MES LECTURES CLASSIQUES

20 novembre 2018

TRUMAN CAPOTE

Truman Capote, de son nom de naissance Truman Streckfus Persons, est un écrivain américain né le 30 septembre 1924 à La Nouvelle-Orléans et mort le 25 août 1984 à Los Angeles. Il est l'auteur de romans, nouvelles, reportages, portraits, récits de voyages, souvenirs d'enfance, ainsi que de deux adaptations théâtrales de ses écrits antérieurs et de deux scénarios de films.

Le petit Truman assiste, à l'âge de 4 ans, à des scènes si violentes entre ses parents qu'elles le font hurler. L'enfant est souvent seul le soir et la nuit, abandonné dans des chambres d'hôtel, enfermé à clé, terrorisé. Il dira avoir vécu sa petite enfance dans la crainte permanente de l'abandon.

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Alors qu'il a cinq ans, sa jeune mère le confie à ceux-là mêmes qui l'avaient recueillie orpheline : il est élevé à Monroeville, en Alabama par ses trois cousines et leur frère, tous les quatre célibataires. Son enfance est alors plus paisible, mais il a toujours ressenti douloureusement cet abandon par ses parents. À Monroeville, il a pour amie d'enfance Harper Lee qui le décrira dans son roman Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur comme un « Merlin l'enchanteur de poche », sous les traits du personnage de Dill. Très vite, dans le voisinage, on s'aperçoit qu'il est différent : petit, efféminé, maniéré et doté d'une voix haut perchée.

Les parents du petit Truman divorcent le 9 novembre 1931. Plus tôt, dans la même année, sa mère, qui vit maintenant à New York, rencontre le Cubain Joe (Joseph) Capote. Le 24 mars 1932, elle se remarie avec lui. En 1933, Truman quitte Monroeville pour New York. En 1934, Joe Capote l'adopte légalement et Truman Persons devient Truman Capote.

Son professeur d'anglais, Catherine Wood, reconnaît ses talents d'écriture, le guide, le critique, le fait travailler, plaide sa cause auprès des autres professeurs pour les inciter à l'indulgence dans les matières où il est très faible.  

Il quitte définitivement à 17 ans le système scolaire et travaille de 1941 à 1945 comme pigiste au New Yorker. Sa première nouvelle, Les murs sont froids, est publiée en 1943. L'année suivante paraissent les nouvelles Un vison à soi et Le Contour des choses. Entre-temps, Truman, qui s'est fait renvoyer du New Yorker (à la suite d'une lettre de dénonciation du poète Robert Frost pour manque de respect), est reparti dans le Sud pour se mettre à écrire La Traversée de l'été, un roman qui reste inachevé mais sera publié à titre posthume. En 1945, il loue une chambre d'hôtel à La Nouvelle-Orléans et commence à écrire Les Domaines hantés, renouant avec la nature, les paysages et certains personnages de son enfance.

En juin 1945, à l'époque de la publication de Miriam dans le magazine Mademoiselle, il rencontre William S. Burroughs : Mademoiselle et Harper's Bazaar sont les deux magazines qui publient ses nouvelles, le New Yorker les juge trop audacieuses. Les directeurs littéraires de ces magazines, des personnages influents de l'époque, détectent avant tous les autres le talent exceptionnel du jeune homme et ce dernier retient aussitôt l'attention du milieu littéraire new-yorkais.

En 1946, le jeune homme s'installe à Yaddo, une résidence qui accueille écrivains, musiciens et artistes, dans l'État de New York. Il y rencontre Newton Arvin, un professeur de lettres de grande valeur. Pendant les deux ans que dure leur liaison, il passe chaque week-end auprès de celui qui lui donnera la formation qu'il n'a pas reçue à l'université. Il lui rend plus tard hommage en disant qu'Arvin a été « son » Harvard.

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En 1948

La vie de famille chez les Capote est orageuse. Fréquentes et violentes, les crises d'éthylisme de sa mère obligent Truman à quitter définitivement l'appartement de Park Avenue. Il loue pour quelques mois un deux-pièces à Brooklyn.

Truman Capote n'a écrit qu'une quinzaine de nouvelles. Leur charme particulier doit beaucoup à leur caractère merveilleux ou fantastique, à leur ironie légère souvent au bord de la préciosité et, pour certaines d'entre elles, au don de leur auteur pour évoquer l'enfance. Leur style poétique foisonne d'images originales. L'aspect « gothique » de son œuvre correspond à une conception du monde qui repose sur la peur. Le grotesque n'est jamais gratuit.  

Il est invité dans les cercles littéraires de Mary Louise Aswell et George Davis. Bennett Cerf, le directeur de Random House, accepte de publier son premier roman, Les Domaines hantés (1948), qui connaît d'emblée un vif succès dans lequel entre d'ailleurs une part de scandale et de sensationnel. Il arrive rapidement en tête de la liste des meilleures ventes du New York Times, où il se maintient pendant neuf semaines. La même année, il fait la connaissance de Jack Dunphy, lui-même écrivain, qui sera le compagnon de presque toute sa vie.

Les dix années suivantes les voient séjourner longuement en Europe. En 1951 paraît La Harpe d'herbes.  

Truman écrit aussi des récits de voyages et des scénarios de films dans lesquels jouent les grands acteurs de l'époque, mais son travail pour les scènes new-yorkaises, une adaptation théâtrale de La Harpe d'herbes et une comédie musicale, tirée de sa nouvelle La Maison des fleurs, connaît un succès mitigé. De façon générale, ses tentatives théâtrales se révèlent peu convaincantes. En 1956, il suit une tournée de Porgy and Bess en URSS et en tire un reportage conçu comme un roman comique, Les muses parlent. Les éloges sont presque unanimes. Extrêmement polyvalent, Truman Capote ne se laisse pas enfermer dans un style ou une conception du monde : il passe du style onirique des Domaines hantés au style journalistique de Les muses parlent sans difficulté apparente.

En 1958, Petit déjeuner chez Tiffany consacre la dernière étape de la pensée et du style de Capote. Bref roman de cent-vingt pages, il connaît un grand succès et fait de son auteur un écrivain en vue chez ses pairs. 

Truman Capote découvre dans le New York Times du 16 novembre 1959 un fait divers qui, tout de suite, le passionne : un quadruple meurtre frappant une famille de fermiers du Kansas. Il pense qu'il pourra traiter ce fait divers sanglant sous une nouvelle forme littéraire et en faire un « roman de non-fiction » qui permet également à l'auteur d'analyser (ou de projeter sur les meurtriers) les mobiles d'un crime que le lecteur est invité à vivre par procuration. Il obtient du New Yorker de partir enquêter sur les lieux du drame, à Holcomb. Son amie d'enfance Harper Lee, à qui il a demandé de l'accompagner, facilite beaucoup ses relations avec la population locale du Midwest et lui est d'une aide précieuse durant son travail de recherches.

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L'écrivain passe plus de cinq ans à interroger d'innombrables témoins, à étudier les rapports de police et, après l'arrestation des deux assassins, Perry Smith et Richard Hickock, à les rencontrer en prison grâce à la confiance d'Alvin Dewey, le policier chargé de l'enquête. Il gagne l'amitié des deux prisonniers au cours de ses visites. Il travaille sur ces crimes en restant au plus près des faits, il décrit méticuleusement le décor du drame. Il utilise l'énigme que représentent ces quatre meurtres sauvages et gratuits pour s'approcher du mystère de l'homme doué de raison et pourtant capable du pire. Le titre de l'ouvrage De sang-froid est ambigu. Il fait référence à la fois à l'attitude des deux assassins lors de cette nuit fatale, mais aussi à celle de la société qui les exécute. En avril 1965, Smith et Hickock sont exécutés. 

Random House publie De sang-froid en janvier 1965. Le succès considérable de ce livre, qui se vend à des millions d'exemplaires, lui apporte tout ce qu'il souhaitait, la fortune, la célébrité et une vie mondaine éclatante. Il organise lui-même le 28 novembre 1966 un événement mondain légendaire, un bal masqué en noir et blanc à l'hôtel Plaza à New York où se pressent cinq cent quarante invités triés sur le volet.

Truman Capote est alors au sommet de sa gloire mais jamais plus il n'écrira un texte de cette ampleur. Son biographe, Gerald Clarke, le décrit transformé par ce travail épuisant d'enquêtes et d'écriture et ayant de la difficulté à renouer avec son métier d'écrivain et avec lui-même. Mais la raison principale de cette dépression, de sa chute dans l'alcoolisme et de son manque d'inspiration qui ne le quitteront plus, c'est sa rencontre avec Perry Smith, l'un des deux assassins, qui le touche profondément. Capote voit en lui l'homme qu'il aurait pu devenir s'il n'avait pas eu la littérature dans sa vie. Ils nouent pendant ces années de prison des liens très importants, en passant de longs moments à parler. 

La quarantaine passée, il mène une vie mondaine, mais s'abîme dans un alcoolisme incontrôlable, compliqué par l'abus de pilules et de cocaïne. Il compte parmi ses amis Babe Paley, la grande amitié amoureuse de sa vie, qui se brise en octobre 1975, et Harper Lee, l'amie de toujours ; parmi ses amis figurent aussi, entre autres, Newton Arvin, son professeur de littérature, Carson McCullers, Tennessee Williams, Norman Mailer, Marilyn Monroe, Lee Radziwill, la sœur de Jacqueline Kennedy, Andy Warhol et Cecil Beaton, le photographe officiel de la famille royale britannique. Ses inimitiés sont également fameuses, celle pour Gore Vidal notamment.

Les années qui suivent sont une lente descente vers l'abîme, même s'il écrit encore quelques nouvelles. Son biographe américain le décrit déçu tant par sa carrière que par sa vie personnelle et de plus en plus dépendant de l'alcool et de la drogue, effectuant des cures de désintoxication sans succès.

La publication dans Esquire, en octobre 1975, d'un chapitre du roman auquel il travaille, précipite la catastrophe. La Côte basque, 1965, un des trois (brillants et outranciers) fragments qui subsisteront de l'œuvre annoncée, s'inspire de façon un peu trop évidente (et blessante) de la relation douloureuse entre deux de ses amis, William et Babe Paley (ce qui précipitera, aussi, le suicide d'Ann Woodward). Cela vaut au romancier d'être irrémédiablement ostracisé par la haute société new-yorkaise et fui par presque tous ses proches. Ce roman, Prières exaucées, qui devait être son chef-d'œuvre, restera inachevé et ne sera publié que de façon posthume en 1987.

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Entre-temps, Truman Capote fait paraître, en 1977, un dernier livre de son vivant : Musique pour caméléons qui est un recueil d'articles et de nouvelles.

À la suite de deux mauvaises chutes consécutives, Truman est soigné pour une phlébite. Il meurt à Bel Air, Los Angeles, en 1984, d'une surdose médicamenteuse associée à un cancer du foie et à un affaiblissement général de sa santé depuis sa phlébite. 

Postérité

Représentant de l'écrivain new-yorkais des années 1950 et 1960, Truman Capote a laissé une œuvre importante dans la littérature américaine du XXe siècle. Pour Norman Mailer, Truman Capote est « aussi acerbe qu'une vieille fille de soixante ans, mais à sa façon c'est un petit mec qui a des couilles... et l'écrivain le plus parfait de ma génération : il écrit les meilleures phrases, où chaque terme, chaque rythme est soigneusement pesé. Je n'aurais pas trouvé deux mots à changer à Petit déjeuner chez Tiffany, qui s'impose déjà comme un classique de la littérature américaine. » Pour William Styron : « C'était un maître incontesté du verbe… Il avait le don de faire chanter et même danser les mots, de provoquer le rire, de vous donner le frisson, de vous toucher le cœur. »

Truman Capote, film réalisé en 2005 par Bennett Miller, montre l'écrivain au travail pendant la période d'enquête et d'écriture de De sang-froid et vaut à Philip Seymour Hoffman l'Oscar du meilleur acteur. À peine un an plus tard, un autre film revient sur le même sujet, Scandaleusement Célèbre, de Douglas McGrath, avec Toby Jones dans le rôle de l'écrivain. La sortie coup sur coup de ces films montre à quel point Truman Capote reste actuel et controversé. 

En 2004, à l'occasion d'une vente aux enchères chez Sotheby's, réapparaît miraculeusement un ancien tapuscrit rédigé en 1943. Ce roman de jeunesse que Truman pensait avoir détruit a finalement été publié en octobre 2005 aux États-Unis et en septembre 2006 en France. La Traversée de l'été, « pièce manquante d'une œuvre remarquable », selon le critique Alexandre Fillon, « comédie tragique new-yorkaise », selon l'écrivain Charles Dantzig, est un superbe récit qui montre que ce jeune auteur de dix-neuf ans possède déjà une belle maîtrise de son art.

Gerald Clarke, spécialiste de l'œuvre de Capote, édite en 2004 sa correspondance, traduite en français sous le titre Un plaisir trop bref. Cette correspondance couvre, de 1936 à 1982, plus de quarante ans d'existence, constituant ainsi une véritable et inespérée autobiographie épistolaire. Elle commence par une lettre cinglante écrite à douze ans à son père, Arch Persons : « Comme tu le sais, mon nom a été changé de Persons en Capote, et je te serais reconnaissant de ne plus m'appeler que Truman Capote, car tout le monde désormais me connaît sous ce nom-là ».

Mais dans l'ensemble, sa correspondance est drôle et pleine des commérages qu'il affectionnait : « J'ai vécu d'étranges aventures ces dernières semaines, auxquelles sont mêlés John Huston et Humphrey Bogart, qui m'ont rendu fou tant ils font la bringue — à moitié ivres toute la journée, et complètement ivres la nuit. Tu n'es pas obligé de me croire, mais je suis entré un matin à six heures dans la chambre de Bogart pour y trouver le roi Farouk dansant le hula hoop ». Elle n'est pas exempte de traits vachards, par exemple à propos d'un texte de Carson McCullers : « J'ai sûrement lu pire, mais je ne m'en souviens pas. » Elle montre un homme consumé par un intense besoin d'amour, attentionné envers ses amis et attendant d'eux la réciprocité. 

Ses lettres révèlent un écrivain obsédé par la rédaction du roman qui le rendra mondialement célèbre, De sang froid.  

En 2013, l'éditeur suisse Peter Haag a découvert à la New York Public Library quatorze nouvelles du jeune Truman Capote qui n'avaient jamais été publiées. Ces nouvelles avaient été écrites par Capote quand il était encore adolescent. Elles ont été publiées en 2015 par l'éditeur Random House sous le titre The Early Stories of Truman Capote.

OEUVRE

Romans

  • 1948 : Les Domaines hantés  
  • 1951 : La Harpe d'herbes  
  • 1958 : Petit déjeuner chez Tiffany  
  • 1965 : De sang-froid  
  • 1987 : Prières exaucées  
  • 2005 : La Traversée de l'été  

Recueils de nouvelles

  • 1949 : Un arbre de nuit  
  • 1980 : Musique pour caméléons  
  • 1987 : Une anthologie de Capote 
  • 2004 : The Complete Stories of Truman Capote.
  • 2015 : The Early Stories of Truman Capote.

Il aussi écrit deux scénarios, une comédie musicale, quelques récits et reportages.

  

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17 novembre 2018

ALBERT CAMUS - LA VIE D'ARTISTE

Article d'Albert Camus paru dans L'express - décembre 1955

Dans un bel article paru la semaine dernière, M. Henry Barraud nous a raconté comment Tibor Harsanyi, compositeur de talent, vécut et créa trente années parmi nous, se vit pourtant refuser sans trêve la naturalisation française qu'il demandait et ne reçut satisfaction que le jour de sa mort, il y a un an. Il mourut Français, comme d'autres, grâce à d'habiles médecins, meurent guéris.

Il y aurait beaucoup à dire sur notre législation des étrangers et sur le scandale des naturalisations, accordées et refusées au gré des caprices et des influences. Mais il est plus intéressant encore de connaître le motif porté sur le dossier Harsanyi par le haut fonctionnaire de service. Ce motif est en effet d'une concision bien française : "Exerce une profession socialement inutile."

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En cinq mots, voilà définie la situation de l'artiste dans notre société. Considéré comme un oisif, soupçonné de prendre plaisir à ce qu'il fait. Il ne sera accepté, et du bout des lèvres, que s'il consent à amuser les convives au dessert, ou à donner la main au service. Dans le premier cas, il sera sacré auteur à succès ; dans le second, délégué à la propagande. Rien ne l'empêche d'ailleurs de cumuler, comme au Saint-Yves, à la belle époque (je veux dire après la libération), quand le même homme passait les plats et chantait Frou-Frou.

Mais, en aucun cas, son métier ne sera réputé utile par lui-même. Ce qui est utile, sans doute, ce sont les ministres du bon beurre et les députés du tord-boyaux. Leur inlassable activité nous a permis d'accéder en dix ans à ce qu'on a superbement appelé l'âge du zinc, où cinq bistrots disputent à deux instituteurs seulement la formation de nos élites pendant que des parlementaires donnent la France à bouillir toute crue à des milliers d'empoisonneurs publics.

Dans le même temps, nos artistes, soustraits à toute sécurité, même sociale, écrasés par le poids entier de la fiscalité, sont volés jusque dans les enfants de leurs enfants. Dans le même temps, nos chercheurs travaillent dans des cages à lapins, nos professeurs font face avec des salaires dévalués à des classes surpeuplées, nos sculpteurs façonnent des jouets, et des musiciens meurent sans jamais avoir été joués.

Après cela, l'artiste n'a plus qu'à se persuader lui-même de son indignité. Attaqué des deux côtés, ignoré par la société bourgeoise, asservi par la société dite révolutionnaire, comment ne douterait-il pas de sa vocation ? Et comment n'essaierait-il pas "de se faire pardonner d'être par nature, malgré toits les déboires, un témoin de liberté, dans un temps où la liberté n'est pour les uns qu'une chasse gardée pour les privilèges d'argent, et pour les autres une vilaine survivance réactionnaire. On le voit alors s'évertuer, courir réparer les plombs, s'essayer au langage des "durs", signer à tour de bras des circulaires, et même, oui, écrire des articles. Après avoir longtemps péché par orgueil, nous avons apparemment perdu jusqu'à la fierté de notre métier.

Il est peut-être temps alors de retrouver cette fierté nécessaire. Si l'artiste, selon moi, ne peut se séparer de la société, s'il doit vivre au niveau des jours, reconnaître sa solidarité avec son peuple, comprendre que ce qui enchaîne le travail asservit la création, refuser enfin de se séparer, ce long effort doit fonder justement la dignité de son métier. L'artiste n'a pas besoin de privilèges, il n'a besoin que de son long et difficile travail. Mais il peut refuser au moins d'être insulté.

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M. Barraud remarque avec pertinence que Mozart, aujourd'hui encore, fait vivre matériellement des centaines de milliers d'hommes. L'artiste en effet est un producteur; les valeurs qu'il crée constituent une source de richesses économiques. Ce que l'alcool coûte à la nation, le génie national le répare en partie. Mais cet argument, si vrai qu'il soit, risque encore de concéder quelque chose aux ennemis de l'art. La vraie grandeur, la seule admirable, de Mozart, est qu'aujourd'hui encore, comme tous les grands créateurs, il aide à vivre des millions d'hommes que nos très utiles gouvernants désespèrent.

Ces derniers le savent bien d'ailleurs qui osent utiliser, hors des frontières, le prestige de l'artiste, dès l'instant qu'il est mort et qu'on peut lui faire dire n'importe quoi. L'orphéon national ne connaît que les marches funèbres, mais il les connaît bien. C'est alors que l'Allemagne vaincue crie le nom de Goethe, et non celui de Bismarck, pour excuser ses charniers. C'est alors que Tolstoï, et non la grande Catherine, fait pardonner à la Russie contemporaine la mort des libertés.

Et le jour, qui n'est pas inimaginable, où l'art mourra définitivement dans les chaînes que l'Etat lui aura rivées avec la complicité des philosophes, ce jour-là, les nations ne pourront plus arborer à la face du monde que le visage de leur histoire, furieusement semblable à celui de ces aimables repris de justice que nos journaux mettent à leur première page, en même temps que le sang.

