Mes très chères reines d'Angleterre... Allez encore un petit Philippa Gregory !

RESUME

1464. L'Angleterre se déchire. La maison d'York, avec à sa tête le roi Edouard IV, s'oppose à la maison de Lancastre, qui souhaite lui reprendre le trône, usurpé à Henri VI. Le jeune roi fait alors la connaissance d'Elisabeth Woodville, veuve et mère de deux garçons. Séduit par son extrême beauté, il l'épouse en secret. Richard Neville, comte de Warwick, cousin et principal conseiller du roi, réprouve cette union qui contrecarre ses desseins politiques. Il voit de plus son influence décroître au profit des proches d'Elisabeth. Neville passe alors à l'ennemi et rejoint la maison de Lancastre. Dévoilant un épisode historique méconnu, Philippa Gregory met en scène une héroïne inoubliable au milieu de la tourmente, prête à tout pour l'honneur des siens.

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L'AUTEUR

Philippa Gregory, née le 9 janvier 1954, est un écrivain britannique associée au genre de la fiction historique. Elle est particulièrement connue pour son œuvre Deux sœurs pour un roi (2001). Elle a écrit de nombreux romans sur le XVe et le XVIe siècles. Hélas... tous ne sont pas traduits en français.

MON AVIS

J'avais beaucoup aimé Deux soeurs pour un roi (il faudra que je le relise) et L'héritage Boleyn. Mais celui-ci m'a un peu déçue, surtout à cause du style, qui gâche tout. On dirait qu'après un immense succès commercial, l'auteure se relâche... Pourtant je me dois de lire la suite, qui concerne Elizabeth d'York, fille de cette Reine clandestine.

Le style, donc. Je retrouve, avec horreur, ce qui m'a tant déplu dans le livre précédent, avec cette omniprésence du passé simple dans les dialogues, qui n'est absolument pas naturel ! D'autant que le reste du texte, lui, est au présent. Je note qu'il s'agit de la même traductrice ! Et la faute ne peut incomber à Philippa Gregory, vu qu'en anglais, le seul preterit équivaut selon les cas à notre passé simple ou à notre passé composé. Ces conversations où les protagonistes échanges des "J'assistai moi-même à la bataille"... "Je lui fis un rapport"... "Il le tua de ses propres mains..." ; je ne supporte pas ! Et puis dans d'autres, la traductrice utilise bien le passé composé, alors pourquoi ces changements de temps ? Ne s'est-elle pas relue ?

Et puis il y a le fond, et là la c'est l'auteure qu'il faut blâmer. La psychologie des personnages est survolée, le style très raide : les phrases sont courtes, les descriptions rapides, c'est extrêmement factuel. On a l'impression de lire un livre d'histoire, pas un roman. Et pour certaines parties un peu plus travaillées, on ne peut cependant pas dire qu'on soit à la hauteur d'un Robert Merle ou de Catherine Hermary-Vieille qui font du roman historique de la "vraie" littérature.

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Edouard IV

Comme c'est un peu bâclé - à mon avis - on ne s'attache guère aux personnages. J'ai lu le livre seulement pour l'histoire proprement dite, passionnante (la guerre des deux Roses, les Lancastre, les York, et puis soudain... les Tudor ; et l'épisode terrible des petits princes de la Tour). C'est pas si mal ! Cette incroyable épopée mérite d'être connue. Mais je crois bien que Catherine Hermary-Vieille a écrit sur la même époque, il va falloir que je voie ça de près.

Une originalité, mais elle appartient bien à l'Histoire, malgré son côté fantastique : la fée Mélusine ! Celle-ci est la grand-mère d'Elizabeth Woodville. Personnage légendaire (ou pas - voir ci-dessous), elle a transmis ses dons à Jacquetta et Elizabeth... qui seront d'ailleurs accusées de sorcellerie.

FAITS HISTORIQUES REELS (merci Wiki)

La guerre des Deux Roses

La guerre des Deux-Roses désigne un ensemble d'affrontements, constituant globalement une guerre civile discontinue, qui eut lieu en Angleterre entre la maison royale de Lancastre et la maison royale d'York. Elle est appelée ainsi en référence aux emblèmes des deux maisons, la rose rouge de Lancastre et la rose blanche d'York ; cette référence ne se fait pour autant qu’a posteriori, la rose de Lancastre n'ayant été utilisée comme emblème pour cette maison qu'à partir de 1485, à la dernière bataille du conflit.

La maison de Lancastre descend de Jean de Gand, duc de Lancastre en 1362 et 3e fils du roi Édouard III. Celle d'York descend de son frère Edmond de Langley, 4e fils du roi Édouard III, devenu duc d'York en 1385. L'affrontement des deux lignées, issues de la maison Plantagenêt, signe la fin de celle-ci et son remplacement par la Maison Tudor.

