MES LECTURES CLASSIQUES

23 avril 2019

LA MODE DE 1830 A 1840

Les jupes s'élargissent, le décolleté horizontal est dans la prolongation de manches très bouffantes, s'arrêtant au coude ou au poignet (on les appelle les "manches gigot"). Le bas de la robe redescend mais pas jusqu'à terre, il laisse apparaître le bout de la chaussure. On aime beaucoup les noeuds et les volants. Les étoles et les châles sont de mise lorsqu'il fait frais. Pour les chapeaux, la mode est aux capotes bien larges autour du vidage, garnies de fleurs et de rubans.

Ces dames se coiffent avec des torsades ou des tresses couvrant les oreilles et les cheveux de l'arrière sont montés, très haut, en chignon tarabiscoté (dit parfois "en papillon"), ornés de fleurs, de plumes, donnant encore plus de hauteur. 

Pas beaucoup de changement pour les messieurs, comme d'habitude. Le trio veste, gilet, pantalon reste de mise, avec une cravate souple.

03

04

05

07

 

Film Les Misérables :

10

11

 

 

Posté par GirlyMamie à 08:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]


21 avril 2019

** L'OEUVRE - EMILE ZOLA

Quatorzième tome des Rougon-Macquart !

INCIPIT

Claude passait devant l'hôtel de ville, et deux heures du matin sonnaient à l'horloge, quand l'orage éclata.

02

RESUME

Claude Lantier est le fils de Gervaise Macquart et d’Auguste Lantier (voir L'Assommoir, roman où l’on apprend qu’il a été amené à l’âge de huit ans à Plassans par un vieux monsieur séduit par la qualité de ses dessins). Il apparaît aussi dans Le Ventre de Paris. Il a pour amis le romancier Sandoz et d’autres peintres ou sculpteurs. Il combat pour imposer une nouvelle forme de peinture, bien éloignée des canons néo-classiques qui ont la faveur des expositions officielles. Si certains d’entre eux réussissent finalement à s’imposer, Lantier va pour sa part d’échec en échec, demeurant incompris du public et souvent de ses propres amis.

Le roman est aussi une histoire d’amour et d’amitié. Claude Lantier a rencontré un soir de pluie, sous le porche de son immeuble, une jeune femme prénommée Christine, avec qui il partagera sa vie et ses échecs. Il finit par se détacher de sa femme pour passer son temps dans un grand hangar où il a entrepris une œuvre gigantesque, une toile qu’il laissera inachevée et devant laquelle il se pendra.

MON AVIS

Ce n'est vraiment pas le mieux de la série, je me suis ennuyée. Les personnages principaux, Claude et Christine, et leur parcours, sont intéressants, mais il y a beaucoup trop de blabla autour d'eux (détail du quotidien) et du sujet principal : la création.

Il m'a cependant profondément touchée, ce pauvre Claude ; artiste dans l'âme, mais incapable de finir une oeuvre, incapable de convaincre, alors qu'il a la peinture au fond des tripes. Cela m'a fait penser... à moi et l'écriture : malgré le besoin dévorant d'écrire chaque jour, jour après jour, depuis au moins 50 ans, des centaines d'ébauches, des romans inachevés, des nouvelles, et jamais le moindre succès auprès d'un éditeur. Son ami journaliste-écrivain doute d'ailleurs aussi, constamment, même après avoir publié un certain nombre d'oeuvres mais qui n'ont pas reçu le succès espéré... 

Je me suis sentie "comprise" dans ces moments. Mais ce sont des passages relativement courts, le reste du roman est un peu barbant...

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

L’Œuvre est publié en 1886, c'est le quatorzième volume de la série Les Rougon-Macquart. L’ouvrage nous entraîne dans le monde de l’art et des artistes, à travers le portrait d’un peintre maudit, Claude Lantier, dont le personnage évoque Paul Cézanne, grand ami de Zola.

10

La légende, aujourd'hui controversée

S'il a longtemps été admis que L'Œuvre est à l'origine d'une brouille entre l'écrivain et le peintre, vexé, cette hypothèse est remise en cause aujourd'hui.

Claude est un homme rude, taciturne et colérique qui ne vit que pour peindre. « Je ne veux pas m’en aller avec toi, je ne veux pas être heureux, je veux peindre. » Frappé par la fêlure d’origine de son aïeule Adélaïde Fouque, Claude est un peintre qui ne parvient pas à accoucher de son génie. Il échoue dans ses toiles, les laissant au state d’ébauche ou au contraire s'acharne à les peindre et reprendre sans cesse ce qu'il a fait. Travaillant jusqu’à l’épuisement, Claude ne laissera pourtant aucune œuvre.

Artistiquement, il se place dans la veine impressionniste. Dans son roman, Zola nomme cette école les « pleinairistes », répondant ainsi au tableau Plein Air de Claude, qu’il présente à son premier salon. Ce tableau est inspiré du Déjeuner sur l’herbe de Manet, qui provoque les mêmes rires que le tableau du roman, ce dont s’indigne Edmond de Goncourt qui trouve cette ressemblance désobligeante pour Manet. La dégénérescence héréditaire de Claude, sa folie face à l’obsession que sera sa grande toile, son Œuvre, le font changer à la fin du roman ; de celui qui veut peindre la vraie vie, les véritables couleurs, il annonce les peintres symbolistes avec sa grande Femme nue qui prend des allures d’allégorie du désir insatiable.

Sandoz est le romancier de L’Œuvre ; Zola en fait son double de manière très explicite, quand il met dans sa bouche son propre projet des Rougon-Macquart : « Je vais prendre une famille, et j’en étudierai les membres, un à un, d’où ils viennent, où ils vont, comment ils réagissent, les uns sur les autres ; enfin, une humanité en petit, la façon dont l’humanité pousse et se comporte… » Zola insère quelques anecdotes autobiographiques pour construire le personnage de Sandoz, en lui donnant par exemple son goût pour la cuisine aixoise et en le logeant dans les rues où il a lui-même vécu, comme la rue des Batignolles.

Les impressionnistes

L’impressionnisme est né de l'association d'artistes de la seconde moitié du XIXe siècle en France. Fortement critiqué à ses débuts, ce mouvement se manifeste notamment de 1874 à 1886 par des expositions publiques à Paris, et marque la rupture avec la peinture académique, très en vogue à l'époque, et l'avènement de "l'art moderne". Ce mouvement pictural est principalement caractérisé par des tableaux de petit format, des traits de pinceau visibles, la composition ouverte, l'utilisation d'angles de vue inhabituels, une tendance à noter les impressions fugitives, la mobilité des phénomènes climatiques et lumineux, plutôt que l'aspect stable et conceptuel des choses, et à les reporter directement sur la toile, le goût des paysages, de la peinture sur le motif en plein air.  

Le "Salon"

Le roman nous décrit la vie d'un peintre à la fin du XIXe, et son objectif : être admis au Salon ! On retrouve ce thème dans Fort comme la mort de Maupassant.

Le Salon de peinture et de sculpture est une manifestation artistique se déroulant à Paris depuis le XVIIIe siècle, qui exposait les œuvres des artistes agréées par l'Académie des beaux-arts, de 1725 à 1880. En 1881 elle prend le nom de Salon des artistes français, destiné à présenter l'art officiel. L'objectif initial du salon est de présenter les œuvres des derniers lauréats de l'École des beaux-arts.

117927014

Au XVIIe, les peintres et sculpteurs du roi, avec à leur tête Charles Le Brun, vont entreprendre un long travail d'influence auprès de Mazarin et de la régente (le roi Louis XIV a à peine 10 ans) pour mettre en place une institution nouvelle répondant à leurs revendications. Ils obtiennent gain de cause et en 1648, la création de l’Académie royale de peinture et de sculpture est approuvée, elle est créée à Paris et se dote d’une structure, de personnels et d’une doctrine.
 
La doctrine s’appuie sur la hiérarchie des Genres, héritée de l’Antiquité. Par ordre décroissant de prestige, cette hiérarchie place en tête :
la peinture d’histoire (profane, religieuse ou allégorique), et viennent ensuite :

  • le portrait,
  • la peinture de genres (mises en scènes d’êtres humains considérés dans leur existence quotidienne),
  • le paysage,
  • et la nature morte.

On passe en fait de ce qui exige le plus d’imagination et de créativité, pour lequel il faut plus de talent, à ce qui est considéré comme de la copie pure du réel.

Pour être reçu à l’Académie, l’aspirant doit d’abord soumettre une ou plusieurs œuvres. Ensuite, il réalise le projet validé et le présente pour réception. L’œuvre s'appelle alors « morceau de réception » et devient propriété de l’Académie. Ces œuvres sont montrées au public au cours d’expositions. La première exposition est organisée au Palais-Royal en 1667. Après une certaine désaffection, l’Académie s’installe au Louvre en 1692, et ce jusqu'en 1706. Le terme « Salon » apparaît en 1725. En juillet 1793, la Convention supprime toutes les académies et crée une Commune générale des arts. C'est elle qui organise le Salon de 1793 dans un contexte difficile.

L'esthétique néoclassique prédomine dans les Salons après la Révolution, sous le Directoire, le Consulat et le Premier Empire. C'est le romantisme, avec notamment Eugène Delacroix, qui permet la véritable diversification des écoles de peinture, aboutissant à la création de salons indépendants du pouvoir politique après le Second Empire. On note en 1863 la tenue de l'unique Salon des refusés qui, à l'initiative de Napoléon III, tenta de répondre à la vague de protestations soulevée par le nombre très important d'œuvres refusées par le jury.

117927078

La Troisième et la Quatrième République ont constitué les seules véritables périodes de totale liberté artistique en France puisque, contrairement aux régimes précédents, elles n'imposent pas d'art officiel. Cette liberté totale de créer a pu s'épanouir, en grande partie aussi grâce à la volonté de quelques hommes politiques, souvent francs-maçons, qui refusent toute contrainte en art comme en matière religieuse et qui se sont investis à titre personnel pour soutenir la création de Salons hors de la mainmise gouvernementale.

L'Union des femmes peintres et sculpteurs crée son Salon des femmes peintres et sculpteurs en 1882 rue Vivienne à Paris ; il prendra fin en 1990. On voit se constituer, avant la Première Guerre mondiale, d'autres sociétés autogérées d'artistes — peintres, sculpteurs, graveurs —, qui exposent chaque année au Grand Palais : le Salon des indépendants (depuis 1884), le Salon d'automne (depuis 1903), le Salon d'hiver (depuis 1907). L'offre est aujourd'hui s'est éparpillée en salons et expositions indépendantes.

MES EXTRAITS FAVORIS

Mais ce que je sens, c'est que le grand décor romantique de Delacroix craque et s'effondre ; et c'est encore que la peinture noire de Courbet empoisonne déjà le renfermé, le moisi de l'atelier où le soleil n'entre jamais... Comprends-tu, il faut peut-être le soleil, il faut le plein air, une peinture claire et jeune, les choses et les êtres tels qu'ils se comportent dans de la vraie lumière...

On pense évidemment à la saga des Rougon-Macquart...

D'abord, épris des besognes géantes, il avait eu le projet d'une genèse de l'univers, en trois phases : la création, rétablie d'après la science ; l'histoire de l'humanité, arrivant à son heure jouer son rôle, dans la chaîne des êtres ; l'avenir, les êtres se succédant toujours, achevant de créer le monde, par le travail sans fin de la vie.

Un solitaire (comme moi !) :

C'était une paix absolue, la certitude qu'il ne viendrait personne, que pas un coup de sonnette ne le dérangerait, à aucun moment de la journée. Il poussait si loin cette peur du dehors, qu'il évitait de passer devant l'auberge des Faucheurs, dans la continuelle crainte de tomber sur une bande de camarades, débarqués de Paris. 

Un monomaniaque (comme moi !) :

Pourquoi changer ce qui était bon ? est-ce que le bonheur n'était pas dans une joie choisie entre toutes, puis éternellement goûtée ?

Les affres de la création :

Il souffrait comme un damné roulant l'éternelle roche qui retombait et l'écrasait ; mais l'avenir lui restait, la certitude de la soulever de ses deux poings, un jour, et de la lancer dans les étoiles.

***

Il suffit de se dire qu'on a donné sa vie à une oeuvre, qu'on n'attend ni justice immédiate, ni même examen sérieux, qu'on travaille enfin sans espoir d'aucune sorte, uniquement parce que le travail bat sous votre peau comme le coeur, en dehors de la volonté ; et l'on arrive très bien à en mourir, avec l'illusion consolante qu'on sera aimé un jour...

