MES LECTURES CLASSIQUES

15 juillet 2019

** LE COTE DE GUERMANTES - MARCEL PROUST

Un peu difficile à lire... mais si merveilleusement écrit !

INCIPIT

Le pépiement matinal des oiseaux semblait insipide à Françoise. Chaque parole des "bonnes" la faisait sursauter ; incommodée par tous leurs pas, elle s'interrogeait sur eux ; c'est que nous avions déménagé.

35

RESUME

Le narrateur est désormais un jeune homme et il tombe amoureux de la duchesse de Guermantes. Il apprend à vivre dans les salons parisiens.

MON AVIS

J'ai moins bien ce troisième tome de A la recherche du temps perdu que les deux premiers, car les descriptions sont très longues, et parfois lassantes, qu'il s'agisse des discussions plus ou moins intéressantes de cette société de riches Parisiens, des détails des sentiments, amour, amitié, chagrin, et d'innombrables digressions sur divers sujets. Mais, paradoxalement, l'intérêt du livre apparaît au fil de la lecture, si on s'y accroche : c'est un témoignage très riche et précis sur le "beau monde" du début du siècle.

Le narrateur réalise une sorte de voyage initiatique dans les salons feutrés. Après l'enfance (Du côté de chez Swann), l'adolescence (A l'ombre des jeunes filles en fleurs), le voici jeune adulte, amoureux, sans réciprocité, d'une belle duchesse plus âgée que lui et mariée. Il apprend le monde, les relations, les conventions, l'hypocrisie, le racisme... Il fait son éducation. On a un peu hâte de savoir ce qu'il va devenir ensuite, je dois l'avouer !

Ce tome-là est tellement dense qu'il paraît ennuyeux... je crois qu'il nécessite plusieurs lectures, car on sent bien que beaucoup beaucoup de choses sont dites et qu'on ne se sent pas le courage de tout assimiler. La langue elle-ême est si belle que, de toute façon, pour l'amateur de littérature, il est évident que Proust doit être lu, relu, voire... appris par coeur !  

Et puis il y a Françoise, personnage récurrent, la cuisinière de la famille, une femme du peuple, qui par ses raisonnements très pragmatiques et ses formulations populaires, amuse et donne du peps au roman.

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Le Côté de Guermantes est publié entre 1920 et 1921 chez Gallimard. Dans son édition originelle, le roman est divisé en deux tomes.

L'affaire Dreyfus

Elle est très présente dans le roman. Elle agite les esprits, surgit dans toutes les conversations et divise la France en deux.

L'affaire Dreyfus est un conflit social et politique majeur de la Troisième République survenu à la fin du XIXe, autour de l'accusation de trahison faite au capitaine Alfred Dreyfus qui a finalement été innocenté. Elle a bouleversé la société française pendant douze ans, de 1894 à 1906, la divisant profondément et durablement en deux camps opposés, les « dreyfusards » partisans de l'innocence de Dreyfus, et les « antidreyfusards » partisans de sa culpabilité.

20

La condamnation fin 1894 du capitaine Dreyfus — pour avoir prétendument livré des documents secrets français à l'Empire allemand — était une erreur voire un complot judiciaire sur fond d'espionnage, dans un contexte social particulièrement propice à l'antisémitisme et à la haine de l'Empire allemand à la suite de son annexion de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine en 1871. L'affaire rencontre au départ un écho limité, avant qu'en 1898 l'acquittement du véritable coupable et la publication d'un pamphlet dreyfusard par Émile Zola, J'accuse…! ne provoquent une succession de crises politiques et sociales. À son paroxysme en 1899, l'affaire révèle les clivages de la France de la Troisième République, où l'opposition entre les camps dreyfusard et antidreyfusard suscite de très violentes polémiques nationalistes et antisémites, diffusées par une presse influente. Elle s'achève en 1906, par un arrêt de la Cour de cassation qui innocente et réhabilite définitivement Dreyfus.

Cette affaire est souvent considérée comme le symbole moderne et universel de l'iniquité au nom de la raison d'État, et reste l'un des exemples les plus marquants d'une erreur judiciaire difficilement réparée, avec un rôle majeur joué par la presse et l'opinion publique.

MES EXTRAITS FAVORIS

Le téléphone n'était pas encore à cette époque d'un usage aussi courant qu'aujourd'hui. Et pourtant l'habitude met si peu de temps à dépouiller de leur mystère les forces sacrées avec lesquelles nous sommes en contact que, n'ayant pas eu ma communication immédiatement, la seule pensée que j'eus fut que c'était bien long, bien incommode, et presque l'intention d'adresser une plainte.

***

...le propre du romancier est plutôt de nouer une intrigue et d'élever les coeurs que de fignoler à la pointe sèche un frontispice ou un cul-de-lampe.

***

Diable ! Il ne faudrait pas perdre de temps pour l'Institut car, si je suis trop long, je risque de mourir avant d'être nommé. Ce serait vraiment désagréable.

***

Ce que nous nous rappelons de notre conduite reste ignoré de notre plus proche voisin ; ce que nous en avons oublié avoir dit, ou même ce que nous n'avons jamais dit, va provoquer l'hilarité jusque dans une autre planète, et l'image que les autres se font de nos faits et gestes ne ressemble pas plus à celle que nous nous en faisons nous-mêmes qu'à un dessin quelque décalque raté, où tantôt au trait noir correspondrait un espace vide, et à un blanc un contour inexplicable. Il peut du reste arriver que ce qui n'a pas été transcrit soit quelque trait irréel que nous ne voyons que par complaisance, et que ce qui nous semble ajouté nous appartienne au contraire, mais si essentiellement que cela nous échappe. 

***

Car la médecin étant un compendium des erreurs successives et contradictoires de médecins, en appelant à soi les meilleurs d'entre eux on a grande chance d'implorer une vérité qui sera reconnue fausse quelques années plus tard. De sorte que croire à la médecine serait la suprême folie, si n'y pas croire n'en était pas une plus grande, car de cet amoncellement d'erreurs se sont dégagées à la longue quelques vérités. 

***

Tout ce que nous connaissons de grand vient des nerveux. Ce sont eux et pas d'autres qui ont fondé les religions et composé les chefs-d'oeuvre. Jamais le monde ne saura tout ce qu'il leur doit et surtout ce qu'eux ont souffert pour le lui donner. Nous goûtons les fines musiques, les beaux tableaux, mille délicatesses, mais nous ne savons pas ce qu'elles ont coûté à ceux qui les inventèrent d'insomnies, de pleurs, de rires spasmodiques, d'urticaires, d'asthmes, d'épilepsies, d'une angoisse de mourir qui est pire que tout cela...

***

- Zola, un poète !

- Mais oui, répondit en riant la duchesse, ravie par cet effet de suffocation. Que Votre Altesse remarque comme il grandit tout ce qu'il touche. Vous me direz qu'il ne touche justement qu'à ce qui... porte bonheur ! Mais il en fait quelque chose d'immense ; il a le fumier épique ! C'est l'Homère de la vidange ! Il n'a pas assez de majuscules pour écrire le mot Cambronne !

 

Posté par GirlyMamie à 14:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


14 juillet 2019

JEAN GIONO

Jean Giono, né le 30 mars 1895 à Manosque et mort le 9 octobre 1970 dans la même ville, est un écrivain français.

Un grand nombre de ses ouvrages ont pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de l'homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle. Il reste en marge de tous les courants littéraires de son temps.

14

Il est fils unique. Son père est un cordonnier anarchiste d'origine piémontaise ; sa mère est d'ascendance picarde par sa mère et provençale par son père. La « belle figure de guérisseur libertaire » de son père a marqué l'écrivain. Il aurait accueilli nombre de proscrits et d'exilés.

En 1911, un an avant son bac, la mauvaise santé de son père et les faibles ressources de la famille l'obligent à interrompre ses études. Il travaille dans une banque, le Comptoir national d'escompte. Il doit parallèlement s'instruire en autodidacte pour assouvir sa soif de savoir. C’est cette année-là que naît le grand lecteur passionné qu'il deviendra : il se constitue l'amorce d'une bibliothèque où figurent les plus grands auteurs, notamment de l’antiquité grecque et latine, et la lecture sera son activité la plus indispensable. Tout naturellement, c'est en 1911 qu'il commence à écrire. Le futur écrivain commence Angélique, un roman médiéval qu’il reprendra à plusieurs reprises avant de l’abandonner en 1923. Gallimard publiera cette ébauche (bien avancée) en 1980.

Juste avant d’être mobilisé, dès le début de l’année 1914 (il a alors dix-neuf ans), il rencontre Élise Maurin. C'est, presque tout de suite, le grand amour. Du fait de la guerre, ils ne se marieront que le 22 juin 1920 peu après le décès de son père le 26 avril. Ils auront deux filles : Aline et Sylvie.

Jean est mobilisé fin 1914. Il est envoyé comme élève aspirant à Montségur, dans la Drôme. Il ne le sera jamais, n’ayant manifestement pas le sens de l’armée, ni le goût de la chose militaire. En janvier 1915, il est affecté au 140e régiment d'infanterie. Il participe aux batailles les plus terribles du conflit (Artois, Champagne, Verdun, la Somme, le Chemin-des-Dames). Son meilleur ami et nombre de ses camarades sont tués à ses côtés. En 1916, présent dans les tranchées, sur le front, il voit sa compagnie décimée, et il est commotionné par l'explosion d'un obus tout proche. Plus tard, en 1918, au cours de la bataille du Mont Kemmel, en Belgique, il est « légèrement » gazé. Il reste choqué par l'horreur de la guerre, les massacres, la barbarie, l'atrocité de ce qu'il a vécu dans cet enfer, et il devient un pacifiste convaincu. Démobilisé en octobre 19196, il aura traversé la guerre sans blessure trop grave malgré son gazage, « sans avancement, sans décoration et sans avoir tué personne » dira-t-il fièrement.

Son ami le peintre Lucien Jacques lit ses poésies, l’encourage et publie dans sa revue Les Cahiers de l’Artisan ses premiers poèmes. Son premier livre, publié en 1929, Colline est bien accueilli. L'écriture prend de plus en plus d'importance dans sa vie, si bien qu'après la liquidation, en 1929, de la banque dans laquelle il travaillait, il décide de cesser toute activité professionnelle pour se consacrer exclusivement à son œuvre. Ses trois romans suivants rencontrent également le succès, ce qui lui permet d’acquérir sa maison « Le Paraïs » à Manosque. Il reçoit en 1929, le prix américain Brentano pour Colline, ainsi que le prix Northcliffe en 1930 pour son roman Regain. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1932.

Les événements du début des années 1930 le poussent à s'engager politiquement. Il adhère à l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires (mouvance communiste) mais, par méfiance, il s'en désengage très rapidement.

En avril 1935, il publie Que ma joie demeure qui connaît un grand succès, particulièrement auprès de la jeunesse. 

15

Giono et quelques amis, bloqués accidentellement dans le hameau du Contadour lors d'une randonnée sur la montagne de Lure, décident, subjugués par la beauté des lieux, de s'y retrouver régulièrement : ainsi naissent les Rencontres du Contadour. C'est l'époque de la publication de l'essai Les Vraies Richesses, dédié aux habitants du Contadour.

Les prémices d'une nouvelle guerre se manifestent bientôt. Jean Giono rédige alors ses suppliques Refus d'obéissance, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix, Précisions et Recherche de la pureté.

La déclaration de guerre interrompt la neuvième réunion au Contadour. Les « disciples » attendent la réaction de Giono. Elle est difficile pour cet homme libre qui ne voulait pas être directeur de conscience. 

À la déclaration de guerre, il se rend au centre de mobilisation de Digne. Cependant, à cause de son pacifisme, il est arrêté le 14 septembre 1939. Il est relâché après un non-lieu, et libéré de ses obligations militaires.

Ayant acheté deux fermes en 1939, il dispose d’abondantes ressources alimentaires, ce qui lui permet d’accueillir nombre de personnes de passage. Pendant la guerre, Giono continue à publier sans respecter la directive du Comité national des écrivains. Le passage obligatoire par la censure de l'occupant l'a amené à avoir des contacts avec les autorités allemandes. Le succès de ses œuvres l'a enrichi considérablement. Il se consacre longuement aux soins à donner à sa fille touchée par la tuberculose, en l’emmenant dans la montagne, à Lalley.

Dès avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, on lui reproche sa proximité avec la collaboration. Il écrit pendant trois ans dans le journal Aujourd'hui, d'obédience collaborationniste, et est l'objet d'un reportage dans le journal nazi Signal. Il est aussi l'une des voix de Radio Paris. L'utilisation de sa pensée par le régime de Vichy est souvent restée très caricaturale, vantant son « néoprimitivisme », son « tarzanisme », le retour à la terre ou l'artisanat.

16

Manosque

Une bombe est déposée devant la maison de son domicile la nuit du 11 au 12 janvier 1943 et explose sans faire de blessés, emportant cependant la porte d’entrée. Après la guerre, il est accusé d'avoir collaboré et de nouveau emprisonné, en septembre 1944. Il n'est libéré qu'en janvier 1945, sans avoir été inculpé. Néanmoins, le Comité national des écrivains, organisme issu de la Résistance, l'inscrit sur sa liste noire, ce qui interdit de fait toute publication de son œuvre en France. Bien des résistants qui ont lutté contre le régime de Vichy ne lui ont pas pardonné cette phrase : « Je préfère être un Allemand vivant qu'un Français mort » considérant cette citation comme une offense à leurs sacrifices. Cette mise à l'index ne prend fin qu'en 1947, avec la parution d’Un roi sans divertissement, première en date des Chroniques.  

Les défenseurs de Giono le présentent comme un pacifiste trompé par le régime de Vichy qui, pour lui, amenait la paix. Son soutien aux accords de Munich en 1938 en résulterait. Le fait que le « néoprimitivisme » ou le « tarzanisme » de Giono ait été admiré à la fois par les nazis et par le Régime de Vichy n'est pas selon eux une preuve que Giono était réciproquement un soutien au régime. Du reste, les Allemands ont tenté à plusieurs reprises de le faire venir au « Congrès des écrivains de l'Europe » à Weimar. Giono n'y a jamais participé, mais il a exprimé une reconnaissance qui a les accents de la sincérité.

Des études récentes montrent néanmoins que Giono a pris lui-même contact avec les autorités allemandes. Le colonel Gerhard Heller le trouve « extrêmement bien disposé ». Dans La Gerbe du 19 mars 1942, Jean Giono qualifie la défaite de 1940 et Vichy de « grande expérience » après des « années d'erreurs ». Dans son journal il affirme qu'Allemands et Anglo-Américains, lorsque les premiers mitraillent les fuyards de l'Exode et les seconds bombardent Forcalquier « pour le plaisir », sont « semblables », tandis que les résistants sont des « assassins » et des « voyous », qui se cachent derrière un « patriotisme » dérisoire. Les mots durs que Giono utilise pour qualifier les résistants semblent faire écho à l'insensibilité qu'il affiche à l'égard des Juifs. 

Il est cependant avéré que Giono a caché et entretenu à partir de 1940 des réfractaires, des Juifs, des communistes. Son œuvre porte des traces de cette « résistance » à l'hitlérisme : outre Le Voyage en calèche, interdit par l'occupant en décembre 1943, il faut mentionner Mort d'un personnage.

Dans les années qui suivent, Giono publie notamment Les Âmes fortes (1950), Le Hussard sur le toit (1951), Le Moulin de Pologne (1953).

Avec le succès de ces livres, Giono est de nouveau considéré comme l’un des plus grands écrivains français du XXe siècle. En 1953, le Prix littéraire du Prince-Pierre-de-Monaco lui est décerné pour l'ensemble de son œuvre. Il est élu l'année suivante au sein de l'Académie Goncourt. De plus en plus intéressé par le cinéma (son film Crésus sort en 1960), il préside le jury du Festival de Cannes en 1961.