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Elizabeth Woodville

Cette guerre est liée aux droits de succession de la couronne d'Angleterre. Elle débute en 1455 et prend fin en 1485, quand le dernier des rois de la maison York, Richard III, meurt sur le champ de bataille et que Henri Tudor devient roi sous le nom d'Henri VII, fondant la dynastie des Tudor. Il réunit ainsi les deux maisons royales issues de la même branche en se mariant à Élisabeth d'York, et permet la fin de la guerre entre les maisons de Lancastre et d'York ; il choisit également pour emblème la rose Tudor, qui fusionne les deux autres.

Issue de l'instabilité de la Couronne d'Angleterre, nourrie des faiblesses du règne d'Henri VI et des guerres privées incessantes entre les vassaux de la Couronne, elle permet à plusieurs autres puissances (Bourgogne, Écosse, France) d'intervenir politiquement ou militairement dans les affaires anglaises. La noblesse, sur qui repose entièrement la levée des forces nécessaires aux combats, sort de cette période affaiblie face au pouvoir royal.

Henri VI d'Angleterre

Henri VI d'Angleterre (6 décembre 1421 – 21 mai 1471), duc de Cornouailles, est roi d'Angleterre de 1422 à 1461, puis de 1470 à 1471. Il est également l'héritier contesté du trône de France de 1422 à 1453, en vertu du traité de Troyes conclu en 1420 par son père, Henri V d'Angleterre, avec son grand-père maternel Charles VI de France.

Henri débute son règne en pleine guerre de Cent Ans, qui oppose l'Angleterre et la France depuis 1337 : Charles VII conteste en effet le titre de roi de France à Henri. Au moment où il accède au trône, la victoire anglaise semble acquise, surtout grâce à la gestion efficace du conflit par ses oncles paternels Humphrey et Jean de Lancastre, nommés régents pendant sa minorité. Les échecs militaires suite à l'intervention de Jeanne d'Arc et la défection de la Bourgogne portent un coup à l'hégémonie anglaise en France. Lorsqu'il prend personnellement contrôle du gouvernement en 1437, Henri trouve son pays dans une difficile situation, menacé par des revers diplomatiques et militaires en France et des divisions parmi la noblesse anglaise. Il apparaît comme un souverain indécis, incapable de conduire l'Angleterre lors de moments cruciaux. Henri est décrit par ses contemporains comme un homme timide et pieux, qui rejette la guerre et la violence. En 1445, il épouse Marguerite d'Anjou, la nièce de Charles VII, espérant ainsi préserver la paix entre les deux états mais la politique pacifiste d'Henri échoue, conduisant au meurtre de William de la Pole, son principal conseiller. La guerre reprend avec la France et, en 1453, l'Angleterre ne possède plus en France que Calais.

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Richard III

Henri est victime d'un choc mental en apprenant la chute de Bordeaux en 1453 et est par la suite touché par des crises de folie récurrentes. Le cousin d'Henri, Richard Plantagenêt, duc d'York, prend le contrôle du gouvernement en tant que régent jusqu'à ce que Henri recouvre de sa maladie l'année suivante. Les tensions montent entre le duc d'York et la reine Marguerite quant au contrôle de la régence et à la question de la succession au trône. La guerre civile éclate en 1455, précipitant une série de conflits dynastiques appelés la guerre des Deux-Roses. Henri est capturé par les partisans de Richard à la bataille de Northampton en 1460 mais il est secouru par son épouse Marguerite en février 1461. Il est déposé le 29 mars 1461 après avoir été battu à la bataille de Towton par le fils de Richard, qui s'empare du trône sous le nom d'Édouard IV. Henri souffre d'une nouvelle crise de folie plus grave et, malgré la résistance dirigée par Marguerite contre Édouard IV, il est capturé par son rival en 1465 et emprisonné à la Tour de Londres. Richard Neville, comte de Warwick, restaure Henri sur le trône en 1470, mais Édouard défait Neville et reprend le pouvoir en 1471, emprisonnant une seconde fois Henri à la Tour.

Henri meurt à la Tour la nuit du 21 mai 1471, peut-être tué sur ordre d'Édouard IV. Il est inhumé à l'abbaye de Chertsey ; son corps est déplacé à la chapelle Saint-Georges du château de Windsor en 1484. Des miracles lui seront attribués après sa mort, et il est considéré comme un saint et un martyre jusqu'au XVIe siècle. Henri reste à la postérité comme le fondateur d'institutions éducatives, ayant fait construire Eton College, King's College, et All Souls College.  

Edouard IV d'Angleterre

Édouard IV d'Angleterre (28 avril 1442 – 9 avril 1483), est roi d'Angleterre de 1461 à 1483. 

