Je suis tombée sur ce livre... sur une aire d'autoroute. Un gros pavé romanesque, se déroulant dans les années 20/30 à New York : ma ville fantasme et une période de l'histoire que j'adore. Consciente qu'il ne s'agissait pas d'un roman historique à proprement parler, il n'empêche que ça se passe il y a près d'un siècle, donc ça m'intéressait !

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RESUME

New York. En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Elle ne trouvera que la prostitution... Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, le petit Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Porté par cet amour impossible, il lutte de toutes ses forces pour se faire la place que sa mère n'a jamais eue.

L'AUTEUR

Luca Di Fulvio, né le 13 mai 1957 à Rome, est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de roman policier, de fantastique et de littérature d'enfance et de jeunesse. Il a fondé sa propre compagnie de théâtre et travaillé entre autres avec Andrzej Wajda et Julian Beck. Il est également consultant éditorial de plusieurs maisons d'édition. Publié en 1996, son premier roman, Zelter, est une histoire de vampire. Son deuxième roman, L’Empailleur, est un thriller qui est adapté au cinéma en 2004. Sous le pseudonyme de Duke J. Blanco, il aborde la littérature d'enfance et de jeunesse. C’est avec Le Gang des rêves, premier tome d’une forme de trilogie où les personnages et les époques changent mais où les ambiances perdurent et les problématiques s’affirment, que l’on découvre vraiment l’étendue de sa poésie, la puissance de sa prose, et la justesse de sa plume. Grand succès en Italie, mais aussi en Allemagne, il est publié en France en juin 2016 et s'impose rapidement comme un succès continu de bouche-à-oreille. Les Enfants de Venise est le deuxième volet de cette trilogie. La parution du troisième volet est annoncée pour 2018.

MON AVIS

Une grande épopée romanesque qui fait découvrir le New York des années 1900/1910 (histoire de Cetta) et 1925/1930 (histoire de Christmas). C'est assez bien écrit, bien construit, avec alternance des chapitres concernant les personnages principaux : Cetta, Christmas, Ruth, Bill. Un roman qui démarre fort et bien. Mais après le premier tiers, j'ai commencé à m'ennuyer un peu : ça devient un peu longuet, les scènes s'éternisent, ce sont un peu toujours les mêmes rencontres, les mêmes histoires qui se répètent, avec beaucoup de dialogues qui "aident" à remplir les pages... Plus concis, plus dense, plus riche en émotion, ça aurait été beaucoup mieux.

Car il faut bien le dire, les personnages ne m'ont guère émue, à part Cetta, la maman, mais elle disparaît quasiment vers la moitié, au profit presque exclusif de Christmas. Qui m'agace un peu : un peu trop cliché, le môme qui s'émancipe "facilement" de sa condition parce qu'il est hyper doué, certes, mais aussi parce que - le hasard fait bien les choses - il rencontre toujours les bonnes personnes. L'incarnation parfaite du "rêve américain" - et là j'ironise - qui offre à chacun la même chance de réussir... mais surtout si vous êtes être doué, ambitieux et chanceux. Ce qui finalement ne concerne pas que l'Amérique.

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Lower East Side, début XXe

La psychologie des personnages est d'ailleurs très brouillonne, pas du tout subtile. Les réactions de Ruth par exemple m'ont déconcertée, elle semble extrêmement traumatisée (on la comprend), mais à certains moments, elle oublie "miraculeusement", sans transition...   

Par ailleurs, je n'ai pas vraiment cru à cet amour coup de foudre, qui défie le temps alors que Christmas et Ruth ont passé très peu de temps ensemble, et vécu par contre plusieurs années sans se voir. La confrontation avec la réalité intime de chacun, et de ce qu'il a vécu entretemps, me paraissait impossible, bien trop hasardeuse... et j'ai trouvé le tout assez mièvre.