Parallèlement et alors que la guerre d'Algérie fait rage, il s'engage dans la défense du droit à l'objection de conscience, entre autres en parrainant le comité créé par Louis Lecoin, aux côtés d'André Breton, Albert Camus, Jean Cocteau et de l'abbé Pierre. Ce comité obtient un statut, restreint, en décembre 1963 pour les objecteurs.

Son dernier roman, L'Iris de Suse, paraît l'année de sa mort. Emporté par une crise cardiaque le 9 octobre 1970 dans sa maison, Jean Giono est enterré à Manosque.

Romans principaux

  • Colline 
  • Regain
  • Le Chant du monde 
  • Que ma joie demeure 
  • Un roi sans divertissement 
  • Les Âmes fortes 
  • Le Hussard sur le toit – Gallimard – 1951
  • Deux cavaliers de l'orage 

Il a aussi écrit des articles, des récits, des essais, des poèmes, du théâtre, des scénarios...

 

Posté par GirlyMamie à 08:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

10 juillet 2019

LOUIS-FERDINAND CELINE - LE STYLE ET LES CONTROVERSES

Le style littéraire de Louis-Ferdinand Céline est souvent décrit comme ayant représenté une « révolution littéraire ». Il renouvelle en son temps le récit romanesque traditionnel, jouant avec les rythmes et les sonorités, dans ce qu'il appelle sa « petite musique ». Le vocabulaire à la fois argotique influencé par les échanges avec son ami Gen Paul ainsi que le style scientifique, familier et recherché, est au service d'une terrible lucidité, oscillant entre désespoir et humour, violence et tendresse, révolution stylistique et réelle révolte (le critique littéraire Gaëtan Picon est allé jusqu'à définir le Voyage comme « l'un des cris les plus insoutenables que l'homme ait jamais poussé »). 

01

C'est en 1936, dans Mort à crédit, mettant en scène l'enfance de Ferdinand Bardamu, alter ego littéraire de Céline, que son style se fait plus radical, notamment par l'utilisation de phrases courtes, très souvent exclamatives, séparées par trois points de suspension. Cette technique d'écriture combinant langue écrite et orale, conçue pour exprimer et provoquer l'émotion, se retrouvera dans tous les romans qui suivront. Elle décontenance une bonne partie de la critique. Dans ce roman nourri des souvenirs de son adolescence, Céline présente une vision chaotique et antihéroïque, à la fois burlesque et tragique, de la condition humaine. Le livre, cependant, connaît peu de succès, et se trouve même critiqué par les partisans de Voyage au bout de la nuit. Simone de Beauvoir prétendra (mais longtemps après, en 1960) qu'elle et Jean-Paul Sartre y auraient alors vu « un certain mépris haineux des petites gens qui est une attitude préfasciste », tandis qu'Élie Faure, qui avait encensé le Voyage, juge simplement que Céline « piétine dans la merde ».

Sur le plan stylistique, la progression qui apparaît entre son premier roman et son ultime trilogie est marquée par une correspondance de plus en plus nette entre le temps du récit (ou temps de l'action) et le temps de la narration (ou temps de l'écriture). C'est ainsi que le présent de narration envahit l'espace romanesque au point que l'action ne semble plus se dérouler dans le passé, mais bien au contraire au moment même où le narrateur écrit. Le texte se rapproche ainsi progressivement du genre de la chronique, donnant à son lecteur l'impression que les événements se déroulent « en direct », sous ses yeux. Il est intéressant de le rapprocher de son contemporain Ramuz, qu'il disait être « l'initiateur du transfert de la langue parlée dans la langue écrite ».

Voyage au bout de la nuit au moment de sa parution (1932) est apparu aux yeux d'écrivains de droite tels Bernanos et Léon Daudet « comme une profession de foi humaniste » et par sa forte critique du militarisme, du colonialisme et du capitalisme, « il impressionnait les hommes de gauche, d'Aragon à Trotski ». Mais Mort à crédit (1936) déconcerte parce que « l'engagement idéologique avait presque disparu ».

En 1936, il est invité en URSS, notamment sous l'influence d'Elsa Triolet. À son retour, il écrit son premier pamphlet, Mea culpa, charge impitoyable contre une Russie soviétique bureaucratique et barbare, la même année que Retour de l'URSS d'André Gide. Céline publie ensuite une série de pamphlets violemment antisémites, commençant en 1937 par Bagatelles pour un massacre, puis en 1938, L'École des cadavres.

Cependant Céline n'est pas qu'antisémite et anticommuniste, il a aussi une vision très péjorative et raciste des populations occitanes. Il écrit en 1940 : « Zone Sud, zone peuplée de bâtards méditerranéens dégénérés, de nervis, félibres gâteux, parasites arabiques que la France aurait eu tout intérêt à jeter par-dessus bord. Au-dessous de la Loire, rien que pourriture, fainéantise, infects métissages négrifiés ».

00

Maison de Céline à Meudon

L'antisémitisme de Céline a suscité de nombreux commentaires.

André Gide : « Quant à la question même du sémitisme, elle n'est pas effleurée. S'il fallait voir dans Bagatelles pour un massacre autre chose qu'un jeu, Céline, en dépit de tout son génie, serait sans excuse de remuer les passions banales avec ce cynisme et cette désinvolte légèreté »

Julien Gracq : « Il y a dans Céline un homme qui s'est mis en marche derrière son clairon. J'ai le sentiment que ses dons exceptionnels de vociférateur, auxquels il était incapable de résister, l'entraîneraient inflexiblement vers les thèmes à haute teneur de risque, les thèmes paniques, obsidionaux, frénétiques, parmi lesquels l'antisémitisme, électivement, était fait pour l'aspirer. Le drame que peuvent faire naître chez un artiste les exigences de l'instrument qu'il a reçu en don [...] a dû se jouer ici dans toute son ampleur. Quiconque a reçu en cadeau, pour son malheur, la flûte du preneur de rats, on l'empêchera difficilement de mener les enfants à la rivière ».

L'historien Philippe Burrin : « Ses pamphlets de l'avant-guerre articulaient un racisme cohérent. S'il dénonçait en vrac la gauche, la bourgeoisie, l'Église et l'extrême droite, sans oublier sa tête de Turc, le maréchal Pétain, c'est pour la raison qu'ils ignoraient le problème racial et le rôle belliciste des juifs. La solution ? L'alliance avec l'Allemagne nazie, au nom d'une communauté de race conçue sur les lignes ethnoracistes des séparatistes alsaciens, bretons et flamands. » 

Burrin écrit encore : « Autant qu'antisémite, il [Céline] est raciste : l'élimination des juifs, désirable, indispensable, n'est pas le tout. Il faut redresser la race française, lui imposer une cure d'abstinence, une mise à l'eau, une rééducation corporelle et physique. […] Vichy étant pire que tout, et en attendant qu'une nouvelle éducation ait eu le temps de faire son œuvre, il faut attirer par le « communisme Labiche » ces veaux de Français qui ne pensent qu'à l'argent. Par exemple, en leur distribuant les biens juifs, seul moyen d'éveiller une conscience raciste qui fait désespérément défaut. »  

L'historien Robert Soucy perçoit une dimension sexuelle dans l'antisémitisme de l'auteur : « Selon Céline, les Juifs ne se bornent pas à dominer la France sur les plans politiques, économique, social et culturel ; ils constituent en plus une menace sur le plan sexuel, et plus précisément homosexuel. Selon Céline, les Juifs sont des « enculés » qui prennent de force les Aryens par derrière. Se montrer docile avec les Juifs, c'est courir le risque de se faire violer par eux. [...] Ses envolées contre les Juifs expriment beaucoup de craintes et aussi une jalousie de nature sexuelle. D'après lui, les Aryens sont souvent violés par des Juifs dominateurs ; quant aux Aryennes, elles trouvent les Juifs particulièrement attirants. Les Juifs exercent la même fascination sexuelle sur les femmes que les Noirs : « La femme est une traîtresse chienne née. [...] La femme, surtout la Française, raffole des crépus, des Abyssins, ils vous ont des bites surprenantes. » Ainsi, dans l'univers mental de Céline, la misogynie et le racisme se renforcent mutuellement. »

02

Selon l'historien Michel Winock, l'antisémitisme de Céline s'explique en partie par son expérience traumatisante de la Première Guerre mondiale. Se définissant comme antimilitariste, et pacifiste viscéral, il entend dénoncer ce qu'il considère comme un pouvoir occulte des Juifs, tout comme Hitler prétend que les Juifs fomentent la guerre, motif d'ailleurs repris par Céline.

L'anarchisme est un thème souvent abordé dans l’étude de la pensée politique de Céline. Par ailleurs, l'écrivain a pour habitude de se définir comme un anarchiste. Le 8 mars 1934, il écrit à Élie Faure une lettre dans laquelle il déclare : « Je me refuse absolument, tout à fait, à me ranger ici ou là. Je suis anarchiste, jusqu’aux poils. Je l’ai toujours été et je ne serai jamais rien d’autre ». Cette position s'inscrit avant tout dans son refus d'adhérer à l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires, proche des communistes, que son interlocuteur lui propose. Dans cette même lettre, il précise : « Tout système politique est une entreprise de narcissisme hypocrite qui consiste à rejeter l’ignominie personnelle de ses adhérents sur un système ou sur les “autres”. Je vis très bien, j’avoue, je proclame haut, émotivement et fort toute notre dégueulasserie commune, de droite ou de gauche d’homme. Cela on ne me le pardonnera jamais ». Pour le sociologue libertaire Alain Pessin, Céline s'inscrit dans une pensée anarchiste tout au long de son œuvre, et trouve le soutien d'anarchistes divers comme le journal Le Libertaire lors de son procès en 1950. Mais le sociologue souligne que l'antisémitisme de Louis-Ferdinand Céline est incompatible avec une posture d'anarchiste. Elle révèle selon lui une conception proche des mouvements d'extrême-droite avant la Seconde Guerre mondiale qui s'illustre par un pacifisme justifiant l'antisémitisme. Il souligne toutefois un lien avec la pensée nihiliste, qu'il analyse aussi chez Dubuffet (grand admirateur de Céline), et qui peut s'apparenter à une forme d'anarchisme individualiste.

Pour Jacqueline Morand, ce qui éloigne Céline de l'anarchisme traditionnel, « C'est le pessimisme qu'il manifeste à l'égard de la condition humaine ». Elle souligne toutefois qu'il existe une proximité entre l'écrivain et les idées anarchistes, d'abord dans le Voyage au bout de la nuit, avec un antimilitarisme fort, et une dénonciation du capitalisme à travers le tableau qu'il dresse des usines américaines Ford. Mais c'est dans Les Beaux Draps qu'il se rapproche selon elle le plus de l'anarchisme traditionnel, en évoquant l'idée d'une école proche des concepts de Stirner (mais aussi de l'anarchisme individualiste, par ce biais), une forme de justice sociale dans des temps de travail réduits, et une dénonciation des hommes de pouvoir. Pour autant, Céline ne remet pas en question l’État, et ne croit pas, d'après l'auteure, en la possibilité d'un ordre social fondé sur la libre association des individus, ce qui démontre l'éloignement entre Céline et les idées anarchistes.

L'historien Pascal Ory classe Céline dans les anarchistes de droite. C'est aussi l'avis de François Richard, qui voit dans Louis-Ferdinand Céline l'un des membres de ce courant, qui se caractérise par une posture anti-démocratique, anti-conformiste, mais aussi attaché à des valeurs classées généralement à droite, et souvent à des thèses antisémites et racistes (que l'on observe chez Céline, mais aussi chez Rebatet, Drumont ou encore Léautaud), là ou l'anarchisme traditionnel est opposé.

Ses livres sont réédités et ils ont été traduits dans de nombreuses langues. Les romans de Louis-Ferdinand Céline sont notamment publiés dans la bibliothèque de la Pléiade. Une sélection de sa correspondance y a également fait l'objet d'un volume, en 2009.

Ses pamphlets des années 1930 et 1940 n'ont pas fait l'objet de rééditions officielles en France — à l'exception de Mea Culpa — à la demande de Céline puis de sa veuve après sa mort, arguant du droit de retrait. Ils sont sans doute concernés par le décret-loi Marchandeau de 1939 et par la loi Pleven de 1972, qui interdisent la provocation à la haine raciale. Cependant, depuis une décision de 1979 de la Cour d'appel de Paris, de tels textes peuvent être publiés à condition d'être précédés d’un préambule les resituant dans l’histoire. 

03

La publication de ces pamphlets suscite une controverse entre les adversaires de la réédition qui « partent du principe qu’il faut chercher à interdire toute prose raciste ou antisémite, quel qu’en soit l’auteur », et ses partisans pour qui « orchestrer l’oubli des pamphlets de Céline, c'est aussi blanchir l'écrivain littérairement, ne donner à lire que la prose où il excelle ».

De nombreux travaux ont été consacrés à la vie et à l'œuvre de Céline. Deux numéros des Cahiers de l'Herne (n° 3 et 5) lui ont été consacrés. François Gibault lui a consacré une biographie en trois tomes. Des auteurs comme Philippe Alméras, Pol Vandromme, Philippe Muray, Frédéric Vitoux, Maurice Bardèche ou Robert Poulet lui ont également consacré études et biographies. L'association Société d'études céliniennes organise échanges et colloques à son sujet, publiant également la revue Études céliniennes. Une autre publication, La Revue célinienne, a existé de 1979 à 1981, pour devenir ensuite une revue mensuelle, Le Bulletin célinien.

Le périodique Le Bulletin célinien annonce en octobre 2014 la découverte d'un texte inédit, intitulé On a les maîtres qu'on mérite, retrouvé dans les archives de la Société des Nations. Ce texte a vraisemblablement été écrit à Genève lorsque Céline y officie en tant que médecin.

Emmanuel Bourdieu réalise en 2016 un film intitulé Louis-Ferdinand Céline, qui est une adaptation du livre The Crippled Giant de Milton Hindus. Le film se focalise sur les relations entre l'universitaire et l’écrivain au cours de leur rencontre au Danemark, en 1948.

Céline figurait parmi les 500 personnalités et événements pour lesquels le ministère de la culture souhaitait, en 2011, des célébrations nationales (en l'occurrence, à l'occasion du cinquantenaire de sa mort). À la suite d'une protestation de Serge Klarsfeld, qui a déclaré : « Frédéric Mitterrand doit renoncer à jeter des fleurs sur la mémoire de Céline, comme François Mitterrand a été obligé de ne plus déposer de gerbe sur la tombe de Pétain », le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a finalement décidé de retirer Céline de cette liste, estimant que, selon les termes de Serge Klarsfeld, « les immondes écrits antisémites » de l'écrivain empêchent que la République lui rende hommage.

Ce retrait a suscité en retour des protestations.

En décembre 2017, on apprend que Gallimard projette de publier un volume regroupant les pamphlets antisémites de Céline, Bagatelles pour un massacre, L'Ecole des cadavres et Les Beaux draps, à paraître en mai 2018 sous le titre euphémisant Écrits polémiques et accompagné d’un apparat critique établi par Régis Tettamanzi, professeur de littérature française du XXe siècle à l’Université de Nantes.

Une vive controverse s'ensuit, qui conduit Gallimard à suspendre ce projet, le 11 janvier 2018 : "Au nom de ma liberté d'éditeur et de ma sensibilité à mon époque, je suspends ce projet, jugeant que les conditions méthodologiques et mémorielles ne sont pas réunies pour l'envisager sereinement", indique Antoine Gallimard dans un communiqué.

D'après Wikipédia

 

Posté par GirlyMamie à 08:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

06 juillet 2019

WILLIAM SOMERSET MAUGHAM

William Somerset Maugham (Paris, 25 janvier 1874 - Saint-Jean-Cap-Ferrat, 16 décembre 1965) est un romancier, nouvelliste et dramaturge britannique.