Il est le quatrième enfant de Richard Plantagenêt, comte de Rutland, de March, d'Ulster et de Cambridge, duc d'York et de Cécile Neville. Il est l'aîné des quatre fils de Richard qui atteignent l'âge adulte. Les prétentions de son père à la couronne d'Angleterre, et la santé mentale inégale du roi Henri VI forment le facteur déclenchant de l'escalade du conflit connu sous le nom de guerre des Deux-Roses. Après la défaite des Yorkistes à Ludford Bridge, en octobre 1459, Édouard se réfugie à Calais avec le comte de Salisbury. Ils déjouent les tentatives des Lancastre de reprendre la ville et regagnent l'Angleterre au début de l'été 1460. Édouard commande un des trois corps de l'armée yorkiste lors de la victoire de Northampton, le 10 juillet 14605. Richard d'York se fait alors reconnaître par le Parlement comme le successeur d'Henri VI par l'Acte d'Accord du 24 octobre.

Quand Richard est vaincu et tué par les Lancastre à Wakefield, le 30 décembre 1460, Édouard hérite de tous ses titres (sauf celui de comte de Rutland) et devient le chef de la maison d'York, revendiquant directement la couronne. Après avoir obtenu le soutien de son cousin, Richard Neville, fils du comte de Salisbury, il remporte sa première bataille à Mortimer's Cross le 2 février 1461. Il entre alors dans Londres où il se fait couronner roi d'Angleterre le 4 mars. Dès le lendemain, il part à la tête de son armée affronter celle des Lancastre et, le 29 mars 1461, il remporte la décisive bataille de Towton, où l'armée des Lancastre est anéantie. Édouard IV est alors un jeune homme de 18 ans, avenant, grand et musclé, charismatique et doué pour les armes ; en comparaison son rival est un homme frêle et mentalement instable perçu comme une marionnette dans les mains de sa femme.  

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Elizabeth d'York

Henri VI est capturé en 1465 et enfermé à la tour de Londres. Au début de son règne, Richard Neville, comte de Warwick, s'avère tout-puissant et possède la haute main sur la politique du royaume. Mais Édouard s'aliène Neville quand, en 1464, il se marie secrètement à Élisabeth Woodville, la veuve d'un sympathisant de la maison de Lancastre, alors que Neville projetait de l'unir à Bonne de Savoie, belle-sœur du roi Louis XI. Dès lors, l'influence de Neville sur le roi commence à décroître au profit de la famille d'Élisabeth Woodville. Son ressentiment, renforcé par le refus d'Édouard de laisser ses frères Georges et Richard se marier avec les deux filles de Neville Isabelle et Anne, ainsi que par la préférence d'Édouard d'une alliance avec la Bourgogne plutôt qu'avec la France, le pousse à comploter avec Georges, duc de Clarence, le frère cadet d'Édouard.
 
Neville et Clarence lèvent une armée qui bat celle d'Édouard à Edgecote Moor le 26 juillet 1469. Édouard est alors fait prisonnier, Neville fait exécuter le père d'Élisabeth Woodville et tente de gouverner au nom du roi, en espérant faire monter sur le trône Georges, l'héritier présomptif d'Édouard (qui n'a pas encore de fils), et qui vient d'épouser Isabelle Neville. Cependant, une grande partie de la noblesse du pays est hostile à cette idée, et le deuxième frère d'Édouard, Richard, duc de Gloucester, lève à son tour une armée et fait libérer son frère. Édouard, plutôt que de faire exécuter Neville et son frère Georges, cherche à se réconcilier avec eux. Mais ils se rebellent à nouveau et sont forcés de fuir en France quand Édouard bat leur armée lors de la bataille de Losecoat Field, le 12 mars 1470. Accueillis à la Cour du roi Louis XI, ils concluent une alliance avec Marguerite d'Anjou, épouse d'Henri VI, et Neville accepte de restaurer celui-ci sur le trône en échange d'un soutien français à son projet d'invasion, qu'il mène à bien au mois d'octobre 1470. Voyant que la situation militaire est intenable, Édouard disperse ses troupes et s'enfuit en Bourgogne avec son frère Richard de Gloucester pendant qu'Henri VI est rétabli sur le trône d'Angleterre.

Édouard est accueilli par son beau-frère, Charles le Téméraire, qui est malgré tout réticent à lui apporter son aide pour reconquérir le trône. Mais l'alliance entre Neville et la France et la menace d'une invasion le poussent à changer d'avis ; Charles fournit à Édouard de l'argent et des troupes. Édouard débarque à Ravenspurn, sur la côte du Yorkshire, le 14 mars 1471 à la tête de forces relativement modestes. Son frère Georges change alors à nouveau de camp et le rejoint. Édouard entre dans Londres sans résistance, faisant à nouveau prisonnier Henri VI1, et triomphe de l'armée de Neville lors de la bataille de Barnet, où Richard et John Neville eux-mêmes sont tués, le 14 avril 1471. Puis il bat l'armée de Marguerite d'Anjou à la bataille de Tewkesbury, le 4 mai 1471, où Édouard de Westminster, le fils d'Henri VI est exécuté. Quelques jours plus tard, Henri VI meurt à son tour soudainement, Édouard ayant sans doute donné l'ordre de le tuer afin d'éliminer définitivement la menace des Lancastre. 