 

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14 novembre 2018

** LA MERE - PEARL BUCK

Je m'attendais à mieux.

INCIPIT

Derrière le four de terre, dans la cuisine d'une petite ferme au toit de chaume, la mère, assise sur un tabouret de bambou, alimentait d'herbes le trou du foyer où le feu brûlait sous un chaudron de fer.

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LE DEBUT

Dans un hameau chinois au début du XXe siècle, une paysanne vit avec son mari, ses enfants, sa belle-mère. Le sol est en terre battue, la famille dort dans le même lit ; le buffle, le cochon et les poules dorment aussi dans la maison. 

La mère travaille aux champs avec son mari. Un jour, ce dernier part en ville et ne revient pas. C'est une honte pour elle de se voir abandonnée. Elle fait croire aux autres qu'il a trouvé un travail en ville... Mais il lui faut désormais assumer le double de travail, trouver de l'argent pour justifier le salaire qu'il "gagne" en ville, et réprimer ses désirs de femme et ses envies d'être mère à nouveau...

MON AVIS

La mère ne sera jamais nommée, ni aucun des personnages. C'est une histoire universelle, une mère universelle. Nous suivons sa vie de sa plénitude (désir et maternité) jusqu'à la vieillesse. Le tout dans le contexte des traditions chinoises ancestrales : lorsque le fils aîné se marie (avec la femme que sa mère lui a choisie), la belle-fille devient la maîtresse de maison et la mère - bien que très respectée et dorlotée - entre dans le grand âge et s'efface au profit des jeunes.

Cette mère ne m'a pas particulièrement émue. J'ai même été agacée par le rapport à la maternité, le désir d'enfant et la grossesse étant des concepts absolument incontournables. La femme n'est pas femme si elle n'est pas mère. J'ai entendu ça si souvent, moi qui n'ait pas eu d'enfant. Comme quoi... les diktats ont la vie dure.

J'ai moins apprécié ce roman que Pavillon de femmes, où il y a plus de personnages, donc plus de péripéties et beaucoup de détails sur la vie quotidienne, côté riches. Et le personnage principal m'a davantage touchée : sa "vieillesse" à elle, elle veut la gérer comme elle l'entend. Mais elle est éduquée, cultivée, c'est une intellectuelle, qui réfléchit et ne se plie pas aveuglément aux traditions et aux croyances. A croire que la vie paysanne, la vie des pauvres... est moins intéressante ! Ne nous leurrons pas : le monde est ainsi fait, non ? Les riches nous font rêver... Cependant, il existe des auteurs qui racontent le monde rural et pauvre jusqu'à la misère d'une autre façon, comme Steinbeck, par exemple, et son effroyable Raisins de la colère, passionnant de bout en bout. Finalement tout est bien dans le talent de l'écrivain. Et je dois admettre que là, Buck ne vaut pas Steinbeck. Je me suis parfois ennuyée.

Par contre l'apparition des premiers communistes, vus comme des voleurs et des brigands, m'a amusée (à part les condamnations à mort, bien sûr...) La révolution n'est plus très loin et personne ne le sait.

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Paru en 1935.

MES EXTRAITS FAVORIS

Je n'ai pas entendu parler de brigands dans les environs, ces temps-ci, en dehors de cette nouvelle sorte de gens en ville qu'on appelle communistes, mais on prétend qu'ils n'en vulent pas aux pauvres.

***

Elle savait que le ciel ordonne qui sera riche ou pauvre, et que les hommes n'ont rien à dire ; ils doivent accepter leur destin et le supporter.

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Calebasse : Les calebasses sont de grands fruits secs qui peuvent servir de récipient ou divers objets. 

 

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11 novembre 2018

*** CESAR BIROTTEAU - HONORE DE BALZAC

Un de mes préférés... sans doute parce que ça se passe chez un parfumeur et que ce milieu me fait rêver. Mais il n'y a pas que ça dans César Birotteau...

INCIPIT

Durant les nuits d'hiver, le bruit ne cesse dans la rue Saint-Honoré que pendant un instant ; les maraîchers y continuent, en allant à la Halle, le mouvement qu'ont fait les voitures qui reviennent du spectacle ou du bal.

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LE DEBUT

César Birotteau, parfumeur enrichi par ses découvertes qui font fureur, et auquel on va remettre la Légion d'honneur, décide de transformer sa maison bourgeoise en véritable palais pour donner à la fin de l'année 1818 un bal à l'occasion du retrait des troupes d'occupation de France. Ses dépenses somptuaires, qui effraient sa femme et son fidèle employé Anselme Popinot (secrètement amoureux de mademoiselle Birotteau), lui donnent un vertige d’ambition qui l’amène à risquer toute sa fortune. Le notaire Roguin flaire en Birotteau une dupe potentielle et il l’entraîne dans une affaire de spéculation immobilière dans le quartier de la Madeleine à Paris. Birotteau a en effet besoin d’argent car les travaux de transformation de sa maison et le nouveau train de vie qu’il veut y mener ont sérieusement entamé son patrimoine...

MON AVIS

Ce roman est entièrement centré - comme son titre l'indique - sur le personnage de César, naïf, comique malgré lui, tragique aussi. Et il est merveilleusement décrit par l'auteur qui éprouve pour lui, on le sent, une immense tendresse. Le lecteur aussi. Car ils sont si nombreux ces gens manipulés par d'autres, plus retors, malhonnêtes, sans scrupule... Les enthousiasmes de César, son amour pour sa femme et sa fille, nous enchantent ; ses revers de fortune nous consternent ; la régularité avec laquelle il rappelle à chacun qu'il a été blessé le 13 vendémiaire, pour défendre la monarchie, ce dont il est très fier, nous amuse. Un excellent Balzac, un de mes préférés.

Mais il y a le baron de Nucingen... LA faute de goût de mon cher Balzac. J'adore sa prose, je la vénère, je l'idolâtre. Mais cet accent alsacien du baron, qu'il a voulu rendre à l'écrit est absolument abominable (et on retrouve le personnage dans plusieurs romans de la Comédie humaine). C'est illisible, c'est énervant. Exemple : Afec sa leddre, vis affez tan mâ mêsson ein grétid ki n'ed limité ke bar lais pornes te ma brobre vorteine. Vous avez compris du premier coup ? Vous êtes super intelligent. Moi il faut que je m'y reprenne à trois ou quatre fois. Traduction : Avec sa lettre, vous avez dans ma maison un crédit qui n'est limité que par les bornes de ma propre fortune. Et CA M'EXASPERE ! Je déteste le baron Nucingen. Qui d'ailleurs est détestable, de toute façon... comme tous les banquiers aux yeux de Balzac.

Tout le reste est si magnifiquement écrit... je me redis encore et encore, que, en dépit de mes velléités de devenir écrivain, jamais je n'aurais pu parvenir à ce niveau de ciselure des phrases, de justesse du vocabulaire. Du moins pas au niveau de qualité que j'ambitionnais...

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

César Birotteau est publié en 1839. Il fait partie des Scènes de la vie parisienne de La Comédie humaine.

Le titre de l’œuvre est en réalité singulièrement plus long : Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau, parfumeur, adjoint au maire du deuxième arrondissement de Paris, chevalier de la Légion d’honneur (ce qui résume la trame du roman), d'où son autre titre, plus courant : Grandeur et décadence de César Birotteau.

Comme souvent dans les romans de Balzac, le sujet a été emprunté à un fait réel, l’auteur ayant pris pour modèle un certain Bully, parfumeur de son état, qui inventa une lotion de toilette vinaigrée à laquelle il donna son nom. L’officine de Bully sera mise à sac lors du soulèvement populaire de 1830 et l’homme ruiné. Il passera de longues années à rembourser ses créanciers et meurt dans le plus grand dénuement à l’hôpital.

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Balzac y a rajouté une affaire de spéculation, transformant l’histoire en un véritable roman d’aventures, dans lequel César Birotteau est le type même du petit-bourgeois des années 1830, pur produit d'une classe sociale avide de reconnaissance, d’honneurs, dont l’ambition est d’accéder aux plus hautes sphères du monde parisien.

Toujours prompt à souligner la cruauté du monde, l’auteur se plaît tout de même à donner une vision émouvante de ce personnage naïf. Et surtout il met en relief les qualités de courage et de persévérance à travers le généreux Popinot, employé de César Birotteau et son futur gendre.

MES EXTRAITS FAVORIS

L'amour est une passion essentiellement égoïste. Qui dit égoïsme, dit profond calcul. Ainsi, pour tout esprit frappé seulement des résultats, il peut sembler, au premier abord, invraisemblable ou singulier de voir une belle fille comme Césarine éprise d'un pauvre enfant boiteux et à cheveux rouges. Néanmoins, ce phénomène st en harmonie avec l'arithmétique des sentiments bourgeois. L'expliquer sera rendre compte des mariages toujours observés avec une constante surprise et qui se font entre de grandes, de belles femmes et de petits hommes, entre de petites, de laides créatures et de beaux garçons. Tout homme atteint d'un défaut de conformation quelconque, les pieds-bots, la claudication, les diverses gibbosités, l'excessive laideur, les taches de vin répandues sur les joues, les feuilles de vigne, l'infirmité de Roguin et autres monstruosités indépendantes de la volonté des fondateurs, n'a que deux partis à prendre : ou se rendre redoutable ou devenir d'une exquise bonté ; il ne lui est pas permis de flotter entre les moyens termes habituels à la plupart des hommes. Dans le premier cas, il y a talent, génie ou force : un homme n'inspire la terreur que par la puissance du mal, le respect que par le génie, la peur que par beaucoup d'esprit. Dans le second cas, il se fait adorer, il se prête admirablement aux tyrannies féminines, et sait mieux aimer que n'aiment les gens d'une irréprochable corporence.

***

Mon cher César, n'oublie pas au milieu de tes chagrins que cette vie est une vie d'épreuves et de passage ; qu'un jour nous serons récompensés d'avoir souffert pour le saint nom de Dieu, pour sa sainte Eglise, pour avoir observé les maximes de l'Evangile et pratiqué la vertu : autrement les choses de ce monde n'auraient point de sens.

***

Les événements imprévus de la vie sont la vis du pressoir, nous sommes le raisin, et les banquiers sont les tonneaux.

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Bec-de-cane : En termes de serrurerie, le bec-de-cane est une espèce de petite serrure qui ne ferme pas à clef et qu'on ouvre en tournant un bouton en olive ou plat. Ce bouton termine une tige qui est perpendiculaire au panneau et entre dans la serrure pour en mouvoir le pêne.  

Boston : Jeu de cartes qui se joue à quatre personnes et avec un jeu de cinquante-deux cartes.

Bouillotte :  Sorte de brelan très rapide à quatre personnes.

Cadi : Juge musulman qui remplit à la fois les fonctions civiles et religieuses.

Chauderie : Nom du caravansérail dans l’Inde, pour tous les voyageurs.

Closier : Petit métayer qui tient une closerie (petit domaine clos) avec un bail à ferme (à loyer fixe).

Décadi : Le dixième et dernier jour de la décade, dans le calendrier républicain.

Desservant : Celui qui dessert une cure, une chapelle, etc.

FigaroFigaro est un personnage inventé par Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais à la fin du XVIIIe siècle et qu'il fait figurer dans trois de ses pièces, en tant que héros : Le Barbier de Séville, Le Mariage de Figaro et La Mère coupablePersonnage du peuple sévillan, vif, sentimental, enthousiaste, insolent, il est depuis sa création un héros populaire et sympathique, voire pathétique et dramatique. Il arrive souvent trop tard pour empêcher l'irréparable, mais il est le témoin et le catalyseur de toute l'histoire. Il est l'amoureux, l'entremetteur, le discoureur, le serviteur virevoltant, mais aussi le nigaud maladroit, le cabotin provocateur et finalement le valet résigné. Il fut annonciateur des thèmes de la Révolution française. 

Fleur des pois : Qualifie une personne à qui sa situation sociale, son élégance, donnent une place en vue dans le grand monde.

Grêlé (être) : Faire de grosses pertes financières ou avoir de grandes infortunes.

Morbifique : Qui peut causer la maladie, un désordre psychique ou mental. Qui se rapporte à la maladie.

Neuvaine : Exercices de piété que l'on répète pendant neuf jours consécutifs pour obtenir une grâce particulière ou pour honorer Dieu, un saint. 

Punais : Qui rend par le nez une odeur fétide.

Scapin : Scapin vient d’un personnage de la commedia dell'arte, Scappino, fourbe, insouciant, cupide mais avec un caractère légèrement amendé. 

Sépia : Dessin réalisé à partir de la substance colorée extraite des poches de la seiche, utilisée pour le dessin au lavis. Tirage qui ressemble au noir et blanc, mais avec des variations de brun, et non de gris, caractéristique des photos du premier tiers du XXe siècle.

Anglaises (toilettes à l') : Les premiers WC tels que nous les connaissons actuellement, avec cuvette en céramique et chasse d'eau.

Aveline : Variété de grosse noisette, dont on extrait une huile fine.

Barigoule (à la) : Synonyme de lactaire délicieux (un champignon). Manière d’apprêter les artichauts farcis à la viande et champignons, et frits à l’huile d’olive.

Bleu barbeau : ou bleu bleuet, de la couleur de la fleur.

Bouillir du lait (faire) : apporter de l'agrément.

Broche : Billet de commerce de peu de valeur.

Capriolant : Qui fait des cabrioles, des bonds.

Castille :  Petite dispute pour des vétilles, petite querelle sans gravité entre deux personnes. 

Claustral : Propre au cloître et à la vie monacale. Bâtiments dépendant d'un couvent et en particulier ceux qui sont annexés à un cloître, comme le dortoir, le réfectoire, etc. Qui par sa discipline et son austérité rappelle le cloître.

ClissePetite claie d'osier ou de jonc qui sert à faire égoutter les fromages. Enveloppe d'osier tressé ou de jonc dont on entoure des bouteilles et des verres pour les empêcher de se casser. Lame de bois ou de carton servant à maintenir les os fracturés.

Corporence : Corpulence, taille d'une personne; allure d'une personne.

Cottin (Sophie) : Sophie Cottin née Marie Ristaud, née le 22 mars 1770 à Tonneins et morte le 25 août 1807 à Paris, est une écrivaine française.

Courier (Paul-Louis) : Paul-Louis Courier de Méré, né le 4 janvier 1772 à Paris, mort assassiné le 10 avril 1825 près de Véretz, est un pamphlétaire français.

Cryptogame : Qui se caractérise par des organes reproducteurs (spores) cachés ou peu apparents.  Individu obscur et malfaisant. Champignon microscopique responsable de certaines maladies des plantes.

Curtius : Marcus Curtius est un jeune héros romain qui se voua aux dieux infernaux (devotio) pour sa patrie. Un large gouffre s'étant ouvert au milieu du Forum Romain, et l'oracle ayant déclaré qu'il ne se refermerait que lorsque Rome y aurait jeté ce qu'elle avait de plus précieux, Marcus Curtius se précipita tout armé dans l'abîme : le gouffre, dit-on, se ferma aussitôt (date légendaire : 362 av. J.-C.).

Détrempe (mariage en) : Union extra-légale à laquelle est donnée l'apparence du mariage. Médiocre.

Dindonner : Tromper quelqu'un.

Dito : De même, comme ci-dessus (latin).

Falourde : Fagot de quatre ou cinq bûches courtes liées aux deux extrémités, utilisées pour faire du feu. Fagot de dix à quinze morceaux de bois, longs et minces, liés aux deux extrémités par des liens d'osier ou de bois flexible; fagot de tiges tordues servant à lier entre elles de grosses branches. Ancien forçat sous surveillance. 

Flandrin : Grand garçon un peu gauche et emprunté. 

Fluviatile : Qui appartient au fleuve, à un cours d'eau, qui le caractérise; qui est de la nature du fleuve, d'un cours d'eau; qui provient d'un fleuve, d'un cours d'eau. Qui coule en abondance. Qui suit un cours régulier. Qui est parcouru de fleuves, d'eaux abondantes. Qui pousse dans/près d'un fleuve, d'un cours d'eau.

Foy (général) : Maximilien Sébastien Foy, né le 3 février 1775 à Ham et mort le 28 novembre 1825 à Paris, est un général français du Premier Empire et un homme politique.

Gibbosité : Difformité causée par une déviation de l'épine dorsale ou une saillie anormale de la cage thoracique, provoquant une bosse. Bosse, excroissance sur les organes d'un végétal. Ce qui fait saillie; déformation en relief. 

Gniolle : Imbécile, bête, très niais, bête, niais ; fainéant.

Héro et Léandre : Héro et Léandre sont un couple d'amoureux de la mythologie grecque. Héro est prêtresse d'Aphrodite à Sestos (sur la rive européenne de l'Hellespont), tandis que Léandre habite à Abydos, sur la rive asiatique. Toutes les nuits, Léandre traverse le détroit à la nage guidé par une lampe qu'Héro allume en haut de la tour où elle vit. Mais lors d'un orage, la lampe s'éteint et Léandre s'égare dans les ténèbres. Lorsque la mer rejette son corps le lendemain, Héro se suicide en se jetant du haut de sa tour.

Hic et nunc : Sur le champ, sans délai (latin).

Lambourde : Pièce de bois utilisée dans la construction. Pièce de bois de faible section fixée perpendiculairement sur les solives pour supporter les lames d'un parquet. Pièce de bois, fixée horizontalement le long d'un mur ou flanquant une poutre maîtresse, qui soutient l'extrémité des solives qui ne sont pas scellées dans le mur. Pièce de bois utilisée dans le fonçage d'un puits pour accrocher le revêtement. 

Liciter : Vendre aux enchères un bien indivis qui peut se faire à l'amiable ou en vertu d'un jugement.

Limousiner : Assembler, faire du limousinage (ouvrage de maçonnerie fait avec des moellons et du mortier).

Loquèle : Facilité à dire des banalités.

Maille : Monnaie de très faible valeur, valant un demi-denier (expression : sans sou ni maille).

Manne : Grand panier d'osier de forme rectangulaire ou cylindrique, muni de deux anses, qui sert à transporter divers objets.

Manuel (Jacques-André)Jacques André Manuel est un homme politique français né le 8 juin 1791 à Nevers (Nièvre) et décédé le 9 janvier 1857 à Nevers. Entré à l'école militaire de Saint-Cyr en 1809, il fait les différentes campagnes napoléoniennes de 1811 à 1815. Banquier à Nevers sous la Restauration, il est un opposant libéral au régime en place. Conseiller de préfecture en 1830, il est député de la Nièvre de 1839 à 1848, siégeant d'abord avec le Tiers-Parti, puis dans l'opposition à la Monarchie de Juillet. Il est député de la Nièvre de 1848 à 1851, siégeant à droite et se ralliant au coup d’État du 2 décembre 1851. Il est sénateur du Second Empire de 1852 à 1857.

Mélasse : Liquide sirupeux non cristallisable, de couleur variant du blond au brun foncé, qui est le résidu de la cristallisation et du raffinage du sucre.

Meslier, JeanJean Meslier, ou Mellier, né à Mazerny (Ardennes) le 15 juin 1664, est un prêtre et philosophe des Lumières français, curé d'Étrépigny dans l'Archidiocèse de Reims où il est mort au début de l'été 1729. Son existence n'a été connue qu'à partir de la publication en 1762 par Voltaire, sous le titre de Testament de J. Meslier, d'un texte qu'il présentait comme un extrait d'un document beaucoup plus volumineux, retrouvé chez lui et dans lequel un curé professait avec détermination son athéisme, et se livrait par ailleurs à une critique radicale des injustices de la société de son temps. Ce texte, au titre original de Mémoires des pensées et sentiments de Jean Meslier, est parfois considéré comme le texte fondateur de l'athéisme et de l'anticléricalisme militant en France.

Mucus : Substance visqueuse, claire, d'aspect filant, constituée principalement de mucine, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool et l'éther, qui est sécrétée par certaines glandes et recouvre les membranes muqueuses d'un enduit protecteur tant du point de vue mécanique que du point de vue chimique.

