Ce n'est pas mon recueil préféré, mais ça reste quand même un MUST !

INCIPIT (Le crime au père Boniface)

Ce jour-là, le facteur Boniface, en sortant de la maison de poste, constata que sa tournée serait moins longue que de coutume, et il en ressentit une joie vive.

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RESUME

  • Le Crime au père Boniface : le père Boniface entend des bruits suspects chez un de ses voisins...
  • Rose : sa nouvelle femme de chambre, une perle, n'est pas celle qu'elle croit...
  • Le Père : le sens de la paternité...
  • L'Aveu : engrossée ? oui mais...
  • La Parure : rembourser ses dettes, coûte que coûte...
  • Le Bonheur : histoire d'amour
  • Le Vieux : une agonie qui n'en finit plus...
  • Un lâche : la peur de la mort
  • L'Ivrogne : le côté sombre de l'alcool 
  • Une vendetta : histoire corse
  • Coco : histoire d'un vieux cheval
  • La Main : fantastique...
  • Le Gueux : histoire d'un misérable
  • Un parricide : meurtrier vraiment ?
  • Le Petit : le sens de la paternité, bis
  • La Roche aux Guillemots : une partie de chasse contrariée
  • Tombouctou : histoire d'un "nègre"* débrouillard
  • Histoire vraie : femme sacrifiée
  • Adieu : voir son propre reflet dans le visage des autres
  • Souvenir : une dame coquine
  • La Confession : un amour honteux

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La parure, téléfilm

MON AVIS

Le titre de ce recueil est tout à fait adéquat, il s'agit bien de contes (cruels). La plupart de ces nouvelles débutent avec un narrateur qui raconte une histoire qu'il a entendue ou dont il a été témoin, des histoires, dont il propose incidemment à ses auditeurs de tirer une moralité universelle. Elles pourraient finalement toutes commencer par Il était une fois... Et d'ailleurs beaucoup de personnages n'ont pas de nom, ils sont désignés par Elle ou Il. Maupassant nous livre avec un humour souvent féroce une réflexion sur les comportements humains et pas forcément les plus beaux : pauvres filles abusées, ou libertines, lâcheté masculine, méchanceté ordinaire, bêtise... Il développe un sens de la structure magnifique : chaque nouvelle se termine par une "chute" tout à fait inattendue. C'est formidable. 

Qu'est-ce que je leur reproche alors ? Elles sont trop courtes ! J'aime bien les histoires un peu plus étoffées.

Ma préférée est La parure, que j'ai lue plusieurs fois depuis que je l'ai découverte au lycée et que j'ai encore retrouvée avec bonheur ! Ce qui arrive à ce couple est horrible ! Et en même temps, on ne peut s'empêcher de rire ! Un vrai petit chef d'oeuvre en quelques pages. Quel talent ! 

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Les Contes du jour et de la nuit est un recueil de contes de Guy de Maupassant paru en 1885. La plupart des contes ont fait l'objet d'une publication antérieure dans des journaux comme Le Gaulois ou Gil Blas, parfois sous le pseudonyme de Maufrigneuse.

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MES EXTRAITS FAVORIS

Quand elle s'asseyait pour dîner devant la table ronde couverte d'une nappe de trois jours, en face de son mari qui découvrait la soupière en déclarant d'un air enchanté : "Ah ! le bon pot-au-feu ! je ne sais rien de meilleur que cela..." elle songeait aux dîners fins, aux argenteries reluisantes, aux tapisseries peuplant les murailles de personnages anciens et d'oiseaux étranges au milieu d'une forêt de féerie ; elle songeait aux plats exquis servis en des vaisselles merveilleuses, aux galanteries chuchotées et écoutées avec un sourire de sphinx, tout en mangeant la chair rose d'une truite ou des ailes de gélinotte. (La parure)

Figurez-vous un monde encore en chaos, une tempête de montagnes que séparent des ravins étroits où roulent des torrents ; pas une plaine, mais d'immenses vagues de granit et de géantes ondulations de terre couvertes de maquis ou de hautes forêts de chataigniers et de pins. C'est un sol vierge, inculte, désert, bien que parfois on aperçoive un village, pareil à un tas de rochers au sommet d'un mont. Point de culture, aucune industrie, aucun art. On ne rencontre jamais un morceau de bois travaillé, un bout de pierre sculptée, jamais le souvenir du goût enfantin ou raffiné des ancêtres pour les choses gracieuses et blles. C'est là même ce qui frappe le plus en ce superbe et dur pays : l'indifférence héréditaire pour cette recherche de formes séduisantes qu'on appelle l'art. (description de la Corse, Le bonheur ; pour l'avoir visitée cette année, je trouve le rendu parfait, j'ai éprouvé la même chose ; Maupassant est peut-être un peu dur quant à l'absence totale d'art mais il est clair que l'île est très très très sauvage ! et c'est ce qui fait sa beauté).

Deux hommes restaient encore, les mains dans les poches, le dos rond sous les bourrasques, le bonnet de laine enfoncé jusqu'aux yeux, deux grands pêcheurs normands, au collier de barbe rude, à la peau brûlée par les rafales salées du large, aux yeux bleus piqués d'un grain noir au milieu, ces yeux perçants des marins qui voient au bout de l'horizon, comme un oiseau de proie. (L'ivrogne).

Je me fis présenter et je fus bientôt pincé comme je ne l'avais jamais été. Elle me ravageait le coeur. C'est une chose effroyable et délicieuse que de subir ainsi la domination d'une femme. C'est presque un supplice et, en même temps, un incroyable bonheur. Son regard, son sourire, les cheveux de sa nuque quand la brise les soulevait, toutes les plus petites lignes de son viage, les moindres mouvements de ses traits, me ravissaient, me bouleversaient, m'affolaient. Elle me possédait par toute sa personne, par ses gestes, par ses attitudes, même par les choses qu'elle portait qui devenaient ensorcelantes. Je m'attendrissais à voir sa voilette sur un meuble, ses gants jetés sur un fauteuil. Ses toilettes me semblaient inimitables. Personne n'avait des chapeaux pareils aux siens. (ah être amoureux... quelle jolie description, valable aussi bien pour un homme qu'une femme ! Adieu)

* Terme à remettre dans le contexte de l'époque