Je voue un véritable culte aux princesses de la renaissance... anglaise et écossaise (mais les autres aussi). Dès le collège, lorsqu'on apprend l'histoire du pays, j'avais été fascinée, bouleversée, par le destin d'Anne Boleyn qui reste mon héroïne préférée ; je ne saurais trop dire pourquoi. J'ai dévoré tout ce qui s'écrit à son sujet et donc, bien sûr, le célèbre Deux soeurs pour un roi de Philippa Gregory. Il me faudra le relire pour le faire figure ici.

z09

RESUME

L'auteur nous raconte ici la suite de l'histoire... Anne Boleyn est morte, décapitée sur ordre de son époux, Henri XIII, qui a ensuite convolé avec sa dernière conquête, Jane Seymour, laquelle lui a enfin donné l'héritier tant attendu, mais est morte en couches. Le roi, triste, vieillissant, fatigué par sa blessure à la jambe qui ne guérit pas, n'a plus très envie de se marier, mais ses conseillers le poussent à choisir une nouvelle épouse afin de louer des alliances bonnes pour l'Angleterre. L'élue sera Anne de Clèves, princesse allemande, qui ne sera reine que six mois : le roi ne l'aime pas, il la trouve laide et il n'arrive même pas à la déflorer tant elle lui répugne. Mais apparaît à la cour une jeune fille éblouissante, Catherine Howard, poussée par sa famille (comme le furent Anne Boleyn et Jane Seymour) pour conquérir le roi. Elle a seize ans, le roi presque cinquante... Mais avide de richesse, de puissance, la jeune et peu farouche Catherine est prête à tout pour devenir reine...

L'AUTEUR

Philippa Gregory, née le 9 janvier 1954, est un écrivain britannique associée au genre de la fiction historique. Elle est particulièrement connue pour son œuvre Deux sœurs pour un roi (2001). Elle a écrit de nombreux romans sur le XVe et le XVIe siècles. Hélas... tous ne sont pas traduits en français.

MON AVIS

J'adore ! C'est construit de façon très vivante : les trois héroïnes parlent à tour de rôle et on voit donc la situation évoluer selon leurs trois points de vue. Très documenté, le roman déploie tous les fastes et les intrigues de l'époque, tout en développant avec minutie et une grande vraisemblance la psychologie des personnages. 

Un seul défaut : la traduction. Tout est écrit au présent, puisque ces dames parlent comme elles le feraient à un journal intime. Mais d'innombrables passés simples, complètement saugrenus, déstabilisent la ligne de style. Ce temps n'existe plus qu'à l'écrit en francophonie, lorsque l'auteur choisit de raconter son histoire au passé. Il ne s'accorde pas du tout avec le présent ; le passé composé s'impose aujourd'hui avec ce dernier ! La traductrice, pourtant, s'attache à rendre une langue qui soit à la fois moderne et vivante pour le lecteur d'aujourd'hui, tout en insérant des expressions, des mots, qui nous rappellent constamment que nous sommes au XVIe siècle et c'est très bien fait. Mais ces passés simples, non ! Surtout dans les dialogues ! D'ailleurs dans quelques rares cas, elle utilise bien le passé composé. La concordance des temps, c'est important ! Je me demande pourquoi les éditeurs n'ont pas fait modifier la traduction.

117625077

Anne de Clèves, série Les Tudor

Exemple : 

- Cette nouvelle vous bouleverse, poursuit Jane Boleyn. Très chère lady Anne, je vous en conjure, ne leur laissez point croire qu'un engagement préalable vous lie encore. Mentez avec conviction : vous vîtes ces documents qui attestent l'annulation de votre promesse d'union. 

Vous vîtes ! Pourquoi ne pas avoir mis tout simplement : vous avez vu ces documents ?

Autre exemple :

S'il n'était point le roi, je saurais mieux quel comportement adopter. En outre, son âge fait de lui mon grand-père, ce qui renvoie tout badinage aux limites de l'indécence. Coulant un regard vers lui, toutefois, j'identifie sans peine cette expression que j'observai maintes fois sur les traits des hommes : une sorte d'appétit presque physique de me posséder en m'avalant tout entière.

Idem : moi j'aurais utilisé le passé composé : "cette expression que j'ai observée maintes fois" !

Autre exemple :

- Je vous l'expliquai déjà, s'exclame-t-il avec impatience. Un arrêt du Parlement vous condamna. Votre situation ne requiert point de procès. Je vous en fis part, vous le comprîtes. Vous confessâtes vos péchés. Le temps est venu d'appliquer votre sentence. 

Je lui rappelle :

- J'avouai mes crimes pour obtenir mon pardon.

Il pose sur moi un regard exaspéré.

- Vous n'obtîntes point de grâce.

Cela m'a énormément gênée, agacée page après page...