Enfin, je n'ai pas du tout aimé les passages "sexe" : comme s'il était désormais impossible de sortir le moindre roman sans qu'il n'y ait des scènes hot ! Ca m'exaspère. Ca n'apporte strictement rien. Ceux qui aiment le genre peuvent se procurer de la littérature érotique ; alors pourquoi diable nous en coller partout, y compris dans des romans "grand public" où l'on ne s'y attend pas du tout. Ca m'a gâché la lecture, vraiment...

Et tout cela ne me donne pas envie de lire les autres romans de cet auteur.

FAITS HISTORIQUES REELS (merci Wiki)

Ellis Island

Ellis Island est une île située à l'embouchure de l'Hudson à New York, tout près de Liberty Island (qui abrite la statue de la Liberté). Elle a été, dans la première partie du XXe siècle, l'entrée principale des immigrants qui arrivaient aux États-Unis. Les services d'immigration y ont fonctionné du 1er janvier 1892 jusqu'au 12 novembre 1954. L'île a une superficie de 11,1 hectares, dont plus de 83 % est artificielle ; elle est en forme de U pour permettre d'accueillir les bateaux à l'intérieur. La portion naturelle d'Ellis Island se situe sur l’État de New York et est complètement entourée de la portion artificielle qui se situe sur le New Jersey.  

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Ellis Island

Avant 1892, le débarquement des voyageurs se fait à Fort Clinton ou Castle Clinton, à l'extrême sud de Manhattan (aujourd'hui dans Battery Park), au grand désespoir des habitants qui se plaignent de la situation, imputant nombre de maux aux nouveaux arrivants. Ellis Island s'appellealors  Fort Gibson et est une place militaire, partie du système de défense de la ville contre la flotte britannique. L'île apparaît comme une meilleure solution, permettant d'isoler les migrants avant leur acceptation aux États-Unis et d'éviter les évasions. On la nomme Ellis Island en référence à Samuel Ellis, colon venant probablement d'Écosse, qui en fut son propriétaire dans les années 1770, avant son rachat par l'État de New York.

Durant les 62 années d'activité, plus de 8 millions d'immigrations sont enregistrées localement par l'administration de l'État de New York au Castle Garden Immigration Depot à Manhattan. 1907 est l'année la plus active à Ellis Island avec l'arrivée de 1 004 756 immigrants.  

Ceux qui présentent des signes de maladies sont renvoyés dans leur pays (cas extrême) ou mis en quarantaine sur l'île pour une très longue période. Par la suite, les immigrants se voient poser une série de 29 questions incluant leur nom, leur métier et la quantité d'argent qu'ils ont sur eux. Généralement, ces immigrants sont acceptés immédiatement et ne passent que 3 à 5 heures sur l'île. Cependant, plus de 3 000 immigrants mourront à l'hôpital. Certaines personnes sont refoulées, car on considère qu'elles risquent de rester chômeurs. Environ 2 % des arrivants voient ainsi leur admission aux États-Unis rejetée et sont renvoyés dans leur pays d'origine à cause de leur santé ou de leur passé criminel. Ellis Island est souvent surnommée The Island of Tears (l'île des pleurs) ou Heartbreak Island (l'île des cœurs brisés) à cause de ces 2 % qui ne sont pas admis après leur long voyage.
 
En 1917, des modifications des règles d'entrée limitent les flux migratoires. Un test d’alphabétisation est mis en place. C'est après 1924 et les lois sur les quotas d'immigration de Johnson-Reed, qui diminuent considérablement l'immigration et transfèrent aux ambassades le rôle de choisir les futurs arrivants, le centre devient un lieu de détention et d'expulsion pour les étrangers indésirables. La crise de 1929 réduit encore le nombre d'immigrants. L'île devient peu à peu un centre de détention provisoire (migrants indésirables, dissidents politiques...)

En novembre 1954, Ellis Island est finalement fermée. Un musée est ouvert depuis le 10 septembre 1990. Les Américains peuvent y consulter les registres pour retrouver leurs ancêtres.

