Quand j'étais en vacances (deuxième quinzaine de septembre) j'ai emporté deux romans historiques. Voici le compte-rendu de lecture du premier.

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RESUME

Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, elle accorde le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles avec son amoureux, journaliste. Ces trois rebelles verront leurs destins bouleversées avec l’incendie du Bazar de la Charité.

MON AVIS

Ce livre a été un grand succès de librairie. Il ne se revendique pas vraiment comme "historique" et il y a beaucoup plus de personnages fictifs que de personnages réels, mais je le classe ici car cela se passe au XIXe. J'ai été déçue... sans doute justement parce qu'on n'apprend pas grand-chose de cette époque, à part cet incendie et l'existence de la Duchesse d'Alençon, soeur de l'impératrice d'Autriche, Sissi. Tout est très factuel. L'incendie est décrit en détail, en long, en large, en travers ; tout tourne autour de lui et des conséquences qu'il va avoir sur des survivants. Très "cliché" comme démarche. D'autant que tout est noyé dans des détails pas très intéressants, ce qui rend le roman assez froid, sans émotion, avec des comportements que je trouve un peu puérils. Ce n'est pas un livre que je ne relirai pas...

L'AUTEUR

Gaëlle Nohant, née en 1973 à Paris, est une écrivaine française. Elle a publié à ce jour :

  • L’Ancre des rêves
  • L’Homme dérouté, nouvelles
  • La Part des flammes
  • Légende d’un dormeur éveillé

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Sophie-Charlotte de Bavière, future duchesse d'Alençon

FAITS HISTORIQUES REELS (merci Wiki)

La duchesse d'Alençon

Sophie Charlotte Auguste de Wittelsbach, est née le 23 février 1847 à Munich (Bavière) et morte le 4 mai 1897 à Paris VIIIe (France). La princesse est la plus jeune sœur de l'impératrice Elisabeth d'Autriche (« Sissi ») et de la reine Marie des Deux-Siciles. 

Sophie-Charlotte est le neuvième des dix enfants du duc Maximilien en Bavière (1808-1888), chef assez fantasque de la branche cadette de la Maison de Bavière, et de la duchesse Ludovica (1808-1892), fille du roi Maximilien Ier de Bavière et de la reine Caroline. Surnommée « Sopherl » par sa famille, la jeune duchesse est élevée comme ses frères et sœurs librement et sans réelle contrainte entre le château de Possenhofen, surnommé familièrement « Possi », et la Residenz de la capitale, Munich. Elle assiste au mariage brillant de sa sœur Élisabeth, son aînée de 9 ans avec leur cousin François-Joseph, empereur d'Autriche.  

Sophie-Charlotte reste le dernier enfant célibataire de la famille et la duchesse Ludovica se met donc en recherche d'un prince pouvant rehausser encore l'éclat de sa Maison. Musicienne dotée d'une jolie voix, éprise d'absolu et admirant la musique de Richard Wagner, Sophie-Charlotte refuse d'abord tous les partis qui se présentent à elle, notamment : le roi Louis Ier de Portugal, le prince Philippe de Wurtemberg, et même en 1866 celle de l'archiduc Louis-Victor d'Autriche, le propre frère de l'empereur d'Autriche.

C'est alors que se présente le plus intéressant et le plus beau des prétendants : Louis II. Le roi Maximilien II de Bavière est mort en 1864 ; son fils aîné lui a succédé sous le nom de Louis II. Âgé de 19 ans, c'est un très beau jeune homme qui apprécie ses cousins de la branche cadette. Il apprécie le charme et le talent de Sophie-Charlotte et partage avec elle son goût pour la musique de Richard Wagner. Le 22 janvier 1867, sont proclamées les fiançailles officielles.

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Le duc d'Alençon

Les préparatifs vont bon train. Cependant, Louis II, qui découvre ses tendances homosexuelles, conçoit difficilement une vie conjugale avec une femme. N'osant s'engager, il repousse plusieurs fois la date du mariage ce qui exaspère le duc Maximilien et désespère Sophie qui s'écrie au sein du cercle familial « Ne voyez vous pas qu'il ne m'aime pas ».

Louis II rompt ses fiançailles avec Sophie-Charlotte. Le jeune roi, fuyant un monde qu'il rejette et dont il se sent incompris, se réfugie dans une vie de plus en plus solitaire. 

Sophie-Charlotte est présentée au duc de Nemours, fils cadet du feu roi des Français Louis-Philippe, qui prend les eaux à Rippoldsau en compagnie de son fils cadet Ferdinand d'Orléans, duc d'Alençon et de sa fille Marguerite. Pour le duc de Nemours, prince en exil, cette jolie belle-sœur de l'empereur d'Autriche est un excellent parti. Le duc d'Alençon plaît à la jeune fille qui veut oublier son fiancé fantasque, et veut renier les romantiques rêves d'absolu de son adolescence où elle s'est brûlé les ailes. Les noces sont célébrées dès le 22 septembre 1868 à Possenhofen. Le jeune couple, qui ne peut s'installer en France (à cause des événements politiques), s'installe en Angleterre. Une petite fille prénommée Louise voit le jour dès 1869.