Il est le quatrième fils de parents britanniques vivant en France. Son père est juriste, chargé des affaires juridiques de l'ambassade britannique à Paris. Sa mère est la fille d’un commandant de l'armée coloniale britannique aux Indes ; elle souffre de tuberculose. L'enfant a trois frères aînés. Il grandit au cœur de Paris, dans un monde de bourgeois fortunés et cosmopolites. Le salon familial accueille écrivains et peintres, l'appartement est riche en livres et objets d'art. Confié à des gouvernantes françaises, il ne fréquente que des petits Parisiens de bonne famille, passe l'été à Trouville, l'hiver à Pau avec sa mère qu'il vénère. Le premier auteur qu’il lit est Jean de La Fontaine, dont il récite les fables à sa mère à l’heure du thé. 

00

Il a huit ans lorsque sa mère meurt à quarante et un ans de la tuberculose. Deux ans plus tard, son père meurt d'un cancer. Ces morts précoces auraient déclenché son bégaiement.

Il est recueilli par un oncle paternel, Henry MacDonald Maugham, vicaire anglican de Whitstable, un petit port du Kent dans le sud de l’Angleterre. De 1885 à 1889, il étudie à la King’s School de Cantorbéry. En hiver 1888, à la suite d'une pleurésie, il fait un séjour à Hyères (Côte d'azur), puis un second séjour l’hiver suivant et part pour Heidelberg, où il étudie l’allemand de 1890 à 1892.

En 1892, il entreprend des études de médecine. En 1895, âgé de vingt et un ans, il voit Oscar Wilde, qu’il admire. Celui-ci vient de rencontrer le succès avec sa brillante comédie The Importance of Being Earnest mais il doit affronter le scandale de ses relations homosexuelles. Dès lors, Maugham décide de vivre sa vie affective (il est lui-même bisexuel) hors de ce pays si rigoriste. Toute sa vie, il sera errant, sur le plan linguistique comme sexuel, en quête d’ancrage.

En 1897, il obtient son diplôme de médecine mais tente de vivre de sa plume. Pendant la Première Guerre mondiale, il est membre du British Secret Service en Europe.

En 1915, année de la naissance de sa fille Liza, il entame une liaison avec Gerald Haxton, jeune Américain de vingt-trois ans, qui se poursuivra jusqu'à la mort de ce dernier en 1944. Il passera la seconde partie de sa vie avec Alan Searle (1905-1985), surnommé le bronzino boy (rencontré en 1928), qui veillera sur lui avec beaucoup de tendresse jusqu'à la fin. Pour le remercier, Maugham l'adoptera. Gerald restera cependant le grand amour de sa vie.

Maugham est nommé dans l'Ordre des compagnons d'honneur le 10 juin 1954 .

OEUVRES

Pendant sa longue carrière d'écrivain, Maugham publie des romans, des comédies, des romans psychologiques, des récits d'espionnage et plus de cent nouvelles.

Romans

  • 1897 : Liza de Lambeth
  • 1898 : The Making of a Saint
  • 1901 : The Hero
  • 1902 : Mrs Craddock 
  • 1904 : Mademoiselle Ley ou Manèges
  • 1906 : The Bishop's Apron 
  • 1908 : The Explorer
  • 1908 : Le Magicien
  • 1915 : Servitude humaine
  • 1919 : L’Envoûté
  • 1925 : La Passe dangereuse
  • 1930 : La Ronde de l'amour
  • 1932 : Le Fugitif
  • 1937 : La Comédienne
  • 1939 : Vacances de Noël
  • 1941 : Il suffit d'une nuit
  • 1942 : The Hour Before Dawn
  • 1944 : The Unconquered
  • 1944 : Le Fil du rasoir
  • 1946 : Plus ça change ou La Mandragore)
  • 1946 : Of Human Bondage : An Address
  • 1948 : Catalina 

D'après Wikipédia

 

 

Posté par GirlyMamie à 08:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

02 juillet 2019

RAY BRADBURY

Raymond Douglas Bradbury dit Ray Bradbury, né le 22 août 1920 à Waukegan dans l’Illinois et mort le 5 juin 2012 (à 91 ans) à Los Angeles en Californie, est un écrivain américain, référence du genre de l’anticipation. Il est particulièrement connu pour ses Chroniques martiennes, écrites en 1950, L’Homme illustré, recueil de nouvelles publié en 1951, et surtout Fahrenheit 451, roman dystopique publié en 1953.

09

Ray Douglas Bradbury naît dans un milieu modeste. Il descend par son père d’une des "sorcières" de Salem. Bradbury lit et écrit durant toute sa jeunesse, passant beaucoup de temps à la bibliothèque de Waukegan. Ses romans dépeignent d’ailleurs cette ville comme « la Ville Verte » et sont en partie autobiographiques. Il attribue son habitude d’écrire quotidiennement au jour où en 1932 un amuseur de foire, M. Electroteck, l’a touché avec une lame électrifiée, faisant se dresser ses cheveux sur la tête, en criant « Vis pour toujours ! ». La famille Bradbury vit à Tucson, en Arizona, en 1926-27 et 1932-33, puis retourne à Waukegan avant de s’installer finalement à Los Angeles en 1934. Ray a alors quatorze ans. À l’âge de 17 ans, il publie sa première nouvelle de science-fiction, Script, dans une revue spécialisée.

Ray Bradbury obtient son diplôme à l’école secondaire de Los Angeles en 1938 à 18 ans, mais choisit de ne pas aller à l’université. Au lieu de cela, il vend des journaux au coin de South Norton Avenue et Olympic Boulevard. Il continue cependant à se cultiver à la bibliothèque locale et, influencé par les héros de science-fiction tels que Flash Gordon et Buck Rogers, il commence à écrire des nouvelles de science-fiction. Ces dernières sont publiées dans des fanzines dès 1938. En novembre 1941, est publié Le Pendule, sa première publication rémunérée — il gagne 15 $ — dans le pulp magazine Super Science Stories. Il a profité de la recommandation de Robert A. Heinlein, rencontré à la Los Angeles Science Fantasy Society (LASF). Il devient écrivain à temps plein à la fin de l’année 1942. Son premier livre, Dark Carnival, une collection de courts récits, est publié en 1947 par Arkham House.

Cette même année il se marie avec Marguerite McClure ; le couple aura quatre filles.

En 1950, il publie Chroniques martiennes et l’année suivante L’Homme illustré. En 1952, EC Comics publie l’adaptation en bande dessinée de deux nouvelles de Bradbury. De nombreuses autres seront adaptées par les artistes d’EC Comics, tels que Wally Wood, Joe Orlando ou John Severin dans différents comics d’EC Comics jusqu’en 1954. Ces années 1950 sont pour Bradbury une période prolifique qui voit la publication de nombreux ouvrages : Les Pommes d’or du soleil et le roman Fahrenheit 451 en 1953, Le Pays d’octobre en 1955 et Un remède à la mélancolie en 1958. En 1953, il écrit le scénario du film Moby Dick de John Huston.

En 1963 il écrit sa première pièce, Café irlandais, et l’année d’après il publie son roman La foire des ténèbres. En 1970 il publie Je chante le corps électrique, en 1972, c’est la pièce Théâtre pour demain… et après et en 1975 La colonne de feu

Une attaque cérébrale en 1999 ne l’empêche pas de poursuivre son œuvre qu’il dicte à sa fille.

Réputé pour son franc-parler, il en use jusqu’à la fin de sa vie, s’exprimant sur la nécessité de réformer le mode de gouvernement, ou soutenant la grève des auteurs hollywoodiens.

10

Ray Bradbury a écrit sur la survie spirituelle de l’humanité s’opposant au matérialisme de la société. Bien qu’il ait souvent été présenté comme un écrivain de science-fiction, Bradbury lui-même ne s’est jamais enfermé dans un type de narration : « Avant tout, je n’écris pas de science-fiction. J’ai écrit seulement un livre de science-fiction et c’est Fahrenheit 451, fondé sur la réalité. La science-fiction est une description de la réalité. Le fantastique est une description de l’irréel. Donc les Chroniques martiennes ne sont pas de la science-fiction, c'est du fantastique ».

Bradbury se préoccupe peu de réalité scientifique, et pour cela fut peu reconnu des amateurs américains de SF « pure et dure ».

Romans

  • Chroniques martiennes
  • Fahrenheit 451
  • Le Vin de l'été
  • La Foire des ténèbres
  • L'Arbre d'Halloween
  • La solitude est un cercueil de verre
  • Le Fantôme d'Hollywood
  • La Baleine de Dublin
  • Ahmed et les Prisons du temps
  • De la poussière à la chair - Souvenirs d'une famille d'immortels
  • Il faut tuer Constance
  • Farewell Summer

Il a aussi écrit beaucoup de nouvelles et des pièces de théâtre.

 

Posté par GirlyMamie à 08:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


28 juin 2019

LA MODE DE 1840 A 1850

La silhouette féminine se simplifie et devient presque austère. Le soir, on arbore le grand décolleté, volants et rubans de dentelles, jupe gonflée de crin, dont la longueur atteint maintenant le sol, fleurs et bijoux à profusion.

Le chapeau est en forme de capote évasée du bas pour laisser tomber les longues boucles puis devient de plus en plus serrée sur les joues. Les bandeaux plats sont alors à la mode. Les bottines lacées commencent à faire leur apparition. Le corsage se porte tombant sur les épaules grâce à une emmanchure très basse. Le corset aplatit la poitrine, allonge et amincit la taille.  

Chez les hommes, le chapeau haut-de-forme perd progressivement en hauteur et en ampleur ; les vêtements passent d'une mode ajustée à une mode flottante ; les vestes sont à grandes basques et à larges revers, le gilet est élégant et brodé, la cravate se porte ample en foulard. De nombreux accessoires sont présents : lorgnon, binocle, canne, montre à gousset, boutons travaillés.

14

16

18

Film L'autre Dumas

20

21

22

Film : Jane Eyre

23

24

 

 

Posté par GirlyMamie à 08:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 juin 2019

FORTUNE DE FRANCE 1 - ROBERT MERLE

Premier tome d'une saga en treize volumes.

RESUME

Anoblis grâce à leurs exploits militaires, la « frérèche », duo composé de Jean de Siorac et de Jean de Sauveterre, s’installe dans un château près de Sarlat dans le Périgord. Bien que réformé, Jean de Siorac épouse une catholique, qui donnera naissance à deux garçons et à une fille : François, Pierre (le narrateur) et Catherine. Rusés, les deux Jean, s'entourent de serviteurs habiles, leur permettant d'échapper aux périls auxquels ils sont confrontés (épidémies, famines, attaques de maraudeurs, tensions religieuses, etc.) et de faire prospérer leur châtellenie. Parmi eux, Miroul, fils de paysan, devenu larron à la suite du massacre de sa famille, est recruté aux services de Pierre. Le récit s'achève lorsque Pierre et Samson, accompagnés de Miroul, partent suivre leurs études à Montpellier.

09

L'AUTEUR

Robert Merle, né à Tébessa (en Algérie) le 29 août 1908 et mort en son domaine de La Malmaison à Grosrouvre (Yvelines) le 27 mars 2004, est un écrivain français.

Il est le fils de Félix Merle, né en Algérie, soldat à la bataille des Dardanelles en 1915, puis rapatrié à Marseille en raison d'une fièvre typhoïde.

Ancien élève des classes préparatoires (hypokhâgne et khâgne) du lycée Louis-le-Grand, titulaire d'une licence de philosophie, agrégé d'anglais (reçu 1er au concours), Robert Merle consacre sa thèse de doctorat de lettres à Oscar Wilde et devient professeur, successivement, aux lycées de Bordeaux, Marseille, puis à Neuilly-sur-Seine où il fait la connaissance de Jean-Paul Sartre, à l'époque professeur de philosophie. Mobilisé en 1939, Robert Merle est agent de liaison avec les forces britanniques. Il est fait prisonnier à Dunkerque. Il témoigne de son expérience dans la poche de Dunkerque dans un documentaire d'Henri de Turenne et dans son roman Week-end à Zuydcoote ; il reste en captivité jusqu'en 1943. En 1944, il devient maître de conférences d'anglais à l'université de Rennes, puis Professeur en 1949. Il sera successivement en poste à Toulouse, Caen, Rouen, Alger et enfin Nanterre où il se trouve en mai 1968. Cette dernière expérience a inspiré son roman Derrière la vitre.

Très proche du Parti communiste français, il s'en éloigne tardivement à la suite de l'invasion de l'Afghanistan par l'Union soviétique.

Robert Merle est mort en son domaine de La Malmaison à Grosrouvre, dans les Yvelines.

Il est connu du grand public pour sa grande saga Fortune de France (13 tomes), très documentée et très fidèle à l'histoire de France, à travers les deux personnages de Pierre de Siorac et de son fils Pierre-Emmanuel.

MON AVIS

J'adore, j'adore, j'adore. Non seulement, c'est superbement écrit (style "ancien" qui colle à l'époque, mais restant parfaitement lisible), très détaillé au niveau historique, et amusant de part les personnages fictifs, un peu picaresques, auxquels on s'attache beaucoup. Ils se mêlent à l'histoire, côtoient les personnages réels dans une grande fluidité et une belle cohérence. 

Formidable.

17 

Henri II

FAITS HISTORIQUES REELS (merci Wiki)

À travers les tribulations de ses protagonistes, l’auteur explore la naissance du mouvement huguenot en France. De nombreux faits historiques (bataille de Cérisoles, prise de Calais, confrontation entre les Guise et les Coligny, massacre des Vaudois du Luberon…) servent de cadre à son roman et permettent de faire la lumière sur l’une des périodes les plus sombres mais aussi les plus palpitantes de l'histoire de France.

Henri II

Henri II (né le 31 mars 1519 à Saint-Germain-en-Laye et mort le 10 juillet 1559 à Paris) est roi de France de 1547 à sa mort. Deuxième fils de François Ier et de Claude de France, il devient l'héritier du trône à la mort de son frère aîné en 1536. Il reçoit alors les titres de dauphin et de duc de Bretagne.

Sacré roi de France le 26 juillet 1547 à Reims, il prend comme emblème le croissant de lune, qui est depuis toujours celui de la maison d'Orléans à laquelle il appartient en tant que fils cadet de François Ier (et non pas l'emblème de Diane de Poitiers, comme on a pu souvent le croire). 

Roi parfaitement représentatif de la Renaissance française, Henri II poursuit l'œuvre politique et artistique de son père. Il continue les guerres d'Italie, en concentrant son attention sur l'empire de Charles Quint qu'il parvient à mettre en échec. Henri II maintient la puissance de la France mais son règne se termine sur des événements défavorables comme la défaite de Saint-Quentin (1557) et le traité du Cateau-Cambrésis qui met un terme au rêve italien.

Son règne marque également l'essor du protestantisme qu'il réprime avec davantage de rigueur que son père. Devant l'importance des adhésions à la Réforme, Henri II ne parvient pas à régler la question religieuse, qui débouche après sa mort sur les guerres de Religion.

Il meurt accidentellement à l'âge de quarante ans : le 30 juin 1559, lors d’un tournoi tenu rue Saint-Antoine à Paris (devant l'ancien hôtel des Tournelles), Gabriel de Montgommery, capitaine de sa garde écossaise, le blesse d'un éclat de lance dans l'œil. Il en meurt dix jours plus tard.

18 

Catherine de Médicis

Catherine de Médicis

Catherine de Médicis est née le 13 avril 1519 à Florence (République florentine) sous le nom de Caterina Maria Romola di Lorenzo de' Medici et morte le 5 janvier 1589 à Blois (France).

Fille de Laurent II de Médicis, duc d'Urbino, et de Madeleine de la Tour d'Auvergne, elle grandit en Italie. À la mort de ses parents, elle hérite du titre de duchesse d'Urbino et de comtesse de Lauragais, puis de celui de comtesse d'Auvergne à la mort de sa tante Anne d'Auvergne en 1524.

Par son mariage avec le futur Henri II, elle devient Dauphine et duchesse de Bretagne de 1536 à 1547, puis reine de France de 1547 à 1559. Mère des rois François II, Charles IX, Henri III, des reines Élisabeth (reine d'Espagne) et Marguerite (dite « la reine Margot », épouse du futur Henri IV), elle gouverne la France en tant que reine-mère et régente de 1560 à 1563.