***

Puis j'en crèverai, furieux contre moi, exaspéré de n'avoir pas eu plus de talent, enragé de ne pas laisser une oeuvre plus complète, plus haute, des livres sur des livres, l'entassement d'une montagne ; et j'aurai, en mourant, l'affreux doute de la besogne faite, me demandant si c'était bien ça, si je ne devais pas aller à gauche, lorsque j'ai passé à droite ; et ma dernière parole, mon dernier râle sera pour vouloir tout refaire...

 

Posté par GirlyMamie à 11:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

19 avril 2019

CHRISTIAN SIGNOL

Christian Signol est un écrivain français notamment connu pour sa trilogie La Rivière Espérance.

Il est né dans le Quercy, en 1947, dans la commune des Quatre-Routes-du-Lot, un petit village au pied du causse de Martel, qui restera son paysage favori et inspirera plus tard toute sa littérature. Il vit une enfance heureuse dominée par la présence féminine de sa mère et de sa grand-mère, bercée par la lumière des collines, les parfums de la campagne et les mystères sauvages de la nature.

16

Après des études de lettres et de droit (1965-1970), Christian Signol se marie en 1970, devient père, puis s'installe avec sa famille à Brive-la-Gaillarde où il a été recruté comme rédacteur administratif à la mairie. Il sera par la suite directeur d’un service de Contentieux et Marchés publics.

Il commence sa carrière d'écrivain en 1984 avec le premier tome du roman Les Cailloux bleus, qui remporte un grand succès. Le deuxième tome paraît l’année suivante. Signol écrit aussi pour la presse : il a longtemps tenu une chronique hebdomadaire dans Le Populaire du Centre, quotidien régional limousin. En 1990, il publie la trilogie romanesque La Rivière Espérance. La notoriété de l'écrivain se consolide et il devient l'un des auteurs français les plus lus.

Ses derniers romans Nos si beaux rêves de jeunesse et Dans la paix des saisons parus en 2015 et 2016 évoquent les thèmes des verts paradis enfantins et du refuge restructurant de la nature.

Il a reçu de nombreux prix.

ROMANS

  • 1984 : Les Cailloux bleus, tome 1
  • 1985 : Les Menthes sauvages, Les Cailloux bleus, tome 2 
  • 1986 : Antonin, paysan du Causse
  • 1987 : Les Chemins d'étoiles
  • 1988 : Les amandiers fleurissaient rouge
  • 1989 : Marie des Brebis 
  • 1990 : La Rivière Espérance, tome 1 
  • 1991 : Le Royaume du fleuve, La Rivière Espérance, tome 2 
  • 1992 : Adeline en Périgord
  • 1993 : L'Âme de la vallée, La Rivière Espérance, tome 3
  • 1994 : L'Enfant des terres blondes
  • 1995 : Trésors d'enfance
  • 1996 : Bonheurs d'enfance
  • 1996 : Les Vignes de Sainte-Colombe, tome 1 
  • 1997 : La Lumière des collines, Les Vignes de Sainte-Colombe, tome 2
  • 1998 : La Promesse des sources
  • 1999 : Bleus sont les Étés
  • 1999 : Les Chênes d'or
  • 2000 : Les Noëls blancs, Ce que vivent les hommes, tome 1
  • 2001 : Les Printemps de ce monde, Ce que vivent les hommes, tome 2
  • 2002 : Une année de neige
  • 2003 : Cette vie ou celle d'après
  • 2004 : La Grande Île
  • 2005 : Les Vrais Bonheurs
  • 2005 : Les Messieurs de Grandval
  • 2006 : Les Dames de la Ferrière, Les messieurs de Grandval, tome 2
  • 2007 : Un matin sur la terre
  • 2008 : Ils rêvaient des dimanches, C'était nos familles, tome 1
  • 2009 : Pourquoi le ciel est bleu, C'était nos familles, tome 2.
  • 2010 : Une si belle école
  • 2011 : Au cœur des forêts 
  • 2012 : Les Enfants des justes
  • 2013 : Tout l’amour de nos pères
  • 2014 : Une vie de lumière et de vent
  • 2015 : Nos si beaux rêves de jeunesse, tome 1
  • 2016 : Se souvenir des jours de fête, Nos si beaux rêves de jeunesse tome 2
  • 2016 : Dans la paix des saisons
  • 2017 : La Vie en son royaume 
  • 2018 : L'été de nos vingt ans

D'après Wikipédia

 

Posté par GirlyMamie à 08:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 avril 2019

LE PAYS DE LA LIBERTE - KEN FOLLETT - 1/5

Un petit roman historique pour changer. Une de mes périodes préférées : le XVIIIe. Mon premier Ken Follett.

LE DEBUT

Ecosse, XVIIIe. Le jeune Mack travaille dans les mines de charbon ; un travail extrêmement pénible, peu rémunérateur ; les ouvriers sont considérés comme des esclaves "appartenant" à leur propriétaire, jusqu'à l'âge de 21 ans. Pendant un an ils sont libres de changer de métier et de partir. C'est ce que fait Mack, épris de liberté et décidé à faire quelque chose de sa vie. Parallèlement, Lizzie, rebelle jeune fille de la bonne société, va épouser Jay Jamisson, fils cadet de richissimes propriétaires de mines. Mack et Lizzie se sont croisés, ils ont grandi dans la même petite ville. Ils se recroisent à Londres : Mack y est docker, Lizzie y emménage avec son fiancé...

15

L'AUTEUR

Ken Follett, né le 5 juin 1949 à Cardiff, est un écrivain gallois spécialisé dans les romans d'espionnage et historiques.

Il obtient une licence de philosophie à l'University College de Londres. Après l'université, il travaille en tant que journaliste à Cardiff puis à Londres où il commence à écrire. En 1978, son roman L'Arme à l'œil devient un succès de librairie pour lequel il recevra l'année suivante le prix Edgar-Allan-Poe du meilleur roman.

Plusieurs caractéristiques expliquent l'efficacité des romans historiques de Ken Follett : ma qualité de la documentation historique réunie pour chaque roman (l'auteur remercie d'ailleurs les documentalistes qui ont collationné ces documents) ; le style d'écriture « journalistique » qui privilégie à la fois les descriptions détaillées des lieux et des situations, les rappels et l'élaboration de la psychologie des personnages, révélée tant par leurs actions que par leurs monologues intérieurs et l'amplitude de leurs sentiments. Cette écriture trouve son sommet dans le plus lu des romans de Follett, Les Piliers de la Terre, saga romanesque sur fond de construction de cathédrales au XIIe siècle.

La technique narrative mise au point par Ken Follett dans ses romans est donc parfaitement contemporaine. Elle se rattache à l'écriture du cinéma et des séries télévisées : Effets narratifs très visuels avec des descriptions détaillées, psychologie des personnages aisément mémorisable, découpage s'accélérant progressivement jusqu'au dénouement final.

MON AVIS

Je suis très déçue... C'est plutôt un roman à l'eau de rose qu'un roman historique. Enormément de remplissage avec des descriptions ennuyeuses (on est loin de Victor Hugo, c'est clair), froides, sans âme. L'écriture "cinématographique" évoquée dans la bio de l'auteur ci-dessus est bien là ! On a l'impression de décors en carton-pâte, de scènes au ralenti car décrites geste après geste, le tout avec des personnages inconsistants ; rien ne nous fait rêver, rien ne nous emporte ailleurs ; je baillais en lisant.

Le contexte historique, bien qu'il soit vu et revu, trouve le moyen d'être "cliché" ; un poil des mines de Germinal, un soupçon des plantations de Autant en emporte le vent, et même quelques Amérindiens bien gentils... On entend vaguement parler des désirs d'indépendance des colonies américaines qui sont en train de se développer. Mais rien n'et approfondi. Les épisodes s'enchaînent sans être développés. 

Alors ? Un roman historique ? Non, on n'en apprend pas suffisamment. Une romance ? Non, les personnages n'ont pas d'âme et leur histoire d'amour ne pas donné la moindre émotion.

00

Sans compter quelques bizarreries de traduction : le terme "Mère" utilisé même s'il n'y a pas de dialogue ; le mot "crinolines" alors qu'elles datent du sièce d'après : au XVIIIe, c'était des "paniers" qui tenaient les jupes... 

Vraiment nul.

FAITS HISTORIQUES REELS (merci Wiki)

Les mines de charbon en Ecosse au XVIIIe siècle

L'Écosse possédait autrefois un grand nombre de mines de charbon, la plupart d'entre elles se situent dans la central valley entre Édimbourg et Glasgow, ou un petit peu plus au nord de celle-ci.  

Les moines de Newbattle Abbey ont créé la première mine de charbon d'Écosse au XIIIe siècle. Les autres sites miniers anciens sont des monastères et des exportations sont notées dès le XVe siècle, mais pas d'exploitation en profondeur.

Le doublement de la population anglaise entre 1530 et 1650 crée des besoins en charbon, le bois des forêts ne suffisant plus.

Les mines écossaises participent à la satisfaction de à cette demande accrue.Les historiens du charbon, John U. Neff et John Hacher, estiment cependant que la production écossaise a régulièrement été surestimée.

Une annonce passée en mai 1722 dans le journal Edinburgh Evening Courant montre que des travailleurs noirs sont employés dans des mines d'Écosse. En 1756, Robert Sheddan, un maitre dont l'un des esclaves réclame la liberté perd en justice, créant la première jurisprudence anti-esclavagiste, bientôt suivie par d'autres. L’Écosse a de fait des traditions de servage qui sont transposées dans les minesir.

C'est en 1775 qu'est voté le Colliers and Salters (Scotland) Act qui abolit le Anent Coalyers and Salters Act de 1606, considéré comme esclavagiste, terme utilisé dans la loi de 1775 pour qualifier celle de 1606, qui interdisait de quitter l'exploitation minière pour aller chercher du travail ailleurs.  

Les mines d’Écosse ont fait travailler jusqu’au début du XVIIIe siècle des enfants, profitant de leur petite taille pour les faire passer dans des galeries étroites et moins coûteuses à creuser. Le peu d’épaisseur des couches de houille, et le peu d’élévation des galeries qui en est la suite, sont les causes de cet emploi abusif des enfants.  

Lors de la révolution industrielle, l'Écosse subit la concurrence de bassins miniers situés plus près de la métropole londonienne, comme les mines de charbon du Pays de Galles, avec une expansion spectaculaire dès la fin du XVIIIe siècle. Plus proche de Liverpool et Manchester, les mines de charbon du Lancashire connaissent aussi une très forte croissance, facilitée par les aménagements de rivière en Angleterre puis le creusement d'un réseau de canaux qui les relient à toutes les villes des environs.

01

John  Wilkes

John Wilkes (17 octobre 1725 – 26 décembre 1797) est un homme politique et journaliste britannique. Député au Parlement de Westminster, Lord-Maire de Londres, son nom reste attaché aux scandales et aux émeutes que provoquent ses articles et ses combats pour la liberté de la presse, l'inviolabilité parlementaire et le droit des classes moyennes à élire leurs représentants.

Il est à l'origine d'une célèbre affaire sous le règne de George III connue en France sous le nom d'affaire Wilkes, ou pour la distinguer de la « seconde affaire Wilkes », affaire des Imprimeurs ou affaire du North Briton. Elle s'inscrit dans un contexte de mécontentement populaire à Londres aux lendemains de la Guerre de Sept Ans. Elle révèle les intentions du roi George III d'affirmer son pouvoir, après la relative faiblesse de ses deux prédécesseurs.

Boston Tea Party

La Boston Tea Party est une révolte politique à Boston, capitale de la province de la baie du Massachusetts, contre le Parlement britannique en 1773. Depuis la promulgation du Stamp Act en 1765, et les Townshend Acts de 1767, la Grande-Bretagne peut taxer ses treize colonies américaines. Cette décision est très mal perçue par les habitants des colonies, car ils ne sont pas représentés au parlement de Westminster et entendent faire respecter le principe selon lequel un territoire non représenté ne peut pas être taxé.

Le Royaume britannique est alors confronté à de lourds problèmes de trésorerie et le roi George III décide d'augmenter plus fortement les taxes commerciales à l'encontre des colonies. Le thé, l'un des produits dont la taxe est la plus exorbitante, est devenu un point de discorde symbolique entre la métropole et ses colonies. John Hancock organise un boycott du thé de Chine vendu par la Compagnie anglaise des Indes orientales dont les ventes dans les colonies passent de 145 000 kg à 240 kg. Les Américains se fournissent ailleurs et font de la contrebande.