Sophie souffre, comme ses sœurs, d'un état dépressif chronique et, élevée fort librement, supporte difficilement la trop grande rigueur que son beau-père impose à sa famille. Le couple s'installe en Italie, où la soeur de Sophie-Charlotte, Marie, fut reine de l'ancien Royaume des Deux-Siciles. Les princesses Wittelsbach - qui n'ont pas trente ans - sont réputées pour leur beauté, leur ressemblance et leur complicité. Elles en jouent notamment en portant des tenues identiques pour tromper journalistes et curieux. Nul doute que la benjamine ne se prête à ces jeux enfantins. Le jeune couple et sa petite fille s'installent ensuite dans le sud du Tyrol, au château de Mentelberg, où Sophie-Charlotte, en 1872, donne naissance à un fils.

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Les défaites, la chute de l'empire et la proclamation de la république ont amené en France des changements politiques qui, en 1873, avec l'espoir d'une restauration monarchique, permettent au jeune duc de regagner la patrie qu'il avait du fuir à l'âge de quatre ans. Ferdinand et Sophie-Charlotte s'installent à Vincennes, puis à Paris. La jeune femme s'investit dans des associations catholiques. Sophie noue cependant une relation adultérine passionnée avec un médecin marié et père de famille. La princesse, au mépris des convenances, songe alors ouvertement à quitter son mari et ses enfants. Le couple songe à s'enfuir en Suisse mais l'épouse du médecin crée un scandale et le couple adultérin doit rompre.

Sophie-Charlotte, condamnée par les siens, y compris sa sœur Sissi, est placée par son mari dans le très huppé sanatorium du Docteur Kraft-Ebing, situé à Mariagrün près de Graz en Autriche. Là, le docteur Richard von Krafft-Ebing, spécialiste des troubles sexuels, lui fait subir un traitement radical pour soigner ses « nerfs malades » : bains glacés ou tir de pistolet pour la faire sursauter. Après cinq mois de ce traitement, la princesse retrouve son mari, toujours calme, patient et attentif, à Mentelberg. Si elle a retrouvé un certain calme, sa nièce, l'archiduchesse Marie-Valérie d'Autriche décrit sa mélancolie, son air absent. Elle trouve désormais la paix dans une foi profonde et s'occupe activement - mais avec tact - d'œuvres charitables.

Le 4 mai 1897, la duchesse d'Alençon figure au nombre de la centaine de victimes de l'incendie du Bazar de la Charité, à Paris. Elle aurait, selon certains récits, sacrifié sa vie pour épargner celles des dames et des jeunes filles qui la secondaient à son stand, offrant ainsi l'exemple d'une mort véritablement chrétienne. Méconnaissable, le corps calciné de la duchesse ne pourra être identifié que par son dentiste, sur base de la denture d'un corps retrouvé ; certains voient d'ailleurs en ce médecin un pionnier de l'odontologie médico-légale. 

Incendie du Bazar de la Charité

Le Bazar de la Charité est une vente de bienfaisance mise sur pied en 1885 par le financier Henri Blount et présidée par le baron de Mackau. Le principe en était de vendre des objets — lingerie et colifichets divers —, au profit des plus démunis, dans un local ou un espace d'exposition. Installé, de 1885 à 1887, rue du Faubourg-Saint-Honoré, en 1889 place Vendôme et, en 1888 et de 1890 à 1896, rue La Boétie, il est transféré en 1897, année de l'incendie dramatique, au 15 et 17 de la rue Jean-Goujon (8e arrondissement), sur un terrain mis gracieusement à disposition par le banquier Michel Heine.

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Le 6 avril 1897, le baron de Mackau réunit les responsables du Bazar de la Charité : la duchesse d'Alençon, la duchesse d'Uzès, la marquise de Saint-Chamans, la comtesse Greffuhle, la générale Février, la marquise de Sassenay, et leur annonce que le Bazar sera décoré pour représenter une rue de Paris au Moyen Âge avec ses éventaires, ses échoppes aux enseignes pittoresques, ses étages en trompe-l'œil, ses murs tapissés de lierre et de feuillage. En prime, le Bazar proposera, sous un appentis, un spectacle de cinématographe où l'on pourra voir les images animées des frères Lumière.

Le 4 mai, pendant les ventes, la lampe de projection du cinématographe a épuisé sa réserve d'éther et il faut à nouveau la remplir. Mais l’appareil est mal isolé, et les vapeurs d'éther s’enflamment. Un rideau prend feu, enflamme les boiseries, puis se propage au velum goudronné qui sert de plafond au Bazar. Au grondement de l'incendie répondent les cris de panique des 1 200 invités qui tentent de s'enfuir. Certaines personnes tombent et ne peuvent se relever, piétinées par la foule. Un quart d’heure à peine après le début de l’incendie, tout est consumé : le hangar n’offre plus l’aspect que d’un amoncellement de poutres de bois calcinées, mêlées de cadavres atrocement mutilés et carbonisés. Les corps calcinés des victimes de l'incendie sont portés au Palais de l'Industrie afin que les familles puissent les identifier. 