Catherine de Médicis est une grande figure du XVIe siècle. Son nom est irrémédiablement attaché aux guerres de Religion opposant catholiques et protestants. Qui plus est, une légende noire persistante la dépeint comme une personne acariâtre, jalouse du pouvoir, ne reculant devant aucun crime pour conserver son influence. Aujourd'hui, la tendance historiographique tend à réhabiliter le rôle de cette reine de France qui a usé de son influence lors d'une période historique complexe et très troublée.

Partisane d'une politique de conciliation, elle est l'instauratrice en France de la liberté de conscience pour les protestants et a de nombreuses fois tenté de faire accepter le concept de tolérance civile. Avec l'édit de janvier 1562, elle tente d'instaurer la liberté de culte, mais ne parvient pas à empêcher le déclenchement des hostilités. Après la surprise de Meaux en 1567, sa fermeté et sa méfiance envers les protestants se renforcent. Son rôle supposé dans le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572 contribue à en faire une figure controversée de l'histoire de France.

François II

François II (Fontainebleau, le 19 janvier 1544 - Orléans, le 5 décembre 1560) est roi de France du 10 juillet 1559 jusqu'à sa mort.

Fils aîné d'Henri II et de Catherine de Médicis, il monte sur le trône de France à l'âge de quinze ans après la mort accidentelle de son père le 10 juillet 1559. Son règne éphémère ne dure qu'un an et cinq mois mais constitue un prélude majeur au déclenchement des guerres de Religion.

19

Charles IX

Son règne est en effet marqué par une importante crise politique et religieuse. À son avènement, il confie les rênes du gouvernement aux Guise, les oncles de son épouse Marie Stuart, reine d'Écosse, partisans d’une politique de répression à l'égard des protestants. Après la conjuration d’Amboise, il entame la mise en place d'une conciliation à l'égard des réformés mais se montre implacable face aux émeutiers qui mettent à mal son autorité dans les provinces.

Son règne est également marqué par l'abandon de l'Écosse, du Brésil et, sous l’effet du traité du Cateau-Cambrésis signé par son père Henri II, de la Corse, de la Toscane, de la Savoie et de la quasi-totalité du Piémont. Il marque, au profit de l'Espagne, le point de départ de l’affaiblissement de l’influence française en Europe.

Charles IX

Charles IX, né le 27 juin 1550 au château royal de Saint-Germain-en-Laye et mort le 30 mai 1574 au château de Vincennes, est roi de France de 1560 à 1574.

Il est le quatrième roi de la famille des Valois-Angoulême. Fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, il succède à son frère François II à l'âge de 10 ans et meurt sans enfant mâle légitime à près de 24 ans.

Sous son règne, le Royaume est déchiré par les guerres de Religion, malgré tous les efforts déployés par sa mère Catherine pour les empêcher. Après plusieurs tentatives de réconciliation, son règne déboucha sur le massacre de la Saint-Barthélemy.

Pierre de Bourdeilles, dit Brantôme

Pierre de Bourdeilles, dit Brantôme (vers 1537 - 1614) abbé commendataire (ou séculier) de l'abbaye de Brantôme et seigneur de Saint-Crépin de Richemont, est un militaire et écrivain français, surtout connu pour ses écrits « légers » relatant sa vie de courtisan et de soldat et celle des personnages illustres qu'il a côtoyés. On l'a nommé « le valet de chambre de l'Histoire », à cause des détails intimes qu'il a donnés sur certains de ses personnages.

20

Brantôme

Pierre de Bourdeille est un personnage à plusieurs facettes. Gentilhomme issu de la bonne noblesse, il fait figure de courtisan modèle, participant à la vie de cour et côtoyant les plus Grands du royaume. Militaire de carrière passionné par l'art de la guerre, il est l'archétype du jeune noble en quête d'aventures et de batailles, participant entre autres à des guerres de religion et s'engageant à plusieurs reprises dans des conflits à l'étranger (Italie, Espagne, Maroc…). Toutefois, il n'a jamais participé aux grandes guerres de son époque se trouvant souvent au mauvais endroit ou arrivant trop tard. Le seul fait d'armes pour lequel il s'est réellement illustré en tant que stratège et militaire est la conquête de la ville de Belys au Maroc. Pour le récompenser de son courage, le roi du Portugal Don Sebastian le fait chevalier de son ordre appelé L'habito de cristo.

Aujourd'hui, Brantôme est moins connu pour ses faits d'armes que pour ses manuscrits, tous publiés après sa mort. Il a beaucoup écrit sur les grands personnages de son temps et des générations immédiatement précédentes. Bien qu'il ne soit pas considéré comme un historien, ses chroniques du XVIe siècle donnent une vision mordante et vive de son temps.

Les trois frères de Guise :

Henri de Lorraine, duc de Guise

Henri Ier de Lorraine, 3e duc de Guise, dit « le Balafré » (31 décembre 1550, Joinville - assassiné le 23 décembre 1588, au château de Blois) est un prince issu d'une branche cadette de la maison de Lorraine.

À la tête d'un puissant clan aristocratique, il deviEnt populaire pendant les guerres de religion en se posant comme le défenseur de la foi catholique. Après avoir participé au massacre de la Saint-Barthélemy (1572), il s'illustre à plusieurs reprises sur le champ de bataille en combattant les protestants. D'abord prince de Joinville, puis duc de Guise (1563), il tient en tant que grand maître et pair de France, une place d'importance à la cour.

Chef de la Sainte Union (1584), il aspire à gouverner la France. Son but avoué est de réduire l'influence politique du parti protestant en France, en vertu du principe de catholicité de la couronne, mais on ne peut exclure une ambition personnelle appuyée sur une logique de clan et une rivalité entre diverses factions proches du pouvoir et de la famille royale. Il devient le maître de Paris après la journée des Barricades (12 mai 1588) mais est assassiné sur l'ordre d'Henri III lors des états généraux de Blois. Sa mort provoque indirectement l'assassinat du roi.

Charles de Lorraine, duc de Mayenne, maison de Guise

Charles II de Lorraine, duc de Mayenne (26 mars 1554 à Alençon - 3 octobre 1611 à Soissons), est un noble français de la maison de Guise et un chef militaire de la Ligue pendant les guerres de Religion.

21

Henri Ier de Guise

Il est le frère cadet du duc Henri de Guise. Capitaine de guerre durant les guerres de Religion, il participe à plusieurs campagnes militaires sous le règne d'Henri III. Gouverneur de Bourgogne, il possède à la cour de France la charge honorifique de grand chambellan. Après l'assassinat de ses frères en 1588, il prend la tête de la Ligue mais, à la suite de plusieurs défaites (Arques, Ivry, Fontaine-Française), il fait sa soumission au roi Henri IV en 1595.

Louis II de Lorraine, cardinal de Guise

Louis II de Lorraine, dit le cardinal de Guise puis de Lorraine (né le 6 juillet 1555 à Dampierre - mort assassiné le 24 décembre 1588 au château de Blois), appartient à la célèbre maison de Guise, branche cadette de la maison de Lorraine, qui joue un rôle de premier plan dans la vie politique française au XVIe siècle. Il est archevêque-duc de Reims de 1574 à 1588.

Gaspard II de Coligny, dit Amiral de Coligny

Gaspard de Coligny est un noble et amiral français, né le 16 février 1519 à Châtillon-sur-Loing et mort le 24 août 1572 à Paris, assassiné lors du massacre de la Saint-Barthélemy. Comte de Coligny, baron de Beaupont et Beauvoir, Montjuif, Roissiat, Chevignat et autres lieux, seigneur de Châtillon, amiral de France, il est l'un des membres les plus connus de la maison de Coligny éteinte en 1694.

Il est le fils de Gaspard Ier de Coligny, maréchal de France sous François Ier, et de sa femme Louise de Montmorency.  

Henri Ier de Bourgon-Condé, dit Prince de Condé

Henri Ier de Bourbon, deuxième prince de Condé (La Ferté-sous-Jouarre, 29 décembre 1552 - Saint-Jean-d'Angély, 5 mars 1588), est le prince protecteur des protestants pendant les guerres de religion. Rival d'Henri III de Navarre (futur Henri IV), sa foi protestante est militante et il mène de nombreuses campagnes militaires contre les troupes royales.

Antoine de Bourbon

Antoine de Bourbon (22 avril 1518 au château de La Fère - † 17 novembre 1562 aux Andelys) est un prince du sang de la maison capétienne de Bourbon, membre de la branche cadette de Bourbon-Vendôme, qui vit sous les règnes des rois Henri II, François II et Charles IX. Il est le Premier prince du sang.

Duc de Vendôme, roi de Navarre par son mariage avec Jeanne d'Albret, sa vie est marquée par son oscillation entre le catholicisme et la réforme protestante. Finalement, il se décide pour la religion catholique, tandis que sa femme devient une huguenote convaincue, et participe aux affrontements durant la première guerre de religion, en tant que chef de l'armée royale. Il trouve la mort au siège de Rouen en 1562. Il est le père du roi Henri IV, fondateur de la dynastie royale des Bourbons.

23

Henri de Navarre, futur Henri IV, et son épouse Marguerite de Valois

Jeanne d'Albret

Jeanne III, dite Jeanne d'Albret (née le 16 novembre 1528 au château de Saint-Germain-en-Laye, morte le 9 juin 1572 à Paris), est reine de Navarre de 1555 à sa mort. Elle est la fille unique d'Henri II, roi de Navarre et de Marguerite de Valois-Angoulême.

Nièce du roi de France François Ier, elle est élevée sous son autorité à la cour de France. Elle épouse Antoine de Bourbon, premier prince du sang et est la mère du roi Henri IV. Figure importante du protestantisme en France, elle s'illustre par sa rigueur morale et son intransigeance religieuse. Au début des guerres de religion, elle se sépare de son époux qui a rejoint le camp catholique et implante durablement la Réforme calviniste sur ses terres.

Henri de Navarre (futur Henri IV)

Henri de Bourbon le 13 décembre 1553 à Pau et mort assassiné le 14 mai 1610 à Paris, est roi de Navarre sous le nom de Henri III (de 1572 à 1610), puis roi de France sous le nom de Henri IV (de 1589 à 1610), devenant à ce titre le premier roi de France issu de la maison capétienne de Bourbon. Il cumule ainsi les dignités de roi de France et de Navarre.

Henri est le fils de Jeanne d'Albret, reine de Navarre (elle-même fille de Marguerite d'Angoulême et nièce du roi François Ier), et d'Antoine de Bourbon, chef de la maison de Bourbon, descendant du roi Saint Louis et premier prince du sang. En vertu de la « loi salique », cette filiation fait d'Henri de Bourbon l'un des successeurs naturels des rois de France de la maison de Valois.

Bien que baptisé catholique à sa naissance, il s'implique dans les guerres de Religion en tant que prince du sang, roi de Navarre et chef protestant. Il abjure sa foi huguenote à l'occasion du massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, puis redevient protestant en 1576 après sa fuite de la cour de France.

En 1584, il devient l'héritier légitime du trône conséquemment à la mort du duc François d'Anjou, frère cadet et héritier du roi Henri III de France. Les troubles religieux s'exacerbent, notamment sous la pression de la Sainte Ligue qui refuse de voir un huguenot monter sur le trône. L'avènement de Henri IV survient pourtant en 1589, après l'assassinat de Henri III, dernier souverain Valois, par le moine ligueur Jacques Clément.

24

Anne de Montmorency

Pour être accepté comme roi de France, Henri IV poursuit la guerre contre la Ligue, finit par se reconvertir au catholicisme et signe l'édit de Nantes, traité de paix qui tolère dans certaines limites le culte protestant, mettant ainsi fin à plus de trois décennies de guerres de Religion.

Alors qu'il prépare une guerre contre l'Espagne, il est assassiné le 14 mai 1610 par un fanatique charentais, François Ravaillac, rue de la Ferronnerie à Paris.

François III de La Rochefoucauld

François III, comte de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, comte de Roucy, baron de Verteuil, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, l'un des chefs protestants assassiné le jour de la Saint-Barthélemy.

Il est l'un des favoris du roi Henri II, puis de Charles IX par son humour et son intelligence.  

Anne de Montmorency

Anne de Montmorency, né à Chantilly le 15 mars 1493 et mort à Paris le 12 novembre 1567, est duc et pair de France, maréchal puis grand maître de France, baron des Baux et connétable et émule de Bayard. Cet homme extrêmement puissant, qui a symbolisé la Renaissance française, est un ami intime des rois François Ier et Henri II.

Etienne de La Boétie

Étienne de La Boétie est un écrivain humaniste et un poète français, né le 1er novembre 1530 à Sarlat et mort le 18 août 1563 à Germignan, dans la commune du Taillan-Médoc, près de Bordeaux. La Boétie est célèbre pour son Discours de la servitude volontaire. À partir de 1558, il est l’ami intime de Montaigne, qui lui rend un hommage posthume dans ses Essais.

Michel de Montaigne

Michel Eyquem de Montaigne, seigneur de Montaigne, né le 28 février 1533 et mort le 13 septembre 1592 au château de Saint-Michel-de-Montaigne (Dordogne), est un philosophe et moraliste de la Renaissance, un écrivain érudit, précurseur et fondateur des « sciences humaines et historiques » en langue française.

25

Philippe II d'Espagne

Enfant puis adolescent éduqué par son père Pierre dans la ferveur humaniste et polyglotte, le jeune Michel Eyquem se mue en étudiant batailleur et aventureux menant une vie itinérante parfois dissolue. Devenu pleinement adulte, homme à la santé allègre, de caractère bouillonnant, mais toujours avide lecteur, il entame en 1554 à la cour des aides de Périgueux un cursus professionnel au sein de la magistrature de la province de Guyenne qui le mène en 1556 au parlement de Bordeaux occuper un poste de conseiller pendant 13 ans. Pendant cinq ans, il noue une progressive et solide amitié avec un aîné conseiller La Boétie jusqu'à la disparition de ce dernier en août 1563. Versé à la chambre des enquêtes, il y devient un diplomate de premier niveau, chrétien sincère contre les ligueurs et fidèle au roi de France, promu après sa retraite en octobre 1571 en gentilhomme de la chambre du Roi, avec le titre de chevalier de l'ordre de Saint-Michel.

À la mort de son père en juin 1568, Michel hérite de la terre et du titre de « seigneur de Montaigne », et désormais riche, peut se défaire de sa charge de magistrat diplomate le 24 juillet 1570 et se consacrer à l'écriture et à l'édition. Cet art ne l'empêche pas de prendre une part active à la vie politique en Aquitaine, devenant par deux fois maire de Bordeaux de 1581 à 1585, et même de devenir un des négociateurs clefs entre le maréchal de Matignon, lieutenant du Roi pour la Guyenne et Henri de Navarre, le jeune chef bourbon du parti protestant et royal suivant l'engagement réformé rigoureux de sa mère, Jeanne d'Albret.

Probablement dès la fin mars 1578, il constate qu'il est victime de petits calculs urinaires, et en 18 mois, la gravelle, maladie responsable de la mort de son père, s'aggrave et s'installe durablement. Désormais le plus souvent souffrant ou maladif, il cherche à hâter ses écrits et à combler ses curiosités ː il essaie ainsi de guérir en voyageant vers des lieux de cure, puis voyage vers les contrées qui l'ont fasciné durant sa jeunesse.

Les Essais entrepris en 1572 et constamment continués et remaniés jusqu'aux derniers mois avant sa mort sont une œuvre singulière tolérée par les autorités puis mise à l'Index par le Saint-Office en 1676. Ils ont nourri la réflexion des plus grands auteurs en France et en Europe, de Shakespeare à Pascal et Descartes, de Nietzsche et Proust à Heidegger. Montaigne développe l'ambition de « se faire connaître à ses amis et parents » : celle d'explorer le psychisme humain, de décrire la forme de la condition humaine.

Si son livre « ne sert à rien », parce qu'il se distingue des traités de morale autorisés par la Sorbonne, Montaigne souligne quand même que quiconque le lira pourra tirer profit de son expérience. 