En 1773, le gouvernement britannique fait alors passer le Tea Act qui autorise la Compagnie à vendre du thé aux colonies sans payer les taxes, cette mesure lui permettant de vendre son thé moins cher que les autres importateurs et autres contrebandiers. Elle provoque la ruine des marchands indépendants et la colère des colons anglais d'Amérique.

À New York, des affiches sont placardées. Elles critiquent la Compagnie britannique des Indes orientales et militent en faveur des libertés commerciales américaines. John Dickinson appelle au boycott de la Compagnie, les marins qui tentent de débarquer le thé sont passés au supplice du goudron et des plumes.

01

Six navires chargés de thé arrivent dans les ports des colonies : un à New York, un à Philadelphie, un à Charleston, et les trois autres à Boston. Les colons empêchent les cargaisons d'être débarquées, et les bateaux doivent repartir vers l'Angleterre avec tout leur thé, sauf les navires ancrés à Boston. Le gouverneur Thomas Hutchinson interdit aux bateaux de repartir avant d'avoir déchargé leur cargaison.

Le 16 décembre 1773, soixante Bostoniens nommés Les Fils de la Liberté grimpent à bord des trois navires (le Dartmouth, le Eleanor et le Beaver) costumés en Amérindiens car ces derniers suscitent la terreur à cette époque. Silencieusement, ils ouvrent les tonneaux et jettent 342 caisses de thé par-dessus bord.  

Cet événement suscite de nombreuses réactions de la part de personnalités de métropole et des colonies. Le gouvernement britannique réplique en fermant le port de Boston.

La Boston Tea Party est l'un des événements symboliques de la révolution américaine et annonce la guerre d'indépendance américaine.  

Le 7 mars 1774 une nouvelle Tea Party a lieu sur le Fortune.

George Washington

George Washington, né le 22 février 1732 à Pope's Creek (colonie de Virginie) et mort le 14 décembre 1799 à Mount Vernon (État de Virginie), est un homme d'État américain, chef d’État-major de l’Armée continentale pendant la guerre d’indépendance entre 1775 et 1783 et premier président des États-Unis, en fonction de 1789 à 1797.

Washington est l'un des planteurs les plus riches de la région avec son domaine de Mount Vernon. Grâce à sa participation à la guerre de Sept Ans qui se déroule entre 1756 et 1763, il devient rapidement célèbre des deux côtés de l'Atlantique et s'intéresse aux questions politiques. Son engagement dans la révolution américaine ainsi que sa réputation le portent au poste de commandant des troupes américaines, qu'il organise et mène à la victoire finale, avec l'aide des Français, sur la métropole britannique. Après le conflit, il participe à la rédaction de la Constitution des États-Unis et fait l’unanimité lors de la première élection présidentielle. Pendant ses deux mandats, George Washington montre ses qualités d'administrateur habile, malgré les difficultés internes et les conflits en Europe. Il a laissé son empreinte sur les institutions du pays et sur l’histoire des États-Unis.

Considéré comme l'un des Pères fondateurs des États-Unis par les Américains, George Washington a fait l'objet de nombreux hommages : son nom a été donné à la capitale des États-Unis, à un État du nord-ouest de l'Union, ainsi qu'à de nombreux sites et monuments. Son effigie figure depuis 1932 sur la pièce de 25 cents (quarter) ainsi que sur le billet d'un dollar.

 

Posté par GirlyMamie à 10:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 avril 2019

* 1Q84 - Livre 3 - HARUKI MURAKAMI

Va-t-on enfin savoir qui sont les Little People et cette étrange secte et ce monde parallèle ?

INCIPIT

"Pourriez-vous vous abstenir de fumer, monsieur Ushikawa ?" dit l'homme le plus petit.

19

RESUME

Ushikawa enquête sur la mort du Leader. Il commence à dénouer l'intrigue qui mène vers Aomamé. Pendant ce temps, Tengo visite son père, dans le coma et lui fait la lecture.

MON AVIS

Je suis extrêmement déçue. Attention, la suite contient des "spoilers". Ne la lisez pas si vous voulez découvrir cette trilogie ; ce n'est pas parce que j'ai pas aimé qu'elle n'a pas ses qualités, et notamment un charme fou. Peut-être que vous, vous comprendrez l'énigme, auquel cas je vous invite à partager vos analyses via les "commentaires" en bas du post.

J'avais déjà eu de gros doutes lors de la lecture du tome 2 : beaucoup de blabla, une intrigue qui n'en finit pas, et tous ces mystères posés pour lesquels on attend désespérément des explications qui ne viennent jamais...

Au début, le détective payé par la Secte mène l'enquête pour retrouver l'assassin du Leader. On se dit que lui va enfin dérouler tous les fils et nous apporter des réponses. Que nenni ! On lit, on lit, on lit... avec avidité, la langue pendante... dans l'attente de savoir qui sont ces Little People, pourquoi Aomamé et Tengo semblent avoir été "choisis" pour se retrouver dans ce monde parallèle qu'est 1Q84, pourquoi leur faut-il un "canal" (Fukaéri) pour que le spermatozoïde de Tengo arrive dans l'utérus d'Aomamé et fasse un bébé alors qu'ils n'ont jamais fait l'amour (et d'ailleurs où est-elle passé, Fukaéri ?), pourquoi Aomamé comprend-elle qu'elle doit retourner en 1984 pour avoir la paix, que signifient ces daughter-mother, que sont ces "chrysalides de l'air" ? Bref, avouons-le, je n'ai strictement RIEN compris. Mais dans le second tome, l'auteur nous avait dit que celui qui ne comprend pas n'a pas besoin d'explication, il ne comprendra jamais... un truc de ce genre. Voir Livre 2. C'est-à-dire que si vous n'avez pas pigé, ben c'est que vous êtes débile.

Ah ouais ? C'est un peu facile. Le talent de l'auteur se résumerait-il à sa seule propension à nous tenir en haleine, en multipliant les pistes et les mystères, et sans tenir ses promesses, nous laissant pantelants et très déçus ? Du coup, je ressens un peu de colère qui remonte : je vais faire pareil, moi ; je vais écrire un truc avec toutes sortes de choses invraisemblables (avec les mondes parallèles, on peut y aller, y a du potentiel pour faire six tomes !) pour appâter le lecteur, et peu importe la fin, il se débrouillera avec ça, le lecteur. S'il n'a pas compris, c'est qu'il est idiot. Et moi un génie.

12

 

Illustration de Camille Pfister

J'ai lu de nombreuses analyses trouvées sur le web, tirées de la presse nationale et des meilleurs critiques de livres : elles sont brumeuses, leurs explications, je dirais même fumeuses ! Tous s'accordent à dire que c'est hypnotique et puissant, vertigineux et plein de philosophie (cachée)... eux, apparemment, ils ont tout capté, mais, c'est étrange, ils ne nous donnent en rien un début d'explication de cette histoire étrange. Nouvelle conclusion : vous êtes décidément tout à fait débile. Ils s'accordent à dire que c'est un merveilleux "plagiat" de 1984 de George Orwell, transposé dans notre monde à nous. Je ne l'ai pas lu, 1984, il faudrait que je le fasse d'ailleurs, mais quand j'en vois le résumé, je ne trouve aucun rapport avec le livre de Murakami. Je me sens vraiment une parfaite idiote.

J'en veux à ces auteurs, encensés par la presse bien-pensante parisienne, dont la substantifique moelle ne peut être comprise que par les élites...

La fin est ouverte... on ne sait pas avec certitude si Tengo et Aomamé sont revenus en 1984... s'agit-il d'un autre monde parallèle ? Un tome 4 est-il en vue ?

Le pire, c'est que je le lirai peut-être. Pour savoir qui sont ces sacrés foutus Little People et leurs chrysalides...

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Voir livre 1

Le sceau en Extrême-Orient

Le sceau en Extrême-Orient est une forme d'identification graphique utilisée pratiquement depuis l'invention de l'écriture, et utilisée par les empereurs de Chine d'abord, puis de Corée et du Japon, pour signer leurs actes officiels. Même à l'époque actuelle, les sceaux sont utilisés couramment en Extrême-Orient en lieu et place d'une signature manuelle (sans l'exclure toutefois), pour authentifier des documents officiels ou des transactions financières, se marier, etc. Dans certains cas, il arrive que seule l'application de son sceau personnel soit valable, et non sa signature manuelle. Et ceci aussi bien pour les grands de ce monde que pour les particuliers.

Les sceaux d'Extrême-Orient portent généralement le nom de la personne ou de l'organisation qu'ils représentent, mais ils peuvent aussi porter un décor symbolique, un poème, une devise personnelle, ou encore un animal stylisé du bestiaire oriental... Parfois, ils reprennent des marques antiques bien connues des lettrés. 

Les sceaux sont si importants en Extrême-Orient que les étrangers qui y font fréquemment des affaires sont amenés à faire graver leur propre sceau.

13

Traditionnellement, l'encre est rouge, pour contraster avec l'encre de Chine noire utilisée par ailleurs, ou la dactylographie noire d'aujourd'hui.

L'encrage et l'application du sceau est un art à part entière que l'on ne maîtrise qu'après des années de pratique laborieuse, d'essais multiples. Le choix du sceau selon le support (œuvre d'art) est toujours délicat, ainsi que sa position sur l'espace de la page qui doit tenir compte de l'équilibre entre le plein et le vide pour que le chi (l'énergie) circule : notions précisément orientales. Lors de l'application sur le papier, la procédure diffère selon qu'il s'agit d'une encre à base de soie, ou d'une encre à base de plante : dans le premier cas, on applique le sceau avec une forte pression, le papier posé sur une surface souple, et en basculant le sceau d'avant en arrière et de gauche à droite ; dans le cas d'une encre à base de plante, on n'utilise qu'une pression légère et le sceau est retiré du papier en commençant par un côté, car un retrait vertical pourrait créer un arrachement du papier.  

Les pays où l'utilisation du sceau est traditionnelle sont la Chine, le Japon, et la Corée, mais aussi le Viêt Nam qui a une tradition ancienne de cet usage. À l'époque où la dynastie Yuan, d'origine mongole, régnait sur la Chine, l'usage du sceau s'était répandu jusque dans certaines régions de Perse.

Toutes les peintures traditionnelles de Chine, du Japon, de Corée, du Viêt Nam comportent le sceau de l'artiste, et parfois celui des propriétaires successifs de l'oeuvre.  

Les sceaux sont toujours utilisés dans toutes sortes de contextes : par exemple, pour retirer un courrier recommandé ou un colis, le sceau sert d'identification, comme une signature. Dans les banques également, la méthode traditionnelle d'identification est le sceau personnel.  Aujourd'hui, l'identification personnelle passe souvent par une signature manuelle accompagnée de l'empreinte du sceau car ils sont plus difficiles à contrefaire qu'une signature, et seul leur propriétaire a accès à son propre sceau.

Au Japon, il existe 4 types de sceaux (hanko) :

  • le jitsu in est un sceau enregistré officiellement. Un tel sceau est nécessaire pour conclure des affaires ou toute autre activité importante ou entraînant un engagement juridique : achat d'une voiture, d'un terrain, mariage... 
  • le ginko in est utilisé spécifiquement pour la banque (ginko veut dire « banque »). Le relevé des transactions bancaires d'une personne contient une impression originale du ginko de cette personne, à côté du sceau d'un employé de la banque. Les règles concernant la taille et la forme du ginko peuvent varier d'une banque à l'autre.
  • Le mitome in est un sceau ayant un caractère officiel encore amoindri, utilisé pour retirer des colis postaux par exemple, ou encore signer des notes internes dans une entreprise, ou pour toute autre activité quotidienne n'impliquant pas un réel problème de sécurité des transactions.
  • Le gago in est utilisé par les artistes pratiquant un art graphique pour décorer et signer leurs œuvres. C'est là une tradition qui existe depuis plusieurs siècles. Ces signatures sont fréquemment des noms d'artiste ou des surnoms. Les décorations sont souvent de très courtes phrases ou des slogans choisis par l'artiste. 

14

La Tour de Jung ou Tour de Bollingen

Elle est évoquée dans le roman, et même si elle n'y a pas une importance capitale, son histoire est curieuse et intéressante.

