MES LECTURES CLASSIQUES

21 février 2019

LA SLOVAQUIE AU XIXe

Le territoire slovaque a longtemps constitué une partie du Royaume de Hongrie (même s'il est temporairement occupé par la Pologne au XIe siècle). Après la chute de Buda en 1541 aux mains des Ottomans, et l'occupation de la Hongrie jusqu'à la fin du XVIIe siècle, Presbourg devient la capitale et la ville de couronnement de la couronne de Hongrie. La Hongrie rejoint l'Empire Habsbourg en 1699.

Au XVIIIe siècle, sous l'influence du panslavisme et face au processus de magyarisation, un nationalisme slovaque voit le jour. En 1847, une version codifiée du slovaque par Ľudovít Štúr est acceptée par catholiques et luthériens.

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Ludovit Stur

À la suite du Printemps des peuples de 1848, pendant lequel les Slovaques se rangent au côté des Autrichiens contre les Hongrois, le nationalisme slovaque continue à se développer, avec la création de l'association culturelle Matica slovenská en 1863, le Musée national slovaque, et le Parti national slovaque en 1871. Néanmoins, peu après la création de la Double Monarchie en 1867, qui confirme le maintien de la Slovaquie sous contrôle hongrois, ces institutions sont fermées.

À la suite du traité de Saint-Germain-en-Laye de 1919 mettant fin à la Première Guerre mondiale, la Slovaquie, la Bohême et la Moravie (et jusqu'en 1938 la Ruthénie) ont constitué de novembre 1918 au 31 décembre 1992 la Tchécoslovaquie.

D'après Wikipédia

 

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18 février 2019

*** 1Q84 - Livre 1 - HARUKI MURAKAMI

J'ai lu deux courts romans de Murakami, Ecoute le chant du vent et Flipper, 1973, que j'ai bien aimés. J'avais hâte de découvrir sa trilogie 1Q84, qui a eu un immense succès.

INCIPIT

La radio du taxi diffusait une émission de musique classique en stéréo.

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LE DEBUT

Les chapitres alternent entre deux personnages. Aomamé, prof d'arts martiaux, et tueuse à gages, s'interroge sur certaines "anomalies" dans son environnement : des faits d'actualité récente qu'elle ne connaît pas ; elle en vient à se demander si elle est devenue folle ou bien si elle est passée dans une dimension parallèle. Tengo, lui, qui travaille pour un éditeur et écrit sans avoir encore publié, est chargé par son chef de remanier complètement un manuscrit qu'ils ont reçu, une histoire incroyable mais mal rédigée par une jeune lycéenne, laquelle s'avère petit à petit assez étrange...

MON AVIS

Voilà un roman extrêmement prenant : des personnages qui attirent notre sympathie, mais restent intrigants, des éléments étranges infusés lentement mais sûrement : on a envie de savoir ce qui se passe et on tourne les pages à toute allure ! Un vrai page-turner. 

Mais, du coup, le livre a le défaut de ses qualités : beaucoup d'imagination, une écriture impeccable, mais... un petit côté raccoleur.

Car il est fréquemment question de sexe - comme toujours dans les livres modernes - et ça m'agace prodigieusement ! Je ne suis pas puritaine, mais je suis une romantique, une intellectuelle on va dire, et j'ai toujours trouvé le sexe dans les films et dans les films purement gratuits : ça ne sert à rien sinon à émoustiller le public. Et je trouve qu'un beau film, ou un beau livre, pourrait rester au-dessus de ça. La banalisation du sexe, que l'on nous sert comme si on était des voyeurs, est une impudeur qui tire vers le bas.

Dans le challenge que je me suis fixé : les auteurs nés entre 1800 et 1950 maxi, Murakami s'intègre tout juste, car il est de 1949... C'était limite. Et effectivement on y trouve ce que je n'aime pas dans la littérature contemporaine : d'une part, donc, toujours ces scènes de sexe et puis d'autre part, une absence de réflexion. Ce que j'aime chez les auteurs du XIXe, et c'est là que je m'en suis rendue compte, au cours de cette lecture, c'est cette propension des écrivains à livrer, tout au long de leur récit, des opinions, des propositions, des analyses (politiques, philosophiques, sociétales...), soit directement en commentant les situations, soit dans le discours des personnages. 

Serait-ce là ce qui fait la différence entre la littérature, la "vraie", et, ce que je pourrais appeler : l'écriture récréative. Littérature ; on apprend "les lettres modernes" ; on a "des lettres" ; illetrisme. Tout cela renvoie non seulement au fait de savoir écrire, mais aussi d'avoir des connaissances, des références, des opinions, un faculté d'analyse. C'est bien ce qu'on trouve dans la littérature "d'avant". L'histoire est accompagnée de connaissances diverses et variées. Pour en avoir le coeur net, je suis allée sur Wikipédia voir ce qu'ils disent de la "littérature". Voir ci-après.

On notera d'ailleurs que dans "mes extraits favoris", j'en mets beaucoup plus lorsqu'il s'agit d'auteurs anciens, signe que outre le récit proprement dit, des réflexions personnelles de l'auteur m'ont plu, m'ont touchée. Mais Camus, plus "moderne", dans L'étranger, par exemple, émaille son récit de très beaux moments d'analyse. Donc Camus, c'est de la littérature. Murakami, peut-être pas...

Un autre point m'a déplu : la désignation systématique des marques de vêtements et chaussures des personnages, Gucci, Comme des Garçons, Ferragamo... Mais pourquoi donc ?

Tout cela n'enlève rien à la formidable "écriture récréative" qui nous fait passer un très excellent moment. Talent narratif, imagination, touche fantastique... cela me fait penser à Stephen King (mais ça ne fait pas peur) ou à Bernard Werber (mais c'est moins scientifique).

Je lirai avec un grand plaisir les autres tomes, par "désir récréatif", mais je n'en tirerai pas, je le sais, de "plaisir littéraire"... et il me faudra faire avec les scènes de sexe.

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CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

1Q84 est le douzième roman de l'écrivain japonais Haruki Murakami, paru en trois tomes en 2009 et 2010 au Japon. Il s'est rapidement imposé comme best-seller, et ce dans le monde entier.

Le titre est clairement une référence au roman 1984 de George Orwell, car au Japon, on prononce « Q » à l'anglaise « kjuː » et le « 9 », lui, se prononce « kyū », d'où la même lecture, au Japon, de 1984 et de 1Q84. Cette référence est confirmée par le contenu du livre : l'action se passe en 1984 ; une des deux protagonistes, Aomamé, expérimente cette année-là une réalité déformée qu'elle nomme elle-même 1Q84. Mais, à la différence du roman d'Orwell, l'intrusion d'un Big Brother unique est ici remplacée par celle de personnages surnaturels et maléfiques, les « Little People », qui font entendre leur « voix » par l'intermédiaire du gourou de la secte des « Précurseurs », et qui entrent dans la pensée des gens sans que ceux-ci en aient conscience.

Comme le note André Clavel, pour apprécier ce roman, « il faut accepter de sortir des rails de la normalité, avant de se frotter aux mondes illusoires » de Murakami. Certains critiques ont refusé de se prêter au jeu : par exemple lors d'une émission du Masque et la Plume, Arnaud Viviant et Michel Crépu ont manifesté leur rejet d'un texte qualifié d'« infantilisant » et d'« affligeant manga », alors Jean-Claude Raspiengeas s'est dit au contraire « envoûté » par le talent de conteur de l'auteur. Ce caractère addictif du roman est également reconnu par de nombreux autres critiques, par exemple Eléonore Sulser, qui regrette cependant certaines redites destinées à guider le lecteur, mais qui peuvent paraître un peu trop didactiques.

Littérature

Le mot littérature, issu du latin litteratura dérivé de littera (la lettre), apparaît au début du XIIe siècle avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres », avant d'atteindre aux XVIIe–XVIIIe siècles son sens principal actuel : ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique et l'activité participant à leur élaboration.

La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu'il soit lecteur ou auditeur. La littérature — dont les frontières sont nécessairement floues et variables selon les appréciations personnelles — se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l'emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d'informations même complexes. Aujourd'hui, la littérature est associée à la civilisation des livres par lesquels nous parlent à distance les auteurs, mais elle concerne aussi les formes diverses de l'expression orale comme le conte (en plein renouveau depuis une trentaine d'années dans les pays occidentaux), la poésie traditionnelle des peuples sans écriture — dont nos chansons sont les lointaines cousines — ou le théâtre, destiné à être reçu à travers la voix et le corps des comédiens. 

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Pas mal non plus comme critère...

Le concept de littérature a été régulièrement remis en question par les écrivains comme par les critiques et les théoriciens : c'est particulièrement vrai depuis la fin du XIXe siècle où l'on a cherché à redéfinir - comme pour l'art - les fonctions de la littérature (par exemple avec la notion d'engagement pour Sartre, Qu'est-ce que la littérature ?) et sa nature (réflexion sur l'écriture et la lecture de Roland Barthes ou études des linguistes comme Roman Jakobson) et à renouveler les critères esthétiques (du « Il faut être absolument moderne » de Rimbaud au nouveau roman en passant par le surréalisme, par exemple).

Il reste que, riche de sa diversité formelle sans limite autant que de ses sujets sans cesse revivifiés qui disent l'humaine condition, la littérature est d'abord la rencontre entre celui qui, par ses mots, dit lui-même et son monde, et celui qui reçoit et partage ce dévoilement. La littérature apparaît donc comme une profération nécessaire, une mise en mots où se perçoit l'exigence profonde de l'auteur qui le conduit à dire et se dire

Commentaire perso : c'est donc bien ce que je ressentais ; c'est bien ce qui me manque dans la "littérature moderne" : on nous raconte des histoires, parfois très bien, mais on ne connaît plus la personnalité de l'auteur, sa pensée profonde, son objectif, son message.

L'île de Sakhaline de Anton Tchekhov

Il en est question plusieurs fois dans le livre.

C'est le compte rendu des notes de voyage rédigé par Anton Tchekhov après son séjour à Sakhaline en été 1890. La censure tsariste n'autorise la mise en vente de l'ouvrage qu'en juin 1895. Il porte presque exclusivement sur les affreuses conditions d’existence des bagnards relégués dans cette île de l’Extrême-Orient russe à la fin du XIXe siècle.

Les raisons qui poussent Tchekhov à entreprendre un voyage dans la lointaine Sakhaline ne sont pas clairement connues. Les explications avancées sont nombreuses, contradictoires et peu convaincantes. Selon ce qu'écrit l'écrivain lui-même à certaines connaissances, il entreprend son voyage pour payer sa dette à la médecine, qu'il aurait par trop négligée. Ailleurs, l'auteur affirme qu'il est motivé par le souci qu'il a de la santé des bagnards. L'Empire russe n'a en effet aucun intérêt d'aucune sorte pour sa population carcérale.

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Les ennemis de Tchekhov ont prétendu que l'auteur voulait imiter Fiodor Dostoïevski et ses Souvenirs de la maison des morts. L'écrivain Lydia Avilova, sa contemporaine, prétend qu'Anton a fui à Sakhaline par dépit amoureux. La vraie nature des relations de Tchekhov et d'Avilova reste encore sujet à débat. Tchekhov lui-même a eu quelques boutades dans ce sens, mais à propos d'une autre jeune femme...

Le projet paraît d'autant plus aventureux que les conditions de déplacement sont extrêmement précaires et pénibles. L'écrivain, pourtant en mauvaise santé, les a-t-il sous-estimées ? De plus, après avoir eu quelques contacts avec l'administration pétersbourgeoise à ce sujet, il n'a obtenu ni mandat, ni même simple autorisation. Quand il arrive à Sakhaline au début juillet 1890, il redoute de se faire refouler de l'île.

Tchekhov quitte Moscou en train le 21 avril 1890. À Iaroslavl, il embarque sur un bateau sur la Volga puis la Kama. Le voyage se poursuit en train de Perm à Tioumen. Puis en voiture à cheval, dans des conditions très difficiles. Arrivé sur le fleuve Amour, il embarque sur plusieurs caboteurs et arrive à Nikolaïevsk-sur-l'Amour le 5 juillet 1890. Il traverse la Manche de Tartarie, le bras de mer séparant l’île du continent sur le navire MS Baïkal. Ce voyage fera l'objet du livre Notes de Sibérie.

Tchékhov séjourne à Sakhaline du 5 juillet au 13 octobre 1890, soit un peu plus de trois mois.

L'île a été visitée en 1805 par Johann Adam von Krusenstern en mission pour le tsar. Il découvre le peuple autochtone des Aïnous qu'il décrit comme « un peuple doux, modeste, bienveillant, confiant, sociable, poli, respectueux du bien d’autrui, franc qui ne supportent pas la duperie, des qualités aussi rares, dont le mérite ne revient qu’à la nature, et non à l’élévation morale d’un éducateur, ont éveillé en moi la sensation que je considérais cette peuplade comme supérieure à toutes celles que j’ai connues à ce jour. » Par un accord de 1867, l’île est la propriété conjointe de la Russie et du Japon. En 1875 les Japonais abandonnent leur droit sur l’île en échanges des îles Kouriles, en effet les Japonais ne veulnt pas annexer l'île, seule la pêche les intéresse.

Le climat est rude, le relevé des températures prises de 1880 à 1890 indique, de novembre à mars de -5° à -19°C et en été de +11° à +17°C, des pluies un jour sur deux, il peut se passer plusieurs semaines sans soleil. La seule richesse de l'île est la pêche, il y a en 1890 énormément de saumons qui remontent les rivières et une quantité phénoménale de harengs qui passent devant l’île en avril.

La ville principale, Aleksandrovsk-Sakhalinski, compte trois mille habitants. Ils cultivent exclusivement la pomme de terre.

Le premier contact avec les déportés est la rencontre avec un condamné qui débarque accompagné de sa fille de cinq ans. Cette pratique est admise et encouragée par l’administration, qui y voit un moyen de peupler l'île. La première ville visitée est Alexandrovsk. Le climat est rude, il s’arrête de neiger en mai et le soleil est rare l’été. Tchékhov rend visite aux autorités. Il leur dit qu’il n’est pas là pour un journal, aussi on lui donne un laissez-passer pour visiter toutes les prisons sauf à avoir contact avec les prisonniers politiques. Il constate rapidement que les forçats sont partout et servent de main d’œuvre gratuite.

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Film Anton Tchékhov 1890 (2015)

L’auteur commence une espèce de recensement des forçats. Il visite toute l'île et remplit dix mille fiches. Ces fiches individuelles sont basées sur les déclarations des forçats eux-mêmes. De ce fait, elles sont souvent approximatives. L'écrivain est parfaitement conscient des limites de l'exercice mais il relève qu'il n'existe encore rien de semblable, ce qui lui permet d'espérer que son travail aura quelque utilité.

Le bagnard arrive sur l'île avec une condamnation aux travaux forcés. Après avoir purgé sa peine, il change de statut et devient « colon relégué », il est envoyé se fixer dans un endroit défini par l’administration locale. Cette dernière recherche sans arrêt des « nouveaux points de peuplement » pour les relégués. Après 10 ans (6 pour les femmes) de « colon relégué » on passe « paysan », on peut alors quitter l’île et s’installer en Sibérie à ses frais, mais il est interdit de retourner dans sa région d’origine. Comme tous veulent partir, il y a très peu d’habitants de longue date sur l’île. Sauf problème de comportement du bagnard, le gouvernement local diminue généralement les peines de prison pour accélérer le peuplement de l'île.