Le bonheur du sage consiste à aimer la vie et à la goûter pleinement : « C'est une perfection absolue et pour ainsi dire divine que de savoir jouir loyalement de son être. »

Michel de L'Hospital

Michel de L'Hospital, parfois orthographié de L'Hôpital, né selon les sources entre 1503 et 1507, au château de la Roche à Chaptuzat, près d'Aigueperse1, en Auvergne, et mort le 13 mars 1573 au château de Belesbat à Boutigny-sur-Essonne, est conseiller au parlement de Paris (1537), ambassadeur au concile de Trente, maître des requêtes, surintendant des finances (1554), chancelier de France (1560) et poète latin. Son nom reste associé aux tentatives royales de pacification civile durant les guerres de religion.

26

Marie Ière d'Angleterre

Philippe II d'Espagne

Philippe II, né le 21 mai 1527 à Valladolid (Espagne) et mort le 13 septembre 1598 au palais de l'Escurial (Espagne), fils aîné de Charles Quint et d'Isabelle de Portugal, est roi d'Espagne, de Naples et de Sicile, archiduc d'Autriche, duc de Milan et prince souverain des Pays-Bas de l'abdication de son père en 1555 à sa mort. Il devient également roi de Portugal après l'extinction de la maison d'Aviz, en 1580. Du fait de son mariage avec Marie Tudor, il est roi d'Angleterre de 1554 à 1558. Après la mort de cette dernière, il épouse la fille d'Henri II de France.

En tant que roi d'Espagne, il est à la tête des possessions espagnoles extra-européennes, principalement en Amérique, qui lui assurent des ressources considérables. Son long règne, entaché par une légende noire due pour une large part à la propagande de ses ennemis, notamment l'Angleterre d'Élisabeth Ire et les provinces protestantes des Pays-Bas engagées dans une longue guerre d'indépendance, marque l'apogée diplomatique de l'Espagne, à une époque où le royaume de France voisin est en proie aux guerres de Religion.

Marie Ière Tudor d'Angleterre

Marie Ière, également connue sous le nom de Marie Tudor, née le 18 février 1516 et morte le 17 novembre 1558, est la première reine régnante d'Angleterre et d'Irlande de 1553 à sa mort, et, par son mari Philippe II (roi d'Espagne), reine d'Espagne, de Sicile et de Naples, duchesse de Bourgogne, de Milan, de Brabant, de Luxembourg et de Limbourg, comtesse de Flandre, de Hainaut et comtesse palatine de Bourgogne.

Issue du mariage malheureux du roi Henri VIII d'Angleterre et de Catherine d'Aragon, Marie est écartée de la succession au trône, en 1534, par la première loi de succession au trône, après le remariage de son père avec Anne Boleyn. Elle ne redevient éligible à la succession au trône, après son demi-frère Édouard mais avant sa demi-sœur Élisabeth, qu'en 1543, avec la troisième loi de succession au trône.

Comme Marie est catholique, Édouard VI, devenu roi en 1547, tente de l'évincer de sa succession et, à sa mort en 1553, sa parente Jeanne Grey est proclamée reine, la grand mère de Jeanne étant la sœur du père de Marie, Henri VIII. Marie rassemble une armée en Est-Anglie et dépose Jeanne qui est décapitée. Elle devient ainsi la première femme de l’histoire à être couronnée reine d’Angleterre et à diriger le pays en son propre nom. Elle épouse Philippe II d'Espagne en 1554 et devient ainsi reine consort d'Espagne lorsqu'il devient roi en 1556.

Le règne de Marie est marqué par ses tentatives visant à restaurer le catholicisme après les règnes protestants de son demi-frère et de son père (Henri VIII). Plus de 280 réformateurs et dissidents sont brûlés vifs lors des persécutions mariales - bien peu en fait au regard des milliers de morts durant le règne de son père. Cette brutale répression lui vaut le surnom de Bloody Mary (« Marie la Sanglante »). Ce retour au catholicisme est annulé après sa mort en 1558 par sa demi-sœur cadette Élisabeth Ière.

27

Elisabeth Ière d'Angleterre

Elisabeth Ière d'Angleterre

Élisabeth Ière, née le 7 septembre 1533 au palais de Placentia à Londres et morte le 24 mars 1603 au palais de Richmond à Londres, est reine d'Angleterre et d'Irlande de 1558 à sa mort.

Élisabeth est la fille du roi Henri VIII d'Angleterre. Sa mère Anne Boleyn, exécutée trois ans après sa naissance, lui fait perdre son titre de princesse, reçu à sa naissance, entériné par le second Acte de Succession. Son demi-frère Édouard VI nomme comme successeur, par lettre patente sa cousine Jeanne Grey, ce qui écarte ses demi-sœurs Marie et Élisabeth de la succession au trône. Neanmoins, cette lettre patente d'Édouard VI est interprétée comme acte de trahison et Jeanne Grey est exécutée. Marie - fille d'Henri VIII et de la catholique Catherine d'Aragon - devient reine en juillet 1553. Élisabeth lui succède cinq ans plus tard, après avoir passé près de deux mois en prison en raison de son soutien supposé aux rebelles protestants et plus de quatre ans en résidence surveillée, entre le Palais de Woodstock et Hatfield Palace.

Élisabeth Ière s'entoure d'un groupe de conseillers de confiance mené par William Cecil pour définir sa politique. Comme reine, l'une de ses premières décisions est de restaurer l'autorité de l'Église protestante anglaise aux dépens de l’Église catholique promue par sa demi-sœur Marie, comme seule religion d'État. Elle devient le gouverneur suprême de l'Église anglicane. Ce Règlement élisabéthain évolue par la suite pour devenir l'Église d'Angleterre.

Elle est politiquement plus modérée que l'ont été son père, son demi-frère et sa demi-sœur ; l'une de ses devises est video et taceo (littéralement « je vois et je me tais »). Élisabeth est relativement tolérante sur le plan religieux et n'engage pas de persécutions. En 1570, le pape l'excommunie et encourage les sujets catholiques d'Élisabeth à ne plus lui obéir. La reine, qui échappe à plusieurs complots, adopte une diplomatie prudente et ménage les grandes puissances européennes que sont la France et l'Espagne. Elle ne soutient qu'à contrecœur plusieurs campagnes militaires dans les Pays-Bas, en France et en Irlande qui échouent en grande partie du fait de manque de ressources. Pendant son règne éclate la guerre anglo-espagnole qui voit l'Armada espagnole (Invincible Armada) tenter d'envahir le royaume d'Angleterre en 1588.

Le règne d'Élisabeth appelé ère élisabéthaine est associé à l'épanouissement du théâtre anglais représenté par William Shakespeare et Christopher Marlowe, à l’émergence d' un style architectural, à l'installation permanente de colonies anglaises au Nouveau Monde ainsi qu'aux prouesses maritimes d'aventuriers comme Francis Drake et Walter Raleigh. Certains historiens ont cependant nuancé cet âge d'Or supposé et qualifient Élisabeth de souveraine irascible et indécise qui a plus que sa part de chance. Vers la fin de son règne, une série de problèmes économiques et militaires affectent sa popularité. Élisabeth est néanmoins reconnue pour son charisme et son caractère obstiné, à une époque où les monarques des pays voisins affrontent des difficultés internes qui mettent leurs trônes en péril. C'est par exemple le cas de sa rivale Marie Ire d'Écosse, qu'elle fait emprisonner en 1568, puis exécuter en 1587. Après les brefs règnes de ses demi-frère et demi-sœur, ses 44 années sur le trône ont apporté une stabilité bienvenue au royaume et aidé à forger une identité nationale.

En vieillissant, elle est surnommée the Virgin Queen, la « Reine Vierge », et cet aspect est célébré dans de nombreuses œuvres artistiques. Élisabeth en effet ne se mariera jamais et la lignée Tudor s'éteint avec elle, sur le trône des royaumes d'Angleterre et d'Irlande, ouvrant la voie à la dynastie des Stuart, à l'orée du XVIIe siècle naissant.

Martin Luther

Martin Luther, né le 10 novembre 1483 à Eisleben, en Thuringe et mort le 18 février 1546 dans la même ville, est un frère augustin théologien, professeur d'université, initiateur du protestantisme et réformateur de l'Église dont les idées exercèrent une grande influence sur la Réforme protestante, qui changea le cours de la civilisation occidentale.

28 

Martin Luther

Préoccupé par les questions de la mort et du salut qui caractérisent le christianisme du Moyen Âge tardif, il puise des réponses dans la Bible, particulièrement dans l'épître de Paul aux Romains. Selon Luther, le salut de l'âme est un libre don de Dieu, reçu par la repentance sincère et la foi authentique en Jésus-Christ comme le Messie, sans intercession possible de l'Église. Il défie l'autorité papale en tenant la Bible pour seule source légitime d'autorité chrétienne.

Scandalisé par le commerce des indulgences instauré par les papes Jules II et Léon X pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome, il publie le 31 octobre 1517 les 95 thèses. Sommé le 15 juin 1520 par le pape Léon X de se rétracter, il est excommunié, le 3 janvier 1521, par la bulle pontificale Decet romanum pontificem. L'empereur du Saint-Empire romain germanique et roi d'Espagne, Charles Quint, convoque Martin Luther en 1521 devant la Diète de Worms. Un sauf-conduit lui est accordé afin qu'il puisse s'y rendre sans risque. Devant la Diète de Worms, il refuse de se rétracter, se déclarant convaincu par le témoignage de l'Écriture et s'estimant soumis à l'autorité de la Bible et de sa conscience plutôt qu'à celle de la hiérarchie ecclésiastique. La Diète de Worms, sous la pression de Charles Quint, décide alors de mettre Martin Luther et ses disciples au ban de l'Empire.

Il est accueilli par son ami l'électeur de Saxe Frédéric III le Sage au château de la Wartbourg, où il compose ses textes les plus connus et les plus diffusés. C'est là qu'il se lance dans une traduction de la Bible en allemand à partir des textes originaux, traduction dont l'influence culturelle sera primordiale, tant pour la fixation de la langue allemande que pour l'établissement des principes de l'art de la traduction.

Luther adopte vers la fin de son existence une attitude de plus en plus judéophobe. En 1543, trois ans avant sa mort, il publie Des Juifs et de leurs mensonges, pamphlet d'une extrême violence où il prône des solutions telles que brûler les synagogues, abattre les maisons des Juifs, détruire leurs écrits, confisquer leur argent et tuer les rabbins qui enseigneraient le judaïsme. Condamnés par quasiment tous les courants luthériens, ces écrits et l'influence de Luther sur l'antisémitisme ont contribué à rendre son image controversée.

Jean Calvin

Jean Calvin (forme re-francisée de Jehan Cauvin), né le 10 juillet 1509 à Noyon (Picardie) et mort le 27 mai 1564 à Genève, est un théologien français, un important réformateur, et un pasteur emblématique de la Réforme protestante du XVIe siècle, notamment pour son apport à la doctrine dite du calvinisme.

Après des études de droit, Calvin rompt avec l'Église catholique romaine vers 1530. Du fait des persécutions contre ceux qu'on appellera plus tard les « protestants » en France, Calvin se réfugie à Bâle, en Suisse, où il publie la première édition de son œuvre maîtresse, l'Institution de la religion chrétienne en 1536. La même année, il est recruté par Guillaume Farel pour aider à la réforme de l'église à Genève. À la suite d'un différend entre les pasteurs et le Conseil municipal, Calvin et Farel sont expulsés de Genève. À l'invitation de Martin Bucer, Calvin se rend à Strasbourg, où il séjourne entre 1538 et 1541, devenant pasteur d'une église de réfugiés français et wallons. De Strasbourg, il continue à soutenir le mouvement réformateur à Genève. En particulier lorsque les catholiques tentent d'y reprendre pied grâce à l’évêque Sadolet, Calvin rédige une réponse définitive. Il est finalement invité à revenir dans la cité genevoise en 1541.

29

Jean Calvin

Après son retour, Calvin introduit une nouvelle liturgie et des idées politiques novatrices malgré l'opposition de plusieurs puissantes familles de la ville qui tentent de s'opposer à son autorité, notamment lors du procès de Michel Servet. De nouvelles élections et l'arrivée de réfugiés favorables à Calvin lui permettent d'évincer ses opposants au Conseil municipal. Calvin passe les dernières années de sa vie à promouvoir la Réforme à Genève et dans toute l'Europe.

Calvin est un écrivain apologétique et un polémiste provoquant de nombreuses controverses. Il échange également une riche correspondance avec de nombreux réformés, comme Philippe Melanchthon et Heinrich Bullinger. Outre l’Institution, il rédige des essais sur la plupart des livres de la Bible, de même que des traités de théologie et des confessions de foi. Il prêche régulièrement à Genève et écrit pour soutenir les martyrs protestants qui attendent leur exécution. Calvin est influencé par la tradition augustinienne qui le pousse à disserter sur les concepts de prédestination et de la souveraineté absolue de Dieu en ce qui concerne la rédemption et donc aussi la damnation. Les écrits et les prédications de Calvin fondent la théologie réformée. Les églises réformées et presbytériennes ont depuis lors adopté la pensée calvinienne et l'ont largement répandue.

Concile de Trente (1542)

Le concile de Trente est le dix-neuvième concile œcuménique reconnu par l'Église catholique.

Convoqué par le pape Paul III le 22 mai1 1542, en réponse aux demandes formulées par Martin Luther dans le cadre de la réforme protestante, il débute le 13 décembre 1545 et se termine le 4 décembre 1563. Étalées sur dix-huit ans, ses vingt-cinq sessions couvrent cinq pontificats (Paul III, Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV) et se tiennent à Trente dans la cathédrale de San Vigilio, puis à Bologne et enfin à nouveau à Trente, dans l'église Santa Maria Maggiore.

En réponse aux théories protestantes, le concile confirme la doctrine du péché originel affirmée lors du 16e concile de Carthage en 418, précise celle de la justification, de l’autorité de la Bible spécifique au catholicisme romain et confirme les sept sacrements, le culte des saints et des reliques ainsi que le dogme de la transsubstantiation. Sur le plan disciplinaire, il crée les séminaires diocésains, destinés à former les prêtres.

Trente est l'un des conciles les plus importants de l'histoire du catholicisme ; il est le plus abondamment cité par le concile de Vatican II (1962-1965). Entre Trente et Vatican II, il n'y eut qu'un seul concile, Vatican I (1869-1870), qui définit le dogme de l'infaillibilité pontificale mais est interrompu par la guerre franco-allemande de 1870 et l'intervention des troupes italiennes qui, à la prise de Rome, annexent les États du pape.

La libération de Calais (1558)

En l’absence de toute défense naturelle, le maintien de la mainmise anglaise sur Calais dépend de fortifications entretenues et améliorées à prix d’or. La proximité de la frontière franco-bourguignonne met fréquemment la domination anglaise à l’épreuve, et elle doit largement sa longévité à cette rivalité entre la Bourgogne et la France, toutes deux convoitant la ville mais préférant la voir aux mains des Anglais plutôt que de leur rival.

30

Prise de Calais par les Français

La victoire de la couronne française sur le duché de Bourgogne et son incorporation subséquente marquent la fin de ce statu quo. Ayant enfin les mains libres, Henri II nomme, à son retour d’Italie en 1557, le duc François de Guise, dit « le Balafré », lieutenant général du royaume. Le 7 janvier 1558, ce dernier profite de l’affaiblissement de la garnison et du délabrement des fortifications pour reconquérir Calais. La reine Marie Tudor y voit un affreux malheur. Elle aurait dit en l'apprenant : « Après ma mort, si vous ouvrez mon cœur, vous y trouverez, les noms de Philippe (son mari) et Calais

Lord Wentworth, gouverneur de la ville, et les habitants anglais de Calais et de Guînes sont renvoyés en Angleterre et le Calaisis est renommé « Pays reconquis » pour commémorer le rétablissement de la domination française.