Ophicléide : Instrument à vent, en cuivre, muni de clefs et à embouchure.

Pallas : Marcus Antonius Pallas (v. 1 – 63) fut un important affranchi grec et secrétaire du trésor durant les règnes des empereurs romains Claude et Néron. Il avait un frère cadet, Marcus Antonius Felix, procureur de la province de Judée. Selon Tacite, Pallas et Felix descendaient des rois grecs d’Arcadie, affirmation sans fondement selon Pierre Grimal.

Perier, Casimir-PierreCasimir-Pierre Perier, né le 11 octobre 1777 à Grenoble et mort le 16 mai 1832 à Paris, est un banquier et un homme d'État français, régent de la Banque de France, président du Conseil du 13 mars 1831 à sa mort, due à l'épidémie de choléra de 1832. Membre de l'opposition libérale à Charles X, il est, après la Révolution de 1830, l'incarnation du « parti de la Résistance » au début de la monarchie de Juillet.

Riccoboni (Marie-Jeanne) : Marie-Jeanne Riccoboni (25 octobre 1713 - 7 décembre 1792 à Paris) est une comédienne et romancière française.

Royale : Barbiche, touffe de poils sous la lèvre inférieure mise à la mode par Louis XIII. 

ShylockShylock est l'un des personnages les plus marquants du Marchand de Venise de William Shakespeare. Il y tient le rôle d'un riche usurier juif, pratiquant des taux déraisonnables et acharné dans le recouvrement de ses créances. Son nom est devenu, en anglais courant, synonyme de « requin d’affaires » et le personnage, l’une des incarnations les plus puissantes et durables des préjugés antisémites, avec le Fagin de Charles Dickens. Cependant, Shylock, méprisé de tous, tient aussi une longue tirade sur l'humanité des Juifs et l'absurdité des préjugés antisémites qui en font, dans certaines représentations, un personnage tragique voire sympathique.

Tressuer : Suer abondamment (sous l'effet de la peur, de l'angoisse, de la douleur, de la passion...)

Trois-six : Eau-de-vie titrant 30 Cartier ou 84 Gay-Lussac, dont trois mesures mélangées à un poids égal d'eau fournissaient six mesures d'alcool à 19 Cartier ; alcool très fort.

Ambigu  : Repas où l’on servait à la fois les viandes et le dessert. Mélange de choses opposées.

Anfoux (madame) : Bordelaise du XIXe qui avait des distilleries à la Martinique et produisait une liqueur réputée.

Bouffre :  Bouffée, coup de vent brusque. Interjection, utilisée comme notre "Bigre !"

Breloque (battre la) : Divaguer, déraisonner.

Casimir : Drap léger fait de laine croisée ou de coton, de dessins et de couleurs variés, très employé au XIXe siècle dans la fabrication des vêtements d'homme. 

Chiquer les légumes : Faire un bon repas.

Chrysale : Personnage du père, désespéré par sa femme et ses filles dans Les femmes savantes.

Fleureté : Qui est orné ou bordé de fleurs; qui est terminé en fleur. Orné de fleurons.

Galoubet : Petite flûte à bec à trois trous (plus élevée de deux octaves que la flûte traversière), en usage dans le Midi de la France principalement comme accompagnement du tambourin. Donner du galoubet : Chanter. Avoir du galoubet : Être bavard ou avoir une belle voix.

Improuver : Désapprouver, blâmer.

Kalmouque : ou kalmouk. (Celui, celle) qui est de la Kalmoukie, région de la Mongolie; qui est originaire de ce pays, qui y habite. 

Liais : Calcaire grossier, dur, résistant, d'un grain serré, utilisé en particulier comme pierre de taille.

Mars (mademoiselle) : Anne-Françoise-Hippolyte Boutet, dite Mademoiselle Mars, est une comédienne française, née le 9 février 1779 à Paris où elle est morte le 20 mars 1847.

Médicastre : Médecin médiocre, ignare, inexpérimenté; guérisseur imposteur. 

Momus : ou Momos. Dans la mythologie grecque, Momos est une divinité grecque mineure, fils de Nyx, que celle-ci engendra seule ou avec Érèbe, personifiant les Ténèbres, selon les versions, frère de Moros, des Kères et de Thanatos - trois personnifications de la Mort - ainsi que d'Hypnos, le frère jumeau de Thanatos.

Oreilles d'ours : Espèce de primevère.

Palinodie :  Désaveu de ce que l'on a pu dire ou faire précédemment. Changement d'opinion et principalement d'opinion politique.

Patronnet : Jeune apprenti pâtissier.

Pommé : Achevé, complet, réussi.

Rescision : Annulation d'un acte pour cause de lésion. 

Saquerlotte : comme Saperlipopette.

Saute-ruisseau : Jeune clerc chargé des courses, dans une étude de notaire ou d'avoué. Jeune garçon de course, commissionnaire.

Stylobate : Soubassement avec base et corniche, qui forme un piédestal continu et porte une rangée de colonnes. Plinthe plus haute que la plinthe ordinaire et garnie d'une moulure à sa partie supérieure.

Styx : Dans la mythologie grecque, Styx est une Océanide, fille aînée d'Océan et de Téthys, ou une déesse, fille d'Érèbe (les Ténèbres) et de Nyx (la Nuit) selon d'autres traditions. Elle personnifie le Styx, l'un des fleuves et points de passage des Enfers.

Xérasie : Maladie des cheveux et des cils qui les empêche de croître et les rend semblables à un duvet couvert de poussière.

Agar : Servante d'Abraham et mère d'Ismaël.

Bascule (fenêtre à) : Dont la vitre tourne autour d'un essieu horizontal central.

Brimborion : Petit objet de peu de valeur.

Chafrioler : Manifester sa gourmandise, son plaisir. Se chafrioler : Satisfaire sa gourmandise, se délecter.

Exhilarant : Qui réjouit, qui porte à l'hilarité, au rire, à la gaîté. 

Gehenné : Torturé.

Grègues : Chausses allant à mi-cuisse, légèrement rembourrées, formées de bandes qui, partant de la ceinture, rejoignaient la cuisse en exhibant une doublure lâche. Tirer ses grègues : S'enfuir.

RéméréUne vente à réméré est, selon le code civil français, une vente avec faculté, mais non obligation, de rachat par le vendeur. Le vendeur préserve donc une option de rachat pendant une durée à convenir contractuellement. La vente à réméré est semblable à un instrument de crédit car elle permet au propriétaire d'un bien de se procurer les fonds dont il a besoin par la vente de ce bien, tout en conservant l'espoir d'en recouvrer un jour la propriété, s'il revient à meilleure fortune, en restituant à l'acheteur le prix et ses accessoires. La vente à réméré est le plus souvent pratiquée dans le secteur immobilier et nécessite d'un acte notarié. Souvent le vendeur peut continuer à occuper les lieux pendant la durée du réméré, contre le paiement d'indemnités.

Conster : Exister, être avéré.

Fleur : Côté de la peau tourné vers l'extérieur et qui portait les poils.

Frontin : Valet de comédie, effronté et rusé, conseillant habilement son maître dans ses affaires et ses divertissements, avec l'intention d'en tirer profit. Domestique, homme de condition modeste, spirituel et intrigant, habile à duper son entourage avec la plus grande assurance.

Grosse : Douze douzaines.

Impétrant : Celui (celle) qui a obtenu de l'autorité compétente ce qu'il (elle) avait sollicité (charge, titre, privilège). Celui (celle) qui a obtenu un diplôme universitaire.

MascarilleMascarille est un personnage type de comédie emprunté par le théâtre français à la comédie italienne. Mascarille est un des types de valet bouffon, fripon, intrigant, passé maître en fourberies. Il a conscience de ses moyens et des services qu’il rend. Mascarille travaille avec zèle pour le maître qui le paie mais, suivant le plan qu’il a conçu, il sert en se faisant obéir. Les intrigues qu’il trame ont ordinairement deux fins : l’intérêt de son maître et le sien propre. 

Procillon : Litige soumis à un tribunal.

SganarelleSganarelle est un nom récurrent dans l'œuvre de Molière, dont l'origine viendrait du verbe italien sgannare, qui signifie « dessiller » (ou, pour mieux définir, « amener à voir ce qu'on ignore ou ce qu'on veut ignorer »).

 

 

 

 

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07 novembre 2018

LE CHARME DISCRET DE L'INTESTIN - GIULIA SANDERS - 4/5

Ca faisait un moment que j'avais envie de lire ce livre qui a remporté un gros succès, l'un de premiers, voire le premier, à vulgariser le fonctionnement de ce que l'on appelle aujourd'hui "notre deuxième cerveau".

RESUME

Giulia Enders nous fait découvrir les secrets d'un organe oublié : le système digestif, clé de toutes sortes de problèmes, de la dépression au surpoids, en passant par la maladie de Parkinson et les allergies. La soeur de l'auteur illustre ce livre avec humour et permet d'aborder un sujet "délicat" avec le sourire. 

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L'AUTEUR

Giulia Enders est une étudiante en médecine allemande, née en 1990 à Mannheim, lorsqu'elle écrit son livre à succès Darm mit Charme traduit en français par Le Charme discret de l'intestin, publié en 2014.

Atteinte d'une maladie de la peau lors de son enfance, elle en vient à s’intéresser aux aspects méconnus de l'intestin.

Etudiante en doctorat en gastroentérologie de l'Université de Francfort sur le Main. En 2012, elle remporte le premier prix à un Science Slam, où les jeunes doctorants viennent présenter leur sujet de thèse devant un public de non-spécialistes. Son sujet : l'intestin et le microbiote intestinal. La vidéo de son intervention est diffusée sur YouTube, et rencontre un succès non négligeable, en raison de l'approche pédagogique suivie par Enders.

À la suite de son intervention, et après avoir démocratisé la connaissance de l'appareil digestif, elle décide de publier un livre sur ce sujet : Darm mit Charme, illustré par sa propre sœur, Jill Enders. Le livre est publié en mars 2014 chez Ullstein-Verlag, et dépasse le seuil du million d'exemplaires au bout d'un an. Il a été traduit en 18 langues.

MON AVIS

La langue est simple, et non rébarbative ; quand il est indispensable d'employer un mot médical un peu compliqué, l'auteure en donne aussitôt une explication claire, imagée, souvent très amusante. D'ailleurs tout le livre est bourré d'humour et on lit ça avec un plaisir immense, tout en apprenant plein de choses.

Ah si seulement tous les scientifiques du monde se mettaient au style Enders... nous deviendrions drôlement calés !

Quelques pages - je l'avoue - m'ont un peu ennuyée, trop de redite, et la partie sur les bactéries parfois trop longue. J'aurais préféré que l'auteure nous donne davantage de conseils et d'explication sur la relation intestin-cerveau ; les raccourcis sur les effets menant à Parkinson ou à la dépression sont un peu survolés. Mais Enders le dit elle-même dans un chapitre supplémentaire par rapport à l'édition originale : elle n'avait pas encore, à l'époque, bien "digéré" (si je puis me permettre) certains de ses cours, et par ailleurs la science a depuis évolué. Sauf qu'elle ne nous apporte rien de nouveau dans ce rajout... Je me suis sentie un peu frustrée voire circonspecte : faut-il se fier aveuglément à tout ce qu'elle nous apprend ? L'avenir nous le dira sans doute.

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CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

L'intestin est une partie du tube digestif, qui contribue à la digestion des aliments et au passage des nutriments vers le sang et le reste de l'organisme chez les bilatériens. Cette partie de l'appareil digestif s'étend de la sortie de l'estomac à l'anus. Chez les humains et la plupart des mammifères, il est divisé en deux parties appelées l’intestin grêle et le gros intestin. Chez les animaux à système circulatoire, c'est la partie du corps qui assure l'assimilation dans le sang des nutriments provenant des aliments. L'intestin en bonne santé est une barrière contre certains microbes, mais perméable aux nutriments. Il est le lieu d'une intense vie microbienne (microbiote intestinal, microbiote intestinal humain). Toute altération anormale de sa perméabilité peut affecter l'organisme entier.

Le tube digestif est la dernière partie du canal alimentaire, avec la cavité buccale à l'entrée et l'anus à la sortie.  

L'intestin humain mesure de 7 à 8 mètres. La surface de contact de la muqueuse intestinale avec le chyme* est de 300 à 400 m2 (environ deux terrains de tennis), ce qui constitue la surface d'échange la plus grande du corps humain devant le poumon (80 m2) et la peau (1,73 m2).

Alors que l'estomac « casse » principalement les molécules constituant les aliments en plus petites molécules, la digestion se poursuit dans l'intestin grêle, où un certain nombre de molécules sont réduites à l'état de nutriments, assimilables par l'organisme. La fine membrane de l'intestin grêle est recouverte de plis et de villosités afin d'augmenter la surface d'échange avec le réseau sanguin. La plupart des protéines sont ainsi assimilées dans l'intestin grêle, ainsi que les glucides et lipides. Chez les humains, il mesure entre 3 et 6 mètres et est composé du duodénum, du jéjunum et de l'iléon.

Le gros intestin mesure entre 1 et 1,5 mètre et comporte trois parties : le cæcum, le côlon et le rectum. Il héberge des bactéries vivant en symbiose avec leur hôte, qui peuvent décomposer des molécules que le corps humain n'est pas capable d’assimiler. Cette flore intestinale (ou microbiote intestinal) est indispensable au bon fonctionnement du processus de la digestion.

Chez tous les Mammifères dont l'Homme, l'intestin grêle est constitué d'une muqueuse enrobée ; premièrement de couches circulaires de fibres musculaires (internes), capables de constriction, et deuxièmement d'un manchon de fibres musculaires orientées longitudinalement. Ce double système musculaire est contrôlé d'une part par le système parasympathique qui les stimule, et par le système sympathique qui au contraire les détend. En complément, l'épithélium, abrite les neurones sensitifs de trois types de récepteurs de la muqueuse (chémorécepteurs, mécanorécepteurs et tensorécepteurs). Ceux-ci ont des afférences vers le tronc cérébral, la moelle épinière, le plexus myentérique et le plexus sous-muqueux.

Dans l'intestin lui-même, les villosités et leurs microvillosités sont également animées de lents mouvements permettant un brassage du contenu, et permettant d'augmenter le contact entre la muqueuse et les éléments du bol alimentaire.

Le jeu combiné des fibres musculaires permet des mouvements pendulaires (via la musculature longitudinale), des mouvements de segmentation (via les muscles circulaires constricteurs) et des mouvements péristaltiques (poussée du chyme vers le gros intestin ou l'anus). Le péristaltisme (force et rythme) est réglé par les tensorécepteurs qui resserrent le diamètre du tube intestinal derrière le bol alimentaire et qui l'ouvrent devant ; ce péristaltisme est actif entre les périodes de prise d'aliments, mais s'interrompt la nuit vers 22 h 30. Durant la digestion, ce sont les mouvements de brassage qui dominent. Au moment de l'excrétion ou de l'élimination des gaz (méthane, CO2) ce sont les mouvements péristaltiques d'expulsion qui sont activés, consciemment cette fois. 

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Dessin simplifié du système digestif (manuscrit persan du XVIIe écrit par Mansur ibn Muhammad Ahmad)

* Chymeliquide qui se trouve dans l'estomac avant le passage de la valve du pylore et l'entrée du duodénum. Il a la consistance d'une colle et est constitué de nourriture partiellement digérée, d'eau, d'acide chlorhydrique, et de diverses enzymes de la digestion. Le chyme franchit lentement la valve du pylore et le duodénum où l'extraction des nutriments commence. En fonction de la quantité et du contenu (acide ou alcalin) du repas, l'estomac digèrera la nourriture en chyme dans une durée comprise entre 40 minutes et quelques heures.

 

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03 novembre 2018

LES REPAS AU XIXe

On le constate roman après roman, les repas du XIXe, du moins chez les riches, sont pantagruéliques, lors de réceptions ou au restaurant. Un peu d'info :

En fait, cette abondance a toujours existé sur les tables royales ou princières. Mais avec le développement de la bourgeoisie, cette classe intermédiaire et de plus en plus fortunée, qui s'enrichit encore avec les succès de la révolution industrielle, épater ses invités avec des tables grandioses est de rigueur.

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On hésite toujours entre deux façons de servir :

- Le service à la française, où l'on dispose tous les plats d'un "service" (les entrées, les relevés, etc.) en même temps sur la table ; chacun se fera servir ce qu'il souhaite, on n'est pas obligé de manger de tout ! Les plats peuvent aussi être disposés sur des tables ou buffets et on indique aux serviteurs ce que l'on veut sur l'assiette qu'il viendra déposer devant vous.  

- Le service à la russe. Tous les plats se suivent les uns après les autres. Mais là encore, on n'est pas obligé de tous les accepter : on peut s'abstenir et attendre le suivant. 

D'ailleurs, avec ce nombre de propositions, la bourgeoisie du XIXe siècle invente le "menu", qui permet d'afficher tous les mets quis eront présentés, ornementé par peintres, graveurs ou dessinateurs renommés. 

Une littérature gourmande se développe, avec notamment la Physiologie du goût, du gastronome Brillat-Savarin et l'œuvre d'Alexandre Balthazar Laurent Grimod de La Reynière. Alexandre Dumas, qui met volontiers la main à la pâte, rédige son Dictionnaire de cuisine, Charles Monselet crée le premier journal gastronomique.

La tradition culinaire française se renouvelle et atteint son apogée dans la cuisine d'Antonin Carême, le roi des cuisiniers, et sa pâtisserie de pièces montées extraordinaires et dans celle de Jules Gouffé, « l'apôtre de la cuisine décorative », qui édite des réceptaires utiles aussi à la cuisine familiale bourgeoise.

Adolphe Dugléré compose le menu du Dîner des Trois Empereurs, pour le tsar Alexandre II de Russie, le tsarévitch Alexandre, le roi de Prusse Guillaume Ier d'Allemagne et Otto von Bismarck.

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Mais le théoricien de cette cuisine est un Suisse, Joseph Favre, fondateur de l'Académie culinaire de France. Persuadé qu'une « nourriture saine est meilleure qu’une ordonnance médicale », il va réussir à imposer ses concepts sur les régimes ou les propriétés curatives des plantes.  

« L’empereur des cuisiniers », ainsi baptisé par l’empereur Guillaume II d'Allemagne, Auguste Escoffier, collaborateur de César Ritz, sera chef de cuisine du Grand-Hôtel de Monte-Carlo, du Grand National de Lucerne, du Savoy, du Carlton de Londres, et des hôtels Ritz à Paris et à New York. Il modernise et codifie la grande cuisine raffinée, créée par Antonin Carême, et développe le concept de brigade en rationalisant la répartition des tâches : « Le cuisinier doit être propre, méticuleux, ne buvant pas, ne fumant pas, ne criant pas. » Il est le créateur entre autres de la pêche Melba, de la poire belle Hélène et de la crêpe Suzette.

Urbain Dubois fait quasiment toute sa carrière à l'étranger ; il laisse une œuvre écrite considérable. Georges Vicaire établit une bibliographie majeure des livres de cuisine. Charles Durand se fait l'apôtre de la cuisine provençale.

Ces nouvelles traditions gagnent bien sûr l'Europe entière et les Etats-Unis.