Z04

Henri VIII et Catherine Howard, série Les Tudor

FAITS HISTORIQUES REELS (merci Wiki)

Henry VIII

Henri VIII (né Henry, 28 juin 1491 – 28 janvier 1547) fut roi d'Angleterre et d'Irlande de 1509 à sa mort.

La controverse juridique et théologique relative à la validité de son premier mariage avec Catherine d'Aragon et à son annulation est l'une des principales causes du schisme en 1534 de l'Église d'Angleterre avec Rome et de la Réforme anglaise. Henri VIII supervise cette séparation avec notamment la dissolution des monastères et est pour cela excommunié ; il reste néanmoins un fervent défenseur des fondamentaux de la théologie catholique. Henri VIII se remarie à cinq reprises et il fait exécuter deux de ses épouses, Anne Boleyn et Catherine Howard.

En politique étrangère, Henri VIII participe notamment aux guerres d'Italie contre la France de François Ier en s'alliant fréquemment à Charles Quint. Ses succès sur le continent sont cependant limités. Dans les îles britanniques, il s'oppose à plusieurs reprises à l'Écosse alors alliée à la France tandis que son règne marque le début d'une plus grande influence anglaise en Irlande. Ces guerres et les dépenses fastueuses du roi affectent profondément les finances du Royaume et les mesures prises pour équilibrer le budget ne font qu'aggraver la situation économique de l'Angleterre.

Henri VIII est un homme de la Renaissance, athlétique et éduqué, qui s'exerce à l'écriture et à la musique. Néanmoins, un accident de joute et l'usure du temps affectent la santé physique et mentale du roi qui devient obèse et est à la fin de sa vie considéré comme un tyran égoïste. Au fil de ses mariages, il a écarté de sa succession ses deux filles Marie (fille de Catherine d'Aragon) et Élisabeth (fille d'Anne Boleyn) au profit de son fils Édouard (fils de Jane Seymour). Tous ses enfants légitimes sont néanmoins montés sur le trône mais en l'absence de descendance, ils seront les derniers de la dynastie Tudor.

z13

Henry VIII

Anne de Clèves

Anne de Clèves, (22 septembre 1515 – 16 juillet 1557), est la quatrième épouse du roi Henri VIII. Anne est la deuxième fille de Jean III, duc de Clèves et comte de la Marck et de Ravensberg et de son épouse, la duchesse Marie de Juliers-Berg. Issue d'une famille divisée sur la question de la religion (le duc et son fils se convertissent au luthéranisme pendant la Réformation, mais la duchesse reste une catholique « de stricte observance »). Quand Anne a 12 ans elle est fiancée à François, le futur duc de Lorraine mais les fiançailles sont finalement annulées à cause du trop jeune âge des protagonistes (François a 10 ans).

Anne devient l'objet de spéculation sur un mariage éventuel avec Henri, roi d'Angleterre. Ce serait une union réciproquement profitable ; le duc de Clèves conteste la revendication du duché de Gueldre par Charles Quint, l'empereur du Saint Empire germanique, alors que les Anglais s'inquiétent à propos de la Paix de Nice, qui crée une alliance entre ledit Empire et la France. Les négociations s'intensifient au printemps de 1539, menant à un traité de mariage signé le 4 octobre. Néanmoins, après qu'il pose ses yeux sur Anne pour la première fois à Rochester, Henri est déçu par l'apparence de sa fiancée, ainsi que, plus intimement, par ses fortes odeurs corporelles... En outre, Anne ne parle que l'allemand, une langue que le roi n'a jamais maîtrisée.  

Le couple se marie néanmoins au palais de Placentia à Londres le 6 janvier 1540 après qu'Anne s'est convertie à l'église anglicane conformément aux attentes de son mari. L'union reste non consommée, et le 24 juin la reine est sommée de quitter la cour royale. Moins d'un mois plus tard, on l'informe de la décision du roi de faire annuler le mariage. Anne y consent (elle est terrifiée en cas de refus de subir le même sort qu'Anne Boleyn), et l'annulation entre en vigueur le 9 juillet 1540 (officiellement pour fait de non-consommation et de ses fiançailles antérieures avec François Ier de Lorraine).
 
Après l’annulation du mariage, Anne de Clèves reçoit de généreuses gratifications, incluant Richmond Palace et le Château d'Hever, la résidence de la famille de l’ancienne épouse d’Henri, Anne Boleyn. Henri et Anne deviennent bons amis – elle est membre honoraire de la famille royale et reçoit le titre de « Sœur aimée du Roi ». Le roi épouse alors sa cinquième femme, Catherine Howard, le 28 juillet 1540.

z14

Anne de Clèves

Anne fait sa dernière apparition publique au couronnement de Marie Tudor à Westminster. Elle se convertit pour re devenir catholique romaine. Depuis son arrivée en Angleterre, Anne n’en est jamais repartie. Ses deux parents sont morts, et son frère, un luthérien strict, désapprouve ses conversions à l’anglicanisme puis au catholicisme. Et elle se sent bien dans son pays d'adoption.
 
