxime. Petit récit à vocation morale ou spirituelle.

Concetti : Pensées plus brillantes que justes qui se rencontrent dans un ouvrage.

CrédenceLa crédence est un meuble, ou partie de buffet, où l'on range et expose la vaisselle, les plats précieux et les objets servant pendant le repas. Le terme désigne également une table où l’on pose les objets nécessaires au culte dans la religion catholique.

Passe-dix :  Sorte de jeu qui se joue avec trois dés et dans lequel un des joueurs parie qu’il amènera plus de dix.

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MES EXTRAITS FAVORIS

Habitudes de l'époque

Les pieds de Henri foulaient, en effet, une jonchée de fleurs dont on avait coupé la tige, de peur qu'elles n'offenssassent la peau délicate de Sa Majesté ; roses, jasmins, violettes, giroflées, malgré la rigueur de la saison, formaient un moelleux et odorant tapis au roi Henri III.

***

Et la femme qui parlait d'une façon si ferme souffla dans un petit sifflet d'argent qui rendit un son aigu et prolongé. C'était la manière dont on appelait les domestiques, à cette époque où les sonnettes n'étaient point encore inventées.

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Il avait évité la fièvre, grâce aux applications d'eau froide, ce nouveau remède que le hasard ou plutôt la Providence avait découvert à Ambroise Paré...

Henri, roi détesté

Devons-nous vivre sous un roi fou, inerte et fainéant, au moment où l'Espagne allume les bûchers, au moment où l'Allemagne réveille les vieux hérésiarques assoupis dans l'ombre des cloîtres, quand l'Angleterre, avec son inflexible politique, tranche les idées et les têtes ? Toutes les nations travaillent glorieusement à quelque chose. Nous, nous dormons. Messieurs, pardonnez-moi de le dire devant un grand prince qui blâmera peut-être ma témérité, car il a le préjugé de famille ; messieurs, depuis quatre ans nous ne sommes plus gouvernés par un roi, mais par un moine.

Autres

Car, il faut le dire, les idées de frère Gorenflot étaient plutôt tournées vers les plaisirs de la table et les douceurs du repos, de sorte qu'il pensait parfois, non sans une certaine inquiétude, à ces deux avocats du diable qui, au jour du jugement dernier, plaideraient contre lui et qu'on appelait la Paresse et la Gourmandise.

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- L'homme est né pour le travail, dit sentencieusement le Gascon.

- Et le moine pour le repos, dit le frère ; le moine est l'exception de l'homme.

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Mais les idées, continua le duc, on ne les rencontre point ainsi, Sire, elles se glissent invisibles et pénétrantes ; elles se cachent surtout aux yeux de ceux-là qui veulent les détruire ; abritées au fond des âmes, elles y projettent de profondes racines ; et plus on coupe les rameaux imprudents qui sortent au dehors, plus les racines intérieures deviennent puissantes et inextricables. Une idée, Sire, c'est un nain géant qu'il faut surveiller nuit et jour ; car l'idée qui rampait hier à vos pieds, demain dominera votre tête. Une idée, Sire, c'est l'étincelle qui tombe sur le chaume ; il faut de bons yeux en plein jour pour deviner les commencements de l'incendie, et voilà pourquoi, Sire, des millions de surveillants sont nécessaires.

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Mordieu ! dit Rémy, la position est critique. Je suis médecin, et par conséquent, il est de mon devoir de soulager mon semblable qui souffre. Il est vrai que le Monsoreau est si laid que j'aurais presque le droit de dire qu'il n'est pas mon semblable, mais il est de la même espèce. Genus homo.