Le grand repas à la française

Il est théoriquement constitué d'une série de plats présentés dans l'ordre suivant :

  • Mise en bouche (petits canapés, etc.)
  • Hors-d'œuvre (aspics, tartelettes...)
  • Potage
  • Relevé (plat entre le potage et les entrées : viandes garnies)
  • Entrée (souvent de la volaille)
  • Entremet vert (légumes ; à noter que les légumes ne sont pas servis avec les viandes, mais après)
  • Rôt : viandes rôties
  • Entremet (dessert)
  • Fromage ; pâtisserie ; fruit ; nougats ; mignardise

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Série Downtown Abbey

Il existe bien d'autres "types" de plats que l'on peut ajouter à la liste et de multiples variations. Dans Le Livre de cuisine qu'il écrit en 1867, Jules Gouffé donne une série de menus de réception qui illustrent parfaitement le grand repas du XIXe siècle. Par exemple, pour un dîner à la française de 24 couverts :

  • 2 potages : potage bisque d'écrevisses ; consommé de volaille à la royale
  • 4 hors-d'œuvre  
  • 2 relevés : turbot garni de filets de merlans à l'anglaise, avec sauce hollandaise ; rosbif à la Saint-Florentin
  • 2 flancs : timbale à la milanaise garnie de filets de volaille piqués ; noix de veau en bedeau à la jardinière
  • 4 entrées : bécasse à la Daumont ; matelote de foie gras en croustade ; chaud-foid de poulet avec bordure de gelée ; salade russe
  • 2 bouts : dinde truffée sauce Périgueux ; selle de chevreuil sauce poivrade et groseille
  • 2 flancs : croquembouche d'Auvergne ; biscuit à l'italienne
  • 4 entremets : cardes à la moelle ; asperges en branches sauce au beurre ; plombière dans une croustade de gaufres ; gelée d'eau d'or garnie de verjus confit ; dessert

Ou bien :

  • 2 potages : potage aux huitres ; consommé garni de quenelles et de pointes d'asperges
  • 2 hors-d'œuvre dits « assiettes volantes » : filets de merlan à l'anglaise ; bouchées à la reine
  • 2 relevés : turbot sauce crevettes garni d'anchois frits ; rosbif de mouton, garni de pommes de terre sautées
  • 2 flancs : poulardes à la Régence ; filet de bœuf à la mayot et sauce française
  • 4 contre-flancs : chartreuse de cailles ; timbale chasseur ; casserole au riz à la royale ; pâté chaud de ris d'agneau
  • 4 entrées doubles volantes : 2 de suprême de volaille aux truffes ; 2 de côtelettes d'agneau aux petits pois
  • 4 rôts : 2 dindes truffées ; 2 de faisan et bécasses
  • 2 pièces montées : pavillon chinois sur rocher ; maison rustique sur rocher
  • 2 flancs froids : pain de foie à la gelée sur socle ; galantine de poulet en bastion sur socle
  • 2 extras : soufflé vanille ; gaufres flamandes
  • 4 contre-flancs, relevés de rôts : 2 croquembouches de génoise sur socle garni de sucre filé ; 2 gâteaux de Compiègne sur socle orné de sucre filé
  • 8 entremets de légumes : 4 d'asperges ; 4 fonds d'artichauts à l'italienne
  • 8 entremets de douceur : 2 timbales de gaufres garnies de plombière ; 2 gelées d'eau d'or garnies de fraises ; 2 timbales pastefrole, garnies d'une sicilienne ; 2 gelées de noyaux garnies de cerise et d'abricots confits.

03

Les restaurants

La fin de l’Ancien Régime signe l’apparition du restaurant, qui signifiait « boisson réconfortante » depuis le XVIe siècle, et qui devient lieu de restauration. À la Révolution, les chefs, laissés sans travail par l’émigration de leurs maîtres, ouvrent des restaurants où ils servent, outre les traditionnels bouillons, d'autres plats. Progressivement, les restaurants trouvent leur consécration et une nouvelle corporation prend naissance : celle des critiques gastronomiques.

Et pour les pauvres...

Pour les masses populaires, les céréales et notamment le pain, sont encore la base des repas au XIXe siècle. La population paysanne a souvent faim, et vit souvent de tragiques périodes de disette. Leur alimentation est saisonnière et fortement déséquilibrée, en relation étroite avec le succès des récoltes. Le repas est assez peu varié (soupe à tous les repas), et les portions sont maigres.

Le beurre est presque un luxe, et se trouve toujours coupé à la margarine. Il est souvent remplacé par la graisse du pot au feu ou par un mélange de saindoux et de graisse de bœuf.

Pour ce qui est de la viande, l'ouvrier consomme surtout des ragoûts de foie, de poumon ou de cœur, des bas morceaux de bœuf, du lapin sauté, ou des harengs.  

La hantise de l'ouvrière et même de la bourgeoise sont les aliments frelatés que les commerçants malhonnêtes vous présentent comme sains. Lait blanchi à l'amidon ou à la craie, plâtre dans le beurre, viandes "arrangées", les ingrédients douteux sont légion. Notons que l'on recommande de boire de l'eau bouillie en été, car en cas de sécheresse, il arrivait aux populations dans le besoin de boire l'eau de la Seine - et là, gare à la typhoïde !

Les plats sucrés sont souvent chers, et sont donc réservés aux jours de fête - à part les beignets et les clafoutis.

Les domestiques ne mangent pas dans la même pièce que les maîtres bourgeois et ne bénéficient pas non plus de la même nourriture, leur service de table est sommaire. Ils sont néanmoins priviliégiés par rapport aux gens des campagnes ; d'ailleurs on dit d'une jeune fille qu'elle entre "en condition" lorsqu'elle devient domestique : elle connaîtra de meilleures "conditions" de vie.

D'après Wikipédia

 

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01 novembre 2018

** LA PESTE - ALBERT CAMUS

Pas emballée.

INCIPIT

Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en 194., à Oran. 

01

LE DEBUT

Un jour d’avril à Oran, en Algérie, le docteur Rieux trouve un rat mort sur son palier. Très vite, le nombre de rats qui remontent à la surface pour mourir se multiplie et les rues de la ville sont bientôt submergées de tas informes de rats morts. Les autorités décident de les incinérer. Le concierge de l’immeuble du docteur Rieux tombe malade, et, malgré les soins du médecin, il meurt d’une maladie mystérieuse. Grand, un employé de mairie, vient voir le docteur Rieux car les rats meurent en très grand nombre. À la fin de la première partie, les autorités, après bien des hésitations, se décident à fermer la ville et l’isoler pour empêcher la maladie, qui semblerait être la peste, de se propager.

MON AVIS

Au début, j'ai abordé la chose comme un "livre-catastrophe", sachant pourtant pertinemment que ce n'était pas la bonne approche, vu l'âge du roman, écrit à une époque où ce concept n'existait pas. Cela dit, c'était plaisant : suspense, frisssons... Mais rapidement on entre en littérature. On comprend bien que cette maladie a des messages à nous faire passer. Passons aux choses sérieuses, que diable !

La peste est en fait un (excellent) prétexte pour... parler des hommes : gestion de crise (fermeture de la ville, quarantaine, espaces insuffisants pour les malades et les cadavres, séparations, mort, deuil, peur...). Camus s'exprime moins sur la maladie elle-même que sur ses conséquences sur les psychologies humaines, au travers des réactions et des sentiments de ses personnages. 

Or, j'avoue, je me suis parfois ennuyée. D'abord, il n'y a pas de femme... (à part, la mère du docteur, mais ça se résume à quelques lignes), et quand les femmes n'ont pas de place dans un roman, d'une part j'ai du mal à m'identifier, d'autre part ça me semble machiste ! Quant au "message", franchement il ne m'a frappée.

Il est en effet "de bon ton" de faire une analogie de la peste qui s'abat sur la ville avec le nazisme (et tout autre fléau). C'est d'ailleurs revendiqué par l'auteur (voir plus loin). Si je n'avais pas lu, avant, des critiques de l'oeuvre, je pense que n'aurais pas vu la métaphore. Disons plutôt, qu'elle me semble si évidente, et déjà si utilisée par d'autres (thème récurrent en philosophi) que notre cerveau la fait automatiquement.

Mal et maladie ont la même racine. Bien sûr que dans les deux cas, on lutte, on résiste, on est solidaire de l'autre. Il n'y a pas de leçon à tirer du roman ; finalement il reste très factuel. La peste, c'est le mal ; OK ; mais la peste, c'est la vie ; tout comme les autres fléaux qui peuvent s'abattre sur l'homme. Un des prsonnages dit d'ailleurs, très justement : "Les autres disent "C'est la peste, on a eu la peste." Pour un peu, ils demanderaient à être décorés. Mais qu'est-ce que ça veut dire, la peste ? C'est la vie et voilà tout." Et je comprends tout à fait ce sentiment, que j'éprouve moi-même. Quand je vois les journaux télévisés, devenus tellement médiocres, où l'on fait un buzz exorbitant après des accidents de la route, des épidémies, des tempêtes... Et les gens se lamentent, cherchent des réponsables, c'est la faute du gouvernement, c'est la faute d'un tel. Non. C'est la vie. C'est comme ça. On dirait que les gens oublient tout simplement que nous sommes mortels et que chercher des responsables est illusoire et ridicule. 

03

On parle aussi dans les critiques littéraires que j'ai pu lire ici ou là de résistance et de solidarité. Désolée... ça ne m'a touchée non plus. Bien sûr ces comportements sont présents, mais, encore une fois, de façon très ordinaire, très normale, très évidente. En aucun cas, on ne peut en tirer - à mon humble avis - une quelconque leçon de courage ou d'héroïsme. Donc tout ça tombe un peu à plat. D'où mon ennui.

Sans doute, Camus était-il sous le coup de ce qu'il avait vécu pendant la montée du nazisme, pendant la guerre ; les fours où l'on brûle les cadavres évoquent sans conteste la Shoah. L'émotion et l'horreur devaient être grandes. Peut-être nous en sommes-nous un peu détachés... ou peut-être nous en a-t-on tellement parlé que nous sommes devenus quelque peu blasés. Non pas que nous soyons indifférents, mais quand on n'a pas vécu une chose, on ne peut se la figurer tout entière.

Il n'empêche que mon esprit "fataliste" me fait envisager toute catastrophe comme un coup de colère de notre planète ou comme un marqueur de la bêtise incommensurable de l'homme.

Pour l'anecdote, j'ai lu ce livre dans une édition spéciale lycée. Outre des dossiers d'analyse, chaque bas de page donne la définition de mots sans doute jugés "compliqués". Or on y trouve : éloquent, fâcheux, wagonnet, génuflexion, calfeutré, rauque, solennel, conversion, brinquebalant, corniche, germe, brimade, poudreux, morne, torpeur, etc. etc. Je suis STUPEFAITE. Les mômes de première/terminale sont-ils donc à ce point incultes ? A cet âge-là, n'ont-ils donc jamais rencontré ces mots ? C'est effrayant... 

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

La Peste est un roman d’Albert Camus publié en 1947 et ayant reçu le prix des Critiques la même année. Il appartient au cycle de la révolte rassemblant trois œuvres de Camus, La Peste, L'Homme révolté et Les Justes qui ont permis en partie à son auteur de remporter le prix Nobel de littérature en 1957.

L’histoire se déroule dans les années 1940. Elle a pour théâtre Oran durant la période de l’Algérie française. Le roman raconte sous forme de chronique la vie quotidienne des habitants pendant une épidémie de peste qui frappe la ville et la coupe du monde extérieur. Camus semble s'être documenté sur une petite épidémie de peste bubonique, survenue à Oran en 1945, succédant à une épidémie plus sérieuse qui avait eu lieu à Alger en 1944, mais son projet est antérieur à l'apparition de ces épidémies, puisqu'il y réfléchit depuis avril 1941, comme en témoignent ses Carnets. Le 13 mars 1942, il informe André Malraux qu'il est occupé à l'écriture d'« un roman sur la peste ». 

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Les archives des hôpitaux, des mairies, de la préfecture d'Oran ne font aucune mention d'une quelconque peste survenue au XXe siècle. La dernière fois que la maladie a frappé Oran, c'était au cours du XVIIIe siècle, lors de l'occupation espagnole. Plutôt qu'une réinterprétation d'un fait historique et compte tenu du contexte politique de publication, l'histoire serait davantage une forme d'analogie au nazisme.

En février 1955, Roland Barthes (critique littéraire) rédige un article sur La Peste où il qualifie la référence au contexte de la Seconde Guerre mondiale comme un « malentendu ». Camus lui répond dans une lettre ouverte en ces termes : « La Peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. La preuve en est que cet ennemi qui n’est pas nommé, tout le monde l’a reconnu, et dans tous les pays d’Europe. Ajoutons qu'un long passage de La Peste a été publié sous l'Occupation dans un recueil de Combat et que cette circonstance à elle seule justifierait la transposition que j'ai opérée. La Peste, dans un sens, est plus qu’une chronique de la résistance. Mais assurément, elle n’est pas moins. ».

La peste

La peste est une zoonose, c'est-à-dire une maladie commune à l'homme et à l'animal. Elle est causée par le bacille Yersinia pestis, découvert par Alexandre Yersin de l'Institut Pasteur en 1894. Ce bacille est aussi responsable de pathologies pulmonaires de moindre gravité chez certains petits mammifères et animaux de compagnie (on parle dans ce cas de peste sauvage).

En raison des ravages qu’elle a causés, surtout pendant le Moyen Âge, la peste a eu de nombreux impacts sur l'économie, la religion et les arts. Ainsi la peste noire de 1347-1352 a profondément marqué l'Europe en exterminant 25 % à 50 % de sa population. Cependant plusieurs épidémies de maladies inconnues à forte mortalité ont pu être qualifiées de peste par les chroniqueurs de l'époque. Par analogie, d'autres maladies à forte morbidité pour d'autres espèces sont également nommées peste, comme la peste aviaire, celle du canard, celle du porc. Elles n'ont pour la plupart rien à voir avec la peste humaine.

Le rat noir (Rattus rattus) en zone tropicale et le rat gris (Rattus norvegicus) en Europe, sont le premier réservoir à proximité immédiate de l'homme. Cependant, le rat gris est un vecteur de contamination de l'homme moins efficace : contrairement au rat noir, il ne sort pas de son trou pour mourir, ce qui limite les cas de contact. Le remplacement du rat noir par le rat gris à partir du XVIIIe siècle serait l'un des facteurs expliquant le déclin des épidémies en Europe pendant cette période.

De très nombreux rongeurs sauvages représentent le réservoir naturel de la maladie. Plus de 200 espèces ont été recensées, dont une quarantaine sont des réservoirs permanents, surtout les marmottes et les gerbilles. Aux États-Unis, ce sont les écureuils. Les lagomorphes (lapin, lièvre) et carnivores peuvent aussi infecter l'humain par contact (si peau lésée) avec un animal infecté ou morsure par ce dernier.

Il existe une peste tellurique, où la bactérie peut se conserver par le froid et se multiplier dans le sol. C'est particulièrement le cas dans les terriers de rongeurs après une épizootie de peste. Lorsqu'une région se repeuple de rongeurs, ils réoccupent les terriers vides et contractent à nouveau la maladie, ce qui pourrait expliquer le caractère cyclique de la peste.

Le vecteur est la puce du rat. Quand l'homme est touché par une puce du rat (par exemple en manipulant un rat mort), il contracte la maladie. La puce de l'homme prend alors le relais pour la transmission d'homme à homme. Une puce infectée le reste toute sa vie. Elle transmet la bactérie par piqûre, et accessoirement par ses déjections qui se retrouvent sur la peau humaine ou dans la poussière des habitations.

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Epidémie de peste, Madagascar, 2017

Après la morsure de la puce infectée, le germe se multiplie au point d'inoculation laissant une vésico-pustule puis gagne le système lymphatique et colonise le ou les ganglions satellites du point d'inoculation (le bubon). Une ou plusieurs inflammations localisées et suppurées apparaissent. L'évolution de la dissémination par voie hématogène permet au germe d'atteindre l'ensemble des organes et les poumons où il développera une localisation pulmonaire secondaire. Le bacille se multiplie dans les macrophages (globules blancs) et libère une toxine qui les détruit. 

La peste s'exprime sous trois formes cliniques principales différentes, pouvant parfois se succéder dans le temps :

Peste bubonique

Forme la plus fréquente, la peste bubonique fait suite à la piqûre de la puce. La peste peut se déclarer d'abord chez les rongeurs qui meurent en grand nombre. Les puces perdant leur hôte recherchent d'autres sources de sang, et contaminent l'homme et les animaux domestiques par piqûre. Après une incubation de moins d’une semaine, apparaît brutalement un état septique avec fièvre élevée sans dissociation de pouls, frissons, vertiges, sensation de malaise. Le bubon apparaît vers le 2e jour (visible à l'œil nu) après le début fébrile. Les aires ganglionnaires le plus souvent touchées sont l’aire inguinale (pli de l'aine) ou crurale (haut de la cuisse), plus rarement axillaire voire cervicale. Il est d'abord sensible, inflammatoire, puis de plus en plus douloureux à mesure qu'il grossit. Des signes de déshydratation et de défaillance neurologique vont accélérer l'évolution de la maladie vers une mort en moins de sept jours en l'absence de traitement efficace. On estime entre 20 et 40 % le nombre de malades qui vont guérir spontanément après un temps de convalescence assez long.

Peste septicémique

Cette forme constitue 10 à 20 % des pestes. C'est la plupart du temps une complication de la peste bubonique, due à une multiplication très importante des bacilles dans la circulation sanguine. Cette variété de peste apparaît quand les défenses des ganglions lymphatiques et les autres types de défense sont dépassés. Le bubon peut être absent, le germe se multipliant immédiatement dans le sang. Il s'agit d’une forme mortelle sans traitement, mais non contagieuse.

Peste pneumonique ou pulmonaire

Forme plus rare que la peste bubonique, c'est la forme la plus dangereuse car extrêmement contagieuse. La peste pneumonique ou pulmonaire survient lorsque le bacille pénètre directement dans l'organisme par les poumons ou par complication pulmonaire d'une peste septicémique. Les humains sont contaminés, et contaminent, par les crachats (expectorations purulentes) et les projections microscopiques (toux, postillons) contenant le germe. Après une période d'incubation de quelques heures à deux jours, s’installe une pneumopathie aiguë sévère avec état septique. Même avec un traitement antibiotique approprié, cette forme de peste est souvent mortelle en quelques jours par œdème pulmonaire aigu et défaillance respiratoire.

Sans traitement moderne, la peste bubonique évolue vers le décès par septicémie dans 60 % des cas, les formes septicémiques et pulmonaires étant presque toujours mortelles. Un traitement réel contre la peste n’a été disponible qu’après la découverte du bacille par Alexandre Yersin en 1894. Il s'agissait de la sérothérapie par sérum antipesteux de Yersin (1896), un sérum obtenu par immunisation du cheval. Un autre traitement historique a été la phagothérapie, dans les années 1920-1930.

Le traitement par antibiotiques est le seul véritablement efficace (guérison en quelques jours).  L’antibiothérapie doit être prescrite au stade précoce (8 à 24 heures après le début de la peste pulmonaire) pour obtenir un maximum d’efficacité. L'incision du bubon et son drainage ne sont plus guère recommandés.

La peste est une maladie à potentiel épidémique qui justifie un diagnostic précoce et exige une déclaration aux autorités sanitaires nationales et internationales. En France, la peste fait partie des maladies infectieuses à déclaration obligatoire auprès des agences régionales de santé.

02

D’après le plan Biotox de la Direction générale de la Santé française, les mesures de protection à prendre consistent à :

  • porter un diagnostic précoce ;
  • déclarer très rapidement aux autorités sanitaires la suspicion d'un cas de peste ;
  • lancer une enquête épidémiologique pour identifier la source et les personnes exposées ;
  • hospitaliser tout malade symptomatique dans une structure médicalisée, particulièrement ceux qui sont atteints de formes respiratoires ;
  • limiter les déplacements pour éviter l'extension de l'épidémie ;
  • administrer une antibioprophylaxie par cyclines, rifampicine ou streptomycine aux sujets en contact.

La désinsectisation et la lutte contre les réservoirs animaux (dératisation obligatoire des navires) sont déterminantes dans la prévention d’une épidémie. Dans les parcs naturels aux États-Unis, des panneaux préviennent les promeneurs d'éviter tout contact avec les rongeurs.

Il existe un vaccin dit KWC (Killed Whole-Cell) d'origine australienne (le KWC américain n'est plus produit depuis 1999). Ce vaccin est uniquement utilisé pour protéger les personnes à très haut risque, comme les militaires en opération dans des zones endémiques de peste, ou celles qui travaillent sur la peste (microbiologistes et chercheurs sur la bactérie, les puces ou les rats infectés). Ses inconvénients sont sa faible durée de protection (de l'ordre de 6 mois), ce qui peut nécessiter des injections de rappel, avec un risque d'effets secondaires plus important. De plus, il ne protège pas de la peste pulmonaire primaire. Il n'est pas disponible au public.