La paix de Cateau-Cambrésis (1559)

La paix du Cateau-Cambrésis désigne les traités de paix signés les 2 et 3 avril 1559. Ils mettent un terme au conflit entre la France d'un côté, l'Espagne et le Saint-Empire romain germanique de l'autre.

Il est considéré comme le traité européen le plus important du XVIe siècle, dont les accords sont restés en vigueur pendant plus d'un siècle. Il entraîne aussi une situation géopolitique nouvelle marquée par l'obligation de la France d'abandonner sa politique d'ingérence en Italie. Il marque ainsi la fin définitive des guerres d'Italie et le début de la prédominance espagnole en Europe.

Deux traités ont été signés par la France : le premier avec l'Angleterre d’Élisabeth Ire et le second avec l'Espagne de Philippe II.

Ils doivent leur nom à la commune du Cateau-Cambrésis, située à 20 km environ à l'est de Cambrai. Les discussions avaient commencé à l'abbaye de Cercamps, puis ont été achevées au château du Cateau-Cambrésis.

Massacre de Vassy (1562)

Le massacre de Vassy (aujourd'hui Wassy) est un événement survenu le 1er mars 1562 à Vassy (bourg de la principauté de Joinville dont le seigneur est le duc de Guise) au cours duquel une cinquantaine de protestants sont tués, et environ cent-cinquante blessés par les troupes du duc de Guise. Cette affaire ouvre l’ère des guerres de Religion en France.

31

Massacre de Wassy

Le massacre de Vassy intervient six semaines après la signature de l'édit du 15 janvier 1562 par lequel le roi autorisait les protestants à se rassembler publiquement à l'extérieur des villes closes pour célébrer leur culte.

Traité d'Hampton Court (1562)

Le traité d’Hampton Court est un traité signé le 20 septembre 1562 entre les protestants français et la reine Élisabeth Ire d'Angleterre.

Le 1er mars de la même année, le massacre de Huguenots à Wassy par le duc de Guise a déclenché les guerres de religion (1562-1598). En Normandie, les protestants sont entrés de force dans l’hôtel de ville de Rouen et en ont chassé le bailli. A la fin du mois de mai, la ville se voit assiégée par les troupes catholiques.

Briquemault, puis Jean II de Ferrières, seigneur de Maligny et vidame de Chartres et R. de la Haye sont chargés de négocier avec Cecil, ministre de la reine Élisabeth, l’aide de l’Angleterre protestante. Selon les termes du traité conclu à Hampton Court, les Anglais enverront des troupes soutenir les protestants en Normandie qui leur livreront, en échange, Le Havre.

L’Angleterre tente de profiter de sa présence au Havre pour récupérer Calais en refusant de quitter la ville tant que Calais ne lui aurait pas été restitué.

A l’été 1563, les troupes françaises assiègent le Havre et, le 27 juillet, le connétable de Montmorency – accompagné de son neveu Coligny et de Condé – obtient la reddition d’Ambrose Dudley, 3e comte de Warwick.

Le traité d’Hampton Court a d'importantes des répercussions en Angleterre. Le désastre, exacerbé par la maladie que ramènent les troupes anglaises à Londres où elle fait 21 000 morts, détermine sa réticence à s’engager dans des conflits étrangers par la suite.

Edit d'Amboise (1563)

La paix d'Amboise, ou édit d'Amboise, est un traité de paix signé le 19 mars 1563 par Louis de Condé, chef des protestants, et Anne de Montmorency, chef de l'armée catholique.

34

La paix d'Amboise

Signée à Amboise, elle confirme la liberté de conscience accordée par l'édit de janvier 1562, accorde l'amnistie aux calvinistes, mais restreint l'exercice du culte protestant en dehors des villes et sur les terres de certains seigneurs.

Si elle marque la fin de la première guerre de Religion, cette paix n'est que peu durable, puisque les affrontements reprennent quatre ans plus tard.

 

 

 

 

 

Posté par GirlyMamie à 10:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 juin 2019

ROGER MARTIN DU GARD

Roger Martin du Gard est un écrivain, dramaturge et nouvelliste français né le 23 mars 1881 à Neuilly-sur-Seine et mort le 22 août 1958 au château du Tertre, à Sérigny (Orne). Il est lauréat du prix Nobel de littérature de 1937.

Roger Martin du Gard est né dans une famille d'ancienne bourgeoisie originaire du Bourbonnais à la fin du XVIe siècle. Roger est le fils de Paul Martin du Gard, avocat à la cour d'appel de Paris et de Madeleine Wimy, la fille d'un agent de change de la Bourse de Paris.

07

En 1892, il entre en qualité de demi-pensionnaire à l'École Fénelon, institution catholique où l'enseignement de Marcel Hébert le marque profondément. Ses résultats sont insuffisants ; il préfère la lecture des « feuilletons bon marché » aux leçons dispensées. En octobre 1895, il entre au lycée Condorcet. Devant les mauvais résultats de son fils, son père décide alors de le mettre un semestre en pension, de janvier à juin 1896, à Passy, chez un jeune normalien, Louis Mellerio. Il rattrape son retard en latin, grec, et grammaire, apprend l'art de la composition, avant d'être fin prêt à affronter son année de rhétorique à la rentrée d'octobre. Il entre alors comme externe au lycée Janson-de-Sailly où il rencontre le jeune Gaston Gallimard Il découvre sa vocation d'écrivain en se liant à un jeune garçon de deux ans son aîné, Jean Werhlé, pendant l'été qu'il passe à Maisons-Laffitte en 1891, et qui écrit des tragédies en vers. À compter de ce jour, le jeune Roger noircit des cahiers de « poèmes sentimentaux ». Il ne se dégagera de cette fiévreuse obsession lyrique qu'à l'âge de dix-sept ans lorsqu'il lira, suivant les conseils de l'abbé Hébert, Guerre et Paix de Tolstoï. Il obtient en 1898 son baccalauréat, dans la série Philosophie, avec mention passable et décide, le temps de confirmer sa volonté d'écrire et d'obtenir l'assentiment d'une famille réticente, de s'inscrire à la Sorbonne, pour passer une licence ès lettres. Il ne se présente pas aux examens la première année, et échoue lorsqu'il les passe l'année suivante, en juillet 1900.

Il décide alors, quelques jours plus tard, de pallier son sentiment d'échec en préparant le concours d'entrée à l'École des chartes. Il est reçu le 28 octobre13. Malgré un redoublement, et l'interruption d'une année, en 1902-1903, pour son service militaire à Rouen, il obtient son diplôme d'archiviste paléographe en décembre 1905, après avoir soutenu une thèse sur les ruines de l'abbaye de Jumièges. Au sortir de l'École, le 19 février 1906, il épouse Hélène Foucault (1887-1949), fille d'Albert Foucault, avocat du barreau de Paris, propriétaire du château du Tertre à Sérigny, dans l'Orne. 

Il s'attelle à la préparation d'un roman, dès le début de son voyage de noces en Afrique du nord, début 1906 : Une Vie de saint. L'année suivante, naît sa fille Christiane.

La publication de son roman Jean Barois en 1913 lui permettra de se lier d'amitié avec André Gide et Jacques Copeau : refusé par Bernard Grasset, son ami d'enfance Gaston Gallimard transmet le manuscrit à Jean Schlumberger, puis à Gide, son livre étant finalement édité à la jeune maison d'édition de la NRF dont il devient le premier succès. Dans l'étonnant « roman dossier » qu'est Jean Barois, R. Martin du Gard ne cherche pas à démontrer. Il n'émet aucun jugement, il ne condamne pas, il n’absout pas : il décrit avec une volonté d'objectivité l'évolution de la religion contemporaine avec le modernisme qui semble en saper les fondements ou la séparation des Églises et de l'État en 1905. Avec les documents authentiques ou fictifs qui s'y trouvent insérés, la seconde partie constitue aussi la première représentation littéraire de l'Affaire Dreyfus et du procès Zola qui lui est lié. De la même façon qu'elle est aussi une des premières représentations littéraires de la crise moderniste.  

Pour le théâtre, il écrit Le Testament du père Leleu, farce paysanne (1913), qui semble avoir inspiré G. Puccini pour la composition de son opéra Gianni Schicchi. La mise en scène de cette farce par Jacques Copeau marque le début d'une amitié très forte, grâce à laquelle Martin du Gard envisage la réalisation de pièces satiriques dans le cadre d'une Comédie nouvelle dont il développe une première vision. Cependant, ces perspectives ne connaissent pas un aboutissement, en raison des refus successifs qu'oppose J. Copeau aux propositions et essais de RMG. Celui-ci revient alors vers le roman.

Mobilisé en 1914, témoin des atrocités du front, il ne veut pas écrire sur ce sujet mais exprime son pacifisme idéaliste dans ses lettres et son journal écrits à cette époque.

Après la Première Guerre mondiale, Roger Martin du Gard conçoit le projet d'un long roman-fleuve (ou « roman de longue haleine ») dont le sujet initial s'intitule Deux frères. De fait, le roman en huit volumes, qui sera ensuite intitulé Les Thibault, va l'occuper des années 1920 à 1940, date de publication du dernier volume, Épilogue. De nombreux souvenirs d'enfance vont marquer cette saga. À travers l'histoire de Jacques et Antoine Thibault qui sont liés à la famille de Fontanin, le romancier fait le portrait d'une classe sociale, la bourgeoisie parisienne, catholique ou protestante, universitaire, mais aussi en révolte dans le cas de Jacques Thibault, apprenti écrivain qui découvre le socialisme.

Le 22 août 1926, à l'initiative d’Édouard Herriot, il est fait chevalier de la Légion d'honneur

En 1930 paraît Confidence africaine, une histoire d'inceste entre un frère et une sœur. 

C'est en 1937, juste après la publication de L'Été 1914, que Martin du Gard se voit attribuer le prix Nobel de littérature.

Après un long séjour en Italie, il passe la majeure partie de la guerre 1939-1945 à Nice, avant d'aller se réfugier à Piérac, dans l'Aude. De 1941 à sa mort, il travaille à un roman resté inachevé, Les souvenirs du lieutenant-colonel de Maumort. En décembre 1945 il s'installe dans un appartement à Paris, après avoir remis de l'ordre au château du Tertre occupé par des soldats allemands.

Soutenue par l'engagement d'un groupe d'admirateurs, universitaires pour la plupart, la publication de ses œuvres posthumes complexifie sa figure d'écrivain.

De nombreux textes posthumes de caractère autobiographique vont faire apparaître Martin du Gard comme un styliste spontané, attentif aux autres, parfois jovial. Commencé pendant la Première Guerre mondiale, son Journal décrit une vie familiale parfois difficile, raconte les réussites de l'amitié, fait la revue critique des textes contemporains et permet d'approcher la vie littéraire de l'époque : précédé de « souvenirs », il a été publié par C. Sicard sous la forme de trois gros volumes.

Ce sont également les joies de l'amitié ainsi que les aléas de la vie littéraire autour de la Nouvelle Revue française que mettent en lumière les très nombreuses lettres regroupées désormais dans de passionnants volumes de correspondances (avec André Gide, avec Jacques Copeau, avec Eugène Dabit, avec Georges Duhamel, avec Jean Tardieu, avec Camus, à côté d'une Correspondance générale en dix volumes).

Commencé en 1941, considéré d'entrée de jeu comme posthume et inachevé par l'écrivain, le roman centré sur la figure de Maumort est un texte proliférant dont le manuscrit occupe désormais dix-huit volumes au Département des manuscrits de la BNF. Une première édition a paru en 1983 sous le titre Le Lieutenant-colonel de Maumort dans la collection de la Bibliothèque de la Pléiade. Ce volume minutieusement composé et annoté par André Daspre a obtenu le prix de l'édition critique, l'année de sa publication (1983).  

Des nouvelles figurent aussi parmi les posthumes : elles s'inscrivent dans la continuité de celles que l'écrivain avait publiées de son vivant.

Romans principaux

  • Devenir ! (1908) 
  • Jean Barois (1913) 
  •  Les Thibault : Le Cahier gris (1922)
  • Les Thibault : Le Pénitencier (1922)
  • Les Thibault : La Belle Saison (1923)
  • Les Thibault : La Consultation (1928)
  • Les Thibault : La Sorellina (1928)
  • Les Thibault : La Mort du père (1929)
  • Les Thibault : L'Été 1914 (1936) 
  • Les Thibault : Épilogue (1940)

Il a aussi écrit des nouvelles, des récits divers, son journal et une abondante correspondance.

D'après Wikipédia

 

Posté par GirlyMamie à 08:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

20 juin 2019

*** LA MAISON AUX ESPRITS - ISABEL ALLENDE

Un très beau roman, foisonnant et émouvant par sa dimension historique.

INCIPIT

Barrabas arriva dans la famille par voie maritime, nota la petite Clara de son écriture délicate.

11

RESUME

L'histoire raconte la vie de la famille Trueba à travers quatre générations et les mouvements sociaux et politiques de la période post coloniale au Chili jusqu'au coup d'état de 1973. 

MON AVIS

On pense immédiatement à Gabriel Garcia-Marquez : grande saga, réalisme magique, humour, personnages extravagants évoluant parmi d'autres, parfaitement "normaux" et personnellement j'adore. J'ai toujours aimé voir, partout, une touche de magie, une pointe de fantaisie, oscillant entre humour et poésie.

Cela donne grande envie de continuer à lire Allende... mais aussi bien sûr Garcia-Marquez, son compatriote et maître évident.

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

La Maison aux esprits (La casa de los espíritus) est le premier roman de l'écrivaine chilienne Isabel Allende publié en 1982 en Argentine.

Le roman intègre des choses invraisemblables et magiques. Fresque sentimentale, politique et sociale sur l'amour, la famille, la mort, les fantômes, les promenades, la révolution, la politique, l'idéal et merveilleux, il a été traduit dans de nombreuses langues et a connu un succès international immédiat.

Il est considéré comme un roman majeur de la littérature sud-américaine du XXe siècle.

08

La maison aux esprits, film de 1993 - le réalisateur n'a pas osé les cheveux verts... dont sont dotées les filles de la famille !

Coup d'état du 11 septembre 1973

Le coup d’État du 11 septembre 1973 au Chili est un événement marquant de l'histoire du Chili. Le mardi 11 septembre 1973, le gouvernement du président démocratiquement élu Salvador Allende (socialiste) est renversé par un coup d'État militaire.

Le coup d'État a été planifié par les commandants en chef des trois armées et le chef de la police, et dirigé par le général d'armée Augusto Pinochet. Il a lieu dans un contexte de crise et de forte polarisation politique, sociale et économique, avec une opposition entre le pouvoir exécutif et les pouvoirs législatif et judiciaire. Il intervient notamment deux mois après le Tanquetazo, une première tentative de coup d'État (juin 1973). Le coup d'état est activement soutenu par les États-Unis.

Salvador Allende se suicide lors du siège du palais de la Moneda.

À la suite du coup d'État, la junte militaire prononce la dissolution du Congrès national, des conseils municipaux, des syndicats et des partis politiques. La liberté de la presse est abolie, le couvre-feu instauré. Toute forme de littérature rattachée au socialisme est interdite et les opposants au régime arrêtés, exilés, torturés ou exécutés. La dictature militaire dirigera le pays jusqu'en 1990.

Le roman raconte cet épisode terrible, dans la dernière partie du livre. Le personnage du Président est son oncle... Salvador Allende.

MES EXTRAITS FAVORIS

Notre Sainte Mère l'Eglise est de droite, mon fils, mais Jésus Christ a toujours été de gauche.

***

Du pain, des jeux, quelque chose à adorer, voilà tout ce dont ils ont besoin, épilogua le sénateur.

J'aime bien les grandes phrases...