En prison, les détenus ne portent ni chaînes ni uniformes, ils vaquent à leurs occupations dans les limites de la prison. L'auteur décrit les mesures d’hygiène, les lieux d’aisance qui sont d’une puanteur suffocante, l’organisation de la prison, de la vie des prisonniers, des relations entre prisonniers.

Toutes les administrations emploient un nombre important de prisonniers sans réelle nécessité. Le docteur chez qui l’auteur habite emploie à son domicile quatre prisonniers, un cuisinier, un portier, une femme de chambre et une fille de cuisine. Bref, selon l’auteur, ce n’est plus du travail forcé ou l’on sert la collectivité, mais un retour vers le servage, où l’on sert un particulier.

Il y a sur l’île 25 femmes pour 100 hommes. Au début de l’existence du bagne, les femmes condamnées allaient, dès leur arrivée, servir dans une maison de tolérance.

A l'époque de Tchékhov, elles sont réparties sur l’île, domestiques chez des fonctionnaires ou affectées comme femme à un paysan avec mariage dès l’arrivée au village. Globalement, ces femmes mariées de force sont contentes de leur sort. Elles pensaient faire des travaux forcés, elles se retrouvent ménagères dans une isba avec un mari qui se conduit bien. Leur faible nombre oblige les hommes qui ont une femme à avoir un comportement correct avec elles : s’ils les perdent, qui va coudre, faire à manger, etc. ?

En ce qui concerne les femmes qui suivent leurs maris condamnés, elles viennent par amour, pitié ou pour fuir le village et échapper à la honte. Quand elles arrivent elles pleurent nuit et jour. L'obsession est de trouver de la nourriture, beaucoup, sinon toutes se prostituent pour joindre les deux bouts.

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Le Dit des Heiké

Il en question plusieurs fois dans le roman.

Heike monogatari ou Le Dit des Heike, est une chronique poétique qui raconte la lutte entre les clans Minamoto et Taira au XIIe siècle pour le contrôle du Japon, et dont le point culminant est la bataille de Dan-no-ura. Recueillie de la tradition orale en 1371 et considérée comme l'un des grands classiques de la littérature japonaise médiévale, elle est un produit de la tradition des Biwa hōshi, moines aveugles qui sillonnaient le pays et gagnaient leur vie en récitant des poèmes épiques tout en s'accompagnant au biwa (luth).

Le thème central de l'histoire est le récit de la chute des puissants Taira, le clan de samouraïs, qui, après avoir défait les Minamoto en 1161, sont si consumés par la haine qu'ils sèment les graines de leur propre destruction et sont finalement vaincus par des Minamoto revitalisés en 1185. Ce thème est très bouddhique - c'est une leçon de morale au sujet de l'attachement aux désirs temporels. En dépit de la nature complexe et sanglante de la majeure partie de cette épopée, le thème primordial laisse à penser que la récitation visait à apaiser les âmes des guerriers tombés au combat.

Ce récit est découpé en épisodes destinés à être récités au cours d'une séries de veillées nocturnes. C'est principalement une épopée samouraï, centrée sur le code d'éthique du bushido, mais elle inclut également un certain nombre d'histoires d'amour qui renvoient à la littérature plus ancienne de l'ère Heian.

Le Dit des Heike a fourni le matériau de base pour nombre de travaux artistiques ultérieurs, surtout des pièces de théâtre nô, de kabuki, et des ukiyo-e.

Les Témoins de Jehovah

Aomamé a grandi dans cette communauté religieuse.

Les Témoins de Jéhovah forment un mouvement pré-millénariste et restaurationniste se réclamant du christianisme. Ils sont issus d'un groupe né aux États-Unis dans les années 1870, connu sous le nom d'Étudiants de la Bible.

En 2018, le mouvement revendique près de 8,58 millions de membres actifs dans le monde entier. Par ailleurs, plus de 20 millions de personnes, pratiquants et sympathisants confondus, ont assisté à leur célébration annuelle, le « Mémorial de la mort du Christ ». La direction du mouvement est exercée par un Collège central, garant de l'ordre théocratique et de l'enseignement. Il fait éditer à cet effet par la société Watchtower de nombreuses publications, telles que les revues La Tour de garde et Réveillez-vous !

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Les Témoins de Jéhovah sont connus principalement pour leur prédication de porte-à-porte et l'importance qu'ils donnent à la Bible, qu'ils considèrent comme la Parole de Dieu. De tendance pré-millénariste, ils annoncent depuis les années 1870 l'intervention imminente de Dieu dans les affaires humaines lors de la bataille d'Armageddon, et ont pour objectif l'établissement du Royaume de Dieu sur Terre, seule solution aux maux de l'Humanité selon eux. Selon leur doctrine, Jéhovah est le nom personnel de Dieu, et faire connaître ce nom est primordial pour eux. Ils sont aussi restaurationnistes, c'est-à-dire qu'ils croient que Dieu a restauré le véritable christianisme par leur intermédiaire. De ce fait, ils sont très critiques envers les autres religions, qui pour eux font partie de « Babylone la Grande », organisation de Satan décrite comme « l'empire mondial de la fausse religion ». Ils se veulent aussi politiquement neutres et refusent d'accomplir un service militaire.

Les Témoins de Jéhovah sont régulièrement accusés d'être une secte, dans le sens d'organisation à dérives sectaires, par les associations anti-sectes et les médias. Ils sont aussi qualifiés comme tels par les sociologues, mais selon des critères moins polémiques. Ils sont l'objet de controverses autour de leur refus des transfusions sanguines, même lorsqu'un pronostic vital est engagé, de leur isolement social, de leur politique d'exclusion et de leur gestion des affaires de pédophilie en interne.

MES EXTRAITS FAVORIS

Ce que tu devras écrire, tu le trouveras en toi. C'est comme un petit animal apeuré tapi dans un trou profond, qui aimerait s'enfuir, mais qui n'arrive pas à s'échapper. Tu sais qu'il est caché là, au fond. Mais tant qu'il ne sort pas, tu ne pourras pas l'attraper.

 

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17 février 2019

OSCAR WILDE - CONCEPTIONS ESTHETIQUES

En ces dernières décennies du XIXe siècle, Wilde incarne une nouvelle sensibilité qui apparaît en réaction contre le positivisme et le naturalisme.

Dans sa préface au Portrait de Dorian Gray, il défend la séparation de l'esthétique et de l'éthique, du beau et du moral : « L'artiste est le créateur de belles choses. […] il n'y a pas de livre moral ou immoral. Les livres sont bien ou mal écrits. Voilà tout. […] Aucun artiste ne désire prouver quoi que ce soit. Même les choses vraies peuvent être prouvées. […] Tout art est complètement inutile. »

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Vivian, le porte-parole de Wilde dans Le Déclin du mensonge, s'oppose clairement au mimétisme en littérature qu'implique le réalisme. Selon lui, « la vérité est entièrement et absolument une affaire de style » ; en aucun cas l'art ne doit se faire le reflet de « l’humeur du temps, de l’esprit de l’époque, des conditions morales et sociales qui l’entourent. » Wilde conteste d'ailleurs la classification d'Honoré de Balzac, dans la catégorie des réalistes : « Balzac n'est pas plus un réaliste que ne l'était Holbein. Il créait la vie, il ne la copiait pas ». Il ne cache d'ailleurs pas son admiration pour Balzac, en particulier pour Illusions perdues, Le Père Goriot et surtout pour le personnage de Lucien de Rubempré dont il dit « Une des plus grandes tragédies de ma vie est la mort de Lucien de Rubempré. C'est un chagrin qui ne me quitte jamais vraiment. Cela me tourmente dans les moments de ma vie les plus agréables. Cela me revient en mémoire si je ris ».

Dans Le Critique en tant qu'artiste, Wilde s'oppose à une critique littéraire positiviste, qui voit dans l'objectivité le seul salut de la critique. Le critique, selon Wilde, ne doit considérer l'œuvre littéraire que comme « un point de départ pour une nouvelle création », et non pas tenter d'en révéler, par l'analyse, un hypothétique sens caché. Selon lui, la critique n'est pas affaire d'objectivité, bien au contraire : « le vrai critique n'est ni impartial, ni sincère, ni rationnel ». La critique elle-même doit se faire œuvre d'art, et ne peut dès lors se réaliser que dans le subjectif ; à cet égard, dit Wilde, la critique est la « forme la plus pure de l'expression personnelle ». La critique ne peut caractériser l'art aux moyens de canons prétendument objectifs ; elle doit bien plutôt en montrer la singularité.

La théorie critique de Wilde a été très influencée par les œuvres de Walter Pater. Il reconnaîtra dans De profundis que le livre de Pater Studies in the History of the Renaissance a eu « une si étrange influence sur [sa] vie ».

Dans Le Portrait de M. W. H., Wilde raconte l'histoire d'un jeune homme qui, en vue de faire triompher sa théorie sur les sonnets de Shakespeare, va se servir d'un faux, puis décrit la fascination qu'exerce cette démarche sur d'autres personnages. Le fait que la théorie ne soit pas d'office disqualifiée, dans l'esprit du narrateur, par l'usage d'un faux, va de pair avec l'idée qu'il n'y a pas de vérité en soi de l'œuvre d'art, et que toute lecture, car subjective, peut ou doit donner lieu à une nouvelle interprétation.

On pourrait distinguer deux esthétiques correspondant aux deux périodes marquantes, bien qu'inégalement longues, de la vie littéraire de Wilde. La première, décrite ci-dessus, pourrait se résumer à l'éloge de la superficialité. L'intuition de Wilde, fortement influencée par les écrivains français de son temps qu'il lit dans le texte, est que dans la forme même, gît le sens et le secret de tout art. Dans Le Portrait de Dorian Gray, il fait dire à Lord Henry : « Seuls les gens superficiels ne jugent pas sur les apparences ». Son écriture d'ailleurs correspond exactement à ses conceptions : se refusant aux descriptions naturalistes, il se contente de poser une ambiance en égrenant quelques détails : la couleur d'un rideau, la présence d'un vase, le passage d'une abeille près d'une orchidée. La deuxième période, celle de la prison et de la déchéance prend l'exact contre-pied théorique : dans son De Profundis, Wilde répète comme une litanie pénitentiaire ce refrain : « Le crime, c’est d'être superficiel ». On assiste dans cette œuvre, ainsi que dans l'autre production de cette période, dans la vie de Wilde, La Ballade de la geôle de Reading, à la reprise de formes d'écriture, comme la ballade, qui sont plus traditionnelles, jouant plus sur la répétition et l'approfondissement que sur la légèreté et l'effet de contraste.

La deuxième esthétique ne s'inscrit pas en faux envers la première : l'œil averti trouvera qu'elle la révèle. Le masque du dandy et l'affectation de superficialité, chez un esprit aussi puissant et cultivé que Wilde, sont la marque d'une volonté de dissimuler des conflits sous-jacents. L'éloge wildien n'est pas un éloge de la superficialité, ce qu'il révèlera lui-même lorsqu'il tombe de son statut de « lion » (au XIXe siècle, on appelle lion les personnes en vue dans les salons anglais) pour tomber en celui de réprouvé.

D'après Wikipédia

 

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13 février 2019

*** MISS MACKENZIE - ANTHONY TROLLOPE

J'avais beaucoup aimé mon premier Trollope, Le docteur Thorne ; donc je continue.

INCIPIT

Il me faut, je le crains, imposer à mon lecteur quelques détails relatifs aux premières années de Miss Mackenzie, détails dont le récit sera ennuyeux mais que je ferai aussi court que possible.

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RESUME

Angleterre, 1865. Margaret Mackenzie, une "vieille fille" de trente-cinq ans, fait un bel héritage. Subitement, les prétendants affluent ! Elle va devoir, avec beaucoup de finesse et de détermination, faire le tri dans son entourage...

MON AVIS

Ce que j'aime avec les livres, c'est la possibilité de partir dans un autre monde. Oublier les soucis quotidiens, l'ambiance anxiogène de nos sociétés d'aujourd'hui. C'est pour ça que j'aime tant le XIXe siècle, d'ailleurs ; les problèmes étaient autres, mais ils semblent plus pragmatiques, plus terre-à-terre ; et rien que ça, ça fait du bien. Ca change des gens qui se plaignent à longueur de journée pour des broutilles. Et puis j'adore m'imaginer ce petit monde, les jolies robes de ces dames, les traditions, que l'on dit aujourd'hui désuètes ou surannées, mais qui permettent de s'évader...

Dans ce roman, il faut bien le dire, il ne se passe pas énormément de choses, tout tourne autour de Miss Mackenzie, dotée de son incombrante fortune, qui ne sait où donner de la tête, et des personnages autour d'elle, hypocrites ou pas, qui nous font rire. Et puis au milieu du roman, cependant, un joli coup de théâtre fait reprendre à tout le monde... une valse à l'envers. C'est à vous dégoûter d'être riche ! Tout ça est raconté avec drôlerie et précision ; quel talent !

Comme dans le précédent roman que j'ai lu, l'auteur s'adresse très souvent à son lecteur, j'adore ça (voir incipit). Il fait ses petits commentaires, il se moque, il ironise, nous prenant à témoin, s'excusant de sa lenteur à raconter son histoire. On a l'impression d'écouter un grand-papa, assis auprès de nous, narrant les aventures d'une vieille aïeule ! 

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Publié en 1865. Dans son autobiographie de 1883, Trollope affirme que Miss Mackenzie "avait été écrite avec le désir qu'un roman puisse être produit sans aucune histoire d'amour ; mais même dans cette tentative, l'objectif s'effondre avant la conclusion". Les critiques de l'époque n'encensent pas vraiment le roman. Le jeune Henry James trouve Mlle Mackenzie vulgaire et prosaïque, d’autres y trouvent des aspects intéressants, notamment la fidélité et la sympathie avec lesquelles Trollope décrit la vie de personnages ordinaires et son traitement satirique des Sociétés évangéliques, à travers ses représentants dans le roman, M. et Mme Stumfold, et du groupe réuni autour d’eux. On lui accorde également beaucoup de drôlerie.

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Au XIXe, dans la bourgeoisie et l'aristocratie, on se reçoit beaucoup (ça occupe... il n'y a ni télé, ni jeux vidéo, ni cinéma, ni smartphone, rendez vous compte !). Le service doit être impeccable. Dans le roman, il est question du service "à la russe", très en vogue :

Le service à la russe

Depuis le Moyen Âge, les dîners de l'aristocratie sont servis "à la française". Ce type de service est remplacé à partir du XIXe par le service dit "à la russe" : les hôtes, assis autour d'une table, sont servis à la portion et peuvent manger chaud, ce que le service précédent ne permettait pas.

Cela impose :

  • la présentation des plats en séquence,
  • la mise en valeur des rôts (pièces rôties), au centre du repas,
  • le service à table avec des convives assis, et un service à la place,
  • du personnel et des ustensiles dédiés à la place.