La Tour de Bollingen est un bâtiment construit par le psychiatre suisse C. G. Jung, ayant l'apparence d'un petit château garni de plusieurs tours, situé à Bollingen sur la rive septentrionale du haut-lac (Obersee) de Zurich dans le canton de Saint-Gall en Suisse.

Jung fait l'acquisition du domaine en 1922, après la mort de sa mère. Il construit d'abord une habitation en pierre qu'il développe par la suite pour en faire sa « Turm » (tour). Sur une période de douze ans il ajoutera à la structure centrale trois bâtiments latéraux qui sont supposés rappeler la représentation de la psyché selon sa conception.

En 1950, à l'occasion de son soixante quinzième anniversaire, Jung installe au bord du lac, du côté ouest de la tour, un petit monument de forme cubique en pierre de taille, sur trois faces duquel il grave des inscriptions. Un second étage est ajouté après la mort de sa femme en 1955, qui symbolise une « extension de la conscience à laquelle il parvient dans sa vieillesse ».

Pendant la plus grande partie de sa vie, Jung a passé quelques mois par an Bollingen et y a réalisé maints travaux d'écriture, de peinture et de sculpture.

La propriété appartient désormais à une société familiale et n'est pas ouverte au public.

MES EXTRAITS FAVORIS

On doit du respect à un mort, qui vient d'accomplir en personne son acte ultime. Mourir.

 

Posté par GirlyMamie à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


07 avril 2019

OCTAVE MIRBEAU : SES ENGAGEMENTS ET SON OEUVRE

Sur le plan politique, Mirbeau s’est rallié officiellement à l'anarchisme en 1890. Mais, bien avant cette date, il est déjà révolté et réfractaire à toutes les idéologies aliénantes, radicalement libertaire, farouchement individualiste, irréductiblement pacifiste, résolument athée depuis son adolescence, anticlérical, antireligieux et antimilitariste.

Il s’est battu avec constance contre toutes les forces d’oppression, d’exploitation et d’aliénation : la famille et l’école « éducastratrices » ; l'Église catholique et les croyances religieuses (tout juste bonnes, selon lui, pour les pensionnaires de l’asile de Charenton) ; l’armée, les « âmes de guerre » et le bellicisme ; la presse vénale et anesthésiante ; le capitalisme industriel et financier, qui permet aux gangsters et prédateurs des affaires de se partager les richesses du monde ; les conquêtes coloniales, qui transforment des continents entiers en jardins des supplices ; et le système politique bourgeois, qui se prétend abusivement républicain, alors qu’il ne fait qu’assurer la mainmise d'une minorité sur tout le pays, avec la bénédiction des électeurs moutonniers, « plus bêtes que les bêtes » : aussi appelle-t-il ses lecteurs à faire la grève des électeurs : « Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est d’ailleurs pas en son pouvoir de te donner. [...] Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne disent rien, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit. »

06

Pamphlétaire efficace et d’autant plus redouté, Mirbeau met en œuvre une ironie démystificatrice, un humour noir dérangeant, voire pervers, et une rhétorique de l'absurde, dans l'espoir d’obliger certains de ses lecteurs à réagir et à se poser des questions, même s’il ne se fait guère d’illusions sur la majorité de son lectorat. Il recourt volontiers à l’interview imaginaire des puissants de ce monde, afin de mieux dévoiler leur médiocrité et leurs turpitudes. Une anthologie de ses articles a paru sous le titre de Combats politiques.

Ardent dreyfusard, il s’engage avec passion dans le combat pour les valeurs cardinales du dreyfusisme. Il rédige le texte de la pétition des intellectuels, qui paraît le 16 janvier 1898 ; il collabore à L'Aurore d’août 1898 à juin 1899 ; il participe à de multiples réunions publiques à Paris et en province, au risque, parfois, de se faire tabasser par les nationalistes et antisémites, comme à Toulouse, en décembre 1898, et à Rouen, en février 1899 ; et, le 8 août 1898, il paye de sa poche la grosse amende (avec les frais du procès), à laquelle a été condamné Émile Zola pour son J'accuse, paru le 13 janvier dans L'Aurore. En août 1898 également, dans L'Aurore, il tente de mobiliser les deux groupes sociaux dont l’union est la condition du succès : d’une part, les intellectuels, qui « ont un grand devoir... celui de défendre le patrimoine d’idées, de science, de découvertes glorieuses, de beauté, dont ils ont enrichi le pays, dont ils ont la garde et dont ils savent pourtant bien ce qu’il en reste quand les hordes barbares ont passé quelque part !... » ; d’autre part, les prolétaires, qui se sentent peu concernés par le sort d’un officier appartenant à la classe dominante : « L'injustice qui frappe un être vivant — fût-il ton ennemi — te frappe du même coup. Par elle, l'Humanité est lésée en vous deux. Tu dois en poursuivre la réparation, sans relâche, l’imposer par ta volonté, et, si on te la refuse, l’arracher par la force, au besoin. »

Conscient de sa responsabilité de journaliste écouté et d’écrivain prestigieux, il mène avant tout un combat éthique et, s'il s'engage dans les affaires de la cité, c’est en toute indépendance à l’égard des partis, en qui il n'a aucune confiance, et tout simplement parce qu’il ne peut supporter l’idée d’être complice, par son silence, comme tant d’autres par leur passivité, de tous les crimes qui sont perpétrés à travers le monde : « Je n’ai pas pris mon parti de la méchanceté et de la laideur des hommes. J’enrage de les voir persister dans leurs erreurs monstrueuses, de se complaire à leurs cruautés raffinées... Et je le dis », confie-t-il en 1910, alors que son état de santé le condamne à une semi-retraite. Son devoir est avant tout d’être lucide et de nous forcer à voir, en nous inquiétant, ce que, aveugles volontaires, nous préférons généralement éviter de regarder en face, histoire de préserver notre confort moral. Telle est donc la mission humaniste de la littérature : « Aujourd’hui l’action doit se réfugier dans le livre. C’est dans le livre seul que, dégagée des contingences malsaines et multiples qui l’annihilent et l’étouffent, elle peut trouver le terrain propre à la germination des idées qu’elle sème. […] Les idées demeurent et pullulent : semées, elles germent ; germées, elles fleurissent. Et l’humanité vient les cueillir, ces fleurs, pour en faire les gerbes de joie de son futur affranchissement. »

Parallèlement, en tant que critique d’art influent et doté d’une espèce de prescience, il pourfend l’art académique des Édouard Detaille, Jean-Louis-Ernest Meissonier, Alexandre Cabanel et William Bouguereau, il tourne en ridicule le système des Salons, ces « bazars à treize sous », ces « grandes foires aux médiocrités grouillantes et décorées », et il bataille pour les grands artistes novateurs, longtemps moqués et méconnus, parce que les sociétés, selon lui, ne sauraient tolérer le génie : « Tout l'effort des collectivités tend à faire disparaître de l’humanité l'homme de génie, parce qu’elles ne permettent pas qu’un homme puisse dépasser de la tête un autre homme, et qu’elles ont décidé que toute supériorité, dans n’importe quel ordre, est, sinon un crime, du moins une monstruosité, quelque chose d’absolument anti-social, un ferment d’anarchie. Honte et mort à celui dont la taille est trop haute ! »

Mirbeau se fait donc le chantre attitré d’Auguste Rodin, de Claude Monet et de Camille Pissarro ; il est l’admirateur de Paul Cézanne, d’Edgar Degas et d’Auguste Renoir, le défenseur d’Eugène Carrière, de Paul Gauguin — qui, grâce à ses articles élogieux, en février 1891, peut payer son voyage à Tahiti —, de Félix Vallotton, d’Édouard Vuillard et de Pierre Bonnard, le découvreur de Maxime Maufra, de Constantin Meunier, de Vincent van Gogh, de Camille Claudel, dont il proclame à trois reprises le « génie », d’Aristide Maillol et de Maurice Utrillo. Ses articles sur l'art ont été recueillis dans les deux gros volumes de ses Combats esthétiques, parus à la Librairie Séguier en 1993.

07

Buste par Rodin

Afin de pouvoir transformer la villa de Triel-sur-Seine en un lieu de villégiature pour les littérateurs et artistes « maltraités par le sort », sa veuve doit vendre leur importante collection de tableaux, aquarelles, pastels et dessins, par Paul Cézanne, Bonnard, Cross, Daumier, Paul Gauguin, Vincent van Gogh, Claude Monet, Berthe Morisot, Camille Pissarro, Renoir, Rodin, K.-V. Roussel, Seurat, Signac, Utrillo, Félix Vallotton, Valtat, Vuillard, et des sculptures par Camille Claudel, Aristide Maillol et Rodin, mise aux enchères publiques, le 24 février 1919, à la galerie Durand-Ruel.

Il mène aussi le combat pour des écrivains également novateurs : il lance notamment Maurice Maeterlinck en août 1890, par un article retentissant du Figaro, et Marguerite Audoux en 1910 ; il défend et promeut Remy de Gourmont, Marcel Schwob, Léon Bloy et Jules Renard, qu’il fait élire à l’Académie Goncourt en 1907, en menaçant de démissionner ; il vient en aide à Alfred Jarry et à Paul Léautaud ; il admire inconditionnellement Léon Tolstoï et Dostoïevski, qui lui ont révélé les limites de l’art latin, fait de clarté et de mesure ; il prend à deux reprises la défense d’Oscar Wilde condamné aux travaux forcés ; et il contribue à la réception en France de Knut Hamsun et d’Ibsen.

Nommé membre de l’Académie Goncourt par la volonté testamentaire d’Edmond de Goncourt, qu’il a plusieurs fois défendu dans la presse, Mirbeau fait entendre sa voix et se bat avec ferveur, à partir de 1903, pour de jeunes écrivains originaux qu’il contribue à promouvoir, même s’ils n’obtiennent pas le prix Goncourt : Paul Léautaud, Charles-Louis Philippe, Émile Guillaumin, Valery Larbaud, Marguerite Audoux, Neel Doff, Charles Vildrac et Léon Werth.

Ses chroniques sur la littérature et le journalisme ont été recueillies en 2006 dans ses Combats littéraires.

En tant que romancier, Mirbeau s’est d’abord avancé masqué et a publié, sous au moins deux pseudonymes, pour plusieurs commanditaires, une dizaine de romans écrits comme nègre. Il y fait brillamment ses gammes, varie les modèles dont il s’inspire et inscrit ses récits dans le cadre de romans-tragédies, où le fatum prend la forme du déterminisme psychologique et socioculturel. Et, déjà, il trace un tableau au vitriol de ce « loup dévorant » qu’est « le monde », et de la « bonne société » qu’il abomine et dont il connaît les dessous peu ragoûtants pour l’avoir fréquentée pendant une douzaine d’années.

Il fait, dans le genre romanesque, des débuts officiels fracassants, sous son propre nom, avec un roman qui, publié chez Ollendorff, obtient un succès de scandale, Le Calvaire (1886). Il s'y libère par l’écriture des traumatismes de sa destructrice passion pour Judith Vinmer, rebaptisée Juliette Roux, et maîtresse du narrateur et antihéros Jean Mintié. De surcroît, dans le chapitre II, non publié par Juliette Adam, il dresse un tableau impitoyable de l’armée française pendant la guerre de 1870, qu’il a vécue, comme « moblot » (mobile), dans l’armée de la Loire.

En 1888 il publie, chez Ollendorff, L'Abbé Jules, premier roman dostoïevskien et pré-freudien de notre littérature, vivement admiré par Léon Tolstoï, Georges Rodenbach, Guy de Maupassant et Théodore de Banville, où, dans le cadre percheron de son enfance, apparaissent deux personnages fascinants : l'abbé Jules et le père Pamphile. Dans un troisième roman autobiographique, Sébastien Roch (1890), il évacue un autre traumatisme : celui de son séjour chez les jésuites de Vannes – « un enfer », écrit-il – et des violences sexuelles qu’il pourrait bien y avoir subies, à l’instar du personnage éponyme. Il transgresse ainsi un tabou qui a duré encore plus d’un siècle : le viol d’adolescents par des prêtres.

08

Automobile Charron C.G.V., 1902

Il traverse alors une grave crise existentielle et littéraire, au cours de laquelle il remet radicalement en cause le genre romanesque. Il publie néanmoins en feuilleton un extraordinaire roman, très noir, expressionniste et pré-existentialiste avant la lettre, sur la souffrance de l'humaine condition et la tragédie de l’artiste, Dans le ciel. Il y met en scène un peintre, Lucien directement inspiré de Van Gogh, dont, à l’insu de sa pingre épouse, il vient d’acheter deux toiles.

