Inégal, avec cependant un noyau central palpitant.

INCIPIT

En 1792, la bourgeoisie d'Issoudun jouissait d'un médecin nommé Rouget, qui passait pour un homme profondément malicieux.

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RESUME

L’action est relativement étalée dans le temps puisque qu’elle débute en 1792 avec la présentation du père et grand-père des personnages principaux, le docteur Rouget. À sa mort, en 1805, il dispose d’une grande fortune qu’il lègue en quasi-totalité à son fils Jean-Jacques, en déshéritant sa fille Agathe, qui vit à Paris chez sa tante depuis l'enfance ; son père ne l'a jamais aimée, persuadée que sa femme le trompait et que le bébé était illégitime.

Agathe a épousé Bridau, fonctionnaire intègre qui voue sa vie à Napoléon. À la mort de son mari, Agathe Bridau se retrouve seule, avec peu de ressources pour élever ses deux fils, Philippe et Joseph. Philippe, militaire dans l’âme, fait la fierté de sa mère alors qu'elle méprise le manque d'ambition et les penchants artistiques de Joseph. Mais bon à rien hors des champs de bataille, Philippe se refuse à servir les Bourbons après la chute de Napoléon. Un voyage aux États-Unis le rend violent, buveur et voleur. Il complote, fait un séjour en prison, sombre dans les bas-fonds, ruine sa mère et son frère... Agathe apprend que son riche frère Jean-Jacques est sous l’emprise d’une jeune et jolie paysanne recueillie par leur père, Flore Brazier, surnommée « la Rabouilleuse » (en français régional, une personne qui agite l’eau pour rabattre les écrevisses vers les pièges).  

MON AVIS

Curieux... le personnage-titre, la Rabouilleuse, n'arrive qu'à la page 165 (sur 400) ! J'attendais, j'attendais... Et toute cette première partie est un peu longuette. Présentation détaillée des grands-parents, des parents, de part et d'autre, puis des personnages principaux : Agathe et ses deux fils, Joseph le peintre, Philippe le bon à rien. Ensuite description d'Issoudun et de nouveaux protagonistes, Jean-Jacques Rouget, Max Gilet... et enfin, Flore, la rabouilleuse. Laquelle s'avère un personnage assez détestable, ainsi que son amant Max. Mais à partir de là, l'intrigue devient plus intéressante... Tout le monde se bat autour d'un héritage, et les manipulations de Philippe pour obtenir le magot final sont assez géniales, il faut bien le dire !

D'ailleurs, c'est lui le vrai héros du roman. Ancien soldat de Napoléon, déchu en même temps que son chef, désoeuvré... et diabolique. On se demande pourquoi le livre s'appelle La rabouilleuse ; mais Balzac lui-même à eu du mal à trouver son titre, paraît-il. 

Mais je n'ai pas apprécié la structure du livre, beaucoup trop de descriptions et d'historique familiale au début, puis une intrigue rocambolesque mais qui semble survolée car elle aurait mérité - justement - beaucoup plus de développement.

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CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

La Rabouilleuse est d’abord partiellement publié dans La Presse en 1840, fréquemment remanié et intitulé Un ménage de garçon, l’ouvrage paraîtra sous son titre définitif : La Rabouilleuse, avec un texte sans corrections dans l’édition Furne de 1843.

A noter : l'utilisation régulière du mot "péquin" (qui peut aussi s'écrire pékin). Moins usité de nos jours, on le retrouve de temps en temps dans l'expression Y avait pas un péquin ! Il vient de l'argot militaire, sans doute issu de l’occitan pequin (« petit, menu ») équivalent de l'espagnol pequeño (« petit »), pequeno en portugais. Péquenaud est probablement dérivé de cette même racine. Une autre origine est relatée : péquin daterait d'une fête de la Fédération (qu'on appelle aujourd'hui Fête nationale, 14 juillet), où figuraient des délégués militaires, et des délégués des cantons ; ces derniers, on les nomma par abréviation des "cantons" ; la plaisanterie vit dans cantons un jeu de mot avec la ville de Canton, en Chine, et les Cantons devinrent des Pékins. Le péquin désigne tout individu ou civil, par opposition au militaire.

MES EXTRAITS FAVORIS

Il y a deux timidités : la timidité d'esprit, la timidité de nerfs ; une timidité physique et une timidité morale. L'une est indépendante de l'autre. Le corps peut avoir peur et trembler, pendant que l'esprit reste calme et courageux, et vice versa. Ceci donne la clef de bien des bizarreries morales. Quand les deux timidités se réunissent chez un homme, il sera nul pendant toute sa vie. Cette timidité complète est celle des gens dont nous disons : - C'est un imbécile. Il se cache souvent dans cet imbécile de grandes qualités comprimées.

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- Je ferai votre portrait !

- Non, non, je me suis trop ennuyée sur la terre pour vouloir y rester en peinture !