Anne meurt à Chelsea Manor le 16 juillet 1557, quelques semaines avant son quarante-deuxième anniversaire, probablement d’un cancer. Elle est enterrée dans l'abbaye de Westminster. C’est la seule épouse d’Henri VIII à être enterrée à l'abbaye.  

Catherine Howard

Catherine Howard, née entre 1518 et 1524 et morte le 13 février 1542 à Londres, est la cinquième épouse d'Henri VIII, qui la surnommait « la rose sans épine ».  Catherine est la fille de lord Edmund Howard, un fils cadet de Thomas Howard, 2e duc de Norfolk. Sa mère décède alors qu'elle est encore jeune, et elle est élevée par sa grand-mère paternelle, Agnès Tilney, duchesse douairière de Norfolk. Elle est la nièce de Thomas Howard, 3e duc de Norfolk, fervent catholique et adversaire de Thomas Cromwell. Cette parenté fait d'elle une cousine de la deuxième épouse du roi, la reine Anne Boleyn, et de la sœur de celle-ci Mary Boleyn, qui a aussi été la maîtresse d'Henri.

Au palais de Lambeth, la duchesse accueille de nombreuses pupilles, principalement des parents pauvres dont la famille ne peut assumer la charge. Faire élever ses jeunes enfants dans une maison noble autre que la sienne a été pendant des siècles une pratique commune chez les nobles européens. Cependant, la surveillance à Lambeth est très lâche. La duchesse douairière passe la plupart de son temps à la Cour et n'accorde que peu d'intérêt à l'éducation de ses protégés. Catherine est donc la moins instruite des épouses d’Henri,. Elle est décrite comme enjouée, mais jamais comme érudite ou dévote. L'atmosphère licencieuse qui règne au palais de la duchesse mène Catherine à entamer une liaison avec Henry Manox, le professeur de musique ; elle a entre onze et seize ans. Cette relation prend fin en 1538, quand Catherine est séduite par un secrétaire de la maison de la duchesse, Francis Dereham. Catherine et Dereham auraient eu l'intention de se marier.

z16

Portrait (probable) de Catherine Howard 

L'oncle de Catherine, le duc de Norfolk, conscient du charme de la jeune femme et du profit qu'il pourrait en tirer, lui trouve une place à la cour d'Henri VIII, en tant que demoiselle d'honneur de la nouvelle épouse du roi, Anne de Clèves. Catherine attire effectivement très vite l'attention du roi. L'influence des Howard grandit en même temps que l'intérêt du roi pour Catherine, qui se voit accorder des terres et de somptueuses parures. Henri obtient le 9 juillet 1540 l'annulation de son mariage avec Anne de Clèves. La présence à ses côtés d'une jeune et charmante épouse lui apporte beaucoup de joie. La devise de celle-ci, « Non autre volonté que la sienne » reflète son désir de satisfaire Henri, un homme de trente ans son aîné.
 
Catherine trouve pourtant peu d'attraits à sa relation conjugale. L'obésité de son époux la dégoûte et un ulcère sur sa cuisse dégage une odeur nauséabonde. En 1541, elle s'engage dans une relation avec un des favoris d'Henri, Thomas Culpeper. Les rendez-vous galants sont organisés par une des plus vieilles dames d'honneur de Catherine, Lady Rochford, la veuve de George Boleyn, frère d'Anne Boleyn.

Henri et Catherine parcourent l'Angleterre ensemble à l'été 1541, et les préparatifs d'un couronnement, qui aurait suivi toute annonce de grossesse, suivent leur cours, ce qui indique que le couple est encore sexuellement actif. Cependant, les témoins de sa conduite légère au palais de Lambeth commencent à la contacter pour obtenir des faveurs. Afin d'acheter leur silence, elle donne des places dans sa suite à la plupart d'entre eux. À la fin de l'année 1541, la conduite licencieuse de Catherine est dévoilée au grand jour. Henri refuse d'abord de croire ces allégations et demande une enquête. Quelques jours plus tard, des preuves sont fournies, notamment les aveux de Dereham et Culpeper après qu'ils ont été torturés à la tour de Londres, et une lettre d'amour de Catherine adressée à Culpeper.