Toute opposition à Édouard IV est dès lors éliminée à l'intérieur du pays et il peut se consacrer aux affaires extérieures. En 1475, il monte une expédition militaire en France à partir de Calais dans le but de reprendre les possessions anglaises en France, perdues sous le règne d'Henri VI. Conscient du faible potentiel de son armée et devant l'absence de soutien militaire de Charles le Téméraire, il préfère accepter les offres généreuses du roi de France Louis XI et le traité de Picquigny, signé le 29 août 1475, met officiellement fin à la guerre de Cent Ans.

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Henri VII Tudor

En février 1478, Georges est accusé de comploter contre Édouard et est exécuté en privé (noyé dans une barrique de malvoisie selon la tradition populaire). 

Édouard soutient les prétentions d'Alexandre Stuart au trône d'Écosse et, en 1482, charge son frère Richard de mener une invasion de ce pays. Richard s'empare d'Édimbourg mais quitte la ville peu après en abandonnant Alexandre, se satisfaisant d'avoir ramené la ville de Berwick-upon-Tweed dans le giron de l'Angleterre.

La santé d'Édouard IV commence à décliner et il tombe gravement malade en mars 1483. Il nomme son frère Richard Protecteur du royaume après sa mort. Il meurt le 9 avril 1483 et est enterré dans la chapelle Saint-Georges, au château de Windsor. Son fils, Édouard V, âgé de douze ans, lui succède sur le trône. La cause précise de la mort d'Édouard IV n'est pas connue avec exactitude, la pneumonie, la typhoïde ou même un empoisonnement faisant partie des principales hypothèses. On peut aussi attribuer sa mort à son style de vie peu sain car, devenu inactif, il avait pris beaucoup d'embonpoint au cours des années précédant sa mort.

Le conseil de régence dirigé par Richard, lord protecteur du royaume et tuteur du jeune roi se saisit d'un possible cas de bigamie du roi décédé. Il est établi qu'Édouard IV aurait promis le mariage à Éléonore Talbot en 1461 et celle-ci, décédée en 1468, était encore vivante lors du mariage d'Édouard avec Élisabeth Woodville. Robert Stillington, évêque de Bath et Wells, affirme avoir célébré la cérémonie ; le mariage d'Édouard IV avec Élisabeth est par conséquent invalidé et tous ses enfants reconnus illégitimes. Édouard V est déposé le 25 juin 1483 et enfermé à la tour de Londres en compagnie de son frère cadet, Richard de Shrewsbury. Richard, duc de Gloucester, est couronné sous le nom de Richard III. Les deux enfants n'ont plus été revus en vie après l'été 1483 ; de ce qu'il leur advint, mort naturelle ou violente, reste l'un des plus grands mystères de la couronne d'Angleterre ainsi que le sujet de nombreux débats...

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Série The White Queen, Edouard et Elizabeth

Bien que manquant de prévoyance et ayant commis à l'occasion des erreurs de jugement, Edouard IV possédait une compréhension troublante de la plupart de ses sujets les plus importants, et la grande majorité de ceux qui l'ont servi lui restèrent indéfectiblement loyaux jusqu'à sa mort, y compris dans le rang de ses anciens ennemis lancastriens.

Sur le plan intérieur, le règne d'Édouard IV voit la restauration de l'ordre en Angleterre ; la piraterie et le banditisme, qui avaient pris beaucoup d'importance sous le règne d'Henri VI, diminuent considérablement. Édouard est aussi un homme d'affaires perspicace qui investit avec succès dans plusieurs corporations de la City de Londres.

Par l'intermédiaire de sa fille, Élisabeth d'York, mère de Henri VIII, ses descendants ont continué à occuper le trône d'Angleterre. 

Elizabeth Woodville

Élisabeth Woodville (1437-1492) est reine consort d'Angleterre par son mariage avec le roi Édouard IV d'Angleterre de 1464 jusqu'à la mort de celui-ci en 1483.

Sa famille, au moment de sa naissance, appartient à l'aristocratie anglaise moyenne.