Elle était entrée sans frapper alors qu'il était étendu à lire sur son lit de camp, elle avait empli tout l'espace du terrier du volettement de ses longs cheveux et de ses bras ondulants, touchant à ses livres sans révérence aucune et poussant l'audace et l'irrespect jusqu'à les extraire de leurs rayonnages sacrés, à souffler dessus pour les dépoussiérer, puis à les jeter sur le lit, papotant infatigablement tandis que lui-même tremblait de désir et de surprise, sans trouver dans toute la profusion de son vocabulaire encyclopédique un seul mot pour la retenir, tant et si bien qu'elle avait fini par prendre congé en lui déposant un baiser sur la joue, baiser qui continua de le consumer comme une brûlure, unique et terrible baiser qui lui permit d'échafauder tout un dédale de rêves où ils se retrouvaient tous deux en princes amoureux l'un de l'autre.

 

Posté par GirlyMamie à 08:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

18 juin 2019

ANDRE GIDE

André Gide est un écrivain français, né à Paris le 22 novembre 1869 et mort à Paris le 19 février 1951.

Il est le fils de Paul Gide, professeur de droit à la faculté de Paris, et de Juliette Rondeaux. Le premier, originaire d'Uzès, descend d'une austère famille protestante ; la seconde est la fille de riches bourgeois rouennais, anciennement catholiques et convertis au protestantisme depuis quelques générations. L'enfance de Gide est marquée par une alternance entre des séjours en Normandie — à Rouen, dans la famille Rondeaux, et à La Roque-Baignard (Calvados), propriété maternelle — et des séjours chez sa grand-mère paternelle à Uzès, dont il aime passionnément les paysages. Il attachera beaucoup d'importance à ces influences contradictoires.

09

Voisine de la famille Gide, Anna Shackleton, une pieuse Écossaise jadis placée auprès de la famille Rondeaux comme gouvernante et institutrice de Juliette, s’est liée avec elle d'une amitié indéfectible. Par sa douceur, sa gaieté et son intelligence, elle joue un rôle important auprès du jeune Gide. Évoquée dans La Porte étroite et dans Si le grain ne meurt, sa mort, en 1884, le marque profondément et douloureusement.

Le jeune André commence très tôt l'apprentissage du piano, qui sera pour lui le compagnon de toute une vie. Pianiste accompli, il regrettera cependant de ne pas avoir connu assez tôt d'excellents professeurs qui eussent fait de lui un véritable musicien. En 1877, il intègre l'École alsacienne, entamant une scolarité discontinue. En effet, il est bientôt renvoyé pour trois mois après s'être laissé aller à ses « mauvaises habitudes », c'est-à-dire la masturbation. Peu après son retour en classe — « guéri » par les menaces de castration d'un médecin et la tristesse de ses parents — la maladie l'en éloigne à nouveau. Malgré les objurgations médicales et parentales, l'onanisme — qu’il nomme « vice » et qu'il ne pratique pas sans un fort goût de péché et de triste défaite — reprendra plus tard sa place parmi ses habitudes, ce qui lui fera écrire à 23 ans qu'il a vécu jusqu'à cet âge « complètement vierge et dépravé ».

Le décès de son père, le 28 octobre 1880, l'écarte un peu plus d'une scolarité normale. Déjà marqué par la mort d'un petit cousin, Émile Widmer, qui provoque chez lui une profonde crise d'angoisse, André perd, avec la mort de Paul Gide, une relation heureuse et tendre, qui le laisse seul face à sa mère. Juliette Gide, souvent présentée comme une mère rigoriste et castratrice, n'en éprouve pas moins pour son enfant un amour profond, tout comme celui qu'André Gide lui porte. Elle aura toujours à cœur de l'accompagner dans son cheminement intellectuel – quitte à y porter la contradiction – et montrera une souplesse d'esprit bien supérieure à celle que l'on pouvait attendre d'une jeune fille Rondeaux. Il n'en reste pas moins que son amour étouffant, sa « sollicitude sans cesse aux aguets » a souvent excédé son fils.

Durant l'année 1881, Juliette l'emmène d'abord en Normandie où elle confie son instruction à un précepteur peu inspiré ; puis elle le conduit à Montpellier, auprès de l'oncle Charles Gide. Persécuté par ses condisciples, Gide échappe au lycée grâce à une maladie nerveuse plus ou moins simulée. Après une série de cures, il réintègre l'École alsacienne en 1882, avant que des migraines ne l'en chassent. Suit une alternance de séjours entre Paris et Rouen, où le jeune André est confié à des professeurs particuliers à l'efficacité variable.

Durant l'un de ses séjours à Rouen, à l'automne 1882, il surprend le chagrin secret que sa cousine Madeleine entretient à propos des relations adultères de sa mère. Là naît une relation longue et tortueuse. Gide est fasciné par la jeune fille, par sa conscience du mal, son sens rigide et conformiste de ce qu'il faut faire, une somme de différences qui l'attire. Il se construit peu à peu de sa cousine une image parfaite dont il tombe amoureux, de façon purement intellectuelle et néanmoins passionnée.

À partir de 1883, il suit pendant deux ans des cours particuliers chez M. Bauer. Auprès de celui-ci, il découvre, entre autres, le Journal d'Amiel, qui l'incitera bientôt à tenir son propre journal intime. Son cousin Albert Démarest, par son attention bienveillante et ouverte, joue également un rôle important auprès de lui, obtenant par exemple de sa mère réticente l'accès à la bibliothèque paternelle.

10

Entre 1885 et 1888, le jeune André vit une période d'exaltation religieuse qu'il partage avec sa cousine grâce à une correspondance nourrie et des lectures communes. Il puise abondamment dans la Bible, les auteurs grecs, et pratique l'ascétisme. 

André Gide pour rattraper son retard scolaire est placé dans l'Institution Keller, maison d’éducation protestante ouverte rue de Chevreuse en 1834 par Jean-Jacques Keller, pédagogue zurichois et par Valdemar Monod, lequel quittera rapidement cette institution pour prendre une charge de courtier maritime. À l’époque de Gide, l’institution est dirigée par le fils Keller, Jean-Jacques-Edouard, le « Monsieur Jacob » dont parle Si le grain ne meurt. Ce régime est très bénéfique au jeune garçon qui devient un excellent élève. 

En 1887, il réintègre l'École alsacienne en rhétorique et y rencontre Pierre Louÿs, avec lequel il s'engage dans une amitié passionnée, qui gravite autour de la littérature et de leur commune volonté d'écrire. L'année suivante, en se préparant au baccalauréat de philosophie, il découvre Schopenhauer. Après le baccalauréat (1889), il se met à fréquenter les salons littéraires, rencontrant de nombreux écrivains. Son premier recueil, Les Cahiers d'André Walter, grâce auquel il espère obtenir un premier succès littéraire et la main de sa cousine, rencontre la faveur de la critique, à défaut d’attirer l'attention du public. Les Cahiers lui permettent de rencontrer Maurice Barrès et Mallarmé, au contact duquel son mysticisme religieux se transforme en mysticisme esthétique. Alors que naît avec Paul Valéry une amitié durable, ses relations avec Pierre Louÿs commencent à se détériorer. Quant à Madeleine, elle refuse de l’épouser et s’éloigne craintivement de lui. Commence alors une longue lutte pour vaincre sa résistance et convaincre la famille, elle aussi opposée à cette union. Dans l’ensemble, cette période de fréquentation assidue et vaine des salons le déprime.

En 1891, peu après avoir écrit le Traité du Narcisse, il rencontre Oscar Wilde. L’homme l'effraie autant qu’il le fascine. Pour Gide qui commence à se détacher de son idéal ascétique et du rejet de la vie, Wilde est l'exemple même d'une autre voie.

Au printemps 1892, un voyage en Allemagne, sans sa mère, est l'occasion d’approfondir sa connaissance de Goethe. Gide commence alors à penser que « c’est un devoir que de se faire heureux ». Dans les Élégies romaines, il découvre la légitimité du plaisir — à l’opposé du puritanisme qu’il a toujours connu — et il en découle pour lui une « tentation de vivre ». C'est aussi le début des tensions avec sa mère. 

Durant l’été 1892, il écrit le Voyage d'Urien qui sera cosigné avec le peintre Maurice Denis qui réalise à la demande de Gide trente lithographies originales. À sa sortie, le livre est ignoré par la critique, et les encouragements des proches sont peu fournis. À l’automne, après un bref passage en caserne — mal vécu — et cinq conseils de révision, Gide est réformé. L'année suivante est marquée par la naissance d’une nouvelle amitié — exclusivement épistolaire dans un premier temps — avec Francis Jammes. 

11

Portrait d'André Gide par Paul Albert Laurens 

C’est cependant une autre amitié, celle de Paul Laurens, qui va jouer un rôle décisif. Le jeune peintre, dans le cadre d'une bourse d’étude, doit voyager durant un an et l’invite à se joindre à lui. Ce périple, rapporté dans Si le grain ne meurt, va être pour Gide l’occasion d’un affranchissement moral et sexuel. Ils partent en octobre 1893 pour un voyage de neuf mois, en Tunisie, en Algérie et en Italie. Dès le départ, Gide est malade et son état empire à mesure que les deux jeunes gens descendent vers le sud de la Tunisie. C'est pourtant dans ce contexte, à Sousse, qu’il découvre le plaisir avec un jeune garçon, Ali. Paul et André s'installent ensuite à Biskra en Algérie, où se poursuit leur initiation, dans les bras de la jeune Mériem. L’intrusion soudaine de Juliette Gide, inquiète pour la santé de son fils, vient rompre leur intimité, avant que le voyage reprenne sans elle, en avril 1894. À Syracuse, brièvement aperçue, succède la découverte de Rome — que Gide, toujours maladif, apprécie peu — et de Florence. Alors que Paul Laurens rentre en France, Gide poursuit vers la Suisse pour y consulter le docteur Andreae. Celui-ci diagnostique une maladie essentiellement nerveuse et lui redonne foi en sa santé. Après un passage par La Roque-Baignard, il retourne en Suisse et s’installe à La Brévine, qui servira de décor à la Symphonie pastorale. Il y achève Paludes tout en songeant aux Nourritures terrestres.

L’année 1895 débute par un second voyage en Algérie. Gide rencontre à nouveau Wilde, flanqué de Lord Alfred Douglas (« Bosie »), et connaît une autre nuit décisive en compagnie d'un jeune musicien. La correspondance avec sa mère accuse une opposition de plus en plus véhémente. Cependant, à son retour en France, les retrouvailles sont sereines. Madeleine, qu'il revoit au même moment, se rapproche enfin de lui. La mort brusque de Juliette Gide, le 31 mai 1895 — synonyme pour son fils à la fois de douleur et de libération — semble précipiter les choses. Les fiançailles ont lieu en juin, le mariage, qui ne sera jamais consommé, le 7 octobre. Suit un voyage de noces de sept mois durant lequel André, désormais en pleine santé, se sent sans cesse freiné par une épouse maladive.  

Le voyage des jeunes mariés se poursuit en Italie, puis, de nouveau, en Algérie. De retour en France au printemps 1896, Gide apprend qu'il a été élu maire de La Roque-Baignard. S'il exerce consciencieusement son mandat, il refuse de s'engager en politique, de même qu'il refuse de s'enrôler dans une école littéraire. 

Durant l'été, il écrit El Hadj (publié dans la revue du Centaure) et achève les Nourritures. Publié en 1897, le livre reçoit un accueil élogieux, mais également des critiques tant sur le fond que sur la forme, les critiques peinant à comprendre la structure de l’œuvre, à l'exception notable d’Henri Ghéon. Entre les deux hommes se noue une amitié profonde qui dure jusqu'à la conversion de Ghéon au catholicisme en 1916.

Durant l'hiver 1898, Gide commence à s'intéresser à l'affaire Dreyfus. Il signe la pétition de soutien à Émile Zola mais refuse de rompre le dialogue avec ceux qui, dans son entourage, prennent le parti inverse. Sans transiger, il s'efforce de comprendre, sinon de convaincre, ses adversaires. Un séjour de dix semaines à Rome — qu'il apprécie enfin — est marqué par la découverte de Nietzsche. Il retrouve chez le philosophe ses pensées les plus secrètes. Il travaille à Saül. Une fois la pièce achevée, Gide s'obstine vainement à la mettre en scène. L'année 1898 se traduit également par une activité de critique et de chroniqueur de plus en plus soutenue, notamment dans L'Ermitage. Il y parle de Nietzsche, y fait l'éloge funèbre de Mallarmé, y répond aux Déracinés de Barrès… C'est cependant dans La Revue blanche qu'il publie Philoctète qui constituera sa contribution littéraire et intellectuelle au cas du capitaine Alfred Dreyfus. Peu après, la sortie du Prométhée mal enchaîné, incompris par la critique, passe inaperçue. 

En 1901, il parvient à faire monter une de ses pièces. Mais la première du Roi Caudaule est un désastre. La pièce est éreintée par la critique. Gide prend alors le parti de snober le grand public et le théâtre.

42

En 1902, L'Immoraliste obtient plus de succès mais l’auteur, trop vite assimilé par la critique au personnage de Michel, se sent incompris. Selon lui, Michel n'est qu'une virtualité de lui-même, dont il se purge en écrivant. Après L'Immoraliste, il connaît un passage à vide qui se prolonge jusqu'à la publication de La Porte étroite en 1909. Entre-temps, il peine à écrire, ne publiant guère que Prétextes (recueil de critiques, en 1903), Amyntas (en 1906, sans aucun retentissement critique) et le Retour de l'enfant prodigue (1907). Il publie également un hommage à Wilde, en 1902.

Claudel, qui se qualifie lui-même de « zélote » et de « fanatique », veut absolument le convertir. Il échoue cependant. C'est durant cette période, après avoir vendu son château de La Roque-Baignard en 1900, qu’il fait construire sa maison à Auteuil, maison qu'il juge inhabitable et que Madeleine prend immédiatement en grippe, mais dans laquelle il vivra vingt-deux ans.

La Porte étroite est le premier livre de Gide à lui rapporter quelques subsides. La critique ne tarit pas d'éloges mais, une fois de plus, il se sent incompris. De même qu'on l'avait assimilé à Michel, on l'assimile désormais à Alissa, alors que son effort d'empathie envers son héroïne n'est en rien une approbation. La dimension ironique et critique de l’œuvre passe largement inaperçue.

C'est à cette période que Gide commence à écrire Corydon, essai socratique qui tend à combattre les préjugés envers l'homosexualité et la pédérastie. Sa décision d'écrire fait suite au procès Renard, qui voit un homme accusé de meurtre, moins en raison des charges qui pèsent contre lui que de ses « mœurs innommables ». Les amis à qui Gide soumet l'ébauche du traité sont effrayés par le scandale et le rejaillissement qu'il pourrait avoir sur sa vie publique et privée, tant et si bien que Gide ne fait d'abord imprimer que les deux premiers chapitres, anonymement et en petit nombre, en 1910. Il complètera son œuvre en 1917-18, pour ne la publier sous son nom qu'en 1924.

Madeleine n'apprend ses aventures pédérastiques qu'en 1916, en prenant connaissance d'une lettre sans ambiguïté adressée à son mari. Amateur de jeunes chairs, les faits n'ayant jamais impliqué des enfants de moins de douze ou treize ans (la limite de 13 ans est en vigueur à son époque), Gide n'est pas considéré comme pédophile.  

1912 est l'année de l'une des plus célèbres bourdes de l'histoire de l'édition quand Gide, lecteur à la NRF, refuse Du côté de chez Swann, en raison du snobisme de son auteur. Il s'en repentira deux ans plus tard, dans un courrier adressé à Proust : « Le refus de ce livre restera la plus grave erreur de la NRF, et (car j’ai cette honte d’en être beaucoup responsable) l’un des regrets, des remords, les plus cuisants de ma vie. »  

L'année 1913 est marquée par la naissance d’une nouvelle grande amitié, unissant Gide à Roger Martin du Gard. Ami fidèle et critique dénué de flatteuse indulgence, Roger Martin du Gard restera dans la garde rapprochée de Gide jusqu’au décès de ce dernier. 