De nouveaux essais de vaccins sont en cours depuis 2005 au Canada. Le but est de trouver un vaccin efficace contre toutes les formes de pestes, y compris la forme pulmonaire.

Waldemar Haffkine met au point le premier vaccin le 10 janvier 1897. Appelé aussi lymphe d’Haffkine, ce vaccin était composé de germes tués. En 1921, un vaccin aqueux est mis au point dans l'Institut Pasteur. Des vaccins vivants atténués ont été utilisés en Union soviétique et dans les colonies françaises. En 1932, Girard et Robic mettent au point un vaccin vivant atténué dit EV. En France, avec le sérum antipesteux, il restera le seul traitement possible contre la peste jusqu'au traitement de la maladie par les sulfamides puis par les antibiotiques (seuls ces derniers étant véritablement efficaces). Ce vaccin n'est plus fabriqué : très douloureux, il n'a pas démontré son efficacité.

La peste est considérée par l’OMS comme une maladie réémergente. C'est une maladie de la pauvreté en Afrique, en Amérique du Sud et en Inde. Ailleurs, dans les autres régions endémiques (Asie centrale, Ouest des États-Unis), c'est une maladie sporadique liée aux activités professionnelles ou touristiques de pleine nature.

De 2010 à 2015, 3 248 cas de peste humaine ayant causé 584 décès ont été répertoriés à travers le monde. Cela correspond à une baisse sensible, probablement liée à une évolution naturelle cyclique, comme il en a déjà été observé dans le passé24.

L'Afrique est le continent le plus touché avec 90 % des cas de pestes répertoriés, répartis dans 4 pays. Madagascar, avec plus de 300 cas par an, reste le pays le plus touché au monde. On y observe une baisse de l'incidence, mais avec une augmentation de la mortalité (plus grande fréquence des formes pulmonaires). Cette augmentation des formes graves est liée à la dégradation du système de santé (crise socio-politique de ces dernières années). Les autres pays sont la République démocratique du Congo, l'Ouganda et la Tanzanie.

L'Asie centrale reste le plus vaste foyer naturel de la maladie (considéré comme le berceau historique de la peste). Toutefois la population à risque se limite aux éleveurs et chasseurs des steppes et des montagnes. Quelques cas sporadiques sont signalés au Kirghizistan, en Russie, en Mongolie et en Chine.

En Amérique du Sud, des cas surviennent régulièrement au Pérou (Nord-Ouest du pays), liés à l'activité agricole, beaucoup plus rarement en Bolivie.

MES EXTRAITS FAVORIS

Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l'ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n'est pas éclairée. Les hommes sont plutôt bons que mauvais, et en vérité ce n'est pas la question. Mais ils ignorent plus ou moins, et c'est ce qu'on appelle vertu ou vice, le vice le plus désespérant étant celui de l'ignorance qui croit tout savoir et qui s'autorise alors à tuer.

***

Les autres disent "C'est la peste, on a eu la peste." Pour un peu, ils demanderaient à être décorés. Mais qu'est-ce que ça veut dire, la peste ? C'est la vie et voilà tout."

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Abcès de fixation : Amas de pus provoqué artificiellement pour localiser une infection générale.

Eau crésylée : Eau qui contient du crésyl, hautement désinfectant.

Epigraphe : En littérature, une épigraphe est une phrase en prose ou en vers placée en tête d'un livre, d'un ouvrage ou d'un chapitre, pour en annoncer ou résumer le contenu, ou pour éclairer sur les intentions de l'auteur. En architecture, une épigraphe est une phrase inscrite au fronton d'un édifice (à ne pas confondre avec une épitaphe, inscription placée sur une pierre tombale ou un monument funéraire).

Fongosité : Grosseur, excroissance, qui ressemble à des champignons.

Inguinal : Lié à la région de l'aine.

LucrèceLucrèce est un poète philosophe latin du Ier siècle av. J.-C. (peut-être 98-55), auteur d'un seul ouvrage en six parties, le De rerum natura (De la nature des choses, qu’on traduit le plus souvent par De la nature), un long poème passionné qui décrit le monde selon les principes d'Épicure. C’est essentiellement grâce à lui que nous connaissons l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité, l'épicurisme, car des ouvrages d’Épicure, qui fut beaucoup lu et célébré dans toute l’Antiquité tardive, il ne reste pratiquement rien, sauf trois lettres et quelques sentences. Il vit dans une époque troublée. De là, les pages sombres du De rerum natura sur la mort, le dégoût de la vie, la peste d’Athènes, de là aussi sa passion anti-religieuse qui s’en prend avec acharnement aux dieux, aux cultes et aux prêtres, passion que l’on ne retrouve pas dans les textes conservés d’Épicure, même si celui-ci critique la superstition et même la religion populaire. Contre les positions du monde clérical, il propose de se soustraire aux craintes induites par la sphère religieuse, à laquelle il oppose la dimension rationnelle. Ainsi, il explique de façon matérielle les objets et le vivant, qui prennent forme via des combinaisons d'atomes. Surtout, Lucrèce unit à la science épicurienne, souvent difficile, la douceur et la dimension visionnaire de la poésie.

Mésentérique : Relatif à une partie de l'abdomen.

OrphéonFondé par Wilhem en 1833, le mouvement des orphéons, appelés également Sociétés chorales ou Sociétés orphéoniques, était un mouvement festif et musical de masses. Il rassemblait, en France, puis aussi dans d'autres pays, des milliers de chorales masculines le plus souvent subventionnées par des entreprises ou des municipalités. Elles étaient constituées de chanteurs issus des classes moyennes ou populaires. Par la suite, des femmes purent également y participer. Quantité de grands concerts et défilés furent organisés. Ils pouvaient rassembler jusqu'à des milliers de choristes devant des dizaines de milliers d'auditeurs. Largement oublié en France, sauf au pays basque et dans le sud-ouest, ce mouvement est toujours très important en Catalogne.

Procope de Césarée :  Procope de Césarée (né vers 500, mort vers 565) est un rhéteur (avocat) et historien byzantin dont l’œuvre est consacrée au règne de l’empereur Justinien. Secrétaire du général Bélisaire, il accompagna celui-ci dans ses campagnes jusqu’en 540, année où il revint à Constantinople pour se consacrer définitivement à l’écriture. Si ses emprunts à Thucydide, Hérodote et Polybe peuvent agacer aujourd’hui, son style vivant et alerte fait de lui le principal historien du VIe siècle et probablement l’un des plus importants historiens de l’Antiquité tardive avec Ammien Marcellin.

Saint Roch : Saint Roch (né à Montpellier vers 1350, mort à Voghera, Italie, vers 1378/1379), est un pèlerin et thaumaturge français, honoré le 16 août. Il est le patron des pèlerins et de nombreuses confréries ou corporations : chirurgiens, dermatologues, apothicaires, paveurs de rues, fourreurs, pelletiers, fripiers, cardeurs, et aussi le protecteur des animaux (SPA, refuges pour animaux). Son culte, s'il est surtout développé en France et en Italie, est devenu très populaire et s'est répandu dans le monde entier. On l'invoque aussi contre les épidémies de peste, choléra, typhus, grippe espagnole... ; contre la silicose des tailleurs de pierre, des paveurs et des carriers (Roch = roc).

Thaumaturgie : La thaumaturgie est, dans le domaine religieux, le fait de faire un miracle, notamment un miracle de guérison. Les saints sont réputés thaumaturges, ainsi que, traditionnellement, les rois de France et les rois d'Angleterre, qui pouvaient guérir les écrouelles (scrofule) dès leur sacre.

Vin probe : Vin de bonne qualité.

Ariette : Court air musical.

Encenser : Secouer la tête de bas en haut (cheval).

Lentisque : L’Arbre au mastic, ou Pistachier lentisque est un arbuste poussant dans les garrigues et les maquis des climats méditerranéens. A feuillage persistant, il donne des fruits, d'abord rouges, puis noirs. On en extrait une résine, le mastic, qui a de nombreux usages, y compris médicinaux ; les fruits sont utilisés comme les autres pistaches ; on obtient également une huile.

Longanimité : Patience face à la douleur morale.

Saint-Just, Louis Antoine deLouis Antoine Léon de Saint-Just, né le 25 août 1767 à Decize (Nièvre) et mort guillotiné le 10 thermidor an II (28 juillet 1794) à Paris, est un homme politique français de la Révolution française. Plus jeune élu à la Convention nationale, Saint-Just était membre du groupe des Montagnards. Soutien indéfectible de Robespierre, il est emporté dans sa chute, le 9 thermidor. D'une éloquence remarquée, il se distingue par l'intransigeance de ses principes prônant l'égalité et la vertu, ainsi que par l'efficacité de ses missions au cours desquelles il redresse la situation de l'armée du Rhin et participe à la victoire des armées républicaines à Fleurus. Combattant politiquement les Girondins, les Hébertistes puis les Indulgents, il fait voter la confiscation des biens des ennemis de la République au profit des patriotes pauvres. Il est notamment l'inspirateur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793.

Discorde : sans harmonie (adjectif).

Embrocation : Application sur le corps d'un liquide huileux et calmant produisant de la chaleur. Huile, baume. 

Sainte OdileOdile de Hohenbourg, ou sainte Odile, née vers 6621,2 peut-être à Obernai (Bas-Rhin), morte vers 720 à Hohenbourg, est une dame de l'époque mérovingienne, fille du duc Etichon-Adalric d'Alsace, fondatrice et abbesse du monastère de Hohenbourg, sur l'actuel mont Sainte-Odile. Née aveugle, son père la fait placer immédiatement dans un monastère pour s'en débarrasser. Elle est baptisée par le moine irlandais Erhard ; au moment où l'huile sainte touche les yeux de l'enfant, celle-ci retrouve la vue. C'est à ce moment qu'elle reçoit le nom d'Odile, qui signifie « fille de la lumière ». Son père finira par se repentir et donnera à Odile son château de Hohenbourg, qu'elle transforme en monastère. Les bâtiments étant construits sur une montagne, beaucoup de fidèles, notamment les malades, ont du mal à y accéder. Aussi Odile fait-elle construire pour eux un second établissement appelé Niedermünster, c'est-à-dire le « monastère d'en bas ». Elle a été canonisée au XIe siècle et est considérée comme la sainte patronne de l'Alsace.

 

 

 

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30 octobre 2018

JOHN IRVING

John Winslow Irving, né le 2 mars 1942, est un romancier et scénariste américain. Son quatrième roman, Le Monde selon Garp, paru en 1978, lui a apporté une reconnaissance internationale qui fait de chacune de ses nouvelles productions un bestseller. Son œuvre est traduite dans une quarantaine de langues.

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John Irving est né à Exeter (New Hampshire), dans des circonstances qui ont depuis alimenté les thèmes et l'action de plusieurs de ses romans : sa mère Helen, une descendante des Winslow, l'une des plus anciennes et plus distinguées familles de Nouvelle-Angleterre, l'a mis au monde hors des liens du mariage, en refusant de dévoiler l'identité du père de l'enfant. Helen Winslow s'est plus tard mariée avec Colin F. Irving, professeur à la prestigieuse Phillips Exeter Academy. John Winslow devient alors John Irving, prenant le nom de son père adoptif. Jusqu'au milieu du XXe siècle, il n'a jamais cherché à découvrir l'identité de son père biologique. Il a appris beaucoup plus tard, à 60 ans, le nom de son géniteur, John Blunt Sr., alors que celui-ci était déjà mort. 

John fait ses études à Exeter, où il est un étudiant médiocre, à cause d'une dyslexie alors non diagnostiquée, mais un lutteur exceptionnel. L'émancipation des femmes, la lutte et la vie universitaire en Nouvelle-Angleterre occupent une place importante dans ses romans, en particulier dans Le Monde selon Garp et Une Prière pour Owen. Le cadre principal de ces deux romans est celui de la Phillips Exeter Academy.

 

Pendant ses études, John est conseillé par Frederick Buechner, romancier et célèbre théologien presbytérien et George Bennett, professeur de littérature, qui plus tard l'ont aidé à accéder au Iowa Writers' Workshop (Atelier des écrivains de l'Iowa), le plus prestigieux des programmes de diplômés en littérature américains, à l'époque le seul du genre. John Irving étudie brièvement à l'Université de Pittsburgh et obtient finalement son diplôme de l'Université du New Hampshire.  

En 1963, il obtient une bourse pour aller étudier à l’étranger et c’est à Vienne en Autriche que John Irving rencontre sa première femme Shyla Leary, étudiante en histoire de l’art. Ils se marient et auront deux garçons, Colin (1965) et Brendam (1969), avant de divorcer au milieu des années 1980. John Irving se remarie alors avec son agent Janet Turnbull, avec laquelle il aura un troisième fils, Everett.

La carrière de John Irving démarre à l’âge de 26 ans avec la publication de son premier roman, Liberté pour les ours !. Le livre est relativement bien accueilli par la critique mais n'est pas un succès d’édition. Ses deuxième et troisième romans L'Épopée du buveur d'eau et Un Mariage poids moyen sont accueillis de la même manière. Frustré par le manque de promotion de ses romans assuré par sa première maison d’édition Random House, John choisit d’offrir son quatrième roman Le Monde selon Garp, partiellement autobiographique, (1978) à Dutton Books qui lui promet un effort marketing plus important. Le roman est un best-seller international et un phénomène culturel. Il est plus tard porté à l’écran par George Roy Hill dans un film mettant en scène Robin Williams dans le rôle de Garp et Glenn Close dans celui de sa mère. John Irving y fait une brève apparition lors de l’un des matchs de lutte universitaire de Garp.

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Garp transforme John Irving, obscur écrivain universitaire, en un romancier connu de tous, garantissant un best-seller pour toutes ses publications ultérieures. Garp est suivi de L'hôtel New Hampshire (1981) qui est relativement mal accueilli par la critique. Comme pour Garp, un film en est néanmoins adapté, réalisé par Tony Richardson avec à l’affiche Jodie Foster, Rob Lowe, et Beau Bridges.

En 1985, il publie L'Œuvre de Dieu, la part du Diable, une épopée surprenante, centrée sur un orphelinat du Maine. Le roman explore sans détour le sujet controversé de l’avortement et est certainement le meilleur exemple de l’influence de Charles Dickens sur l’œuvre de John Irving. Il poursuit en 1989 avec Une Prière pour Owen, une autre épopée d’une famille de la Nouvelle-Angleterre autour du thème de la dévotion. Encore une fois, l’action prend place dans un pensionnat de Nouvelle-Angleterre, John Irving puisant son inspiration pour ses personnages dans ses influences habituelles, notamment Le Tambour de Günter Grass, La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, et dans l’œuvre de Dickens. Pour la première fois, Irving s’intéresse aux conséquences de la Guerre du Viêt Nam – particulièrement à la conscription, John Irving ayant échappé à l’appel pour le Viêt Nam à la suite de la naissance de son premier fils. Owen Meany devient la meilleure vente de John Irving depuis Garp, et est aujourd’hui fréquemment présent dans les listes de lecture des étudiants américains.

John Irving revient chez Random House pour son livre suivant Un enfant de la balle (1994). Sans doute son livre le plus compliqué et difficile, qui lui vaut le rejet de la critique mais est un nouveau succès d’édition, comme le sera La Quatrième Main publié en 2001. Entre ces deux romans, Une veuve de papier (1998) sera beaucoup mieux accueilli par la critique. Je te retrouverai est publié en juillet 2005.  

En juin 2005, The New York Times publie un article qui révèle que son dernier roman contient deux éléments de sa vie personnelle qu’il n’avait pas révélés jusque-là : un abus sexuel, commis à l’âge de 11 ans par une femme plus âgée, et l’arrivée récente dans sa vie de son père biologique.

En 1999, après presque dix ans d’écriture, le scénario de John Irving pour L'Œuvre de Dieu, la part du Diable aboutit à un film réalisé par Lasse Hallström et mettant en scène Michael Caine, Tobey Maguire, Charlize Theron, et Delroy Lindo. John Irving y fait également une apparition dans le rôle d’un chef de gare. En 2004, Une veuve de papier est porté à l’écran sous le nom Lignes de vie, avec Jeff Bridges et Kim Basinger.

La publication du Monde selon Garp ayant assuré sa fortune personnelle, John Irving a pu se concentrer uniquement à l’écriture de ses fictions, acceptant de temps à autre des postes d’enseignement et de lutteur à travers l’équipe universitaire de son fils. En plus de ses romans, il a également publié Trying to Save Piggy Sneed (1993), un recueil comprenant une brève biographie et quelques nouvelles, Mon cinéma (2003), son compte-rendu du long processus menant à l’élaboration du scénario de L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable et Le Bruit de quelqu'un qui essaie de ne pas faire de bruit (2004), un livre illustré pour enfants.

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Avec sa femme Janet et leur fils Everett

En 2009, il publie Dernière nuit à Twisted River. Il y raconte l'histoire d'une relation entre un père et son fils tout au long de plus d'un demi-siècle de vie, une vue émaillée par les tourments, l'aventure, et la violence. En 2012, il publie À moi seul bien des personnages, roman sur l'identité sexuelle.

Aujourd’hui, il partage son temps entre ses résidences dans le Vermont, à Toronto, et New York.

Œuvres

  • Liberté pour les ours ! 
  • L'Épopée du buveur d'eau 
  • Un mariage poids moyen 
  • Le Monde selon Garp 
  • L'Hôtel New Hampshire 
  • L'Œuvre de Dieu, la part du Diable 
  • Une prière pour Owen 
  • Un enfant de la balle 
  • Trying to Save Piggy Sneed, en partie traduit en français sous le titre Les Rêves des autres
  • La Petite Amie imaginaire 
  • Une veuve de papier 
  • Mon cinéma 
  • L'Œuvre de Dieu, la part du Diable 
  • La Quatrième Main 
  • Le Bruit de quelqu'un qui essaie de ne pas faire de bruit 
  • Je te retrouverai 
  • Dernière nuit à Twisted River 
  • À moi seul bien des personnages 
  • Avenue des mystères

D'après Wikipédia

 

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27 octobre 2018

** LE DESERT DE L'AMOUR - FRANCOIS MAURIAC

Pour mon premier Mauriac, c'est une déception.

INCIPIT

Pendant des années, Raymond Courrèges avait nourri l'espoir de retrouver sur sa route cette Maria Cross dont il souhaitait ardemment de tirer vengeance.

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LE DEBUT

Alors qu'il entre dans un club de Paris où il a ses habitudes, Raymond Courrèges aperçoit une femme qu'il a connue dix-sept ans auparavant durant son adolescence à Bordeaux. Il la rencontrait alors régulièrement dans le tramway et constatait qu'elle n'était pas indifférente à ses regards appuyés. Lorsqu'ils entament enfin la conversation, il comprend rapidement qu'elle n'est autre qu'une patiente de son père, médecin, dont il parle beaucoup, un peu trop même...

MON AVIS

Je n'ai pas vraiment aimé. Le style d'abord : des allers-retours parfois sans transition entre présent et passé ; l'intervention, parfois bizarre, de la conjugaison au présent dans un texte rédigé au passé (un truc qui m'exaspère). Sinon les phrases sont belles et fluides. Et puis le fond. Il n'y a pas vraiment d'histoire là-dedans : un fils, un père, amoureux d'une femme qui se refusent à eux ; le portrait d'une femme, pas vraiment sympathique, une "allumeuse" dirait-on aujourd'hui, qui séduit mais n'éprouve pas de désir et ne consomme pas. Les deux hommes semblent lui en faire un vif reproche. Comme s'il allait de soi qu'une femme doit se donner, et avec enthousiasme, s'il vous plaît ! Ce qui m'agace davantage dans le personnage de Maria, plus que sa froideur, c'est son vide, sa vacuité, sa bêtise en somme...