Au lendemain de l’affaire Dreyfus, son pessimisme est encore renforcé, et il publie deux romans fin-de-siècle qui en témoignent. Jugés « scandaleux » par les Tartuffes et les « bien-pensants » de tout poil, ils n’en connaissent pas moins un énorme succès à travers le monde (ils sont traduits dans plus d'une trentaine de langues et sont constamment réédités dans tous les pays) : d'abord, Le Jardin des supplices (1899), où la distanciation géographique et l’exotisme facilitent sa dénonciation, par le truchement de la fictive Clara, d’une prétendue civilisation reposant sur la culture du meurtre ; ensuite, le Journal d'une femme de chambre (1900), où, à travers le regard d’une soubrette lucide, Célestine, il s’emploie à démasquer les « honnêtes gens », pires à ses yeux que les « canailles ». Il y met déjà à mal le genre romanesque, en pratiquant la technique du collage, et en transgressant les codes de la vraisemblance, de la crédibilité romanesque et des hypocrites bienséances. Les 21 jours d'un neurasthénique (1901) systématise le recours au collage et nous donne une vision grinçante des hommes et de la société, à travers le regard d’un neurasthénique qui projette son mal-être sur un univers et une société bourgeoise prise de folie, où rien ne rime à rien et où tout marche à rebours de la justice et du bon sens, comme l'illustre notamment la mésaventure de Jean Guenille.

Octave Mirbeau achève de mettre à mort le vieux roman prétendument réaliste dans ses deux dernières œuvres narratives : La 628-E8 (1907), amputée in extremis de La Mort de Balzac, qui se présente comme un récit de voyage en automobile à travers la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne ; et Dingo (1913), achevé par Léon Werth, parce que Mirbeau, malade, n’est plus capable d’écrire. Les héros de ces deux récits ne sont autres que sa propre automobile (la fameuse Charron immatriculée 628-E8) et son propre chien tendrement aimé, Dingo, effectivement mort à Veneux-Nadon en octobre 1901. Mirbeau renonce aux subterfuges des personnages romanesques et se met lui-même en scène en tant qu’écrivain, inaugurant ainsi une forme d’autofiction avant la lettre. Il renonce à toute trame romanesque et à toute composition, et obéit seulement à sa fantaisie.

Enfin, sans le moindre souci de réalisme, il multiplie les caricatures, les effets de grossissement et les « hénaurmités » pour mieux nous ouvrir les yeux. C’est ainsi qu’on peut comprendre le chapitre de La 628-E8 sur La Mort de Balzac, qui a fait scandale, et où certains critiques ont voulu voir une vulgaire calomnie à l’encontre de Mme Hanska, alors qu’il ne s’agit, pour le romancier, que d’exprimer sa propre gynécophobie et d’exorciser ses propres frustrations.

Par-dessus le roman codifié du XIXe siècle à prétentions réalistes, Mirbeau renoue avec la totale liberté des romanciers du passé, de Rabelais à Sterne, de Cervantès à Diderot, et il annonce ceux du XXe siècle.

Au théâtre, Mirbeau a fait ses débuts avec une tragédie prolétarienne, Les Mauvais bergers, sur un sujet proche de celui du Germinal d’Émile Zola : l’éclosion d’une grève ouvrière et son écrasement dans le sang. Elle a été créée au théâtre de la Renaissance, le 15 décembre 1897, par deux monstres sacrés de la scène, Sarah Bernhardt, qui incarne la jeune pasionaria Madeleine, et Lucien Guitry, qui interprète l'anarchiste Jean Roule. Mirbeau y proclame notamment le droit à la beauté pour tous. Mais le pessimisme domine, confinant même au nihilisme : au dénouement, ne subsiste aucun espoir de germinations futures. Mirbeau jugera sa pièce beaucoup trop déclamatoire et songera même à l’effacer de la liste de ses œuvres. Mais des groupes anarchistes la traduiront et la représenteront à travers l’Europe.

09

En 1903, il connaît un triomphe mondial, notamment en Allemagne et en Russie, avec une grande comédie classique de mœurs et de caractères dans la tradition de Molière, qu’il a fait représenter à la Comédie-Française au terme d’une longue bataille, marquée par la suppression du comité de lecture, en octobre 1901 : Les affaires sont les affaires, créée le 20 avril 1903. C’est là qu’apparaît le personnage d’Isidore Lechat, archétype du brasseur d’affaires moderne, produit d’un monde nouveau : il fait argent de tout, intervient sur tous les terrains, caresse de vastes projets et étend sans scrupules ses tentacules sur le monde. Mais la révolte de sa fille Germaine et la mort accidentelle de son fils révèlent ses failles et les limites de sa puissance.

En 1908, au terme d’une nouvelle bataille judiciaire et médiatique, qu’il remporte de haute lutte contre Jules Claretie, l'administrateur de la Maison de Molière, il fait de nouveau représenter à la Comédie-Française une pièce à scandale, cosignée par son ami Thadée Natanson, Le Foyer. À travers le cas du Foyer géré par le baron J. G. Courtin, il y pourfend une nouvelle fois la prétendue charité, qui n’est qu’un juteux business, et transgresse un nouveau tabou : l’exploitation économique et sexuelle d’adolescentes dans un foyer prétendument « charitable », avec la complicité du gouvernement républicain, qui préfère étouffer le scandale.

Mirbeau a aussi fait jouer six petites pièces en un acte, recueillies sous le titre de Farces et moralités (1904) : tout en se situant dans la continuité des moralités médiévales à intentions pédagogiques et moralisatrices, il anticipe le théâtre de Bertolt Brecht, de Marcel Aymé, de Harold Pinter et d’Eugène Ionesco Il y subvertit les normes sociales, il démystifie la loi et il porte la contestation au niveau du langage, qui contribue notamment à assurer la domination de la bourgeoisie (il tourne notamment en dérision le discours des politiciens et le langage de l’amour).

Octave Mirbeau est un homme, un écrivain et un intellectuel engagé pétri de contradictions, qui lui ont valu bien des critiques, mais qui sont constitutives de son humanité en même temps que le produit de la diversité de ses exigences.

Doté d’une extrême sensibilité, qui lui vaut d’éprouver d’intenses satisfactions d’ordre esthétique, par exemple, il est du même coup exposé de plein fouet aux souffrances et déceptions en tous genres que réserve la vie. Aussi passe-t-il par des périodes contemplatives, devant des parterres de fleurs ou des œuvres d’art où il trouve un refuge loin du monde des hommes et aspire-t-il à une philosophie du détachement, qui rappelle l'ataraxie des sages stoïciens et où certains commentateurs ont voulu voir une forme d'élan mystique, ce qui l’amène aussi à s’intéresser au Nirvana des bouddhistes (ce n’est évidemment pas un hasard s’il signe du pseudonyme de Nirvana les sept premières Lettres de l'Inde de 1885). Mais, à l’instar de l’abbé Jules, du roman homonyme, il est fort en peine de juguler les élans de son cœur.

Mirbeau a toujours fait preuve d’une lucidité impitoyable, et radicalement matérialiste, et il n’a cessé de dénoncer tous les opiums du peuple et toutes les illusions qui interdisent aux hommes de « regarder Méduse en face » et de se voir tels qu’ils sont, dans toute leur horreur.

Et pourtant ce désespéré n’a jamais cessé d’espérer et de lutter pour se rapprocher de l’idéal entrevu, comme si les hommes étaient amendables, comme si l’organisation sociale pouvait être réellement améliorée. Le pessimisme radical de sa raison est toujours contrebalancé par l’optimisme de sa volonté.

Farouchement libertaire, et foncièrement hostile à toutes les formes de pouvoir, Mirbeau a toujours refusé la forme partidaire et ne s’est rallié à aucun groupe anarchiste. Mais l’affaire Dreyfus lui a fait comprendre la nécessité de faire des compromis et de passer des alliances, même avec des politiciens bourgeois naguère vilipendés et des socialistes honnis, pour avoir quelques chances de remporter des victoires, fussent-elles provisoires. D’autre part, son anarchisme est problématique, puisque l’absence d’État et la totale liberté laissée aux individus ne pourraient qu’assurer le triomphe des prédateurs sans scrupules, tels qu’Isidore Lechat, dans Les affaires sont les affaires. Aussi a-t-il fini par faire un bout de route avec Jaurès et par accepter de collaborer à L’Humanité à ses débuts, dans l'espoir de « réduire l'État à son minimum de malfaisance ».

Enfin, Mirbeau est un écrivain paradoxal, qui a écrit énormément, tout en se prétendant frappé d’impuissance, et qui a contesté le principe même de la littérature, faite de mots et véhicule de mensonges, en même temps que tous les genres littéraires. Journaliste, il n’a cessé de vilipender la presse vénale, accusée de désinformation, de crétinisation des masses, voire de chantage. Critique d’art, il s’est toujours moqué des professionnels de la critique, ratés misonéistes, aussi inutiles que des ramasseurs de crottin de chevaux de bois, et il a martelé qu’une œuvre d’art ne s’explique pas, mais doit s’admirer en silence. Romancier, il a dénoncé la vulgarité et les conventions d’un genre qui avait fait son temps. Dramaturge, il a proclamé la mort du théâtre. Et pourtant, professionnel de la plume et intellectuel engagé, il n’a cessé d’écrire pour clamer sa colère ou ses enthousiasmes.

Mirbeau n’a jamais été oublié et n’a jamais cessé d’être publié, mais on l’a souvent mal lu, à travers de trompeuses grilles de lecture (par exemple, nombre de critiques et d’historiens de la littérature l’ont embrigadé bien malgré lui parmi les naturalistes), ou bien on a voulu voir dans plusieurs de ses romans des œuvres érotiques, comme en témoignent nombre de couvertures de ses innombrables traductions. On a aussi eu fâcheusement tendance à réduire son immense production aux trois titres les plus emblématiques de son œuvre littéraire.

Politiquement incorrect, socialement irrécupérable et littérairement inclassable, il a traversé, après sa mort, une longue période d’incompréhension de la part des auteurs de manuels et d’histoires littéraires ; et le faux Testament politique, rédigé par Gustave Hervé et publié cinq jours après sa mort par sa veuve abusive, Alice Regnault, a contribué à brouiller durablement son image.

Heureusement, depuis vingt ans, grâce au développement des études mirbelliennes (parution de sa biographie, nombreuses découvertes de textes insoupçonnés, publication de très nombreux inédits, fondation de la Société Octave Mirbeau, création des Cahiers Octave Mirbeau, organisation de nombreux colloques internationaux et interdisciplinaires (sept entre 1991 et 2007), constitution d’un Fonds Octave Mirbeau à la Bibliothèque Universitaire d’Angers, ouverture de deux sites web consacrés à Mirbeau, mise en ligne de la plus grande partie de ses écrits), on le découvre sous un jour nouveau, on le lit sans idées préconçues ni étiquettes réductrices, on publie la totalité de son œuvre, dont des pans entiers étaient méconnus ou ignorés, voire totalement insoupçonnés (ses romans écrits comme nègre, par exemple), et on commence tardivement à prendre la mesure de son tempérament d’exception, de son originalité d’écrivain et du rôle éminent qu’il a joué sur la scène politique, littéraire et artistique de la Belle Époque, ainsi que dans l’évolution des genres littéraires.

D'après Wikipédia

 

Posté par GirlyMamie à 08:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

05 avril 2019

*** VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT - LOUIS-FERDINAND CELINE

Brillant mais noir.

INCIPIT

Ca a débuté comme ça. Moi j'avais jamais rien dit. Rien.

22

RESUME

Ferdinand Bardamu a vu la Grande Guerre et l'ineptie meurtrière de ses supérieurs dans les tranchées. C'est la fin de son innocence. C'est aussi le point de départ de sa descente sans retour. Ce long récit est une dénonciation des horreurs de la guerre, dont le pessimisme imprègne toute l'oeuvre. Il part ensuite pour l'Afrique, où le colonialisme est le purgatoire des Européens sans destinée. Pour lui c'est même l'Enfer, et il s'enfuit vers l'Amérique de Ford, du dieu Dollar et des bordels. Bardamu n'aime pas les États-Unis, mais c'est peut-être le seul lieu où il ait rencontré un être (Molly) qu'il aimera jusqu'au bout de son voyage sans fond. Mais la vocation de Bardamu n'est pas de travailler avec les machines des usines de Détroit ; c'est de côtoyer la misère humaine, quotidienne et éternelle. Il retourne donc en France pour terminer ses études en médecine et devenir médecin des pauvres. Il exerce alors dans la banlieue parisienne, où il rencontre la même détresse qu'en Afrique ou dans les tranchées de la Première Guerre mondiale.