09

L’année suivante, la publication des Caves du Vatican est un échec. Le livre mécontente notamment Claudel, qui y décèle des accents pédérastiques. Après avoir sommé Gide de s’expliquer, il refuse désormais toute collaboration avec lui. Progressivement évincé de la direction effective de la NRF, Gide est désœuvré lorsque commence la Première Guerre mondiale. Après un premier mouvement nationaliste, il développe une réflexion sur la complémentarité possible entre la France et l’Allemagne, vision d’avenir d’une Europe culturelle, qu’il défendra dès la fin de la guerre.

1916 est l’année d’une nouvelle tentation de se convertir au catholicisme. La crise est provoquée par la conversion de Ghéon. Pour Gide, le problème est moins religieux que moral : il balance entre un paganisme qui lui permet de s’affirmer dans la joie et une religion qui lui donne des armes pour combattre son péché. Sa réflexion se traduit par l’écriture tourmentée de Numquid et tu. Finalement, la conversion n’a pas lieu, par rejet de l'institution ecclésiastique, par refus de substituer une vérité institutionnelle à une vérité personnelle et d'abandonner son libre examen. Le dogmatisme des catholiques qui l'entourent, tel Paul Claudel, l’écarte également de cette voie. Pour poursuivre son cheminement, il commence la rédaction de Si le grain ne meurt.

En mai 1917, Gide tombe amoureux du jeune Marc Allégret alors âgé de 16 ans et entame une brève liaison avec lui lors d'un voyage à Cambridge de juillet à octobre 1918. Alors que désir et amour ont toujours cheminé séparément, le cœur et le corps vibrent cette fois à l’unisson. C’est alors que Madeleine se détache de lui : pendant qu’il voyage en Angleterre avec Marc, elle brûle toutes les lettres de son mari et se replie chez elle, à Cuverville. Gide, que cette destruction laisse inconsolable, devient le spectateur impuissant du lent étiolement de celle qui constitue toujours l'axe de sa vie.  

Au sein d’une NRF divisée (la maison d’édition adossée à la revue devient la Librairie Gallimard), Gide garde la fonction symbolique de figure tutélaire. Auteur, il est également chargé de dénicher de nouveaux talents et de rendre possible la coopération entre anciens et nouveaux venus : Louis Aragon, André Breton, Henry de Montherlant.

Son influence lui vaut des attaques virulentes de la droite catholique. On lui reproche ses valeurs, son intellectualisme, la mainmise de la NRF sur la littérature française et même sa langue. Gide, fermement soutenu par Roger Martin du Gard, se défend peu mais défend la NRF. Plusieurs intellectuels de droite (Léon Daudet, François Mauriac), qui l’admirent malgré leurs divergences, refusent de prendre part à cette campagne de dénigrement, sans pour autant le défendre. Gide va d’ailleurs donner à ses ennemis de quoi nourrir leurs attaques, en publiant enfin Corydon, qui n’avait fait l’objet en 1920 que d’un tirage limité, destiné aux proches. Il se remémore le cas douloureux d'Oscar Wilde, qui motive sa volonté de faire tomber le masque. Finalement, la publication (en 1924) tombe dans l'indifférence, à la fois parce que le livre est mauvais, trop démonstratif, et parce que l'opinion, si prompte à lever d'autres tabous, n'est pas encore prête à affronter celui-là. Le scandale viendra deux ans plus tard, avec Si le grain ne meurt.

Entre-temps la vie de Gide a été bouleversée par un autre événement : la naissance de Catherine (avril 1923) le fait père, avec la complicité d’Elisabeth van Rysselberghe. Catherine Gide ne sera officiellement reconnue par son père qu’après la mort de Madeleine, à qui cette naissance est soigneusement cachée. Gide s’occupe également de l’établissement de Marc Allégret. Il compose ainsi une famille hors norme, qui s’installe avec lui rue Vaneau, lorsqu’il vend la villa Montmorency en 1928. Dans cette nouvelle demeure, une chambre est dédiée à Madeleine et à son absente présence, qui pèse sur lui. Son voyage au Congo, avec Marc Allégret, est l’occasion d’un nouvel élan.

Durant ce périple de onze mois, Gide retrouve le plaisir de l'exotisme et le goût de l'histoire naturelle. Mais ce qui devait n’être qu’un voyage d'esthète prend malgré lui une autre tournure, face à la réalité. Par-delà la monotonie des paysages et des gens jusqu'à la région de Bangui, il constate à la fois : les pratiques indignes des compagnies concessionnaires agissant en zone forestière, brutalisant et escroquant leurs employés indigènes, employés souvent recrutés de force ; le fait que les administrateurs coloniaux placés en dessous des gouverneurs couvrent la plupart du temps ces abus ; le travail contraint, commandité en général par l'administration elle-même pour des travaux d'intérêt général, mais mené dans des conditions inhumaines par les agents et les gardes. Il observe même que souvent les habitants des villages se cachent à l'arrivée de son expédition, par peur du travail forcé. De façon générale, il est frappé par le mépris sinon la condescendance de la majorité des Blancs pour les Noirs. Plusieurs fois, il mène l'enquête pour éclaircir des cas de mauvais traitement faits à des indigènes.

Pour autant, il ne remet pas en cause le principe colonial. En revanche, il dénonce sans complaisance le régime des grandes concessions et la complicité des agents locaux de l'administration coloniale. Il va bientôt comprendre que les dirigeants à Paris sont avertis de ces pratiques par quelque administrateur courageux, mais aussi qu'ils font silence sur ces faits, y compris les plus graves. Il remet alors son témoignage à Léon Blum, qui le publie dans Le Populaire (Voyage au Congo sera publié par la NRF en 1927). La droite visée et les compagnies accusées dénient à l'écrivain Gide la compétence d'analyser le colonialisme. Pourtant, des enquêtes administratives corroborent ses affirmations. Un débat à l'Assemblée nationale s’achève sur de nombreuses promesses gouvernementales. Gide craint que l’opinion ne se rendorme mais il refuse de prendre sur la question coloniale une position de principe. Le temps de l’engagement politique n’est pas venu.

Il souffre dans les années 1930 d’un certain essoufflement, qui touche aussi bien l’écriture que les amours ou les voyages, pour lesquels il ressent désormais plus de curiosité que de fièvre. Il s'intéresse au communisme, s'enthousiasmant pour l'expérience russe dans laquelle il voit un espoir, un laboratoire de l’homme nouveau, qu’il appelle — sur le plan moral, psychologique et spirituel — de ses vœux.

Sa prise de position n’est guère comprise par ses proches. D’ailleurs, si Gide met bien sa gloire en péril, il n’apporte à la cause que la caution de son nom et ne se sent pas vraiment à sa place dans les réunions politiques. Dans cette affaire, il n’engage que sa personne — bien conscient d’être instrumentalisé — et non sa plume, refusant par exemple d’adhérer à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (dont il va néanmoins présider plusieurs réunions et paraître au comité directeur de la revue Commune, organe de l'AEAR, jusqu'en 1936): il ne peut se résoudre à compromettre l’autonomie du champ littéraire, qu’il a toujours défendue. 

Rapidement, alors qu'il accepte de présider tout ce qu'on lui demande de présider, son esprit regimbe contre l'orthodoxie. Il développe pour lui-même une vision du communisme qui concilie égalitarisme et individualisme, évoquant dans son journal « une religion communiste » qui l'effraie. Il est particulièrement actif dans diverses actions antifascistes. En 1936, les autorités soviétiques l’invitent en URSS. Ses illusions s'effritent : s'il est ébloui par certaines institutions et mœurs – il salue par exemple la beauté et l'activité des "parcs de culture", où l'on « respire partout une sorte de ferveur joyeuse », ou encore la chaleur de l'accueil qu'on lui réserve – il déplore ce qui lui semble témoigner du culte de Staline et du contrôle de l'information. Il décide de publier son témoignage, Retour de l'U.R.S.S. Le PCF, Aragon en tête, et les autorités soviétiques tentent d’abord d’empêcher la publication puis d’étouffer l’affaire par le silence. Gide revient à la charge avec Retouches à mon retour de l'URSS, où il ne se contente plus de faire part d'observations, mais dresse un réquisitoire contre le stalinisme. C’est alors un nouveau déchaînement contre lui. On le traite de fasciste, on le pousse vers la droite, dont il refuse de rejoindre les rangs. L’heure du désengagement a sonné. L’homme nouveau n’est pas en URSS, la politique ne lui a pas apporté ce qu’il attendait. Tout en soutenant la cause des républicains espagnols, il se remet vite de sa désillusion (sans verser dans l'anticommunisme haineux ou la mauvaise conscience) et essaie de se replonger dans la littérature. 

À ce deuil politique succède un deuil plus intime, celui de Madeleine, morte le 17 avril 1938. Après avoir maudit son époux, celle-ci avait fini par accepter le rôle lointain, mais essentiel qu’elle n’a cessé de jouer auprès de lui, ainsi que l’amour si particulier que Gide lui vouait. Amour dont il confesse l'étrangeté et les difficultés dans Et nunc manet in te, dont le premier tirage est réservé aux intimes.

Gide part à la recherche de sa sérénité perdue. Le contexte historique est peu favorable. La fin de la guerre d'Espagne emplit son « cœur de dégoût, d’indignation, de rancœur et de désespoir ». La vieillesse lui ôte également certains plaisirs : le piano que ses mains ne parcourent plus aussi souplement ; les voyages pour lesquels il ne ressent plus l’enthousiasme qu’il savait si bien faire partager ; le désir qui s'éteint.

Il ne faut que quelques jours à Gide pour passer de l’approbation à la réprobation du maréchal Pétain. Rapidement, il est accusé d'avoir contribué à la défaite en raison de son influence sur la jeunesse. Les journaux de la collaboration font son procès. Les Allemands reprennent en main la NRF, désormais dirigée par Drieu la Rochelle. Gide refuse de s’associer au comité directeur. Il donne un texte au premier numéro puis, devant l’orientation prise par la revue, s’abstient de toute autre publication, à la manière de Mauriac. Malgré les pressions amicales ou inamicales, il publie dans Le Figaro sa volonté d'abandonner la NRF. Il refuse également une place d'académicien.

À l’atmosphère de Paris, il préfère un exil doré et serein sur la Côte d’Azur, publiant occasionnellement des articles de critique littéraire dans Le Figaro. À partir de 1942, les attaques dirigées contre lui (et bien d’autres) s’intensifient, sans qu’il puisse se défendre, pour cause de censure. Seul, il s’embarque pour Tunis. Pendant l’occupation de la ville, il constate avec effroi les effets de l'antisémitisme. Plus que d'autres privations, il souffre de son isolement. Puis il quitte Tunis libérée pour Alger, où il rencontre le général de Gaulle. Il accepte la direction (nominale) de l’Arche, une revue littéraire dirigée contre la NRF.

Après la Libération, il choisit de ne pas rentrer directement à Paris. Il craint l'épuration, non pour lui-même ou ses proches, aucun ne s’étant compromis, mais pour la dangereuse unanimité qui se crée à ce moment et qu'il juge totalitaire. Ses nuances et ses doutes lui valent de nouvelles attaques d’Aragon. À son retour, en mai 1946, il peine à trouver sa place dans un monde littéraire surpolitisé, lui qui a toujours voulu une littérature autonome. Alors que Sartre utilise volontiers sa notoriété à des fins politiques, Gide refuse d'assumer la sienne, cherchant à fuir ses obligations. Pour s’exprimer, il préfère la publication de Thésée aux tribunes.

Après 1947, il n’écrit presque plus. Tout en affirmant haut et fort qu’il ne renie rien — y compris Corydon —, l'écrivain scandaleux qu'il a été pour certains accepte les hommages des institutions conservatrices : Université d'Oxford ; prix Nobel de littérature en 1947, preuves selon lui qu’il a eu raison de croire à la « vertu du petit nombre » qui finit tôt ou tard par l’emporter. Il réaffirme également le rôle de l'intellectuel détaché de l'actualité. C'est par la littérature qu'il s'est dressé contre les préjugés de son temps et son influence est moins redevable à ses engagements politiques qu’à son art. Jean-Paul Sartre décide de suivre une autre voie : sans cesser d’être littéraire, elle fait la part belle à l’engagement politique. Une émouvante rencontre filmée dans la maison de Gide à Cabris en 1950 rassemble les deux hommes pour une sorte de passage de témoin : André Gide laisse à Sartre la charge de « contemporain capital » et l'auréole de haine qui l'accompagne.

Malade despotique entouré de ses fidèles, il s’achemine vers une mort calme, dénuée d’angoisse et sans le sursaut religieux que guettaient encore certains. Il meurt à son domicile parisien à l'âge de 81 ans, des suites d'une congestion pulmonaire. 

L'ensemble de son œuvre est mis à l'Index par le Vatican en 1952. Cette nouvelle scandalise les admirateurs enthousiastes de l'écrivain. Quant à ses détracteurs, qui pourtant l'attaquent avec violence, ils ne sont guère convaincus de l'utilité d'une telle discrimination.

Œuvres

  • Les Cahiers d'André Walter 
  • Le Traité du Narcisse 
  • Les Poésies d'André Walter 
  • Le Voyage d'Urien 
  • La Tentative amoureuse 
  • Paludes 
  • Réflexions sur quelques points de littérature et de morale 
  • Les Nourritures terrestres 
  • Feuilles de route 1895-1896 
  • Le Prométhée mal enchaîné 
  • Philoctète et El Hadj 
  • Lettres à Angèle 
  • De l'Influence en littérature 
  • Le Roi Candaule 
  • Les Limites de l'Art 
  • L'Immoraliste 
  • Saül 
  • De l'Importance du Public 
  • Prétextes 
  • Amyntas 
  • Le Retour de l'Enfant prodigue 
  • Dostoïevsky d'après sa correspondance 
  • La Porte étroite 
  • Oscar Wilde 
  • Nouveaux Prétextes 
  • Charles-Louis Philippe 
  • Isabelle
  • Bethsabé, L'Occident
  • Souvenirs de la cour d'assises
  • Les Caves du Vatican
  • La Symphonie pastorale
  • Numquid et tu... ?.
  • Dostoïevsky
  • Incidences
  • Corydon
  • Caractères, La Porte étroite
  • Les Faux-monnayeurs
  • Si le grain ne meurt
  • Le Journal des Faux-Monnayeurs
  • Dindiki
  • Voyage au Congo
  • Le Retour du Tchad
  • L'École des femmes
  • Essai sur Montaigne
  • Un esprit non prévenu, Kra
  • Robert
  • La Séquestrée de Poitiers
  • L'Affaire Redureau
  • Œdipe, Schiffrin, Paris 
  • Perséphone
  • Pages de Journal 1929-1932
  • Les Nouvelles Nourritures
  • Nouvelles Pages de Journal 1932-1935
  • Geneviève
  • Retour de l'U.R.S.S.
  • Retouches à mon Retour de l'U.R.S.S.
  • Notes sur Chopin
  • Journal 1889-1939
  • Les pages immortelles de Montaigne (préface et anthologie)
  • Découvrons Henri Michaux
  • Interviews imaginaires
  • Pages de Journal, Alger, Charlot, 1944. Sur la période 1939-1941.
  • Pages de Journal 1939-1942
  • Thésée
  • Souvenirs littéraires et problèmes actuels
  • Le Retour, Ides et Calendes
  • Paul Valéry
  • Poétique
  • Le Procès
  • L'Arbitraire
  • Préfaces
  • Rencontres
  • Éloges
  • Robert ou l'Intérêt général
  • Feuillets d'automne
  • Anthologie de la poésie française
  • Journal 1942-1949
  • Littérature engagée
  • Égypte 1939
  • Et nunc manet in te
  • Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits
  • Le Récit de Michel
  • À Naples
  • Le Grincheux
  • L'Oroscope ou Nul n'évite sa destinée (scénario)
  • Isabelle (scénario avec Pierre Herbart)
  • Journal, vol. 1 : 1887-1925, vol. 2 : 1926-1950
  • Le Ramier
  • Hugo, hélas !
  • Histoire de Pierrette
  • Quelques réflexions sur l’abandon du sujet dans les arts plastiques

D'après Wikipédia

 

Posté par GirlyMamie à 08:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,