Dans son édition du 14 mai 1897, Le Petit Journal publie les statistiques officielles : liste arrêtée au 8 mai au soir, 106 morts pendant l'incendie et identifiés, 10 morts des suites de l'incendie, 5 morts pendant l'incendie et non identifiés au 8 mai, soit un total de 121 personnes. Les victimes sont presque toutes des femmes. 

Cet incendie est à l'origine des réglementations sur la sécurité, l'évacuation et les matériaux de construction des lieux publics.

Une souscription est lancée, à l'initiative du cardinal Richard, archevêque de Paris, pour acheter le terrain où a eu lieu l'incendie, afin d’y construire une chapelle commémorative. Celle-ci sera édifiée par l’architecte Albert Guilbert. Elle fait l’objet d’un classement au titre de monument historique depuis le 19 février 1982.

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Une fois les résultats de l'enquête connus, beaucoup considèrent la carrière du cinéma comme terminée. Sous la pression de la haute société, les projections sont d'ailleurs interdites un temps avant que l'intérêt de l'invention et son développement à l'étranger ne passent outre le ressentiment des victimes endeuillées. Les frères Lumière mirent au point un système de lampe électrique qui supprima le risque d'incendie.

L'hystérie

L'hystérie est en psychanalyse une névrose touchant les femmes et les hommes, aux tableaux cliniques variés, où le conflit psychique s'exprime par des manifestations fonctionnelles (anesthésies, paralysies, cécité, contractures...) sans lésion organique, des crises émotionnelles, éventuellement des phobies. C'est une notion qui fait également partie de l'histoire de la psychiatrie et de la psychologie.

Le terme d'hystérie vient du médecin grec Hippocrate, qui inventa ce mot pour décrire une maladie qui avait déjà été étudiée par les Égyptiens. Le terme est dérivé du mot grec utera, pouvant signifier les entrailles, la matrice ou l'utérus. La maladie était donc intimement liée à l'utérus... et donc féminine. Au XIXe, le docteur Charcot à la Salpêtrière établit le prélude à une réflexion théorique sur l'hystérie, qui donnera plus tard naissance à la psychologie moderne et la psychanalyse. Dans le Londres de la même époque, le docteur Mortimer Granville, avec l'aide de son ami Edmund St. John-Smythe, invente le vibromasseur comme remède à cette prétendue « hystérie féminine »… Les recherches peu à peu tendront à prouver que les manifestations ne concernent pas que les femmes.

L'hystérie décrit un ou plusieurs excès émotionnels incontrôlables. Le terme donné par Antoine Porot définit « une disposition mentale particulière, tantôt constitutionnelle et permanente, tantôt accidentelle et passagère, qui porte certains sujets à présenter des apparences d'infirmité physiques de maladies somatiques ou d'états psychopathologiques. ». L'association de manifestations permanentes ou récurrentes, fréquemment des paralysies, des troubles de la parole ou de la sensibilité, et d'autres manifestations transitoires, tels que des crises pseudo-épileptiques ou des comas « psychogènes », en constituent certaines des formes les plus courantes. Depuis Freud et Janet notamment, elle est considérée comme une névrose, et en a constitué l'une des premières manifestations étudiées. 

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Film Augustine, 2012

Cette affection a disparu des nouvelles classifications du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux et de la Classification internationale des maladies, remplacée par les catégories trouble de la personnalité histrionique ou trouble somatoforme. L'étiologie de l'hystérie, pendant un temps indissociable de sa représentation sociale, a beaucoup évolué en fonction des époques et des modes.

De nouvelles expressions de l'hystérie sont cependant notées depuis une trentaine d'années. Ainsi les diagnostics de « personnalité multiple », de « syndrome dissociatif hystérique » et certaines formes de « syndrome dépressif » notamment ceux qui ne sont pas sensibles à une chimiothérapie comprenant des antidépresseurs évoquent l'hystérie classique. A contrario les manifestations somatoformes et épileptiformes sont moins fréquentes.

Jean-Martin Charcot

Jean-Martin Charcot, né à Paris le 29 novembre 1825 et mort à Montsauche-les-Settons le 16 août 1893, est un neurologue français, professeur d'anatomie pathologique et académicien. Découvreur de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative à laquelle son nom a été donné dans la littérature médicale francophone, il est le fondateur avec Guillaume Duchenne de la neurologie moderne et l'un des grands promoteurs de la médecine clinique, une figure du positivisme. Ses travaux sur l'hypnose et l'hystérie, à l'origine de l'École de la Salpêtrière, ont inspiré à la fois Pierre Janet dans ses études de psychopathologie et Sigmund Freud, qui a été brièvement son élève et l'un de ses premiers traducteurs en allemand, en ce qui concerne l'invention de la psychanalyse.