Elle est la première-née d'un mariage qui a brièvement scandalisé la cour anglaise. Son père, Richard Woodville, est, au moment de la naissance de sa fille, juste chevalier. Richard suit son père dans l'armée de Jean de Lancastre, duc de Bedford, et rencontre Jacquette de Luxembourg. Celle-ci, fille de Pierre Ier de Luxembourg-Saint-Pol (issu d'Henri III d'Angleterre) et de Marguerite des Baux, épouse le duc en 1433, à 17 ans. Lancastre, nettement plus âgé que Jacquette, et en mauvaise santé, meurt en 1435. Elle est rappelée à la cour par Henri VI en Angleterre, et Richard Woodville doit l'y ramener ; mais en mars 1437, il est révélé que lui et Jacquette se sont mariés secrètement, alors que Woodville, de petite noblesse, est bien en dessous du rang de Jacquette (de sang royal). Woodville est condamné à une amende pour s'être marié sans la permission de son souverain ; l'amende est toutefois annulée en octobre de la même année.

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Elizabeth et sa mère Jacquetta

Le nouveau couple prospère rapidement, grâce principalement aux relations de Jacquette avec la famille royale. Elle conserve son rang et son douaire de duchesse de Bedford. Richard est gratifié de charges militaires, dans lesquelles il se montre soldat compétent. Richard est élevé au rang de Baron Rivers en 1448. Leurs enfants grandissent dans le confort matériel et dans un milieu privilégié. 
 
Leur fille Élisabeth épouse Sir John Grey de Groby, qui est tué à la seconde bataille de Saint-Albans en 1461, se battant pour la cause lancastrienne. Ils ont deux fils : Thomas et Richard Grey. 

Selon la légende, Élisabeth, veuve, serait venue implorer l'aide financière d'Édouard, nouveau roi d'Angleterre, qui lui aurait proposé en échange de devenir sa maîtresse. Subjugué par son refus, et par sa beauté, il la demande en mariage. Le mariage est quelque temps secret, puis Élisabeth est couronnée reine le 26 mai 1465. Richard Neville négociait le mariage d'Edouard avec une princesse proche de la cour de France, Bonne de Savoie, belle-sœur de Louis XI. Quand le mariage avec Élisabeth, de médiocre extraction paternelle, veuve et issue du camp lancastrien, est rendu public, il se trouve embarrassé et offensé. Sa relation avec Édouard ne s'en rétablit jamais. 

Elisabeth marie ses frères et sœurs dans les familles les plus notables d'Angleterre. Quand les Woodville commencent à défier la prééminence de richard, comte de Warwick sur la scène politique, ce dernier conspire avec son gendre, Georges Plantagenêt, duc de Clarence, frère cadet du roi. Un de ses partisans accuse la mère d'Élisabeth, la duchesse de Bedford, de pratiquer la sorcellerie : mais Jacquette est acquittée l'année suivante. Warwick et Clarence ont levé par deux fois des révoltes, en ayant réussi la première fois à faire prisonnier Édouard, et exécuté Richard Woodville et son cadet, mais n'ont pu convaincre la noblesse de déposer le roi. A leur deuxième échec, ils fuient vers la France. Warwick forme une alliance puissante mais fragile avec la reine lancastrienne Marguerite d'Anjou, et restaure son mari Henri VI sur le trône en 1470/. Mais l'année suivante, Édouard IV rentre d'exil et vainc Warwick à la bataille de Barnet, puis les Lancastriens à la bataille de Tewkesbury. Henri VI est assassiné rapidement après, le 21 mai 1471.

Lors de cette perte momentanée du pouvoir par son mari, Élisabeth trouve refuge à l'abbaye de Westminster, où elle donne naissance à un fils, Édouard (futur Édouard V d'Angleterre). Son mariage avec Édouard IV produit en tout dix enfants, sept filles et trois garçons.

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A la mort soudaine d'Édouard IV d'Angleterre, probablement de pneumonie, en avril 1483, son jeune fils devient roi d'Angleterre avec, selon le désir de son père, et contre l'avis de sa mère qui n'a pas confiance enlui, son oncle Richard, duc de Gloucester pour Lord Protecteur. Richard prend rapidement le contrôle sur le jeune roi, et fait arrêter son précepteur Anthony Woodville et Richard Grey, respectivement frère aîné et second fils (du premier mariage) d'Élisabeth. Le jeune roi est transféré à la Tour de Londres en attente de son couronnement. Toujours méfiante, Élisabeth se réfugie à Westminster.

Richard accuse Élisabeth de complots fomentés en vue de l'assassiner. Il s'empare du trône sous le nom de Richard III, fait exécuter Richard Grey, Anthony Woodville et le chambellan d'Édouard IV Thomas Vaughan. Puis il déclare que les enfants de son frère aîné et d'Élisabeth sont illégitimes, car Édouard aurait fait en 1461 une promesse de mariage antérieure ayant juré d'épouser Éléonore Butler, morte en 1468 (ce type de contrat, s'il est avéré, invalide n'importe quel autre mariage, même royal). L'acte contient aussi des accusations de sorcellerie contre Élisabeth. Le jeune Édouard qui n'est désormais plus roi et son frère Richard, duc d'York, restent dans la Tour de Londres : on ne les reverra jamais...
 