Ceci inspirera la restauration en salle pour tout public (les restaurants et leurs rites convenus) inauguré par un cafetier, Boulanger, dans le premier restaurant qui a été ouvert à Paris vers 1765, imitant les rites nouvellement mis en usage dans l'aristocratie.

Le service à la russe est introduit par le prince Alexandre Kourakine, ambassadeur de Russie en France entre 1808 et 1812 ; c'est le goût qui prévaut. En effet, dans le service à la française, les plats étaient tous présentés en même temps, du plus consistant au plus léger, car c'était la vue qui comptait ; les mets étaient exposés sur des meubles et les convives, debout, se servaient comme bon leur semblait. 

Ce service à la russe donne un ordre de présentation des plats et impose l'incontournable rôti (ou rôt). Il nécessite des serveurs, des couverts déjà disposés, dont les règles de présentation sont toujours d'actualité :  

  • un maître d'hôtel, des serveurs et un majordome (théoriquement un par convive),
  • des assiettes individuelles, accompagnées de sous-assiettes, avec la serviette dessus en décoration, le couteau (lame à l'intérieur) et la cuillère à droite, la fourchette à gauche,
  • les mets sont servis à gauche, desservis à la droite,
  • le vin est servi à droite, dans des verres différenciés et multiples.

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Les majordomes doivent maîtriser au moins 3 techniques de service, enseignées dans les écoles hôtelières :

  • le « service à l'assiette », qui débarrasse l'assiette vide, et apporte l'assiette garnie du plat suivant,
  • le « service à la pince », depuis le plat à l'aide d'une pince,
  • le « service au guéridon », le plat étant d'abord présenté aux yeux du convive, puis placé sur un guéridon, pour la préparation et la découpe à l'assiette.

Le terme « service à la russe » désigne parfois uniquement ce service au guéridon et, dans l'esprit populaire, la présentation sur table roulante et la découpe du rôti près des convives.

MES EXTRAITS FAVORIS

Pauvre Miss Mackenzie ! Je crains bien que ceux qui lisent cette chronique de sa vie n'aient déjà pris la liberté de la juger plus durement qu'elle ne le méritait. Beaucoup, je le sais, la jugeront bien plus durement qu'ils ne devraient. De quelles fautes, même si nous les analysons, est-elle coupable ? Lorsqu'elle se montre faible, lequel d'entre nous ne le serait pas autant ? De quel orgueil est-elle coupable dont le moins orgueilleux d'entre nous ne pourrait justement s'accuser ?

***

Elle se leva et se regarda dans le miroir. Elle releva ses cheveux au-dessus de l'oreille, sachant où elle en trouverait quelques gris, et secoua la tête comme pour admettre qu'elle était vieille ; mais tandis que sa main se promenait presque malgré elle dans ses boucles, ses doigts lui dirent qu'elle avait encore les cheveux doux et soyeux. Elle se regarda dans les yeux et vit qu'ils étaient brillants. Sa main toucha le contour de sa joure et elle sut qu'il y avait encore là un peu de la fraîcheur de la jeunesse. Ses lèvres s'entrouvrirent et ses dents blanches apparurent, puis un sourire et une fossette, et un rire naissant dans ses yeux, puis une larme.

***

Les hommes et les femmes souhaitent vous offrir le meilleur de ce qu'ils ont, mais c'est seulement pour vous faire admirer leur richesse ou leur goût ; et ils s'efforcent d'être spirituels, amusants et sarcastiques ! Mais c'est là aussi pour en tirer un certain prestige. Comme ils sont rares, les efforts accomplis pour le bien de notre entourage !

***

- Je ne pense pas que vous soyez femme à vous laisser impressionner par ce que l'on dit de quelqu'un derrière son dos.

- Tout ce que l'on entend dire des gens est dit derrière leur dos.

***

Elle considérait ses soupirant comme autant d'hommes à qui ses revenus rendraient service et leur était presque reconnaissante de bien vouloir s'embarrasser d'elle pour utiliser son argent.

***

Je me demande si le coeur de la vieille dame s'attendrit un tant soit peu tandis qu'elle priait. Lui vint-il à l'esprit de s'interroger sur le sens des formules qu'elle prononçait en demandant à Dieu de lui pardonner ses offenses comme elle pardonnait à ceux qui l'avaient offensée ? Non que Margaret l'ait en vérité offensée, mais elle considérait assurément sa nièce comme coupable de l'offense la plus noire, et qui avait le plus besoin de pardon, si elle avait été capable de pardonner. Mais, je le crains, en cette occasion, les formules n'avaient aucun sens et Lady Ball n'avait en rien été délivrée du mal durant les instants qu'elle avait passés à genoux. 

 

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09 février 2019

MARGARET ATWOOD

Margaret Eleanor « Peggy » Atwood, née le 18 novembre 1939 à Ottawa, en Ontario, est une romancière, poétesse et critique littéraire canadienne. Elle est l'une des écrivaines canadiennes les plus connues, en particulier pour son roman La Servante écarlate. 

Margaret est la fille de Carl Edmund Atwood, zoologue, et de Maragaret Dorothy Killiam, nutritionniste. Par le métier de son père, elle passe la majeure partie de son enfance entre les forêts du Nord du Québec, Sault Ste Marie, Ottawa et Toronto.

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Elle commence à écrire à l’âge de 16 ans. En 1957, elle entreprend des études de lettres au collège Victoria à l'Université de Toronto.  

Après avoir reçu la médaille E. J. Pratt pour son recueil de poème Double Persephone, elle poursuit ses études à Harvard, au Radcliffe College, dans le cadre d’une bourse Woodrow Wilson. Elle est diplômée en 1962 avant de prolonger ses études à l'Université Harvard pendant quatre ans.

Elle enseigne tour à tour à l'Université de Colombie-Britannique (1965), à l'Université Concordia à Montréal (1967-1968), à Université de l'Alberta (1969-1979), à l'Université York à Toronto (1971-1972) et à l'Université de New York.

En 1968, elle épouse Jim Polk, mais divorce en 1973. Elle se marie ensuite avec le romancier Graeme Gibson. Elle donne naissance à sa fille Eleanor Jess en 1976.

Elle a reçu plusieurs prix et récompenses.

OEUVRE

Romans

  • Trilogie romanesque Le Dernier Homme
  • La Femme comestible
  • Faire surface
  • Lady Oracle
  • La Vie avant l'homme
  • Marquée au corps
  • La Servante écarlate
  • Œil-de-chat
  • La Voleuse d'hommes
  • Captive
  • Le Tueur aveugle
  • L'Odyssée de Pénélope
  • C’est le cœur qui lâche en dernier

Elle a également écrit des livres pour la jeunesse, des nouvelles, de la poésie et des essais.

D'après Wikipédia

 

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08 février 2019

GERMINAL - EMILE ZOLA

Un incontournable. Et même si les mines, c'est du passé... on pense tout au long de la lecture au destin tragique des ouvriers d'aujourd'hui dans les usines textiles du Bengladesh ou de Chine... Le message social de Zola et de bien d'autres n'a toujours pas fait tomber le capitalisme pur et dur.

INCIPIT

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves.

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LE DEBUT

Fils de Gervaise Macquart et de son amant Auguste Lantier, le jeune Étienne Lantier part dans le Nord de la France à la recherche d’un nouvel emploi. Il se fait embaucher aux mines de Montsou et connaît des conditions de travail effroyables. Il trouve à se loger dans une famille de mineurs, les Maheu, et tombe amoureux de l'une des filles, la jeune Catherine. Celle-ci est la maîtresse d'un ouvrier brutal, Chaval, et bien qu'elle ne soit pas insensible à Étienne, elle se refuse à passer d'amant en amant. Lorsque la Compagnie des Mines, arguant de la crise économique, décrète une baisse de salaire, Lantier pousse les mineurs à la grève. Il parvient à vaincre leur résignation et à leur faire partager son rêve d'une société plus juste et plus égalitaire.

MON AVIS

Parfaite construction, avec un suspense constant et beaucoup d'émotion. Zola a l'art de rendre des faits de société avec une précision inouïe mais en gardant un souffle romanesque qui rend les personnages et leur situation inoubliables.

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Germinal est publié en 1885. Il s'agit du treizième roman de la série des Rougon-Macquart. Écrit d'avril 1884 à janvier 1885, le roman paraît d'abord en feuilleton entre novembre 1884 et février 1885 dans le Gil Blas. Il connaît sa première édition en mars 1885. 

Le roman inclut un bref historique du capitalisme charbonnier à Lille et relate l'envolée des actions minières. Pour décrire de la façon la plus réaliste possible le monde de la mine, Émile Zola se documente dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, du 23 février au 2 mars 1884, alors que commence la grande grève des mineurs d'Anzin. Pendant huit jours, il parcourt les corons d'Anzin et de Bruay. Il descend dans la fosse Renard de la Compagnie des mines d'Anzin à Denain. Il interroge les mineurs, porions et ingénieurs sur leur vie quotidienne et rencontre en particulier Émile Basly, meneur de la grève. Rentré à Paris, il continue de suivre les évènements par la presse et compile cette documentation dans Mes notes sur Anzin.

Il est aussi en contact avec Michel Rondet, mineur syndicaliste dans le bassin houiller de la Loire. Élu secrétaire général du syndicat des mineurs de la Loire en décembre 1881, il milite pour l'amélioration des conditions de travail dans les mines (il est le créateur de la Fraterelle des mineurs).

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Film de Claude Berri, 1993

La fusillade passe pour avoir été inspirée de la fusillade d'Aubin et de celle de La Ricamarie, dont les bilans sont quasiment identiques : 14 morts, dont deux enfants et une femme, et 22 blessés (dont 3 succomberont à leurs blessures) à Aubin ; 14 morts et de nombreux blessés à La Ricamarie, dont deux enfants (Lydie et Bébert) et trois femmes (dont la Brulé et la Mouquette), et 25 blessés pour le récit.

La dernière phrase du roman suggère que les efforts collectifs des ouvriers, et leur refus de leur vie misérable, portent en germe les révoltes futures : « Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s'ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l'astre, par cette matinée de jeunesse, c'était de cette rumeur que la campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre. »

Zola fusionne les mineurs avec les végétaux, qui sortent de terre et bourgeonnent. La germination printanière se fait ainsi métaphore de la révolte ouvrière. Cette dernière phrase entre en résonance avec le titre du roman. Par ailleurs, Germinal est un mois du calendrier républicain ; il correspond au début du printemps et à la renaissance de la nature. Zola établit un parallèle entre l'éveil de la conscience ouvrière à son époque, et la Révolution française.

Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais

Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est un territoire du nord de la France, dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, marqué économiquement, socialement, paysagèrement, écologiquement et culturellement par l'exploitation intensive, de la fin du XVIIe siècle jusqu'à la fin du XXe siècle, de la houille, daté du Stéphanien, présente dans son sous-sol. Il s'agit de la partie occidentale d'un gisement qui se prolonge au-delà de la frontière franco-belge.

Les affleurements de houille sont découverts dans le Boulonnais vers 1660. Le 3 février 1720, la première veine de houille du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est découverte à la fosse Jeanne Colard, à l'issue d'une campagne de recherche. Le 24 juin 1734, la houille grasse est découverte à la fosse du Pavé à Anzin. Après des procès, la Compagnie des mines d'Anzin est fondée le 19 novembre 1757 et prend rapidement beaucoup d'ampleur. En parallèle, des sociétés de recherche naissent durant tout le XVIIIe siècle. Le début du XIXe siècle est marqué par des avancées technologiques (machine à vapeur et exhaure). Les années 1830 et le début des années 1840 sont marqués par la révolution industrielle, les nouvelles industries ont un besoin énorme en charbon, ce qui créé dans le Nord une période de cherté des houilles, et la création d'un grand nombre de sociétés de recherches. Dès lors, le bassin minier se développe de manière exponentielle. Les ouvertures de fosses se succèdent, les terrils prennent de la hauteur et les corons apparaissent. Cette progression se déroule durant toute la seconde moitié du XIXe siècle et dans les années 1900. L'année 1906 est marquée par la catastrophe de Courrières qui a eu lieu le 10 mars et a tué 1 099 personnes. De longues grèves ont suivi, et la sécurité dans les mines a été améliorée.

Le bassin minier est touché de plein fouet par la Première Guerre mondiale et la reconstruction dure jusqu'au milieu des années 1920. Cette période est marquée par l'arrivée des Polonais et des Italiens, bien que d'autres nationalités soient également présentes. Le début des années 1930 est marqué par les effets du Krach de 1929. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le bassin minier se retrouve très vite occupé. Les mineurs résistent alors à l'occupant, par un ralentissement de la production et par sabotages. Plus des deux tiers des mineurs du bassin se mettent en grève en juin 1941.

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Les compagnies sont nationalisées le 17 mai 1946 avec la création de Charbonnages de France avec un vaste programme de modernisation avec concentration de l'extraction pour relever la France. La récession commence dès le début des années 1960 et les fosses sont peu à peu fermées. De nombreuses grèves éclatent dans le bassin minier. Le Centre historique minier de Lewarde est ouvert au public en 1984. La dernière gaillette est remontée dans ce second siège à la fosse de service no 9 - 9 bis le 21 décembre 1990.

Si les années 1990 sont marquées par une volonté d'effacer toutes les traces du passé, les années 2000 sont quant à elles marquées par une prise de conscience sur l'intérêt du patrimoine bâti et naturel. De nombreux vestiges sont classés ou inscrits aux monuments historiques en 2009 et 2010. Le samedi 30 juin 2012, 353 éléments répartis sur 109 sites sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco.

Corons

Un coron est une habitation ouvrière typique des régions d'Europe occidentale en usage à l'époque de la révolution industrielle (seconde moitié du XIXe siècle) grâce à l'extraction du charbon et à la sidérurgie. Les corons constituent des quartiers d'habitations unifamiliales étroites, à un étage, avec un petit jardin potager à l'arrière.

Les maisons ouvrières sont la plupart du temps la propriété des sociétés industrielles (houillères par exemple) employant les ouvriers qui y logent. Les corons sont situés contre les usines ou à proximité du lieu de travail.

Différents types de corons ont cohabité. Certains représentent un réel progrès (du moins pour l'époque) en matière de salubrité par rapport aux foyers de choléra représentés par la malsaine architecture de « courée » lilloise (cour située à l'intérieur d'un pâté de maisons, accessible par un mince couloir depuis la rue, et entourée de logements de deux pièces superposées, avec un wc et un point d'eau communs au milieu de la cour).

La distinction entre coron et cité de mine (voir cité ouvrière) tient quant à elle plutôt au caractère mitoyen ou non des maisons : elles le sont dans le coron (d'où un effet « mur de briques » sur toute la rue), pas dans la cité (où les maisons sont individuelles ou jumelées).

Chronologiquement, les corons apparaissent après les courées, les premiers étant plutôt typiques de la mine et de l'industrie lourde du XIXe siècle, les secondes du textile. Les courées sont également davantage associées aux centres-villes, et les corons à des cités nouvellement créées en périphérie.