Désabusé, assez misogyne, le roman semble dire que l'amour est une illusion, un fiasco programmé. Mais j'ai plutôt eu l'impression d'avoir affaire à deux handicapés du sentiment, effectivement imperméables à l'amour. Le père se réfugie dans le "confort" du "bonheur conjugal", pas si mal après tout ; et le fils devient un serial séducteur. Et puis tous les deux en font des tonnes (= un roman), juste pour une rencontre, une femme qui ne s'est pas pliée à leur désir, une femme qu'ils ont à peine connue ! Peut-on qualifier de tels "non-événements" d'amour-passion ? Il faut passer à autre chose, il faut oublier. Quels rancuniers ! En fait aucun des trois personnages n'éveille votre intérêt ou votre compassion. Et moi j'ai besoin d'aimer ! 

Les histoires d'amour finissent mal en général, comme dit la chanson. Surtout pour ceux qui n'ouvrent pas leur coeur.

Et ce roman ne m'a rien apporté.

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Le Désert de l'amour est un roman de François Mauriac publié en 1925 aux éditions Grasset et ayant reçu l'année suivante le Grand prix du roman de l'Académie française.

Mauriac écrit ce roman du début de l'année 1924 à septembre 1924. Il est tout d'abord publié sous forme de feuilleton dans La Revue de Paris. Il reprend certains personnages aperçus dans Le Fleuve de feu et Le Baiser au lépreux et en développe l'histoire et les personnalités.

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MES EXTRAITS FAVORIS

Mais que ce fût la main de sa mère ou celle de sa femme sur son front, le docteur retrouvait cette sécurité de quand il était un enfant malade ; il se réjouissait de ce qu'il ne mourrait pas seul ; il pensait que la mort devait être ce qu'il y a de plus simple au monde dans la chambre d'un acajou familier où notre mère, notre femme se forcent à sourire ; et le goût du dernier moment est masqué par elles comme celui de tout autre remède amer. Oui, s'en aller tout enveloppé de ce mensonge, savoir être dupe...

ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Algabeno : José García Rodríguez dit « El Algabeño », né le 21 septembre 1875 à La Algaba (Espagne), mort le 7 janvier 1947 à Séville (Espagne), est un matador espagnol.

CuadrillaCuadrilla ou quadrille est un terme de la tauromachie désignant l'équipe de toreros placés sous les ordres du matador et qui affrontent, à pied ou à cheval, le taureau. Cette équipe se compose de trois peones et de deux picadors.

Fuentes : Antonio Fuentes y Zurita, plus connu sous l'apodo « Antonio Fuentes », né le 15 mars 1869 à Séville (Espagne), mort le 9 mai 1938 à Séville, était un matador espagnol.

HémoptysieL'hémoptysie est un rejet, à l'occasion d'effort de toux, de sang provenant des voies aériennes sous-glottiques. Ce sang est rouge, aéré (contrairement au sang de l'hématémèse qui est moins oxygéné et plus foncé), en quantité très variable en fonction des causes. Ce symptôme peut témoigner de maladies sous-jacentes variées mais potentiellement graves, qu'il convient de ne jamais négliger : toute hémoptysie, quelle que soit son abondance, doit faire consulter un médecin au plus vite.

Maeterlinck, Maurice : Maurice Maeterlinck, né le 29 août 1862 à Gand (Belgique) et mort le 6 mai 1949 à Nice (France), est un écrivain francophone belge, prix Nobel de littérature en 1911. Figure de proue du symbolisme belge, il reste aujourd'hui célèbre pour son mélodrame Pelléas et Mélisande (1892), sommet du théâtre symboliste mis en musique par Debussy en 1902, pour sa pièce pour enfants L’Oiseau bleu (1908), et pour son essai inspiré par la biologie La Vie des abeilles (1901), œuvre au centre du cycle d'essais La Vie de la natureIl est aussi l'auteur de treize essais mystiques réunis dans Le Trésor des humbles (1896), de poèmes recueillis dans Serres chaudes (1889), ou encore de Trois petits drames pour marionnettes (1894). Son oeuvre fait preuve d'un éclectisme littéraire et artistique propre à l'idéal symboliste.

Matador : Le matador (de l'espagnol matar : tuer) est le personnage central de la corrida. Torero principal et chef de la cuadrilla, c'est lui qui est chargé de mettre à mort le taureau.

Peon : Le peón (« valet » en espagnol) est un torero subalterne aux ordres du matador. Chaque cuadrilla (équipe des assistants du matador) compte trois peones.

Picador : Dans une corrida, le picador (synonyme : piquero) est un torero à cheval dont le rôle consiste à piquer le taureau lors du premier tercio.  

Pinasse : Une pinasse (bassin d'Arcachon) ou pinassote est une petite embarcation à fond plat, à voile au tiers et avirons puis à moteur. Elle est utilisée traditionnellement pour la pêche et l'ostréiculture.

TorilLe toril est le lieu de l'arène où l’on tient les taureaux enfermés avant le combat. Il existe plusieurs catégories de toreros, en fonction des différents types de courses : matador, picador, banderillo...

Torero : Dans le monde de la tauromachie, le torero est celui qui affronte le taureau lors d'une course de taureaux. Son équivalent féminin est une torera. Le terme toreador n'est plus utilisé.

Vivier : Un vivier est un réservoir où sont placés les poissons et crustacés capturés pour les conserver vivants jusqu'au moment de leur consommation ou distribution. Par extension, toute pièce d'eau, même artificielle, où s'exerce la pisciculture est appelée « vivier ».

BromureEn doses thérapeutiques, le bromure a des propriétés sédatives et anticonvulsivantes. Il est historiquement le premier médicament antiépileptique introduit dans la deuxième moitié du XIXe siècle et supplanté au début du XXe siècle par les barbituriques. Son utilisation reste préconisée dans le cadre d'épilepsies réfractaires de l'enfance, particulièrement en Allemagne et au Japon. Une rumeur très répandue dit qu'il était incorporé à la nourriture et au vin distribués aux soldats durant la Première Guerre mondiale, le bromure étant dans cette légende urbaine présenté comme un anaphrodisiaque.

Chèvre-pied : Qui a des pieds de chèvre. Satyre. Dieu Pan, en tant qu'il est représenté avec un corps de satyre.

Chloral : Le chloral est un composé organique se présentant sous la forme d'un liquide incolore huileux à l'odeur piquante soluble dans une large gamme de solvants. Il réagit avec l'eau pour former de l'hydrate de chloral, autrefois très utilisé comme sédatif et hypnotique.

Kant, EmmanuelEmmanuel Kant, né le 22 avril 1724 à Königsberg, capitale de la Prusse-Orientale, et mort dans cette même ville le 12 février 1804, est un philosophe allemand, fondateur du criticisme et de la doctrine dite « idéalisme transcendental ». Grand penseur de l'Aufklärung (Lumières allemandes), Kant a exercé une influence considérable sur l'idéalisme allemand, la philosophie analytique, la phénoménologie, la philosophie postmoderne, et la pensée critique en général. Son œuvre, considérable et diverse dans ses intérêts, mais centrée autour des trois Critiques, à savoir la Critique de la raison pure, la Critique de la raison pratique et la Critique de la faculté de juger, fait ainsi l'objet d'appropriations et d'interprétations successives et divergentes.

Souillarde : Baquet pour recevoir les soudes lessivées. Petite pièce où étaient faits les gros travaux de cuisine (avec une souillarde) et dont la fraîcheur permettait de conserver la nourriture.

 

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24 octobre 2018

*** LA PROMESSE DE L'AUBE - ROMAIN GARY

Je n'avais lu que La vie devant soi, d'Emile Ajar, il y a bien longtemps, parce que c'était la mode. C'était joli, mais ça ne m'avait pas beaucoup marqué. Un roman comme un autre, facile. Tout ce que je reproche à la littérature d'aujourd'hui. Je découvre un auteur qui manie la langue française avec brio, terriblement attachant, réaliste, qui pose sur le monde un regard ironique et mélancolique.

INCIPIT

C'est fini. La plage de Big Sur est vide et je demeure couché sur le sable, à l'endroit même où je suis tombé.

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RESUME

Romain Gary fait le récit de son enfance et de sa jeunesse auprès de sa mère, ancienne actrice russe portée par un amour et une foi inconditionnels en son fils. L'histoire, pleine d'humour et de tendresse, raconte la lutte sans trêve qu'elle mène contre l'adversité, l'énergie extravagante qu'elle déploie pour qu'il connaisse un destin grandiose et les efforts de Romain, qui est prêt à tout pour faire coïncider sa vie « avec le rêve naïf de celle qu'il aime ».

MON AVIS

Un roman autobiographiqu très agréable à lire, avec un style magnifique, simple mais extrêmement bien tourné, de l'humour et de l'autodérision (j'adore !). L'auteur nous conte une enfance et une jeunesse hors du commun, et surtout une mère absolument extraordinaire, dévouée, fantasque et pragamatique tout à la fois. Même les passages où il raconte ses aventures pendant la Seconde Guerre mondiale - qui auraient pu être un peu ennuyeuses (je n'aime pas la guerre) - restent très lisibles puisque parsemés de pointes d'ironie et d'humour.

De son enfance, j'ai été marquée par deux épisodes : celui où il mange n'importe quoi (insectes vivants, etc... jusqu'à une chaussure en caoutchouc !) pour gagner l'amour d'une petite fille ; et le jeu de la mort au bord de la fenêtre... absolument terrifiant !

A noter : de très très nombreuses références (écrivains, héros de la guerre...) où l'auteur se plaît d'ailleurs à modifier l'orthographe, ou pas - c'est selon son bon vouloir - et même à imaginer certains... Farceur, avec ça.

La fin est inattendue, terriblement émouvante.  

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Romain Gary enfant

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

La Promesse de l’aube est un roman autobiographique de Romain Gary paru en 1960. Le livre a été adapté au cinéma par Jules Dassin en 1971 et par Eric Barbier en 2017, ainsi qu'au théâtre.  

C'est avant tout un roman sur l'amour maternel. Le récit est selon Romain Gary « inspiré d'éléments autobiographiques mais non autobiographique ». Le véritable objet du livre n'est pas tant de retracer la vie de l'écrivain que de rendre hommage à sa mère, qui est à ce titre le personnage principal du roman, C'est son amour et son ambition pour son fils qui vont le porter au-delà de tout ce qu'il aurait pu espérer pour lui-même (Gary mènera une carrière militaire et diplomatique sous les honneurs et est le seul écrivain à avoir reçu deux fois le prix Goncourt, dont l'un sous le pseudonyme d'Émile Ajar).

Elle croit en un destin extraordinaire pour son unique fils, nourri de tous ses espoirs déçus d'ex-actrice exilée : « Tu seras un héros, tu seras général… ambassadeur de France ». Cet amour maternel à la fois exubérant et constructeur est le point d'ancrage du livre. Les nombreux contrastes entre les émotions du jeune Gary (à la fois gêné, plein de rancune et de gratitude pour sa mère) et du narrateur adulte (dont le regard rétrospectif et nostalgique est à prendre en compte) font de ce roman un des récits les plus émouvants jamais écrit sur l'amour maternel et la fidélité d'un fils.

Cette citation illustre bien la signification du titre de l'œuvre. La promesse est double : c'est celle que la vie a faite à Romain en lui offrant dès son plus jeune âge un amour passionné et inconditionnel : promesse que la vie ne tient pas, puisqu'il ne rencontrera jamais plus une femme capable d'un tel amour. Mais c'est aussi la promesse du fils à la mère : il se doit de remplir ses attentes, de devenir écrivain et célèbre. Il se consacre pleinement à la réalisation du dessein maternel et finira par devenir Consul Général de France et écrivain célèbre, malheureusement trop tard pour que sa mère puisse le voir.

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Film La promesse de l'aube, 2017

Concombres salés dits à la russe 

L'auteur nous en parle à longueur de pages, c'est son péché mignon ! J'ai voulu en savoir plus.

Ils utilisent une espèce de concombre dont les fruits sont plus gros que nos cornichons mais plus petits que nos concombres. Ils sont lavés et séchés, rangés dans un bocal verticalement, en glissant entre eux des feuilles de cassis, brins d’aneth, ail, feuilles de chêne, laurier et grains de poivre. Puis on verse de l'eau bouillante salée et on ferme. Ils se conservent ainsi un bon mois. On les appelle des "ogourtsy".

MES EXTRAITS FAVORIS

Avec l'amour maternel, la vie vous fait, à l'aube, une promesse qu'elle ne tient jamais. Chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée de l'amour et vous avez sur vous de la documentation. Je ne dis pas qu'il faille empêcher les mères d'aimer leurs petits. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mères aient encore quelqu'un d'autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n'aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. Malheureusement pour moi, je me connais en vrais diamants. 

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Je crois qu'elle cherchait à recréer ainsi autour d'elle un monde qu'elle n'avait jamais connu autrement qu'à travers les romans russes antérieurs à 1900, date à laquelle la bonne littérature s'arrêtait pour elle.

***

Pas plus bête qu'un autre, je sais qu'une telle affirmation ne manquera pas d'être interprétée comme il se doit, c'est-à-dire à l'envers, par ces frétillants parasites suceurs de l'âme que sont les trois quarts de nos psychothérapeutistes, actuellement en plongée. Ils m'ont bien expliqué, ces subtils, que si, par exemple, vous recherchez trop les femmes, c'est que vous êtes, en réalité, un homosexuel en fuite ; si le contact intime du corps masculin vous repousse - avouerai-je que c'est mon cas ? - c'est que vous êtes un tout petit peu amateur sur les bords, et, pour aller jusqu'au bout de cette logique de fer, si le contact d'un cadacre vous répugne profondément, c'est que, dans votre subconscient, vous êtes atteint de nécrophilie, et irrésistiblement attiré, à la fois comme et comme femme, par toute cette belle raideur. La psychanalyse prend aujourd'hui, comme toutes nos idées, une forme aberrante totalitaire ; elle cherche à nous enfermer dans le carcan de ses propres perversions. Elle a occupé le terrain laissé libre par les superstitions, se voile habilement dans un jargon de sémantique qui fabrique ses propres éléments d'analyse et attire la clientèle par des moyens d'intimidation et de chantage psychique, un peu comme ces racketteurs américains qui vous imposent leur protection.

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L'humour a été pour moi, tout le long du chemin, un fraternel compagnonnage ; je lui dois mes seuls instants de triomphe sur l'adversité. Personne n'est jamais parvenu à m'arracher cette arme et je la retourne d'autant plus volontiers contre moi-même, qu'à travers le "je" et le "moi", c'est à notre conditions profonde que j'en ai. L'humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l'homme sur ce qui lui arrive. Certains de mes "amis", qui en sont totalement dépourvus, s'attristent de m voir, dans mes écrits, dans mes propos, tourner contre moi-même cette arme essentielle ; ils parlent, ces renseignés, de masochisme, de haine de soi-même, ou même, lorsque je mêle à ces jeux libérateurs ceux qui me sont proches, d'exhibitionnisme et de muflerie. Je les plains. La réalité est que "je" n'existe pas, que le "moi" n'est jamais visé, mais seulement franchi, lorsque je tourne contre lui mon arme préférée ; c'est à la situation humaine que je m'en prends, à travers toutes ses incarnations éphémères, c'est à une conditition qui nous fut imposée de l'extérieur, à une loi qui nous fut dictée par des forces obscures comme une quelconque loi de Nuremberg. Dans les rapports humains, ce malentendu fut pour moi une source constante de solitude, car, rien ne vous isole plus que de tendre la main fraternelle de l'humour à ceux qui, à cet égard, sont plus manchots que les pingouins.

***

Je n'avais aucun talent pour la peinture. A chaque coup de pinceau, cet art suprême me renvoyait dédaigneusement à mes chers romans. Depuis, je comprends les graphomanes : j'ai appris à mes dépens qu'une vocation, une inspiration profonde et irrésistible, peuvent s'accompagner d'un manque total de don. Jamais je n'avais connu pareille giserie créatrice, et jamais pourtant l'évidence de l'échec artistique ne fut plus implacable. Je continuai pendant quelque temps à vider des centaines de tubes de couleurs, comme pour me vider moi-même. En deux ans, je ne réussis à terminer qu'un seul "tableau". Je l'accrochai au mur, parmi d'autres, et lorsque le grand critique américain Grinberg vint me voir, il s'arrêta longuement devant mon oeuvre, avec un intérêt évident. "Et celui-là de qui est-ce ?" Je répondis astucieusement : "Oh c'est un jeune peintre que j'ai découvert à Milan." Son expression dvient encore plus admirative. "Et bien, mon vieux, pour une merde, c'est une vraie merde."

***

Et cependant le mot "athée" m'est insupportable ; je le trouve bête, étriqué, il sent la mauvaise poussière des siècles, il fait vieux jeu et borné d'une certaine façon bourgeoise et réactionnaire que je ne peux pas définir, mais qui me met hors de moi, comme tout ce qui est satisfait de soi et se prétend avec suffisance entièrement affranchi et renseigné.

***

Je juge les régimes politiques à la quantité de nourriture qu'ils donnent à chacun, et lorsqu'ils y attachent un fil quelconque, lorsqu'ils y mettent des conditions, je les vomis : les hommes ont le droit de manger sans conditions.

***

L'appel du général de Gaulle à la continuation de la lutte date du 18 juin 1940. Sans vouloir compliquer la tâche des historiens, je tiens cependant à préciser que l'appel de ma mère à la poursuite du combat se situe le 15 ou le 16 juin - au moins deux jours auparavant. De nombreux témoignages existent sur ce point et peuvent être recueillis aujourd'hui encore au marché de la Buffa.

***

J'ai même rendu de grands services à l'humanité. Une fois, par exemple, à Los Angeles, où j'étais alors Consul général de France, ce qui impose évidemment certaines obligations, en entrant un matin dans le salon, j'ai trouvé un oiseau-mouche qui était venu là en toute confiance, sachant que c'était ma maison, mais qu'un coup de vent, en fermant la porte, avait emprisonné entre les murs pendant toute la nuit. Il était assis sur un coussin, minuscule et frappé d'incompréhension, peut-être désespéré et perdant courage, et il était en train de pleurer d'une des voix les plus tristes qu'il me fut jamais donné d'entendre, car on n'entend jamais sa propre voix. J'ai ouvert la fenêtre et il s'est envolé et j'ai rarement été plus heureux qu'à ce moment-là et j'ai eu la conviction de ne pas avoir vécu en vain.

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ENRICHISSONS NOTRE VOCABULAIRE

Satrape : Un satrape est le gouverneur d'une satrapie, c'est-à-dire une division administrative de l'empire achéménide, du Royaume de Macédoine et de l'empire Séleucide. Homme puissant et despotique ; personne riche qui mène grand train.

Rapin : Jeune élève, apprenti peintre. Peintre sans talent, d’allure bohème.

Duse : Eleonora Duse est une comédienne italienne née le 3 octobre 1858 à Vigevano et morte le 21 avril 1924 à Pittsburgh. Elle est considérée comme l'une des plus grandes comédiennes de son temps. Rivale de Sarah Bernhardt, elle lui voua cependant une admiration profonde.

Feldwebel : Feldwebel ou Feldweibel est un grade militaire qui existe dans les armées de langue allemande depuis au moins le XVIIIᵉ siècle.

Kourva : Prostituée (russe).

Factotum : Personne dont les fonctions consistent à s'occuper de tout (dans une maison, auprès de qqn).

Sémantique : Étude du sens, de la signification des signes, notamment dans le langage.

Shimmy : Le shimmy est une danse qui trouve ses fondements aux États-Unis, dans la danse noire de la fin du XIXe siècle. Elle évoque les notions de chatoiement et de vibration.  

Tcherkesses : Les Adyguéens ou Tcherkesses sont un peuple du nord-ouest du Caucase, habitant l'Adyguée où ils représentent 23 % de la population, la Karatchaiévo-Tcherkessie où ils en représentent 11 % et la Kabardino-Balkarie où ils sont nommés Tcherkesses, tous trois sujets fédéraux de la Russie. 

Messaline : Valeria Messalina (c. 20 – 48) fut la deuxième épouse de l'empereur romain Claude et donna naissance à Britannicus. Sa conduite scandaleuse provoqua sa perte. Soupçonnée de comploter contre l'empereur, elle fut exécutée sommairement en 48.