MON AVIS

J'avais tellement entendu parler de ce livre qu'il était grand temps que je m'y mette. Et je l'ai acheté sans même regarder que quoi ça parlait ! 

J'ai d'abord été surprise par le style. Le narrateur parle d'une façon très populaire. Ok, pourquoi pas ? On s'aperçoit là qu'on a quitté le XIXe siècle ! Ce qui est curieux, c'est que par moment (souvent), Céline "s'oublie" et un style élégant reprend ses droits : exemple 1 : "Mais voilà-t-y pas que juste devant le café où nous étions attablés un régiment se met à passer, et avec le colonel par-devant sur son cheval, et même qu'il avait l'air bien gentil et richement gaillard, le colonel !" puis, plus loin, exemple 2 : "Je redoutais un peu qu'il se prît à me considérer comme un effronté, un bavard impertinent... Mais point du tout ! Au contraire ! Le Maître se déclara tout à fait heureux que dans cet accès de franchise je vienne m'ouvrir à lui du trouble d'âme que je ressentais." Je trouve étrange que l'homme populaire puisse soudain manier l'imparfait du subjonctif et qu'il ait des "troubles d'âme". Etrange. Mais on en trouve l'explication grâce aux lumières de Wikipédia (voir ci-dessous). Cependant, le style "populaire" persiste même quand le narrateur est devenu médecin ; or de telles études nécessitent, me semble-t-il un minimum de correction dans le langage, ne serait-ce que par l'imitation des discours des professeurs et des autres étudiants, probablement plus fortunés et mieux éduqués. Donc, il reste un petit "truc" qui me gêne un peu dans le style. Une incohérence. 

Les premières pages nous emmènent en plein milieu de la guerre 14/18. "Encore !" me suis-je dit, agacée. Je n'aime pas trop les histoires de guerre. Mais en fait ça ne dure pas très longtemps, Ferdinand vit de nombreuses aventures... Il part dans les colonies, puis aux Etats-Unis... un pauvre hère, paumé parmi les paumés, et il en profite pour dénoncer les absurdités et les horreurs de la société. Enfin, il revient en France, reprend ses études de médecine, mais ne se résoud pas à se faire payer par sa clientèle pauvre. Donc... il reste pauvre.

C'est très réaliste, très philosophique, on dirait que chaque mot, chaque phrase, est choisi avec un rigorisme extrême pour bien faire passer une image ou un trait sarcastique ou ironique. C'est tellement travaillé (sans en avoir l'air) qu'il faudrait, je pense, une seconde lecture pour tout reprendre paragraphe par paragraphe, avec attention, et analyser chaque métaphore. Car j'avoue que je ne les ai pas toutes comprises, elles sont innombrables... Et la fin m'a semblé bizarre ; ça se termine en peu en "jus de boudin" comme disait ma grand-mère.

Sans être nihiliste ni anarchiste, mais éprouvant quelque sympathie pour ces mouvements qui dénoncent la réalité de notre monde et rêvent d'une auto-gestion générale (et utopique), mais que les esprits bien-pensants ne sauraient approuver, j'ai été très touchée, interpellée, bouleversée, par de nombreux passages. Je partage le pragmatisme de l'auteur quant à la maladie et la mort : c'est laid, ça pue. Appelons un chat un chat. Et tout le monde y aura droit, bien que l'immense majorité des gens se voile la face, en utilisant divers subterfuges et artifices.

Pas de trace ici de l'antisémitisme reproché à Céline. Juste quelques appellations clichés, genre "nègre" ou "bougnoule", mais qui étaient très usités à cette époque.

Une belle découverte. Je vais continuer. 

Ames sensibles s'abstenir toutefois : c'est vraiment très sombre et très noir !

01

Illustration par Tardi

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Voyage au bout de la nuit est publié en 1932. Ce livre manque de deux voix le prix Goncourt mais obtient le prix Renaudot. Il est traduit en 37 langues.

Le roman est notamment célèbre pour son style, imité de la langue parlée et teinté d'argot (le récit est à la première personne), qui a largement influencé la littérature française contemporaine. Il s'inspire principalement de l'expérience personnelle de Céline à travers son personnage principal Ferdinand Bardamu : Louis-Ferdinand Céline a participé à la Première Guerre mondiale en 1914 et celle-ci lui a révélé l'absurdité du monde. Il expose ce qui est pour lui la seule façon raisonnable de résister à une telle folie : la lâcheté. Il est hostile à toute forme d'héroïsme, celui-là même qui va de pair avec la guerre. Pour lui, la guerre met en évidence la pourriture du monde, qui est un thème récurrent du roman.

Néanmoins, Voyage au bout de la nuit constitue bien plus qu'une simple critique de la guerre. C'est à l'égard de l'humanité entière que le narrateur exprime son mépris : braves ou lâches, peuples colonisateurs ou colonisés, Blancs ou Noirs, Américains ou Européens, pauvres ou riches ; Céline n'épargne vraisemblablement personne. On pourrait aussi voir une réflexion nihiliste. Rien ne semble avoir d'importance pour le personnage principal.

Quelques adjectifs peuvent qualifier le roman :

antinationaliste/antipatriotique : le patriotisme (ou le nationalisme) est, selon Céline, l'une des nombreuses fausses valeurs dans lesquelles l'homme s'égare. Cette notion est visible notamment dans la partie consacrée à la Première Guerre mondiale, au front, puis à l'arrière, où Céline s'est fait hospitaliser ;

anticolonialiste : c'est surtout visible lors du voyage de Bardamu en Afrique. C'est le deuxième aspect idéologique de cette œuvre, et pas le moindre. Il qualifie le colonialisme de « mal de la même sorte que la Guerre » ; il en condamne donc le principe, l'exploitation sur place des colons, dresse un portrait extrêmement caricatural des occidentaux là-bas ;

anticapitaliste : cela se repère, naturellement, dans la partie consacrée aux États-Unis, lors du voyage à New York, puis à Détroit, principalement au siège des usines automobiles Ford. Il condamne le taylorisme, système qui « broie les individus, les réduit à la misère, et nie même leur humanité », en reprenant sur ce point quelques éléments de Scènes de la vie future (1930) de George Duhamel. Le regard qu'il porte sur le capitalisme est étroitement lié à celui qu'il porte au colonialisme ;

17

anarchiste : à plusieurs reprises, l'absurdité d'un système hiérarchique est mise en évidence. À la guerre bien sûr, aux colonies, à l'asile psychiatrique... L'obéissance est décrite comme une forme de refus de vivre, d'assumer les risques de la vie. Lorsque Céline défend son envie de déserter face à l'humanité entière, résolument décidée à approuver la boucherie collective, il affirme ainsi la primauté de son choix devant toute autorité, même morale. Cette vision teintée de désespérance se rapproche de la pensée nihiliste.

Le roman se distingue également par son refus total de l'idéalisme : l'idéal et les sentiments. La question de Bardamu et, par là même, celle de Céline, est de découvrir ce qu'il appelle la vérité. Une vérité biologique, physiologique, qui affirme que tous les hommes sont mortels et que l'avenir les conduit vers la décomposition - l'homme n'étant considéré que comme de la « pourriture en suspens ». C'est pourquoi l'œuvre peut apparaître comme totalement désespérée.

Le livre a suscité de nombreuses polémiques à l'époque de sa parution. Même si cela n'est pas encore totalement affirmé, l'auteur utilise à l'écrit le langage dit « oralisant » et l'argot, en jetant les bases d'un style qu'il nomme son « métro émotif ». Céline refuse d'utiliser le langage classique, la langue académique des dictionnaires, qu'il considère comme une langue morte. C'est l'un des tout premiers auteurs à agir de la sorte, avec une certaine violence, et ce dans toute son œuvre. 

Cependant, le langage parlé côtoie le plus-que-parfait du subjonctif dans une langue extrêmement précise. L'utilisation de la langue parlée n'est donc en rien un relâchement, mais juste une apparence de relâchement. Le narrateur est plongé dans le monde qu'il décrit, d'où la symbiose apparente de son style avec celui des personnages, qui appartiennent presque tous aux populations des faubourgs et parlent argot. Mais en tant que descripteur de l'absurdité du monde, le langage parlé se doit aussi de faire preuve d'une grande précision. Si l'argot, les dislocations et autres thématisations gagnent en noblesse chez Céline, le plus-que-parfait du subjonctif ou le lexique soutenu ne le cèdent en rien. Ils se côtoient, parfois, dans une même phrase.

Le roman aborde plusieurs thèmes :

l'errance : Il s'agit d'une errance à la fois physique et psychique. Par bien des aspects, le roman se rattache à la veine picaresque : un pauvre bougre est entraîné, malgré lui, dans des aventures qui le font mûrir en lui ôtant toute illusion. La passivité du personnage est flagrante : il subit les événements sans vraiment y contribuer. Dès l'ouverture, le ton est donné : « Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. C'est Arthur Ganate qui m'a fait parler. ». Engagé volontaire pour faire le brave devant son ami, le héros va faire l'expérience de la guerre, de l'horreur et surtout du grotesque de l'existence ;

la ville : omniprésente dans le roman. Que ce soit Paris, New-York, Detroit, « Rancy » ou Toulouse, la ville est l'élément central du décor ;  

la pourriture : l'individu y est inéluctablement voué, qu'il s'agisse d'un pourrissement naturel (la mort naturelle ou du fait d'une maladie) ou provoqué (la guerre, le meurtre). La seconde partie de l'ouvrage, presque entièrement dédiée à l'expérience médicale du narrateur dans des milieux misérables, fait ressortir les aspects de décomposition et de pourrissement de l'individu qui doit affronter les maladies, sa propre dégénérescence, les odeurs, la putréfaction... ;

la lâcheté : l'individu est lâche par essence. S'il ne l'est pas, il ne peut échapper aux multiples menaces guerrières, ouvrières et sociétales. Céline développe donc une vision particulièrement nihiliste de la société humaine. La lâcheté permet à Bardamu de s'assumer comme déserteur dans l'épisode de la guerre, de fuir ses responsabilités aux colonies, de quitter son emploi chez Ford, de réclamer de l'argent à ses connaissances établies aux États-Unis, de fermer les yeux sur de multiples avortements (voire de les pratiquer), de feindre d'ignorer la tentative de meurtre de la grand-mère... Cependant il n'est pas lâche au point de ne pas dire leurs quatre vérités, de manière très directe et avec beaucoup de délectation, à des personnes en plein désarroi.

18

Ce livre est un roman. Ce n'est pas un témoignage, même s'il a une allure autobiographique. Cependant, Céline s'appuie sur ses souvenirs de guerre, des colonies et de son expérience professionnelle de médecin comme chargé de mission auprès de la Société des Nations. Comme il l'expliquera ensuite : « Je m'arrange avec mes souvenirs en trichant comme il faut. ».

Influence de Semmelweis

Ignace Philippe Semmelweis est un médecin hongrois, né en 1817. Jeune praticien, il travaille dans une maternité dépendante de l'Hospice Général de Vienne.  

Lorsqu'il commence à pratiquer, Semmelweis se rend compte que de nombreuses parturientes (pouvant atteindre 40 %) succombent à la fièvre puerpérale lorsque les internes pratiquent les accouchements. Il a alors l'idée d'inverser les équipes des deux hôpitaux de l'Hospice Général, afin de déterminer si une mortalité aussi élevée est fonction du lieu d'accouchement : dans l'autre établissement, les accouchements sont faits par des sages-femmes. Son intuition est juste : les internes sont « responsables » des fièvres puerpérales. En effet, ceux-ci dissèquent des cadavres (chose indispensable à l'époque pour comprendre l'anatomie) et ont donc sur les mains ce que Semmelweis appelle « les particules de la Mort ». Il a ainsi découvert le principe de la septicémie et la nécessité de l'asepsie.

Céline a consacré sa thèse à Semmelweis. 

Influence de Freud
 
Céline semble retenir de Freud la notion d’inconscient, qu’il évoque parfois : « On s'ennuie, paraît-il, dans le conscient ». Mais le texte qui a exercé une grande influence sur la pensée de Céline est un article de Freud au titre évocateur : Au-delà du principe de plaisir, et qui porte sur les conséquences psychologiques et psychiatriques de la guerre. Il analyse, en particulier, les rêves qui expliquent ces névroses. Ainsi, Freud identifie dans cet article « les instincts » ou « pulsions de mort ». Pour lui comme pour Céline, c'est la guerre qui permet de découvrir cette notion paradoxale, puisque les hommes, bien que craignant la mort, entretiennent une sorte de fascination pour la guerre.