Élisabeth conspire pour libérer ses fils et restaurer son aîné sur le trône. On lui dit qu'il est mort. Elle s'allie  alors à Lady Margaret Beaufort, et la cause de son fils, Henri Tudor, un arrière-arrière-arrière-petit-fils du Roi Édouard III d'Angleterre, l'héritier lancastrien prétendant au trône. Pour renforcer ses prétentions et unifier les deux Maisons ennemies, Élisabeth et Margaret se mettent d'accord pour qu'Henri épouse la fille aînée d'Élisabeth et d'Edouard, Élisabeth d'York. Henri accepte le plan et à Noël 1483 prête publiquement serment à cet effet dans la cathédrale de Rennes en Bretagne, où il est en exil. 

Le premier Parlement de Richard en janvier 1484 dépouille Élisabeth de toutes ses terres obtenues pendant le règne d'Édouard. Le 1er mars 1484, Élisabeth et ses filles sortent de leur refuge après que Richard III d'Angleterre ait juré sous serment public que ses filles ne seraient ni blessées ni emprisonnées. Il promet aussi de leur fournir des dots et de les marier à des hommes de haute naissance. La famille retourne à la cour, en apparence réconciliée avec Richard III d'Angleterre. Après la mort de la reine Anne Neville, la rumeur prétend que le roi veuf s'apprête à épouser sa nièce Élisabeth d'York. 

Mais en 1485, Henri Tudor envahit l'Angleterre et vainc Richard III d'Angleterre à la bataille de Bosworth. En tant que roi, Henri VII d'Angleterre épouse Élisabeth d'York. Élisabeth Woodville se voit accorder le titre et les honneurs de reine douairière.

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Les spécialistes diffèrent sur la raison pour laquelle la reine douairière Élisabeth passe les cinq dernières années de sa vie à l'abbaye de Bermondsey, dans laquelle elle se retire le 12 février 1487. Parmi les biographes modernes, David Baldwin croit qu'Henri VII l'a forcée à se retirer de la cour, alors qu'Arlene Okerlund a des preuves que depuis juillet 1486 elle a déjà commencé à planifier sa retraite pour vivre une vie religieuse et méditative à l'abbaye de Bermondsey. D'autres suggèrent que sa retraite est forcée, car elle a été impliquée d'une façon ou d'une autre dans la rébellion yorkiste de Lambert Simnel en 1487, ou au moins est perçue comme une potentielle alliée des rebelles.

À l'abbaye de Bermondsey, Élisabeth se voit traitée avec tout le respect dû à une reine douairière : elle jouit d'une vie royale et reçoit une pension ainsi que des cadeaux d'Henri VII. Elle est présente à la naissance de sa petite-fille, Marguerite Tudor, au palais de Westminster, le 28 novembre 1489, et à la naissance de son petit-fils, le futur Henri VIII d'Angleterre au palais de Placentia le 28 juin 1491. 

Élisabeth meurt à l'abbaye de Bermondsey le 8 juin 1492. Élisabeth est enterrée à la chapelle Saint-Georges du château de Windsor avec son mari le roi Édouard IV d'Angleterre.

Les princes de la Tour

Les princes de la Tour est une expression qui désigne le jeune roi d'Angleterre, Édouard V, et son frère, Richard de Shrewsbury, duc d'York, tous deux fils du roi Édouard IV d'Angleterre et d'Élisabeth Woodville, et héritiers du trône d'Angleterre. Ils sont enfermés dans la tour de Londres par leur oncle, le futur roi Richard III, et disparaissent ensuite, probablement assassinés. 

En avril 1483, à la mort du père des Princes, Édouard IV de la maison d'York, les partisans de celle-ci se divisent entre ceux qui soutiennent la reine Élisabeth Woodville et sa famille, et ceux qui appuient leur oncle Richard de Gloucester, Lord Protecteur du royaume et présidant le conseil de régence durant la minorité d'Édouard V.  

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Les princes de la Tour, par John Everett Millais

Lorsque le petit roi arrive à Londres pour être couronné, il est installé dans la résidence royale de la Tour de Londres, « pour sa propre protection ». Sa mère, de son côté, se réfugie au sanctuaire de l'abbaye de Westminster avec tous ses autres enfants. Après négociation entre le Lord Protecteur et la reine, Richard de Shrewsbury rejoint le 16 juin son frère à la Tour. Le 26 juin, Richard s'empare du trône, qu'il occupera sous le nom de Richard III. Les Princes ne sortiront plus de la Tour.