Théodora de Byzance : Théodora (v. 815 - 867), est une impératrice de Byzance, épouse de Théophile. et mère de Michel III, pour le compte duquel elle assura la régence de l'Empire byzantin du 21 janvier 842 au 15 mars 856.

Khalva : Le khalva (ou halva) est une confiserie d'origine byzantine. Son principal constituant est une pâte de graines de tournesol au sirop de sucre. Il se vend sur les marchés, à la coupe et a alors une texture très grasse et friable. Le halva se déguste tel quel, ou encore coupé en petits morceaux et accompagné d'une tasse de café ou de thé noir.  

FracVariante de la queue-de-pie, cet habit n'est pas court devant. La veste se prolonge en arrondi pour atteindre les pans du dos. C'est cette version qui a été très souvent utilisée par les gentlemen et dandys du XIXe siècle comme vêtement moins formel. Il était au départ dédié aux loisirs, notamment à l'équitation. Le frac peut également désigner le complet de soirée trois pièces qui se compose de la veste queue-de-pie, du pantalon et du gilet.

Chaliapine, Fédor : Fédor Chaliapine, né le 1er février 1873 à Ometeva Province de Kazan et mort le 12 avril 1938 à Paris, est un chanteur d'opéra (basse) et acteur russe qui avait également un grand talent pour le dessin.

Christoff, Boris : Boris Christoff est un chanteur d'opéra (basse) bulgare, né à Plovdiv le 18 mai 1914 et mort à Rome le 28 juin 1993.

Bing, Rudolf : Sir Rudolf Bing (9 Janvier, 1902-2 Septembre, 1997) était un imprésario d'origine autrichienne, ayant travaillé en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis, notamment en tant que directeur général du Metropolitan Opera à New York de 1950 à 1972. Il a été naturalisé sujet britannique en 1946 et a été anobli en 1971.

Moussorgski, ModesteModeste Moussorgski, né le 9 mars 1839 à Karevo, et mort le 16 mars 1881 à Saint-Pétersbourg, est un compositeur russe. Il est d'abord célèbre par son opéra Boris Godounov, et par la suite pour piano Tableaux d'une exposition (1874) — orchestrée par Maurice Ravel en 1922.

Déroulède, PaulPaul Déroulède est un poète, auteur dramatique, romancier et militant politique français, né le 2 septembre 1846 à Paris et mort le 31 janvier 1914 à Nice. Son rôle de fondateur de la Ligue des patriotes et son revanchisme en font un acteur important de la droite nationaliste en France.

Béranger, Pierre-Jean de : Pierre-Jean de Béranger, né le 19 août 1780 à Paris, et mort dans cette même ville le 16 juillet 1857, est un chansonnier français prolifique qui remporta un énorme succès à son époque.  

Mérode (Cléo de) : Cléopâtre-Diane de Merode dite Cléo de Mérode est une danseuse et icône de beauté française née le 27 septembre 1875 à Paris 5e et morte le 17 octobre 1966 à Paris 8e .

Guilbert, Yvette : Emma Guilbert, dite Yvette Guilbert, née à Paris le 20 janvier 1865 et morte à Aix-en-Provence le 3 février 1944), est une chanteuse française du café-concert, parolière, actrice, auteure et metteuse en scène.

Récamier, Juliette Jeanne Françoise Bernard, à la ville Madame Jacques Récamier dite Juliette ou Julie Récamier, née le 3 décembre 1777 à Lyon et morte le 11 mai 1849 à Paris, est une femme de lettres française dont le salon parisien réunit, à partir du Directoire et jusqu'à la monarchie de Juillet, les plus grandes célébrités du monde politique, littéraire et artistique.

May, KarlKarl May, né à Hohenstein-Ernstthal le 25 février 1842 et mort à Radebeul le 30 mars 1912, est l'un des écrivains allemands les plus vendus au monde, notamment pour ses romans d'aventures au Far West dont les deux héros sont le Blanc Old Shatterhand et l'Apache Winnetou. Il écrivit aussi des romans d'aventures se déroulant au Proche-Orient, dont le héros Kara Ben Nemsi est accompagné par Hadschi Halef Omar, ainsi que des histoires comme Surcouf le corsaire, ou moins connues situées dans son Allemagne natale, des poésies, une autobiographie et un jeu. Il a aussi composé deux célèbres chants romantiques allemands Ne m'oublie pas et une version du Je vous salue Marie.

Mayne Reid, Thomas : Thomas Mayne Reid (Ballyroney, comté de Down, 4 avril 1818 - Londres, 22 octobre 1883), connu sous le nom de Capitaine Mayne Reid, est un écrivain américain d'origine irlandaise.

Néphrite : La néphrite est une inflammation du rein. Les deux principales causes de néphrite sont les infections ou les maladies auto-immunes.

Heifetz, JaschaJascha Heifetz, né le 2 février 1901 à Vilnius et mort le 10 décembre 1987 à Los Angeles, est un violoniste russe, naturalisé américain (1925). Le nom de Heifetz est devenu synonyme de perfection violonistique.

Mickiewicz, Adam : Adam Mickiewicz1, né le 24 décembre 1798 à Zaosie ou à Nowogródek en Russie impériale (aujourd'hui en Biélorussie) et mort le 26 novembre 1855 à Constantinople, est un poète et écrivain polonais, considéré comme l'un des plus grands poètes romantiques. Il a passé une grande partie de sa vie en France et a été professeur au Collège de France en même temps que Jules Michelet.

Rastelli, EnricoEnrico Rastelli (né en 1896 en Russie et décédé en 1931 en Italie) est un jongleur d’origine italienne. Il est reconnu comme l’un des meilleurs jongleurs de tous les temps. Il est connu pour avoir jonglé à 10 balles (mais jamais 9), 8 bâtons (petites massues) et 8 assiettes. Il est aussi l’un des premiers jongleurs à utiliser un ballon de football et de grosses balles en plastique pour ses équilibres. Il a été, après sa rencontre avec Oskar Schlemmer en 1924, l'un des interprètes favoris du Bauhaus. Ses exercices d'échauffement devinrent la pratique habituelle de l'atelier de théâtre de cette institution.

Paganini, NiccoloNiccolò Paganini (Gênes, 27 octobre 1782 – Nice, 27 mai 1840), est un violoniste, guitariste et compositeur italien. Par sa technique exceptionnelle et son magnétisme personnel, il a contribué à l'histoire du violon, mais également à intégrer la dimension virtuose dans l'art, dont il est un des représentants les plus célèbres, attirant à lui d'autres compositeurs romantiques, tel Liszt. Souvent qualifié de plus grand violoniste de tous les temps, il est également un compositeur réputé. 

Bangui : Bangui est la capitale et la plus grande ville de la République centrafricaine, dont la population est estimée à environ 1 500 000 habitants, soit le quart de celle du pays.

Stance : On nomme stance, en poésie, un nombre défini de vers comprenant un sens parfait et arrangé d’une manière particulière qui s’observe dans tout le poème. Au théâtre, les stances sont une forme versifiée de monologue, marquées par un rythme particulier.

Alexandrin : L'alexandrin est, en métrique française classique, un vers composé, formé de deux hémistiches (ou sous-vers) de six syllabes chacun. Les deux hémistiches s'articulent à la césure, qui est le lieu de contraintes spécifiques.

Banderillo : Le banderillero (ou rehiletero) est le torero, peón ou matador qui place les banderilles. Il intervient au cours du deuxième tercio d'une corrida.

Surtout : Vêtement ample que l'on mettait par-dessus les habits.

Trumeau : Partie d'un mur, d'une cloison, comprise entre deux baies, deux portes-fenêtres, pilier qui supporte en son milieu le linteau d'un portail ou d'une fenêtre ; panneau de menuiserie ornant la partie supérieure d’une glace de cheminée ; partie de menuiserie servant à revêtir l'espace qui se trouve entre deux fenêtres, qu'il y ait ou non une glace ; tableau servant à décorer cette partie du mur, mal éclairée, et péjorativement un tableau qui ne mérite pas d'être bien éclairé ; vieille personne, vieille femme fardée, prostituée, femme au physique ingrat.

Ataman : Ataman était un titre de chef remplissant des fonctions politiques et militaires chez les Cosaques. 

De Vere Stacpoole, Henry : Henry De Vere Stacpoole, né à Kingstown (maintenant Dún Laoghaire) en Irlande le 9 avril 1863 et décédé le 12 avril 1951 à Shanklin sur l'Île de Wight, est un écrivain irlandais.

MalaccaMalacca est le plus ancien port de Malaisie, fondé vers 1400. Elle a longtemps joué un important rôle stratégique du fait de sa position dans le détroit de Malacca. La ville est marquée par environ 130 ans de colonisation Portugaise, et conserve une certaine empreinte de cette époque coloniale.

SurabayaSurabaya est la 2e plus grande ville d'Indonésie (après Jakarta, la capitale) avec une population de plus de 3,1 millions d'habitants (5,6 millions dans la métropole urbaine). Pour les Indonésiens, elle est connue comme la « ville des héros » à cause de l'importance de la bataille de Surabaya (1945) dans la galvanisation indonésienne et le soutien international à l'indépendance du pays lors de la Révolution nationale indonésienne. Tanjung Perak, le port de la ville, est le premier port d'Indonésie. Il abrite également le commandement de la flotte orientale de la marine indonésienne.

Graphomane : Personne qui a la manie d'écrire.

Greenberg ClementClement Greenberg, né le 16 janvier 1909 à New York et mort le 7 mai 1994 dans la même ville, est un critique d’art et polémiste américain. Il est probablement le théoricien qui a le plus soulevé de polémiques à propos de l'art moderne et de la peinture américaine. Son nom reste associé à l’expressionnisme abstrait et au triomphe de l'école de New York. Il était un proche de Jackson Pollock et de Lee Krasner.

Biffin : Chiffonnier. Fantassin.

Chasseur : Personne qui accueille les clients d'un hôtel ou d'une auberge, les conduit à leur chambre, porte leurs bagages à l'arrivée et au départ et s'assure que les chambres assignées sont propres et à l'ordre. Elle renseigne également les clients sur les installations et les services de l'établissement.

Immanence : L'immanence est un terme philosophique qui, en parlant d'une chose ou d'un être, désigne le caractère de ce qui a son principe en soi-même, par opposition à la transcendance qui indique une cause extérieure et supérieure.

Ingram, Rex : Reginald Ingram Montgomery Hitchcock, plus connu sous le nom de Rex Ingram, est un réalisateur américain d'origine irlandaise, né à Dublin le 15 janvier 1892, et mort à Los Angeles le 21 juillet 1950.

Lermontov, Mikhaïl : Mikhaïl Iourievitch Lermontov, né le 3 octobre 1814 à Moscou et mort le 15 juillet 1841 à Piatigorsk, est un poète, peintre, romancier et dramaturge russe, souvent appelé le « poète du Caucase ».

Mynheer : Emprunt au vieux saxon myn heer (« mon sieur »). 

Parabellum : Type de munition destinée aux pistolets semi-automatiques. Pistolet semi-automatique allemand qui fut le premier à utiliser cette cartouche.

Amiot : Constructeur d'avions, dont certains modèles servirent dans l'armée de l'air française durant la Seconde Guerre mondiale, de bateaux de pêche, de plaisance et de guerre, à Cherbourg, dont les vedettes rapides de type Combattante.

Astier de Villatte, Jean : Jean Astier de Villatte (Soturac, 25 novembre 1900 - Paris, 6 octobre 1985) est un ingénieur et militaire français, Compagnon de la Libération. Administrateur de sociétés civiles, il est mobilisé en 1939 et choisi de rallier les forces françaises libres du général de Gaulle. En tant qu'aviateur, il prend part aux opérations aériennes de la France libre en Afrique du nord et de l'est et au Moyen-Orient puis il occupe des fonctions de commandement au sein des forces aériennes françaises libres. Après-guerre, il retrouve sa profession d'ingénieur en Afrique puis en France et occupe des fonctions honoraires dans des sociétés d'ingénieur et dans l'armée de l'air française avant de s'éteindre en 1985.

Auden, Wystan Hugh : Wystan Hugh Auden, plus connu sous la signature W. H. Auden (York, 21 février 1907 – Vienne, Autriche, 29 septembre 1973) est un poète, essayiste, dramaturge, librettiste et critique d'origine britannique, considéré comme l’un des plus importants et influents poètes du XXe siècle. Il a vécu la première partie de sa vie au Royaume-Uni, puis a émigré aux États-Unis en 1939 et est devenu citoyen américain en 1946. Il est élu Chancelier de l'Academy of American Poets en 1954, il occupera cette charge jusqu'en 1973.

Bagpipe : Cornemuse écossaise.

Beaufighter : Le  Beaufighter (constructeur Bristol) fut un avion de combat britannique utilisé pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Chasseur nocturne, chasseur bombardier, torpilleur, avion d'attaque au sol, il servit brillamment dans tous ses rôles et sur tous les fronts.

Blanchard, général : Georges-Maurice Jean Blanchard, né en 1877 et décédé en 1954, est un général français commandant l'armée du Nord en 1940 lors de la Campagne des 18 jours et la Bataille de France.

Bloch : La société des avions Marcel Bloch est une entreprise aéronautique française créée en 1929 par Marcel Bloch (qui fait changer son patronyme en Marcel Dassault en 1946 et le nom de son entreprise en Générale Aéronautique Marcel Dassault en 1947).

Bousbir : Bousbir est une enceinte fortifiée de la ville marocaine de Casablanca, construite pour accueillir le quartier réservé à la prostitution de la ville.

Bréguet : La Société anonyme des ateliers d’aviation Louis Breguet, généralement plus simplement désignée « Breguet Aviation », ou « Breguet », est un constructeur aéronautique français créé en 1911 par Louis Breguet. Ce fabricant d'avions, mais aussi de planeurs ou d'hélicoptères, est actif pendant six décennies avant d'être absorbé par Dassault Aviation, en 1971.

Bristol : La Bristol Aeroplane Company est une manufacture anglaise d'aéronautique et de moteurs fondée en 1910 par Sir George White. Elle s’est également distinguée dans les années 1950 en compétition automobile et notamment en Formule 1.

CabrerCabrer désigne, en aéronautique, l'action de faire augmenter l'assiette d'un aéronef ; le mouvement inverse se disant « piquer ».  

Canépa, Georges, lieutenant-colonel : Georges Canépa (8 juillet 1913 à Beausoleil, Alpes-Maritimes, mort le 3 septembre 1957 au-dessus de Médéa en Algérie) est un officier français, résistant, Compagnon de la Libération.

Cantonnement : Lieu où les troupes séjournent, sur décision de leur hiérarchie.  

Cummings E. E. : Edward Estlin Cummings, plus connu sous le diminutif de E. E. cummings (né le 14 octobre 1894 à Cambridge, Massachusetts – mort le 3 septembre 1962), est un poète, écrivain et peintre américain. Son œuvre est composée de plus de deux mille neuf cents poèmes, de quelques pièces, d'essais, et de deux nouvelles ainsi que de nombreux dessins, esquisses et peintures. Il est l'un des grands poètes du xxe siècle et l'un des plus populaires.

Darlan, François, amiralFrançois Darlan, né le 7 août 1881 à Nérac (Lot-et-Garonne) et mort assassiné le 24 décembre 1942 à Alger, est un amiral et homme d'État français. Chef de la Marine française au début de la Seconde Guerre mondiale, il est ministre de la Marine du premier gouvernement du maréchal Pétain puis, en février 1941, chef du gouvernement de Vichy où il s'implique dans la politique de collaboration du régime avec l'Allemagne nazie. Remplacé par Pierre Laval en avril 1942, il reste commandant en chef des forces de Vichy. Présent à Alger lors du débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, Darlan se rallie avec réticences et hésitations aux Alliés. Il exerce dès lors le pouvoir sur une partie des colonies africaines de la France. Il est assassiné quelques semaines plus tard.

Dewoitine : Les Constructions aéronautiques Émile Dewoitine étaient une société française de construction d'avions fondée par Émile Dewoitine à Toulouse en octobre 1920. Liquidée en janvier 1927, elle est recréée à Paris en mars de l'année suivante, sous la dénomination Société française aéronautique (Avions Dewoitine) ou SAF. Elle produit une série de chasseurs, mais elle a également conçu des avions civils, conçus pour relier par les airs, pour la première fois, l'Indochine française et, éventuellement, Hong Kong. L'entreprise a été nationalisée en mars 1937 et renommé Société nationale des constructions aéronautiques du Midi (SNCAM). Elle a produit le D.5204, le chasseur le plus performant de l'armée de l'air française au début de la guerre, mais en nombre trop faible pour constituer une opposition sérieuse à la Luftwaffe dans la bataille de France. Dewoitine, en tant qu'entité reconnaissable, a pris fin lors de son absorption dans la SNCASE en décembre 1940, date à laquelle Émile Dewoitine quitte la société pour rejoindre la SIPA. 

Eliot T.S. : T. S. Eliot, de son nom complet Thomas Stearns Eliot (26 septembre 1888 - 4 janvier 1965), est un poète, dramaturge et critique littéraire américain naturalisé britannique. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1948.

Escadre : Une escadre est une unité militaire utilisée dans la Marine et l'Aviation d’un État.  

Escadrille, escadron : Une escadrille est une unité militaire, utilisée dans plusieurs armées.

Esterhazy, Ferdinand : Ferdinand Walsin-Esterhazy, plus connu sous le seul patronyme d'Esterhazy, né le 16 décembre 1847 à Paris et mort le 21 mai 1923 à Harpenden en Angleterre, est un officier français, commandant au 74e régiment d'infanterie de ligne, dont la trahison a été à l'origine de l'affaire Dreyfus. C'est à partir de 1894 qu'il commence ses activités d'espion à la solde des Allemands. Lié à l'attaché militaire allemand Schwartzkoppen, il lui fournit des renseignements, vraisemblablement pour éponger ses dettes. En 1895, succédant au colonel Jean Sandherr, le colonel Georges Picquart découvre qu'Esterhazy est l'auteur du bordereau de l’affaire Dreyfus. La hiérarchie militaire tente d'étouffer l'affaire...

AbyssinieL'Abyssinie est une région de la Corne de l'Afrique, située dans le nord de l'actuelle Éthiopie, l'Est du Soudan et l'Érythrée. L'Abyssinie a ensuite été assimilée à l'empire d'Éthiopie, dont les habitants se désignent sous le nom d'Habashas.

Bacille d'Hansen : Mycobacterium leprae (ou bacille de Hansen) est la bactérie responsable de la lèpre chez l'homme (et le tatou).

Buckmaster, Maurice : Maurice Buckmaster, né le 11 janvier 19021 à Rugeley (Angleterre), mort le 17 avril 1992, est un homme d'affaires et journaliste britannique, surtout connu comme chef, pendant la Seconde Guerre mondiale, de la section F du service secret britannique SOE (Special Operations Executive), section chargée des actions de sabotage et du soutien à la Résistance intérieure française.

CasemateUne casemate, également appelée bunker (en anglais) ou blockhaus (en allemand), est un local, souvent partiellement enterré, d'une fortification, d'un fort voire d'une tranchée, qui est à l'épreuve des tirs ennemis. 

ComiceLes comices étaient des assemblées du peuple de la Rome antique. Un comice agricole est une réunion d'agriculteurs où a lieu des expositions, des concours.

FarmanLes frères Dick, Henri et Maurice Farman furent des constructeurs d'avions et pilotes français. Ils ont conçu et fabriqué plus de 200 types d'avions de 1908 à 1941. En 1924, ils créent la Société générale des transports aériens. Elle fermera en 1941.

Foch, Ferdinand, maréchal : Ferdinand Foch, né le 2 octobre 1851 à Tarbes (Hautes-Pyrénées) et mort le 20 mars 1929 à Paris (Seine), est un général et académicien français, maréchal de France, de Grande-Bretagne et de Pologne. Il est le commandant en chef des forces alliées sur le front de l'Ouest pendant la Première Guerre mondiale.

Fort-Lamy : Fort-Lamy est le nom donné par les colons français à la ville de N'Djaména, actuelle capitale du Tchad.