Réception de l'œuvre

En 1932, ce premier roman de Céline provoque de nombreuses et violentes réactions dans le milieu littéraire. Une bataille rangée entre les partisans de Céline (dont Léon Daudet) et ses détracteurs a lieu pour l'attribution du prix Goncourt : « Tant de grossièretés et d'obscénités le déparent qu'on ne peut en parler qu'avec précaution ». 

Même si le Goncourt lui échappe, Louis-Ferdinand Céline obtient le prix Renaudot et Voyage au bout de la nuit rencontre un très grand succès en librairie. Des critiques prestigieux, même s'ils s'offusquent du vocabulaire employé par Céline, ne peuvent s'empêcher de reconnaître à ce roman un caractère exceptionnel. « Cet énorme roman est une œuvre considérable, d'une force et d'une ampleur à laquelle ne nous habituent pas les nains si bien frisés de la littérature bourgeoise ». Près de 80 ans après sa publication, la force, l'impact et le succès de ce roman ne se démentent pas.

Selon un vote de 6 000 Français, Voyage au bout de la nuit se classe à la 6e place des 100 meilleurs livres du XXe siècle. Il a été placé en 2003 par le critique britannique Robert McCrum en 51e place des « 100 plus grands romans de tous les temps ».

MES EXTRAITS FAVORIS

Absurdité

Lui, notre colonel, savait peut-être pourquoi ces deux gens-là tiraient, les Allemands aussi peut-être qu'ils savaient, mais moi, vraiment je savais pas. Aussi loin que je cherchais dans ma mémoire, je ne leur avais rien fait aux Allemands. J'avais toujours été bien aimable et bien poli avec eux.

***

- Il a été tué en allant chercher le fourgon à pain sur la route des Etrapes, mon colonel !

- Et alors ?

- Il a été éclaté par un obus !

- Et alors nom de dieu !

- Et voilà, mon colonel...

- C'est tout ?

- Oui, c'est tout, mon colonel.

- Et le pain ? demanda le colonel.

***

...il est mort, tué qu'il a été, quelque temps plus tard, en sortant d'un village, je m'en souviens bien, un village qu'on avait pris pour un autre, par des Français qui nous avaient pris pour des autres.

***

Les Aztèques éventraient couramment qu'on raconte, dans leurs temples du soleil, quatre-vingt mille croyants par semaine, les offrant ainsi au Dieu des nuages, afin qu'il leur envoie la pluie. C'est des choses qu'on a du mal à croire avant d'aller à la guerre. Mais quand on y va, tout s'explique, et les Aztèques et leur mépris du corps d'autrui, c'est le même que devait avoir pour mes humbles tripes notre général Céladon des Entrayes, plus haut nommé, devenu par l'effet des avancements une sorte de dieu précis, lui aussi, une sorte de petit soleil atrocement exigeant.

La mort

...plus tard, je ne veux surtout pas qu'on me brûle ! Je voudrais qu'on me laisse en terre, pourrir au cimetière, tranquillement, là, prêt à revivre peut-être... Sait-on jamais ! Tandis que si on me brûlait en cendres, Lola, comprenez-vous, ça serait fini, bien fini... Un squelette, malgré tout, ça ressemble encore un peu à un homme... C'est toujours plus prêt à revivre que des cendres...

L'ironie

Notre hôpital était propre, comm il faut se dépêcher de voir ces choses-là, quelques semaines, tout à leur début, car pour l'entretien des choses chez nous, on a aucun goût, on est même à cet égard de francs dégueulasses.

***

Le cul est la petite mine d'or du pauvre.

Céline n'aime pas les villes américaines

New York c'est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux même. Mais chez nous, n'est-ce-pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s'allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l'Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.

***

En sortant des ténèbres délirants de mon hôtel je tentais encore quelques excursions parmi les hautes rues d'alentour, carnaval insipide de maisons en vertige. Ma lassitude s'aggravait devant ces étendues de façades, cette monotonie gonflée de pavés, de briques et de travées à l'infini et de commerce et de commerce encore, ce chancre du monde, éclatant en réclames prometteuses et pustulentes. Cent mille mensonges radoteux.

Le capitalisme et le travail

Ca ne vous servira à rien ici vos études, mon garçon ! Vous n'êtes pas venu ici pour penser mais pour faire les gestes qu'on vous commandera d'exécuter... Nous n'avons pas besoin d'imaginatifs dans notre usine. C'est de chimpanzés dont nous avons besoin... Un conseil encore. Ne nous parlez plus jamais de votre intelligence ! On pensera pour vous mon ami ! 

 

Posté par GirlyMamie à 11:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

03 avril 2019

DOMINIQUE ROLIN

Dominique Rolin, née le 22 mai 1913 à Bruxelles et morte le 15 mai 2012 à Paris est une écrivaine belge. Elle a été membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Dominique Rolin est issue d’une famille de la bourgeoisie bruxelloise. Son père, Jean Rolin, est directeur de la bibliothèque du ministère de la Justice. Sa mère, Esther Rolin, sœur de l'écrivain Judith Cladel, est la fille de l’écrivain Léon Cladel et la nièce du journaliste, écrivain et compositeur Louis Mullem. Parisienne issue côté maternel d’une famille hollandaise d’origine judéo-polonaise, Esther se consacre à l’enseignement de la diction au lycée Dachsbeck à Bruxelles. Grâce à la forte personnalité de ses parents, à la non-retenue dont ils faisaient preuve, Dominique Rolin a pu bénéficier d’un environnement favorisant son épanouissement. Dominique a un frère et une soeur.

03

En 1927, Jean Rolin, épris d’une de ses élèves, demande le divorce et quitte la maison familiale. Esther refusant cette séparation, un climat de forte tension et de violence règne durant quatre années. À dix-sept ans Dominique obtient, avec une année d’avance sur le cursus habituel de l’époque, son diplôme d’études secondaires. Et c’est à dix-huit qu’elle commence des études artistiques à La Cambre (Ixelles).

En 1932, Dominique Rolin entre à l'École du service social et entreprend des études de bibliothécaire. La même année naît sa première publication : la nouvelle Repas de famille paraît dans Le Flambeau, revue politique et littéraire belge.

De 1933 à 1936 elle travaille à la librairie générale de Bruxelles. Puis elle entre alors comme attachée à la bibliothèque de l’Université libre de Bruxelles. Elle écrit son tout premier roman, Les Pieds d’argile mais ne trouve pas d’éditeur. 1936 voit aussi la publication d’une nouvelle, La Peur, dans la revue littéraire parisienne de Jean Paulhan Mesures. Dominique Rolin ressent de plus en plus l’écriture comme une nécessité. Elle épouse en 1937 un personnage un peu fou qui se dit poète, Hubert Mottart. En 1938, de cette union naît Christine. La publication des Marais en 1942 amène Dominique Rolin à être reconnue du milieu littéraire parisien. 1944 voit publier Anne la bien-aimée.

Début 1946, elle décide de tout quitter, Belgique, mari, famille et enfant pour s’installer à Paris. Lors d’un cocktail donné aux éditions Denoël, à l’occasion de la sortie de son ouvrage Les Deux sœurs, elle fait la connaissance d’un journaliste des Nouvelles littéraires qui lui confie avoir le projet de publier un article sur elle. Il lui précise qu’il aime que ses articles soient joliment illustrés et qu’il fait régulièrement appel, pour cette tâche, à un dessinateur-sculpteur de talent, Bernard Milleret. Au mois d’avril 1947 elle s’installer avec lui dans son atelier. En 1948 paraît, chez Denoël, Moi qui ne suis qu'amour.

En 1950, Dominique Rolin et Bernard Milleret, vivent démunis, au milieu de l’élite littéraire et artistique du moment. Les ouvrages de l’auteur n’apportant pas de rentrées régulières, l’argent du couple provient plutôt des portraits d’auteurs et des illustrations de Milleret.

Le Souffle est couronné par le Prix Femina en 1952. Gaston Gallimard propose à Dominique Rolin de faire partie des auteurs de la maison. Elle est à nouveau publiée chez Denoël, dont Gaston Gallimard s’est récemment porté acquéreur. Les Quatre coins sort en 1954. Bernard Milleret, qu'elle vient d'épouser, meurt en mars 1957.

En 1958, Dominique Rolin publie Artémis. La même année, André Barsacq monte L'Épouvantail, son unique pièce, au Théâtre de l'Œuvre. En 1958 toujours, elle rencontre Philippe Sollers. Une forte relation se crée entre eux, marquée par une longue correspondance amoureuse. Il est et reste marié.

Le Lit est publié en 1960.  

04

Le 11 février 1965 elle est évincée du jury du Prix Femina. Cette éviction, dont la presse se fait l’écho, est en partie provoquée par l’auteure. Elle trouve en effet que les femmes membres du jury sont encore trop imprégnées de la littérature du XIXe siècle. De plus, celles-ci n’ont pas apprécié qu’elle soutienne les écrits de Robert Pinget et son ouvrage L’Inquisitoire.

Cette nouvelle disponibilité lui permet d’être élue membre du jury du Prix Roger Nimier. 1965 voit se terminer la vie de sa mère, Esther. Dominique Rolin évoque dans plusieurs de ses œuvres l'image de son père et de sa mère, de son enfance, de son passé, et de sa vie. Maintenant sort en 1967, Le Corps en 1969, Les Éclairs en 1971, et Lettre au vieil homme en 1973. En 1975, Jean Rolin meurt, dix ans après sa femme.

En 1978 Dominique Rolin publie L’Enragé, une autobiographie apocryphe et posthume du peintre flamand Pieter Brueghel l'Ancien. L’ouvrage est couronné par le prix Franz Hellens.

Dominique Rolin donne des conférences, rédige des articles critiques, participe à des colloques, voyage en Europe, aux États-Unis, en Égypte pour y retrouver sa fille, se rend régulièrement à Juan-les-Pins, où l’invite Florence Gould, la veuve du fondateur de la station balnéaire.

C’est en 1980 qu’une autre distinction récompense un ouvrage de Dominique Rolin : le prix Kléber Haedens pour L’Infini chez soi, premier volume de ce que l’auteur appelle sa « trilogie ». Chaque sortie de ses ouvrages est dorénavant signalée et saluée par la presse. L’Enfant-roi paraît en 1986.

En 1988, Trente ans d’amour fou, dévoile au lecteur l’amour et la fécondité créatrice partagée entre Jim et Dominique. Lors d'une émission de Bernard Pivot en 2000, elle répond « oui » à la question que lui pose l'animateur : « le Jim de vos livres, c'est bien Sollers ? ». Succédant à Marguerite Yourcenar en qualité de membre étranger représentant la France, c’est en avril 1989 que sa nomination à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique consacre la carrière de Dominique Rolin. En 1990, Vingt chambres d’hôtel reçoit le Prix Roland Jouvenel de l’Académie française.

Le Grand Prix Thyde Monnier de la Société des gens de lettres pour l’ensemble de son œuvre lui est décerné en 1991. Elle est élue présidente du jury du prix Roger Nimier en 1995 ; elle y reste jusqu’en 2001, et son œuvre est récompensée par le Grand prix national des Lettres en 1994.

L’Accoudoir sort en 1996. La Rénovation voit le jour en 1998. En mars 2000 paraît Journal amoureux, roman à la gloire de l’être aimé depuis quarante ans, Philippe Sollers. Le Futur immédiat, 2001, sort en parallèle avec un livre d’entretiens, Plaisirs. Elle poursuit toujours dans la veine autobiographique. Lettre à Lise sort en 2003.

Elle meurt le 15 mai 2012, à 99 ans. 