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Aujourd'hui, les rénovations successives font que corons comme courées sont parfois très recherchés. On distingue encore parfois leur état premier par la situation saugrenue de la salle de bains (au rez-de-chaussée, accès par la cuisine), due au rajout tardif de cette salle d'eau construite en général après la maison. Certains corons sont soigneusement restaurés et reconnus comme élément du patrimoine industriel, par exemple dans le bassin minier du Nord de la France, ou en Belgique, telle la cité du Grand-Hornu.  

MES EXTRAITS FAVORIS

L’ouvrier ne pouvait pas tenir le coup, la révolution n’avait fait qu’aggraver ses misères, c’étaient les bourgeois qui s’engraissaient depuis 89, si goulûment, qu’ils ne lui laissaient même pas le fond des plats à torcher. Qu’on dise un peu si les travailleurs avaient eu leur part raisonnable, dans l’extraordinaire accroissement de la richesse et du bien-être, depuis cent ans ? On s’était fichu d’eux en les déclarant libres : oui, libres de crever de faim, ce dont ils ne se privaient guère. Ça ne mettait pas du pain dans la huche, de voter pour des gaillards qui se gobergeaient ensuite, sans plus songer aux misérables qu’à leurs vieilles bottes. 

***

Augmenter le salaire, est-ce qu’on peut ? Il est fixé par la loi d’airain à la plus petite somme indispensable, juste le nécessaire pour que les ouvriers mangent du pain sec et fabriquent des enfants… S’il tombe trop bas, les ouvriers crèvent, et la demande de nouveaux hommes le fait remonter. S’il monte trop haut, l’offre trop grande le fait baisser… C’est l’équilibre des ventres vides, la condamnation perpétuelle au bagne de la faim.

***

Oui, c’est votre idée, à vous tous, les ouvriers français, déterrer un trésor, pour le manger seul ensuite, dans un coin d’égoïsme et de fainéantise. Vous avez beau crier contre les riches, le courage vous manque de rendre aux pauvres l’argent que la fortune vous envoie… Jamais vous ne serez dignes du bonheur, tant que vous aurez quelque chose à vous, et que votre haine des bourgeois viendra uniquement de votre besoin enragé d’être des bourgeois à leur place.

 

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05 février 2019

H.G. WELLS

Herbert George Wells, plus connu sous la signature H. G. Wells, né le 21 septembre 1866 à Bromley dans le Kent (Royaume-Uni) et mort le 13 août 1946 à Londres, est un écrivain britannique surtout connu aujourd'hui pour ses romans de science-fiction. Il est considéré comme le père de la science-fiction contemporaine. Il est cependant également l'auteur de nombreux romans de satire sociale, d'œuvres de prospective, de réflexions politiques et sociales ainsi que d'ouvrages de vulgarisation touchant aussi bien à la biologie, à l'histoire qu'aux questions sociales. 

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H.George Wells est le cinquième et dernier enfant de Joseph Wells, jardinier, joueur de cricket et commerçant, et de son épouse Sarah, une ancienne domestique. Sa famille appartient à la classe moyenne peu argentée. Un héritage a permis à la famille d'acheter un magasin de porcelaines qui ne sera jamais prospère. Joseph vend ensuite des battes et des balles de cricket et reçoit également quelques rémunérations lors des matchs auxquels il participe. 

Un incident survenu alors que H.G. Wells n'a que sept ans va être déterminant pour la suite de sa vie. À cause d'un accident survenu sur un terrain de sport, il doit rester alité un certain temps avec une jambe cassée. Il passe le temps en lisant des romans et se passionne pour les autres mondes auxquels lui donnent accès ses nouvelles lectures. C'est à ce moment qu'il prend goût à l'écriture. Il entre à la Thomas Morley's Commercial Academy, une école privée fondée en 1849. En 1877, un nouvel incident obscurcit la jeunesse de l'auteur : à la suite d'une chute, son père se fracture une jambe et doit abandonner sa carrière sportive qui représente une part non négligeable des revenus de la famille.

Incapable de supporter plus longtemps leur charge de famille, les parents Wells décident de placer leurs garçons comme apprentis dans différents corps de métier. Ainsi, de 1881 à 1883, Herbert George Wells commnce un apprentissage comme marchand de tissus chez Southsea Drapery Emporium.  

Les parents Wells ne s'entendent pas très bien - elle est protestante et lui libre penseur -, si bien que sa mère retourne travailler comme femme de chambre à Up Park, une maison de campagne du Sussex, une fonction qui ne l'autorise à emmener ni mari, ni famille. Ensuite, Sarah et Joseph vivront séparément, sans toutefois divorcer, ni avoir aucune autre liaison.

Herbert George Wells ne tire profit ni de son apprentissage comme marchand de tissu, ni de celui comme assistant chimiste, ni de son expérience comme enseignant auxiliaire, ce qui l'oblige à retourner régulièrement chez sa mère à Up Park, jusqu'à ce qu'il trouve une situation plus stable. H. G. Wells profite de ses séjours à Up Park pour se plonger dans les livres de la superbe bibliothèque du lieu.

En 1883, il persuade ses parents de le laisser étudier à la Midhurst Grammar School pour devenir instituteur. L'année suivante il obtient une bourse à la Normal School of Science de Londres, où il étudie la biologie jusqu'en 1887. Il fait partie d'une société de débat des étudiants et s'intéresse aux possibilité de réforme de la société. Après avoir étudié Platon, il se tourne vers les idées socialistes qui naissent à l'époque. Il est également parmi les fondateurs du journal de l'école où il exprime ses opinions concernant la littérature et la société, et propose aussi quelques fictions.  

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Il exerce comme instituteur, puis retourne compléter son éducation au College of Preceptors. En 1890, il obtient un diplôme en zoologie de l'université de Londres. Il devient professeur et publie un ouvrage de biologie en deux volumes en 1893.

Logé chez sa tante Mary pendant ses études, il tombe amoureux de sa cousine Isabel, qu'il épouse en 1891.

Le premier best-seller de Herbert George Wells est Anticipations, paru en 1901. C'est peut-être son œuvre la plus explicitement futuriste, qui paraît d'abord par épisodes dans un magazine. 

Ses premiers romans, qu'on appelle alors des « romans scientifiques », inaugurent un grand nombre de thèmes devenus de grands classiques en science-fiction, comme La Machine à explorer le temps, L'Île du docteur Moreau, L'Homme invisible et La Guerre des mondes mais sont souvent considérés comme largement influencés par les œuvres de Jules Verne. Mais Wells refuse le titre de « Jules Verne anglais » : ses inventions n'ont pas pour but de montrer ce qui va se produire réellement dans le futur mais de simplement prendre possession du lecteur par l'illusion romanesque.  

Même s'il ne s'agit pas d'un roman de science-fiction, Tono-Bungay fait une large part à la désintégration radioactive. Celle-ci joue un rôle clé dans La Destruction libératrice. Ce récit contient ce qui peut être considéré comme sa meilleure intuition prophétique. Les scientifiques de l'époque savent que la désintégration du radium dégage de l'énergie à faible rayonnement pendant des milliers d'années. Le taux de rayonnement est trop faible pour avoir une quelconque utilité pratique, mais la quantité totale d'énergie libérée est énorme. Le roman de Wells tourne autour d'une invention qui accélère le processus de désintégration radioactive afin de produire des bombes qui explosent avec une puissance digne d'explosifs ordinaires, mais qui continuent d'exploser pendant des jours et des jours. Leó Szilárd reconnaît que ce livre lui a inspiré la théorie de la réaction nucléaire en chaîne.

Dès les débuts de sa carrière, Wells cherche une meilleure manière d'organiser la société, écrivant de nombreuses utopies. Ses romans commencent généralement par la description d'un monde courant à la catastrophe jusqu'à ce que la population mondiale accède à un nouveau mode de vie : soit grâce à un mystérieux gaz libéré par une comète et qui rend les humains plus rationnels (In the Days of the Comet), soit grâce à un conseil scientifique s'emparant du pouvoir (The Shape of Things to Come). Wells fait également la description d'une reconstruction sociale d'après-guerre par l'avènement de dictateurs fascistes dans The Autocracy of Mr Parham et The Holy TerrorToutes ses utopies ne se terminent pas forcément de manière heureuse...

Wells écrit aussi des ouvrages spécialisés, sur l'histoire, la science, l'humanité. Wells rédige également la préface de la première édition des journaux intimes de W. N. P. Barbellion, The Journal of a Disappointed Man, publié en 1919. Comme beaucoup de critiques pensent que Barbellion est un pseudonyme, Wells est longtemps considéré comme le véritable auteur du Journal ; Wells a toujours démenti ces allégations, mais les rumeurs persistent jusqu'à la mort de Barbellion.

En 1938, il publie World Brain, une série d'essais sur l'organisation future de la connaissance et de l'éducation, parmi lesquels on trouve un essai intitulé The Idea of a Permanent World Encyclopaedia, concept parfois rapproché du projet Wikipédia.  

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Herbert George Wells s'exprime également par le dessin. Ses croquis ornent fréquemment les couvertures de ses propres livres. Ses dessins couvrent un large éventail de sujets, allant du commentaire politique aux critiques littéraires en passant par des sujets plus romantiques. Pendant ses années de mariage avec Amy Catherine, il dessine un grand nombre de scènes à propos de leur mariage. C'est pendant cette période qu'il appelle ses dessins des picshuas (une déformation humoristique du terme anglais pictures).  

Il invente aussi un jeu, Floor Games, en 1911, suivi par Little Wars en 1913, généralement reconnu aujourd'hui comme le tout premier wargame miniature avec figurines.

Vie privée

En 1891, Herbert George Wells épouse sa cousine Isabel Mary Wells, mais la quitte en 1894 pour l'une de ses étudiantes, Amy Catherine Robbins, qu'il épouse en 1895. Sa seconde femme lui donne deux fils : George Philip en 1901 et Frank Richard en 1903.

En 1898, il commande à l'architecte anglais Charles Voysey, une résidence, construite à Sandgate dans le Kent.

Pendant ses années de mariage avec Amy, Wells entretient des liaisons avec un grand nombre de femmes, dont l'activiste américaine du contrôle des naissances, Margaret Sanger. Il a eu une fille, Anna-Jane, avec l'écrivain féministe Amber Reeves en 1909 et un fils en 1914, Anthony, avec la romancière et féministe Rebecca West, de vingt-six ans sa cadette. Wells a également eu une liaison avec Odette Keun et Moura Budberg.  

Ses idées

H. G. Wells se considère comme socialiste, même s'il se trouve occasionnellement en désaccord avec certains autres socialistes de son époque. Il est membre de la Fabian Society, mais la quitte ensuite parce qu'il juge cette organisation beaucoup plus radicale qu'il ne l'aurait voulu. Il devient même l'un de ses adversaires les plus acharnés, reprochant à ses membres d'avoir une piètre compréhension des problèmes économiques et éducatifs. Il est également le candidat du Labour Party à l'Université de Londres en 1922 et 1923, mais même à cette époque sa foi en son propre parti est pour le moins fragile.

Ses réflexions sur le socialisme imprègnent certains de ses romans d'anticipation, tels que La Machine à explorer le temps et Les Premiers Hommes dans la Lune, romans dans lesquels les héros découvrent, respectivement dans l'avenir et sur la lune, des sociétés nouvelles. Dans La Guerre des mondes, il met en parallèle les attaques martiennes contre la terre et les pratiques génocidaires de l'Empire britannique en Tasmanie.

Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés découvrent que les SS ont établi une liste des intellectuels et des politiciens à assassiner immédiatement après l'invasion de la Grande-Bretagne. Le nom d'Herbert George Wells apparaît en tête de liste, en raison de ses idées socialistes. Wells, devenu président du PEN club international, a déjà eu affaire à l'Allemagne nazie en supervisant lui-même l'exclusion de la branche allemande en 1934, à la suite de leur rejet des écrivains non aryens.

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Son idée politique la plus féconde concerne la nécessité de créer un État-Monde. Si les détails de cet État-Monde ont varié au cours du temps, son principe fondamental consiste à organiser une société qui favoriserait les sciences, mettrait fin aux nationalismes et permettrait aux citoyens de progresser en fonction de leurs mérites et non plus en fonction de leur naissance. Il pense que le type de démocratie parlementaire pratiqué à l'époque n'est pas satisfaisant. Ainsi, lorsqu'il travaille à la Charte des Nations unies, il s'oppose à toute mention du terme démocratie. Parallèlement, il craint que le citoyen moyen ne soit jamais suffisamment éduqué ou éclairé pour traiter des problèmes majeurs du monde. C'est la raison pour laquelle il pense devoir limiter le droit de vote aux scientifiques, ingénieurs et autres gens de mérite. Mais il défend en même temps l'idée que les citoyens doivent jouir du maximum de liberté possible, tant que celle-ci ne restreint pas celle d'autrui. Toutes les valeurs que défend H. G. Wells sont de plus en plus critiquées à partir des années 1920.

Jusque dans les années 1930, Wells reste néanmoins convaincu de la nécessité de créer cet État-Monde. Dans cette perspective, il accueille avec enthousiasme les tentatives de Lénine de reconstruire l'économie russe. Au départ, il pense que Lénine pourrait engager la construction du monde planifié dont il rêve, même s'il est foncièrement anti-marxiste. Mais ensuite, la politique de Joseph Staline le conduit à changer de point de vue sur l'Union soviétique. Il fait tout de même l'éloge de ses qualités, disant qu'il n'a « jamais rencontré un homme plus juste, plus candide et plus honnête », rejetant ainsi la sombre réputation de Staline comme injuste, voire fausse. Il n'en juge pas moins la manière de gouverner de Staline bien trop rigide, ne laissant aucune place à la moindre pensée indépendante, et trop obtuse pour réellement mener à la Cosmopolis qu'il appelle de ses vœux.

Les dernières années

À la fin de sa vie, Wells a perdu beaucoup de son influence dans les milieux politiques. Ses efforts pour aider à la création de la société des Nations se soldent par une profonde déception, lorsque cette organisation se révèle incapable d'empêcher la Seconde Guerre mondiale. La guerre elle-même le rend de plus en plus pessimiste. Dans son dernier livre, Mind at the End of its Tether (1945), il jugea que ce ne serait pas une si mauvaise idée de remplacer l'espèce humaine par une autre espèce... Il passe ses dernières années à critiquer l'Église catholique romaine... ainsi qu'un voisin qui fait de la réclame pour un club militaire. Comme il consacre les dernières années de sa vie à défendre des causes perdues, sa réputation littéraire décline également.  

H. G. Wells adhère à la Société eugénique en 1907, mais rejette les thèses de Francis Galton. Il s'intéresse cependant à l'eugénisme négatif : « L'espèce humaine est en fin de course. L'esprit n'est plus capable de s'adapter assez vite à des conditions qui changent plus rapidement que jamais. Nous sommes en retard de cent ans sur nos inventions. Cet écart ne fera que croître. Le Maître de la Création n'est plus en harmonie avec son milieu. Ainsi le monde humain n'est pas seulement en faillite, il est liquidé, il ne laissera rien derrière lui. Tenter de décrire une fois encore la Forme des choses à venir serait vain, il n'y a plus de choses à venir. »

Aussi bien de son vivant qu'après sa disparition, Herbert George Wells fut considéré comme un penseur socialiste de tout premier ordre. Mais sa célébrité posthume est surtout due à ses romans et à son rôle de pionnier dans l’histoire de la science-fiction. Wells a également la réputation d'être indirectement l'inventeur de la reproduction mécanique de la vie animée, qui devait aboutir à la robotique. Les premiers mécas, les tripodes martiens, apparaissent dans son roman intitulé La Guerre des mondes.