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Hommes éventrant des tonneaux d'alcool

La Prohibition aux Etats-Unis (1919 à 1933)

La Prohibition fait référence à une période où la fabrication, le transport, l'importation, l'exportation et la vente de boissons alcoolisées étaient prohibés (le phénomène n'a pas touché seulement les Etats-Unis).

Le premier État à limiter les ventes de boissons alcoolisées est le Maine en 1851. En 1855, treize États américains, appelés dry states, adoptent des mesures établissant la prohibition. Dans les années 1920, un regain d'intérêt pour les États secs émerge parmi la population américaine. Ce regain d'intérêt est aussi marqué d'une forte période d'intolérance, laquelle dure environ dix ans (de 1920 à 1930) et ramène à l'avant-scène certains mouvements civils radicaux tel que le Ku-Klux-Klan. La prohibition établie à l'échelle nationale par le 18e amendement de la Constitution des États-Unis est ratifiée le 29 janvier 1919 et prend effet le 16 janvier 1920. Le Volstead Act est ensuite amendé le 17 février 1933 et autorise la production et consommation de boissons peu alcoolisées telles les bières légères ne contenant pas plus de 3,2 degrés d'alcool. Le 18e amendement est finalement retiré au cours de la même année.
 
Les mesures relatives à la prohibition sont d'abord promues et soutenues par plusieurs pasteurs désireux d'élever le niveau de moralité et d'améliorer la vie des citoyens parmi les plus pauvres, de même que par certaines femmes associant alcoolisme et violences conjugales. Les premières Ligues de tempérance font leur apparition à la fin du XVIIIe siècle. Dès la première moitié du XIXe siècle, l'État du Maine instaure la prohibition. A la fin des années 1880 le mouvement compte de nombreux lobbyistes à Washington. Alors que la plupart des brasseries américaines sont aux mains d'intérêts dirigées par des Germano-Américains ou leurs descendants, le mouvement prohibitionniste est encouragé par le sentiment germanophobe prévalant lors de la Première Guerre mondiale et l'alcool ne doit, en aucun cas, détourner les Américains de leur but essentiel : la victoire. Le 18e amendement, en 1919, est loin de faire l'unanimité, surtout au sein de l'Église catholique. En effet, il est impossible de célébrer une messe catholique sans vin ! Ainsi, le président Harding se verra dans l'obligation d'écrire un communiqué pour rassurer l'Église ainsi que le Vatican, stipulant qu'un quota d'alcool serait attribué à chaque État pour les rites religieux.

À partir du Volstead Act, la forte demande en alcool des consommateurs américains ne reste pas sans réponse. L'existence d'un grand marché potentiel suscite l'intérêt du pays voisin, le Canada, ainsi que de l'Europe. Le commerce d'importation, désormais illégal, s'organise. Face à cette situation, les forces de l'ordre sont chargées de détruire le matériel des distilleries et des brasseries afin de mieux contrôler l'entrée des marchandises aux frontières américaines.

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Les populations urbaines, en particulier celles du nord-est du pays, résistent tant bien que mal à cet interdit : à New York, par exemple, on compte plusieurs dizaines de milliers de speakeasies ou bars clandestins. Les night-clubs, symboles des Années folles avec leurs fêtes et l'épanouissement du jazz se multiplient, de même que les caves et leurs passages souterrains secrets. Les alcools de contrebande que l'on y vend proviennent d'alambics clandestins qui produisent de l'alcool souvent frelaté. On trouve même, en dehors des eaux territoriales, des bateaux offrant de l'alcool. La production et le trafic, tombant aux mains de bandes criminelles, échappent alors à tout contrôle. Dès lors, de nombreux cas de buveurs atteints de cécité ou de graves et multiples lésions cérébrales, sont répertoriés suivant l'ingestion d'alcools industriels et autres poisons chimiques. 
 