OEUVRE

  • Repas de famille (1932), court roman
  • Les Pieds d’argile (1935), roman
  • La Peur (1936), romanla
  • Marais (1942)
  • Anne la bien-aimée (1944)
  • Le Souffle (1952),
  • Les Quatre coins (1954)
  • Le Gardien (1955)
  • Artémis (1958)
  • Le Lit (1960)
  • Maintenant (1967)
  • Carnet de Cannes, illustré de dessins de Jules Cavaillès, 1967
  • Le Corps (1969)
  • Les Éclairs (1971)
  • Lettre au vieil homme (1973)
  • L'Enragé (1978)
  • L'Infini chez soi (1980)
  • L'Enfant-roi (1986)
  • Trente ans d’amour fou (1988)
  • Vingt chambres d’hôtel (1990)
  • Bruges la vive, Paris (1990)
  • L'Accoudoir (1996)
  • La Rénovation (1998)
  • Journal amoureux (2000), roman
  • Le Futur immédiat (2001), roman
  • Plaisirs (2001),
  • Lettre à Lise (2003) 

Une abondante correspondance échangée avec Philippe Sollers est conservée au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique dans un fonds spécial. De nombreux documents, cahiers de notes et dessins sont également conservés dans ce fonds.

En 2017, Gallimard publie les lettres de Philippe Sollers adressées à Dominique Rolin : Lettres à Dominique Rolin. 1958-1980, édition établie, présentée et annotée par Frans De Haes. En 2018, Gallimard publie Lettres à Philippe Sollers 1958-1980 de Dominique Rolin.

 

Posté par GirlyMamie à 08:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

30 mars 2019

*** JANE EYRE - CHARLOTTE BRONTË

Un de mes romans préférés, lu et relu mille fois.

INCIPIT

Il n'était pas possible de faire une promenade ce jour-là.

12

LE DEBUT

Jane, dix ans, orpheline, est d'abord élevée par son oncle et sa tante, les Reed. A la mort de son mari, tenue par une promesse faite à son époux, garde l'enfant malgré l'absence d'affection qu'elle a pour elle. La petite fille est alors considérée en inférieure par rapport à ses cousins qui n'hésitent pas à la maltraiter. À la suite d'une forte rébellion contre sa tante, précédée par une punition disproportionnée qui la fait tomber en syncope, Jane, dix ans, est envoyée en internat à Lowood. Elle s’y fait une amie sincère, Helen Burns, qui meurt de la tuberculose due aux très mauvaises conditions de vie de l’internat. Au même moment, une épidémie de typhus provoque plusieurs décès ; les donateurs sont choqués et les conditions de vie de l'internat changent ; celui-ci devient un établissement de qualité. Après huit années passées à Lowood — six en tant qu'étudiante et deux en tant que professeur — Jane veut changer de vie et passe une annonce dans un journal pour trouver un poste de préceptrice. Mme Fairfax lui répond afin qu'elle vienne faire l'éducation d'Adèle, enfant protégée de M. Rochester, 40 ans, riche propriétaire du château de Thornfield-Hall.

MON AVIS

Tellement romanesque, tellement romantique. La jeune héroïne, pas vraiment belle, mais si parfaite, à la fois douce, généreuse, mais déterminée et indépendante ; le ténébreux tourmenté ; les secrets ; le château... Un roman gothique, mais dont la touche très réaliste évite les écueils un peu trop fantasmagoriques.

Pour ceux qui n'ont pas encore lu le livre, ou n'ont pas vu son adaptation au cinéma, le "coup de théâtre", après la première moitié de l'oeuvre, est l'une des plus belles de la littérature, selon mon humble avis. Et j'aime tout autant les trois parties : la jeunesse en pension, le séjour à Thornfield Hall, puis celui chez les Rivers. Et la si belle conclusion...

Et puis c'est tellement bien écrit. C'est tellement mieux que ces sujet+verbe+(complément) que l'on voit aujourd'hui...

CE QU'EN DIT WIKIPEDIA

Jane Eyre est publié le 16 octobre 1847 à Londres par Smith, Elder & Co., sous le pseudonyme de Currer Bell. 

C'est le premier roman publié de Charlotte Brontë, dont le livre précédent, Le Professeur, a été refusé par sept éditeurs. Charlotte Brontë amorce la rédaction de Jane Eyre en août 1846, et l'achève un an plus tard. Le succès est immédiat au point de précipiter la parution déjà prévue des romans Les Hauts de Hurlevent et Agnès Grey des sœurs de Charlotte, Emily (alias Ellis Bell) et Anne (alias Acton Bell). En décembre 1847, Jane Eyre fait l'objet d'une seconde édition que Charlotte dédie au romancier William Makepeace Thackeray. 

Les premières scènes, dans lesquelles Jane est envoyée au pensionnat rigoureux et insalubre de Lowood, sont issues de la propre expérience de l'auteur. La mort d'Helen Burns, décédée de tuberculose rappelle celle des sœurs de Charlotte Brontë, Elizabeth et Maria, mortes de la même maladie dans l'enfance à la suite des mauvaises conditions qui règnent à la Clergy Daughters School. M. Brockelhurst est inspiré du révérend William Carus Wilson, le pasteur évangélique qui dirige l'école, et Helen Burns a probablement pour modèle Maria, la sœur de Charlotte. De plus, le déclin de John Reed dans l'alcoolisme et sa vie dissolue rappellent la fin de Branwell, le frère de Charlotte, qui était devenu opiomane et alcoolique quelques années avant son décès. Enfin, comme Jane, Charlotte a été gouvernante. Ces faits ont été publiés dans La Vie de Charlotte Brontë (1857) par l'amie et collègue romancière de Charlotte Elizabeth Gaskell.

21

Film Jane Eyre, 1986

Le manoir « gothique » de Thornfield a été probablement inspiré par celui de North Lees Hall, près de Hathersage dans le Peak District où Charlotte Brontë et son amie Ellen Nussey se sont rendues durant l'été de 1845. Ce manoir était la résidence de la famille Eyre et sa première propriétaire, Agnes Ashurst, est connue pour avoir été enfermée comme folle dans une chambre fermée à clef du deuxième étage. On suppose que c'est le manoir de Wycoller Hall dans le Lancashire qui a inspiré le décor de Ferndean Manor, où M. Rochester se retire après l'incendie de Thornfield Hall. De même, on a pu établir un parallèle entre le propriétaire de Ferndean, le père de M. Rochester, et Henry Cunliffe qui hérite de Wycoller dans les années 1770 et y vit jusqu'à sa mort, en 1818. On peut relever qu'une parente d'Henry Cunliffe se nommait Elizabeth Eyre (née Cunliffe). Haworth n'étant pas très éloigné de Wycoller où Elizabeth Eyre séjourne occasionnellement, il est vraisemblable que cette dernière a pu rencontrer les Brontë. Wycoller Hall a même été utilisé comme illustration de couverture d'une édition de 1898 de Jane Eyre.

MES EXTRAITS FAVORIS

Jane est pragmatique :

- Qu'est-ce que l'enfer ? Pouvez-vous me le dire ?

- Un gouffre plein de feu.

- Voudriez-vous tomber dans ce gouffre pour y brûler à jamais ?

- Non, monsieur..

- Que faut-il faire pour l'éviter ?

Je délibérai un instant ; ma réponse, quand je la fis, était de nature à soulever des objections :

- Il faut rester en bonne santé et ne pas mourir.

A méditer : 

C'est faiblesse et sottise de dire qu'on ne peut supporter ce que le destin nous impose. 

 

Posté par GirlyMamie à 10:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 mars 2019

ARTO PAASILINNA

Arto Paasilinna, né le 20 avril 1942 à Kittilä et mort le 15 octobre 2018 à Espoo, est un écrivain, journaliste et poète finlandais de langue finnoise. Il est l’auteur de trente-cinq romans traduits en plus de vingt-sept langues. Il est également scénariste pour le cinéma, la radio et la télévision. Arto Paasilinna est, avec Mika Waltari et Sofi Oksanen, un des écrivains finlandais les plus connus dans le monde.

01

 

Arto Paasilinna est né dans un camion, en plein exode face aux forces soviétiques ; sa famille, fuyant les combats, est chassée vers la Norvège, puis la Suède et la Laponie finlandaise. Paasilinna - qui signifie en finnois « forteresse de pierre » - est un nom inventé par son père, né Gullstén, pour « finniser », comme beaucoup de Finlandais, un patronyme à consonance suédoise (à l'instar des personnes inspirées par le mouvement de reconnaissance de la culture finlandaise). Les circonstances de sa naissance et les premières années de sa vie ont fait dire à Paasilinna : « J’ai connu quatre états différents dans ma prime jeunesse. La fuite est devenue une constante dans mes récits, mais il y a quelque chose de positif dans la fuite, si avant il y a eu combat ».

Dès l'âge de treize ans, il exerce divers métiers, dont ceux de bûcheron et d'ouvrier agricole. À vingt ans, il décide de reprendre ses études afin de devenir journaliste et va à l’école Supérieure d’éducation populaire de Laponie (1962-1963). Il entre ensuite, comme journaliste-stagiaire, au quotidien régional Lapin Kansa (Le peuple lapon). Parlant de cette époque de sa vie, Paasilinna indique : « J’étais un garçon des forêts, travaillant la terre, le bois, la pêche, la chasse, toute cette culture que l’on retrouve dans mes livres. J’ai été flotteur de bois sur les rivières du nord, une sorte d’aristocratie de ces sans-domicile fixe, je suis passé d’un travail physique à journaliste, je suis allé de la forêt à la ville. Journaliste, j’ai écrit des milliers d’articles sérieux, c’est un bon entraînement pour écrire des choses plus intéressantes. ».

Il collabore de 1963 à 1988 à divers journaux et revues littéraires.

Il épouse Annikki Kasper. Il a deux fils : Jyrki Petteri (1964) et Janne (1967). Paasilinna habite dans son domaine de Kuusilaakso (la Vallée des Sapins), à une heure d'Helsinki. Reino Paasilinna (député européen) et Erno Paasilinna (écrivain) sont ses frères.

En 2008 et 2009, l'écrivain fait la une des tabloïds finlandais pour son comportement incohérent, y compris sa conduite automobile imprudente. En octobre 2009, il est victime d'un accident vasculaire cérébral. Son fils Petteri Paasilinna confirme dans une interview accordée au journal Ilta-Sanomat en septembre 2011 que son père a séjourné en maison de soin palliatifs en avril 2010.

L’œuvre d'Arto Paasilinna compte trente-cinq romans, traduits en plusieurs langues. Ses œuvres se caractérisent par un sens de l’humour et une aisance de la narration rares ; elles sont remplies d’une bonne humeur et d’une jovialité inhabituelles dans la littérature contemporaine, d’un humour doux-amer et burlesque. Les personnages singuliers, qui habitent dans différentes régions de Finlande, sont le trait marquant de ses écrits. La nature est, elle-même, un personnage à part entière dans ses romans. De ce fait, les œuvres de Paasilinna sont souvent qualifiées de « romans d'humour écologique ».

Les premiers romans sont du genre « grinçant » : Prisonniers du paradis, Le Lièvre de Vatanen, Un homme heureux, Le Meunier hurlant, La Forêt des renards pendus. Le plus connu d'entre eux demeure Le Lièvre de Vatanen (1975), qui est adapté au cinéma en 1977 par Risto Jarva et en 2006 par Marc Rivière. D'autres romans appartiennent plutôt à la veine picaresque, notamment Petits suicides entre amis, Le Fils du dieu de l'orage et Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen. La plupart des récits de Paasilinna suivent un protagoniste qui, d'une vie urbaine et relativement rangée, passe à une vie plus sauvage et proche de la nature.

02

 

Interrogé sur la suite de sa carrière d'écrivain, Paasilinna a répondu : « Les Finlandais ne sont pas pires que les autres, mais suffisamment mauvais pour que j’aie de quoi écrire jusqu’à la fin de mes jours ».

Arto Paasilinna a aussi écrit pour le cinéma, la radio et la télévision ; il s'intéresse aux arts graphiques et écrit des poèmes.

ROMANS TRADUITS EN FRANCAIS

1974 : Prisonniers du paradis
1975 : Le Lièvre de Vatanen
1976 : Un homme heureux
1981 : Le Meunier hurlant
1983 : La Forêt des renards pendus
1984 : Le Fils du dieu de l'orage
1986 : Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés
1988 : La Douce Empoisonneuse
1990 : Petits suicides entre amis
1991 : La Cavale du géomètre
1992 : Le Cantique de l'Apocalypse joyeuse
1994 : Le Dentier du maréchal, Madame Volotinen et autres curiosités
1995 : Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen
1998 : Le Potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison
2001 : Les Dix Femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi
2004 : Les Mille et Une Gaffes de l'ange gardien Ariel Auvinen
2005 : Un éléphant, ça danse énormément
2006 : Sang chaud, nerfs d'acier

Il a aussi publié des essais, enquêtes, guides, etc.

D'après Wikipédia

 

Posté par GirlyMamie à 08:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,