OEUVRES

Romans principaux

  • La Machine à explorer le temps 
  • La Merveilleuse Visite 
  • L'Île du docteur Moreau 
  • La Burlesque Équipée du cycliste ou Les Roues de la Chance 
  • L'Homme invisible
  • La Guerre des mondes 
  • Quand le dormeur s'éveillera
  • L'Amour et Mr Lewisham 
  • Les Premiers Hommes dans la Lune 
  • Miss Waters 
  • La Nourriture des dieux ou Place aux Géants 
  • Kipps 
  • Une utopie moderne 
  • Au temps de la comète 
  • La Guerre dans les airs 
  • Tono-Bungay 
  • Anne Véronique 
  • L'Histoire de M. Polly 
  • Le Nouveau Machiavel
  • Mariage 
  • La Destruction libératrice 
  • M. Britling commence à voir clair 
  • Jeanne et Pierre 
  • La Flamme immortelle
  • Les Coins secrets du cœur 
  • M. Barnstaple chez les hommes-dieux 
  • Un rêve... une vie... 
  • Le Père de Christine Alberte 
  • Le Fantôme de Camford 
  • La Dictature de M. Parnham 
  • Le Joueur de croquet 
  • Enfants des étoiles (Star Begotten, 1937)
  • Dolorès 
  • Un homme averti en vaut deux 

Il a également écrit de très nombreuses nouvelles et essais.
       

 

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03 février 2019

MERVEILLEUSES - CATHERINE HERMARY-VIEILLE - 1/5

Moi qui étais fan de Catherine Hermary-Vieille... grosse déception.

RESUME

Le Directoire. La période post-révolution des "Incroyables et des Merveilleuses", dont fait partie Joséphine de Beauharnais, future impératrice de France, ce dont elle est alors loin de se douter. Le roman raconte sa vie, son amitié avec Thérésa Tallien, sa rencontre avec Napoléon, et s'arrête avant le couronnement.

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L'AUTEUR

Catherine Hermary-Vieille, née le 8 octobre 1943 dans le 15e arrondissement de Paris, est une romancière et biographe française.

Après l'obtention de son baccalauréat, elle étudie les langues O. En 1981, son premier roman, Le Grand Vizir de la nuit, inspiré du conte La Fin de Giafar et des Barmakides des Mille et Une Nuits, remporte le Prix Femina.

La plus grande part de son œuvre romanesque appartient à la veine du roman historique, notamment La Marquise des ombres (1983), récit centré sur la Marquise de Brinvilliers, célèbre empoisonneuse du XVIIe siècle, jugée et reconnue coupable dans l'Affaire des Poisons, et Merveilleuses (2011), qui évoque la France au lendemain de La Terreur. La Bête, paru en 2014, se base sur l'histoire de la Bête du Gévaudan.

En 1986, elle signe Romy, une biographie de l'actrice Romy Schneider. En 1987, elle devient chroniqueuse à Télématin.

Catherine Hermary-Vieille vit à Charlottesville en Virginie. Elle partage sa vie entre l'écriture, sa ferme et de nombreux voyages en France. Mariée avec un ingénieur, elle un fils, Maxime, né en 1978. En 1985, elle adopte une petite-fille au Liban qu'elle prénomme Yasmine, née le 10 août de la même année.

MON AVIS

Oups... le roman est rempli de dizaines et de dizaines et de dizaines de patronymes divers et variés : tous les gens qui entourent Rose (car elle ne s'appelle pas encore Joséphine) de près ou de loin. Le marquis de ceci, le duc de cela, Madame Machin, Monsieur de Truc... Des listes de restaurants à la mode, de magasins... des listes, des listes, des listes ! C'est ASSOMMANT ! Et pourquoi donc ? Au lieu de nous en mettre plein la vue avec son érudition, on aurait préféré que l'auteure, au lieu de nous citer dix magasins à la mode, nous fasse entrer dans l'un d'entre eux, par exemple, pour voir ce qu'on y vend ou ce qui s'y passe ou ce qui s'y dit. C'est ce qu'on demande aux romans historiques : la description du quotidien autour d'une ou plusieurs personnalités. 

Du coup, ce "name-dropping" ne laisse pas beaucoup de place pour le côté romanesque. On croit lire une biographie pure, tout est très factuel : des suites d'événements trop rapidement décrits... Mais c'est une biographie qui serait finalement tout aussi inintéressante, et pour la même raison : des listes et des listes de noms ! Sans préciser de qui il s'agit vraiment, sans les situer sur la scène politique. Et puis ces "listes" se répètent de page en page, il y a le groupe des potes, le groupe des jacobins, le groupe des montagnards, etc... Et je ne parle pas des hôtels particuliers, dont les noms parsèment également le livre... Répétitions aussi pour les costumes, on a l'impression d'avoir toujours la même description, toutes les trente pages : la robe transparente, les cheveux coiffés à la Titus...

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Quand je disais, récemment, que Proust semait de nombreuses références littéraires ou artistique, à côté de ça, c'est de la gnognotte ! En même temps, difficile de comparer Proust à Hermary-Vieille ; faut rien exagérer non plus.

Un autre défaut ? Un effet de style, utilisé très souvent, et que j'ai toujours détesté : la phrase interro-négative genre : Tout homme se piquant d'élégance se devait d'être un athlète. Les Grecs, les Romains, n'étaient-ils pas de fervents adeptes des activités physiques ? Ces espèces de phrase qui vous posent une question, comme si l'auteur n'était pas trop sûr de lui... ça m'exaspère. Et il y en a plein le texte !

En tout cas, ce roman-là est un véritable pensum ! Je me demande comment je suis arrivée jusqu'au bout. 

En fait, si, je sais pourquoi j'ai tenu : je voulais savoir comment Rose allait séduire Bonaparte. Car, il faut le dire, son portrait n'est pas très flatteur... à la Rose ! Futile, coquette, toujours à la recherche d'un nouvel amant riche pour l'entretenir, et en plus elle a les dents pourries (elle ne sourit que lèvres pincées) et utilise tout un tas de cache-misère pour camoufler les défauts de sa peau, ainsi que son âge ! Le personnage ne nous émeut guère. Même quand elle fait son séjour en prison, on s'en fiche éperdument. D'ailleurs, c'est écoeurant de constater que ces anciens aristos s'en sortent plutôt pas mal... ils reprennent très vite leurs vieilles habitudes et organisent des bals pendant que les Parisiens sont toujours dans la misère... 

Bref : Rose et Bonaparte. Une histoire d'amour ? Pas du tout. Il est amoureux, pas elle (elle veut juste un mari qui a de l'avenir...) et le trompe à peine mariée. Une héroïne presque détestable... Pour le coup, j'ai lu la fin un peu en diagonale.

Mais qu'est-il arrivé à Catherine Hermary-Vieille ? Elle veut paraître très érudite ? Tout en se moquant de son public, qui attend un beau souffle romanesque, sur un personnage célèbre ? Quel est l'intérêt de citer tous ces noms ? De toute façons, on ne les retiendra pas...

Non, vraiment, je suis très déçue. A vous dégoûter du roman historique.

FAITS HISTORIQUES REELS (merci Wiki)

Incroyables et merveilleuses

Les Incroyables et Merveilleuses sont un courant de mode de la France du Directoire caractérisé par sa dissipation et ses extravagances, en réaction à la sombre tristesse qu'avait répandue la Terreur.

Le 27 juillet 1794, la chute de Robespierre marqu le début de la réaction thermidorienne. Dès le lendemain de sa mort sur l’échafaud, on voit reparaître les carrosses ; il y a de nouveau des maîtres et des domestiques. Au lendemain de la Terreur, les Français sortis des prisons ou revenus d’exil, ou tout simplement soulagés de voir la fin du cauchemar, se jettent avec frénésie dans tous les plaisirs.

Parmi les trente ou quarante théâtres et 644 bals publics qui font recette, il y at les bals des victimes, où ne sont admis que ceux qui affirment avoir perdu des parents par l’échafaud, où l’on danse en habits de deuil, et où l’on salue d’un coup sec de la tête, comme si elle avait été frappée du couteau de la guillotine. Dans les théâtres, on applaudit les allusions qui semblent avoir trait au jacobinisme, à la tyrannie ; la « jeunesse dorée », les muscadins, ainsi nommés parce que le parfum du musc et celui de la muscade font alors fureur, applaudissent les allusions subversives, hostiles à la République.

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Incroyable et Merveilleuse

C’est dans cet environnement que la jeunesse, qui décide du suprême bon ton de l’époque, depuis le choix du costume jusqu’aux formes du langage, lance une nouvelle mode : les hommes, élégants, muscadins, ou "incroyables", portent de longues tresses de cheveux, tombant sur les épaules, ou les cheveux abattus le long des tempes que l’on nomme « oreilles de chien » avec un peigne d’écaille relevant ceux de derrière en chignon, rappelant la toilette des condamnés à mort. Ils portent d’immenses anneaux aux oreilles, d’énormes lunettes sur le nez ou bien un énorme binocle à long manche devant les yeux, comme s’ils étaient affectés de myopie.

On reconnait les élégants de cette époque à leurs redingotes très courtes, un habit à grand collet, faisant une gibbosité sur le dos, comme s’ils étaient bossus, une gigantesque cravate, des culottes de velours ou de nankin noir ou vert mal ajustées et faisant paraître leurs genoux, des bas chinés, tire-bouchonnés sur la jambe. En grande toilette, l’incroyable remplace sa redingote courte par un habit à taille carrée et à grands revers, un chapeau claque d’une dimension énorme se glisse sous son bras, et ses souliers pointus rappellent les chaussures à la poulaine du Moyen Âge.

Les femmes ne sont pas en reste. Les merveilleuses, empruntant à l’Antiquité païenne, prétendent s’habiller ou plutôt se déshabiller à la grecque ou à la romaine. La mythologie étant à l’ordre du jour, il y a des tuniques « à la Cérès » et « à la Minerva », des redingotes « à la Galathée », des robes « à la Flore », « à la Diane », « à l’Omphale ». Faites d’étoffes légères et même diaphanes, ces robes sont trop collantes pour qu’on puisse y coudre des poches, ce qui oblige les élégantes à porter le mouchoir dans un sac appelé, d’un mot grec, « balantine » ou, d’un mot latin, « réticule ». Se chaussant de cothurnes, de sandales attachées au-dessus de la cheville par des rubans entrecroisés ou des lanières garnies de perles, quelques-unes joignent à l’adoption de ces costumes de nouvelles excentricités : la « reine » des Merveilleuses, Thérésa Tallien ayant imaginé d’orner ses orteils laissés à nu de bagues de prix, elles l’imitent et portent aussi des cercles d’or aux jambes.

Tantôt, sur une vaste perruque blonde, elles arborent des chapeaux immenses ; tantôt elles portent les cheveux courts et frisés, comme ceux des bustes romains. Les reines de la mode sont la précitée Thérésa Tallien, que l’on appelle alors « Notre-Dame de Thermidor », Joséphine de Beauharnais, Fortunée Hamelin, Juliette Récamier, Germaine de Staël... 

Voulant se faire remarquer davantage, plusieurs Merveilleuses imaginent de se montrer, dans les promenades et les jardins publics, couvertes seulement de toilettes de gazes transparentes,. Le public s’en étant scandalisé, une réprobation générale s'élève contre ces ultra-merveilleuses, qui sont contraintes de renoncer à ces innovations.

Les Incroyables et les Merveilleuses se signalent également par la singularité et l’affectation de leur manière de prononcer les mots.

La lettre « r », notamment, se prononce normalement roulée, mais à cette prononciation jugée trop « provinciale », on commence à substituer une prononciation « à l'anglaise », plus douce, presque inaudible. Une légende veut que le « r » est tombé en disgrâce car il est la première lettre du mot « Révolution » qui a fait tant de mal. Mais les affectations de prononciation sont un peu antérieures à la révolution et ne concernent pas uniquement le « r » : le « l » et le « g » ont aussi été affectés par cette mode d'accent cosmopolite, qui tendait à rendre moins « dures » toutes les consonnes, par affectation intellectuelle.

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Les élégants manifestent constamment leur étonnement par des superlatifs affectés, tel « incroyable », « merveilleux », qui deviennnt : « Ma pa’ole d’honneu’ ! C’est inc’oyable ! ». Cette habitude popularise le surnom d’« Incroyables » pour les hommes, de « Merveilleuses » pour les femmes, ou encore de « muscadins », car ils utilisent beaucoup le musc en parfum, le seul capable selon de couvrir les odeurs de sang lors des années terribles.

Les Incroyables sortent souvent avec un énorme gourdin, noueux ou en spirale, qu’ils appellent leur « pouvoir exécutif », et dont ils se servent pour traquer et rosser les Jacobins. En signe de ralliement, ils ont adopté la perruque blonde et le collet noir, ce qui amène des rixes continuelles, soit avec les collets rouges démocratiques, soit avec les soldats républicains.

Les salons de Barras, ceux de Thérésa Tallien, le lycée-bal de l’hôtel Thellusson sont les principaux lieux de réunion de cette « jeunesse dorée ». 

Joséphine de Beauharnais

Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie, dite Joséphine de Beauharnais, née le 23 juin 1763 aux Trois-Îlets en Martinique et morte le 29 mai 1814 au château de Malmaison à Rueil-Malmaison, est la première épouse de l’empereur Napoléon Ier de 1796 à 1809. À ce titre, elle est impératrice des Français de 1804 à 1809 et reine d'Italie de 1805 à 1809.

L'appellation « Joséphine de Beauharnais », bien que largement utilisée, serait historiquement incorrecte. En effet, elle n'a jamais été appelée ainsi de son vivant : du temps de son mariage avec Alexandre de Beauharnais, elle se prénomme Marie Josèphe Rose, ou plus couramment Rose. C'est Napoléon qui lui donne le nom de Joséphine. 

Elle est issue d'une famille de riches colons martiniquais, dont la famille paternelle est originaire du Loir-et-Cher, qui exploitent une plantation de cannes à sucre sur laquelle travaillent plus de cent cinquante esclaves africains. Elle trichera toute sa vie sur la date de sa naissance pour se rajeunir. Les almanachs impériaux indiqueront tous les ans la date du 24 juin 1768. Sa fille Hortense continuera à maintenir cette fiction.