En 1502, un chevalier anglais du nom de James Tyrrell, fidèle lieutenant de Richard III, confessa les avoir étouffés sous des matelas. Mais ses aveux, obtenus sous la torture, sont sujets à caution pour les historiens. Le mystère qui entoure le probable assassinat des deux princes a donné lieu à de nombreuses légendes survivantistes, plusieurs personnes revendiquant être un des princes ayant pu s'échapper de la tour (Perkin Warbeck, Lambert Simnel). 
 
On ne peut savoir ce qu'il est advenu des enfants avant 1674. À cette date, alors que la tour de Londres est rénovée, une caisse, contenant les dépouilles de deux jeunes garçons, est retrouvée en son sein. Elle est jetée par les ouvriers aux ordures, puis, une personne s'avisant de l'identité possible des deux morts, est récupérée. Bien que des doutes subsistent quant à l'identité de ces enfants, Charles II d'Angleterre ordonne de les enterrer dans l'abbaye de Westminster. En 1933, des travaux sont réalisés par Lawrence Tanner, archiviste de l'abbaye de Westminster, pour lever le doute sur ce mystère, cependant les recherches n'aboutissent à aucun résultat probant : aucune analyse par les experts ne permet d'établir avec certitude l'âge, ou même le sexe, des corps.

Mélusine

Mélusine est une femme légendaire du Poitou, d'Alsace, de Lorraine, de Champagne, du Luxembourg et d'Allemagne souvent vue comme fée, et issue des contes populaires et chevaleresques du Moyen Âge. 

Une référence à une femme serpent est donné par Hérodote : « Héraclès serait arrivé dans la région qu'on appelle l'Hylaia ; là, il aurait trouvé dans un antre une jeune fille serpent formée de deux natures ; les parties supérieures de son corps, à partir des hanches, étaient d'une femme ; les parties inférieures, d'un reptile. Il la regarda avec étonnement ; puis il lui demanda si elle n'avait pas vu quelque part des cavales vagabondes. Elle répondit que c'était elle-même qui les avait et qu'elle ne les lui rendrait pas avant qu'il se fût uni à elle ; et Héraclès se serait uni à elle pour ce prix. ». Une autre référence : Mélusine aurait pris pied, avec des Scythes (les Taïfales) et avec l'armée romaine, dans le Poitou, région de naissance du mythe. Et ils ont même donné leur nom à la ville de Tiffauges, dont la fée aurait construit le château…

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Le mythe du Moyen-Age : Au royaume d'Albanie, ancêtre du comté d'Albany en Écosse, le roi Elinas chassait dans la forêt et rencontra, près d'une fontaine, une magnifique jeune femme qu'il salua bien humblement. À son souhait de la prendre pour épouse, celle-ci accepta en lui demandant de jurer à ne jamais chercher à la voir au temps de ses couches. La fée Persine (ou Presine) épousa Elinas et ils eurent trois filles, toutes aussi belles que leur mère. L'aînée s'appelait Mélusine, la deuxième Mélior et la dernière Palestine. Mataquas, fils du premier lit d'Elinas, jaloux du bonheur de sa belle-mère, poussa son père dans la chambre où Persine baignait ses filles. Celle-ci s'exila avec ses trois filles au sud, sur l'île magique d'Avalon, où elles montaient chaque matin sur la colline d'Elénos, la montagne fleurie, d'où elles pouvaient apercevoir la lointaine Albanie. La fée Persine leur dit qu'elles y étaient nées et que la fausseté de leur père les avait réduites à une misère sans fin. Chaque fois elle répétait son malheur, si bien que Mélusine poussa ses sœurs à enfermer leur père en la merveilleuse montagne de Northumberland, appelée Brumblerio, d'où il ne sortirait plus jamais. Leur mère s'en montra fort courroucée, et condamna Mélusine à devenir serpent au-dessous du nombril chaque samedi. Si toutefois elle trouvait un homme qui veuille l'épouser, à la condition de ne jamais la voir le samedi, elle vivrait le cours naturel d'une vie de femme et mourrait naturellement, enfantant une très noble et très grande lignée qui accomplirait de belles et hautes prouesses. Mais si jamais elle se séparait de son mari, elle retournerait, sans fin, au tourment d'auparavant. Mélior fut condamnée à garder un épervier merveilleux dans un château en Arménie. Quant à Palestine, elle fut enfermée, avec un lutin, dans le mont Canigou et dut garder le trésor de son père jusqu'à ce qu'un preux chevalier la délivrât.