En définitive, les lois sur la Prohibition sont peu appliquées ou inefficaces. Les policiers et les juges sont, pour la plupart, soudoyés et corrompus et l'État fédéral manque de moyens pour contrôler et appliquer les lois, les frontières des États-Unis étant trop immenses.

Seules les grandes brasseries industrielles ont survécu à la prohibition mais la bière américaine est alors méprisée car elle est de mauvaise qualité. Certains jugent qu'il a fallu attendre les années 1980 pour qu'un minimum de savoir-faire soit récupéré par les brasseurs.  
 
Les opposants à la prohibition avançaient plusieurs arguments justifiant leur requête : la limitation des libertés individuelles, l'inefficacité de la loi, le manque à gagner sur les taxes et l'augmentation du chômage débouchant sur la crise économique des années 1930. En avril 1933, le président Franklin Delano Roosevelt abroge finalement le Volstead Act ce qui permit à l’État de lever de nouvelles taxes.
 
Le Mississippi, où l'alcool devint illégal dès 1907, fut le dernier État à procéder au retrait définitif de la prohibition, en 1966.

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Radio, cinéma dans les années 20

En mai 1914, en Belgique, une première radio diffuse des émissions de manière régulière, telles que des concerts. Après la Première Guerre mondiale, en 1918, Telefunken crée une filiale, Transradio, qui entre dans l’histoire en introduisant la transmission duplexée, en 1919. Aux États-Unis, Herbert Moore lance le Transradio Press Service, installé à New York. En 1920, les premiers programmes quotidiens de radiodiffusion débutent en Angleterre, aux États-Unis ainsi qu'en URSS.

Les soixante-dix premiers films de Thomas Edison et de William Kennedy Laurie Dickson, de 1891 à 1895, sont tournés sans le moindre son avec le Kinétographe, et présentés au public en cet état grâce au Kinétoscope, appareil de visionnage individuel. Les films des frères Lumière, filmés et projetés sur grand écran grâce au Cinématographe, à partir de 1895, le sont également ; leur durée est identique aux films américains : 30 à 60 secondes. Précédemment, dès 1892, Émile Reynaud, qui, le premier, organise des projections de fictions animées sur grand écran, accompagnées d'une musique soulignant les ambiances et expliquant les non-dits par des cartons. Il commande pour ses Pantomimes lumineuses, les premiers dessins animés du monde, qui durent jusqu’à 5 minutes, les premières musiques du cinéma : les bandes originales du pianiste Gaston Paulin qui les interprète à chaque séance.

Les prétendus "premiers films parlants" sont en réalité des "films chantants", aussi bien Don Juan, en (1926), que Le Chanteur de jazz, en 1927. Les dialogues de ces films sont tous écrits sur des « cartons » introduits dans le montage entre les plans où l'on voit les acteurs parler. Seules sont enregistrées quelques paroles intermédiaires prononcées au cours des chants, entre deux couplets. Le véritable premier film parlant dure le temps d’une bobine, soit une dizaine de minutes ; c’est le bout d’essai du chanteur Al Jolson pour la Warner Bros : Une scène dans la plantation, réalisé en 1926. Al Jolson, grimé en pauvre Noir, y chante trois chansons, mais soudain, il regarde droit dans l’objectif de la caméra, interrompt sa chanson et se met à parler. Au cours des projections, « les spectateurs sont enthousiasmés car, ô miracle ! le chanteur s’adresse à la caméra, donc à eux, et les interpelle avec une répartie devenue célèbre, « Wait a minute, wait a minute, you ain't heard nothin' yet ! » (Attendez une minute… Ouvrez grand vos oreilles... Vous n’avez encore rien entendu !). Le succès public de ce court film est immense, à tel point que la Warner prend le risque financier de produire dans la foulée un long métrage de quatre-vingt-dix minutes, Le Chanteur de jazz qui reprend cette intervention. Ces projections sonores, qui enchantent les spectateurs, sonnent la fin du cinéma muet.