L'exploitation des Tascher ne fait pas partie des plus grandes exploitations de Martinique et elle périclite à l'époque de la naissance de Joséphine. Son père gère mal les terres. La propriété familiale est détruite lors d'un ouragan en 1766, et elle ne sera jamais reconstruite. Les Tascher s'installent à l'étage d'une dépendance restée intacte, ce qui nuit à leur réputation sur l'île. Nostalgique de la France, le père de Joséphine s'absente souvent et rejoint Fort-Royal, où il mène une vie de plaisirs. Ses filles ont une enfance très libre, sans discipline ni préoccupations intellectuelles. Joséphine, surnommée « Yéyette », passe ses journées avec sa nourrice, une mulâtre, et joue souvent avec des enfants esclaves. À cause du manque d'argent, son père ne l'envoie pas dans une école en métropole à ses 6 ans, comme il est de coutume dans les familles riches de Martinique. À ses 10 ans, elle entre toutefois dans un pensionnat religieux de Fort-Royal, dont elle sort à 14 ans. De son enfance martiniquaise, Joséphine garde un caractère et des habitudes correspondant à l'image que se font les Français des Créoles : paresseux, sensuels et capricieux. Elle joue beaucoup de cette image. Son habitude de manger du sirop de canne à sucre détériore précocement ses dents, ce qui la pousse à adopter un demi-sourire fermé qui lui donne un air énigmatique.

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Château de Malmaison

Au cours de l'année 1777, François de Beauharnais, qui vit avec Marie Euphémie Désirée, la sœur de Joseph-Gaspard Tascher de La Pagerie, propose à ce dernier d'unir son fils cadet, le vicomte Alexandre de Beauharnais avec sa fille Catherine-Désirée Tascher de La Pagerie. Mais la jeune fille vient de mourir à l'âge de 12 ans, emportée par la tuberculose. Alexandre accepte alors la main de l'aînée Rose, qui quitte son île natale pour l'épouser le 13 décembre 1779 à Noisy-le-Grand.

Le couple donne naissance à deux enfants : Eugène-Rose et Hortense Eugénie Cécile.

Le mariage de Rose et d'Alexandre n'est pas heureux, Alexandre multiplie les liaisons et dilapide sa fortune. Le couple se sépare dans des conditions difficiles en décembre 1785. Rose va alors trouver refuge à l'abbaye de Penthemont, où elle va parfaire son éducation au contact des nombreuses jeunes femmes de haute noblesse voire de princesses du sang que leur famille ont placées dans ce lieu.

Quand elle en sort, elle va s'installer chez son beau-père, le marquis de La Ferté-Beauharnais, à Fontainebleau où l'on prétend qu'elle suit les chasses du roi Louis XVI et les beaux cavaliers qui y participent : le comte de Crenay, le duc de Lorge ou le chevalier de Coigny. La Révolution qui éclate en 1789, et qui touche l'île à partir de 1790, l'incite à regagner la France fin 1790 et Paris où son mari (ils ne sont pas divorcés) occupe maintenant la situation très en vue mais dangereuse de président de l'Assemblée constituante.

En septembre, la Constituante se dissout et Alexandre doit regagner les rangs de l'armée du Rhin où il ne manifeste pas de grandes capacités. Après la chute de Mayence en juillet 1793, chute qu'on lui attribue, il regagne son fief de la Ferté-Beauharnais avant d'être arrêté en mars 1794 sur l'ordre du Comité de sûreté générale et emprisonné à la prison des Carmes. Il est guillotiné le 23 juillet 1794. C'est presque par miracle que sa femme évite la guillotine tant elle s'est (assez naïvement) exposée pour sauver des royalistes. Emprisonnée elle aussi à la prison des Carmes le 21 avril (2 floréal), Rose en sort le 6 août 1794 (19 thermidor an II), peut-être grâce à l'intervention de Thérésa Cabarrus, marquise de Fontenay et pour l'heure épouse de Tallien, ou à celle du scribe du Comité de sûreté générale, Charles de La Bussière, qui, amoureux d'elle, fait disparaître son acte d'accusation.

À sa sortie de prison, sa beauté et ses amitiés lui ouvrent les portes des salons à la mode. Malgré sa pauvreté, la citoyenne Beauharnais s'arrange toujours pour être bien mise, contractant des dettes dont elle règle les plus criantes en jouant probablement de ses charmes. Au fil des mois, elle s'arrange aussi pour récupérer les biens d'Alexandre grâce à Barras. 

Nouant une grande amitié avec Thérésa Tallien, elle passe pour être une des « reines » du Directoire ; elle est alors une femme entretenue par ses nombreux amants et devient vraisemblablement la maîtresse de Barras, déjà marié.  Mais Barras, se détachant d'elle, cherche à s'en débarrasser et lui présente, dans son propre hôtel lors d'un dîner le 15 octobre 1795, un officier en disponibilité, Napoléon Bonaparte, censé lui apporter une certaine stabilité financière et une position convenable dans le monde. La veuve Beauharnais accepte ce mariage sans amour de sa part, mais convaincue des capacités de son époux à se tailler une place dans les sphères les plus hautes du pouvoir. Celui-ci, très épris, jaloux et possessif, transforme le deuxième prénom de sa promise, Josèphe, en Joséphine, pour ne pas avoir, dit-on, à prononcer un prénom déjà susurré par trop d'amants.

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Joséphine épouse civilement Napoléon Bonaparte le 8 mars 1796 à Paris. Il a 27 ans, elle en a officiellement six de plus. Les deux époux trichent tous les deux sur leur âge, Joséphine se rajeunissant de quatre ans et Napoléon se vieillissant de deux ans. Le surlendemain, Bonaparte, qui a été nommé par Barras général en chef de l'armée d'Italie, part prendre son commandement. Joséphine, qui reste à Paris quelques mois, tire de substantiels revenus sur des marchés de fournitures plutôt douteux avec l'armée, afin de subvenir à ses goûts luxueux. L'entente avec sa belle-famille est des plus mauvaises ; la sœur préférée de Napoléon, Pauline, qui a le même âge qu'Hortense, l'appelle « la vieille ». Mais surtout Napoléon ne l'a pas encore présentée à sa mère, qui, pour le moment, habite Marseille, et doute que Joséphine puisse assurer une descendance à son fils et faire une bonne maîtresse de maison.

Sous le Directoire, en raison des infidélités de Joséphine, leur vie de couple est orageuse, au point que Napoléon envisage le divorce. Pendant plusieurs mois elle refuse de quitter Paris pour le suivre Napoléon, dans sa première campagne d'Italie. Elle s'y résout le 27 juin 1796 et le rejoint à Vérone. Après diverses péripéties, relatives à la guerre, elle rentre enfin à Paris, où elle reprend sa vie là où elle l'avait laissée.

Après la campagne d'Égypte, se prépare le coup d'État du 18 brumaire qui mène au Consulat. Joséphine y prend une part prépondérante, au même titre que Lucien Bonaparte et Joachim Murat. Napoléon est nommé Premier consul en décembre 1799, Cambacérès est le second (chargé du juridique) et Lebrun le troisième (les finances). Mais c'est à la Malmaison, domaine qu'elle a acheté pendant la campagne d'Égypte que Bonaparte va rapidement remettre la France dans le « droit chemin » : créant la Banque de France, rétablissant l'esclavage dans les colonies rétrocédées par le Royaume-Uni (en 1802), instaurant l'ordre de la Légion d'honneur, avant d'être nommé consul à vie.

Le 18 mai 1804, le Sénat vote à l’unanimité l’instauration du gouvernement impérial, proclamant Napoléon empereur héréditaire des Français. C’est Napoléon lui-même qui se couronne et pose la couronne impériale sur la tête de son épouse Joséphine, la proclamant impératrice tandis que Pie VII se contente de bénir la couronne. Aucune des trois sœurs de Napoléon (qui n'aiment pas leur belle-soeur) ne voulant porter la traîne de l'impératrice, l'Empereur doit se fâcher pour les y contraindre mais elles s'amusent à tirer dessus pour que Joséphine trébuche.

L'absence de naissance dans le couple Bonaparte devient une affaire d'État à mesure que Napoléon gagne en pouvoir. À l'époque, la stérilité est traditionnellement imputée à la femme, mais parce que Joséphine a eu deux enfants de son premier mariage, Napoléon craint d'en être à l'origine. Aucune des maîtresses de l'empereur n'est tombée enceinte de lui. Mais la naissance d'un enfant naturel en 1806 fragilise grandement la position de Joséphine et accélère le divorce.  

Napoléon permet néanmoins à Joséphine de conserver le titre d’impératrice douairière en lui donnant l'Élysée, le château de la Malmaison et son domaine de 800 hectares, ainsi que le château de Navarre près d'Évreux, faisant Joséphine duchesse de Navarre.

Joséphine se retire au château de Navarre pendant deux ans, puis au château de Malmaison où toutes les têtes couronnées d'Europe, victorieuses, défilent au printemps 1814.

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Joséphine

Dépensière, toujours endettée, extrêmement coquette, elle continue après son divorce à bénéficier des largesses de Napoléon.

Elle contracte une pneumonie qui l’emporte le 29 mai 1814.

Outre ses nombreuses commandes aux joailliers, ébénistes et décorateurs de son temps et son influence sur la mode, Joséphine, comme ses enfants, soutiennent fortement par leurs achats la nouvelle peinture de style troubadour prenant pour sujet des épisodes historiques du Moyen Âge au XVIIe siècle, qui apparaît en 1802.

Passionnée de botanique, Joséphine contribue à introduire de nombreuses espèces florales en France, notamment des plantes d'origine subtropicale dans ses serres chaudes du château de la Petite Malmaison. L'impératrice est à l'origine de la première impulsion quant à l'acclimatation de végétaux exotiques sur la Côte d'Azur. Elle entreprend une correspondance suivie avec le préfet des Alpes-Maritimes, M.-J. Dubouchage et envoie sur la riviera française de nombreuses plantes en provenance de La Malmaison.

Alexandre de Beauharnais

Alexandre François Marie, vicomte de Beauharnais, né à Fort-Royal Martinique, le 28 mai 1760, mort guillotiné à Paris, le 23 juillet 1794. 

Fils de François de Beauharnais, baron de Beauville, marquis de La Ferté-Beauharnais et de Henriette Pyvart de Chastullé, sa marraine n'est autre que Désirée Renaudin, née Tascher de la Pagerie, la maîtresse de son père. C'est elle qui suggère au vieux marquis qu'Alexandre pourrait épouser l'une de ses nièces : Catherine Désirée ou Marie-Josèphe-Rose. La première étant décédée en 1777, ce sera la seconde qui sera choisie. Il va au collège du Plessis à Paris, puis passe deux ans à l'université de Heidelberg en Allemagne avant d'intégrer l'armée. 

Il épouse le 13 décembre 1779 Marie-Josèphe-Rose de Tascher de la Pagerie, qui sera mieux connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais, dont il aura deux enfants, Eugène en 1781, et Hortense en 1783.

Il a un protecteur puissant en la personne du duc de la Rochefoucauld qui lui assure un début de carrière relativement facile. Le 3 juin 1784, il entre dans le régiment Royal-Champagne cavalerie et sera major en 1788. Le bailliage de Blois va l'envoyer comme représentant de la noblesse aux États Généraux, puis il est élu à l'Assemblée constituante où il a un rôle actif dans les événements de la nuit du 4 août destinés à mettre fin au système féodal. Il fait partie des Jacobins qu'il préside et occupe le fauteuil de la présidence de l'assemblée constituante le 18 juin 1791 lors de la fuite du roi.

À la fin de l'Assemblée constituante en septembre, ses membres n'étant pas ré-éligibles, il doit rejoindre l'armée. Le 23 mai 1793, il devient commandant en chef de l'armée du Rhin. Après la perte de Mayence, le 23 juillet 1793, qui lui est attribuée, il démissionne et rentre chez lui sans ordre de son ministère. Il consacre ainsi six mois à la gestion de La Ferté-Beauharnais en tant que maire. Finalement arrêté en janvier 1794, il comparaît devant le Tribunal révolutionnaire pour trahison et complicité de conspiration et est enfermé dans la prison des Carmes où son épouse le suit peu après. Le 22 juillet, il est condamné à mort, guillotiné à Paris le 5 thermidor an II (23 juillet 1794).

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Alexandre de Beauharnais

Il a été l'amant d'Amélie Zéphyrine de Salm-Kyrburg, épouse du prince Aloys Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen et son dernier amour sera Delphine de Custine qu'il rencontre à la prison des Carmes pendant que son épouse file des amours tumultueuses avec le général Hoche, et sera épargnée par « la grande faucheuse de la Révolution ».

Il laissera en outre une fille illégitime, Marie-Adélaïde dite Adèle, née de la marquise des Chapelles.

Theresia Cabarrus

Thérésa Cabarrus, ou Thérésia Cabarrus, souvent appelée Madame Tallien, est née le 31 juillet 1773, au palais de San Pedro à Carabanchel Alto, près de Madrid, et morte le 15 janvier 1835, au château de Chimay, dans l'actuelle Belgique, est une salonnière française et une femme d’influence sous la Révolution française.

La famille Cabarrus est originaire de la Navarre espagnole. Par son dynamisme dans le commerce elle acquiert une grande fortune. Son père est financier, anobli en 1789 par Charles IV d'Espagne avec le titre de comte, puis ministre des Finances de Joseph Bonaparte. Sa mère, Maria Antonia Galabert est la fille d'un industriel français établi en Espagne.

Thérésa Cabarrus est élevée par des religieuses en France de 1778 à 1783. En 1785, elle peut regagner provisoirement le château familial. Elle est déjà très belle et François Cabarrus la renvoie à Paris pour y parfaire son éducation et se marier. François Cabarrus veut renforcer ses positions en France et le mariage de sa fille le 21 février 1788, avec Jean Jacques Devin de Fontenay, conseiller à la troisième chambre des enquêtes du Parlement de Paris, fils d’un président de la Chambre des comptes et petit-fils d’une Le Couteulx, de la très riche et puissante famille de ce nom, fait partie de son plan. Et Lecoulteux et Cie compte sur ce mariage pour retrouver en Espagne son influence qui s’était dégradée. 

Thérésa Cabarrus est présentée à la cour de Louis XVI et elle est l'ornement de la bonne société du Marais. Elle reçoit dans ses salons, s'enthousiasme pour les idées à la mode et participe à la fête de la Fédération. Elle a un fils, le 2 mai 1789, Théodore Devin de Fontenay, dont le père est peut-être Félix Lepeletier de Saint-Fargeau.

En novembre 1792, son mari a dépensé toute sa dot et doit émigrer. En 1793, ils divorcent. Installée à Bordeaux, la femme de plaisirs, de modes et de fêtes devient une bienfaitrice des pauvres, cela au service de la Convention. Elle intervient auprès des révolutionnaires pour faire libérer certains membres de sa famille ou d’autres premières victimes de la Terreur. Début décembre 1793, elle est arrêtée et détenue dans des conditions difficiles au château du Hâ, la prison de Bordeaux pour avoir fait libérer des suspects. Elle écrit à Jean-Lambert Tallien, représentant en mission qui l’a déjà aidée, pour réclamer sa liberté ou l'intéresser à son sort.

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 Thérésa Tallien

Tallien, séduit par sa beauté, la fait libérer et s'installe avec elle. Elle use de son influence pour protéger tous ceux qu'elle peut. Son dévouement va lui valoir le surnom de Notre-Dame de Bon Secours. Mais cette liaison d'un conventionnel avec une riche aristocrate fait scandale. Tallien doit revenir à Paris pour se justifier. Thérésa Cabarrus l'y rejoint. Elle est devenue suspecte à Bordeaux après le décret du 16 avril interdisant aux nobles de séjourner à Paris et dans les ports. À la suite d’un ordre du Comité de salut public signé Robespierre, elle est à nouveau arrêtée et enfermée à la prison de la Force, puis à la prison des Carmes. Elle y aurait rencontré Joséphine de Beauharnais. Finalement libérée, grâce à Tallien, Thérésa est surnommée Notre-Dame de Thermidor, car la révolution thermidorienne sauve de nombreuses vies.  