Catherine est accusée de trahison, et arrêtée le 12 novembre 1541. Ses supplications pour voir le roi sont ignorées. L'existence d'un pré-contrat entre Catherine et Dereham aurait permis l'annulation du mariage et le bannissement de la Cour. Catherine aurait certes été disgraciée et exilée, mais aurait échappé au destin d'Anne Boleyn. Cependant, elle nie obstinément l'existence d'un tel pré-contrat... Elle est déchue de son titre de reine le 22 novembre 1541, et emprisonnée à Syon House, dans le Middlesex, pendant l'hiver 1541. Culpeper et Dereham sont exécutés à Tyburn. Tous les Howard sont jugés, reconnus coupables de dissimulation de trahison, et condamnés à la prison à vie et à la confiscation des biens. Catherine est transférée à la tour de Londres le 10 février 1542. Le 11 février, Henri signe le décret de mort civile, et l'exécution par décapitation est fixée à 7 heures le 13 février. Le corps de Catherine est enterré dans une tombe anonyme dans la chapelle St Peter ad Vincula de la Tour, où repose déjà le corps de sa cousine, Anne Boleyn. 

En 1543, Henri VIII se remarie avec Catherine Parr.

z17

Portrait (probable) de Jane Boleyn

Jane Boleyn

Jane Boleyn, dite Lady Rochford (vers 1505 - 13 février 1542), est la fille de Henry Parker, 10e baron Morley. Sa famille est riche et puissante, et est active sur le plan politique. Elle est envoyée à la Cour quand elle est adolescente, et elle y rejoint la maison de la reine Catherine d'Aragon, épouse du roi Henri VIII. Fin 1526, elle épouse George Boleyn, vicomte de Rochefort, frère de la future épouse d'Henri VIII, Anne Boleyn. Alors que la richesse et l’influence de la famille augmentent, le couple obtient comme résidence le palais de Beaulieu. Le mariage de George et Jane a toujours été décrit comme désastreux. Un historien moderne a émis l’hypothèse que George était homosexuel, ce qui expliquerait leur relation conjugale catastrophique.

On pense fréquemment que Jane n'est pas particulièrement proche d’Anne, en raison de sa supposée jalousie. Cependant, Jane complote avec sa belle-sœur pour bannir de la Cour une des jeunes maîtresses du roi, en 1534. Quand Henry découvre qu’elle est impliquée dans l’affaire, lady Rochford est exilée pendant quelques mois.

Après onze ans de mariage, George Boleyn est arrêté en mai 1536 et emprisonné à la Tour de Londres, accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec sa sœur, la Reine. C’est le témoignage de Jane qui permet de l’inculper pour inceste et trahison. Ces rumeurs sont infondées, d’après la grande majorité des témoins de l’époque, mais elles apportent un prétexte légal aux ennemis des Boleyn pour conduire lord Rochford et sa sœur Anne à l’échafaud. Des générations d’historiens pensent que le témoignage de Jane contre son époux et Anne est plus motivée par sa rancune envers une belle-sœur plus brillante, et un mari qui préfère la compagnie de cette dernière à celle de son épouse, que par une réelle conviction de leur culpabilité.

George Boleyn est décapité à Tower Hill, le 17 mai 1536. Quatre autres hommes sont exécutés avec lui, également accusés d'avoir été les amants d'Anne. Celle-ci meurt deux jours après, décapitée elle aussi, dans l'enceinte de la Tour de Londres.

z18

Lady Rochford dans la série Les Tudor

Après l'exécution de son époux, Lady Rochford s'absente de la Cour. Les Boleyn lui allouent une pension qui lui permet de maintenir le niveau de vie moyen de la haute société anglaise, essentiel pour qu'elle puisse reparaître à la Cour, ce à quoi elle travaille activement de 1536 à 1537. Elle est dame d'honneur de la reine Jane Seymour, un an après la mort de son époux. Quand Jane meurt, le roi se remarie avec Anne de Clèves, qu'elle sert également. Lady Rochford conserve encore son poste de dame d'honneur avec la nouvelle reine, Catherine Howard, et exerce sur elle une considérable influence. Quand la petite reine se lasse de son vieil époux obèse, c'est Lady Rochford qui participe à l'organisation des rendez-vous secrets entre Catherine et le séduisant Thomas Culpeper.

Lorsque que le passé de Catherine est dévoilé au grand jour à l'automne 1541, la plupart des servantes et des dames d'honneur mentionnent la conduite suspecte de Lady Rochford vis-à-vis de Catherine et Culpepper, ce qui mène à l'arrestation de Jane. On découvre par la suite une lettre d'amour écrite par Catherine, et adressée à Culpepper, qui fait explicitement part du rôle de la vicomtesse dans leur rendez-vous. Aider la reine à commettre un adultère est un crime passible de la peine de mort dans l'Angleterre des Tudor. Jane est emprisonnée à la Tour de Londres pendant plusieurs mois. Elle est exécutée le 13 février 1542, le même jour que Catherine Howard.

Elle est enterrée dans la chapelle de la Tour de Londres auprès de Catherine Howard, Anne et George Boleyn.