La maison Lusignan : Mélusine erre dans les forêts et les bocages, puis traverse l'Atlantique et arrive en Poitou. Raymond de Lusignan, neveu du comte Aymar de Poitiers et fils du comte de Forez, tue accidentellement son oncle en forçant un sanglier féroce. Aveuglé par la douleur et pourchassé pour meurtre, il chevauche dans la forêt de Coulombiers en Poitou et, à minuit, rencontre à la fontaine de Soif trois femmes dont Mélusine. Elle le réconforte et lui propose de l'aider, de le faire innocenter, et de faire de lui un très puissant seigneur, à condition de l'épouser. De plus, elle lui fait jurer de ne jamais chercher à la voir le samedi. En gage, elle lui offre deux verges d'or qui « ont moult grande vertu ». Heureux, ils s'épousent en grande noblesse et font des Lusignan l'une des plus grandes familles de France. Elle enfante 10 fils, tous beaux et bien bâtis à quelques détails près, qui deviennent tous grands et puissants. La noble et glorieuse lignée prédite par Persine est ainsi fondée. Pendant que Raymondin parcourt la Bretagne, Mélusine se fait bâtisseuse. La légende veut que Mélusine soit à l'origine de la construction de nombreux bâtiments médiévaux poitevins et lorrains. Elle fonde les villes de Parthenay, Tiffauges, Talmont, édifie les murailles de La Rochelle et fait construire nombre d'églises et d'abbayes. Si quelqu'un la surprenait dans son ouvrage, qui avait lieu généralement la nuit, elle cessait immédiatement ses travaux. C'est ainsi qu'il manque une fenêtre à Ménigoute, la dernière pierre de la flèche de Niort et de l'église de Parthenay...

Comme il lui avait promis, Raymondin ne la vit jamais le samedi, mais son frère, le comte de Forez, jaloux de la puissance de son cadet, lui déclare alors que sa femme a un amant qu'elle voit tous les samedis. À ces mots, Raymondin est furieux et se précipite à la porte interdite, regardant par la serrure la pièce. Il voit sa femme dans une cuve de 15 pieds de tour, en haut du nombril femme se peignant les cheveux, en dessous du nombril serpent. À partir de là, deux versions existent. Dans l'une, Raymondin s'exclame : « Je viens mon amour de vous trahir à cause de la fourbe exhortation de mon frère », ou bien il ne dit rien et tente de garder le secret de sa trahison. Mais un jour, que son fils Geoffroy est accusé d'avoir détruit l'abbaye de Maillezais et d'avoir tué son frère Fromont par accident, Raymondin s'emporte en jetant la responsabilité du comportement étrange de son fils sur Mélusine. Il la traite en public de « Très fausse serpente... ». Ces deux versions ont la même fin : Mélusine se jette alors par une fenêtre aussi légèrement que si elle avait eu des ailes en poussant un cri de désespoir. En réponse à la prophétie de Persine, la fée serpent se montre et se lamente à chaque fois que les biens des Lusignan changent de propriétaires ou qu'un membre de cette maison va mourir.

Il existe d'autres versions, la montrant comme une sirène notamment.

L'hypothétique existence de Mélusine comme dame du Moyen Âge fut revendiquée par de nombreuses familles, autres que les Lusignan. On en trouve des traces dans les seigneuries bas-poitevines (vendéennes), le long de la Loire, et en Gironde. En Belgique également, Mélusine se fait présente en tant que protectrice de la maison de Gavre. De nombreux lieux et châteaux du Poitou historique se rattachent à la présence de Mélusine comme dame locale, notamment à Mervent, Vouvant, Saint-Maixent, Talmont ou encore Parthenay. Certains écrivains soutiennent l'appartenance du personnage de Mélusine à une véritable identité dont l'histoire aurait été romancée. Des historiens y voient la reine Sibylle de Jérusalem, en rapport avec une certaine Mélusine de Hierges. D'autres, comme Michelet, y voient Aliénor d'Aquitaine. Le prince Raymondin est parfois apparenté à Hugues VII de Lusignan, dont la femme sarasine ramenée des croisades, habillée de voiles comme une fée et prenant de long bains de vapeur bouillants préfigure bien Mélusine. Les comtes de Toulouse et les Plantagenêts disent aussi descendre de Mélusine, tout comme la famille de Saint-Gelais, dont l'un des descendants, poète du XVIe siècle, portait le prénom de Mellin, en hommage aux revendications de sa famille. 

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La tour de Londres au XVe siècle

 

 La tour Blanche qui donne son nom à l'ensemble du château, est construite sur l'ordre de Guillaume le Conquérant en 1078. C'est un donjon, qui abrite les logements du roi et ses représentants. En tant que l'un des plus grands donjons de la chrétienté, la tour Blanche a été décrite comme le « palais du XIe siècle le plus complet en Europe1 ».

 

Comme le bâtiment est conçu pour être une résidence confortable, des latrines sont prévues dans l'épaisseur des murs et quatre cheminées fournissent la chaleur.

 

Un quatrième niveau est ajouté au XVe siècle de même que le toit actuel.