Thérésa lance la mode néo-grecque. Son salon devient célèbre. Elle épouse Tallien le 26 décembre 1794 et l'influence grandement dans son parcours politique pendant la Convention thermidorienne, mais l'abandonne bientôt, quand il est rejeté à la fois par les montagnards et par les modérés, le jugeant dépassé. Son mariage lui vaut un nouveau surnom : Notre-Dame de septembre. Si Tallien est en partie responsable des massacres de Septembre, Thérésa, elle, les a condamnés. Elle ne lui pardonne pas son attitude envers des prisonniers, qui ont été fusillés. Elle se sépare de lui en 1795. 

L'année suivante, Thérésa Tallien est l'amie inséparable de Lazare Hoche et de Juliette Récamier. Paul Barras, homme fort du nouveau régime, devient son amant. Dans son château de Grosbois, Thérésa fait office de maîtresse de maison.

À l'automne 1798, Thérésa et le richissime financier Gabriel-Julien Ouvrard se rencontrent au cours d'une chasse donnée au château de Grosbois. À peine six mois après leur rencontre, celui-ci offre à sa maîtresse l'hôtel de Chanaleilles et l'installe au château du Raincy, qu’il loue en 1799. Ouvrard est nommé en 1798 fournisseur des vivres de la Marine et fournisseur de d’escadre espagnole, du fait des liens unissant Thérésa au ministre et amiral Étienne Eustache Bruix. 

Selon Gabriel-Julien Ouvrard, le jeune Bonaparte fait une cour appuyée à Thérésa n'en obtenant que dédain. Il se rabat sur sa meilleure amie Joséphine de Beauharnais...  

Le coup d'État du 18 brumaire met un terme à la carrière publique de Thérésa. Les rapports de Thérésa avec Bonaparte sont très tendus. Devenu empereur, il lui refuse une invitation pour le bal des Tuileries, au prétexte qu'elle avait « eu deux ou trois maris et des enfants de tout le monde ».

Repoussée de la société officielle, Mme Tallien devient l’amie de Madame de Staël, chez qui elle fait la connaissance du prince de Chimay. Celui-ci s'en éprend, et ils se marient le 9 août 1805. À la Restauration, le prince obtient la croix de Saint-Louis, et est nommé colonel de cavalerie et lieutenant de louveterie. En 1815, il est élu membre de la Chambre des députés, par le département des Ardennes, et il y vote avec la minorité ; mais il n’est pas réélu l'année suivante. Par la suite, il réside presque constamment dans les Pays-Bas. Le roi Guillaume Ier le nomme, en 1820, membre de la première Chambre des états généraux ; en 1824 le roi des Pays-Bas lui confirme le titre de prince.

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Pour son épouse et pour leur passion commune pour la musique, le Prince de Chimay fait construire en son château un petit théâtre. Cette réalisation architecturale n'est pas la seule qui porte l'empreinte de Mme Tallien. Au bord du lac de Virelles, tout proche de Chimay, on trouve un petit pavillon qui porte son nom.  

Thérésa meurt au château de Chimay, le 15 janvier 1835, et son dernier époux est enterré avec elle sous la sacristie de l'église locale. 

Le directoire

Le Directoire est un régime politique français en place durant la Première République, du 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV) au 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII). Il tire son nom du « directoire » c'est-à-dire l'ensemble des cinq directeurs, chefs du gouvernement entre lesquels le pouvoir exécutif et les ministres sont répartis, pour éviter la tyrannie, et dont le siège est au palais du Luxembourg. Mis en place à la fin de la Terreur par les républicains modérés de la Convention thermidorienne, le régime, inspiré par une bourgeoisie enrichie par la spéculation sur les biens nationaux et les assignats, rétablit le suffrage censitaire, qui sert à élire les deux chambres législatives, le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens. Cette recherche de stabilité sociale est contrebalancée par un renouvellement annuel du tiers du corps législatif et d'un Directeur.

Durant ses quatre années d'existence, le Directoire est confronté à des complots royalistes mais aussi jacobins, telle la Conjuration des Égaux qui survient en 1796, et recourt à la déportation en Guyane. Les élections annuelles sont autant de désaveux pour l'exécutif, qui organise à plusieurs reprises des coups d’État pour se maintenir, notamment le 18 fructidor an V quand les monarchistes sont devenus majoritaires aux Conseils. Ceux-ci multiplient les reproches et appellent à la révision de la Constitution de l'an III. En 1799, un des révisionnistes, Sieyès, devient Directeur puis fomente le coup d'État du 18 brumaire. Celui-ci met fin au Directoire et entraîne la formation du Consulat, dont la personnalité principale est Napoléon Bonaparte.

La période du Directoire, souvent vue comme une courte période de transition par l'historiographie, est aussi une époque d'agitation militaire, la France faisant face à l'Autriche lors de la campagne d'Italie, puis à nouveau lorsque est formée la Deuxième Coalition. Saint-Domingue en guerre et la Martinique occupée, le Directoire fixe la frontière sur le Rhin, départementalise les colonies dans un élan abolitionniste et commence une réorganisation de l'Europe en créant une union douanière avec les républiques sœurs. Une autre entreprise audacieuse menée à l'époque est la campagne d'Égypte, qui consolide la célébrité de Bonaparte. Sur le plan intérieur, le Directoire met en place une administration dense, des outils économétriques, des institutions scolaires, des industries qui profiteront aux régimes suivants. C'est une époque de foisonnement culturel et de liberté morale qu'illustrent les Merveilleuses et le style Directoire. Pour la religion, c'est plutôt une période d'apaisement ; les prêtres réfractaires continuent à être arrêtés et parfois exécutés, mais les croix sont désormais tolérées, des écoles religieuses rouvrent et les offices religieux ont plus d'audience, quoique la croyance diminue.

Napoléon 

Napoléon Ier, né le 15 août 1769 à Ajaccio et mort le 5 mai 1821 sur l'île Sainte-Hélène, est le premier empereur des Français, du 18 mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars 1815 au 22 juin 1815. Second enfant de Charles Bonaparte et Letizia Ramolino, Napoléon Bonaparte est un militaire, général dans les armées de la Première République française, née de la Révolution, commandant en chef de l'armée d'Italie puis de l'armée d'Orient. Parvenu au pouvoir en 1799 par le coup d'État du 18 Brumaire, il est Premier consul jusqu'au 2 août 1802, puis consul à vie jusqu'au 18 mai 1804, date à laquelle il est proclamé empereur par un sénatus-consulte suivi d'un plébiscite. Il est sacré empereur, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804, par le pape Pie VII.

En tant que général en chef et chef d'État, Napoléon tente de briser les coalitions montées et financées par le royaume de Grande-Bretagne et qui rassemblent, depuis 1792, les monarchies européennes contre la France et son régime né de la Révolution. Il conduit pour cela les armées françaises d'Italie au Nil et d'Autriche à la Prusse et à la Pologne : ses nombreuses et brillantes victoires (Arcole, Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland), dans des campagnes militaires rapides, disloquent les quatre premières coalitions. Les paix successives, qui mettent un terme à chacune de ces coalitions, renforcent la France et donnent à son chef, Napoléon, un degré de puissance jusqu'alors rarement égalé en Europe, lors de la paix de Tilsit (1807).

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Bonaparte, premier consul

Il réorganise et réforme durablement l'État et la société. Il porte le territoire français à son extension maximale avec 134 départements en 1812, transformant Rome, Hambourg, Barcelone ou Amsterdam en chefs-lieux de départements français. Il est aussi président de la République italienne de 1802 à 1805, puis roi d’Italie de 1805 à 1814, mais également médiateur de la Confédération suisse de 1803 à 1813 et protecteur de la Confédération du Rhin de 1806 à 1813. Ses victoires lui permettent d'annexer à la France de vastes territoires et de gouverner la majeure partie de l’Europe continentale en plaçant les membres de sa famille sur les trônes de plusieurs royaumes : Joseph sur celui de Naples puis d'Espagne, Louis sur celui de Hollande, Jérôme sur celui de Westphalie et son beau-frère Joachim Murat à Naples. Il crée également un duché de Varsovie, sans oser restaurer formellement l'indépendance polonaise, et soumet temporairement à son influence des puissances vaincues telles que le royaume de Prusse et l'empire d'Autriche.

Objet, dès son vivant, d'une légende dorée comme d'une légende noire, il doit sa très grande notoriété à son habileté militaire, récompensée par de nombreuses victoires, et à sa trajectoire politique étonnantea, mais aussi à son régime despotique et très centralisé ainsi qu'à son ambition qui se traduit par des guerres d'agression très meurtrières (au Portugal, en Espagne et en Russie) avec des centaines de milliers de morts et blessés, militaires et civils pour l'ensemble de l'Europe. Il tente également de renforcer le régime colonial français d'Ancien Régime en outre-mer, en particulier avec le rétablissement de l'esclavage en 1802, ce qui provoque la guerre de Saint-Domingue (1802-1803) et la perte définitive de cette colonie, tandis que les Britanniques s'assurent le contrôle de toutes les autres colonies entre 1803 et 1810. Cet ennemi britannique toujours invaincu s'obstinant à financer des coalitions de plus en plus générales, les Alliés finissent par remporter des succès décisifs en Espagne (bataille de Vitoria) et en Allemagne (bataille de Leipzig) en 1813. L’intransigeance de Napoléon devant ces sanglants revers lui fait perdre le soutien de pans entiers de la nation française1, tandis que ses anciens alliés ou vassaux se retournent contre lui. Amené à abdiquer en 1814 après la prise de Paris, capitale de l'Empire français, et à se retirer à l'île d'Elbe, il tente de reprendre le pouvoir en France, lors de l'épisode des Cent-Jours en 1815. Capable de reconquérir la France et d'y rétablir le régime impérial sans coup férir, il amène pourtant, du fait de sa mise au ban de l'Europe, le pays dans une impasse avec la lourde défaite de Waterloo qui met fin à l'Empire napoléonien et assure la restauration de la dynastie des Bourbons. Sa mort en exil, à Sainte-Hélène, sous la garde des Anglais, fait l'objet de nombreuses controverses.

Une tradition romantique fait de Napoléon l'archétype du grand homme appelé à bouleverser le monde. C'est ainsi que le comte de Las Cases, auteur du Mémorial de Sainte-Hélène, tente de présenter Napoléon au Parlement britannique dans une pétition rédigée en 18182. Élie Faure, dans son ouvrage Napoléon, qui a inspiré Abel Gance, le compare à un « prophète des temps modernes ». D'autres auteurs, tel Victor Hugo, font du vaincu de Sainte-Hélène le « Prométhée moderne ». L'ombre de « Napoléon le Grand » plane sur de nombreux ouvrages de Balzac, Stendhal, Musset, mais aussi de Dostoïevski, de Tolstoï et de bien d'autres encore. Par ailleurs, un courant politique français émerge au XIXe siècle, le bonapartisme, se réclamant de l'action et du mode de gouvernement de Napoléon.

 

 

 

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01 février 2019

LA BELGIQUE DE 1800 A 1950

Au XVIIIe sièce, sous le régime espagnol, les cartographes désignent les Pays-Bas sous les appellations de Belgica Foederata pour les Pays-Bas du nord et Belgica Regia pour les Pays-Bas du sud, future Belgique.

Jusque-là, chacune des principautés a sa législation propre, ses pratiques juridiques, sa fiscalité et ses coutumes reconnues par des « privilèges » attribués au cours des siècles par la noblesse et les souverains obligés d'abandonner, petit à petit, des morceaux de leur pouvoir devant les revendications et les soulèvements. Dans l'ensemble, cependant, les pouvoirs locaux ne contestent pas une autorité supérieure comme celle des ducs de Bourgogne ou de Charles Quint, mais dès que la population et les nobles ressentent un excès d'autoritarisme, ils réagissent jusqu'à la révolte armée.

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La Belgique incluse dans le Premier empire

Les différences linguistique entre les différentes contrées ne constituent pas un sujet de discorde car les peuples en grande partie illettrés n'ont guère de communications avec leurs voisins de langue différente. Même à l'intérieur d'un même domaine linguistique, les patois dressent des barrières, que ce soit dans le domaine flamand ou dans le domaine roman. Quant aux dirigeants et aux clercs (l'administration) ils parlent deux langues pour nombre d'entre eux ; mais c'est souvent la langue française qui est utilisée, dans la pratique, comme langue de communication. 

La Révolution liégeoise de 1789 à 1795 entraîne la disparition de la principauté de Liège après huit siècles d'existence. La révolution finit en 1795 par la disparition de la principauté de Liège et son incorporation à la Première République française. Pendant cette phase la révolution a montré des épisodes extrêmes, par exemple la démolition de la cathédrale Saint-Lambert par les révolutionnaires liégeois mais également des épisodes prometteurs : les Liégeois ont pu, pour la première fois, exprimer leur volonté à travers des élections au suffrage universel masculin et un référendum pour la réunion de la Principauté à la France.

En 1789, une insurrection éclate également à Bruxelles (Révolution brabançonne). Les États-Généraux ne reconnaissent plus l'autorité du souverain et l'armée impériale est battue à Turnhout le 24 octobre 1789. Cette révolution brabançonne donne lieu à des proclamations d'indépendance des différents « États », et la création, le 11 janvier 1790, de la confédération des États belgiques unis. La discorde entre les partis réactionnaire de Vander Noot et progressiste de Vonck gêne cependant considérablement la défense du pays et favorise le retour des troupes régulières Saint-Empire qui rétablissent l'autorité impériale en octobre 1790.

À peine les autorités impériales et le Prince-Évêque sont-ils rétablis dans leurs possessions que les armées de la Ire République française envahissent le pays. La France annexe finalement l'ensemble du territoire de la Belgique actuelle, Liège inclus. Une hostilité se répand cependant parmi la population belge, malgré la prospérité qui accompagne l'ordre impérial. La conscription qui enrôle les jeunes gens dans l'armée de Napoléon déclenche des mouvements comme la guerre des paysans qui sévit en Wallonie dans les dernières années de l'empire. 

Pour affaiblir la France au congrès de Vienne en 1815, les trois grands vainqueurs se divisent l'Europe sans tenir compte des sentiments nationaux. Se référant à une époque historique ancienne, ignorant les évolutions historiques divergentes des deux entités, ils décident de reconstituer les anciens Pays-Bas et réunissent les territoires des Pays-Bas autrichiens (la future Belgique) à ceux des anciennes Provinces-Unies (les Pays-Bas du Nord). À la tête de ce Royaume-Uni des Pays-Bas, Guillaume Ier d'Orange.

Le 18 juillet 1815, le roi publie une constitution en vue de la fusion des deux Pays-Bas. Le Nord vote pour, le Sud contre, mais les bulletins blancs sont considérés comme des oui... La constitution est donc adoptée. L’opposition aux « Hollandais » est pourtant déjà patente. 