Gamelin, Maurice, général : Maurice Gustave Gamelin (Paris, 20 septembre 1872 – Paris, 18 avril 1958), est un officier général français. Il commande l'Armée française pendant la drôle de guerre de 1939-1940 et voit sa stratégie mise en déroute par les Allemands lors de la percée de Sedan. Pendant le régime de Vichy, Gamelin est arrêté et interné en Allemagne.

Georges, Alphponse, général : Alphonse-Joseph Georges (né le 19 août 1875 à Montluçon et mort le 24 avril 1951 à Paris) est un général français ayant combattu lors des deux guerres mondiales.

Goéland : Avion fabriqué par la société Caudron, constructeur français d'avions, ayant existé de 1909 à 1933

GoumierLes goumiers marocains étaient des soldats appartenant à des goums, unités d’infanterie légères de l'armée d'Afrique composées de troupes autochtones marocaines sous encadrement essentiellement français. Ces unités ont existé de 1908 à 1956. Les goumiers se sont surtout illustrés lors de la Seconde Guerre mondiale, entre 1942 et 1945, période au cours de laquelle les quatre groupements de tabors marocains (GTM) regroupant chacun trois tabors (bataillons) lesquels rassemblent trois ou quatre goums (compagnies) chacun, principalement sous les ordres du général Guillaume, ont obtenu, entre 1942 et 1945, dix-sept citations collectives à l'ordre de l'armée et neuf à l'ordre du corps d'armée, puis en Indochine de 1946 à 1954. Le 2e groupe de tabors marocains (2e GTM) est, après le 2e régiment de chasseurs parachutistes, l'une des six unités d'infanterie les plus décorées de la Seconde Guerre mondiale avec le 3e régiment de tirailleurs algériens, le 4e régiment de tirailleurs tunisiens, le Régiment de marche du Tchad, la 13e demi-brigade de Légion étrangère et le Bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique (BIMP).

Guderian, Hans, généralHeinz Guderian, né le 17 juin 1888 à Kulm (à l'époque dans l'Empire allemand, aujourd'hui en Pologne) et mort le 14 mai 1954 à Schwangau en Bavière, est un général (Generaloberst ) de l'Armée de terre allemande de la Seconde Guerre mondiale. Surnommé « Heinz le Rapide » (Schneller Heinz), il est l'un des concepteurs de l'arme blindée allemande. Il a appliqué la doctrine de la guerre éclair (en allemand : Blitzkrieg), incluant l'utilisation intensive des chars d’assaut, lors des invasions de la France (1940) et de l’Union soviétique (1941). Tombé en disgrâce auprès de Hitler après son échec lors de la bataille de Moscou à la fin 1941, il est rappelé comme inspecteur de l'arme blindée en 1943, puis comme responsable du front de l'Est de juillet 1944 à mars 1945. Prisonnier de guerre des Américains de 1945 à 1948, il est libéré sans être inculpé de crimes de guerre. Après sa libération, il devient un des conseillers pour l’organisation des forces blindées de la future armée de l'Allemagne de l'Ouest, la Bundeswehr, laquelle voit le jour un an et demi après sa mort, le 12 novembre 1955, et est aussitôt intégrée à l‘Alliance atlantiquea, en pleine période de guerre froide contre le bloc soviétique.

Guynemer, GeorgesGeorges Guynemer, né le 24 décembre 1894 à Paris et mort au combat le 11 septembre 1917 à Poelkapelle (Belgique), est l'un des pilotes de guerre français les plus célèbres de la Première Guerre mondiale. Capitaine dans l'aviation française, il remporte 53 victoires homologuées, plus une trentaine de victoires probables en combat aérien. Fait notable, il survit huit fois après que son avion a été abattu. Il est affecté durant sa carrière à l'escadrille Numéro 3 (MS 3, N 3 puis SPA 3), dite « Escadrille des Cigognes », unité de chasse la plus victorieuse des ailes françaises entre 1914 et 1918. Sa devise est « Faire face » et ses avions sont habituellement peints en jaune et baptisés « Vieux Charles ». Sa postérité vaut à Georges Guynemer de devenir le héros emblématique de l'École de l'Air, à Salon-de-Provence

Huntzinger, Charles, général : Charles Huntziger est un officier général français, né le 25 juin 1880 à Lesneven (Finistère) et mort accidentellement le 12 novembre 1941 à Bréau-et-Salagosse (Gard). Général d'armée, il signe l'armistice du 22 juin 1940 en forêt de Compiègne. Il est nommé commandant en chef des forces terrestres de la France de Vichy et, de septembre 1940 à août 1941, est également ministre de la Guerre du gouvernement de Pierre Laval. Il meurt dans un accident d'avion, de retour d'une mission en Afrique du Nord.

HurricaneHawker Siddeley est un groupe britannique de production aéronautique fondé en 1935. Il est le résultat de plusieurs fusions-acquisitions dans l'industrie aéronautique nationale. Il est considéré comme l'une des deux majors du secteur dans les années 1960, étant coté au FTSE 100. En 1977 il devient l'un des composants fondateurs de British Aerospace. Hawker Siddeley est à l'origine de quelques avions célèbres comme le Hurricane, le Tempest, le Hunter et le Harrier. Il était également présent sur d'autres marchés tels que la construction de locomotives (via sa filiale Brush Traction) et de moteurs diesel (via Lister Petter). L'activité sous ce nom est terminée en 1992.

Joffre, Joseph, maréchal : Joseph Joffre est un officier général français de la Première Guerre mondiale, né le 12 janvier 1852 à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) et mort le 3 janvier 1931 à Paris 7e. Après un début de carrière marqué par les expéditions coloniales (Tonkin, Soudan français et Madagascar), il est nommé en 1911 chef d'État-Major général de l'Armée, notamment parce qu'il est un spécialiste de la logistique ferroviaire. En 1914, en tant que commandant en chef des armées, il met en œuvre le plan de mobilisation et de concentration, puis fait appliquer le principe de l'« offensive à outrance », alors enseigné à l'école de guerre, qui se révèle extrêmement coûteux en vies humaines, notamment lors de la bataille des Frontières. Il est ensuite l'artisan de la victoire alliée lors de la bataille de la Marne. Confronté à l'impasse de la guerre de position sur le front Ouest, ses offensives de l'hiver 1914-1915 (en Champagne), du printemps 1915 (en Artois), de l'automne 1915 (de nouveau en Artois et en Champagne) et de l'été 1916 (sur la Somme) échouent. Fin 1916, il est élevé à la dignité de maréchal de France et remplacé par le général Nivelle. En avril 1917, il conduit avec Viviani la délégation française envoyée aux États-Unis d'Amérique et convainc le président Wilson de hâter la formation et l'envoi de l'armée américaine sur le front. En 1918, il est élu à l'Académie française. Son rôle dans le conflit fait l'objet de plusieurs controverses.

Kano : Kano est la deuxième ville du Nigeria par la population.

KhamsinLe khamsin est un vent du sud transportant du sable brûlant du désert d'Égypte vers Israël. Son nom signifie « cinquantaine » parce qu'il est censé ne souffler que pendant une cinquantaine de jours au printemps. En Israël, le khamsin est connu plus formellement sous le nom de sharav. Le khamsin donne au ciel une teinte orange foncé ; l'air se charge de poussière ce qui rend la respiration oppressante. Les vents soufflent sur plusieurs jours de façon régulière et bien que de fortes rafales puissent arracher les feuilles des arbres, il ne faut pas le confondre avec le simoun qui lui est soudain et violent.

KhartoumKhartoum est la capitale du Soudan. La ville elle-même compte plus d'un million d'habitants mais, avec les districts environnants d'Omdourman et de Bahri, elle constitue une agglomération d'au moins quatre millions d'habitants.

Lagos : Lagos est la plus grande ville du Nigeria et du continent africain. Comprenant plus de douze millions d'habitants intra-muros, au sein d'une agglomération de plus de 21 millions d'habitants en 2012, elle a dépassé Le Caire et Kinshasa au cours des années 2000, durant lesquelles elle a connu une explosion démographique. Ancienne capitale du pays, jusqu'au transfert des institutions gouvernementales à Abuja en 1991, elle a aussi l'un des plus grands ports d'Afrique, et le principal centre industriel et commercial nigérian.

Langer, Arnaud : Arnaud Langer (Saint-Aubin-Sauges, 13 septembre 1919 - Fort-Lamy, 3 juin 1955) est un militaire français, Compagnon de la Libération. Aviateur des Forces aériennes françaises libres, il s'illustre sur les théâtres d'opération de l'Afrique, du Moyen-Orient et du front de l'ouest. À l'issue de la guerre, il devient pilote civil et meurt dans un accident d'avion.

Lazaret : Le lazaret était un établissement de mise en quarantaine des passagers, équipages et marchandises en provenance de ports où sévissait la peste. De nos jours en France, le mot désigne aussi quelques lieux-dits sur le littoral méditerranéen où un lazaret, actuellement disparu, avait été établi (Nice, Sète).

Léopoldville : Aujourd'hui Kinshasa, capitale et plus grande ville de la république démocratique du Congo (RDC). Avec une population estimée pour l'année 2017 à 17 071 000 habitants, elle est la troisième ville la plus peuplée d'Afrique après Le Caire et Lagos, est considérée comme la plus grande agglomération francophone du monde, en ayant dépassé celle de Paris, et figure parmi l'une des agglomérations les plus peuplées au monde. Située sur la rive sud du fleuve Congo, au niveau du Pool Malebo, elle fait face à la capitale de la République du Congo, Brazzaville. 

Maïdaguri : Maiduguri est la capitale et principale ville de l'État de Borno, dans le nord-est du Nigeria. Le mouvement islamiste Boko Haram y est fondé en 2002 par Mohamed Yusuf.

Maquignon : Marchand de chevaux. Historiquement, les marchands de chevaux avaient souvent mauvaise réputation, en raison des arnaques perpétrées par certains d'entre eux. Cet état de fait est à l'origine du sens négatif donné au mot « maquignon » à partir du XVIe siècle.

Méharistes : Un méhariste est une personne qui monte un dromadaire (ou méhari) en course, en randonnée, en caravane ou dans des unités militaires telles que les unités sahariennes françaises et les compagnies méharistes sahariennes.

Meknès : Meknès est une ville du nord du Maroc fondée en 711. Il s'agit de l'une des quatre villes impériales du Maroc et la troisième plus grande ville du royaume selon le recensement de 2014. Elle fut la capitale du Maroc durant le règne de Ismaïl ben Chérif (1672-1727). 

Mers el-Kébir : Mers El Kébir est une ville portuaire d'Algérie, située sur le golfe d'Oran, à 7 km au nord-ouest d'Oran.

Mosquito : Avion fabriqué par De Havilland Aircraft Company, compagnie de construction aéronautique britannique fondée en 1920 par Geoffrey de Havilland. De Havilland est racheté par Hawker-Siddeley en 1960 avant d'être incorporé dans British Aerospace en 1977.

Mittelhauser, Eugène, général : Eugène Désiré Antoine Mittelhausser, né le 7 août 1873, décédé le 29 décembre 1949 était un général français, chef d'état-major de l'armée tchécoslovaque en 1920. Il notamment a participé à la Première Guerre mondiale et a été chef de l'Etat-Major tchécoslovaque, au sein d'une mission française.

Morane : Avion fabriqué par la Société nationale des constructions aéronautiques de l'Ouest (SNCAO), entreprise aéronautique française résultant du regroupement de l'usine Breguet à Bouguenais, et de la Société Anonyme Loire-Nieuport à Saint-Nazaire et Issy-les-Moulineaux en novembre 1936. La SNCAO est absorbée en 1941 par la SNCASO, elle-même intégrée à Sud-Aviation en 1957.

Moukère : Femme du Maghreb, péjoratif.

Muselier, Emile, amiralEmile Henry Muselier, né à Marseille le 17 avril 1882 et mort à Toulon le 2 septembre 1965, est un vice-amiral français qui organisa les Forces navales françaises libres. Il a été le premier officier général à rallier Charles de Gaulle à Londres dès le 30 juin 1940. C'est lui qui eut l'idée de distinguer sa flotte de celle de Vichy, en adoptant la croix de Lorraine (en souvenir de son père d'origine lorraine), qui devint ensuite l'emblème de toute la France libre. Il effectua le ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre, le 24 décembre 1941. Après une carrière militaire, brillante mais mouvementée, il tentera vainement sa chance aux élections législatives de 1946, en tant que vice-président du Rassemblement des gauches républicaines, avant de se reconvertir comme ingénieur conseil dans le privé jusqu'en 1960. 

Myocardite : La myocardite est une atteinte inflammatoire du myocarde de causes variées.

Noguès, Auguste, général : Auguste Paul Charles Albert Noguès (Monléon-Magnoac, 13 août 1876 - Paris, 20 avril 1971) est un général français de la Seconde Guerre mondiale. En 1942, il est résident général de la France au Maroc, sous l'autorité du général Juin, commandant en chef des forces françaises d’Afrique française du Nord de 1939 à 1943.

Pamir : Le Pamir est un massif de haute montagne centré sur l'Est du Tadjikistan avec des prolongements en Afghanistan, en République populaire de Chine et au Kirghizistan. Il possède trois sommets principaux de plus de 7 000 mètres dont le pic Ismail Samani, généralement considéré comme son point culminant à 7 495 mètres d'altitude, ce qui a valu au massif le qualificatif de « toit du monde ». 

Popotier : Qui est excessivement préoccupé des choses du ménage. Qui a des préoccupations matérielles, terre-à-terre, est casanier, aime le calme, le confort du foyer, est peu disposé à l'aventure, est dépourvu d'ouverture d'esprit. Chargé de la "popote" des militaires.

Potez : Potez (Aéroplanes Henry Potez) est une entreprise française de construction d'avions créé par Henry Potez à Aubervilliers en 1919. La société démarre en modernisant des avions issus des surplus de la Première Guerre mondiale, puis lance une version améliorée, le Potez VII. La société va construire entre les deux guerres une série de petits avions de transport de passagers ainsi que des biplans de reconnaissance dont certains sont construits sous licence en Pologne. En 20 ans, 7 000 appareils sont sortis de ses chaînes de fabrication. Les derniers actifs sont rachetés par Sud-Aviation en 1967. Il demeure toutefois l'usine Potez Aéronautique, ancienne usine Fouga à Aire-sur-l'Adour dans le département des Landes, spécialisée dans la fabrication de pièces primaires et l'assemblage de sous-ensembles pour le civil (80 %) et le militaire (20 %).

Pound, EzraEzra Weston Loomis Pound (né à Hailey, alors dans le Territoire de l'Idaho, le 30 octobre 1885 – mort le 1er novembre 1972 à Venise) est un poète, musicien et critique américain qui a fait partie du mouvement moderniste du début des années 1920 et qui est souvent rattaché à la Génération perdue. Pound était le chef de file de plusieurs mouvements littéraires et artistiques comme l'imagisme et le vorticisme. Dans les années 1930 et 1940, il devient apologiste du fascisme, admirateur de Mussolini et supporter d'Hitler, publiant pour l'éditeur fascisant Oswald Mosley. Durant la Seconde Guerre mondiale, il anime en Italie des émissions radiophoniques pour le régime mussolinien dans lesquelles il développe un antisémitisme et un antiaméricanisme virulents. Arrêté pour trahison par les troupes américaines qui libèrent l'Italie, il est interné en hôpital psychiatrique aux États-Unis pendant douze ans avant d'être renvoyé en Italie où il décède en s'étant contraint au silence.

Rampant : Ensemble du personnel, membre du personnel civil ou militaire employé au sol (p. oppos. à personnel navigant). Qui a un caractère de bassesse, de médiocrité, qui manque d'élévation.

Robert, Hubert : Hubert Robert, (né le 22 mai 1733, à Paris - mort le 15 avril 1808, dans la même ville) est un des principaux artistes français du XVIIIe siècle qui s’illustra notamment comme dessinateur, peintre, graveur, professeur de dessin, créateur de jardins et conservateur au Muséum central des arts de la République, futur Musée du Louvre.

Shrapnel : Shrapnel, du nom de son inventeur Henry Shrapnel, est le nom désignant l'« obus à balles ». Le terme « shrapnel » a souvent été utilisé, de manière abusive, pour désigner des petits fragments projetés par une explosion, quelle que soit leur origine.

Simoun : Avion fabriqué par la société Caudron, constructeur français d'avions, ayant existé de 1909 à 1933.

Spahis : Les spahis sont à l'origine un corps de cavalerie traditionnel du dey d'Alger, d'inspiration ottomane. Corps de prestige il est ensuite, lors de la conquête de l'Algérie par la France, intégré à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l’armée de terre française. Le modèle des corps de cavalerie spahis est ensuite exporté en France métropolitaine et dans d'autre pays sous domination française (Tunisie, Maroc, Sénégal...).

Takoradi : Takoradi est une ville côtière de l'ouest du Ghana, proche de la Côte d'Ivoire. Les deux villes jumelles de Takoradi et Sekondi forment la 3e agglomération du pays par sa population, elle compte plus de 400 000 habitants.

Tibesti : Le massif du Tibesti est un massif montagneux du Sahara central, situé principalement à l'extrême Nord du Tchad, avec une petite extension dans le Sud de la Libye. Son point culminant, l'Emi Koussi, se trouve au sud du massif et constitue avec 3 415 mètres d'altitude à la fois le plus haut sommet du Tchad et du Sahara. 

Tilden, WilliamWilliam Tatem « Bill » Tilden II, né à Philadelphie le 10 février 1893 et mort le 5 juin 1953, est un joueur de tennis américain dont la carrière s'étend de 1918 à 1953. Il a remporté 130 titres connus à ce jour, dont quinze majeurs, incluant dix tournois du Grand Chelem et quatre titres du Grand Chelem professionnel. Tilden détient, avec Richard Sears et William Larned, le record absolu dans un tournoi majeur, l'US Open de tennis, qu'il s'est adjugé à sept reprises, dont six titres remportés consécutivement entre 1920 et 1925. Bill Tilden fut n° 1 mondial pendant la première moitié des années 1920. Grand et mince, il était connu sous le nom de « Big Bill ».

Voltigeur : Type de cigare.

Weygand, Maxime, généralMaxime Weygand, né à Bruxelles le 21 janvier 1867, mort à Paris le 28 janvier 1965, est un officier général français, membre de l'Académie française. Il a joué un rôle majeur lors des deux guerres mondiales. Bras droit du maréchal Foch sur la fin de la Première Guerre mondiale, il est notamment chargé, le 11 novembre 1918, de lire les conditions de l'armistice à Rethondes à la délégation allemande. Nommé par Paul Reynaud le 19 mai 1940 commandant en chef de l'armée française en remplacement du général Gamelin, il ne peut pas empêcher la défaite lors de la bataille de France. Il est alors le premier à se déclarer partisan d'un armistice (comme lors de la Première Guerre mondiale) avec l'Allemagne. Il devient le 17 juin 1940 ministre de la Guerre du gouvernement Pétain, prépare la signature du traité d'armistice le 22 juin, puis participe deux mois au gouvernement de Vichy, avant d'être nommé le 4 septembre 1940 commandant pour l'Afrique du Nord où il crée et organise l'armée d'Afrique en relation avec les services américains et britanniques. Rappelé et relevé par Pétain de son commandement sous la pression allemande en novembre 1941, il est assigné à résidence dans une villa en Provence où il reçoit une lettre du Président Roosevelt lui demandant de poursuivre son action. Arrêté par la Gestapo la veille de l'invasion de la zone sud par les Allemands le 11 novembre 1942, il est déporté en Allemagne et interné jusqu'à la fin de la guerre. Arrêté à son retour d'Allemagne, accusé de haute trahison et emprisonné par les gaullistes, il bénéficie d'un non lieu, devient le défenseur de la mémoire du maréchal Pétain, puis le soutien des partisans de l'Algérie française pendant la guerre d'Algérie.

Whitman, Walt : Walt Whitman, né le 31 mai 1819 à Long Island et mort le 26 mars 1892 à Camden, est un poète et écrivain américain.

 

 

 

 

 

Posté par GirlyMamie à 14:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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