Le premier antagonisme, le premier « grief », est religieux. Les Belges des provinces du sud sont majoritairement d'origine catholiques et le nord est protestant, ainsi que le roi. Le second antagonisme est économique : le gouvernement favorise notamment les investissements dans le nord et le roi ira même jusqu'à freiner le développement du port d'Anvers pour favoriser les ports du nord. En 1829, le roi impose l'usage du néerlandais aux élites et à l'administration de l'ensemble du pays, justice, police, armée. 

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Napoléon et Joséphine à Anvers en 1803

Le soulèvement des Belges est inévitable, et l'élément déclencheur sera la seconde vague des révolutions en Europe (en 1830). La bourgeoisie prend alors le pouvoir en août 1830 et, face au souverain absolutiste étranger, sera soutenue par toutes les couches de la société dans l'ensemble du pays, villes et campagnes comprises en Flandre et en Wallonie. On note bien l'hostilité à la révolution d'une partie de la bourgeoisie francophone de Flandre, partisane du roi de Hollande en raison des avantages économiques de sa politique libérale. Mais ce mouvement n'aura pas de succès. Après la défaite hollandaise dans les rues de Bruxelles suivie du bombardement d'Anvers et d'une tentative avortée de retour de l'armée hollandaise la Belgique est reconnue internationalement et dotée d'un statut neutralité sous la garantie de la France et de l'Angleterre.

Dès le 26 septembre, une commission de sûreté est formée à Bruxelles, devenue rapidement gouvernement provisoire. Le 4 octobre 1830, l'indépendance nationale est proclamée et un Congrès national est réuni qui élabore une Constitution promulguée le 7 février 1831. Le congrès, devenu un parlement à deux chambres, la Chambre des députés et le Sénat, recherche un roi et propose le duc de Nemours, fils de Louis-Philippe. Ce dernier refuse par une prudence que lui dicte l'hostilité des puissances européennes à l'installation d'un roi français à Bruxelles, ce qui rappellerait les diverses tentatives de domination française sur la Belgique à travers l'histoire, jusqu'à la récente annexion par la république et l'empire. Une union personnelle du pays avec le roi des Pays-Bas ou de son fils est un temps envisagée par certains conservateurs. Selon les tenants de cette formule, celle-ci n'en aurait pas moins préservé l'indépendance belge, le roi de Hollande ou son fils régnant à la fois sur deux pays séparés. Un tel régime apparaît comme équivoque en ce qu'il ne semble pas garantir une véritable indépendance. Aussi, cette solution est rejetée par le gouvernement et par la population qui ne veut plus des Hollandais. Et ce, d'autant plus que ce qui reste de l'armée hollandaise, réfugiée dans la fortesse d'Anvers a sanctionné sa défaite en bombardant inutilement la ville, y causant destructions et victimes.

Finalement, le 4 juin 1831, c'est le prince allemand Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, oncle de la reine Victoria, qui devient Léopold Ier, premier roi des Belges. Il prête serment devant les chambres réunies et le peuple assemblés en la place Royale de Bruxelles, le 21 juillet 1831. Le traité international qui reconnaît l'indépendance de la Belgique la déclare neutre sous la garantie des grandes puissances dont chacune s'engage à la défendre en cas d'attaque par l'une d'entre elles. La Belgique n'en est pas moins priée d'être capable de se défendre, ce qui sanctionne la naissance définitive d'une armée nationale. 

Au XIXe siècle, disposant de charbon et de fer, la Belgique connaît la révolution industrielle. L'essentiel de la puissance industrielle du pays se trouve en Wallonie, où existe déjà une tradition séculaire du travail du fer et de l'extraction du charbon. La région devient ainsi le deuxième producteur mondial d'acier et de charbon.

Le roi Léopold II (successeur et fils de Léopold Ier, 1865) dirige à titre privé la colonisation du Congo dans le but d'assurer une colonie à la Belgique. L'actuelle République démocratique du Congo (Congo Kinshasa, ex-Zaïre) devient son domaine personnel. En 1885, Léopold II devient officiellement chef de l'État indépendant du Congo. Il s'agit, pour lui, de constituer une colonie qu'il cèdera à la Belgique. Il obtiendra d'ailleurs des crédits votés par le parlement belge. L'annexion du Congo par la Belgique n'attendra pas le décès du roi. Celui-ci laisse la Belgique annexer le Congo de son vivant en 1908, sous la pression de l'opinion publique belge et internationale.

En 75 ans la Belgique va développer en Afrique un géant agricole et minier, source de matières premières dont le cuivre, l'étain et d'autres minerais, dont l'uranium, qui vont contribuer à la richesse belge et au développement du Congo.

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Léopold Ier, premier roi des Belges

En 1914, en application du plan Schlieffen, l'Empire allemand, en guerre contre la France, envahit la Belgique pour contourner les armées françaises par le nord. La violation de la neutralité belge déclenche l'entrée en guerre du Royaume-Uni, garant, avec la France, de l'indépendance et de la neutralité de la Belgique. Contrairement à ce qu'escomptaient les militaires allemands, la résistance de l'armée belge est forte. Le pays sera finalement presque entièrement occupé pendant toute la guerre, sauf derrière la ligne de front de l'Yser où l'armée belge va résister pendant quatre ans avant de lancer l'offensive victorieuse des Flandres en 1918, alors que l'ensemble des troupes alliées entame une offensive générale. En attendant, pendant quatre ans, le gouvernement belge est contraint de se réfugier à Sainte-Adresse, dans la banlieue du Havre.

Les revendications autonomistes flamandes, excitées durant l’occupation allemande de 1914-1918, prennent de plus en plus d’importance, ce qui force le roi à autoriser la néerlandisation de l’université de Gand en 1930.

Après le Jeudi noir, la Belgique comme le reste de l'Europe est atteinte par une crise économique majeure. Cette crise favorisa l’émergence de partis fascistes comme le Verdinaso ou le parti rexiste de Léon Degrelle.

Le pays est déchiré entre les factions flamandes et wallonnes : lorsqu’il faut voter un budget militaire face à la menace nazie, les députés flamands boudent ce vote, ce qui empêche la modernisation à temps de l’armée belge à la veille de la Seconde Guerre mondiale.  

En 1940, la Belgique est à nouveau occupée par l'Allemagne, et placée sous administration militaire dirigée par le général Alexander von Falkenhausen.

Après avoir mené un combat très dur, mais non nécessairement désespéré, notamment à la bataille de la Lys où périssent en trois jours la moitié des victimes militaires de la « campagne des 18 jours », le roi Léopold III décide seul la reddition. Cette reddition est contestée par le conseiller militaire du roi, le général van Overstaeten, et par le gouvernement d'Hubert Pierlot et Paul-Henri Spaak. Ne pouvant convaincre le roi de quitter le pays, le gouvernement se réfugie d'abord en France avant d'arriver à Londres après avoir été menacé de tomber dans les mains des Allemands lors de l'installation du régime de Vichy. Léopold III estime qu'abandonner ses troupes en s'enfuyant serait une lâcheté et une trahison. 

Léopold III reste donc en Belgique comme prisonnier de guerre, refusant d'exercer des fonctions officielles. Ayant tenté en vain de plaider la libération des prisonniers, le roi s'abstient de toute collaboration politique avec l'Allemagne, comme commence à le faire le gouvernement de Vichy. Le Roi demeure également en contact avec les secrétaires généraux qui ont été chargés par le gouvernement d'Hubert Pierlot, de maintenir en ordre de marche la machine administrative. 

Le Congo belge fournit des matières premières (cuivre, étain, huiles, produits agricoles) aux Alliés pendant toute la Seconde Guerre mondiale et notamment l´uranium indispensable à la fabrication des bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki qui mettront fin à la guerre.

D'après Wikipédia

 

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31 janvier 2019

*** A L'OMBRE DES JEUNES FILLES EN FLEURS - MARCEL PROUST

J'adore...

INCIPIT

Ma mère, quand il fut question d’avoir pour la première fois M. de Norpois à dîner, ayant exprimé le regret que le Professeur Cottard fût en voyage et qu’elle-même eût entièrement cessé de fréquenter Swann, car l’un et l’autre eussent sans doute intéressé l’ancien ambassadeur, mon père répondit qu’un convive éminent, un savant illustre, comme Cottard, ne pouvait jamais mal faire dans un dîner, mais que Swann, avec son ostentation, avec sa manière de crier sur les toits ses moindres relations, était un vulgaire esbroufeur que le Marquis de Norpois eût sans doute trouvé, selon son expression, « puant ». 

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RESUME

Le jeune narrateur a grandi. Il est amoureux de Gilberte Swann, avec laquelle il joue au parc, à Paris, et chez laquelle il va régulièrement prendre le thé. Il rencontre chez les Swann son écrivain préféré, Bergotte, et s'interroge sur son amour pour la littérature mais sur le peu de talent qu'il pense avoir... Gilberte peu à peu s'éloigne de lui et il en est fort chagriné. Il part s'installer pour un temps avec sa grand-mère et Françoise, leur employée, dans un hôtel au bord de la mer, à Balbec. Il observe les jeunes filles, finit par faire connaissance avec un petit groupe, et, seul garçon de la bande, il tombe amoureux de toutes... A moins qu'Albertine n'ait sa préférence...  

MON AVIS

Ce long, très long roman que constitue A la recherche du temps perdu peut en effrayer certains. Et pourtant, quelle beauté ! J'ai beaucoup aimé le premier tome, Du côté de chez Swann, et j'aime beaucoup aussi celui-ci. Mais, il faut le savoir, c'est lent, les événements sont souvent mineurs, peu nombreux, mais soigneusement décrits et enrichis des multiples sensations et réflexions de l'auteur. Il y a aussi de multiples références littéraires et artistiques ; aussi mieux vaut-il avoir un peu de culture générale. Les phrases sont longues ; la langue est merveilleuse ; je n'en connais pas de plus belle (à part Balzac peut-être). Proust, c'est comme une sorte de livre de photos de famille que l'on feuillette, s'attardant sur une, passant plus vite sur une autre... c'est comme une maison où l'on regarderait par les fenêtres pour voir les gens vivre leur quotidien...

On découvre la vie parisienne au début du XXe siècle, les visites, le thé et les petits gâteaux, les conversations, les parcs, les promenades, les endroits à la mode, la décoration intérieure... rien n'échappe à l'oeil attentif de l'auteur.

Il dissèque les sentiments, les impressions, les émotions, s'attarde sur les détails de nos comportements. On se prend à sourire et à se dire : "Mais oui, c'est vrai... moi aussi je fais ça tout le temps..." mais on ne l'avait pas remarqué ou analysé.

L'humour saupoudre le texte de place en place ; il est principalement dû aux incursions de Françoise, la cuisinière, pragmatique, terre-à-terre, et pas très cultivée, ce qui provoque des situations ou des commentaires cocasses, mais toujours tendres. De l'ironie aussi, parfois une touche de cynisme. Les phrases sont parfois si longues, qu'il faut les relire : Proust ça se mérite ! D'ailleurs je pense qu'il peut vous accompagner toute la vie (hélas je l'ai connu un peu trop tard...) tant ce sont des oeuvres que l'on a envie de lire et relire, tant c'est bien écrit. Un passage, quelques lignes... juste pour le plaisir.

Proust était probablement homosexuel ; mais il ne l'a jamais dit et décrit même l'homosexualité comme une dépravation, concept faisant autorité à l'époque. Quoiqu'il en soit... la façon dont il décrit les femmes (Odette Swann), Gilberte et les jeunes filles de Balbec et les sentiments qu'elles lui inspirent sont incroyables d'authenticité. Proust aimait les femmes follement...

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Cabourg, début du XXe

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

À l'ombre des jeunes filles en fleurs est le deuxième tome de À la recherche du temps perdu publié en 1919 aux éditions Gallimard. Grâce au soutien engagé de Léon Daudet, le roman reçoit la même année le prix Goncourt. Balbec est une station balnéaire imaginaire, inventée par Proust. Ce lieu rappelle la ville de Cabourg, où l'auteur a séjourné à de nombreuses reprises, entre 1907 et 1914.

MES EXTRAITS FAVORIS

Mais cette connaissance immédiate de la foule étant mêlée à cent autres toutes erronées, les applaudissements tombaient le plus souvent à faux, sans compter qu'ils étaient mécaniquement soulevés par la force des applaudissements antérieurs, comme dans une tempête, une fois que la mer a été suffisamment remuée, elle continue de grossir même si le vent ne s'accroît plus. N'importe, au fur et à mesure que j'applaudissais, il me semblait que la Berma avait mieux joué.

***

Ce temps du reste qu’il faut à un individu — comme il me le fallut à moi à l’égard de cette Sonate — pour pénétrer une œuvre un peu profonde, n’est que le raccourci et comme le symbole des années, des siècles parfois, qui s’écoulent avant que le public puisse aimer un chef-d’œuvre vraiment nouveau. Aussi l’homme de génie pour s’épargner les méconnaissances de la foule se dit peut-être que les contemporains manquant du recul nécessaire, les œuvres écrites pour la postérité ne devraient être lues que par elle, comme certaines peintures qu’on juge mal de trop près. 

***

J’étais comme un pauvre qui mêle moins de larmes à son pain sec s’il se dit que tout à l’heure peut-être un étranger va lui laisser toute sa fortune. Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.

***

C’est notre attention qui met des objets dans une chambre, et l’habitude qui les en retire, et nous y fait de la place. De la place, il n’y en avait pas pour moi dans ma chambre de Balbec (mienne de nom seulement), elle était pleine de choses qui, ne me connaissant pas, me rendirent le coup d’œil méfiant que je leur jetai et, sans tenir aucun compte de mon existence, témoignèrent que je dérangeais le train-train de la leur. La pendule — alors qu’à la maison je n’entendais la mienne que quelques secondes par semaine, seulement quand je sortais d’une profonde méditation — continua sans s’interrompre un instant à tenir dans une langue inconnue des propos qui devaient être désobligeants pour moi, car les grands rideaux violets l’écoutaient sans répondre, mais dans une attitude analogue à celle des gens qui haussent les épaules pour montrer que la vue d’un tiers les irrite.

***

Même dans son désir de ne pas avoir l’air de siéger dans une sphère supérieure à la nôtre, elle avait sans doute mal calculé la distance, car, par une erreur de réglage, ses regards s’imprégnèrent d’une telle bonté que je vis approcher le moment où elle nous flatterait de la main comme deux bêtes sympathiques qui eussent passé la tête vers elle, à travers un grillage, au Jardin d’Acclimatation.

***

Tel pour moi cet état amoureux divisé simultanément entre plusieurs jeunes filles. Divisé ou plutôt indivisé, car le plus souvent ce qui m’était délicieux, différent du reste du monde, ce qui commençait à me devenir cher au point que l’espoir de le retrouver le lendemain était la meilleure joie de ma vie, c’était plutôt tout le groupe de ces jeunes filles, pris dans l’ensemble de ces après-midi sur la falaise, pendant ces heures éventées, sur cette bande d’herbe où étaient posées ces figures, si excitantes pour mon imagination, d’Albertine, de Rosemonde, d’Andrée ; et cela, sans que j’eusse pu dire laquelle me rendait ces lieux si précieux, laquelle j’avais le plus envie d’aimer.

 

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